Crédit photo : Eugène Delacroix (1798-1863), « Les Femmes d’Alger dans leur appartement », peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits du Web.
Les étourneaux suturent
de leur penne métallique
les brèches de l'espoir
et se ruent aux abois et fumantes
les cavalcades des 5 juillet dans les rues d'Alger
se dévorent avides
les fureurs des jouissances avortées
dans la grande nuit haletante africaine
où suspendus aux soupirs de l'histoire
tressautent les cœurs gros de semences
où bruissent les soupirs des révoltées et des jeunes d'octobre
et tintinnabulent au loin les têtes décapitées
trophées de l'arbre du boucher
elles repoussent sans fin
sur des terres de mémoire, fumier des siècles passés,
Amel Boudali,« Les Nuits d'Alger », peinture par Eugène Delacroix (1798-1863), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 26 novembre 2025. URL :
À l’occasion de la parution de son nouveau recueil « Rouge Alchimie », nous avons le plaisir de rencontrer Nora Balile, poétesse belgo-marocaine à la voix singulière et lumineuse. Dans cette œuvre où le feu du verbe rencontre la douceur du vécu, elle explore les métamorphoses intérieures, les élans du cœur et les couleurs intenses de l’existence.
Au fil de cet entretien, Nora Balile accepte de se livrer avec sincérité, de répondre ouvertement à nos questions et de nous entraîner dans son univers poétique ensoleillé, vibrant de sensibilité, d’énergie et d’espoir. Entre confidences, visions créatives et éclats d’inspiration, elle nous ouvre les portes d’une écriture où chaque mot devient souffle et lumière.
Entrons ensemble dans les entrelacs de « Rouge Alchimie » et découvrons la poésie telle qu’elle la vit : un espace de transformation, de chaleur humaine et de vérité intérieure.
Entretien avec Nora BALILE
Hanen Marouani —Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours et de vos origines ? Comment ces cultures, belge et marocaine, nourrissent-elles votre écriture ?
Nora Balile — Je suis Nora Balile, poétesse, conteuse, chanteuse et slameuse belgo-marocaine.
Formée à la pédagogie, à l’art-thérapie ainsi qu’aux arts de la parole et de la scène (déclamation, improvisation, éloquence et théâtre), j’ai longtemps été professeure de sciences humaines avant de changer radicalement de direction de vie.
À l’âge de quarante ans, un burn-out m’a fait chavirer et m’a laissée à terre. Il m’a fallu du temps pour me relever, petit à petit, grâce à la résilience qui m’a toujours habitée : mon art.
C’est alors que j’ai commencé mon chemin d’artiste. Depuis une dizaine d’années, je parcours les routes pour conter des histoires aux mille couleurs, aux enfants comme aux adultes. Je chante, j’écris et je compose des chansons et des mélodies. Et puis est venue ma plus belle histoire d’amour : la poésie.
Mes origines et cette double identité nourrissent mes créations artistiques. Je suis composée de deux pays, deux patries, deux paysages intérieurs, deux couleurs. L’inspiration naît de cet équilibre de l’entre-deux, de ce mélange à la fleur d’oranger du Maroc et au chocolat belge.
Cela s’entend jusque dans ma manière de m’exprimer, avec l’accent de ma belgitude, de conter le bruit et les ruelles de Bruxelles, de peindre dans mes mots le ciel gris et sa constance.
De l’autre côté du rivage, il y a les amandiers qui chantent dans mon oralité sur scène et dans l’exaltation à déclamer ma poésie.
Les poèmes deviennent alors Méditerranée et prennent la teinte rouge ocre des montagnes de l’Atlas. Tout mon art devient la poésie de ces deux imaginaires, à la fois lointains et proches, ici et là-bas.
H.M — À quel moment la poésie est-elle entrée dans votre vie ? Était-ce un besoin, un hasard, une évidence ?
N.B — La poésie est entrée dans ma vie de manière inattendue, comme une perle que l’on découvrirait sur le coin d’une table après un service, sans s’y attendre. L’éclat d’une rencontre s’est déposé doucement, sans que je n’imagine qu’un jour elle ferait partie de moi, boulimique et viscérale.
Elle est née de l’écriture de mes chansons. Le retour du public m’a fait prendre conscience que mes textes étaient proches de ce genre littéraire. Tout s’est fait naturellement :de chanson en chanson, de poème en poème, perle de poésie…
Oui, c’était un besoin : celui de me raconter, de me révéler, de me relever, de me guérir, de m’inventer d’autres pays, de mettre à jour mes paysages intérieurs, de hurler mes interdits et mes silences.
Puis le hasard des rencontres, des scènes de slam, des concerts, des festivals de poésie, des ouvrages collectifs et des médias a consolidé cette évidence.
L’évidence d’une seule vérité : la poésie est toute ma vie, la vie d’une poétesse.
H.M — Quels auteurs, poètes ou artistes ont le plus influencé votre univers poétique ?
N.B — Les artistes qui m’ont le plus influencée sont surtout des auteurs-interprètes tels que Jacques Brel, Barbara ou Charles Aznavour.
Mais mes références viennent aussi du théâtre : Racine, Molière, et plus récemment le dramaturge Bernard-Marie Koltès.
J’aime également les poétesses comme Marceline Desbordes-Valmore, parmi d’autres. Mes inspirations viennent de tous horizons, très éclectiques et portées par des langages littéraires variés.
H.M — Comment décrivez-vous votre voix poétique à quelqu’un qui ne vous a jamais lue ?
N.B — Il est difficile de se définir soi-même…
Mais je dirais que ma voix poétique est empreinte d’un désir de mettre au monde mon histoire et celle des autres. J’explore des thèmes comme la résilience, les émotions humaines, la guérison, la quête d’identité, l’émancipation de la femme — autant de sujets qui portent un message d’espoir et de libération.
On décrit souvent ma poésie comme intime, engagée, nomade, avec des textes ayant une dimension orale, percutante et musicale. Je pars de mon intimité pour toucher à l’universel, transformant mon histoire personnelle en un chant sacré pour la condition féminine. Même lorsqu’elle explore l’ombre et les difficultés, ma poésie reste orientée vers la lumière, l’ouverture des possibles, la quête d’un horizon infini.
Je cherche à donner une voix aux sans-voix et aux silencieuses, avec l’envie de parcourir le monde, au-delà des frontières, pour partager ma poésie à travers des rencontres poétiques et musicales.
H.M— Le titre est très évocateur. Pourquoi avoir choisi « Rouge Alchimie » ? Que symbolisent pour vous le rouge et l’alchimie ?
N.B — Le titre m’est venu au moment où je traversais une période de crise liée à la maladie. Je me souviens : j’étais assise sur un banc de pierre, épuisée par l’intensité des douleurs et de la fatigue renouvelée. J’avais trouvé un autre titre, mais au fond de moi, je me disais : « Ce n’est pas ça. » Et puis, je ne sais par quel mystère ou lien mystique, "Rouge Alchimie" m’est apparu à l’esprit…
L’alchimie symbolise pour moi le feu de la transformation, la transcendance, la renaissance. Le rouge, c’est ma couleur, celle que j’aime le plus. Voici, exprimé de manière poétique, ce qu’évoquent pour moi le Rouge et l’Alchimie :
« C’est le rouge d’un feu incandescent,
le rouge d’un destin qui s’enflamme,
le rouge d’une passion qui dévore,
le rouge d’une lune qui ensorcelle,
le rouge d’une fleur aux armes déloyales,
le rouge d’une lave endormie,
le rouge de l’histoire des femmes.»
(Extrait du livre « Rouge Alchimie »)
H.M— Quelle a été la genèse de ce recueil ? Est-il né d’un moment précis, d’une urgence intérieure ?
N.B — Oui, ce fut un moment précis, une véritable urgence intérieure. La genèse de ce livre a commencé lorsque je me suis retrouvée alitée, sur mon canapé, il y a un an et demi. La maladie avait pris le dessus comme une tornade qui vous met à terre. Désespérée et en grande souffrance, je devais trouver d’urgence une issue pour échapper aux douleurs qui m’assaillaient jour et nuit.
J’ai hurlé de l’intérieur des larmes de peine, car il n’existe pas de traitement pour ce handicap invisible qu’est la fibromyalgie. Alors, j’ai pris un stylo, et je me suis mise à écrire, écrire, encore et encore, sans répit, sans reprendre mon souffle. Cela a duré des semaines, des mois, une année et plus encore.
Il fallait que je me distraite, que je m’enfuie de ce vacarme incessant, de cette impression de n’être plus qu’un corps malade réduit au silence, celui d’une femme atteinte d’un handicap invisible.
H.M — Quels sont les grands thèmes dominants de « Rouge Alchimie » ? Y retrouve-t-on une continuité ou une rupture avec vos précédents ouvrages ?
N.B — Les grands thèmes de ce livre sont la résilience, la traversée de l’épreuve — qu’il s’agisse de la maladie ou d’autres formes de souffrance. J’y mets en lumière et en voix ces maladies invisibles, de véritables handicaps du quotidien, dont la fibromyalgie, qui reste encore aujourd’hui un mystère pour la médecine moderne.
J’évoque aussi la lignée des femmes guérisseuses à travers l’Histoire, en convoquant certaines figures mythologiques. Et bien sûr, la métamorphose : celle d’une possible guérison, d’une transformation profonde face à la fatalité. C’est un appel à garder espoir, à marcher toujours vers la lumière, à être ensemble sur cette route. Tellement de choses encore à dire…
« Entonner un chant sacré,
croire que tout est possible,
même si l’impossible est scellé. »
(Extrait du livre « Rouge Alchimie »)
Oui, il y a bien une continuité entre ce livre et mes précédents ouvrages. Le fil invisible qui les relie, c’est celui d’une histoire : la mienne, mais aussi celle de tous les êtres. Des sujets universels traversent ma poésie — un chemin de résilience pour porter un message avec ma plume de poétesse.
H.M — Votre écriture semble mêler passion, transformation et quête spirituelle. Quelle place accordez-vous à la métamorphose dans votre poésie ?
N.B — Ce livre a une dimension particulière, car il a pris naissance dans un moment de ma vie profondément mystique. Durant la phase d’écriture, j’ai ressenti un espace autre, plus vaste que notre simple compréhension humaine : celui de la spiritualité. La métamorphose occupe une place centrale dans mes créations. C’est une métaphore : dans la dernière partie du livre, ou peut-être la première d’une grande renaissance, elle s’offre comme une offrande — un nouveau regard sur la maladie et un nouvel espoir de guérison.
Se réconcilier avec son histoire de femme touchée en plein vol par la maladie, renaître de ses cendres après la chute d’Icare, et cheminer avec les guérisseuses les plus lumineuses…
« Étendre le linge de nos grands-mères,
laver la mémoire d’hier.
Une délicate prairie se repose,
reste le blanc éclatant d’une métamorphose. » (Extrait du livre « Rouge Alchimie »)
H.M — Le recueil explore-t-il une dimension féminine ou féministe particulière ?
N.B — Oui, assurément. Il m’est difficile, lorsque j’écris, de ne pas parler de la femme et de cette démarche qui consiste à libérer la parole féminine pour l’émancipation des autres Elles — ou devrais-je dire des autres Ailes.
Dans ce livre, c’est d’abord l’histoire d’une femme, même si elle tend vers l’universalité.
J’y donne une dimension profondément féminine, car une partie du recueil est consacrée aux guérisseuses — ces femmes médecins, déesses de la santé, dames aux herbes folles…
Il était essentiel pour moi de les convoquer dans cet ouvrage, afin de raviver leurs mémoires et rappeler que la puissance des femmes est une énergie qui guérit, qui transforme — une alchimie rouge, flamboyante et sacrée.
H.M — Quelle importance accordez-vous à la musicalité du poème, à sa forme, à la sonorité des mots ?
N.B — Je n’y accorde pas une importance volontaire ou calculée : c’est un chemin naturel que ma plume emprunte, sans réflexion préalable.
La musicalité vient d’elle-même, c’est une respiration instinctive. Il m’arrive parfois de vouloir faire rimer certains poèmes, simplement pour entendre ma poésie chanter. Mais, le plus souvent, je ne sais pas à l’avance comment les toiles de mots vont se tisser. Ce n’est qu’au moment du travail d’écriture, lorsque je façonne la matière brute en pierre opale, que j’en prends vraiment conscience.
H.M — Comment se déroule votre processus d’écriture : inspiration soudaine, travail quotidien ou lente maturation ?
N.B — Les trois à la fois ! L’inspiration soudaine, le travail quotidien et la lente maturation.
Je m’explique : le début d’un projet d’écriture naît d’une pulsion, d’une urgence à raconter ce qui me traverse — un élan presque vital. Puis vient le travail d’écriture : je dépose les textes au quotidien, presque tous les jours, de manière de plus en plus régulière. La maturation, elle, accompagne tout le processus : avant, pendant et après.
Souvent, je travaille sur plusieurs projets à la fois. Cela ressemble à une danse tzigane aux mille feux, où l’intensité reste au cœur du processus créatif. La plume d’une poétesse nomade.
H.M — Quelle relation entretenez-vous avec les images, les symboles et la couleur, notamment ce rouge qui traverse tout le recueil ?
N.B — Les images sont très importantes pour moi : elles constituent un langage artistique essentiel à ma sensibilité. J’aime ce qui est visuel, ce qui parle en images — c’est un amour sans explication, un univers qui m’inspire profondément. Les symboles, eux, relèvent davantage de l’inconscient et du mystère. Ils m’échappent souvent, comme une matière indéfinissable, à la fois lointaine et proche, semblable à un mirage.
Quant au rouge, comme je l’ai déjà exprimé, il est ma couleur vitale. C’est celle qui me donne la force de me lever, de revendiquer, de raconter avec incarnation.
Elle me solidifie lorsque je fonds dans l’espace de mes pensées. Elle m’aide à replonger dans le feu de ma reconstruction, à puiser dans les histoires des guérisseuses. Et puis, le rouge, c’est aussi la couleur de la passion, de l’amour, du désir élégant — un héritage ancestral porté par les femmes.
H.M — Vos poèmes semblent parfois proches de la prière ou de l’incantation. La poésie est-elle pour vous une forme de spiritualité ?
N.B — Oui, il m’arrive d’écrire des poèmes proches de la prière, porteurs d’une dimension spirituelle — particulièrement dans la troisième partie de « Rouge Alchimie ». Ce n’est pas une constante dans mon écriture, ni ma dominante stylistique, mais dans ce livre, la spiritualité et la prière sont très présentes.
H.M — Dans un monde traversé par tant de fractures, quel rôle attribuez-vous aujourd’hui à la poésie ? Pensez-vous que le poète ait encore un pouvoir de transformation, ou au moins de consolation, dans la société actuelle ?
N.B — La poésie a un rôle très puissant, car elle parle à l’inconscient collectif. Elle permet de faire voyager les idées, de proposer d’autres manières de voir le monde — du plus vaste à l’infime.
Elle ne se voile pas : elle reste proche d’une vérité crue, parfois nue, parfois habillée. Elle nous invite à réfléchir sur le regard que l’humain pose sur sa propre condition, de manière subtile et engagée.
Les métaphores deviennent alors des espaces infinis, des refuges où l’on peut se retrouver sans se confronter directement à soi ou à l’autre.
Elles déposent un espoir quand tout s’assombrit, et s’arment de résilience grâce à la force des mots. Ce ne sont pas seulement des poèmes que l’on écrit : c’est un acte politique, un geste pour préserver la beauté de l’art animé par l’âme terrestre et céleste. La poésie, c’est la réalité sans fard ni paillettes, contrairement à ce que l’on pourrait penser. Le poète a toujours un rôle précieux : il est un messager de l’âme, un lien entre le visible et l’invisible.
Il offre une vision différente, fait bouger les lignes, éveille les consciences.
« Rêver encore,
rêver d’accalmie et de beau temps,
rêver encore… »
(Extrait du livre « Rouge Alchimie »)
H.M — Comment réagissez-vous à la réception de vos poèmes par le public ?
N.B — Lorsque je suis sur scène pour déclamer mes poèmes, je suis, bien sûr, heureuse lorsque le public me fait de beaux retours. Mais ce qui compte le plus pour moi, c’est d’avoir transmis un message, d’avoir fait voyager les âmes venues m’écouter. Les sourires, les regards, les échanges deviennent alors des ciels bleus.
Quand je viens de publier un livre, comme c’est le cas actuellement, je me sens vulnérable et anxieuse, sensible à la moindre vibration que mes mots peuvent susciter. Je suis portée par l’exaltation, mais aussi par la peur de ne pas trouver d’écho chez le lecteur. C’est un risque à prendre, mais un risque empli de bonheur.
H.M — Que souhaiteriez-vous que le lecteur emporte de « Rouge Alchimie » , une fois le livre refermé ?
N.B —
« L’ivresse de la poésie.
La liberté d’être.
Le courage des petits pas.
Les victoires et les défaites.
La lumière dans les nuits les plus sombres.
La pensée délicate pour l’autre.
L’audace de se rendre visible. »
Que chacun se souvienne que la maladie ne définit personne. Que les matins blêmes résistent à la fatalité. Que tout passe, même après les plus grandes tempêtes. Que l’on se relève, même avec des ailes brisées.
« Croire encore à la beauté de chaque geste malgré l’épreuve,
d’un rouge qui illumine nos existences d’un soleil flamboyant. » (Nora Balile)
H.M — Quels sont vos projets littéraires à venir ?
N.B — Des ouvrages collectifs de poètes, plusieurs recueils de poésie en cours d’écriture, des scènes de poésie en Belgique et à l’étranger — notamment au Maroc et en France. Je participerai aussi à des rencontres littéraires autour de mon nouveau livre « Rouge Alchimie ». Et bien d’autres aventures encore… Celles d’une poétesse nomade.
H.M — Si vous deviez résumer « Rouge Alchimie » en trois mots, lesquels choisiriez-vous ?
Pour citer cet entretien lumineux, engagé, illustré & inédit
Hanen Marouani,« Interview avec Nora BALILE à l’occasion de la parution de son nouveau recueil de poésie « Rouge Alchimie » », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 6 novembre 2025. URL :
Crédit photo : Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), illustration d'une nature morte de pappus & d’aigrettes de pissenlit avec un papillon, peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.
Instant parfait
Les pétales de la fleur, alourdis par la pluie, sont fragiles mais beaux — ils restent en vie.
Ils brillaient autrefois sous la lumière éclatante — maintenant, ils tombent en silence, offrant leur chute avec humilité, préparant le sol à l’abondance des fruits.
Tout suit les lois du changement, tout s’écoule, sans exception.
Dans la lente chute des pétales, on peut entrevoir les graines du fruit à venir.
Un instant parfait glisse avec une légère tristesse, tandis que tout contient déjà la promesse de demain.
Dans la quête d’une vie en abondance, les pétales tombent, sans laisser de trace.
La liberté des graines de pissenlit
Il n’y a pas d’amour sans liberté. Tous les êtres, suivant leurs propres sentiers, respirent librement dans la lumière.
Le besoin d’attacher l’autre, ce n’est que servitude, une ombre de possession indigne du nom d’amour.
Le pissenlit berce ses graines, puis les laisse enfin partir, dans le vent qui les disperse, entre les doigts du ciel.
C’est cela, l’amour, un lâcher-prise, une confiance sans fin.
La liberté seule est la source de la vie, la première résonance de l’amour et son dernier souffle.
Biographie
Le poète Dr. Kang Byeong-Cheol est un auteur coréen, né en 1964 à Jeju, en Corée du Sud. Il a publié un recueil de nouvelles en 2005 et a depuis remporté huit prix littéraires et publié plus de douze ouvrages. De 2009 à 2014, il a été membre du Comité des écrivains en prison (WiPC) du PEN International. Titulaire d’un doctorat en science politique, il occupe actuellement le poste de vice-président de l’Institut coréen pour la paix et la coopération ainsi que celui de vice-président du PEN de Jeju. Il est le président fondateur de l’Association coréenne de littérature mondiale.
* Kang Byeong-Cheol (Kang est le patronyme, Byeong-Cheol le prénom, à la manière coréenne).
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Pour citer ces poèmes & biographie traduits en français & illustrés
Irina Moga (poèmes & biographie traduits), « Deux poèmes par Kang Byeong-Cheol », peinture par Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 19 octobre 2025. URL :
N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » / Muses au masculin | Revue Culturelle des Continents | Annonces diverses / Avis de parution & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Varia & Actualité
Une nouvelle anthologie intitulée « Nos muses les murs » vient de paraître aux éditions Mindset, coordonnée par moi (Arwa BEN DHIA), sous l'égide de l'association culturelle Apulivre en collaboration avec la revue Oyapock dirigée par Alexandra CRETTÉ outre-Atlantique.
Cette anthologie préfacée par Alexandra CRETTÉ, où les murs inspirent les poètes de presque tous les continents (d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique), petits et grands (puisque deux poétesses enfants y ont contribué), sera présentée et mise à la vente par l’association Apulivre lors de différents événements dont le premier est le salon du livre franco-amazigh se tenant à la mairie du 13è arrondissement de Paris le samedi 18 octobre de 13h à 19h.
Coordinatrice
Arwa BEN DHIA est née en 1986 en Tunisie qu’elle quitte en 2009 pour poursuivre ses études d’ingénieur télécoms en France. Elle est docteure en électronique, ingénieure brevets, poète polyglotte, traductrice, autrice et préfacière de plusieurs recueils de poésies. Son dernier recueil « Les quatre et une saisons » coédité en octobre 2024 par les éditions du Cygne en France et les éditions Arabesques en Tunisie a reçu un Diplôme d’Honneur 2024 décerné par la Société des Poètes Français, ainsi que le prix littéraire Dina Sahyouni 2025 décerné par la SIÉFÉGP. Ce recueil, ainsi que son avant-dernier « Silence Orange » ont été transcrits en braille. Arwa a participé à plusieurs revues et anthologies poétiques. Elle est membre de plusieurs associations dont la Société des Gens de Lettres (SDGL) et la Société des Poètes Français (SPF). Arwa a aussi été honorée en 2025 par la distinction d’Ambassadrice de la Paix attribuée par le Cercle Universel des Ambassadeurs de la Paix (CUAP) et a reçu le Prix de la Francophonie par la Société des Auteurs et Poètes de la Francophonie (SAPF).
Préfacière
Alexandra CRETTÉ, née à Aubervilliers en 1978, est autrice de poésie, de nouvelles, de théâtre. Elle est syndicaliste, anticolonialiste, féministe, traductrice, fondatrice et directrice depuis 2020 de la Revue Littéraire Oyapock. Coordinatrice Guyane pour le Mouvement Mondial de la Poésie depuis 2022, elle reçoit la Mention Spéciale du Prix International de poésie Balisaille pour son recueil « Par le regard de ces autres mal nés » en mai 2023. Alexandra vient de publier son deuxième recueil de poésies « Panoptica americana » chez Atlantiques Déchaînés. Elle organise un festival international de poésie, le FIRO (Festival International de la Revue Oyapock), à Cayenne depuis 2024 et est elle-même invitée à différents festivals internationaux de poésie comme le Festival Internacional de Poesía de Medellín en Colombie (2023), le Festival Mondial de Caracas au Venezuela (2023 et 2025).
L’anthologie est en précommande sur le site de l’éditeur, URL : https://mindset-editions.com/catalogue/152-nos-muses-les-murs-anthologie.html
Ouvrez donc ce livre, il vous donnera certainement le goût de dire et de peindre les murs du monde à la mesure de vos yeux. Car la poésie est restitution d'une complexité délaissée. Sortie fi...
Arwa Ben Dhia (texte & images), « Vient de paraître aux éditions Mindset, l’anthologie « Nos muses les murs » coordonnée par Arwa BEN DHIA », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 18 octobre 2025. URL :
Les oiseaux ne bâtissent pas leur demeure pour eux-mêmes, mais pour leurs petits. Ils tressent leurs nids dans les buissons, ou nichent au creux des arbres, et s’y réchauffent, cœur contre cœur.
De cette tendresse naît leur force : ils deviennent le vent, ils deviennent les nuages, ouvrant leur voie vers l’azur.
Car ils le savent — leur destin est l’essor, et jamais un nid n’est fait pour y rester.
Rêve de la déesse du printemps
Perséphone, fille de Zeus et Déméter, Quelles couleurs composent la lassitude de la déesse du printemps ? Parmi les forsythias d’or et les violettes, Éclosent cerisiers et fleurs aux tons pourpres. Mais près de la pierre mélancolique, sous l’arbre, L’après-midi parle une langue solitaire.
Les nuages errent, vagabonds du ciel, Prenant forme, se dissipant sans fin. Mille ans ont passé — puis mille encore — À méditer dans l’herbe, on rêve à la déesse du printemps.
Les grains de sable roulent sans repos, encore et encore, Forgeant des mondes nouveaux à chaque tour dans ses songes. Les vents de printemps frappent le dos de l’arbre, Et dans l’après-midi muet, le printemps parle une langue voilée.
Biographie
La poétesse Mme Yang Geum-Hee a publié quatre recueils de poésie et a remporté huit prix littéraires. Elle a été la présidente fondatrice de l’Association Littéraire d’Ieodo, rédactrice en chef de Jejuin News, chercheuse au Centre Jeju Sea Grant, professeure invitée à l’Université Internationale de Jeju, ainsi que la deuxième présidente de l’Association Coréenne de Littérature Mondiale. Actuellement, elle est éditorialiste pour le Samda Ilbo, douzième présidente de Jeju PEN, et vice-présidente de la Coopération pour la paix en Corée. Sa poésie a été traduite et présentée dans de nombreux pays.
* Yang Geum-Hee (Yang est le patronyme, Geum-Hee le prénom à la manière coréenne).
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Pour citer ces poèmes & biographie traduits en français & illustrés
Irina Moga (poèmes & biographie traduits), « Deux poèmes par Yang Geum-Hee », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 16 octobre 2025. URL :
La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).
L’association SIÉFÉGP publiera en septembre 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.
SIÉFÉGP, JUIN 2026
APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.
SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025
Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.
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N° III ÉTÉ 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Critique & réception Irène Shraer, « Vertige du réel », nouvelles aux éditions Unicité, 2026, 141 p. 14€ Article par Maggy de Coster Site personnel Le Manoir Des Poètes
Il s’agit...
Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE » | Distinctions 2026 | Prix poétiques attribués par la SIÉFÉGP le 1er Mai | Revue Matrimoine 2026 | Le Prix International Poésie de l'Académie Claudine...
Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE » | Distinctions 2026 | Prix poétiques attribués par la SIÉFÉGP le 1er Mai | Revue Matrimoine 2026 | Le Prix International de Poésie Féministe de l'Académie...