3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 15:03

 

Poème sur l'amour & l'amitié

 

 

H. Arendt « et, dans ce parler, nous

 

apprenons à être humains »

 

 

 

Sophie Brassart

 

Poème & illustration

 

Blog officiel : http://graindeble.blogspot.fr/

Site officiel : www.toilesonore.com

H. Arendt « et, dans ce parler, nous apprenons à être humains »

© Crédit photo : Pensée rouge par Sophie Brassart

 

 

 

 

De

Ton regard à mon regard

Il est midi


 

Au bord de la rivière


 

Bleuté l'espace est clos

la douleur – de plus en plus vive

et la lumière – de plus en plus vive

d'antiques corbeaux – toutes mes pensées


 

elles tiennent dans une seule cage


 

Ma voix est plus éphémère que le souffle


 

& dans le sillage de l'étoile


 

ton reflet vibrant longtemps après

Le poème


 


 

Mais à l'instant de nos visages


 

Mon amour ensemble il est midi

 

 

***

Pour citer ce poème

Sophie Brassart (poème et illustration), « H. Arendt "et, dans ce parler, nous apprenons à être humains" », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 3 mars 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/arendt-humains.html

 

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 14:08

 

Poème sur l'amour & l'amitié

 


 

Réponse à Breton

 

 

 

Barbara Polla

 

Blog officiel : https://barbarapolla.wordpress.com/

 

Illustration par Gordan Ćosić

 

 

 

© Crédit photo : "Japan 2" par Gordan ĆOSIĆ

 

 

Un homme aux cheveux d'airain

Et boucles de pain

À la pensée de cavalier

Un homme aux dents de tigre

À la bouche de volcan de fumée et de feu

Aux dents d'empreintes dans la chair des hyènes

A la langue odorante d'écorce montagnarde

Homme à la langue d'oubli d'appétit

À la langue de parole qui dit et qui se tait

À la langue de marée encore une fois salée

À la langue de saveurs

Homme aux cils comme des herbes folles

Dans les prés oubliés de la fin de l'été

Homme aux tempes d'ardoise ou l'esprit s'inscrit

Et de verre dépoli

Homme aux épaules de cheval de trait

Qui laboure nuitamment les terres du milieu

Déracine des rochers qui ressemblent à des corps

Homme aux poignets qui conduisent les chars

Aux mains de sculpteur de terre et d'argile

Aux doigts de plume au doigté d'arme blanche

Homme aux aisselles marines après la pèche

De nuits d'hiver où l'eau sent sous la glace

De graines de fougères de chemins ensablés

Aux bras de branches des arbres arrachés

Et de mélange de cimes et d'engrais

Un homme aux jambes de forêt

Aux mouvements du temps et d'ailleurs

Aux mollets de fougères près des sources

Un homme aux pieds signature

Aux pieds de talon d'Achille aux pieds des prés humides

Un homme au cou d'avoine odorante

À la gorge de torrent jurassique

De rendez-vous dans le lit même du torrent

Au torse de nuit

Un homme au torse de constellation lactée

Au torse de la force de l'or Paracelse

Un homme au ventre du creusement de soi

Au ventre de plaie béante

Un homme au dos d'hippocampe

Au dos d'étoile de mer dos de lumière

À la nuque de sel marin de marée descendante

Et de perte à jamais du contrôle de soi

Un homme aux flancs de vaisseaux

Aux flancs de Rackham le Rouge

De pirates au plus noir de pirates d'eau bleue

Un homme aux fesses de rocher

De marbre de Carrare

Aux fesses de collines en hiver

Aux fesses de neige

Au sexe de printemps

Homme aux yeux d'effroi

Aux yeux de corps aux yeux d'adieu

Aux yeux qui savent aux yeux qui jouent

Qui se ferment et revoient

Aux yeux d'eau qui se perd

Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air et de terre

Aux yeux de niveau d'eau sans jamais une larme

 

 

***

Pour citer ce poème

Barbara Polla, « Réponse à Breton », illustration "Japan 2" par Gordan Ćosić, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 3 mars 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/breton.html

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 19:13

 

Poème indédit

Quatrain sans titre pour l'Afrique


 

L’Afrique notre berceau commun

 

 

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

Illustration par Gordan ĆOSIĆ

 

 

 

 

© Crédit photo :  "Konak 20" par Gordan ĆOSIĆ

 


 

L’Afrique notre berceau commun s’englue dans les veines du trépas

Jour après jour, pierre par pierre, ses enfants érigent son tombeau

Ô mortelle Lucy de colère tu brûles dans ton royaume d’outre-temps

Qui défendra ton héritage en péril et vengera ta mémoire de sang souillée ?

 

 

***

Pour citer ce poème

Maggy de Coster, « L’Afrique notre berceau commun », illustration « Konak 20 » par Gordan ĆOSIĆ, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 28 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/berceau.html

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 11:05

 

 

Revue des éditrices & éditeurs en poésie

 

 

Les nouveautés des éditions

 

 

L'Échappée Belle

 

 

 

L'Échappée Belle vous présente les nouveaux livres de sa collection « Ouvre-Boîtes » :

 

 

Rosetta (suivi de Philae) de Nicolas Grenier

 

 

Poème narratif techno-scientifique écrit en haïkus,"Rosetta (suivi de Philae)" raconte, de façon documentée, avec une réelle sensibilité aux phénomènes décrits ainsi qu’un sens aigu du rythme et de la musicalité des mots, les différentes étapes de la mission spatiale Rosetta.

En lisant ce poème, nous sommes presque physiquement embarqués dans cette aventure, qui acquiert, grâce au talent de l’auteur, une authentique dimension lyrique.

Un vibrant hommage aux hommes de sciences, qui ont rendu possible cette contemporaine épopée !

Ce récit a le mérite de nous dépayser de la thématique trop souvent conventionnelle et limitée des haïkus. Nicolas Grenier renouvelle le genre, et lui donne un nouveau souffle.

 

Lire le poème extrait de ce recueil : Nicolas Grenier, « Mission Rosetta »

 

Titre : Rosetta (suivi de Philae)

Poète : Nicolas Grenier

Genre : Poésie

Collection : Ouvre-Boîtes

Nombre de pages : 67 p.

Date de parution : Octobre 2015

Prix : 14 euros

ISBN : 978-2-919483-389

Page dédiée au recueil chez l'éditeur : http://www.lechappeebelleedition.com/nicolasgrenier_rosetta.html

 

***

 

Hier Demain Jamais de Gérard Georges


 

Ce recueil de poésies, le titre est assez explicite, veut rendre sensible – perceptible – au lecteur le caractère mouvant des choses, leur impermanence consubstantielle : cela même qui s’achève puis disparaît pour toujours et à jamais… en attendant le lendemain, qui recommencera une comparable sarabande – comme hier. Et l’auteur de convoquer pour nous les apparitions disparaissantes des phénomènes, les intempéries qui rythment le temps.

La saveur des mots, parfois volontairement désuets et de ce fait suggestivement nostalgiques, à la manière du « il était une fois » des contes, contribue à enclencher la « magie » revendiquée par le poète ; mais plus encore et surtout le lecteur est sensible au flux d’images, de paysages, de sensations d’une grande inventivité verbale, dont sont tissés les poèmes.

 

Lire le poème extrait de ce recueil : Gérard Georges, « Hier Demain Jamais (extrait) »
 

Titre : Hier, Demain, Jamais

Poète : Gérard Georges

Genre : Poésie

Collection : Pioche

Nombre de pages : 50 p.

Date de parution : Novembre 2016

Prix : 10 euros

ISBN : 978-2-919483-44-0

Page dédiée au recueil chez l'éditeur : http://www.lechappeebelleedition.com/gerardgeorges_hierdemainjamais.html

 

***

 

Palimpsestes de Luc-André Rey

 


 

Ce livre publié à titre posthume mais avec l’accord et sous le contrôle de l’auteur, rassemble une sélection de ses derniers poèmes. La cohésion n’obéit, consciemment du moins, qu’à une seule règle d’unité : celle de la période où les différentes pièces du recueil furent écrites.

Qu’y trouvons-nous ? – une voix.
 

Ces poésies nous disent inlassablement une relation singulière : ce qui unit l’énonciateur au monde. Luc-André Rey explore la continuité du sujet avec ses alter ego humains, les êtres, les choses, le vide, la mort, ce qui finit et ce qui naît. Cette fascination pour les rebords et les marges, les points d’accès au-dessus du gouffre et des anfractuosités de la vie, donne à sa voix sa qualité propre, d’une indéniable oralité… avec sa rythmique, son souffle, son débit, ses phrases suspendues à mi-chemin, comme devant un précipice.

 

Lire des poèmes extraits de ce recueil : Luc-André Rey, « Extraits de Palimpsestes »

 

Titre : Palimpsestes

Poète : Luc-André Rey

Genre : Poésie

Collection : Ouvre-Boîtes

Nombre de pages : 90 p.

Date de parution : Janvier 2017

Prix : 15 euros

ISBN : 978-2-919483-45-7

Page dédiée au recueil chez l'éditeur : http://www.lechappeebelleedition.com/lucandrerey_palimpsestes.html

***

 Le vieux baobab et le vieux chêne de Daouda Keita

 

 

Ce recueil de poésies est nourri des expériences diverses qui ont émaillé la vie de l’auteur, Malien de naissance, Français par choix ; militant associatif et maintenant élu municipal de sa ville, Bagnolet. L’immigration et ses affres, les inégalités de fortune, l’amour, la géopolitique durement clivée entre Nord et Sud, voici autant de thèmes ressassés, chroniqués sous toutes leurs facettes par un homme à l’écoute de la misère sociale, mais également confiant dans les forces vives de ce monde.

Léopold Sédar Senghor est la grande présence qui accompagne Daouda Keita tout le long de son cheminement poétique ; Senghor le chantre tout ensemble de l’africanité, de la femme, du métissage et du dialogue entre les civilisations ; et inséparablement homme d’action. Keita justement, à travers ces poèmes, souhaiterait réconcilier le pays du baobab et celui du chêne, les unir dans un même amour et avec une semblable familiarité ; et cautériser chacune de leurs plaies.

 

Lire des poèmes extraits de ce recueil : Daouda Keita, « Le vieux Baobab et le vieux Chêne (extraits) »

 

Titre : Le vieux Baobab et le vieux Chêne

Poète : Daouda Keita

Genre : Poésie

Collection : Pioche

Nombre de pages : 81 p.

Date de parution : Septembre 2016

Prix : 16 euros

ISBN : 978-2-919483-43-3

Page dédiée au recueil chez l'éditeur : http://www.lechappeebelleedition.com/daoudakeita_levieuxbaobab.html

***

Pour citer ce texte

L'Échappée Belle (éditions), « Les nouveautés des éditions L'Échappée Belle », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 27 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/echappee-belle.html

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 10:16

Poème

 

Hier Demain Jamais (extrait)

 

 

Gérard Georges

Extrait reproduit avec l'aimable autorisation

des éditions l’Échappée Belle et l'auteur

 

© Crédit photo : 1ère de couverture de l'ouvrage


[pp. 32-36]

 

Impressions mouvantes

 

Un ciel où rament

des corbeaux

des étourneaux

Un paquebot de nuages

Des panses ventrues

Des bedons bedonnants

L’apex des grands hêtres

jusqu’à l’épaule de la montagne

et en bas,

tout en bas,

une mare

où coassent des grenouilles en mal d’amour

de mâle en pis

La lune y reflète son albédo couleur de miel

couleur de fiel

rament des corbeaux

des étourneaux

à ne plus rien voir, ne plus pouvoir,

je suis resté après la pluie

sur un capuchon de neige gelée

à dénombrer tous ces automnes

et ignorer les brumes hiémales,

j’ai lapidé mon temps qui se rouille

bien sûr,

l’aube vient toujours quand le ciel se délie

ou que

l’ondée se juxtapose.

Trésors d’antan

pour que s’ouvrent les écluses du temps

et que

jouent à la marelle les étoiles buissonnières.

C’était un éternel passé

qui tardait à venir.

La fenêtre ouverte laissait fluer toutes les pensées

les plus osées –les moins formelles.

Des embruns crépitaient sous les senteurs de résine.

Ton corps alangui sur la couche

-si nu, si beau, si doux-

tressautait au moindre souffle du vent.

Cette envie de te toucher

de faire l’amour

de renaître aux jours anciens

-tous ceux qui fleurissaient comme les roses de Noël-

et puis

ce demain qui déboulait tellement vite

que,

sitôt que je pus ouvrir mes yeux purulents,

je ne sus remonter

tout à l’envers

du temps.

La brume a tissé

des ombres éphémères

sur le calendrier des jours

qui ne sont plus

l’hiver est descendu des nues

il a cadenassé en silence les vents des antipodes

et ouvert la porte au souffle boréal

-celui qui pèle qui rugit qui désosse

qui exaspère aussi

rien ne vit plus que la neige

une poussière qui court de vallon en vallon –

et puis

quelques cendres d’un feu de bois

au hasard d’une coupe sombre dans la forêt

tout s’est figé

tout s’est tu

et jusqu’à l’herbe en déshérence

qui, depuis la Toussaint,

compte à rebours les nuits sans faim ni soif

qui tombent long temps

souvent

L’antépénultième soleil d’hiver

irradiait sa comptine.

Après après demain, peut-être

-ou bien alors avant avant hier-,

il serait mort.

Les épluchures d’un vent céleste

menaient grand train dans les entrailles de la terre-mère.

Moi,

je remontais mon col

je rêvais, je rêvais

j’avais rêvé aussi

mais

tout avait été tellement dit

que

cela n’aurait servi à rien

de vouloir mâcher ses mots

ni

de cacher ses maux.

 
***

 

Titre : Hier, Demain, Jamais

Poète : Gérard Georges

Genre : Poésie

Collection : Pioche

Nombre de pages : 50 pages

Date de parution : Novembre 2016

Prix : 10 euros

ISBN : 978-2-919483-44-0

Page dédiée au recueil chez l'éditeur : http://www.lechappeebelleedition.com/gerardgeorges_hierdemainjamais.html

 

 

 

Voir aussi la présentation de l'ouvrage dans

Les nouveautés des éditions L'Échappée Belle

 

***

Pour citer cet extrait

Gérard Georges, «  Hier Demain Jamais (extrait) », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 27 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/jamais.html

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 09:40

 

Poèmes

 

Extraits de Palimpsestes

 

 

Luc-André Rey

Extraits reproduits avec l'aimable autorisation

des éditions l’Échappée Belle et l'auteur

 

 

© Crédit photo : 1ère de couverture de l'ouvrage

 

 

 
***
 

 

[pp. 19-20]

un après-midi

 

I

si tu chopes la queue du cochon,

la manège s’arrête

garde-la précieusement,

tu sauras,

pas longtemps

comment faire cette queue tourner toutes les têtes

conseil à un petit garçon

ou une petite fille

c’est selon

jupon, ou tire-bouchons

 

II

 

les couleurs

disparues

les yeux le monde,

nus

s’agenouillent où l’enfance

se couvre

quelques enfants

bonnets et gants de laine

boules de neige et frissons

le ciel

entre les mains

 

III

 

lorsque

lorsque lorsque

la tendresse

se recourbe

quelques traits sur la page

quelques traits

le visage

peut-être

peut-être peut-être

peut-être

entre ces traits

quelque chose

de l’aimer

 

 

[p. 21]

l’épaisseur des choses

 

tellement peu d’épaisseur

et pourtant

c’est là

et seulement là

qu’il se peut l’épaisseur

que n’osons pas

nos cœurs

tellement peu d’épaisseur

on ne le voit pas

pourtant

où si peu d’épaisseur

tellement

qu’on ne voit pas

tellement peu d’épaisseur, où il parle

on se tait

tellement peu d’épaisseur

tellement peu d’épaisseur

on a peur pour lui

le vent

[p. 37]

vivant

 

rien ne bouge et pourtant

quelque chose

tout autour

quelque chose frémit on n’en sait pas le nom

... quelque chose

toutes ces choses

qui nous entourent monde rien ne bouge

et pourtant

tout autour

frémit

notre sang

cette chose



 

***

Titre : Palimpsestes

Poète : Luc-André Rey

Genre : Poésie

Collection : Ouvre-Boîtes

Nombre de pages : 90 p.

Date de parution : Janvier 2017

Prix : 15 euros

ISBN : 978-2-919483-45-7

Page dédiée au recueil chez l'éditeur : http://www.lechappeebelleedition.com/lucandrerey_palimpsestes.html

 

Voir aussi la présentation de l'ouvrage dans

Les nouveautés des éditions L'Échappée Belle

 

***

Pour citer ces extraits

Luc-André Rey, « Extraits de Palimpsestes », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 27 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/palimpsestes.html

 

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 18:07

 

Poème

 

Mission Rosetta

 

Nicolas Grenier

Extrait sans titre reproduit avec l'aimable autorisation

des éditions l’Échappée Belle et l'auteur

 

© Crédit photo : 1ère de couverture de l'ouvrage

 

mission Rosetta

Ariane 5 G+

sonde européenne


 

îles du Salut

à côté du port spatial

le littoral gronde


 

sous l’effet de fronde

au-dessus de l’équateur

Kourou étincèle


 

dans un conteneur

avion-cargo Antonov

Rosetta accoste


 

route de l’espace

parmi les herbes sauvages

convoi spécial


 

climatisation

en salle blanche S3b

la sonde repose


 

sur la plate-forme

robot multifonction

impulsion avant


 

silence total

sous la lumière blafarde

Rosetta s’endort


 

dans le bâtiment

les panneaux solaires tournent

mouvement d’air froid


 

fibre de carbone

et voiles d’aluminium

Philae s’échauffe


 

sonde Rosetta

EADS Astrium

mission cométaire


 

mât ombilical

dans le dock d’intégration

Ariane se coiffe


 

encapsulation

sous pavillon helvétique

le robot s’échappe


 

automate bleu

dans un coma argentique

avant le vertige


 

sonde spatiale

pour le système solaire

vol 158


 

station météo

le ballon-sonde voltige

vent en altitude


 

dans le télescope

la comète est un reflet

au bord du chaos


 

derrière leur casque

les ergoliers sautillent

une aiguille vibre


 

sur le pas de tir

entre les paratonnerres

la fusée chancelle


 

dans l’espace vert

zone de lancement 3

calme à l’horizon


 

au fond des carneaux

démarrage automatique

l’eau froide surgit


 

autour du béton

la fumée blanche circule

compteur à zéro


 

partout des éclairs

commutation électrique

les flammes crépitent


 

continent muet

dans la fenêtre de tir

la terre vacille


 

les boosters scintillent

fosse d’évacuation

tonnerre de dieu


 

halo de lumière

le moteur-fusée Vulcain

me brûle les yeux


 

lancement d’Ariane

centre spatial à Kourou

la brume se lève


 

au-dessus de l’air

rouge comme un brasier

la tempête éclate


 

mouvement léger

sur l’océan Atlantique

les vagues refluent


 

dans la nuit opaque

le lanceur perce le ciel

colonne de blanc


 

le long de la côte

sur la montagne des Pères

les antennes captent


 

propulseurs à poudre

les tuyères infléchissent

le vol d’Ariane


 

tube métallique

dans la couche de nuages

panache de feu


 

dans la turbopompe

éjection d’hydrogène

les ergols déferlent


 

tension maximale

sur l’orbite hyperbolique

la fusée poudroie

 
***

 

Titre : Rosetta (suivi de Philae)

Poète : Nicolas Grenier

Genre : Poésie

Collection : Ouvre-Boîtes

Nombre de pages : 67 pages

Date de parution : Octobre 2015

Prix : 14 euros

ISBN : 978-2-919483-389

Page dédiée au recueil chez l'éditeur : http://www.lechappeebelleedition.com/nicolasgrenier_rosetta.html

 

Voir aussi la présentation de l'ouvrage dans

Les nouveautés des éditions L'Échappée Belle

 

 

***

Pour citer cet extrait

Nicolas Grenier, « Mission Rosetta », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 26 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/rosetta.html

 

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 16:30

 

Poème inédit


 

 

On aura tout vu !

 

 

 

Huguette Bertrand

Site personnel : http://www.espacepoetique.com/Espace/intime.html

 

 

 

La suite est en bas de l'échelle

qu'il faut remonter à petits pas

pour remettre à l'endroit

l'essence du poème en désarroi

 

cet esclave des mots

ce tord-cœur

amant des vers

séduit le froid

anime le chaud

dans l’œil du présent

ce labyrinthe des beautés

et misères du monde

devant l'échelle recourbée du temps

 

faut-il monter ou descendre cette courbe

ou laisser le poème se profiler

à l'horizon de nos songes

insoumis ?

 

24.02.17

 

***

Pour citer ce poème

Huguette Bertrand, « On aura tout vu ! », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 26 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/vu.html

 

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 15:10

 

Critique & réception


 

Annpôl Kassis

 

 

L’UneS

 

 

Le Huchet d’Or, 2017, 58 p., format 21 x 14,8 cm, 9 €

 

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

Annpôl Kassis, L’UneS, Le Huchet d’Or, 2017, 58 p., format 21 x 14,8 cm, 9 €

© Crédit photo : 1ère de couverture illustrée par l'artiste-peintre Christel Valentin

(http://www.christelvalentin.com/)

 

Il s’agit d’un questionnement d’ordre eschatologique et ontologique. D’entrée de jeu la poète se lance dans des considérations tant d’ordre philosophique que métaphysique. L’existence, la vie et la mort, l’éternité tout entre dans son cadre de réflexions. Elle nous fait partager ses peurs, ses erreurs, ses doutes, bref elle nous livre ses états d’âme comme pour se soulager d’un pesant fardeau. On est en empathie avec cette âme vacillante qui cherche à s’élever afin de tendre vers un renouveau, un renouveau qui se concrétisera dans une autre dimension car « Tout peut recommencer », avoue-telle.

 

© Crédit photo : 4ème de couverture de l'ouvrage (voir le site de la maison d'édition : http://www.le-huchet-dor-editions.fr/annpol-kassis/)

 

Elle nous brode les éléments qui nous entourent et qui participent de notre existence de terriens. Elle croit à un infini qui se dévoile et se perpétue dans la chaîne des événements. Elle veut se nourrir à la « Source des origines » pour percer les mystères de ces commencements et recommencements qui s’enchaînent en nous instruisant des choses de la vie.

Le souffle est ce qui anime tout un chacun, ainsi parle-t-elle de souffle de vie. Cela dit, l’être humain annonce sa venue au monde en poussant un cri par lequel il accueille le souffle de vie dont il se libérera à l’instant de la mort. Et c’est un cri de douleur que laisse entendre la poète en faisant le décompte de tant d’êtres chers emportés par la camarde. Ces êtres avec lesquels elle semble faire corps dans une unité plurielle et qu’elle évoque :

 

« Tous toutes les morts / De ma vie me peuplent / M’envahissent m’égarent »

 

« L’UneS », un livre qui respire le parfum d’un adieu couvert d’un voile de pudeur. Un livre qu’on ne peut lire sans se laisser s’émouvoir.

 

***

Pour citer ce texte

Maggy de Coster, « Annpôl Kassis, L’UneS, Le Huchet d’Or, 2017, 58 p., format 21 x 14,8 cm, 9 € », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 26 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/une.html

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 16:32

 

Critique & réception


 

Jeanne Guizard

 

Un homme au cœur. Un souvenir vif, d’une rencontre

 

inoubliable, dans les années 1968 : Christian Bobin

 

Thebookédition, 2016, 203 p., 6,63€

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

 

 

Après nous avoir livré sa bouleversante autofiction dans L’amour au fond du puits, Jeanne Guizard nous revient, avec ce livre de souvenirs, entre autres.

Il est des souvenirs qui persistent dans la mémoire jusqu’au dernier soupir. C’est d’autant plus vraisemblable que cela relève de l’affectif, du sentiment amoureux et plus particulièrement chez les femmes, non pas par sensiblerie, mais bien au contraire, tout simplement parce que la maturité affective est plus précoce chez la femme et de ce fait l’élan amoureux peut être plus percutant chez elle. Dans Un homme au cœur, Jeanne Guizard évoque dans les moindres détails ses souvenirs de jeunesse estudiantine dans les années 60 avec Christian Bobin dont elle était éperdument amoureuse alors que ce dernier semblait vouloir prendre le temps de grandir. C’est un témoignage d’affection à un homme qui jadis se cherchait.

 

Un livre empreint de générosité et de bienveillance. En nous faisant partager son vécu d’étudiante et de femme amoureuse, elle nous transporte dans l’univers de Christian Bobin qu’elle veut nous faire aimer aussi pour ce qu’il est, pour sa grandeur d’âme. Elle nous confesse sa passion charnelle inégalable pour lui, qui paradoxalement, lui paraissait si inaccessible : « Il était près de moi. Son corps me hantait. Jamais aucun corps n’avait ainsi pesé sur moi. Je rêvais que nous roulions dans un tourbillon d’étincelles, pris dans la ronde d’une fête éternelle. » La femme qui souffrait du manque d’amour de son père semblait se languir de l’amour concret de son camarade de Fac qui, ne voulant pas grandir, se réfugiait dans l’enfance, puis dans les livres.

« Il m’avait dit ''je t’aime bien'' », comme un enfant aime bien le chocolat. Lui, il a la famille comme rempart mais quant à elle, elle s’est émancipée très tôt et voulait conquérir l’Amour pour y puiser la force de vivre.

 

Deux êtres qui s’admiraient, qui avaient des atomes crochus « […] nous rapprochions nos solitudes, nos points de vue, nos regards croisés sur le monde[…] Il voulait toujours se réfugier dans la vie rêvée ».

« Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction », nous enseigne Saint-Exupéry. Chacun d’eux regardait dans la même direction mais ne semblait pas voir les choses de la même manière, ils aimaient être ensemble parce que c’était plus fort qu’eux mais ils s’aiment tous les deux différemment.

Lui, c’est un homme loyal qui aime avec prudence peut-être pour ne pas se laisser déborder et surtout contrarier dans ses visées spirituelles. Elle, c’est une femme sensible dont le désamour du père portait à chercher ailleurs la pièce manquante.

« Tu n’as pas changé, tu es resté fidèle à toi même et tu me donnes toujours la même émotion joyeuse », concède l’auteure.*

 


 

* (Ndlr) : Jeanne Guizard est professeure d’arts plastiques après avoir été comédienne, professeure de philosophie et institutrice, elle est romancière et poète également.


 

***

Pour citer ce texte

Maggy de Coster, « Jeanne Guizard, Un homme au cœur. Un souvenir vif, d’une rencontre inoubliable, dans les années 1968 : Christian Bobin, Thebookédition, 2016, 203 p., 6,63€ », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 23 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/guizard.html

 

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