18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 10:00

 

 

Publication successive durant l'été 2017

 

 

Lettre n°11

 

 

 

Vive la poésie !

 

 

© Crédit photo : Cendrillon s'endort par Dina Sahyouni,

une partie de la photographie de 2009, collection privée.

 

ISSN numérique : 2116-1046

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

 

diffusée en version électronique (apériodique)

 

et en version imprimée (4 numéros par an)

 

Le Pan poétique des muses ISSN Imprimé : 2492-0487

 

Logodupan

© www.pandesmuses.fr

 

Comité de rédaction : Khris Anthelme, Camille Aubaude, Cyril Bontron, Maggy de Coster, Laure Delaunay, Eric Guillot, Mario Portillo Pérez, Dina Sahyouni, Nelly Taza & Françoise Urban-Menninger. Réalisation technique : Anna Perenna, Cyril Bontron. Contacts : contact@pandesmuses.fr & contact.revue@pandesmuses.fr

Rappel utile : comme vous le savez bien cher lectorat la revue LPpdm (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteur-e est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, il est le/la seul-e responsable du contenu de son texte, de son image, etc.

 

Vos poèmes, nouvelles, contes, pensées, fragments,

lettres, chroniques, traductions, articles,

illustrations, entretiens, vidéos, etc.

sont les bienvenus pour paraître dans cette Lettre

selon nos possibilités pour célébrer ensemble

la poésie et les poètes (femmes, hommes, etc.)

 

Sommaire


LPpdm

 

Bémols artistiques

Mustapha Saha

............................................

 

Entretiens artistiques

............................................

Articles

Maggy de Coster, « Quid de la poésie ? » , « Diana Morán : panaméenne, universitaire et poète de l'exil »

Mme de LAMBERT, « Portrait de Monsieur de La Motte par feue Madame la Marquise de Lambert »

Paul Tojean, « De Sappho à Annie Leclerc : « Le visage de l’amour » »

 

  • Avant-première : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture »

Maggy de Coster

Mustapha Saha, (texte et illustration)

***

 

Critique & réception

 

Maggy de Coster

Camille Aubaude

Dina Sahyouni

 

Littérature de jeunesse

............................................

 

Revue des éditrices & éditeurs en poésie

............................................

 

Poèmes, nouvelles, lettres, fragments, contes

 

Huguette Bertrand

............................................

 

Poésie & musique

Nicole Coppey

............................................

 

Muses au masculin

............................................

 

Travestissements poétiques (nouvelle rubrique)

créée par D. Sahyouni le 11 août 2017 pour célébrer les formes différentes du travestissement des poètes en poésie

 

............................................

 

    S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages

    L'association Ouest Trans

     

    Françoise Urban-Menninger

    Dina Sahyouni

     

    ............................................

     

    Événements & manifestations avec des membres de notre équipe

    1er colloque international & multilingue de la SIÉFÉGP sur "Les théoriciennes de la poésie"

    SIÉFÉGP

    Françoise Urban-Menninger

    ............................................

     

     

    Sourires & rires féministes

    ............................................

     

    Notre choix d'actualité poétique et artistique en ligne

     

    ............................................

    Notre choix d'actualité philosophique et scientifique sur le vivant

    (disponibles en ligne)

    ............................................

     

    Notre choix de séries télévisées, films, d'émissions culturelles radio-phoniques et télévisées qui valorisent les femmes (disponibles en ligne)

    ............................................

     

    Liens vers les actualités des actions en faveur des femmes

     

    Le colloque international pluridisciplinaire sur les violences conjugales de l'université de Strasbourg aura lieu les 17 et 18 novembre 2017.

     

    Appel à une journée internationale de lutte contre le féminicide : "[f]aisons du 3 août la Journée Internationale de Lutte contre les féminicides grâce à notre organisation commune ! Le 3 août 2017 [...]

     

    Gallica célèbre les femmes de lettres anglaises (Ann Radcliffe, Mary Shelley, Jane Austen et Charlotte Brontë) dans "une série de billets sur la littérature anglaise, des premiers romans gothiques jusqu’aux folles passions de l’époque victorienne" : http://gallica.bnf.fr/blog/recherche/?query=1595

    ............................................

     

    Œuvres reçues par LPpdm et classées (certaines d'entre elles) dans

    le Catalogue de la Bibliothèque Cybèle de la SIÉFÉGP

     

    ............................................
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    Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
    18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 09:58

     

    S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes

                                                      

     

     

    Non, la haine n'aura pas notre peau !

     

     

     

    Dina Sahyouni

     

     

    Improvisation du 18 août 2017 en hommage aux victimes des attentats terroristes qui ont frappé l'Espagne hier et cette nuit.

     

     


     

    La haine frappe les corps, abolit l'humain

    les jours sanglants se succèdent sans fin

    où sont les cœurs chargés de fleurs, de vies ?

    je n'entends que leurs inouïs cris

    où est-il l'humain sous la peau de la haine

    qui fait éclater en secondes les veines,

    verser le sang des innocents...


     

    La haine frappe, meurtrit nos nuits

    et là-bas, au loin un drapeau blanc blêmit

    bigré de gouttes rouges, il gémit

    il pleut pourtant dans les beaux cœurs

    des cieux bleus, des rêves d'azur,

    des bouquets de coquelicots des près espagnols

    nos cœurs chavirent, tristes à mourir

    teintés de rouge écarlate, teintés d'amour,

    d'amitié et des couleurs vives de l'humanité

    perdue en route, rendue étrangère et hors-la-loi,

    pendue par la haine féroce une énième fois

     

    Non, la haine n'aura pas de place

    non, elle ne sera pas l'impasse

    non, l'amour parmi nous

    triomphera bien sûr,

    fera taire les canons, les vengeances

    et les hommes leurrés par l'intolérance

    tuant leurs semblables sans éprouver la moindre peine

    ô chagrins, ô pleurs, serons-nous ainsi des amours vaines ? !

    où est-il donc.. où est-il l'humain ?

    introuvable sous leur paraître humain

    n'oublions pas braves cœurs

    éplorés souvent par les douleurs

    que l'amour, ce velours pourpre, qui unit les hommes

    purifie les cœurs haineux des dogmes, en somme

     

     

    Non, la haine n'aura pas notre peau

    non, la haine n'aura pas le dernier mot

    nos cris d'amour seront son tombeau*

     

     


    * Merci d'écouter aussi la chanson "Imagine" de John Lennon : https://youtu.be/YkgkThdzX-8

     

    ***

     

    Pour citer ce poème


    Dina Sahyouni, « Non, la haine n'aura pas notre peau ! », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 18 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/crisdamour.html

     

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    Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
    15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 15:42

     

     

    Annonce de concours

     

     

     

    Grand prix de poésie de la ville d’Aix-en-Provence,

     

    Session 2017, Concours organisé par

     

    l’Association Artistique et Culturelle H O R I Z O N

     

    sous le haut patronage et avec la participation

     

    de la Ville d’Aix-en-Provence

     

     

     

    Mesdames, Messieurs,

     

    Comme chaque année, l’Association Horizon, avec le soutien de la Ville d’Aix en Provence, organise le Grand Prix de Poésie d’Aix en Provence. Catégories : Classique, Néoclassique, Libérée et Jeunes Poètes (16 à 18 ans, 13 à 15 ans, moins de 13 ans). Pas de thème imposé. Date limite des envois, le 1er octobre 2017.

    On peut en obtenir le règlement en écrivant à : M. André Rouy, 23 résidence Saint Benoît, 101 avenue Henri Mauriat, 13100 Aix en Provence, en joignant une enveloppe timbrée pour la réponse. On peut aussi consulter le règlement et le copier sur le blog www.aixhorizon.over-blog.com

    Pouvez-vous en informer votre public, vos adhérents et vos sympathisants ?

    Nous joignons à ce courrier un exemplaire du règlement ; En vous remerciant par avance, nous vous prions de bien vouloir accepter l’expression de nos salutations distinguées.

    Le secrétaire de l’Association Horizon

    André Rouy

     

    H O R I Z O N

    Association Culturelle

    Maison des Associations

    LUYNES, AIX-EN-PROVENCE

     

    Voir aussi le règlement de ce concours en PDF ci-joint à télécharger

     

    ***

     

    Pour citer ce concours

     

    André Rouy pour l'association HORIZON, « Grand prix de poésie de la ville d’Aix-en-Provence, Session 2017, Concours organisé par l’Association Artistique et Culturelle H O R I Z O N sous le haut patronage et avec la participation de la Ville d’Aix-en-Provence », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 15 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/concours-horizon.html

     

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    Le Pan poétiques des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
    9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 13:49

     

    S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes

     

     

                                           

     

    Ouest Trans appelle à une mobilisation collective

     

     

    afin de garantir notre accès aux soins !

     

     

     

    L'association Ouest Trans

     

     

    © Crédit photo : Logo de l'association Ouest Trans

     

     

    En Bretagne, la CPAM 29 (Finistère) discrimine !


     

    Les personnes trans sont discriminées par la CPAM 29 : nous appelons à la mobilisation des partenaires locaux et nationaux, associations, collectifs et individu.e.s trans et allié.e.s. afin de dénoncer cet état de fait !

    Ouest Trans vient d’apprendre la réponse négative à la procédure de recours entamée par l’un de ses adhérents. Après une rencontre peu satisfaisante ayant eu lieu au printemps avec l’association, la CPAM 29 fait toujours preuve d’un manque de volonté manifeste à améliorer l’accès aux soins des personnes trans et à s’engager contre les discriminations au sein même de leur propre administration et à simplement assurer le respect des droits de leurs assuré.e.s.

    La CPAM du Finistère vient en effet de légitimer (en recours) une demande d'entente préalable pour une mammectomie selon une procédure "exceptionnelle" qui n'a aucune existence légale et s'appuie sur un protocole non-officiel établi par le médecin conseil national et l'organisme des tutelles : cette opération n’est en aucun cas soumis à entente préalable par le Code de la Sécurité Sociale.

    Déjà alertée par plusieurs témoignages de refus de remboursement concernant des chirurgies de certaines personnes dans le cadre de leurs transitions, Ouest Trans a envoyé le 23 mars une lettre à la CPAM29 afin de débloquer ces situations de manière urgente. Plus d'un mois après, une réponse nous est parvenue afin de fixer un rendez-vous. Cette rencontre a eu lieu le 16 juin à la CPAM de Quimper en présence de deux des membres du bureau de Ouest Trans ainsi que du Directeur de la CPAM 29, M. Joel Quiniou et du Dr Isabelle Caprais, médecin conseil et responsable de l'échelon local du service médical.

    Lors de ce rendez-vous, les réponses qui nous ont été faites sont restées vagues et insatisfaisantes, aucun engagement ne nous a été signifié et aucune preuve ne nous a été donnée d’une volonté quelconque de la part de la CPAM 29 de respecter les droits des personnes trans d'un point de vue général, ni même de débloquer les situations individuelles problématiques en cours.

    Alors que des rendez-vous similaires avec les CPAM 35 et CPAM 22 avaient permis d'aboutir à un éclaircissement satisfaisant et des échanges constructifs allant dans le sens d'une véritable prise en compte des difficultés rencontrées par les personnes trans, la CPAM 29 est restée fermée au dialogue, et semble être restée sur un point de vue rigide, complètement aveugle aux réalités sociales de ses assuré.e.s.


     

    Le Finistère , une situation « d'exception » préoccupante.


     

    Depuis la création de Ouest Trans, nous avons pu nous rendre plusieurs fois dans le Finistère, notamment pour y tenir des groupes de parole. Nous avons été choqués par plusieurs témoignages de situations catastrophiques que peuvent rencontrer les personnes trans, à un niveau administratif mais surtout au niveau de l'accès au soin. En effet, des signalements de cas de maltraitances médicales nous ont été rapportés, ainsi que, plus globalement, de nombreux obstacles à l’accès aux soins, et à leur remboursement.

    Nous rappelons que la situation géographique des personnes trans est souvent un obstacle supplémentaire dans leurs démarches, elle ne fait qu'accentuer des situations de précarité financière et renforce leur isolement, les privant ainsi d'informations sur leurs droits et de soutien communautaire mais aussi quelquefois d'une simple sociabilité sécurisante.


     

    Face à l’urgence de la situation en Finistère, Ouest Trans appelle à une mobilisation collective afin de garantir notre accès aux soins !


     

    Si vous rencontrez vous aussi des difficultés auprès de la CPAM 29 concernant vos droits à remboursement de chirurgies, vous pouvez saisir le défenseur des droits, individuellement ou avec l’aide d'une association de plus de 5 ans d'existence. N'hésitez pas à nous contacter pour que nous aidions dans cette démarche.

    Si une demande d'entente préalable vous est demandée pour une mastectomie, n'hésitez pas à faire un recours dans les deux mois après la notification du rejet, puis à aller jusqu'au tribunal administratif si il le faut (procédure non payante).

     

    Voir aussi le document ci-joint à télécharger et à diffuser dans vos réseaux. 

    MERCI !

    Lettre ouverte de l'association Ouest Trans

    Coordonnées :

    Association Ouest Trans
    MJC La Paillette
    2 rue du Pré de Bris
    35000 Rennes

    Contact : ouesttrans@gmail.com
    ouesttrans.wix.com/ouesttrans

    ***

     

    Pour citer ce texte


    L'association Ouest Trans, (texte, logo et PDF) « Ouest Trans appelle à une mobilisation collective afin de garantir notre accès aux soins !», Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 11, mis en ligne le 9 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/lettre-ouest-trans.html

     

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    Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
    1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 10:38

     

    Agenda | Newsletters

     

     

     

    Un été poétique malgré tout !

     

     

     

    Le Pan Poétique des Muses (sigle LPpdm)

     

     

     

     

    Chères lectrices, chers lecteurs,

     

    Le Pan Poétique des Muses, première revue féministe plurilingue et pluridisciplinaire de poésie qui intègre les études des femmes et les études de genre (gender en anglais) dans son concept, continue lentement ses publications électroniques et imprimées (reprises dès le retour des imprimeurs de leurs vacances en septembre). Vos contributions à nos appels à textes sont évidemment souhaitées lorsqu'elles correspondent à notre ligne éditoriale axée en général sur la poésie et en particulier sur les femmes et le genre dans la poésie en sciences humaines et sociales.

    Par ailleurs, cette revue traite des questions théoriques en les confrontant aux pratiques poétiques contemporaines et des siècles passés. Le Pan Poétique des Muses accepte également de mettre en ligne des articles/poèmes déjà parus (merci de fournir l'autorisation de l'éditeur de reproduire les textes). Vos suggestions, chroniques, vidéos, annonces d'événements poétiques et artistiques (etc.) sont aussi les bienvenues. N'hésitez pas à visiter le site www.pandesmuses.fr et à vous familiariser avec nos différentes rubriques pour nous envoyer ensuite votre texte/image/vidéo/audio pour

     

    • le Supplément au sixième numéro sur la maladie et la vieillesse en poésie pour répondre à vos nombreuses demandes de publication. Les textes sont mis en ligne au fur et à mesure de leur sélection avant leur parution imprimée en automne 2017.

    • le septième numéro de la revue porte sur les femmes, la peinture et la poésie sous la direction de Maggy de Coster. On souhaite y explorer entre autres les présences des femmes poètes (ou poétesses) et artistes peintres en poésie. N'hésitez pas à y participer.

    • la campagne 2017-2018 pour contribuer à l'Encyclopédie évolutive de la poésie mineure démarre en juin 2017
    • le premier colloque international & multilingue de la SIÉFÉGP sur "Les théoriciennes de la poésie"
    • notre premier concours international pour sélectionner les dix meilleurs articles sur la poésie et les dix meilleures contributions poétiques, musicales, humoristiques, artistiques (etc.) sur l'un des thèmes suivants : les animaux, le handicap et la joie. Les sélectionné-e-s bénéficieront d'un numéro collectif en ligne et d'une attestation individuelle signée par Le Pan Poétique des Muses. Règlement : deux propositions au maximum par auteur-e. Dates butoirs : du premier août 2017 au premier octobre 2017 compris. contact.revue@pandesmuses.fr
    • la Lettre n°11

    Annonces de la Société internationale d’études des femmes et d’études de genre en poésie (SIÉFÉGP) :

    • le Semainier des muses (sigle SDM), premier journal paritaire en poésie a changé de périodicité par manque de temps... Il paraît dès 2017 en deux formats quatre fois par an, les contemporaines de cette année sont : Sandrine Davin (printemps 2017, en cours de réédition) et Carole Clotis (été 2017, parution en septembre). 
    • le deuxième numéro de la revue paritaire en poésie Iris & Mêtis messagères bleues des muses 2017 porte sur des extraits d'un ouvrage de Mario Portillo (parution en septembre).
    • l'association Société internationale d'études des femmes et d'études de genre en poésie (SIÉFÉGP) fonctionne grâce aux dons et à la vente de ses ouvrages. Elle a bien évidemment besoin de votre soutien financier ici et/ou .
       

     

    Depuis un certain temps, l'édition (numérique et papier) du périodique est entièrement soumise aux disponibilités des membres de la rédaction grenobloise qui travaillent par alternance. La rédaction grenobloise gère aussi tous les autres organismes bénévoles créés depuis 2010 par Dina Sahyouni (pour penser la problématique du genre, des femmes et des féminins en poésie). Cette rédaction fait ainsi tout ce qu'elle peut pour répondre à vos attentes, cependant la tâche à accomplir est vraiment ardue avec des moyens matériels, financiers et humains bien modestes. Votre soutien de nos projets est donc nécessaire. Par ailleurs, nous espérons compter sur une rédaction comme celle de Grenoble mais située dans une autre ville pour améliorer nos diffusion et site.  

    Bel été à vous !

    LPpdm de Grenoble

     

    ***

     

    Rappel de nos dernières parutions en ligne

     

    Lettre n°10 | N°6 | Printemps 2017

     

     

    ***

    Pour citer ce texte


    LPpdm, « Un été poétique malgré tout ! », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  Agenda | Newsletters [En Ligne], mis en ligne le 1er août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/etepoetique.html

     

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    Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Newsletter
    31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 11:19

     

    Annonce de concours poétique

     


     

    Concours de « POETA »

     

     

     

    Tatjana Debeljački


     

     

    © Crédit photo : Le visuel du concours à télécharger, fourni par l'auteure

     

     

    « POETA » ouvre un concours nommé  « HAIKU »  « Cœur serbe de Johannes »

    Le thème est défini en fonction du roman « Cœur serbe de Johannes » par Veselin Dželetović

     

    Règlement

    Un auteur peut envoyer deux haïkus ou un haïku. Tous les haïkus reçus sont en compétition pour être publié dans un book. Le poème doit être tapé dans le corps du message et le haïku (noir et blanc) doit être au format JPG, et envoyé à haikujohan@gmail.com  avec le nom de l'auteur et le nom du haïku qui doit être envoyé à la fois serbe ou en anglais, les entrées de l' étranger peuvent être uniquement en anglais avec un nom complet et le nom et le lieu de résidence. La compétition dure du 1er Août 2017 jusqu'au 28 Février 2018. Tous les auteurs recevront les informations nécessaires en temps voulu.

     

    « POETA » otvara konkurs pod nazivom « HAIKU "Srpsko srce Johanovo" Tema je Prema Romanu "Srpsko srce Johanovo"  

    Autora, Veselina Dželetovića. Jedan autor Moze poslati DVE haïku pesme ili jednu haigu. Sve haïku pesme koje budu poslate konkurišu za objavljivanje knjige. Radove otkucati u telu poruke i haiga (crno-bela) da bude u-u JPG, OBAVEZNO naslovljene imenom autora i imenom haikua Slati na E-mail adresu: haikujohan@gmail.com. Autor treba da pošalje haiku na srpskom ili engleskom jeziku, van zemlje môže biti na engleskom jeziku. Sa punim imenom i prezimenom, i mestom boravka. Konkurs traje od 1. 8,2017. faire 28.2. 2018. godine. SVI autori Bice pravovremeno obavešteni o svemu.

     

    ***

     

    Pour citer ce concours

     

    Tatjana Debeljački, « Concours de "POETA" », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 31 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/7/concourspoeta.html

     

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    Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
    27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 09:58

     

    Poème
     

     

    Rencontre

     

     

    Texte et illustration

    Huguette Bertrand

    Poème reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteure-éditrice

    Site personnel : http://www.espacepoetique.com/Espace/intime.html

     

     

    © Crédit photo : "Rencontre" par Huguette Bertrand

     

     

     

     

    Se saluer à travers les branches

    devant la colère du vent

    quand les jours se tordent

    dans les reliefs du ciel

     

    Se saluer à travers la voix

    à travers l’œil

    pour faire durer le temps

    pour dérober l'espace entre nos gestes

    et inscrire un pacte

    au registre de nos mémoires

     

    Se reconnaître à travers une parole intense

    comme des fous entêtés

    et sous la caresse des mots

    diluer un peu de soi dans la lumière diffuse*

     

     

     

    * Ce poème est un extrait reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteure-éditrice : D'une rive à l'autre / Da una riva all'altra, poèmes illustrés, Éditions En Marge, Qc, Canada, juin 2017 https://issuu.com/immaginepoesia/docs/d_une_rive____l_autre

     

    ***

    Pour citer ce poème

     

    Huguette Bertrand (poème illustré par), « Rencontre », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 27 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/7/hb-rencontre.html

     

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    Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
    26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 12:43

     

    Bémol artistique | compte rendu de

     

    Splendeurs de l’écriture au Maroc. Exposition à l’Institut du Monde Arabe (mars-avril 2017)

     

     

    Mystères calligraphiques du Maroc

     

     

     

     

    Mustapha Saha

     

    Illustrations par

     

      Élisabeth Bouillot-Saha

     

     

    © Crédit photo : Splendeurs de l’écriture au Maroc.

    Exposition à l’Institut du Monde Arabe (Paris mars 2017) 1 par Élisabeth Bouillot-Saha

     

     

     

    Sil fallait un palladium de lancestrale attraction culturelle du Maroc, ne serait-ce pas cette exposition exceptionnelle de ses trésors livresques à lInstitut du Monde Arabe de Paris du 23 Mars au 6 Avril 2017. Conçue comme une manifestation complémentaire du cafouilleux pavillon marocain au Salon du Livre, léblouissante rétrospective aura sans doute, malgré sa brièveté, un impact plus remarquable et plus durable. Les livres sacrés côtoyant les ouvrages profanes, sortis d'un sommeil millénaire, témoignent dépoques où lécriture, matrice dune civilisation des signes, sincarne dans des chefs-dœuvre impérissables. L’ambiance éthérique, baignée de luminosités subliminaires, réunit les théories fondatrices dans un nichoir régénérateur. Une scénographie digne des bibliothèques vaticanes. Des siècles de lumière, enrichis par leffervescence intellectuelle des medersas et des ribats des villes, des montagnes et des confins désertiques, imprégnés par le paradigme andalou où les sciences et les philosophies partagent les connaissances dans une interactivité pionnière. Une écriture somptueusement présente dans larchitecture, lartisanat, la structure et la texture de toutes les créations humaines. Ces livres uniques déclinent en concert la diversité marocaine, confluence historique et géographique des cultures, combinatoire symbiotique de pensées plurielles. Le rouleau de la Torah de vingt-mètre sur parchemin embobine deux milles ans de judaïté marocaine. Le savant Haïm Zafrani a magistralement mis cette histoire en perspective. Lévangile en arabe du douzième siècle rappelle lantique chrétienté maghrébine, fondatrice du catholicisme latin. Les figures de Tertullien, de Saint-Cyprien, de Saint-Augustin se profilent en ombres glorifiantes. Se dégagent des grimoires exposés des corrélations secrètes, au-delà de leurs similitudes esthétiques, comme si les sillons jadis ouverts attendaient de nouvelles irrigations pour féconder des floraisons insoupçonnables. Le sel et le miel dune culture cumulative.

     

     

    Abderrahmane Ibn Khaldoun lègue le manuscrit « Le Livre des exemples » (Kitab al-ibar) à la Bibliothèque Qararouiyyine en 1396 sans se douter que son ouvrage ferait le voyage parisien sept siècles plus tard. La graphie multicolore se couronne de sphères florales à l’image des sinuosités narratives. Le grand œuvre, source incontournable sur la complexité synergique de l’arabité conquérante et de la berbérité absorptive, étonne toujours les chercheurs par ses intuitions théoriques, ses découvertes méthodologiques, ses prouesses dialectiques. Ibn Khaldoun trouve, dans l’interconnexion des savoirs et des époques, une belle illustration de cette sociabilité naturelle actionnée par les mécanismes des comportements historiques et la pérennisation des singularités temporelles quand elles émanent dune totalité sociétale indéracinable et mouvante. Une déchronologie des urbanités et des ruralités structurables, des inventivités considérables, des transmutations incorporables. Lhistoire et la sociologie sont théorisées comme des sciences dépurées des spéculations doctrinaires. Au-delà des interférences permanentes des faits sociaux et des dynamiques transformatrices, établies comme bases épistémologiques du savoir analytique, Ibn Khaldoun pose la problématique de la connaissance de soi dans une approche mystique et synthétique de lêtre comme entité réflexive. Lintrospective exploration des ressorts intimes de la pensée emprunte les fibres sensibles de la précognition, les fulgurations charnelles de l’osmose chamanique, la voie pascalienne de lintelligence du cœur. Le concept de « moujahada » définit cet effort contre la concupiscence, le personnalisme, légoïsme, impulsés par les pressions extérieures. La connaissance de soi se libère des dénaturations idéologiques comme le signe calligraphique se dételle de sa bride sémantique. « Connais-toi toi-même » recommande la pythie à Socrate. Les concepts façonnent le devenir quand ils fusionnent et dynamisent la réalité présente, la subjectivité pensante et la volonté agissante.

     

     

    © Crédit photo : Splendeurs de l’écriture au Maroc.

    Exposition à l’Institut du Monde Arabe (Paris mars 2017) 2 par Élisabeth Bouillot-Saha

     

     

    Les œuvres exhumées reflètent, avec éclat, leur contexte socioculturel de liberté de la recherche et de la pensée, avant la chape de plomb dun dogmatisme séculaire. Une reconstitution synchronique du puzzle didactique désintégré par les options immobilistes. Le quinzième siècle apparaît dans cette optique comme un ultime feu dartifice dune longue et prolifique allégresse cognitive. Le patrimoine livresque jalousement protégé ravive en sourdine des mélancolies informulables, des nostalgies inconsolables, des désolations incalculables. Sont réunis dans la magnificence des enluminures, des dorures, des reliures, les florilèges théologiques et les spicilèges scientifiques. Les Corans, majestueuses balises, ponctuent la visite d’intangibles providences. En ces temps où lenseignement des disciplines profanes est remis en cause pour putative incompatibilité religieuse, on aurait aimé voir sous les vitrines tamisées des manuscrits du Discours décisif, du Traité du dévoilement, de lIncohérence de lIncohérence dIbn Rochd (Averroès) qui cite, dans son traité ''Accord de la religion et de la philosophie", de nombreux versets exhortant lintelligence humaine à comprendre les mécanismes subtiles de lunivers. « Lunivers ne fait connaître lArtisan que par la connaissance de lart, et plus la connaissance de lart est parfaite et plus parfaite est la connaissance de lArtisan ». Le savant musulman doit être, en conséquence, versé dans toutes les sciences. Nest-ce pas le sens explicite de cette exposition atypique.

     

    Dans la salle du haut conseil, suspendue entre terre et ciel face à Notre-Dame de Paris, ces savoirs encyclopédiques, coulés dans des stylistiques prosodiques, réunissent en conférence filiative lagronome Al-Tolaytili (mort en 1067), le chimiste Al-Jaldaki (mort en 1342), l’astronome Al Jadiri (1375 – 1416) Un manuscrit témoigne du Kitab al-Tasrif (Livre de la méthode), somme médicale en trente volumes d'Abou al-Qasim Khalaf ibn Abbas al-Zahrawi (Aboulcassis 940-1013). La médecine et la chirurgie doivent à ce praticien des découvertes fondamentales et des applications vitales qui le placent au rang dHippocrate, Galien et Celse. Le « Sommaire des opérations arithmétiques » dIbn al-Banna al-Marrakushi al-Azdi (1256-1321) porte les parfums envoûtants de l’époque mérinide où les villes impériales se parent des plus belles universités. Nest-ce pas Ibn al-Banna qui forge le concept « climat », de larabe « al-manakh », appliqué aux données météorologiques. Sinvitent à l’homérique séminaire le géographe Al Idrissi, concepteur du planisphère médiéval de référence et découvreur de précieuses plantes médicinales, et lexplorateur Ibn Batoutta, chroniqueur des splendeurs civilisationnelles et observateur avisé des mœurs diversitaires de son siècle. Comment ne pas penser à la Conférence des oiseaux du poète soufi Attar où lêtre taraudé entre élévation intellectuelle et régression factuelle, na de cesse descalader les montagnes de lespérance pour rechuter dans les ravines de lignorance.

     

    Je mimmobilise devant le recueil des prières du quinzième siècle de Mohammed Al-Jazouli (mort en 1465). Mon âme simmerge dans une ensorcelante vapeur émotionnelle. Létat de grâce instantané ne provient daucune servitude spirituelle. Le grimoire refoule la lecture intrusive, lintelligibilité nominative, linduction interprétative. Il se donne comme une aimantation sensitive, une lévitation réflective, une exaltation contemplative. La calligraphie arabe institue lécriture comme un art sacré, une perfection figurative, véhicule de linaltérable révélation dans sa pureté originelle. Une écriture mystique dans ses entrelacs labyrinthiques où lattraction visuelle envoile de beauté le mystère divin, drape les mots de nimbe séraphique, fixe lineffable dans sa musicalité graphique. Un art elliptique, évocateur de la mémoire des sables, révélateur de la source méconnaissable, générateur de formes invraisemblables. La majesté verticale et la fluidité transversale effectuent la jonction entre orbitale transmigration et sommitale suspension. Chaque ouvrage, lucarne sur linvisible, se trame comme une œuvre totale, porteuse de sa propre signification symbolique, dans une combinaison cosmique de plénitude et dinfinitude propice à la béatitude. Par un étrange effet cinétique, les lignes sentrelacent et se déplacent, les signes se brassent et sembrassent, les caractères senchaînent et se déchaînent dans une danse scripturaire. L’étymologie sestompe dans lincompressible harmonie. Les configurations vibratoires entraînent limaginaire au-delà du miroir. Lalphabet, en résonance plastique avec les subtilités morphologiques et phonétiques de la langue, sanamorphose librement sur surface disponible. Les cursives se transfigurent au gré de linspiration créative. Le regard shypnotise. Le corps sélectrise. La conscience s’intériorise.

     

     

    La calligraphie arabe se déploie dans un espace-temps élastique, qui déborde les codifications restrictives, façonne l'inexplicable dans les artefacts embryonnaires, trace des territoires à la mesure de sa quête visionnaire. Le calligramme exprime sa vastitude dans la luxuriance végétale et géométrique. Les diacritiques élargissent le champ de lexpression artistique au-delà des académismes convenus. La flexibilité des lettres permet des extensions infinies, génératrices dinconcevables sortilèges. Les règles fondamentales acquises, toutes les improvisations sont permises. Les mots se métamorphosent au gré de létincelle inspiratrice. Le carré dor sétoile de points de fuite. Le plein creuse son relief dans le vide. Le calame, antique instrument décriture, clef d’or de la clairvoyance anagogique, est doté de pouvoirs magiques. Il cadence le rythme et guide le mouvement comme baguette de sourcier. Il est avatar physique et souffle métaphysique, fibrille dermique et chandelle cosmique, investigation de lâme et illumination de lesprit. Le signe graphique englobe le sens et lessence. Le décryptable, pellicule superficielle, obstrue laccès aux profondeurs où se niche la lumière des lumières. La méditation gnostique recommande la contemplation des versets coraniques dans leur splendeur calligraphique, dans leur résonance cristalline, pour entrevoir limpénétrable. Lécriture-mère, table inamissible dinébranlables sagesses, se manifeste sur terre par des versets translucides et limpides.

     

     

    Lalphabet nord-arabique, ultime héritier du syllabaire phénicien, synthèse des écritures sémitiques, se détache au cinquième siècle de ses matrices nabatéenne et sinaïtique, en concordance avec la poésie bédouine, qui lui procure son articulation consonantique, sa richesse euphonique, sa perfection sémantique. La révélation coranique, conçue comme prophétie des prophéties, donne à cette langue miraculeuse une aura thaumaturgique. Chaque signe est, dès lors, une apothéose allégorique, une nitescence adorative en connexion avec la source divine. La calligraphie monumentale, sculptée, gravée, ciselée, imprègne lurbanité fonctionnelle de transcendance subliminale. Les mosquées, les mausolées, les medersas, sornementent de cet art sémiotique comme des livres de pierre couvant leurs fastueuses bibliothèques. Les bois ciselés, les zelliges parementés, les plâtres sculptés, les tissus brodés inscrivent lintarissable dans le périssable. Le Coran, étymologiquement récitation, est une injonction à la lecture. La psalmodie transforme la déclamation en captivante vocalise. Le message théogonique, inimitable par définition dans sa formulation didactique et dans son idéalité poétique, sinitialise par limpératif denseigner lécriture, unique remède à lobscurantisme. La foi saccomplit et sépanouit dans lacquisition des savoirs, dans la lecture pénétrative et l’authentification dissertative. L’alchimie du calame et de lencrier, sources originelles de lintellect, revêtent, de ce fait, une magnitude anagogique qui dépasse sa fonction scripturale. Toute chose existante a été créée de la même encre primordiale. L’écriture sabsorbe de lessence première. Limpulsion calligraphique ressasse lacte créateur comme une réminiscence onirique. Limaginal se manifeste dans le virginal. La tropologie des lettres articule les arcanes de lindicible, dessine les contours de linaccessible, profile les mystères de lintransmissible. Le syllabaire, en intime correspondance avec les vingt-huit phases lunaires, séprouve et se médite dans sa trajectoire entre nadir et zénith. Les combinaisons numériques transmutent les quatre éléments, lair, leau, la terre et le feu, en arcanes cabalistiques. Se retrouvent dans les capsules talismaniques les concordances ésotériques. Tous les parcours, dans leurs latences et leurs pénitences, mènent à la lettre initiale, l« alef », axe focal de lunicité du créateur et de ses créations. L« alef » pour le soufisme sauto-crée et se recrée dans la spontanéité de sa complétude. Le « ba », miroir horizontal, reflète la phosphorescence azurine. La couleur bleue apparaît comme une réminiscence céleste. Verticalité et transversalité tissent indéfiniment leur toile incommensurable. La belle écriture ne se nomme-elle-pas en arabe « al khatt », le trait libérateur des pesanteurs terrestres, la ligne perceptible de linconnaissable ? Lexercice calligraphique, pérégrination spirituelle, est une ascèse comportementale, une purification mentale, une chorégraphie digitale. Le geste navigue entre terre et ciel. Les chants soufis se visualisent dans les courbures, les ligatures, les flexions et déflexions anaglyptiques. Un art charnel, sensoriel, sensuel, où la transmission des techniques ancestrales est une initiation spectrale. Le signe calligraphique trace les sillages du miracle des miracles, le périple ascensionnel sur un éclair, l’incursion dans l’indicible, le dévoilement de lincompréhensible, le discernement de lénigme capitale sans connaissance préalable.

     

    Les monarques marocains comprennent, dès la première dynastie, le magnétisme de l’écriture, l’occulte influence de l’empreinte, l’intercession magique du calame dans la séduction des âmes. Au dixième siècle, l’idrisside Yahya IV s’entoure de scribes, de copistes, de calligraphes, d’enlumineurs, de relieurs, de savants, de philosophes, de poètes, s’encense de tous les connaissances profanes et religieuses. Le malékisme instaure en filigrane un rite consensualiste, combinaison latitudinaire de justesse exégétique, d’interprétation pragmatique et d’intellection critique. La bibliothèque de l’almoravide Youssef Ibn Tachfin s’enrichit des trésors livresques des rois omeyyades d’Andalousie et de leur diversité philosophique. Les thèses et les antithèses se confrontent dans le silence cryptographique. Les livres, joyaux des principautés et des royaumes, ponctuent les mystères historiques. Le livre en soi est un écrin sacré, un reliquaire consacré, un prodige nacré. L’almohade Abdelmoumen, constructeur de bibliothèques mémorables, conserve ses ouvrages thaumaturgiques dans des coffrets d’ébène, incrustés d’or et de pierres précieuses. La recherche des manuscrits rares s’engage comme une aventure hypothétique, emprunte des chemins amphigouriques, mobilise des relais énigmatiques. L’acquisition se vit comme une conquête extatique. Le souverain couve dans le livre sacramental la clef de son pouvoir metemporique. Les sultans se doivent d’être des érudits et des lettrés. Sans l’incitation du philosophe Ibn Tofail et le soutien de Yacoub al-Mansour, les grands commentaires d’Aristote par Ibn Rochd, n’auraient probablement jamais vu le jour. Al Mourtada inaugure la tradition, toujours en vigueur, des rois calligraphes sanctifiant leurs actions solennelles dans l’art de l’écriture. L’acte par son onction graphique se pérennise.

     

    © Crédit photo : Splendeurs de l’écriture au Maroc.

    Exposition à l’Institut du Monde Arabe (Paris mars 2017) 3 par Élisabeth Bouillot-Saha

     

     

    La bibliophilie devient sous les Mérinides, privés d’ascendance chérifienne, une philosophie d’existence. Le roi Abou Inan, fondateur de plusieurs universités mythiques, auquel Ibn Khaldoun dédie son encyclopédique Kitab al-Ibar et Ibn Bathouta sa mythique Rihla, voyage avec sa bibliothèque. La connaissance épargne mégardes et maladresses. L’omniprésence de l’intellect insuffle la sagesse. Le saadien Ahmed Al Mansour Dahbi étudie, annote et commente livres scientifiques et traités philosophiques. La calligraphie s’exécute sous son règne à l’encre d’or, se pare érubescences séraphines, s’humecte d’ambre et d’eau de roses, se parfume de santal et d’oliban. L’écriture aspire et respire toutes les essences de la beauté. En 1912, Moulay Hafid, contraint de signer le traité du Protectorat, s’empresse d’emmurer la bibliothèque royale dans son palais de Fès pour soutirer ses secrets talismaniques à la puissance colonisatrice. Le patrimoine miraculeux n’est redécouvert par hasard qu’après l’indépendance, un demi-siècle plus tard, à l’occasion de travaux de restauration.

    Le Maroc a toujours été un pays de séditions tribales, de défense acharnée des particularités locales, des singularités culturelles, des historicités structurelles, un pays de belligérances récurrentes entre atavismes égalitaires et centralités autoritaires, entre transversalités délibératoires et verticalités discriminatoires. Un pays opiniâtrement diversitaire où les violences épuratoires se conjuguent avec les solidarités absolutoires. Les styles calligraphiques canoniques, personnalisés par les grandes monarchies, sont des sceaux de pouvoir, reproduits dans les actes officiels, qui signifient, selon leur lustre, le prestige des signataires. Le « maghribi » sest développé comme une affirmation dautonomie régionale, comme un défi au califat moyen-oriental. La culture mauresque sest dotée dune écriture distinctive pour construire sa civilisation symbiotique. Quand le saadien Moulay Zaydan est destitué en 1653 à Marrakech, il pense avant tout à sauvegarder son irremplaçable bibliothèque. Il confie quatre mille livres au vaisseau français de Jean-Philippe de Castellane, en amarrage à Safi, pour les mettre à l’abri à Agadir. Commence la plus hallucinante des confiscations culturelles. Le consul, las d’attendre sa rémunération, lève l’ancre avec le butin providentiel et se fait arraisonner, à son tour, au large de Salé, par des portugais sous domination espagnole. L’incroyable bibliothèque, déclarée bien inaliénable par la papauté, est toujours sous scellés à l’Escurial, après avoir été amputée par le funeste incendie de 1671. Moulay Zaydan et ses successeurs tentent en vain de récupérer le trésor des trésors. La perte est vécue comme une malédiction divine. L’emprise spirituelle se légitime par l’attache ontologique au Livre, la faculté perceptive des secrets démiurgiques. La gouvernance par la sacralité sémiotique se sacralise. L’image impériale par la beauté graphique s’immortalise. L’intronisation se phosphore de haute couture scripturale. Le ressort médiumnique de la calligraphie n’est-il pas justement la transfiguration de la parabole en symbole, du magistère en mystère, du vertige des pouvoirs en prestige des savoirs…

     

     

    Pour citer ce bémol

     


    Mustapha Saha, « Mystères calligraphiques du Maroc  », illustrations par Élisabeth Bouillot-Saha, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 26 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/7/calligraphies.html

     

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    Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
    25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 17:57

     

    Article

     

     

    Carnet de voyage II : 

     

    le MUPANAH

     

    (Musée du Panthéon National Haïtien)

     

    Maggy de Coster

     

    Site personnel : www.maggydecoster.fr/

    Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

     

     

    © Crédit photo : Statuette en silex par Maggy de Coster

     

     

     

    © Crédit photo : Service à café décoratif en acajou verni par Maggy de Coster


     

    © Crédits photos : de gauche à droite ; Deux appliques murales en fer martelé,

    l’une au naturel et l’autre peinte par Maggy de Coster

    Le MUPANAH (Musée du Panthéon National Haïtien)

    © Crédit photo :  "Image-1 du MUPANAH" par Maggy de Coster

    Le MUPANAH, (Musée du Panthéon National Haïtien) a été inauguré le 7 janvier 1983 et retrace l’histoire mouvementée de la République d’Haïti depuis la Période Indienne qui débuta avec les Ciboneys, une peuplade venue d’Amérique du nord, puis les Tainos, une branche des Arawaks descendant des Calibis de l’Amazonie, jusqu’à nos jours, en passant par la Période Espagnole avec la découverte de l’Ile par Christophe Colomb le 5 décembre 1492, la Période Esclavagiste, qui débuta en 1697 par le traité de Ryswick en vertu duquel l’Espagne céda à la France le tiers occidental de l’Ile, la Période révolutionnaire illustra le soulèvement des esclaves en août 1791 lors de la cérémonie du Bois-Caïman, la Période postrévolutionnaire, marquée par l’assassinat en 1806 du Père de l’Indépendance, Jean-Jacques Dessalines et la scission du pays : la République à l’Ouest présidée par Alexandre Pétion et la Royauté au Nord avec Henri Christophe. Le Président Boyer, entre 1822 et 1844 procéda non seulement à la réunification du pays mais de l’Ile toute entière (La République Dominicaine comprise) tandis que Le Second Empire avec Faustin 1er resplendit de 1849 à 1859.

     

    © Crédit photo :  "Image-2 du MUPANAH" par Maggy de Coster

     

    La Période contemporaine est marquée par le débarquement de l’armée américaine le 28 juillet 1915 qui y resta jusqu’en 1934. Le MUPANAH recèle aussi une collection d’œuvres d’art occupant la galerie d’exposition permanente, des objets d’art décoratif, des documents historiques, des pièces relevant des fouilles archéologiques, sans oublier le sarcophage où sont conservés les restes symboliques de Toussaint Louverture (de la terre de Fort-de-Joux) ainsi que la couronne de l’empire sertie de pierres précieuses.

     

    ***

    Pour citer ce texte

     

    Maggy de Coster, « Carnet de voyage II : le MUPANAH (Musée du Panthéon National Haïtien) », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 25 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/7/carnetdevoyage2.html

     

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    Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
    24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 10:18

     

    Article

     

     

    Carnet de voyage

     

    I

     

    Maggy de Coster

     

    Site personnel : www.maggydecoster.fr/

    Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

     

     

    HAÏTI, 12-19 juillet 2017

     

    Ancienne colonie française, partageant l’Île d’Haïti avec la République Dominicaine, la République d’Haïti, a du mal à se relever malgré son illustre histoire qui lui a valu le titre de première République noire. Pays malheureux mais qui « En 1939, adopta un décret-loi octroyant la naturalisation haïtienne immédiate à tous les Juifs désireux de l’obtenir » (cf. « Avant que les ombres s’effacent », Louis-Philippe Dalembert, Sabine Wespieser éditeur, 296 p., 21€). Après la Seconde Guerre mondiale, lors de la création de la création Société des Nations (SDN), actuellement appelée Les Nations Unies, jadis, il manqua une voix à la France et c’est grâce à celle de son ancienne colonie, en l’occurrence Haïti, qu’elle obtint le quorum.

    Depuis novembre 2016 le pays a un nouveau président, Jovenel Moïse, 49 ans qui remue beaucoup d’air, en sillonnant les villes et les faubourgs comme s’il était encore en campagne haranguant le peuple des heures durant. Quant aux parlementaires ils s’accordent le droit d’ingérence dans la vie ministérielle rien que pour placer les personnes de leur choix à des postes clés, le clientélisme étant un appendice de la vie politique haïtienne.

    Les élus locaux sont plutôt au service de leur coterie que du peuple car dans ce pays le passe-droit, la corruption et l’impunité sont le fer de lance de l’appareil d’État. Certains endroits sont tellement oubliés que les résidents doivent miser sur la bonne foi ou le bon vouloir des élus pour obtenir ce qu’ils sont en droit d’attendre en tant que citoyens.

    L’état est démissionnaire : les rues de la capitale sont des dépotoirs à ciel ouvert, car les détritus ne sont pas ramassés, les particuliers doivent payer une entreprise privée pour l’enlèvement des ordures ménagères s’ils ne veulent pas les déverser sur la voie publique comme le font certains officiels. Sauf aux abords du Palais National (NDLR, non encore reconstruit de puis le séisme du 7 janvier 2010) où le Musée du Panthéon National Haïtien (MUPANAH), retraçant les différentes étapes de l’Histoire d’Haïti : le seul endroit digne d’intérêt dans Port-au-Prince où même les trottoirs sont occupés par des échoppes de fortune abritant des commerces de toutes sortes : ferraille, pièces détachées pour automobile et moto.

    Quant à l’eau potable n’en parlons pas car on doit se fournir en eau minérale vendue dans les grandes surfaces ou se munir d’une fontaine d’eau distillée et pour se laver et pour la cuisson, on doit avoir un réservoir à pompe alimenté par un camion-citerne relevant d’un système privé de distribution d’eau et tout est à la charge des particuliers.

    Quant à l’électricité chacun doit avoir son propre générateur sinon les plus mal lotis doivent se contenter d’une lampe tempête à pétrole. Les camionnettes de transport en commun, appelés tap-tap (onomatopée caractérisant le bruit du moteur), les bus colorés, chargés de marchandises, de bétail et d’humains circulent brinquebalant, hors du temps, à côté de grosses cylindrées, des véhicules tout terrain, un chassé-croisé dangereux dans les artères défoncées et congestionnées d’une capitale polluée, surpeuplée et au bord de l’asphyxie, où s’entassent des immondices et où les effluves des égouts sont susceptibles de vous porter à l’évanouissement.

    L’insalubrité des rues est tellement criante que pour ne pas être malade et suffoqué par la chaleur on circule en voiture, les vitres fermées et le climatiseur en marche. Loin de la cohue de la nauséeuse capitale, dans les hauteurs des villes avoisinantes, à flanc de collines, sont juchées les demeures de caractère, les somptueuses villas des nantis, ceintes de hautes murailles, surmontées de barbelés et gardées par des molosses dont seuls l’aboiement réitérés peuvent vous faire penser qu’il y a âme qui vive.

    Le coût de la vie grimpe de façon exponentielle alors que les salaires stagnent tout comme l’économie. Certains employés sont sous-payés et reçoivent leurs payes au bout de plusieurs mois de retard sans les arriérés. En revanche les locaux qui travaillent pour les compagnies et ONG internationales implantées en Haïti ont un revenu décent. Il y a quelques années de cela, un jeune coopérant français laissait entendre : « si j’étais payé par le gouvernement haïtien, je ne pourrais jamais manger de la viande ». Rien n’a changé depuis, bien au contraire. On ne peut même pas parler de revenu minimum. Le système D est de rigueur : on lutte pour la survie. Cela dit, on assiste de plus en plus à une paupérisation de la classe moyenne dont le pouvoir d’achat diminue considérablement. Elle s’endette pour ne pas se déclasser, donc elle vit au-dessus de ses moyens alors que la classe populaire croupit dans la misère. La gourde, la monnaie nationale, n’est qu’une monnaie de singe par rapport au dollar qui a droit de cité.

    Pays essentiellement agricole, dit-on, Haïti vit essentiellement d’importation et les produits importés ne sont guère accessibles à la majorité vivant en-dessous du seuil de pauvreté. Cela dit, les produits alimentaires, même les plus basiques en provenance d’Amérique du Nord, d’Amérique du Sud et de France envahissent les rayons des supermarchés gérés par les géants de la grande distribution internationale alors que les produits locaux sont aux abonnés absents si l’on excepte la maigre place faite aux pâtisseries locales. Il n’y a que l’artisanat, l’art et la culture en général (bien que les salles de cinéma soient fermées par manque de courant électrique) qui occupent encore une grande place dans la vie haïtienne.

     

    ***

    Pour citer ce texte

     

    Maggy de Coster, « Carnet de voyage I », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 24 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/7/carnetdevoyage1.html

     

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