6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 18:05

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Textes thématiques | Astres & animaux 

 

 

 

 

 

 

 

J'écris ton nom 

 

  

Dina Sahyouni

 

 

 

Crédit photo : "Greifswalder, Oie", aerial, photograph 01/09/1992", wikimedia, domaine public.

 

 


 

Écrire sur les vagues bleues ton nom

Dormir aux plis des pages vides, 

avide de tout savoir sans rien avoir

le ventre du monde pleure

et la douleur surgit de la douceur 

écrire avec l'encre des invisibles

avec des plumes d'oies blanches 

la blessure des oies est mienne

​​​​​​

 

 

 

Crédit photo : "Oies, coastline", wikimedia, domaine public.

 


 

J'écris avec le vent, avec le sable mouvant 

avec les doigts, les oreilles, les orteils

j'écris avec le cœur en sueur 

j'écris comme avant, comme auparavant 

j'écris sur les nuages en sel de mers

des histoires de mères, des contes de fées inachevés

j'écris soudain et l'eau coule… 

tout s'écroule mais ton nom reste

Mer, au hasard des larmes, tout s'alarme

l'écrit s'arme de larmes de joie amères. 

 

©DS, février 2021.

 

***

 

Pour citer ce poème écoféministe et engagé 

 

Dina Sahyouni, « J'écris ton nom », poème engagé et écoféministe inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères », mis en ligne le 6 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/ds-tonnom 

 

 

 

 

 

 

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5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 16:43

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | N°8 Penser la maladie & la vieillesse en poésie | Sourires & rires féministes

 

 

 

 

 

 

La poissonnière​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

© Crédit photo :  "Poissonnière professionnelle de 60 cm", image fournie par Françoise Urban-Menninger. 

 

 

 


 

Une députée vient de se faire interpeller à l'Assemblée nationale et qualifier du vocable imagé de « poissonnière ».*

 

Cette insulte qui se veut certainement sexiste pour le député qui l'a employée, recouvre une autre dimension. Car une poissonnière n'est autre qu'une marchande de poissons sur un étal où elle vend la pêche du jour à la criée.

 

Ainsi en sus de l'insulte sexiste, on a là une insulte avérée de classe sociale qui renvoie la marchande de poissons à un statut de femme subalterne…

Si j'étais une marchande de poissons, je me sentirais insultée et réagirais en conséquence !

 

Comme toutes les marchandes de poissons, je saurais qu'une « poissonnière » désigne également un récipient pour faire cuire le poisson en court-bouillon et je suggérerais de cuisiner notre député à petit-feu dans cette-dite gamelle, ce qui lui ferait perdre de sa superbe et de son arrogance !

 

L'humour est, me semble-t-il, la meilleure arme pour lutter contre la bêtise et l'ignorance, à nous d'en user sans modération !

 

Pour conclure ce billet doux, je reprendrai la belle citation d'Agnès Varda : « L'humour est une arme si puissante, une arme si forte... Les femmes doivent faire des blagues sur elles-mêmes, rire d'elles-mêmes, car elles n'ont rien à perdre.»

 

 

 

 

* Cf. "Europe 1", URL :

https://www.europe1.fr/politique/sexisme-une-deputee-traitee-de-poissonniere-a-lassemblee-par-un-elu-lrem-4023056

 

 

 

***

 

Pour citer ce texte humoristique   

 

Françoise Urban-Menninger« La poissonnière », texte humoristique inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » & N°8 | Penser la maladie & la vieillesse en poésie sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 5 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no8/fum-lapoissonniere 

 

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Humour en poésie Numéro 8
5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 15:58

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Astres & animaux | No 9 | Varia de textes poétiques

 

 

 

 

 

 

 

Setenta balcones y ninguna flor /

 

Soixante-dix balcons et pas une fleur

 

de Baldomero Fernández Moreno 

 

 

 

 

 

 

 

Poème de

Baldomero Fernández Moreno

 

Traduit de l’espagnol (Argentine) par

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

© Crédit photo : Baldomero Fernández MORENO (1886-1950), image fournie par Maggy De Coster. 

 

 

 

 

Baldomero Fernández MORENO (1886-1950 ) poète de l’esthétique des quartiers de Buenos Aires.

 

Il existe à Buenos Aires un immeuble de style académique français, dessiné par les architectes français Gaston Louis Mallet et Jacques Dunant et construit en 1908. Cet immeuble aurait inspiré au poète et médecin Baldomero Fernández le poème suivant :

 

 

 

 

Setenta balcones y ninguna flor


 

Setenta balcones hay en esta casa, 

setenta balcones y ninguna flor.

¿A sus habitantes, Señor, qué les pasa?

¿Odian el perfume, odian el color? 



 

La piedra desnuda de tristeza agobia,

¡Dan una tristeza los negros balcones!

¿No hay en esta casa una niña novia?

¿No hay algún poeta bobo de ilusiones? 


 

¿Ninguno desea ver tras los cristales 

una diminuta copia de jardín?

¿En la piedra blanca trepar los rosales, 

en los hierros negros abrirse un jazmín? 



 

Si no aman las plantas no amarán el ave, 

no sabrán de música, de rimas, de amor. 

Nunca se oirá un beso, jamás se oirá una clave... 

¡Setenta balcones y ninguna flor!

 

 

 

Soixante-dix balcons et pas une fleur

 

 

Soixante-dix balcons dans cette maison

soixante-dix balcons et pas une fleur

Qu’arrive-t-il arrivé à ses occupants, 

Monsieur, que leur arrive-t-il ?

Détestent-ils le parfum, détestent-ils la couleur ?


 

La tristesse fait s’incliner la pierre nue,

Les balcons noirs attristent ! 

N’y a-t-il pas dans cette maison une jeune fiancée ?

N’y a-t-il pas un piètre poète féru d’illusions ?


 

Personne ne souhaite voir derrière les carreaux 

l’apparence d’une parterre en miniature ?

Grimper les roses sur la pierre blanche,

s’ouvrir un jasmin sur les fers forgés noirs ?



 

S’ils n’aiment pas les plantes ils n’aimeront pas l’oiseau,

ils ne sauront rien de la musique, ni des rimes ni de l’amour.

On entendra jamais l’écho d’un baiser, jamais le bruit d’une clé…

 

Soixante-dix balcons et aucune fleur !

 

 

 

***

 

Pour citer ce poème bilingue espagnol-français   

 

Maggy De Coster, « Setenta balcones y ninguna flor / Soixante-dix balcons et pas une fleur de Baldomero Fernández Moreno », poème traduit de l’espagnol (Argentine) par Maggy DE COSTER, texte édité avec l'aimable autorisation de la traductrice, des ayants droits et leur maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » N°9|Hiver 2021 « Artistes en Poésie », sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 5 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no9/mdc-setentabalconesyningunaflor

 

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéro 9
4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 14:06

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Articles sur la poésie | Revue Matrimoine | No 9 | Dossier mineur permanent

 

 

 

 

 

 

 

Versos azules / Vers bleus

 

de Susana Sánchez Nardón

 

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

 

© Crédit photo :  Jacinta Ceballos, poète maxicaine contemporaine. 

 

À la lecture de « Versos azules » (Vers bleus) de Susana Sánchez Nardón, il me vient à l’esprit ces vers du poète mexicain moderniste Amado Nervo : 

« Para curar la pertinaz / pena, en las almas escondida, / un nuevo amor es eficaz; »

(« Pour soigner la peine / tenace,/ cachée dans les âmes, / un nouvel amour est efficace; »)

 

Comme lui, Susana est marquée par le sceau du chagrin d’amour. Oiseau blessé, elle rêve de trouver une main panseuse pour l’accueillir, la soigner pour qu’elle puisse reprendre son envol à la clarté de l’amour sous un ciel clément :

 

« Un pájaro azul / herido quedo en el olvido » (« Un oiseau bleu / blessé gisant dans l'oubli »)

Cependant, elle nourrit la crainte de ne pouvoir rattraper le temps dans sa fuite inexorable.  « Ô temps suspends ton vol » (Lamartine).

Elle est envahie par la nostalgie d’un amour nourricier parti en fumée, un rêve qui s’est évanoui comme le fugace parfum d’une rose trémière dans l’air.

« Los sueños se difuman en el aire diluidos » (« Les rêves dilués s’estompent dans l'air »)

 

Comme nous le rappelle Pierre Corneille dans le Cid « L’amour est un tyran qui n’épargne personne ». Et l’on comprend bien ce leitmotiv amoureux de la poète qui frise même le masochisme :

 

« necesito amarte, amarte / amarte hasta morir y sofocar… / Necesito desear / Y sentir el dolor / Del deseo carnal… » 

(« J'ai besoin de t'aimer, de t'aimer / t'aimer à en mourir et en suffoquer … (« J'ai besoin d’aimer / Et de sentir la douleur / Du désir charnel… »

 

Impuissante, elle se tourne vers la poésie pour trouver la voie de la libération, je dirais même du catharsis pour déverser sa souffrance. Ainsi nous comprenons bien Alfred de Musset quand en 1832, dans « Namouna », un conte oriental, il nous révèle : « Sachez-le, – c’est le cœur qui parle et qui soupire / Lorsque la main écrit, – c’est le cœur qui se fond ; »

 

Alors la poète percluse de douleur, laisse s’épancher son « cœur fragile » :

 

« Apareces en mis sentimientos / como una ráfaga de viento / en todo momento, / que dejas latiendo / a mi corazón » (« Tu apparais dans mes sentiments  / comme une rafale de vent / à chaque instant/que tu fais battre mon cœur »)

Prisonnière d’un amour déchu qui hante son esprit et peuple ses nuits de cauchemars, elle nourrit l’espoir de voir revenir l’être aimé pour lui offrir « un coffre lleno de amor » (« un coffre rempli d’amour »)

Si pour Calderón « la vie est un songe » pour Susana « La vida es sueño / El sueño es la vida » (« La vie est rêve / Le rêve est la vie »)

 

Puisque l’espoir naît du désespoir, l’on comprend bien que Susana Sánchez Nardón nourrit l’espoir de voir l’idylle défunt renaître de ses cendres comme le Phénix. Pour ce faire, elle serait sans doute prête à donner sa vie :

 

« No tengo más que regalarte / sino mi propia vida » (« Je n'ai plus que ma vie / à t’offrir »)

 

Nous relevons de très belles images qui reflètent l’esprit romantique de la poète sans oublier ce bel oxymore : « Esperaba la dulce tortura de tus besos »  («  J’attendais la douce torture de tes baisers »)  

Pour finir, apprécions ces vers qui de par leur éloquence, traduisent bien l’état d’âme de Susana Sánchez Nardón.

« Mis ojos se llenan de lágrimas de cristal, / que surcan como torrentes infernales»

(« Mes yeux se remplissent de larmes cristallines, / Qui perlent comme des torrents infernaux ») et : 

« Soy carne no deseada / En un herrumbre desgastada / Por lágrimas heladas »

(« Je suis chair non désirée / Délaissé sur métal rouillé / Par des larmes glacées »)*

 

 

 

 

* NDLR, Suasana Sánchez Nardón est enseignante et poète argentine. 

 

 

***

 

Pour citer cet article 

 

Maggy De Coster, « "Versos azules / Vers bleus" de Susana Sánchez Nardón », œuvre traduite de l’espagnol du Mexique par Maggy DE COSTER, texte reproduit avec l'aimable autorisation des auteures et leur maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » N°9|Hiver 2021 « Artistes en Poésie », sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 4 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no9/mdc-versosazules

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéro 9 Amour en poésie

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