10 juillet 2024 3 10 /07 /juillet /2024 17:07

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Revue Matrimoine 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des extraits de l'ouvrage primé

 

 

Femmes inspirantes

 

 

 

 

 

Sarah Mostrel

 

Site personnel

Page officielle Facebook

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© Crédit photo : Première & quatrième de couverture de l'ouvrage de Sarah Mostrel intitulé « Femmes inspirantes » paru aux éditions Non Nobis.

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Avant-propos

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   Il a été difficile de choisir les personnalités listées dans ce livre. Nombre de femmes au cours du temps ne sont jamais parvenues à quelque notoriété, étouffées par un système qui ne leur laissait pas de place. J’ai donc opté pour passer en revue le profil d’individues plus ou moins connues, militantes, pionnières, modèles de courage et de talent, femmes inspirantes et ô combien louables, méritant d’être réhabilitées et remises sur le devant de la scène. Outre les artistes et scientifiques qui me tiennent à cœur, j’ai tenu à étudier le parcours de ces êtres qui ont changé le monde et osé, dans un cadre qui ne leur était pas réservé, aller au bout de leurs passions et convictions, à l’instar des exploratrices, des journalistes et des politiciennes, certaines l’étant devenues par nécessité. Humanistes, ces femmes se sont engagées dans l’espoir de faire évoluer le monde dans lequel nous vivons. Ce livre se veut un aperçu de celles qui ont participé à changer la société. Il y en a évidemment beaucoup d’autres. 

 

© Sarah Mostrel, journaliste

 

 

Épilogue 

 

 

Cet ouvrage dresse différents portraits de femmes à travers le temps. Il donne voix à des personnalités empêchées d’exister en tant que telles parce que nées dans une époque discriminatoire. Parler de leur existence, de leurs expériences, de leurs combats est un acte de reconnaissance. Longtemps oubliées, ces femmes exceptionnelles et talentueuses, militantes des droits élémentaires, pionni.res, aventurières, scientifiques, artistes, ont bravé les interdits pour nous donner plus de liberté. Combattant pour les droits fondamentaux de toutes et tous, elles ont ouvert la voie vers un monde meilleur, plus égalitaire et plus heureux.

 

Le droit des hommes et des femmes à disposer d’eux-mêmes ne saurait, quand il touche les femmes, être appelé « féminisme ». Il s’agirait plutôt d’égalité de droits, pour un meilleur vivre-ensemble. Malgré plusieurs siècles de lutte, 2,4 milliards de femmes en âge de travailler ne bénéficient toujours pas de l’égalité des chances économiques (rapport de la Banque Mondiale, en date de mars 2022). L’émancipation féminine est donc toujours un sujet brûlant. Des progrès ont été faits. Il reste encore beaucoup de choses à accomplir. Rien n’est acquis.

Puissent les hommes et les femmes œuvrer à une vie plus sereine pour tous, et se souvenir de ceux et celles qui ont tout risqué pour une société plus juste et une plus belle humanité.

 

Table des matières

 

9 — Avant-propos

 

13 — I Les icônes de la lutte pour les droits des femmes

Olympe de Gouges (1748-1793),

15 — la révolutionnaire humaniste

Louise Michel (1830-1905),

23 — la Vierge rouge  de la Commune de Paris

Clara Zetkin (1857-1933),

33 — la femme qui inventa le 8 mars

Cécile Brunschvicg (1887-1946),

47 — la pragmatique

Simone de Beauvoir (1908-1986),

55 — l’aventure d’être soi

Simone Veil (1927-2017),

63 — une héroïne du xxe siècle

 

71 — II Des militantes américaines

Rosa Parks (1913-2005),

73 — un symbole de la lutte contre la ségrégation

Tarana Burke (1973- ),

89 — l’origine de #MeToo

 

95 — III Les aventurières

Alexandra David-Néel (1868-1969),

97 — l’exploratrice éprise de libert

109 — L’esprit d’aventure

 

117 — IV Les scientifiques

Marie Curie (1867-1934),

119 — la physicienne aux deux prix Nobel

Rosalind Elsie Franklin (1920-1958),

133 — un génie que les récipiendaires du prix Nobel ne citèrent m.me pas

Autres femmes scientifiques

137 — qui ont marqué l’histoire

 

141 — V Une artiste et résistante : Joséphine Baker

Joséphine Baker (1906-1975),

143 — l’éternelle

 

163 — VI Les artistes peintres

167 — Quelques femmes artistes à travers le temps

Marie-Guillemine Benoist (1768-1826),

169 — une femme à l’esprit libre

Rosa Bonheur (1822-1899),

175 — au service de l’art

Berthe Morisot (1841-1895),

187 — l’indépendante

Mary Cassatt (1844-1926),

191 — la femme qui peignait les femmes

Suzanne Valadon (1865-1938),

197 — muse et amante de Montmartre

Tamara de Lempicka (1898-1980),

209 — pionnière du star system

 

217 — VII Les compositrices

Louise Farrenc (1804-1875),

221 — une compositrice française de premier rang

Fanny Mendelssohn (1805-1847),

227 — un génie contrarié

Clara Schumann (1819-1896),

231 — passion, devoir et amour

Cécile Chaminade (1857-1944),

239 — la star oubliée

Lili Boulanger (1893-1918),

245 — la prodige

249 — Épilogue

251 — Index de quelques femmes citÉes

257 — Table des matiÈres

 

 

© Sarah Mostrel.

Extraits reproduits avec l'aimable autorisation de la journaliste Sarah Mostrel et de sa maison d'édition Non Nobis.

 

© Crédit photo : Le visuel officiel de la conférence autour de l'ouvrage de Sarah Mostrel intitulé « Femmes inspirantes ».

 

D'autres éléments seront bientôt disponibles pour compléter cette page.

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Pour citer ces images & textes du matrimoine inédits 

 

Sarah Mostrel (textes & photographies), « Des extraits de l'ouvrage primé Femmes inspirantes », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 10 juillet 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noiii/mostrel-extraitsdefemmesinspirantes

 

 

 

Mise en page par David

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans ÉTÉ 2024 NO III Féminismes Muses symboliques Gazette
5 juillet 2024 5 05 /07 /juillet /2024 18:09

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Entretiens poétiques, artistiques & féministes & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Entretiens

 

 

 

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Interview avec Emna LOUZYR

 

 

 

 

 

 

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Propos recueillis en juillet 2024 par

 

 

Hanen Marouani

 

 

 

Entrevue & photographies de

 

 

Emna LOUZYR

 

 

 

© Crédit photo : Portrait de l'autrice Emna Louzyr.

 

 

EMNA LOUZYR : « En ce qui concerne la poésie, celle-ci a le pouvoir de consolider une identité collective plus ou moins large selon les cas. »

 

 

BIOGRAPHIE

 

Emna LOUZYR est poète, communicatrice et productrice culturelle à RTCI. Elle a collaboré avec plusieurs organismes de presse, et fut pendant plus de cinq ans Ambassadrice ONU Femmes, défendant à travers sa présence en tant que femme de média et écrivain, l’égalité des genres, la parité et le droit à la liberté.

 

 

© Crédit photo : Emna Louzyr dans les bras de sa mère à Toulouse.

 

 

Elle a publié cinq ouvrages, dont quatre recueils de poésie en arabe littéraire : Ranin (2003), Samt El Barakin (2008), Sabra (2009), Khabarratni errih (2017), puis Tout un poème (2022) avec Moëz Majed, un ouvrage inspiré d’une production radiophonique portant le même titre.

Ses poèmes ont été traduits en italien, en anglais et en espagnol. Certains ont été publiés dans des Anthologies (anthologie de l’Université Victoria, Canada : Borders in Globalisation, World Poetry Tree, UAE, etc) d’autres ont figuré dans le programme d’enseignement de Brighton University au Royaume- Uni.

Emna Louzyr a reçu le prix Zoubeida Bchir pour la poésie en 2009.

Elle vient d’être récompensée en tant que communicatrice par la Radio tunisienne.

 

 

INTERVIEW

 

 

Hanen MAROUANI — Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel, en particulier de votre transition de la télévision et de la radio à votre rôle actuel en tant qu'organisatrice d'événements culturels, notamment du Festival International de la Poésie à Sidi Bou Saïd ?

 

Emna LOUZYR — J’ai rêvé de faire ce métier très tôt. Il faut dire que je fréquentais les locaux de la Radio et de la Télé tunisienne dès mon jeune âge, puisque mon père est du domaine.  À six ans, les speakerines télé prenaient soin de moi, elles me maquillaient et je me souviens qu’à la fin de leurs vacations je récupérais leurs fiches pour faire mon show le lendemain à la maison devant ma première spectatrice : Ma mère. Dieu qu’elle était patiente. L’histoire a commencé tôt. Je n’ai jamais hésité, j’étais déterminée. Je pense que c’est une chance de savoir ce qu’on veut très tôt, cela déjoue les hésitations et les files d’attente existentielles, certaines du moins ! 

J’ai campé mon premier rôle à la radio à cinq ans. On m’a fait monter sur une chaise pour atteindre le niveau du micro. C’était magique. Puis, j’ai animé mes premières émissions télé à 13 ans. C’était le dimanche, en prime, en direct.

Je suis arrivée à la radio, RTCI (Radio Tunis Chaine Internationale) en tant que productrice à 19 ans.  Je me suis présentée à la direction, la première fois, à 17 ans, on m’a dit gentiment d’attendre la majorité, ils ne pensaient pas que j’allais revenir ! 

Pour pouvoir parler de transition, il faudrait trouver un point de rupture entre un monde et un autre. Il n’y en a pas à mes yeux. J’ai quitté la télé en 2006 car l’ambiance et l’ingérence de forces extérieures à l’institution ont commencé à prendre le pouvoir. Je ne me retrouvais plus. Je suis partie avec un pincement au cœur. 

J’ai commencé très jeune à participer à l’organisation d’événements culturels, comme Découvertes Tunisie 21 à El Jem. J’étais encore étudiante en Lettres à la fac. C’est un métier très prenant mais passionnant, fait de rencontres, d’échanges et qui permet de nourrir ma carrière de journaliste et d’écrivain.

J’ai fait quatre ans de théâtre avec mon père, qui est un metteur en scène très exigeant. J’ai suivi des formations au TNT (Théâtre National Tunisien), j’ai joué dans des pièces qui m’ont permis de faire le tour de la Tunisie, de découvrir des régions éloignées, oubliées. C’était une leçon d’humilité qui est arrivée alors que je n’avais que seize ans. Un vrai courant d’air. J’ai tellement appris durant ces années. Le théâtre est une école de vie.

 

© Crédit photo : Portrait de l'autrice Le visuel officiel du Festival Mondial de Poésie en Tunisie.

 

H.M — Quels ont été les défis et les moments les plus gratifiants de votre transition vers le monde de la culture et de la poésie ?

 

E.L Comme je l’ai déjà mentionné, il n’y a pas de transition, ces univers se frôlent du moins à mes yeux. Puis je suis née dedans.

La poésie me ramène à moi-même, à mon être essentiel. Elle crée une rupture avec l’extérieur, qui devient intériorisé, rêvé. La poésie réinvente le monde, le journalisme le prend en photos. Ce sont deux approches différentes, deux regards portés sur le monde.

Les défis majeurs viennent de la société elle-même, du milieu littéraire. J’ai écrit jusqu’à récemment en arabe ce qui m’a été reproché, puisque le français est ma langue maternelle (ma mère est française). On m’a mis les bâtons dans les roues. C’était difficile. Je me suis accrochée. J’ai publié quatre recueils de poésie.  J’ai reçu le prix Zoubeida B’chir, du CREDIF, (Centre de recherche et de documentation et d’information sur la femme), c’était gratifiant. Puis, mes textes ont volé de leurs propres ailes, loin de la maison de la poésie tunisienne dont je garde un mauvais souvenir, estompé, relativisé, avec le temps.

J’ai participé à certains festivals à l’étranger : Lodève, Bari, Skopje, Montréal. À ce jour, les invitations de lectures viennent de l’étranger ou des ambassades. C’est triste mais la vie continue, la poésie surtout.

 

H.M — En tant que communicatrice culturelle, quelle est votre vision pour le rôle de la poésie dans la société tunisienne contemporaine, et comment votre travail contribue-t-il à la promotion de cet art ?

 

E.L Mon rôle est de faire connaître les artistes, les écrivains et leur travail et ce, en tant que journaliste culturelle.

En ce qui concerne la poésie, celle-ci a le pouvoir de consolider une identité collective plus ou moins large selon les cas.

Dans une société dévorée par la consommation, à tous les points de vue y compris culturel, la poésie est capable sur une formule ou un vers par rassembler des profils pluriels. 

Concrètement, on a vu surtout durant les grandes épreuves qu’a vécues la Tunisie, bien souvent, des citoyens lambda citer des vers de poésie d’Ouled Hmed, Ben Jeddou, Mnawer Smedah, pour exprimer leurs émotions dans des formules poétiques emblématiques de l’identité tunisienne.

Il serait injuste de cantonner la poésie à ce seul rôle de consolidation collective, elle en a bien d’autres …Comme le fait de nous faire rêver dans un monde qui ne rêve plus.

 

H.M — Pouvez-vous nous parler du Festival International de Poésie de Sidi Bou Saïd, qui vient d’avoir lieu et de votre rôle en tant que cofondatrice et responsable de l'événement ?

 

E.L — Tout d’abord, je ne suis pas cofondatrice du festival. Il a été créé en 2013 par Moez Majed, qui en est le directeur. J’ai intégré l’équipe du festival en 2019 en tant que responsable de la communication. 

Le Festival de poésie de Sidi Bou Saïd se veut un point d’ancrage et de rencontre autour de la poésie internationale sur le sol tunisien. Il a fini par s’imposer comme un rendez-vous important de la géographie de la poésie.

 

H.M — Vous avez écrit de la poésie en arabe, mais vous avez également contribué à des événements et des présentations en français et même en italien ou autres en Tunisie et à l'étranger. Comment ces langues influencent-elles votre relation avec la poésie et votre expression artistique ?

 

E.L — La question de la langue est complexe. On ne sait jamais pourquoi on écrit dans telle langue, pourquoi on s’éloigne parfois de sa langue maternelle, pourquoi on revient vers elle (c’est mon cas) parfois tardivement. La langue d’écriture est un soldat à la fois discipliné et fougueux. Elle est entourée de mystère, changeante.

J’ai écrit mes premiers poèmes en arabe littéraire, cela me semblait naturel. 

Puis une rencontre amoureuse m’a fait revenir vers ma langue maternelle. Tous ces mouvements demeurent ponctués d’interrogations, de questions sans réponses. C’est l’histoire d’une perpétuelle métamorphose qui nous échappe.

Certains de mes textes ont été traduit en italien, en anglais, en espagnol, cela permet à tout poète d’exister en dehors des frontières de ses langues d’écriture. Cela permet à la poésie, aux textes d’avoir une vie plurielle.

 

© Crédit photo : Emna Louzyr lors d'une lecture poétique, image no 1.

 

H.M — En Tunisie, comment percevez-vous la place de la poésie d'expression française dans le paysage culturel, en particulier dans le contexte de l'édition et de la diffusion ?

 

E.L —- Je pense que la poésie, tout comme le roman d’expression française ont leur place en Tunisie et leur public.

Le secteur de l’édition est quant à lui souffrant. L’écosystème depuis la publication jusqu’à la distribution et la promotion, est défaillant. 

Les maisons d’éditions, en dehors de rares exceptions, ont des problèmes structurels et méthodologiques, ce qui oblige les auteurs et en particulier les poètes à assurer la promotion de leurs ouvrages.  Ces mêmes auteurs n’ont quasiment pas de visibilité à l’échelle internationale puisque la diffusion ne suit pas.

Le secteur est à restructurer, son modèle économique à repenser…Quelques jeunes éditeurs audacieux sont en train de faire avancer les choses.

 

H.M — Votre expérience en tant que poétesse tunisienne ayant contribué à l'international offre une perspective unique. Comment voyez-vous le rôle de la diversité linguistique dans la poésie contemporaine en Tunisie et quel impact voyez-vous dans le partage de cette poésie avec un public mondial ? 

 

E.L — J’ai eu la chance de lire mes textes dans le cadre de festivals en France, Montréal, Bari mais aussi dans des espaces culturels ou publics en Albanie, à Skopie, à Québéc.  Ces participations permettent à toute poésie de voyager. Elles ouvrent des portes, permettent des rencontres, les liens se tissent, des amitiés naissent…Le fait de découvrir un univers, une culture différente de la notre permet d’enrichir son imaginaire, de faire évoluer sa démarche d’écriture.

Exister pour les poètes tunisiens en dehors de nos frontières n’est pas uniforme. Il y a toute une panoplie de poètes tunisiens connus à l’échelle panarabe, confirmés, traduits, sollicités et primés comme Mohamed El Ghozi, Moncef Louahaibi, Adam Fathi, Amel Moussa. Cette existence reste tout de même cantonnée à l’intérieur de la langue arabe, ce qui signifie que les œuvres restent peu connues ailleurs dans le monde.

D’autres aussi ont une visibilité à l’échelle internationale, comme Moez Majed, ils ne sont pas nombreux certes, mais ils existent. Cette existence, ce passage de l’œuvre poétique à l’échelle universelle s’articule essentiellement sur le fait de la traduction. La diversité linguistique en elle-même de la poésie tunisienne n’est pas une garantie pour accéder à un public mondial. Il faudrait que cette poésie puisse être publiée dans des maisons d’éditions reconnues dans le monde et que les poètes tunisiens soient régulièrement invités dans des festivals internationaux.

 

H.M — Vous avez été honorée par le Prix Zoubida B’chir Poésie. Quel est le symbolisme de ce prix pour vous et quel impact a-t-il eu sur votre carrière et votre engagement envers la poésie ?

 

E.L —-  Zoubeida B’chir est la première femme à avoir publié un recueil de poésie en Tunisie (1967). C’était une femme de radio avec une voix en or. Le président Bourguiba l’appréciait, il a demandé à ce qu’elle intègre la radio tunisienne.

Elle était autodidacte, elle s’est formée seule, en lisant, en écrivant. Elle a reçu de nombreux prix à l’échelle internationale. Elle a écrit ses textes en arabe classique et en vers libre.

Ce prix qui porte son nom est une belle reconnaissance. J’y vois une forme de continuité entre deux destins de femmes de radio et poètes. Sa vie ne fut pas facile, elle a dû faire face à une société patriarcale et conservatrice. On dit qu’elle était à la fois vulnérable et forte.

Quand j’ai reçu ce prix, je me suis dit la bataille continue pour moi et pour celles qui vont prendre la relève. J’ai eu la chance de la rencontrer lors de la remise de ce prix. Cela reste un moment fort de ma carrière.

 

H.M — D’après vous, quel est le rôle des prix littéraires dans la promotion de la poésie et dans la reconnaissance des artistes en Tunisie ou ailleurs ?

 

E.L — L’écriture se fait dans la solitude et le doute, ces prix permettent de faire connaitre les auteurs ou de confirmer leurs parcours. Après un prix, la vente du livre de l’auteur primé est dopée, cela fait du bien à l’éditeur et à l’écrivain.

 

© Crédit photo : Emna Louzyr lors d'une lecture poétique, image no 2.

 

H.M — Et pour conclure, quel message ou quelle émotion espérez-vous transmettre à travers votre poésie, et quelle est votre vision pour le futur de la poésie tunisienne féminine ?

 

E.L — Personnellement, la notion de message me dérange. Je n’écris pas avec des objectifs précis. « Écrire est un acte d’amour ; s’il ne l’est pas, il n’est qu’écriture », disait Jean Cocteau.

Puis, un texte porte plusieurs vies, à partir du moment où il sort du tiroir, il vit au gré de ses lecteurs. Chacun y trouvera l’émotion, le reflet qui lui correspond.  

Il y a en Tunisie, de nombreuses poètes femmes, je souhaite de beaux jours à ce secteur et à ces écrivaines. Même si je ne pense pas que l’écriture porte forcément ou systématiquement une identité sexuelle. Les femmes écrivent-elles différemment des hommes ? Leurs textes sont-ils sexués ?

Que dire dans ce cas de l’identité de genre ? Ce sentiment que nous pouvons avoir d’être un homme, une femme, un peu les deux, selon les circonstances ou ni l’un ni l’autre.

La question du genre binaire, XX ou XY est devenue désuète et limitative. L’expression humaine et artistique est plus que jamais plurielle, complexe et décomplexée.

 

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Pour citer ces images & entretien inédit​​​​​​s

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​Hanen Marouani, « Interview avec Emna LOUZYR », photographies fournies par l'autrice, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet & Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 5 juillet 2024. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno4/2024/noiii/hm-elouyzyr


 

 

 

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30 juin 2024 7 30 /06 /juin /2024 18:55

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Réflexions féministes sur l'actualité | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Varia & Actualité

 

 

 

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L’ONU se couche devant les Talibans !

 

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Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

Crédit photo : Chitter-chatter of young children fill the air as New Kabul Compound, Afghan Women’s Bazaar springs to life ». Capture d'écran de l'image libre de droits du site Commons. 

 

Afin de discuter de la réintégration de l’Afghanistan dans la communauté internationale, dont le pays est exclus depuis 2021 en raison de l’arrivée des Talibans au pouvoir, l’ONU a décrété que la présence des femmes serait interdite à la table des réunions !

 

Bien évidemment, cette décision a été prise pour plaire aux Talibans qui refusent toute liberté aux femmes, ont rétabli la Charia, interdisent l’école aux fillettes…

 

L’ONU se rend ainsi complice des Talibans qui n’accordent aucune visibilité aux femmes, elle les renforce bien au contraire dans leur régime discriminatoire à l’encontre du corps féminin qu’il faut cacher, de l’esprit de nos soeurs qu’il faut plonger dans les ténèbres afin de détruire jusqu’à leur âme.

 

Crédit photo : Schoolgirls in Bamozai. Capture d'écran de l'image libre de droits du site Commons.

 

Pour Chékéba Hachemi, qui fut la première femme diplomate afghane du gouvernement provisoire en 2001, comme pour de nombreuses associations féministes, la décision de l’ONU d’inviter les Talibans à la table des discussions en y refusant lâchement la présence des femmes  est « une forme de capitulation » !

 

Et Chékéba Hachemi de déclarer qu’en Afghanistan « Juste parce que vous êtes née femme, vous êtes morte-mais vivante »…

 

© Françoise Urban-Menninger

 

 

Actualité poétique de Françoise Urban-Menninger

 

© Crédit photo : Affiche officielle de la soirée poétique « Fêtons la triphonie » du 6 juillet. 

 

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Pour citer ce texte engagé, féministe & inédit 

 

Françoise Urban-Menninger, « L’ONU se couche devant les Talibans ! », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, & Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 30 juin 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno4/noiii/fum-onu

 

 

 

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24 juin 2024 1 24 /06 /juin /2024 15:16

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet |  Réflexions féministes sur l'actualité | Actions pour l'égalité des sexes 

 

 

 

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Québec, juin 2024

 

 

 

 

 

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

 

 

© Crédit photo : Irina Moga, le visuel officiel de l'événement organisé par le Conseil du statut de la femme (CSF), image no 1 du lancement du bilan intitulé « L’égalité entre les femmes et les hommes : Regard sur 50 ans d’évolution au Québec », 12 juin 2024.

 

 

Le 12 juin 2024 : la ville de Québec est resplendissante sous la lumière de l’été.

 

© Crédit photo : Irina Moga, le Musée de la civilisation, image no 2 du lancement du bilan intitulé « L’égalité entre les femmes et les hommes : Regard sur 50 ans d’évolution au Québec », le 12 juin 2024.

 

J’ai eu l’honneur de représenter la Société Internationale d'Études des Femmes et d'Études de Genre en Poésie (SIEFEGP) et la revue féministe de poésie « Le Pan Poétique des Muses » au lancement du bilan intitulé « L’égalité entre les femmes et les hommes : Regard sur 50 ans d’évolution au Québec ». 

 

L’événement a été organisé par le Conseil du statut de la femme (CSF), un organisme gouvernemental d’étude et de consultation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, dont la mission est de « conseiller le gouvernement du Québec sur tout sujet lié à l’égalité, dans un objectif de justice sociale ».

 

© Crédit photo : Irina Moga, à l'intérieur du Musée de la civilisation, image no 3 d du lancement du bilan de « L’égalité entre les femmes et les hommes : Regard sur 50 ans d’évolution au Québec », le 12 juin 2024.

 

Je suis arrivée au Musée de la civilisation, 85 rue Dalhousie, quarante minutes avant le commencement de la session. Déjà, il y avait des groupes qui se formaient : une atmosphère de retrouvailles, de joie et d’amitié dans laquelle il était facile de s’intégrer. 

 

Dans le foyer du musée, j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec quelques participantes, en parlant de nos expériences et de nos espoirs vis-à-vis de l’égalité entre les femmes et les hommes. 

 

Ensuite, nous avons assisté à la présentation du livre, qui est le bilan de 50 ans de « l’évolution sociale au regard des droits des femmes » mais qui cherche aussi de « mettre en lumière les enjeux qui persistent ». 

 

© Crédit photo : Irina Moga, image no 4 du lancement du bilan intitulé « L’égalité entre les femmes et les hommes : Regard sur 50 ans d’évolution au Québec » au Musée de la Civilisation le 12 juin 2024.

 

Le bilan thématique prend pour point de départ l’avis « Pour les Québécoises : égalité et indépendance », œuvre séminale parue en 1978, cinq années après la création du CSF et rend visible le progrès enregistré jusqu’à nos jours, ainsi que des moments charnière. Un de ces moments fut le 50e anniversaire de création du Conseil du statut de la femme et son inscription au Registre du patrimoine du Québec le 23 mai 2023.  

 

Les allocutions ont célébré le travail des membres du CSF et ancré le résultat de ce travail dans une perspective historique.  

On avait aussi souligné l’importance des politiques publiques qui font de l’égalité une « valeur d’appartenance » et le rôle du CSF comme « voix institutionnelle de la condition de la femme, et qui nourrit la conscience collective avec rigueur ».

Le travail du CSF s’appuie sur une très solide base de recherche qui vise à refléter la pluralité de la réalité des femmes au Québec, et avancer la cause de l’égalité.

 

Donc, c'est fut une soirée des idées passionnantes, avec la vision de l’égalité entre les femmes et les hommes, « une quête à poursuivre ».

© Irina Moga

 

© Crédit photo : Irina Moga, le Musée de la civilisation, image no 5 du lancement du bilan intitulé « L’égalité entre les femmes et les hommes : Regard sur 50 ans d’évolution au Québec », le 12 juin 2024.

 

 

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Pour citer ce billet illustré & inédit pour l'égalité 

 

Irina Moga (texte & photographies, « Québec, juin 2024 », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 24 juin 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noiii/irinamoga-quebecjuin2024

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans ÉTÉ 2024 NO III Féminismes Égalité et parité

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    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm) REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE ET MULTILINGUE DE POÉSIE ENTRE THÉORIES ET PRATIQUES N°III | ÉTÉ 2024 | FLORAPOÉTIQUE 1er VOLET Crédit photo : Anne Vallayer-Coster (1744-1818), « Vase of Flowers with a Bust of Flora »,...
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  • Emma Filao, « Un crachat de givre », Éditions du Cygne, 2024, 70 p., 15€
    N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Critique & réception | Dossier mineur | Articles & témoignages Emma Filao, « Un crachat de givre », Éditions du Cygne, 2024, 70 p., 15€ Maggy de Coster Site personnel Le Manoir Des Poètes © Crédit photo...
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    N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Actions pour l'égalité des sexes [publication numérique uniquement du texte] & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Varia & Actualité Prix Littéraire Dina SAHYOUNI (4ème édition pour le 8 mars 2025) SIÉFÉGP ou...
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