9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 13:59

 

REVUE ORIENTALES (O) | N° 2 | Entretiens & Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | Entretiens artistiques, poétiques & féministes

 

 

 

 

 

 

 

 

Interview avec l'artiste-peintre

 

 

franco-haïtienne Élodie Barthélémy 

 

 

 

 

 

 

Propos recueillis par

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

Entrevue avec

Élodie Barthélémy

 

Artiste peintre franco-haïtienne

 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Élodie Barthélémy, "Fécondation in kwi", 1997.

 

 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Portrait photographique de l''artiste Élodie Barthélémy par Ould Mohand.

 

 

 

Élodie Barthélémy est artiste-peintre franco-haïtienne née en Colombie où son père français fut diplomate. Elle a une œuvre picturale foisonnante et ouverte sur le monde. Elle nous parle à cœur ouvert de son parcours d’artiste et de ses réalisations. 

 

 

 

 

MDC –  Élodie Barthélemy, parlez-moi de votre parcours en tant qu’artiste-peintre ?

 

EB – Cela fait presque quarante ans que j’ai pris ce chemin. Je l’ai choisi adolescente avec comme objectif premier de mener une quête qui me mènerait jusqu’à ma mort. La peinture me semblait être la voie la plus longue, ce qui augurait un gage de longévité, effet escompté.

Je ne me suis pas trompée, je suis encore très loin d’être peintre. Je me donne encore cinquante ans si la vie m’accompagne jusque-là.

J’ai commencé adolescente par les installations et le modelage, si je résume : le volume, l’espace et l’amour de la poésie : Rilke, Baudelaire, Rimbaud, Michaux, Césaire et les amis de mes parents Jean Métellus, Roberto Armijo.

Puis ce fut la peinture aux Beaux-Arts de Paris dont je suis diplômée.

Depuis j’explore différents médiums : les tissus appliqués, les assemblages, les installations, la gravure, la performance, les œuvres participatives, en revenant régulièrement à la peinture comme un nécessaire retour sur soi.

 

 

© ​​​​Crédit photo : Élodie Barthélémy, "Oliviers-Terre rouge", 2021. 

 

 

MDC – Votre technique de travail ? Les matières utilisées ? Bref tout ce qui relève de votre création artistique ? Vos sources d’inspiration ?

 

 

EB – Des lieux, matériaux et objets sont toujours à la source d’un travail. 

Un exemple de lieu ? J’ai séjourné pendant le confinement à Barjols, en Provence, où la terre de la garrigue est rouge. Cette couleur du sol qui m’entourait m’a connecté à différents lieux de ma connaissance en Haïti et au Honduras, à des souvenirs. Peindre sur le motif les oliviers croissant dans cette terre riche en bauxite échappait dès lors à une vision strictement locale et pittoresque. Cette perception en écho qui nourrit le sentiment de correspondance, de lien, d’union m’ancre dans le lieu et me permet d’y travailler durablement. J’y suis retournée à chaque saison.

Un exemple de matériau ? La calebasse. Avoir la rondeur de la calebasse entre les mains m’a amenée à explorer et partager les sensations et images liées à la grossesse afin de compenser une prise en charge hyper-technique et médicale de ce processus naturel. Ce travail m’a conduite à réinventer sans le savoir l’usage du masque ventral et à créer des impressions dont la matrice était des calebasses gravées dans l’exposition intitulée Fécondation in kwi en 1998.

Plus largement des lieux, des matériaux, des objets, peuvent faire surgir des rituels de passage : de la naissance à la mort en y incluant les chocs historiques et sociaux que l’on traverse ou dont nous sommes les héritiers.

Pour faire court :

Mes matériaux de prédilection sont : verre, terre, farine, calebasse, métal, tissu, fil, laine, racines, cheveux...

Les objets que j’affectionne : chapeaux, vêtements, paniers, chaises, bouteilles, outils…

Les rituels autour de l’enfantement, l’enfance, l’adolescence, la mort, le deuil, les ancêtres

Les problématiques liés à l’esclavage, les guerres, les migrations.

 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Élodie Barthélémy et Laurent Grisel "La grande bugade", 2021. 

 

 

 

MDC – Considérez-vous que les arts puissent revêtir un cachet féministe tout en évoquant le merveilleux ?

 

 

EB – Le féminisme passe dans mon travail par l’évocation physique de gestes immémoriaux de celle qui lave, celle qui cuit et celle qui coud, celle qui aide (la sage-femme) chers à l’ethnologue Yvonne Verdier. 

Une œuvre intitulée « Terre nourricière » entre en écho avec votre question.

Je l’ai créée à la suite du tremblement de terre de 2010 qui a ravagé Haïti, pays meurtri qui avait déjà connu des émeutes de la faim lors de la crise boursière des produits céréaliers en 2008. 

Il faut savoir pour comprendre ce qui suit qu’Haïti est ma terre maternelle. Ma mère est ma mère nourricière. Haïti est donc ma terre nourricière.

Mais au-delà de mon lien avec Haïti, la terre nourrit les vivants humains et non humains. 

Le merveilleux qu’évoque votre question est celui emprunt de réalisme magique qui m’a tant marquée dans Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez et qui rejaillissait sous une forme tragique dans un reportage télévisé d’une chaîne française : Manger de la terre dans un marché haïtien pour couper la faim. 

Mon installation présentée à la galerie Agnès B puis au Pavillon haïtien de la Biennale de Venise dans une exposition intitulée Haïti Royaume de ce monde, titre emprunté à Alejo Carpentier, prit la forme d’un banquet avec de nombreux plateaux couverts de victuailles. J’avais façonné des galettes de terre parsemées de dents. Le merveilleux ? Cette artiste, cette femme que je suis, celle qui foule la terre et la paille puis la pétrit pour transfigurer la douleur et la perte en aliment. Ainsi cette terre qui dévorait ses enfants nourrirait la terre entière. 


 

 

© ​​​​Crédit photo : Élodie Barthélémy, "Terre nourricière", 2011.

 

 

MDC – Quelle place faites-vous au féminin dans votre art ?

 

EB – Dans le Tao-tê-king, Lao-Tzeu calligraphie :

 

« L’Esprit du Val° ne meurt point

C’est le Mystérieux Féminin

l’huis du Mystérieux Féminin

Est racine de Ciel-et-Terre

Traînant comme une filandre à peine s’il existe

mais l’on y puisera sans jamais qu’il s’épuise

Et du ruisseau qui y coule. »

(Traduit par François Houang et Pierre Leyris)

 

Comme je l’ai évoqué précédemment, je fais beaucoup de places aux travaux auxquels les femmes sont assignées. Les gestes des lavandières, des couturières, des coiffeuses, ce qui relève du travail manuel dévolu aux femmes ont la part belle dans mon travail. Retrouver leurs gestes est ma façon de mettre en lumière le travail qu’elles accomplissent, en prenant soin de le sortir du cercle privé, en le partageant comme bien commun. 

Un exemple récent s’est déroulé lors du festival dédié à la poésie, à la performance et aux arts visuels des Eauditives en mai 2021, j’ai créé avec le poète Laurent Grisel la performance « La grande bugade : Lavons les avanies ! » autour du lavoir de la fontaine Saint Jean à Barjols. La grande bugade est le terme provençal pour la grande lessive qui permettait aux femmes d’écluser le gros du linge sale deux fois par an. Lors de notre performance participative, le public était invité à nous rappeler les expressions injurieuses de nos derniers présidents à l’égard du peuple. Nous les inscrivions sur des draps puis les lavions avec battoir, cendre, eau vive jusqu’à les sortir immaculés et essorés au son du chant repris par le public : Lavons, lavons les avanies ! Une sorte de catharsis sociale joyeuse par les bienfaits de l’eau. 

 

MDC – Est-il facile d’exister en tant que femme peintre par rapport aux peintres de l’autre sexe sur le marché de l’art ?

 

EB – Je constate avec satisfaction qu’il est plus facile aujourd’hui d’exister en tant que femme-artiste mais je dirai que cela vaut pour la génération qui m’a suivie. 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Élodie Barthélémy, "Entre deux ciels", Photographie par Anja Beutler, 2021. 

 

 

MDC – Peut-on considérer qu’il puisse exister une alliance entre l’art pictural et la poésie ?

 

 

EB – Une œuvre plastique peut prendre forme à partir d’un poème comme ce fut le cas quand je me suis éprise du célèbre poème « Se equivocó la paloma ». Ce poème écrit dans une période de grand désespoir par Rafael Alberti en 1941 à Paris, la guerre civile espagnole l’ayant contraint à l’exil, me procurait une sensation d’espace et d’improbable sérénité que je souhaitais partager. 

Nous étions entre deux confinements en 2020. 

La forme que j’ai trouvée est passée par l’interprétation de ce poème en LSF (Langue des Signes Française) commandée à la poétesse sourde Djenebou Bathily que j’ai filmée. Cette vidéo s’insérait dans une installation intitulée « Entre deux ciels » créée dans la cave d’une ancienne tannerie à Houdan, dans les Yvelines près de Paris. Elle répondait à un extrait de « Uruguay » de Jules Supervielle dont le livre ouvert était suspendu dans les airs, et dont on entendait la lecture enregistrée par le poète parlant Laurent Grisel. Cet extrait évoquait les nuages du ciel de la campagne uruguayenne qui sont comme des «animaux qui ne meurent jamais ». Cette cave accueillait le ciel bleui de la lune jouant avec un nuage calcifié, fossilisé surgissant du mur et le soleil métamorphosé en un cercle de livres irradiant de lumière chaude. Ces nuages qui ne meurent jamais peuvent évoquer tous ces poèmes, ces écrits, cette littérature qui nous maintiennent vivants et qui -pour ma part- m’ont éclairée pendant le confinement.

 

 

© ​​​​Crédit photo : Élodie Barthélémy et Laurent Grisel, "La grande bugade", 2, 2021.

 

 

 

MDC  – Vous avez eu une maman célèbre conteuse, quelles étaient vos relations avec elle ?

 

 

EB – Je l’ai présentée rapidement comme une mère nourricière. Elle est bien plus que cela. Mimi Barthélémy (1939 Port-Au-Prince 2013 Paris) était conteuse, chanteuse et comédienne, elle a écrit de nombreux recueils de contes, des spectacles et un roman. Elle a conté et chanté la littérature orale haïtienne partout en France, en Amérique latine et du Nord, à Cuba et ailleurs. J’ai eu la chance de travailler vingt ans à ses côtés comme scénographe de ses spectacles et illustratrice de certains de ses albums. Cela m’a permis de m’approcher de son soleil et d’être témoin de la conscience qu’elle avait de son rôle de conteuse et de l’importance de l’héritage qu’elle transmettait au public. J’ai reçu d’elle ce goût immodéré d’écouter les paroles qui vont à la source du vivant, des émotions, des sensations, des expériences fondamentales partagées, des archétypes du fond humain. Un bon terreau pour apprécier la poésie.

 

 

© ​​​​Crédit photo : Élodie Barthélémy, "Petites annonces", 1998.

 

 

© Maggy De Coster & Élodie Barthélémy.
 

_____

 

 

Pour citer ces entrevue, dessins inédits
 

 

Maggy De Coster, « Interview avec l'artiste-peintre franco-haïtienne Élodie Barthélémy »  dessins & photographies par Élodie Barthélémy & autres artistes, Revue Orientales, « Les voyageuses & leurs voyages réels & fictifs », n°2 & Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 9 mai 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no2/megalesia22/mdc-elodiebarthelemy

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES ET REVUE ORIENTALES - dans Megalesia O-no2 Féminismes Muses et féminins en poésie
8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 17:05

 

REVUE ORIENTALES (O) | N° 2 | Entretiens & Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | Entretiens artistiques, poétiques & féministes

 

 

 

 

 

 

 

 

Rencontre avec Asuka Kazama :

 

 

une artiste peintre, plasticienne

 

 

& photographe japonaise

 

 

 

 

 

 

Propos recueillis par

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

Entrevue avec

Asuka Kazama

 

Artiste peintre, plasticienne & photographe japonaise

 

Site officiel : asukakazama.net

 

 

 

 

© ​​​​Crédit photo : L'artiste Asuka Kazama travaillant dehors. 

 

 

 

 

© ​​​​Crédit photo :   Le visuel de l'exposition en hommage aux Deux Magots de l'artiste Asuka Kazama 2017. 

 

 

 

Elle s’appelle Asuka Kazama, elle a étudié en France pour laquelle elle se passionne et a choisi d’y exercer son art.

 

 

© ​​​​Crédit photo :  L'artiste Asuka Kazama avec Madame Catherine Mathivat  en  hommage aux Deux Magots où elle a exposé en 2017. 

 

 

 

 

 

 

MDC –  Asuka Kazama parlez-moi de votre parcours en tant que artiste-peintre d’origine japonaise vivant en France ?

 


AK – Je suis née à Tokyo. Je dessine depuis l’âge d’un an. Mon rêve était de devenir peintre.

J'ai appris la calligraphie japonaise dès l’âge de sept ans et pendant neuf ans. Lors d’un premier voyage en France, j’ai ressenti quelque chose de très fort qui m'a poussé à y revenir. Depuis ces voyages en Europe, surtout en Italie et en France, la culture européenne m'a fascinée, surtout le cinéma, la littérature, la poésie sans oublier la musique occidentale qui me plaît toujours. J'ai fait mes études de français à la Faculté des Arts et des Lettres de Tokyo. Par la suite, j’ai continué à étudier le français à l'Institut franco-japonais de la même ville où j’ai travaillé dans une entreprise pendant quelques années. J'ai eu la chance de venir en France.  Là, j'ai fait mes études à L’École des Arts Déco de Strasbourg de la licence au Master et j’ai commencé à travailler au musée de la même ville en 2010 tout en étant étudiante. Je vis à Paris depuis 2017.


 

 

MDC –  Qu’en est-il de votre technique de travail ? Des matières utilisées ?
 

 

AK – Les matières utilisés sont diverses : je travaille à l’aquarelle (aquarelle japonaise, à la gouache, à l’acrylique, à l’encre, à l’huile, au feutre). Je travaille aussi sur du papier, de la toile. Je fais des collages, je prends beaucoup de photos. Les eaux naturelles, le hasard, les mémoires, les rêves, les rencontres, les émotions participent dans ma création artistique. Je représente symboliquement les humains dans ma peinture par des animaux comme c’est le cas dans la tradition japonaise, merci de voir mon site : asukakazama.net


 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Peinture sans titre de l'artiste Asuka Kazama. 

 

 

 

 

 

MDC – Quelles sont vos sources d’inspiration ?
 

AK – La vie quotidienne de Paris avec ses rues emblématiques, ses musées à Paris. La vie parisienne dans sa diversité avec les odeurs, les saveurs. J’aime aussi Strasbourg et ses musées. Chaque ville, chaque petit village a son charme incontournable. J’aime les propos de ces auteurs et chanteurs qui résument bien mon état d’esprit comme Victor Hugo qui avance : « je veux être Chateaubriand ou rien », ou Jacques Prévert : « Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment, comme nous, d'un si grand amour » ; Marivaux : « Nous qui sommes bornées en tout comment le sommes-nous si peu lorsqu'il s'agit de souffrir ? »



 

MDC – Quelle place faites-vous au féminin et au féminisme dans votre œuvre ?

 

AK – Il m’arrive d’exprimer les cris des femmes ou leur douceur en ligne abstraite, c'est très femme… J'adore les rondeurs depuis mon enfance. Mais j'aime aussi dessiner l'architecture même si ce n'est pas très féminin…

 

 

© ​​​​Crédit photo : "La colère de l'homme", 2021, peinture de l'artiste Asuka Kazama. 

 

 

 

 


 

MDC – Selon vous est-ce qu’il peut exister une alliance entre la peinture et la poésie ?
 

AK  – Bien sûr. Pour moi la poésie est fondamentale. Très jeune j’ai été nourrie de lectures poétiques diverses et variées qui m’ont sans doute inspirée et ont également influencé mon œuvre picturale d’une façon ou d’une autre.

 

 

 

 

MDC – Où peut-on voir vos œuvres ?

 

 

 

 

AK – Actuellement il est possible de voir mes œuvres et reproductions (en cartes postales) aux adresses suivantes :
Le Coin des Arts, 53 rue du Turenne 75003 (sur DEMANDE https://www.lecoindesarts.com/fr/artiste_kazama-asuka_192, voir ci-dessous) ; L'Encadrement vôtre, 3 rue Argenson 75008 (en vitrine) ; L'Encadrement Baxter, 15 rue du Dragon 75006 (sur demande) ; L’Écume des pages, 174 boulevard Saint-Germain 75006 (cartes postales sur place) ; Le cabinet médical Jean Richepin 75016 (sur rendez-vous avec l'artiste).

 

 

 

© ​​​​Crédit photo : "Une vache", 2013,  dessin de l'artiste Asuka Kazama. 

 

 

© Maggy De Coster, Asuka Kazama

 

 

____

 

 

Pour citer ces entrevue, dessins & photographies inédits
 

 

Maggy De Coster, « Rencontre avec Asuka Kazama : une artiste peintre, plasticienne et photographe japonaise » dessins & photographies par Asuka Kazama, Revue Orientales, « Les voyageuses & leurs voyages réels & fictifs », n°2 & Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 8 mai 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no2/megalesia22/mdc-asukakazama

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES ET REVUE ORIENTALES - dans Megalesia O-no2 Féminismes Voyages
4 mai 2022 3 04 /05 /mai /2022 16:00

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | Réflexions féministes sur l'actualité | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages, etc.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le droit à l'avortement menacé

 

 

aux États-Unis !!!

 

 

 


 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

© Crédit photo : Image capturée des informations télévisuelles des manifestations des femmes aux États-Unis et fournie par la critique. 

 

 

 

Les photographies de femmes, vent debout, brandissant pour mot d'ordre « My body, my choice ! » nous ramènent à des images de lutte qui nous semblent d'un autre temps, celles des années 60/70 et pourtant le journal Politico vient de les publier ce 3 mai 2022 !

 

La Cour Suprême des États-Unis s'apprête à abroger l'arrêt de 1973 et à permettre ainsi à chaque État de décider d'interdire ou non l'accès à l'IVG. Ce serait là une véritable régression, l'abolition d'une liberté chèrement acquise par les féministes américaines...

 

Le journal Politico explique que la Cour Suprême a été totalement remaniée par Donald Trump qui y a fait entrer trois juges conservateurs nommés à vie, opposés à l'avortement. C'est ce journal qui vient de dévoiler la préparation d'une loi qui annulerait le droit à l'avortement.

 

Cette fuite sans précédent a déclenché des manifestations dans le pays auxquelles nous ne pouvons que nous associer en dénonçant la mise sous tutelle du corps des femmes par la Cour Suprême des États-Unis !

 

 

© Françoise Urban-Menninger

 

 

***

 

Pour citer ce texte féministe, engagé & inédit

 

​Françoise Urban-Menninger, « Le droit à l'avortement menacé aux États-Unis !!! », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 4 mai 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia22/fum-droitaavortement

 

 

 

 

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25 mars 2022 5 25 /03 /mars /2022 17:14

 

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | II. Le merveilleux féerique féministe | Articles & témoignages / Poésie & musique / Revue matrimoine

 

 

 

 

 

 

AnnKrist

 

 

Goater éditions, 244 p., Rennes, 2021

 

 

 

 

 

 

 

 

Camille Aubaude

 

Site & blog officiels :

www.lamaisondespages.com/

 

https://camilleaubaude.wordpress.com/

 

 

 

© Crédit photo : AnnKrist, Goater éditions, 244 p., Rennes, 2021, image fournie par l'autrice C. Aubaude.

 

 

 

 

Sainte Anne (sans le /e/)

Le Christ

La Déesse-Mère et Osiris

 

La gracieuse plénitude d’être là

dans la présence du Jour

pour que les rêves de la Nuit

s’interpénètrent en une allègre mélodie.


 

 

Au milieu des années 1970, un album copié sur de multiples cassettes a assuré à cette grande poétesse bretonne une audience à Paris, dans les milieux d’intellectuels révoltés.

Cet unique album s’est vendu à mille exemplaires mais il a circulé tel un samizdat d’une poésie véritable, qui se lit et se chante en mouvement n'ayant rien à voir avec la marchandisation du monde.

 

J’ai copié plusieurs fois cette cassette, j’ai rencontré AnnKrist quand elle a chanté dans la salle de la rue Dunois à Paris, et connu, peu avant, à Athènes, un harpiste de ses amis. Son âme pure, sa voix rauque disant l’extrême désespoir de son expérience m’ont appris à ne plus redouter l’agression policière. En exprimant la barbarie, elle interrompt l’écoulement douloureux des crimes à jamais impunis. Elle entretient les feux d’une demeure mystique où s’anéantit l’agressivité.

 

Hélène Cixous dirait : « elle crisse, elle cristallise… » Ce qui est juste.

Gravité d’une sibylle, présages des émotions… nous devons comprendre cette beauté intrépide, indomptable comme nous comprenons les chansons de Marlène Dietrich, les immortelles Falling in Love Again, Wo die Blumen sind ?, adaptées aux langues de l'univers.

Je n’ai pas fait qu’écouter AnnKrist, j’ai bu ses paroles, j’ai reçu la force de son rythme, la tendre suavité de ses mélodies et la passion de ses visions d’une impressionnante acuité. Par une inflexible volonté (bretonne), elle a effacé les institutions et fait scintiller les pierres funéraires. Elle m’a tenue vivante alors que l’harmonie de ma vie était rompue.

Le temps est venu de rendre hommage à cette femme qui n'a pas sombré Prison 101 (le titre de la première chanson de l’album de 1975).

 

 

***

 

Pour citer ce témoignage féministe inédit

 

 

Camille Aubaude, « AnnKrist, Goater éditions, 244 p., Rennes, 2021 », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 25 mars 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia22/ca-annkrist

 

 

 

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