5 septembre 2022 1 05 /09 /septembre /2022 14:40

N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Dossier majeur | Articles & témoignages / Poésie des aïeules | Voix & Voies de la sororité 
 

 

 

 

​​​​​

 

 

 

Amitié féminine

 

 

 

 

 

​​

Renée Vivien (1877-1909)

Texte choisi, transcrit & brièvement présenté par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Crédit photo : "Ruth and Naomi", St James, domaine public, no 1.

 ​​​​​​​

 

Brève présentation

 

Ce superbe récit d'amitié entre femmes est inspiré par la Bible et se trouve dans VIVIEN, Renée (1877-1909), La dame à la louve, Paris, Alphonse LEMERRE éditeur, 23-31, passage Choiseul, MDCCCCIV/1904, pp. 185-188.

​​​​​​Le recueil de contes appartient au domaine public et on peut le lire ou le télécharger sur la bibliothèque numérique Gallica (partie intégrante de la Bibliothèque Nationale de France).

 


À travers ce conte biblique de l'amitié au féminin entre deux femmes juives d'Orient, Renée Vivien tente de défaire le préjugé péjoratif sur les femmes qui les représente comme éduquées pour se querelle, se jalouser ou encore se haïr...

Le récit de l'amitié solide entre Ruth et Naomi donne à Renée Vivien l'opportunité historique de réhabiliter la capacité des femmes à devenir amies et à entretenir entre elles des relations humaines amicales faites de solidarité, d'entraide, de compréhension, d'affection, plus sincères et authentiques que celles des hommes (amitiés masculines transformées en fraternité. L'amitié désintéressée décrite dans ce conte ouvre la voie à la (voire annonce de ce que l'on qualifie désormais de) sororité.

 

Grâce à sa définition de l'amour amical ainsi que celui qui est défini par la vie, la correspondance et les œuvres poétiques de Marceline Desbordes-Valmore (voir ex. « L'amie » et le numéro du Journal Des Muses dédié à l'amour chez elle, 2022), les femmes ont de beaux exemples concrets de l'amour amical et de l'amitié au féminin qui peuvent donner naissance à la sororité.

 

Cette amitié a la musique bleue des "cithares" et le parfum d'une "violette" comme caractéristiques. Elle est également accessible à toutes celles qui l'attendent et la désirent ardemment. Le "parfum de violette" est probablement celui d'une sororité qui permet aux femmes d'apprendre de leurs expériences communes et de reconsidérer leurs capacités d'agir dans leurs sociétés respectives pour se libérer et valoriser leurs compétences. Renée Vivien dessine sous l'apparent attribut habituel acculé aux femmes de son l'époque, c'est-à-dire le "féminin", une structure sociale plus solide et puissante que la fraternité en employant toujours le vocabulaire connoté de son époque. Ainsi, son conte "L'amitié féminine" au titre et contenu apparemment inofensifs narrent une amitié féministe bien lucide, intergénérationnelle et ultra puissante qui dépasse de loin la notion de la fraternité et murmure celle à venir.. celle de la sororité.

L'aïeule Vivien nous l'explique féministement tout au long du conte et particulièrement dans les dernières lignes en parlant de "l'Avenir"...

En effet, et d'une façon générale, nous observons que les représentations picturales de Ruth et Naomi à travers les siècles s'accordent avec le récit de Renée Vivien (cf. voir les peintures exposées en exemple in situ).


 

 

Crédit photo : Jan Victors,"Ruth and Naomi", 1653, domaine public, no 2.

 

​​​​

 

L'amitié féminine 

 

 

 

    De toutes les lourdes sottises dont les Philistins de lettres accablent leurs lecteurs, voici, je crois, la plus formidable :

    « Les femmes sont incapables d'amitié. Jamais il n'y eut de David et de Jonathan parmi les femmes. »

    Me sera-t-il permis d'insinuer que l'affection de David pour Jonathan m'a toujours paru plus passionnée que fraternelle ? Je n'en veux pour preuve que l'oraison funèbre du jeune conquérant :

 

Tu faisais tout mon plaisir.

Ton amour pour moi était admirable,

Au-dessus de l'amour des femmes.

 

    Je ne crois pas que ce soient là de blanches larmes d'amitié douloureuse. J'y reconnais plutôt les larmes de sang d'une ardeur veuve.

    Combien est plus désintéressée la magnifique tendresse de Ruth la Moabite pour Naomi ! Aucune langueur charnelle ne pouvait se glisser dans l'amitié de ces deux femmes. Naomi n'était plus jeune. Elle dit-elle-même : Je suis trop vieille pour me remarier.

    Je ne connais rien d'aussi beau, d'aussi simple et d'aussi poignant que ce passage :

    Naomi dit à Ruth : Voici, ta belle-sœur est retournée vers son peuple et vers ses dieux ; retourne, comme ta belle-sœur. Ruth répondit : Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi. Où tu iras, j'irai, où tu demeureras, je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu ; où tu mourras, je mourrai, et j'y serai enterrée. Que l'Éternel me traite dans toute sa rigueur, si autre chose que la mort vient à me séparer de toi !

    Comme la plus belle musique, ces paroles vous laissent sans voix et sans haleine devant l'Infini.

   

 

Crédit photo : "Naomi, Ruth en Orpa", domaine public, no 3. 

 

 

 

À l'offre résignée de Naomi, que le Tout-Puissant ramène les mains vides dans le pays natal, Ruth la Moabite répond par cette phrase d'une implorante humilité : Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi, qui prépare, ainsi qu'un prélude murmurant, l'ampleur d'orgue de la strophe incomparable : Où tu iras, j'irai...

    Jamais aucun sanglot d'amour n'égala cette ferveur ni cette abnégation. Le poème de l'amitié surpasse ici le poème de l'amour. C'est l'albe dévouement, la passion blanche. Et cette tendresse s'étend jusqu'au tombeau : Où tu mourras, je mourrai, et j'y serai enterrée.

    Naomi, dont le nom signifie beauté, douceur, sois honorée pour l'amitié que tu inspiras à ta bru, et que célébrèrent ainsi les vierges d'Israël :

    « … Ta belle-fille qui t'aime... elle qui vaut mieux pour toi que sept fils... »

 

 

 

Crédit photo : Ary Scheffer,"Naomi et Ruth", cette peinture se trouve dans l'église de Notre-Dame, domaine public, no 4. 

 

 

    En vérité, le Livre de Ruth est l'apothéose de l'amitié magnanime. L'amitié, fusion chaste des âmes, neige fondue dans la neige... L'amitié, sanglot de cithares et parfum de violette...

    Croyez-moi, ô Naomis et Ruths de l'Avenir, ce qu'il y a de meilleur et de plus doux dans l'amour c'est l'amitié.

 

 

 

​​​***

 

 

 

Pour citer ce conte présenté de l'aïeule sur l'amitié

 

Renée Vivien, « Amitié féminine », extrait de VIVIEN, Renée (1877-1909),​​​​​​ La dame à la louve (1904) choisi, transcrit & brièvement présenté par Dina Sahyouni pour Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°11 | ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre »mis en ligne le 5 septembre 2022. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no11/vivien-amitiefeminine


 

 

 

Mise en page par Aude

 

 

© Tous droits réservés

 

Retour au sommaire du N°11​​

Repost0
9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 13:59

 

REVUE ORIENTALES (O) | N° 2 | Entretiens & Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | Entretiens artistiques, poétiques & féministes

 

 

 

 

 

 

 

 

Interview avec l'artiste-peintre

 

 

franco-haïtienne Élodie Barthélémy 

 

 

 

 

 

 

Propos recueillis par

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

Entrevue avec

Élodie Barthélémy

 

Artiste peintre franco-haïtienne

 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Élodie Barthélémy, "Fécondation in kwi", 1997.

 

 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Portrait photographique de l''artiste Élodie Barthélémy par Ould Mohand.

 

 

 

Élodie Barthélémy est artiste-peintre franco-haïtienne née en Colombie où son père français fut diplomate. Elle a une œuvre picturale foisonnante et ouverte sur le monde. Elle nous parle à cœur ouvert de son parcours d’artiste et de ses réalisations. 

 

 

 

 

MDC –  Élodie Barthélemy, parlez-moi de votre parcours en tant qu’artiste-peintre ?

 

EB – Cela fait presque quarante ans que j’ai pris ce chemin. Je l’ai choisi adolescente avec comme objectif premier de mener une quête qui me mènerait jusqu’à ma mort. La peinture me semblait être la voie la plus longue, ce qui augurait un gage de longévité, effet escompté.

Je ne me suis pas trompée, je suis encore très loin d’être peintre. Je me donne encore cinquante ans si la vie m’accompagne jusque-là.

J’ai commencé adolescente par les installations et le modelage, si je résume : le volume, l’espace et l’amour de la poésie : Rilke, Baudelaire, Rimbaud, Michaux, Césaire et les amis de mes parents Jean Métellus, Roberto Armijo.

Puis ce fut la peinture aux Beaux-Arts de Paris dont je suis diplômée.

Depuis j’explore différents médiums : les tissus appliqués, les assemblages, les installations, la gravure, la performance, les œuvres participatives, en revenant régulièrement à la peinture comme un nécessaire retour sur soi.

 

 

© ​​​​Crédit photo : Élodie Barthélémy, "Oliviers-Terre rouge", 2021. 

 

 

MDC – Votre technique de travail ? Les matières utilisées ? Bref tout ce qui relève de votre création artistique ? Vos sources d’inspiration ?

 

 

EB – Des lieux, matériaux et objets sont toujours à la source d’un travail. 

Un exemple de lieu ? J’ai séjourné pendant le confinement à Barjols, en Provence, où la terre de la garrigue est rouge. Cette couleur du sol qui m’entourait m’a connecté à différents lieux de ma connaissance en Haïti et au Honduras, à des souvenirs. Peindre sur le motif les oliviers croissant dans cette terre riche en bauxite échappait dès lors à une vision strictement locale et pittoresque. Cette perception en écho qui nourrit le sentiment de correspondance, de lien, d’union m’ancre dans le lieu et me permet d’y travailler durablement. J’y suis retournée à chaque saison.

Un exemple de matériau ? La calebasse. Avoir la rondeur de la calebasse entre les mains m’a amenée à explorer et partager les sensations et images liées à la grossesse afin de compenser une prise en charge hyper-technique et médicale de ce processus naturel. Ce travail m’a conduite à réinventer sans le savoir l’usage du masque ventral et à créer des impressions dont la matrice était des calebasses gravées dans l’exposition intitulée Fécondation in kwi en 1998.

Plus largement des lieux, des matériaux, des objets, peuvent faire surgir des rituels de passage : de la naissance à la mort en y incluant les chocs historiques et sociaux que l’on traverse ou dont nous sommes les héritiers.

Pour faire court :

Mes matériaux de prédilection sont : verre, terre, farine, calebasse, métal, tissu, fil, laine, racines, cheveux...

Les objets que j’affectionne : chapeaux, vêtements, paniers, chaises, bouteilles, outils…

Les rituels autour de l’enfantement, l’enfance, l’adolescence, la mort, le deuil, les ancêtres

Les problématiques liés à l’esclavage, les guerres, les migrations.

 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Élodie Barthélémy et Laurent Grisel "La grande bugade", 2021. 

 

 

 

MDC – Considérez-vous que les arts puissent revêtir un cachet féministe tout en évoquant le merveilleux ?

 

 

EB – Le féminisme passe dans mon travail par l’évocation physique de gestes immémoriaux de celle qui lave, celle qui cuit et celle qui coud, celle qui aide (la sage-femme) chers à l’ethnologue Yvonne Verdier. 

Une œuvre intitulée « Terre nourricière » entre en écho avec votre question.

Je l’ai créée à la suite du tremblement de terre de 2010 qui a ravagé Haïti, pays meurtri qui avait déjà connu des émeutes de la faim lors de la crise boursière des produits céréaliers en 2008. 

Il faut savoir pour comprendre ce qui suit qu’Haïti est ma terre maternelle. Ma mère est ma mère nourricière. Haïti est donc ma terre nourricière.

Mais au-delà de mon lien avec Haïti, la terre nourrit les vivants humains et non humains. 

Le merveilleux qu’évoque votre question est celui emprunt de réalisme magique qui m’a tant marquée dans Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez et qui rejaillissait sous une forme tragique dans un reportage télévisé d’une chaîne française : Manger de la terre dans un marché haïtien pour couper la faim. 

Mon installation présentée à la galerie Agnès B puis au Pavillon haïtien de la Biennale de Venise dans une exposition intitulée Haïti Royaume de ce monde, titre emprunté à Alejo Carpentier, prit la forme d’un banquet avec de nombreux plateaux couverts de victuailles. J’avais façonné des galettes de terre parsemées de dents. Le merveilleux ? Cette artiste, cette femme que je suis, celle qui foule la terre et la paille puis la pétrit pour transfigurer la douleur et la perte en aliment. Ainsi cette terre qui dévorait ses enfants nourrirait la terre entière. 


 

 

© ​​​​Crédit photo : Élodie Barthélémy, "Terre nourricière", 2011.

 

 

MDC – Quelle place faites-vous au féminin dans votre art ?

 

EB – Dans le Tao-tê-king, Lao-Tzeu calligraphie :

 

« L’Esprit du Val° ne meurt point

C’est le Mystérieux Féminin

l’huis du Mystérieux Féminin

Est racine de Ciel-et-Terre

Traînant comme une filandre à peine s’il existe

mais l’on y puisera sans jamais qu’il s’épuise

Et du ruisseau qui y coule. »

(Traduit par François Houang et Pierre Leyris)

 

Comme je l’ai évoqué précédemment, je fais beaucoup de places aux travaux auxquels les femmes sont assignées. Les gestes des lavandières, des couturières, des coiffeuses, ce qui relève du travail manuel dévolu aux femmes ont la part belle dans mon travail. Retrouver leurs gestes est ma façon de mettre en lumière le travail qu’elles accomplissent, en prenant soin de le sortir du cercle privé, en le partageant comme bien commun. 

Un exemple récent s’est déroulé lors du festival dédié à la poésie, à la performance et aux arts visuels des Eauditives en mai 2021, j’ai créé avec le poète Laurent Grisel la performance « La grande bugade : Lavons les avanies ! » autour du lavoir de la fontaine Saint Jean à Barjols. La grande bugade est le terme provençal pour la grande lessive qui permettait aux femmes d’écluser le gros du linge sale deux fois par an. Lors de notre performance participative, le public était invité à nous rappeler les expressions injurieuses de nos derniers présidents à l’égard du peuple. Nous les inscrivions sur des draps puis les lavions avec battoir, cendre, eau vive jusqu’à les sortir immaculés et essorés au son du chant repris par le public : Lavons, lavons les avanies ! Une sorte de catharsis sociale joyeuse par les bienfaits de l’eau. 

 

MDC – Est-il facile d’exister en tant que femme peintre par rapport aux peintres de l’autre sexe sur le marché de l’art ?

 

EB – Je constate avec satisfaction qu’il est plus facile aujourd’hui d’exister en tant que femme-artiste mais je dirai que cela vaut pour la génération qui m’a suivie. 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Élodie Barthélémy, "Entre deux ciels", Photographie par Anja Beutler, 2021. 

 

 

MDC – Peut-on considérer qu’il puisse exister une alliance entre l’art pictural et la poésie ?

 

 

EB – Une œuvre plastique peut prendre forme à partir d’un poème comme ce fut le cas quand je me suis éprise du célèbre poème « Se equivocó la paloma ». Ce poème écrit dans une période de grand désespoir par Rafael Alberti en 1941 à Paris, la guerre civile espagnole l’ayant contraint à l’exil, me procurait une sensation d’espace et d’improbable sérénité que je souhaitais partager. 

Nous étions entre deux confinements en 2020. 

La forme que j’ai trouvée est passée par l’interprétation de ce poème en LSF (Langue des Signes Française) commandée à la poétesse sourde Djenebou Bathily que j’ai filmée. Cette vidéo s’insérait dans une installation intitulée « Entre deux ciels » créée dans la cave d’une ancienne tannerie à Houdan, dans les Yvelines près de Paris. Elle répondait à un extrait de « Uruguay » de Jules Supervielle dont le livre ouvert était suspendu dans les airs, et dont on entendait la lecture enregistrée par le poète parlant Laurent Grisel. Cet extrait évoquait les nuages du ciel de la campagne uruguayenne qui sont comme des «animaux qui ne meurent jamais ». Cette cave accueillait le ciel bleui de la lune jouant avec un nuage calcifié, fossilisé surgissant du mur et le soleil métamorphosé en un cercle de livres irradiant de lumière chaude. Ces nuages qui ne meurent jamais peuvent évoquer tous ces poèmes, ces écrits, cette littérature qui nous maintiennent vivants et qui -pour ma part- m’ont éclairée pendant le confinement.

 

 

© ​​​​Crédit photo : Élodie Barthélémy et Laurent Grisel, "La grande bugade", 2, 2021.

 

 

 

MDC  – Vous avez eu une maman célèbre conteuse, quelles étaient vos relations avec elle ?

 

 

EB – Je l’ai présentée rapidement comme une mère nourricière. Elle est bien plus que cela. Mimi Barthélémy (1939 Port-Au-Prince 2013 Paris) était conteuse, chanteuse et comédienne, elle a écrit de nombreux recueils de contes, des spectacles et un roman. Elle a conté et chanté la littérature orale haïtienne partout en France, en Amérique latine et du Nord, à Cuba et ailleurs. J’ai eu la chance de travailler vingt ans à ses côtés comme scénographe de ses spectacles et illustratrice de certains de ses albums. Cela m’a permis de m’approcher de son soleil et d’être témoin de la conscience qu’elle avait de son rôle de conteuse et de l’importance de l’héritage qu’elle transmettait au public. J’ai reçu d’elle ce goût immodéré d’écouter les paroles qui vont à la source du vivant, des émotions, des sensations, des expériences fondamentales partagées, des archétypes du fond humain. Un bon terreau pour apprécier la poésie.

 

 

© ​​​​Crédit photo : Élodie Barthélémy, "Petites annonces", 1998.

 

 

© Maggy De Coster & Élodie Barthélémy.
 

_____

 

 

Pour citer ces entrevue, dessins inédits
 

 

Maggy De Coster, « Interview avec l'artiste-peintre franco-haïtienne Élodie Barthélémy »  dessins & photographies par Élodie Barthélémy & autres artistes, Revue Orientales, « Les voyageuses & leurs voyages réels & fictifs », n°2 & Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 9 mai 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no2/megalesia22/mdc-elodiebarthelemy

 

 

 

Mise en page par Aude

 

 

© Tous droits réservés

Retour au N°2▼ Lien à venir...

 

Retour à la table de Megalesia 2022​​

Repost0
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES ET REVUE ORIENTALES - dans Megalesia O-no2 Féminismes Muses et féminins en poésie
8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 17:05

 

REVUE ORIENTALES (O) | N° 2 | Entretiens & Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | Entretiens artistiques, poétiques & féministes

 

 

 

 

 

 

 

 

Rencontre avec Asuka Kazama :

 

 

une artiste peintre, plasticienne

 

 

& photographe japonaise

 

 

 

 

 

 

Propos recueillis par

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

Entrevue avec

Asuka Kazama

 

Artiste peintre, plasticienne & photographe japonaise

 

Site officiel : asukakazama.net

 

 

 

 

© ​​​​Crédit photo : L'artiste Asuka Kazama travaillant dehors. 

 

 

 

 

© ​​​​Crédit photo :   Le visuel de l'exposition en hommage aux Deux Magots de l'artiste Asuka Kazama 2017. 

 

 

 

Elle s’appelle Asuka Kazama, elle a étudié en France pour laquelle elle se passionne et a choisi d’y exercer son art.

 

 

© ​​​​Crédit photo :  L'artiste Asuka Kazama avec Madame Catherine Mathivat  en  hommage aux Deux Magots où elle a exposé en 2017. 

 

 

 

 

 

 

MDC –  Asuka Kazama parlez-moi de votre parcours en tant que artiste-peintre d’origine japonaise vivant en France ?

 


AK – Je suis née à Tokyo. Je dessine depuis l’âge d’un an. Mon rêve était de devenir peintre.

J'ai appris la calligraphie japonaise dès l’âge de sept ans et pendant neuf ans. Lors d’un premier voyage en France, j’ai ressenti quelque chose de très fort qui m'a poussé à y revenir. Depuis ces voyages en Europe, surtout en Italie et en France, la culture européenne m'a fascinée, surtout le cinéma, la littérature, la poésie sans oublier la musique occidentale qui me plaît toujours. J'ai fait mes études de français à la Faculté des Arts et des Lettres de Tokyo. Par la suite, j’ai continué à étudier le français à l'Institut franco-japonais de la même ville où j’ai travaillé dans une entreprise pendant quelques années. J'ai eu la chance de venir en France.  Là, j'ai fait mes études à L’École des Arts Déco de Strasbourg de la licence au Master et j’ai commencé à travailler au musée de la même ville en 2010 tout en étant étudiante. Je vis à Paris depuis 2017.


 

 

MDC –  Qu’en est-il de votre technique de travail ? Des matières utilisées ?
 

 

AK – Les matières utilisés sont diverses : je travaille à l’aquarelle (aquarelle japonaise, à la gouache, à l’acrylique, à l’encre, à l’huile, au feutre). Je travaille aussi sur du papier, de la toile. Je fais des collages, je prends beaucoup de photos. Les eaux naturelles, le hasard, les mémoires, les rêves, les rencontres, les émotions participent dans ma création artistique. Je représente symboliquement les humains dans ma peinture par des animaux comme c’est le cas dans la tradition japonaise, merci de voir mon site : asukakazama.net


 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Peinture sans titre de l'artiste Asuka Kazama. 

 

 

 

 

 

MDC – Quelles sont vos sources d’inspiration ?
 

AK – La vie quotidienne de Paris avec ses rues emblématiques, ses musées à Paris. La vie parisienne dans sa diversité avec les odeurs, les saveurs. J’aime aussi Strasbourg et ses musées. Chaque ville, chaque petit village a son charme incontournable. J’aime les propos de ces auteurs et chanteurs qui résument bien mon état d’esprit comme Victor Hugo qui avance : « je veux être Chateaubriand ou rien », ou Jacques Prévert : « Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment, comme nous, d'un si grand amour » ; Marivaux : « Nous qui sommes bornées en tout comment le sommes-nous si peu lorsqu'il s'agit de souffrir ? »



 

MDC – Quelle place faites-vous au féminin et au féminisme dans votre œuvre ?

 

AK – Il m’arrive d’exprimer les cris des femmes ou leur douceur en ligne abstraite, c'est très femme… J'adore les rondeurs depuis mon enfance. Mais j'aime aussi dessiner l'architecture même si ce n'est pas très féminin…

 

 

© ​​​​Crédit photo : "La colère de l'homme", 2021, peinture de l'artiste Asuka Kazama. 

 

 

 

 


 

MDC – Selon vous est-ce qu’il peut exister une alliance entre la peinture et la poésie ?
 

AK  – Bien sûr. Pour moi la poésie est fondamentale. Très jeune j’ai été nourrie de lectures poétiques diverses et variées qui m’ont sans doute inspirée et ont également influencé mon œuvre picturale d’une façon ou d’une autre.

 

 

 

 

MDC – Où peut-on voir vos œuvres ?

 

 

 

 

AK – Actuellement il est possible de voir mes œuvres et reproductions (en cartes postales) aux adresses suivantes :
Le Coin des Arts, 53 rue du Turenne 75003 (sur DEMANDE https://www.lecoindesarts.com/fr/artiste_kazama-asuka_192, voir ci-dessous) ; L'Encadrement vôtre, 3 rue Argenson 75008 (en vitrine) ; L'Encadrement Baxter, 15 rue du Dragon 75006 (sur demande) ; L’Écume des pages, 174 boulevard Saint-Germain 75006 (cartes postales sur place) ; Le cabinet médical Jean Richepin 75016 (sur rendez-vous avec l'artiste).

 

 

 

© ​​​​Crédit photo : "Une vache", 2013,  dessin de l'artiste Asuka Kazama. 

 

 

© Maggy De Coster, Asuka Kazama

 

 

____

 

 

Pour citer ces entrevue, dessins & photographies inédits
 

 

Maggy De Coster, « Rencontre avec Asuka Kazama : une artiste peintre, plasticienne et photographe japonaise » dessins & photographies par Asuka Kazama, Revue Orientales, « Les voyageuses & leurs voyages réels & fictifs », n°2 & Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 8 mai 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no2/megalesia22/mdc-asukakazama

 

 

 

Mise en page par Aude

 

 

© Tous droits réservés

Retour au N°2

Lien à venir...

 

Retour à la table de Megalesia 2022​​

Repost0
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES ET REVUE ORIENTALES - dans Megalesia O-no2 Féminismes Voyages
4 mai 2022 3 04 /05 /mai /2022 16:00

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | Réflexions féministes sur l'actualité | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages, etc.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le droit à l'avortement menacé

 

 

aux États-Unis !!!

 

 

 


 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

© Crédit photo : Image capturée des informations télévisuelles des manifestations des femmes aux États-Unis et fournie par la critique. 

 

 

 

Les photographies de femmes, vent debout, brandissant pour mot d'ordre « My body, my choice ! » nous ramènent à des images de lutte qui nous semblent d'un autre temps, celles des années 60/70 et pourtant le journal Politico vient de les publier ce 3 mai 2022 !

 

La Cour Suprême des États-Unis s'apprête à abroger l'arrêt de 1973 et à permettre ainsi à chaque État de décider d'interdire ou non l'accès à l'IVG. Ce serait là une véritable régression, l'abolition d'une liberté chèrement acquise par les féministes américaines...

 

Le journal Politico explique que la Cour Suprême a été totalement remaniée par Donald Trump qui y a fait entrer trois juges conservateurs nommés à vie, opposés à l'avortement. C'est ce journal qui vient de dévoiler la préparation d'une loi qui annulerait le droit à l'avortement.

 

Cette fuite sans précédent a déclenché des manifestations dans le pays auxquelles nous ne pouvons que nous associer en dénonçant la mise sous tutelle du corps des femmes par la Cour Suprême des États-Unis !

 

 

© Françoise Urban-Menninger

 

 

***

 

Pour citer ce texte féministe, engagé & inédit

 

​Françoise Urban-Menninger, « Le droit à l'avortement menacé aux États-Unis !!! », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 4 mai 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia22/fum-droitaavortement

 

 

 

 

Mise en page par David Simon

 

 

© Tous droits réservés

 

Retour à la table de Megalesia 2022

Repost0

Publications

 

Nouveau : 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES EST SUR INSTAGRAM

 

Info du 29 mars 2022.

 

Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.

Numéros réguliers | Numéros spéciaux| Lettre du Ppdm | Hors-Séries | Événements poétiques | Dictionnaires | Périodiques | Encyclopédie | ​​Notre sélection féministe de sites, blogues... à visiter 

 

Logodupanpandesmuses.fr ©Tous droits réservés

 CopyrightFrance.com

  ISSN = 2116-1046. Mentions légales

Rechercher

À La Une

  • 2022 | Un Bouquet Poétique pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles
    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES VOUS PRÉSENTE L'ÉVÉNEMENT POÉFÉMINISTE UN BOUQUET POÉTIQUE POUR TOUTES À L'ÉCOLE & LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FILLES ÉDITION 2022 QUI FÊTE LE 11 OCTOBRE 2022 LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FILLES CET ÉVÉNEMENT...
  • زواج القاصرات في بلاد الجهل
    Événements poétiques | Un Bouquet Poétique pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles 2022 & N°2 | REVUE ORIENTALES O| Varia زواج القاصرات في بلاد الجهل رنا علم / Rana Alam Crédit photo : Fille habillée en blanc, avril 2016,...
  • No 11 | ÉTÉ 2022
    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm) REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE & MULTILINGUE DE POÉSIE ENTRE THÉORIES & PRATIQUES N°11 | ÉTÉ 2022 PARFUMERIE POÉTIQUE OU PARFUMS, POÉSIE & GENRE © Crédit photo : Mariem Garaali Hadoussa,"Strange roses", tableau. SOMMAIRE...
  • N°11 | ÉTÉ 2022 | SOMMAIRE
    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm) REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE & MULTILINGUE DE POÉSIE ENTRE THÉORIES & PRATIQUES N°11 | ÉTÉ 2022 PARFUMERIE POÉTIQUE OU PARFUMS, POÉSIE & GENRE N°11 | SOMMAIRE EN COURS D'ÉDITION... © Crédit photo : Mariem Garaali Hadoussa,"Titre...
  • Sous le baobab, un livre…
    Événements poétiques | Un Bouquet Poétique pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles 2022 & N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Instant poétique en compagnie de... Sous le baobab, un livre… Mona Azzam Crédit photo : Boab, Commons. Chaque...
  • Fillettes dans l’abîme de l’ignorance !
    Événements poétiques | Un Bouquet Poétique pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles 2022 Fillettes dans l’abîme de l’ignorance ! Mokhtar El Amraoui Crédit photo : Filles afghanes en costume traditionnel, Commons. Loin de...
  • Biographie de Lea NAGY
    Biographie & publications disponibles numériquement Lea NAGY Jeune poétesse hongroise traduite en français par les Éditions du Cygne © Crédit photo : Portrait photographique Lea NAGY. Est une poétesse hongroise née en 2000 à Budapest. Elle a publié trois...
  • Le chaos en spectacle en extraits
    N°12 | Poémusique des femmes & genre | Dossier mineur | Florilège | Instant poétique avec... Le chaos en spectacle en extraits Poèmes de Lea Nagy Traduction du hongrois par Yann Caspar © Crédit photo : Portrait photographique Lea Nagy. Île Pas de bruit...
  • Lea Nagy, Le chaos en spectacle, préface de Patrice Kanozsai, traduction du hongrois par Yann Caspar, Éditions du Cygne, 2022, format A5, 67 pages, 10€
    N°12 | Poémusique des femmes & genre | Critique & réception Lea Nagy, Le chaos en spectacle préface de Patrice Kanozsai, traduction du hongrois par Yann Caspar Éditions du Cygne, 2022, format A5, 67 pages, 10€ Maggy de Coster Site personnel Le Manoir...
  • No 12 | AUTOMNE 2022
    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm) REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE & MULTILINGUE DE POÉSIE ENTRE THÉORIES & PRATIQUES N°12 | AUTOMNE 2022 UNE POÉMUSIQUE DES FEMMES & GENRE* Crédit photo : Anne Vallayer-Coster, "Instruments de musique". Tableau temporaire....