15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 09:19

 

1er colloque 2017                                                        Rubrique : Colloques en ligne

 

 

Quid de la poésie ?

 

Maggy de Coster

 

 

 

Depuis La Cantilène de Sainte Eulalie, premier texte littéraire français de 880, qui exhale les complaintes d'une martyre, la poésie française a fait du chemin. Du Moyen Âge à nos jours, elle a évolué dans la forme mais demeure l'expression des sentiments humains rythmés par la musique des mots, lesquels puisant leurs racines dans le vécu du poète.

 

La poésie, exprimant des situations observables de par sa morphologie, sa constitution, peut tendre vers l'abstraction. Elle rend compte également des faits tangibles, traduit le schéma affectif du poète, en ayant recours à des images qui peuvent se former par analogie ou par opposition ou contraste.

Ce sont autant d’éléments qui entrent dans son organisation et qui la distinguent d'une pensée prosaïque, somme toute concrète ou accessible au commun des mortels. À l'égard de ces derniers, le poète doit jouer le rôle d'éclaireur en ce sens qu'il leur dessille les yeux pour mieux appréhender le réel qui, tant de fois, leur paraît flou.

 

 

La poésie : un élan du cœur

 

« Quand la main écrit c’est le cœur qui parle et qui soupire » avance Musset. Donc, on écrit pour panser les morsures d’un vécu malheureux ou pour sublimer ou transmuter une souffrance en harmonies spirituelles par la musique des mots.

« Ah ! frappe-toi le cœur, là est la poésie ! » lance Victor Hugo. Cela dit, la poésie répond à un besoin de traduire les émotions de l’âme, les élans du cœur. Ainsi, le poète ne saurait se soustraire à cet appel venant du tréfonds de son être à des moments inattendus. « Les plus désespérés sont les chants les plus beaux / Et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots » s’exclame Musset. N’est-il pas vrai que certaines évocations douloureuses de l’existence nous font déboucher sur la voie royale de la poésie.

 

La poésie : une arme qui ne tue pas

 

Elle appelle plutôt à « changer la vie » comme l'avisait Rimbaud sans mettre en péril la vie des uns et des autres. Tantôt elle berce en remuant les sens, tantôt elle est comme un ferment qui porte à l'élévation, à la transcendance. Elle reflète les préoccupations du poète et lui octroie une place particulière dans la société, place au nom de laquelle il revendique ses droits : se fait entendre, se faire comprendre.

La poésie s’empare de vous, elle frappe à votre porte au moment le plus inattendu. L’on s’ouvre à elle et elle envahit votre espace vital en faisant corps avec votre personne. Elle peut vous solliciter le matin, au réveil, dans le silence de la nuit, dans des moments de contemplation ou à la suite d’une situation implacable qu’il faut dépasser en déversant son trop-plein intérieur en harmonies verbales, véritable chant de l’âme. Elle peut naître aussi d’un vide apparent puisque la nature a horreur du vide. Dans ce cas, elle se fait l’écho de votre inconscient. Elle peut aussi naître d’un élan de joie. Un rien ou un tout peut flatter l’inspiration jusqu’à donner naissance à un poème qui est le fruit de la sensibilité et de l’imaginaire du poète. Dans cette optique, il y a un conditionnement ou ce que je pourrais appeler « un état poétique qui est en rapport avec l’être en soi ».

La poésie dans sa diversité peut revêtir différentes fonctions : didactique, satirique, épique, lyrique, narrative... Par ailleurs, le poète dans sa quête perpétuelle de changement, peut impulser le sentiment de partage, qui va de pair avec la justice et le bonheur pour tous.

 

La poésie : porteuse d’idéaux

 

La poésie peut donner lieu à un cadre de réflexion, à savoir qu'elle est porteuse d'idéaux qui la mettent en confrontation avec la philosophie. À ce compte, elle est dispensatrice de bienfaits immatériels dans un monde trop matérialisé. Elle devient indispensable et Ionesco de convenir que : « Les poètes sont inutiles mais indispensables. »

Si la connaissance des formes classiques s'avère un passage obligé pour un poète, il n’en demeure pas moins que les préoccupations de ce dernier ne se résument pas qu’à l’art pour l’art. Ne pas négliger la valeur esthétique qui lui est un atout. C'est un credo juste. Néanmoins, il est louable que le poète se penche sur la dictée de l'heure afin de retranscrire ou traduire pour tout un chacun les Vérités qui s'imposent. La poésie est événementielle, dans ce cas, elle prend la forme d'un chant qui s'entend dans tous les champs.

La poésie est un concert de mots dont participent le réel et l'imaginaire. la compréhension de la poésie ou du discours poétique s'éloigne de celle du langage courant. De ce fait, le poème se décline en musicalité, en sonorité, en rythmique et en images qui lui confèrent une morphologie propre.

 

La poésie : un don qui se cultive

 

Et pour cause, la valeur d'un texte poétique se mesure par le degré d'émotions déclenchées à sa lecture, par le transport causé, grâce à la cadence des mots et enfin par la poussée d'admiration suscitée chez l'auditeur, eu égard à sa qualité esthétique. Ainsi, disons que la poésie est un don qui se cultive avant de s'installer durablement comme un comportement voire une manière d'être, de se connaître et de s'appliquer. Elle incarne le sens des réalités auxquelles nous sommes assujettis. Elle est la vague qui berce nos tympans et caresse nos cœurs. Elle est aussi la pulsion qui s'éveille en nous quand tout nous déchante. Elle est certes, cet élan d'humanité qui entraîne les incompris, les illuminés, les maudits, les voyants comme Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Lautréamont et bien d'autres, à tout chambarder pour donner l'alerte, pour faire éclore un règne nouveau.

 

Qu’en est-il du vrai poète ?

 

Il se doit d’assurer la transmission des valeurs en images réelles capables de produire un effet sur les sensibilités. C’est un éclaireur dont le flambeau (la plume) doit élucider les réalités tangibles. Il doit pouvoir se démarquer des bâtisseurs d’inepties en opposant son refus de la contre-vérité poétique. Dans cet ordre de pensée, la poésie en tant que manifestation du schéma intrinsèque du poète, répond à une nécessité, un impératif et ne peut nullement se situer dans un contexte de préfabrication de la pensée intellectuelle.

Disons pour finir, que nul ne saurait anéantir cette force (un cadeau de la nature à l’égal de la Vie) qui fait se mouvoir les poètes. On a martyrisé les poètes comme Lorca, Chénier..., pour leurs idées. On les a marginalisés et jetés dans l'oubli pour les ressusciter à la veille de leur mort physique (comme c'est le cas de Rimbaud) et les immortaliser mais on ne réussira jamais à engloutir cette citadelle fortifiée qu'est la poésie, laquelle a su traverser tous les siècles. Honni soit qui mal y pense !

 

 

***

Pour citer ce texte

Maggy de Coster, « Quid de la poésie ? », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : 1er colloque international & multilingue de la SIÉFÉGP sur « Ce que les femmes pensent de la poésie :  les théoriciennes de la poésie », mis en ligne le 15 janvier 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/quid.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Colloque en ligne
7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 11:00

 

Les éditions de la SIÉFÉGP Pan des muses et le périodique Le Pan poétique des muses sont très heureuses de vous annoncer la parution de leur ouvrage

 

1 | NUMÉRO SPÉCIAL  2016

 

Des hommes en poésie

 

Invitée Nelly SANCHEZ

 

coordonné par la rédaction du Ppdm de Grenoble

 

© 1ère et 4ème de couverture illustrée par Gordan ĆOSIĆ et Nelly SANCHEZ (photo non actuelle)

 

Coll. OPS, 29, 70 cm x 21 cm. In-Plano, broché, 26 TTC ISSN 2492-0487

 

Numéro paru le 31 décembre 2016 &

 

en vente chez la SIÉFÉGP dès le 24 janvier 2017*

 

* Ce numéro (comme le Hors-SÉRIE) ne peut pas être vendu avant pour une raison d'organisation interne à la SIÉFÉGP. Merci de votre compréhension !

 

***

Pour citer ce texte

LPpdm, « 1 | NUMÉRO SPÉCIAL 2016 ; "Des hommes en poésie", coordonné par la rédaction du Ppdm de Grenoble », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 7 janvier 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/hommes.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 09:17

 

Les éditions de la SIÉFÉGP Pan des muses et le périodique Le Pan poétique des muses sont très heureuses de vous annoncer la parution de leur ouvrage

 

N°2 HORS-SÉRIE | HIVER 2016

 

Enfances en poésie

 

Avec Mona GAMAL EL DINE & Paul TOJEAN

 

coordonné par Nelly SAHYOUNI-TAZA

 

 

© 1ère de couverture du HORS-SÉRIE N°2 illustrée par © Gordan ĆOSIĆ, Night-day-4, 2016

 

Présentation de louvrage

 

« Toutes les grandes personnes ont dabord été des enfants. »

(Antoine de Saint-Exupéry, Le petit prince)

 

« Enfances en poésie » porte sur les traces de lenfance en nous par le biais de la présence des femmes et/ou du féminin au sein dun art empreint des couleurs de lenfance et de sa pureté réelle et/ou imaginaire... Des fables antiques aux poètes morts jeunes comme Rimbaud en passant par la rose du petit prince et des sons du tam-tam de la négritude, des univers poétiques et artistiques souvrent à nous, en nous. On définit les poètes depuis des siècles en les qualifiant déternels enfants, de rêveurs et de perturbateurs de lordre établi dans la société. Cependant, il n’y a pas plus de Peter Pan, dilluminés et de fées Clochette chez les poètes que chez les autres. Les poètes sont souvent des empêcheurs de tourner en rond, des personnes qui ont gardé au creux de leur être un imaginaire vif et un cœur démiurgique. Les poètes sont les enfants de leur temps, mais aussi de tous les temps et de tous les arts. Comme les saltimbanques et les bohémiens, leur cœur est sans cesse offert en poèmes au lectorat. Lenfance représente aussi la légèreté, linsouciance et la liberté [...] Ainsi, quelques aspects des univers poétiques et variés de lenfance, y compris en art, sont explorés ici pour redonner à notre monde terni par les guerres et les violences ses saveurs dantan et ses puissances magiques qui nous portent à rêvasser, à sémerveiller et à retrouver tout simplement lesprit candide, désinvolte, révolté, curieux et étonné de lenfance. Il sagit donc de parler des enfances de lâme revisitées par les universitaires, les poètes et les artistes. Ce plaidoyer pour la poésie des enfances de l’âme est celui de l’amour de la poésie et de ses lectorats. […] Les termes « enfance », « poésie » et « négritude » sont féminins et à ce titre de grâce, au féminin et aux femmes, ce numéro est dédié. .Bonne lecture !

Dina SAHYOUNI

Éditrice scientifique

Nelly SAHYOUNI-TAZA est universitaire syrienne, co-fondatrice de la revue féministe Le Pan poétique des muses et membre de lunité de recherche indépendante de la SIÉFÉGP. Elle a déjà travaillé sur le merveilleux et les contes de fées. Depuis quelques années, elle s’intéresse aux études des femmes en poésie.

 

Ont contribué à ce numéro : Mona GAMAL EL DINE, Paul TOJEAN, Emmanuel TOH BI, Maggy de COSTER, Aurélie-Ondine MENNINGER, Claude MENNINGER, François TÉRROG, Sarah MOSTREL, Vivian OSHAUGHNESSY, Nancy MANOCHERIAN, Françoise URBAN-MENNINGER, Camille AUBAUDE, Zohra SEDIRA, Trihn LO, Laure DELAUNAY, Gordan ĆOSIĆ, Huguette BERTRAND, Sandrine DAVIN, Aude COURTIEL, Tatiana DEBELJAČKI, Ciela ASAD, Jérôme AVIRON, Mario PORTILLO, Marceline DESBORDES-VALMORE, Carole CLOTIS, Khalid EL MORABETHI, Frèd BLANC, Nelly SAHYOUNI-TAZA & Dina SAHYOUNI.

 

 

Coll. OPS, 29, 70 cm x 21 cm. In-Plano,

broché, 104 p., 28 TTC

ISSN 2492-0487

 

Sommaire

© Photographie prise par LPpdm

 

Numéro paru le 30 décembre 2016 &

en vente chez la SIÉFÉGP dès le 12 janvier 2017

 

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Dans la même collection & le même périodique :

2015 : Le Pan poétique des muses ; « Identités genrées en poésie », numéro spécial 2014-2015, avec les invités Claude BER, Éric GUILLOT & Pierre LE PILLOUËR, coordonné par Dina SAHYOUNI (sous le nom de plume d’Anna PERENNA)

2016 : Le Pan poétique des muses ; « Tant de Philomèles en ce monde ! » & « Muses & Poètes. Poésie, Femmes & Genre », n°4 | Hiver 2015-2016, sous la direction de Camille AUBAUDE

 

Fiche technique :

Titre : N°2 | HORS-SERIE 2016 ; "Enfances en poésie"

Éditrice scientifique : Nelly SAHYOUNI-TAZA

Ouvrage collectif : Mona GAMAL EL DINE, Paul TOJEAN, Emmanuel TOH BI, Maggy de COSTER, Aurélie-Ondine MENNINGER, Claude MENNINGER, François TÉRROG, Sarah MOSTREL, Vivian OSHAUGHNESSY, Nancy MANOCHERIAN, Françoise URBAN-MENNINGER, Camille AUBAUDE, Zohra SEDIRA, Trihn LO, Laure DELAUNAY, Gordan ĆOSIĆ, Huguette BERTRAND, Sandrine DAVIN, Aude COURTIEL, Tatiana DEBELJAČKI, Ciela ASAD, Jérôme AVIRON, Mario PORTILLO, Marceline DESBORDES-VALMORE, Carole CLOTIS, Khalid EL MORABETHI, Frèd BLANC, Nelly SAHYOUNI-TAZA & Dina SAHYOUNI.

Iconographies : Claude MENNINGER, Sarah MOSTREL, Gordan ĆOSIĆ & Carole CLOTIS.

Image de couverture : Gordan ĆOSIĆ, Night-day 4, 2016

Éditions : Pan des muses, Éditions de la SIÉFÉGP

Collection : Ops

Date de parution : 30 décembre 2016

Imprimé en France, à Grenoble

Dimensions : 29,70 cm x 21 cm

Format : in-plano

Nombre de pages : 104 p.

Impression en noir, blanc avec des pages en couleur

Reliure : broché dos carré collé.

Langues : français avec des pages en anglais & espagnol

ISSN 2492-0487

Prix de vente : 28 € TTC

2 € de frais d'emballage et de port pour un exemplaire en France métropolitaine.

Merci d'ajouter 1 € par exemplaires supplémentaire commandé.  À partir de 4 exemplaires, les frais de port deviennent ceux d'un colis (merci de nous contacter).

Prix de vente de la version électronique (format PDF) livrée sur CD : 20 € TTC (emballage et frais de port inclus en France métropolitaine) & 15 € TTC (transmission par courriel)

Diffusion en France & dans les autres pays par l’Association SIÉFÉGP & la revue LPpdm

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES est un périodique édité par l’Association Société Internationale d’Études des Femmes et d’Études de Genre en Poésie (sigle SIÉFÉGP) à but non lucratif.

 

Nous remercions les personnes qui contribuent à la réussite, à la diffusion et à l'existence de nos structures ou qui nous soutiennent en ligne :

 

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N°2 | HORS-SÉRIE  2016   Enfances en poésie

 

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Pour citer ce texte

LPpdm, « N°2 | HORS-SÉRIE 2016 ; "Enfances en poésie", coordonné par Nelly SAHYOUNI-TAZA », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 30 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/12/taza.html

 

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Mis à jour en février 2017

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 13:58

 

Annonce de parution

 

Les éditions Pan des muses vous annoncent la parution de leur

 

SEMAINIER DES MUSES (SDM)

JOURNAL ANTHOLOGIQUE, FÉMINISTE,

INTERNATIONAL & MULTILINGUE DE POÉSIE

N° 9 | DÉCEMBRE 2016 dédié à la poésie de

Frédérique GUÉTAT-LIVIANI

 

Dix poèmes sur

 

Les femmes

 

 

© Couverture du SDM n°9 illustrée par 

Lecture à la Minute Gallery Cotignac, photographie par Évelyne RENAULT, 2015  

 

Le Semainier des muses est le premier périodique paritaire en poésie

© Image de couverture : Lecture à la Minute Gallery Cotignac, photographie par Évelyne RENAULT, 2015 reproduite en niveaux de gris.

Frédérique GUÉTAT-LIVIANI est née à Grenoble. Après avoir étudié à l’école des Beaux-Arts d’Avignon, elle est venue à Marseille pour s’occuper de la Galerie Tore, lieu d’art contemporain créé par des artistes, dans un appartement, non loin de la Canebière. Puis en 1988, avec quelques amis, artistes et poètes, ils ont mis en chantier Intime Conviction, non-lieu de création artistique. Au bout de sept ans de réflexion, les éditions Fidel Anthelme X sont nées, toujours au bord de la Méditerranée. Dans l’espace de la poésie, elle essaie d’occuper un autre lieu, ni pour, ni contre le livre, juste à côté. Elle fait également des installations qui parlent du langage, écrit des textes qu’elle construit comme des images. Elle n’est ni de la caste des poètes, ni de celle des artistes, cette impureté la rend plutôt joyeuse. Des extraits d’« espèce » ont dernièrement paru dans le premier numéro d’Iris & Mêtis messagères bleues des muses.

 

© Image de couverture : Lecture à la Minute Gallery Cotignac, photographie par Évelyne RENAULT, 2015 reproduite en niveaux de gris.

© Grenoble, Éditions Pan des muses de la SIÉFÉGP, coll. Ops, 2016, 8 p., 3,50 € TTC (frais de port inclus pour 1 exemplaire). Merci d'ajouter 0,50 € par exemplaire supplémentaire. ISSN : 2494-2901.

 

© Sommaire du SDM n°9


Fiche technique


Dimensions du journal déplié : 29,70 cm x 21 cm. Format : livret plié, pli roulé. Nombre de pages : 8 p. Reliure : livret agrafé. Langue : français. Impression en noir blanc, couverture imprimée sur papier bleu. Prix : 3,50 € TTC (frais de transport inclus pour un exemplaire). Prix du livret électronique (format PDF) livré par courriel : 2,00 € TTC. Suivre le journal SDM & la SIÉFÉGP sur http://www.pandesmuses.fr & http://www.facebook.com/siefegp

 

En vente dès le 26 décembre chez la SIÉFÉGP

Avis de parution NO8 DECEMBRE 2016.pdf

***

 

Régie publicitaire, partenariats & service abonnement : SDM, Pan des muses, Éditions de la SIÉFÉGP. 24 rue Lucien Andrieux. 38100 Grenoble, France, dina.sahyouni@pandesmuses.fr / cyril.bontron@pandesmuses.fr

Abonnement en France métropolitaine de 12 numéros imprimés pour une personne physique : 42,00 € (frais de transport inclus) pour une personne morale : 62,00 € (frais de transport inclus)

Abonnement pour le reste du monde de 12 numéros imprimés (hors frais de transport) : 52,00 € pour une personne physique & 72,00 € pour une personne morale. Merci de nous contacter. Abonnement de 12 numéros numériques (format PDF) livrés par courriel : 24,00 € TTC pour une personne physique & 40,00 € TTC pour une personne morale

 

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Pour citer ce texte

LPpdm, « Semainier des muses ; Frédérique GUÉTAT-LIVIANI, « Les femmes », N°9, Décembre 2016 aux éditions Pan des muses, coll. Ops, 2016, 3,50 € », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 22 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/femmes.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 09:26

 

Annonce de parution

 

Les éditions Pan des muses vous annoncent la parution de leur

 

SEMAINIER DES MUSES (SDM)

JOURNAL ANTHOLOGIQUE, FÉMINISTE,

INTERNATIONAL & MULTILINGUE DE POÉSIE

N° 8 | NOVEMBRE 2016 dédié à la poésie de

Mario PORTILLO

 

Sept poèmes espagnols traduits en français sur

 

Toi & Moi

le 24 décembre 2016

 

© Couverture du SDM n°8 illustrée par une photographie de Mario PORTILLO par Alma MARTÍNEZ.

 

 

Le Semainier des muses est le premier périodique paritaire en poésie

 

Mario PORTILLO, (né au Mexique en 1989) est poète, dramaturge, directeur-producteur cinématographique de « Voilà Films » et cinéaste indépendant. Il est également un collaborateur constant de la revue Le Pan poétique des muses (sigle LPpdm). En maîtrise de Création Littéraire à lUniversité Autonome de la ville de Mexcio/Mexique (UACM en espagnol), campus Cuautepec, Mario Portillo a obtenu le premier prix au Concours Estudiantin de Poésie de lUACM – Cuautepec de 2010. Depuis, il a lu ses poèmes au Forum Art et Poésie, à la librairie « Le Pendule » (première librairie au Mexique), à la table de poésie et à la Foire Internationale du Livre du Palais du Travail des mines (33ème édition). Une partie de son œuvre poétique a été publiée aux revues littéraires de plusieurs pays (Mexique, Chili, Venezuela, Argentine, Espagne et France). Mario Portillo a déjà publié deux recueils de poésie Te chercher pour me trouver en 2012 et Uniquement pour tes yeux en 2013. Formé en études de lart cinématographique à la Maison de la France au Mexique. En mai 2015, en communion avec La Maison de Méliès (Projet Audiovisuel et Culturel de la France au Mexique), il a écrit, dirigé et produit son premier court-métrage intitulé Une même lumière pour deux réverbères. Site officiel : poeteverset.wix.com/marioportillo.

 

Les poèmes de ce numéro ont été traduits en français par Mario PORTILLO & Aurélie-Ondine MENNINGER.

© Image de couverture : Mario PORTILLO par Alma MARTÍNEZ.

© Grenoble, Éditions Pan des muses de la SIÉFÉGP, coll. Ops, 2016, 8 p., 3,50 € TTC (frais de port inclus pour 1 exemplaire). Merci d'ajouter 0,50 € par exemplaire supplémentaire. ISSN : 2494-2901.

 

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Fiche technique


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Pour citer ce texte

LPpdm, «  Semainier des muses ;  Mario PORTILLO, « Toi & moi », N°8, Novembre 2016 aux éditions Pan des muses, coll. Ops, 2016, 3,50 € », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 22 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/toi.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 09:38

 

Compte rendu

 

Parution imprimée dans le hors-série 2016

 

 

« Violences sexuelles contre les femmes :

 

une réalité encore taboue »

 

Le colloque du 22 novembre 2016 à Strasbourg

 

 

Françoise Urban-Menninger

Membre de la revue LPpdm et de la SIEFEGP

Responsable de la rubrique Lettres & Arts

Blog officiel : L'heure du poème

Photographies par Claude Menninger

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger

À l’heure de la remise en question du droit à l’IVG et de l’interdiction faite aux femmes d’entrer dans des cafés « réservés aux hommes », la septième édition du colloque strasbourgeois organisé par l’Eurométropole et dédié aux « Violences sexuelles contre les femmes : une réalité encore taboue » trouve plus que jamais sa justification s’il en fallait encore une !


 

Roland Riess, le maire de Strasbourg qui a ouvert ce colloque l’a bien compris en faisant référence à la proposition de loi turque visant à dépénaliser le viol ! Heureusement, on apprenait dans la même journée le rejet de cette loi grâce aux manifestations massives en Turquie contre ce projet inique.


 

L’écrivaine Isabelle Alonso, militante engagée, n’a cessé au cours de son intervention de marteler une vérité première : « Nous vivons dans une société patriarcale » et ceci depuis la nuit des temps...Tout est dit !

Cette réalité planétaire se perpétue dans le non-dit, sans qu’on la nomme, « Elle crève les yeux à en devenir invisible », a-t-elle affirmé.

Ainsi « Les Droits de l’Homme » énoncés en 1789 ne comprennent pas « Les Droits des Femmes », le mot « Fraternité » en témoigne. Quant au « suffrage universel », il ne vise que les hommes, soit 50 % de la population jusqu’en 1944, date à laquelle les femmes obtiennent enfin le droit de vote !

Le vocabulaire n’est pas neutre, il est travaillé par l’inconscient collectif patriarcal...Un homme parlera de « sa femme » à l’instar d’un bien tel « sa voiture », « son chien »… Les violences commises à l’encontre des femmes sont minorées et citées dans les faits divers ! L’expression « se faire violer » est une manière subtile de rendre active celle qui a été agressée sexuellement !

 

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
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© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger

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Marie-France Casalis, porte-parole de l’association « Collectif féministe contre le viol », a poursuivi sur ce thème évoquant le nombre effarant de viols enregistré (quand une plainte est déposée), à savoir 124000/an.

Là aussi, le vocabulaire est révélateur ! « Une femme avoue avoir été violée » ou « avoir été abusée sexuellement », autant de termes qui visent à créer l’impunité pour les violeurs.

Pour Marie-France Casalis, il est vital de « libérer la parole » c’est la seule possibilité pour les femmes qui ont été violées de pouvoir se reconstruire.


 

Claudine Legardinier, journaliste et auteure, spécialiste des questions de prostitution, a réaffirmé que celle-ci n’est autre que « l’emblème du patriarcat et du capitalisme ». Le silence assourdissant qui entoure la prostitution illustre cette violence dont « l’inceste est le terreau de prédilection ». Claudine Legardinier informa en outre son auditoire de l’ouverture de « cafés pipes » en Suisse où la pornographie prospère, fit un point sur « l’accompagnement sexuel des handicapés » qu’elle considère comme une autre forme de prostitution. Pour conclure, elle dénonça encore une fois le silence des autorités quant à la prostitution, cette « violence ordinaire » qui n’est autre que « le lieu de la réaffirmation de l’identité masculine ».


 

Anna Matteoli, juriste au Centre d’Information sur les Droits des Femmes, a abordé le problème de la difficile frontière juridique entre « le devoir conjugal » et « le viol conjugal ». Là encore, la société patriarcale, le code civil napoléonien ou le droit canonique ont formaté les esprits et les lois. Ne parle-t-on pas de « communauté de lit », de ce que « la femme est donnée à l’homme » ?

Balzac lui-même préconisait « de ne pas aborder le mariage par un viol » !

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger

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La psychanalyste Catherine Gillet, elle aussi, a relevé l’importance du langage et du poids des mots dans l’appréhension et la compréhension des souffrances d’une femme violée. Elle n’utilise en aucun cas le terme de « victime » qui est une « étiquette limitative » mais celui de « personne » pour désigner la femme violée ou violentée. Seul le sujet détient la clé de sa « reconstruction », « une fable collective ne peut en aucun cas remplacer la vérité personnelle du sujet », a déclaré Catherine Gillet.


 

Myriam Cayemittes, psychiatre et présidente de l’Association Parole sans Frontière, a développé l’horrible thématique du viol utilisé comme outil de guerre en évoquant les 150000 femmes violées au Rwanda et ses conséquences, à savoir les grossesses non désirées, la mise au ban de la société, la perte d’identité de la femme en déshérence… Et d’élargir la liste des crimes de guerre à l’encontre des femmes tels la stérilisation forcée, les femmes enlevées et considérées comme des « butins de guerre », l’esclavage sexuel etc.


 

Une interview d’Yvette Roudy enregistrée le 13 septembre 2016 a clos cette journée exceptionnelle, voire essentielle tant les acquis des droits des femmes sont aujourd’hui menacés. L’ancienne Ministre aux Droits des femmes a rappelé que « Le degré de démocratie d’un pays se mesure à l’aune des droits des femmes ».

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger

 

Ce colloque a été richement illustré par Valérie Leroy, Éloïse Rey, Amina Bouajila. L’ensemble Voy’elles et la chorale Olympe, ont éclairé cette journée en interprétant avec humour, sous le signe de la « sororité », « Cell-Block Tango » et entonné avec une ferveur contagieuse « L’hymne des Femmes » qui a réchauffé les cœurs de tous les participants qui ont joint leurs voix à l’unisson pour reprendre le refrain :


 

« Reconnaissons-nous, les femmes

Parlons-nous, regardons-nous,

Ensemble, on nous opprime, les femmes

Ensemble, Révoltons-nous ! »

 

***

Pour citer ce compte rendu

Françoise Urban-Menninger, « "Violences sexuelles contre les femmes : une réalité encore taboue". Le colloque du 22 novembre 2016 à Strasbourg », photographies du colloque par Claude Menninger, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 16 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/colloque.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 10:41

 

Article du numéro spécial 2015-2016

Parution imprimée le 31 décembre 2016

 

 

D’homme à homme :

 

réflexions sur l’influence mallarménne chez Paul Valéry

 

 

 

Ange-Valéry Kouassi Kouakou

Assistant (Enseignant-chercheur)

Département de Lettres Modernes Université Alassane Ouattara

 

 

Résumé

 

L’intérêt de cette étude est de démontrer que l’esthétique de Paul Valéry n’est ni le prolongement, ni l’actualisation de la poétique mallarméenne. Pendant longtemps, Valéry a été présenté par la critique comme le disciple naturel de Mallarmé. Penser cela cependant, reviendrait à nier l’une des caractéristiques fondamentales de ce poète, à savoir son orgueil. Un orgueil surdimensionné qui marquera son originalité et qui jamais ne lui fera « courber l’échine » face à un autre, encore moins face à Mallarmé. L’influence pourtant qu’il subit, et qui se développe paradoxalement dans un contexte d’admiration et de confrontation, nous renseigne si besoin est encore sur la nature foncière du lien qui les unit, un courtois mais radical désaccord.

 

Mots clés : Poétique, esthétique, influence, langage, opposition, admiration.

 

Abstract

The interest of this study is to demonstrate that the esthetics of Paul Valéry is neither the continuation, nor the updating of the Mallarmé ‘s poetics. For a long time, Valéry was presented by the criticism as the natural follower of Mallarmé. To think it however, would mean denying one of the fundamental characteristics of this poet, his pride. An oversize pride which will mark its originality and which never submit him in front of an other one, even less front of Mallarmé. The influence nevertheless that he undergoes, and which is paradoxically developed in a context of admiration and confrontation, still informs us if need be about the nature of the link which harms them, a courteous but radical disagreement.

Keywords : Poetics, esthetics, influence, language, opposition, admiration.

 

 

Introduction

 

Paul Valéry est une icône de la Littérature française qui n’est plus à présenter. Il fait, en effet, partie de cette catégorie de penseurs, qui ont marqué, transformé, et redynamisé la créativité littéraire au cours de ces dernières décennies. L’œuvre immense qu’il a produite, et qu’on peut décomposer sans vacuité, en critiques, notes, essais et poésie, est le témoignage incontestable d’une conscience en quête de dépassement et de pureté. Valéry, non sans raisons, a travaillé à l’élaboration d’une théorie intellectualiste de la poésie, basée sur un épurement du langage. Il est parvenu, au bout d’un long processus, à greffer à ce genre, le sens d’une rigueur martiale, qui fait de l’art poétique un véritable travail d’orfèvre. « Valéry réduit la poésie à sa pure essence. […], elle répond bien à sa volonté d’exclure de ses vers ce qui est le propre de la prose : narration, description, amplification oratoire, prédication morale ou sociale ».1

Une telle vision de la poésie n’est pas sans en rappeler une autre, celle notamment de Mallarmé, qui souligne que le poète doit purifier le langage afin de créer un nouveau monde fait d’essences. Pour ce dernier en effet,

 

La poésie est essentiellement un art du langage, et c’est en grande partie pour avoir posé ce problème qu’il a été revendiqué comme précurseur de certaines théories contemporaines sur la linguistique et sur la littérature, surtout celles qui soutiennent que la littérature ne renvoie qu’à elle-même2.

 

La recherche de ce monde essentiel, qui rompt avec l’élan et l’exaltation romantique de la première moitié du XIXe siècle, cristallise à elle seule tout le pendant des réflexions sur la sublimation du vers, par une volonté de restructurer le langage.

 

On note ainsi un rapprochement entre les aspirations de Mallarmé et celles de Valéry, ou disons plutôt, un certain arrimage de la poétique valéryenne à celle de Mallarmé. L’objectif de la présente étude n’est donc pas de démontrer l’existence d’une interaction entre les deux poètes ; mais nous voulons de manière spécifique, à partir de l’analyse de leur poétique, sonder la profondeur de cette relation, car en l’espèce leurs rapports semblent paradoxalement s’éloigner de ceux du Maître et de l’élève. Quelle a donc été la nature exacte de leur lien ? Et comment une telle expérience a-t-elle impacté la poétique valéryenne ? C’est à ces interrogations que nous tenterons de répondre en nous fondant sur la critique thématique et l’autobiographie des deux poètes.

I – Le modèle mallarméen ou la poétique de la maturité

 

On ne saurait mener cette étude, sans avoir au préalable une idée bien ficelée de l’esthétique mallarméenne. Ce poète est, en effet, assez particulier. Au terme d’une longue et éprouvante crise spirituelle, il faisait cette déclaration : « J’ai fait une assez longue descente au Néant pour pouvoir parler avec certitude. Il n’y a que la Beauté – et elle n’a qu’une expression parfaite, la poésie » 3. Par ces paroles, Mallarmé annonçait une transformation radicale, à la fois de sa personnalité et de sa poétique, qui allait faire de lui, le « Sage » des célèbres « mardis », dont la sapience sera hautement appréciée par l’élite littéraire française et même européenne.

Le Mallarmé de la maturité, nourri aux principes hégéliens de l’évolution de l’esprit, affichait, en effet, une parfaite sérénité et une inébranlable certitude, qui laissent un aperçu réaliste du travail réalisé sur sa personne et du renouvellement esthétique qui s’en suit :

 

Mallarmé abandonne après 1875, les grandes régions du lyrisme personnel et la mythologie du poète maudit, accablé d’un côté par la platitude du monde et de l’autre par l’implacable ironie de l’Azur inaccessible. Cette singularité tient à plusieurs traits dont ses poésies post-parnassiennes sont porteuses et qui, associés, traduisent non seulement une démarche poétique spécifique, mais aussi une représentation singulière des relations que cette démarche entretient avec son champ social d’exercice.4

 

Mallarmé, de fait, se pose comme l’archétype de cette poésie hautement spirituelle, qui renvoie de lui l’image d’un « poète retranché du monde, prêtre et prophète à la fois d’une révélation poétique, voué à la seule contemplation de symboles évanescents »5.

Au gré des influences tous azimuts, des lectures et des rencontres, le poète « De l’éternel Azur / …impuissant qui maudit son génie / À travers un désert stérile de Douleurs »6, se détache de l’être qu’il était, de cette partie de lui, « reçu par imprégnation dans un premier milieu de socialisation esthétique, le Parnasse, pour faire advenir […] un autre poète et, […] une conception alternative et durable de l’expérience poétique »7. Sa poésie ainsi se dépersonnalise contrairement aux productions antérieures à 1875, elle est plus rigide, plus condensée, et donc plus hermétique.

 

Plus de longs poèmes ni d’amples déclamations exprimant l’insurmontable conflit du poète et du monde, mais des textes brefs, à formes fixes et gouvernés par une sorte d’énonciation blanche, froide, distancié, où le je renverra davantage à une fonction textuelle qu’à la personnalité ou aux émotions du poète 8.

 

Par l’adoption ou la mise en pratique de ce type d’écriture, il opte ostensiblement pour une vision figurative de l’écriture. Le langage n’est plus de façon inconditionnelle un moyen de transmettre un contenu ou un message donné, il devient symphonie, « insolite vaisseau d’inanité sonore »9. Le poème Un Coup de dé jamais n’abolira le hasard en est une parfaite illustration, avec ses dispositions plus qu’originales, ses décalages, son absence de ponctuation, ses blancs et surtout la lecture aléatoire qu’il impose, et qui en l’espèce semble dissoudre toute tentative d’uniformisation du sens.

 

JAMAIS

QUAND BIEN MÊME LANCE DANS DES CIRCONSTANCES

ÉTERNELLES

DU FOND D’UN NAUFRAGE

SOIT

que

l’Abîme

blanchi

étale

furieux

sous une inclinaison

plane désespérément

d’aile

la sienne

par avance retombée d’un mal à dresser le vol

et couvrant les jaillissements coupant au ras les bonds  […]10

 

© Crédit photo : image prise par LPpdm pour respecter la mise en page du poème cité.

 

Ainsi, on voit à travers cette analyse introductive que Mallarmé n’est plus celui qu’il était. Sa perception poétique a évolué. « À la tradition de l’énonciation claire et directe, […] chère à Boileau et à ses successeurs, Mallarmé opposait la poétique de l’allusion, de la présentation oblique, de la suggestion, du mystère »11. En un sens, son ambition se résume à l’« explication orphique de la terre »12, ambition qui tout bonnement s’insère dans le projet d’une vie (celui du Livre Suprême), et qui devient pour le poète, le devoir littéraire par excellence. Cette capacité à se transcender est sûrement ce qui a capté l’attention de Valéry et qui l’a conduit dans les entrelacs de la pensée mallarméenne.

II – Mallarmé, l’adversaire admiré

 

C’est en 1892, soit six années avant la disparition de Mallarmé, que ce dernier fait la rencontre de Valéry. Et comme on peut aisément le deviner, Mallarmé est déjà sur le déclin, pendant que Valéry est en pleine évolution. C’est une période charnière pour le jeune Valéry en lutte contre une certaine vision de la poésie, une lutte contre la littérature et ses idoles. Pour Valéry, Mallarmé dans ce contexte fait figure d’«épouvantail » à abattre :

 

J’ai connu Mallarmé […] au moment même où je guillotinais intérieurement la littérature.

J’ai adoré cet homme extraordinaire dans le temps même que j’y voyais la seule tête – hors de prix ! – à couper pour décapiter toute Rome.13

 

L’aveu de Valéry est pour le moins explicite, il ne s’en prend pas à la personne de Mallarmé, mais à la figure qu’il représente. Le constat d’une littérature décevante s’accompagne d’une dose de méfiance à l’égard de ses représentants. Et l’attitude première du jeune Valéry en présence de Mallarmé, pendant les fameux mardis, est assez parlante. Il est méfiant et reste sur ses gardes ; mais au-delà de cette attitude défensive, on ne peut s’empêcher de noter un fond d’admiration « j’ai adoré cet homme extraordinaire ». Ainsi, Mallarmé devient pour Valéry, une sorte d’oreille attentive, d’interlocuteur privilégié, de père spirituel14, avec qui il enchaine les discussions. Dans le fond, les deux poètes se prennent d’une estime réciproque, quoique pour Valéry l’essentiel soit ailleurs, c’est-à-dire dans la volonté de s’affirmer et donc de se démarquer :

 

J’ai été frappé par Mallarmé. J’ai admiré – de loin.

Je l’ai aimé – Je l’ai pensé. J’ai senti et développé ma différence.

J’ai cherché en quoi ce qu’il pouvait, ce qu’il voulait se distinguait de ce que je voulais, pouvais – s’y opposait.

J’ai aussi essayé de deviner non seulement sa pensée – impersonnelle mais ses sentiments – Je l’ai vu créant un genre nouveau et singulier –.15

 

En fixant le point sur ce qui constitue sa différence, Valéry ne révèle pas moins l’importance qu’il accorde à l’édification de son moi, élément focal d’un orgueil en plein essor. « Il faut, souligne t-il, observer les grands hommes à la lumière de leur orgueil et du nôtre »16. Dans cette confrontation idéologique où l’orgueil de l’un se retrouve à se mesurer à celui de l’autre, l’ambition du poète devient l’instrument par lequel il projette sa grandeur. Et Valéry n’hésite pas à se mettre sur le même piédestal que Mallarmé en évoquant, par exemple, une approche tout à fait différente de la littérature.

 

En dehors de l’inépuisable admiration, émerveillement, amour que son art excitait, je me sentais conduit par là - non loin de lui – car il était finalement obligé de donner – plus ou moins précairement et artificiellement à la littérature, une valeur que je ne pouvais lui accorder, ne pouvant y voir qu’une application particulière17

 

Ainsi, Valéry n’est pas dans la logique du disciple vis-à-vis de Mallarmé quoique lui témoignant un grand attachement ; un attachement qui sera plus que manifeste à l’annonce de la disparition de ce dernier. La mort de Mallarmé le plonge, en effet, dans une sorte de mutisme poétique ; dialogue interrompu, inachevé, questions en suspend, autant de raisons qui semblent accentuer son désarroi tel qu’il l’explique à Gide :

 

Cela me soulagera un peu d’écrire, car il y a trois nuits que je ne dors plus, que je pleure comme un enfant et que j’étouffe. Enfin, j’ai perdu l’homme que j’aimais le plus au monde et, de toute façon, pour mes sentiments et ma manière de penser, rien ne le remplacera. Je m’étais habitué avec lui à une familiarité absolument filiale sur ses propres indications. Puis il comprenait toute sorte de pensée, et mes écarts les plus singuliers trouvaient en lui « précédent » et au besoin un appui – opinions mises à part. Tout cela est irréparable18.

 

La perte de Mallarmé constitue, pour de nombreux spécialistes, une étape fondamentale dans le devenir de la création Valéryenne. En un sens, l’auteur des Cahiers fait montre d’une émotivité, et d’une sensibilité qu’on ne lui connaissait pas, et par laquelle on relève une volonté de pérenniser la mémoire de Mallarmé :

 

J’ai de ton pur esprit bu le feu le plus beau

Je serai le tombeau

de ton ombre pensive

[…]

Mon âme de ton âme est le vivant tombeau19

 

Un paradoxe semble toutefois se dégager de cette déclaration. En même temps qu’il a le souci de marquer sa différence et donc d’ouvrir sa propre voie, Valéry s’identifie au « pur esprit » mallarméen et à sa pensée. À y voir de plus près, il n’a pas tord de le dire. Les thématiques mallarméennes qu’il reprend à son compte, ne serais-ce que dans son attitude, nous parlent. Celle de la solitude est par exemple assez présente, solitude méditative, constructive. On sait combien de fois ces profondes introspections, périodes de réflexion et de quête de soi, ont marqué Valéry, et ce jusqu’aux fondements de son système :

 

Loin du monde, je vis tout seul comme un ermite

Enfermé dans mon cœur mieux que dans un tombeau.

Je raffine mon goût du bizarre et du beau,

Dans la sérénité d’un rêve sans limite.

 

Car mon esprit, avec un art toujours nouveau,

Sait s’illusionner – quand un désir l’irrite.

L’hallucination merveilleuse l’habite

Et je jouis sans fin de mon propre cerveau.20

 

Pendant de nombreuses années, Valéry, aux premières lueurs du jour, a cultivé cette solitude en matérialisant sur près de vingt huit mille feuillets, la quintessence de sa pensée. C’est ce qu’il rassemblera plus tard et qu’on connaitra sous le nom des Cahiers.

L’évocation de la solitude s’accompagne aussi de celle du silence, attitude hautement appréciée par Mallarmé et reprise par l’auteur des Cahiers. En entrant chez Mallarmé, nous dit A. Gide, « on trouvait là d’abord un grand silence ; à la porte tous les bruits de la rue mouraient… »21. Mallarmé avait un amour du détail poussé à l’extrême et qui pourrait expliquer la présence assez récurrente, chez lui, de ces périodes de silence qui pouvaient aller jusqu’à un quart d’heure ; comme s’il profitait de ces moments pour réajuster, « aiguiser » sa pensée, lui donner encore plus d’allant. En l’espèce, Valéry n’agit pas autrement ; mais il va plus loin en établissant une corrélation entre silence et absence ; « SILENCE, mon Silence… ABSENCE, mon absence… »22. De plus, la période qui suit la mort de Mallarmé, voit s’installer chez lui un silence que beaucoup verront comme un hommage rendu à l’homme. S’il est vrai qu’il se mura, pendant plusieurs années, dans une quasi improductivité poétique, il n’en demeure pas moins que cette période lui a permis de se renforcer et surtout d’asseoir une esthétique de la pureté. Alors peut-on, sans risque de se tromper, au regard des rapprochements certains, au plan comportemental, mais aussi au plan de la thématique, parler d’une pure relation de Maitre à élève entre Mallarmé et Valéry, surtout à partir de l’analyse même de leur production ?

III – D’Hérodiate à La Jeune Parque : loriginalité valéryenne

 

Valéry a subi de la part de Mallarmé et de sa poétique, une attraction qu’on ne peut balayer du revers de la main. Mais son retour à la poésie après plusieurs années de silence vient confirmer la profonde différence qui les sépare, différence qui était déjà palpable bien avant la mort de Mallarmé. Dans les faits, l’évolution amorcée depuis la nuit de Gènes23et consolidée par les expériences diverses dont celle de Mallarmé, lui a permis de se singulariser. Il passe d’une approche poétique essentiellement fondée sur l’intellect avec le personnage testien auquel on l’assimile24, à l’adoption de la sensibilité ou de la sensation pure :

 

La sensation pure et simple est le réel, et rien d’autre ne l’est. J’ai froid. J’ai chaud. J’ai mal. J’ai peur. Noter que le « je » est essentiel. C’est ce qui est plus fort que moi.25

Je me repais ici de sensations… je les recueille et je les chasse et je les décompose en moi…26

Le réel, c’est la sensation. Car c’est cela que rien ne peut annuler27

 

La différence avec Mallarmé se voit d’emblée, dans la perception du « réel », qui chez Valéry renvoie à « la sensation pure », alors que chez Mallarmé le réel n’est que l’apanage du beau. Ces deux approches « sensation » et « beauté » sont emblématiques ; et même si elles ne reflètent pas de façon exhaustive l’ensemble de leurs œuvres, elles permettent d’aiguiller celles qu’on considère comme les plus symboliques à savoir Hérodiade et l’Après midi d’un faune chez Mallarmé et La Jeune Parque chez Valéry. En établissant par exemple un parallèle entre Hérodiade et La Jeune Parque, l’impression d’une réadaptation du poème mallarméen semble latente ; comme si Valéry s’en était inspiré pour sa Parque.

Hérodiade est composé de cent trente quatre alexandrins en rimes plates, comme pour illustrer la quiétude continue, le sentiment de tranquillité, d’apaisement qui se dégage du Mallarmé de la maturité. Le personnage tiré de la Bible et réactualisé par le poète, est le symbole d’une virginité toute hautaine, une « pureté farouche » :

 

J’aime l’horreur d’être vierge et je veux

Vivre parmi l’effroi que me font mes cheveux

Pour, le soir, retirée en ma couche, reptile

Inviolé, sentir en la chair inutile

Le froid scintillement de ta pâle clarté,

Toi qui te meurt, toi qui brûles de chasteté

[…]28

 

Cette pureté clamée n’est pas sans rappeler celle de La Jeune Parque, et la coïncidence est pour le moins troublante même si on ne peut évoquer chez Valéry, une reprise subrogatoire du thème de la pureté, qui constituerait un passage de flambeau entre les deux poètes. Mais plus encore, on peut être intrigué par toute l’attention que met Hérodiade dans la contemplation de sa beauté devant le miroir, une scène qui nous ramène au Narcisse valéryen contemplant inlassablement sa propre image.

Au demeurant, Mallarmé formule avec Hérodiade, une théorie poétique qui consiste à « donner les impressions les plus étranges, certes, mais sans que le lecteur n’oublie […] une minute la jouissance que lui procurera la beauté du poème »29. Et il y est parvenu en dépit du caractère inachevé du poème ; « Hérodiade était en effet pour lui le symbole de la Beauté dans la première phase d’un développement triadique, allant de l’innocence, par l’expérience, jusqu’à une sérénité finale où les deux fusionneraient en une synthèse suprême »30. Lorsque qu’il parle de : / sœur solitaire / ô ma sœur éternelle / Mon rêve montera vers toi /31, Mallarmé fait préfigurer un autre monde, une autre dimension qui fait abstraction du réel. Un constat qu’Hugo Friedrich met ici en évidence :

 

L’imagination poétique (chez Mallarmé) n’est pas une reproduction idéalisante, mais une déformation du réel. […] L’unité de l’activité artistique et de la réflexion sur l’art se justifie, chez lui, dans une pensée dont l’objet principal est l’être en soi et de son rapport avec la langue.32

 

Cette primauté accordée au langage, également mise en avant par Valéry, participe de la structuration chez lui des poèmes antérieurs. Mais au-delà de l’intérêt pour le langage pur, le point de convergence paraît moins net. Là où Mallarmé fait une part belle à la recherche du « beau », lui se laisse choir dans les profondeurs de la sensibilité. Le paradoxe est encore plus grand lorsque de nombreux exégètes, au nombre desquels figure Jean Hytier33, font de Valéry le disciple et légitime successeur de Mallarmé alors que les deux poètes empruntent des voies différentes. Non pas que Valéry ne soit pas un adepte du beau ou de la beauté, puisqu’il considère qu’« un très beau vers est un élément très pur de poésie »34, mais surtout parce qu’il est obnubilé par l’idée de marquer sa différence. Son approche dans ce contexte est bicamérale ; d’une part il ne suit pas Mallarmé dans ce qu’on pourrait appeler sa logique impersonnelle, ensuite il s’inscrit dans l’idée de se laisser porter par la vague de sensations qui le submerge, après le quasi échec de son expérience de l’intellect. Bien évidemment, La Jeune Parque en est la parfaite illustration. Il est difficile de comprendre le poème sans l’adjoindre ou sans le loger, chez Valéry, dans un processus de transformation ou de construction de soi. L’élaboration du poème qui s’est faite sur quatre années, peut être comparée chez Mallarmé à cette période de crise profonde qui l’a vu se métamorphoser. Mais là n’est pas tant la question puisque nous sommes dans l’optique d’une confirmation ou non de l’ajustement en profondeur de la poétique valéryenne sur celle de Mallarmé. Et de ce point de vue, la prédominance de la « Sensibilité », symbole du retour valéryen à la poésie, et gage d’une maturité acquise, nous parle à plus d’un titre. Suivons le long aveu qu’il fait dans ce sens et qui retrace cette ascèse poético-spirituelle :

 

Je me livrais, depuis 1892, à des pensées et à des problèmes toujours plus éloignés de la poésie et même de toute littérature praticable. Plus j’allais, plus j’étais sûr, sans y songer, de ne revenir jamais à l’exercice des lettres. J’accumulais seulement des notes ou idées, mais si diverses, et si libres de toute intention de les utiliser, que la seule pensée de les reprendre et d’en faire quelque ouvrage, me paraissait absurde. […]

La guerre vint. Je perdis ma liberté intérieure. Spéculer me parut honteux, ou me devint impossible. Et je voyais bien que toutes mes réflexions sur les évènements étaient vaines ou sottes. L’angoisse, les prévisions inutiles, le sentiment de l’impuissance me dévoraient sans fruit. C’est alors que l’idée en moi naquit de me contraindre, à mes heures de loisir, à une tâche illimitée, soumise à d’étroites conditions formelles. Je m’imposai de faire des vers, de ceux qui sont chargés de chaines. […].

Je l’ai fait dans l’anxiété, et à demi mot contre elle. J’avais fini par me suggérer que j’accomplissais un devoir, que je rendais un culte à quelque chose en perdition. […]. Il n’y avait aucune sérénité en moi…35

 

Il est indéniable que la survenance de la guerre ait eu un impact sur le retour à la poésie, et ait participé à la résurgence d’une écriture bâtie sur le mode longtemps dédaigné de la sensibilité. Cette optique, au demeurant, préfigure déjà une grande différenciation avec Mallarmé. Mais elle se veut encore plus nette lorsque nous mettons en parallèle leurs deux états d’esprit. L’attitude sapientiale, faite de sérénité,  qui accompagne le premier, fait place chez le second, à un profond sentiment d’anxiété qui sera le socle de La Jeune Parque.

La différence avec Hérodiade est palpable, puisque Valéry ajoute à son œuvre une tension supplémentaire par laquelle l’imminence de la mort fait accroître la volonté de vivre et surtout le besoin d’expérimenter le désir dans sa plénitude. La Parque paraît déboussolée : « […] à demi morte ; et peut être, à demi // Immortelle, rêvant que le futur lui-même // Ne fût qu’un diamant formant le diadème »36. La force d’écriture que dégage Valéry, permet à son art poétique d’accéder à une dimension non atteinte jusque là. Avec ce poème, il met la sensibilité à la base de toute son activité mentale37.

Il faut de plus, et toujours dans l’optique de la mise en parallèle d’Hérodiade et de La Jeune Parque, évoquer la musicalité qui les soutient, comme si Valéry dans le sillon de Mallarmé, avait cette ambition de faire du langage poétique un chant. Un chant qui dirait la beauté du poème (nous pensons ici à Mallarmé) et qui serait par ricochet, le symbole valéryen d’un exercice d’élaboration poussé à l’extrême. Mais là où le premier fait prévaloir l’inspiration poétique, le second parle lui de « fabrication », d’« extraction » pure de vers, avec cette haute contrainte qu’exige une œuvre de qualité. On ne le soulignera jamais assez, Valéry a exalté chez Mallarmé « le pouvoir verbal de combiner, pour quelque fin suprême, les idées qui naissent des mots »38, ce qui le conduit à user du langage à sa guise, en partant de formes dont l’agencement, souvent complexe et incompréhensible, permet d’aboutir au sens. Le passage qui suit, et qui annonce l’éventualité de la mort de La Jeune Parque, peut être apprécié dans ce contexte :

 

[…]

De l’âme les apprêts sous la tempe calmée,

Ma mort, enfant secrète et déjà si formée,

Et vous, divins dégoûts qui me donniez l’essor,

Chastes éloignements des lustres de mon sort,

Ne fûtes-vous, ferveur, qu’une noble durée ?

Nulle jamais des dieux plus près aventurée

N’osa peindre à son front leur souffle ravisseur,

Et de la nuit parfaite implorant l’épaisseur,

Prétendre par la lèvre au suprême murmure.

[…]39

 

Le sens, on le constate, se dessine difficilement dans l’enchainement des mots ; mais de leur association se dégage un chant mélodieux. Ainsi, l’« encordage » avec Mallarmé, pour employer le vocabulaire marin, est un peu plus précis; même si un esprit aussi « rebelle » et aussi libertaire que celui de Valéry ne saurait s’en accommoder. La justification d’une telle attitude se trouve dans une lettre adressée à André Gide, datant de Novembre 1894 : « Te rappelles-tu : je te disais abandonner les idées que j’avais, dès que d’autres me semblaient les avoir. C’est toujours vrai. Je veux être maître chez moi »40. À travers une telle exigence, Valéry montre que l’une des seules manières, pour lui, de subir une influence, c’est dans l’opposition ou dans la prise de distance envers les positions qui se rapprocheraient des siennes. On comprend mieux alors l’influence mallarméenne, qui se fait sur fond d’opposition.

Georges Morin nous l’explique clairement lorsqu’il évoque la contradiction fondamentale entre les deux hommes41. À la question « À quoi sert la poésie ? », la position de Mallarmé est sans ambiguïté, à rien d’utile. Sa grandeur repose sur son caractère non pratique ; alors que pour Valéry, elle est d’une utilité indéniable42 puisqu’elle « agit sur nous »43. Deux points de vue donc qu’on ne peut véritablement concilier44, et qui certainement tiennent du mystère qui unit les deux poètes.

 

Conclusion

On retiendra ainsi au terme de notre réflexion que Mallarmé, de par son aura et de par sa grandeur poétique, a été une véritable source d’inspiration pour le monde de la littérature et notamment pour Valéry. Ni trop proches, ni trop éloignés, la relation entre les deux hommes s’est forgée dans un jeu d’« attraction-répulsion », d’« admiration-opposition », surtout pour le plus jeune qui y trouvera matière à évolution. Mais qu’on ne s’y trompe pas, jamais Valéry, surtout pas celui de la maturité, ne revendiquera un quelconque arrimage de sa poétique à celle de Mallarmé, et encore moins ne se présentera en disciple comme beaucoup le pensent. Valéry, même s’il a subi, étant jeune, l’influence de Mallarmé, comme ce fut le cas avec Huysmans ou Edgard Poe, a construit et préservé une certaine indépendance qui a permis à son œuvre de s’assumer pleinement, et de ne pas être le prolongement d’une autre. Et comme pourrait conclure Valéry, « Le puissant esprit… bat sa propre monnaie »45.

Bibliographie

DURAND, Pascal, De Duchamp à Mallarmé : Formalisme esthétique et formalité sociale, Paris, Publications de la Sorbonne, 2001.

GIDE, André, Prétextes, Paris, Mercure de France, 1919.

GIFFORD, Paul, Paul Valéry, Le Dialogue des choses divines, Paris, Corti, 1989.

HYTIER, Jean, La poétique de Valéry, Paris, Armand Colin, 1970.

HUGO, Friedrich, Structure de la poésie moderne, Paris, Le livre de poche, 1999.

MALLARMÉ, Stéphane, Poésies, Paris, Flammarion, 1989 ; Sonnet allégorique de lui-même, Œuvres Complètes, t. I, Paris, Gallimard, 1998.

MORIN, Georges, Sept poètes et le langage, Paris, Gallimard, 1992.

VALÉRY, Paul, Album de vers anciens, Paris, Nouvelle Revue Française, 1933 ; La Jeune Parque, Paris, Gallimard, 1974.

 

 

Notes

 
1 Robert Monestier, « Notice » sur Charmes, Paris, Librairie Larousse, 1975, p. 19.
2 Lloyd James Austin, « Introduction », Poésies, Paris, Flammarion, 1989, p. 16.
3 Stéphane Mallarmé, Correspondance, Édition de B. Marchal, Gallimard, 1995, p. 243.
4 Pascal Durand, De Duchamp à Mallarmé : Formalisme esthétique et formalité sociale,

Paris, Publications de la Sorbonne, 2001, p. 35.
5  Ibid.
6 Stéphane Mallarmé, « L’Azur », Poésies, Paris, Flammarion, 1989, p. 59.
7 Pascal Durand, op.cit., p. 270.
8 Id., p. 35.
9 Stéphane Mallarmé, Sonnet allégorique de lui-même , Œuvres Complètes, t. I, Paris, 

Gallimard, 1998, p.131. 
10Id., Un Coup de dé…, Paris, NRF, 1914, p. 2,
11 Lloyd James Austin, « Introduction » , Poésies, op.cit., p. 15.
12 Stéphane Mallarmé, Correspondance II, op.cit., p. 301.

13 Lettre à A. Thibaudet, 10 mars 1913 [daté 1912] in Lettres à quelques-uns, coll. Blanche, Gallimard, 1952 ; réed. dans la coll. Imaginaire/Gallimard, 1987, p. 95. Les deux lettres de Valéry à Thibaudet (qui prépare un livre sur Mallarmé) reproduites dans le volume (pp. 93-100) font le point sur son rapport à Mallarmé, donne son témoignage et son analyse de sa relation personnelle avec le poète, mais aussi de la place que Mallarmé a tenue auprès de jeunes et de moins jeunes « littérateurs » d’abord admiratifs, mais dominés et in fine préférant se précipiter à toutes les latrines du troupeau » (p. 99). Un brouillon de la lettre datée du 10 mars 1913, contenant le passage cité, se trouve dans le Cahier K 1913 (in vol. 4, éd. facs du CNRS des Cahiers, p. 911, passage cité dans l’anthologie des Cahiers, Bibl. de la Pléiade, 1973, T.I, p. 60). Rappelons que Valéry n’est pas un ami de Thibaudet, mais que leurs rapports sont empreints d’une profonde considération.

14 Paul Gifford présente Mallarmé comme « Le véritable père spirituel du projet de Valéry », Paul Valéry, Le Dialogue des choses divines, Paris, Corti, 1989, p. 266

15 Paul Valéry, Cahier XXVI, CNRS, 488 ; Pléiade, II, 1942, p. 1137.

16  Id., Cahier V, p. 205.
17 Id., Cahiers, éd. facs. CNRS, vol. 20, pp. 911-912.
18 Correspondances Gide-Valéry, Cahier XXVI, op.cit., p. 331-333.
19 Paul Valéry, Album de vers anciens, Paris, Éd. de la Nouvelle Revue Française, 1933, 
p. 146.
20 Ibid., « Solitude », p. 118.
21  André Gide, Prétextes, Paris, Mercure de France, 1919, p. 245.
22 Jean Levaillant, Préface à la Jeune Parque, Paris, Gallimard, 1974, p. 8.

23  La nuit du 04 au 05 Octobre 1892, marque chez Valéry le début d’une véritable crise existentielle, qui le conduira à l’abandon de toute littérature, de toute idée de poésie, pour se consacrer à ce qu’il a lui-même appelé « la vie de l’esprit ».

24 Valéry était assimilé à cette première création de jeunesse et à la puissance étonnante qu’il a mise dans ce personnage. Pendant les quelques vingt ans de son silence littéraire, jusqu’à la parution de la Jeune Parque, il ne fut guère connu que comme l’auteur de M. Teste. C’est pour cette raison surement que toute sa production littéraire ultérieure fut jugée sous l’éclairage de ce personnage, au point que la plupart des critiques ont cru pouvoir identifier Valéry à M. Teste, et le réduire ainsi à une intelligence froidement analytique, pure pensée ne participant en rien à la vie, esprit hautain, exclusif de toute sensibilité, raison orgueilleuse méprisant les voix du cœur.

25  Cahiers 29, p. 897.
26 Correspondance, avec G. Fourment, p. 67,
27 Cahiers 24, p. 347.
28 Stéphane Mallarmé, Hérodiade, Scène I, Poésies, op.cit., p.72.
29 Id., Correspondance I, op.cit. p.193.
30  Ibid., p. 246
31 Id., Hérodiade, Scène I, op.cit., p. 72,
32 Hugo Friedrich, Structure de la poésie moderne, Paris, Le livre de poche, 1999, p.134.
33  « Valéry a exalté chez son maître… » ; HYTIER, Jean, La poétique de Valéry, Paris, 

Armand Colin, 1970, p.83.
34 Paul Valéry, in Mélange, Paris, Gallimard, 1941, p. 161.
35 Id., Lettres à quelques-uns, Paris, Gallimard, 1952, p. 179.
36 Paul Valéry, La Jeune Parque, Paris, Gallimard, 1974, p. 24.

37 La référence à la sensibilité témoigne d’une « psychographie » de Valéry, ou plus précisément d’une conception personnelle du fonctionnement psychologique chez lui. Et en l’espèce, les écrits sont nombreux qui focalisent l’attention de Valéry sur l’état naturel d’incohérence et de dispersion de la sensibilité, chose qu’on ne retrouverait pas chez Mallarmé tant tout est « verrouillé » à dessein.

38 Stéphane Mallarmé, in Vues, Paris, La Table ronde, 1948, p. 185.
39 Paul Valéry, La Jeune Parque, op.cit., p. 31.
40 Correspondance Valéry-Gide du 10 Novembre 1894, in L’Arche, Octobre 1945, p. 22.
41 Georges Morin, Sept poètes et le langage, Paris, Gallimard, 1992, p. 32.
42 Ibid.
43 Paul Valéry, Œuvres, Pléiade, t.I, 1937, p. 432.

44  « Chez Mallarmé le Grand-Œuvre consistait à déchiffrer l’univers en le recomposant grâce à une alchimie du Verbe poétique qui devait rejoindre, à la limite de sa puissance, le Néant ou l’Idée, principe caché de tous les phénomènes. Le Livre consacrait ce que Valéry appelle à juste titre une tentative de « représenter le mystère de toute les choses par le mystère du langage ». Écartant cette métaphysique du langage et de l’acte poétique, Valéry fait du Moi le grimoire à déchiffrer et le Grand-Œuvre à faire. » Paul Gifford, Paul Valéry, Le Dialogue des choses divines, op.cit., p. 266.

45 Paul Valéry, Rhumbs, in Tel Quel, II, Paris, Gallimard, 1933, p. 85.

***

Biographie

Ange-Valéry Kouassi Kouakou est né en Côte d’Ivoire en 1979. Après de brillantes études universitaires, il obtient  une bourse du Gouvernement Français,qui le conduira à l’Université Blaise Pascal de Clermont Ferrand, où il soutient en 2013 une thèse de Doctorat en Littérature Française option poésie. Ses recherches sont essentiellement consacrées à l'analyse de la poétique de, Pierre Jean Jouve, Georges Bataille et Paul Valéry. Il est actuellement Enseignant-chercheur à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké.

 

Pour citer cet article

  

Ange-Valéry Kouassi Kouakou, «  D’homme à homme : réflexions sur l’influence mallarménne chez Paul Valéry », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 14 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/valery.html

 

© Tous droits réservés

 

 

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans Revue LPpdm Numéros
9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 11:42

 

Bémol artistique

Exposition

 

Happy holidays

 

Gordan Ćosić

 

Publication au numéro spécial imprimé 2015-2016

 

New year kisses

 

© Crédit photos : Gordan Ćosić, New year kisses, 2016.

 

 She lets me touch

 

© Crédit photo : Gordan Ćosić, She lets me touch, 2016.

 

Pour citer ce bémol

 
  

Gordan Ćosić, « Happy holidays », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 9 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/expo.html

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 08:53

 

 

Les éditions de la SIÉFÉGP Pan des muses et le périodique Le Pan poétique des muses sont très heureuses de vous annoncer la parution de leur ouvrage :

 

 

N°5 | Automne 2016

 

Imaginaire de la mer

 

ou figures de Téthys & ses sœurs

 

Textes réunis, traduits & présentés par Aurélie-Ondine MENNINGER

 


 

Présentation brève du numéro 

 

Téthys, déesse grecque des puissances de la mer, vint la première suivie de ses sœurs, filles, femmes, enfants et vieilles âmes des eaux et toutes celles, ceux, qui hantent les profondeurs les plus intimes de nos êtres. Son nom jaillit tel un cri des entrailles de la mer. De l’autre côté de la mer, elle porte d’autres noms, elle est aussi Yémanja selon la mythologie Yoruba au Niger, à Cuba, au Brésil... Elle protège la vie, toute vêtue d’azur...

 

Éditrice scientifique :

 

Aurélie-Ondine MENNINGER est doctorante en Lettres et prépare actuellement une thèse sur la place du tango dans la littérature mondiale. Parallèlement, elle rédige des articles sur les expositions et les autres manifestations culturelles pour le journal bi-hebdomadaire Les Affiches-Moniteur. Elle a déjà publié deux recueils aux éditions Éditiner : Une virgule dans un sac de pierres (illustré par elle-même) et Lettres à Bleue.

 

Auteurs :

Guillermo BIANCHI, Yamil DORA, Dolores ETCHECOPAR, Laura GARCIA del CASTAÑO, Paula GIGLIO, Drazen KATUNARIC, Paul TOJEAN, Denise UGLIANO, Françoise URBAN-MENNINGER. Traductrice : Aurélie-Ondine MENNINGER. Iconographies : Claude MENNINGER, Andrea RICCARDI & Marcia SCHVARTZ. Couverture illustrée par Andrea RICCARDI.

© 1ère et 4ème de couverture du N°5 illustrée par A. Riccardi.

© 1ère et 4ème de couverture du N°5 illustrée par A. Riccardi.

© 1ère de couverture du N°5 illustrée par A. Riccardi. Coll. OPS, 29, 70 cm x 21 cm. In-Plano, broché, 56, p., 20 TTC ISSN 2492-0487

© 1ère de couverture du N°5 illustrée par A. Riccardi. Coll. OPS, 29, 70 cm x 21 cm. In-Plano, broché, 56, p., 20 TTC ISSN 2492-0487

© Sommaire du N°5

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Devise de la collection Ops : « Soyez libres comme les poètes. »

Dans la même collection & le même périodique :

2015 : Le Pan poétique des muses ; « Identités genrées en poésie », numéro spécial 2014-2015, avec les invités Claude BER, Éric GUILLOT & Pierre LE PILLOUËR, coordonné par Dina SAHYOUNI (sous le nom de plume d’Anna PERENNA)

2016 : Le Pan poétique des muses ; « Tant de Philomèles en ce monde ! » & « Muses & Poètes. Poésie, Femmes & Genre », n°4 | Hiver 2015-2016, sous la direction de Camille AUBAUDE

Fiche technique :

Titre : N°5 | Automne 2016 ; "Imaginaire de la mer ou figures de Téthys& ses sœurs",

Éditrice scientifique : textes réunis, traduits & présentés par Aurélie-Ondine MENNINGER

Ouvrage collectif  : Guillermo BIANCHI, Yamil DORA, Dolores ETCHECOPAR, Laura GARCIA del CASTAÑO, Paula GIGLIO, Drazen KATUNARIC, Paul TOJEAN, Denise UGLIANO, Françoise URBAN-MENNINGER.

Traductrice : Aurélie-Ondine MENNINGER.

Iconographies : Claude MENNINGER, Andrea RICCARDI & Marcia SCHVARTZ.

Image de couverture : dessin sans titre d’Andrea RICCARDI

Éditions : Pan des muses, Éditions de la SIÉFÉGP

Collection : Ops

Date de parution : novembre 2016

Imprimé en France, à Grenoble

Dimensions : 29,70 cm x 21 cm

Format : in-plano

Nombre de pages : 56 p.

Impression en noir, blanc avec des pages en couleur

Reliure : broché dos carré collé.

Langues : français, espagnol avec des passages et des titres en grec, latin, anglais, italien, etc.

ISSN 2492-0487

Prix de vente : 20 € TTC (emballage et frais de port inclus en France métropolitaine).

Prix de vente de la version électronique (format PDF) livrée sur CD : 15 € TTC (emballage et frais de port inclus en France métropolitaine) & 10 € TTC (transmission par courriel)

Diffusion en France & dans les autres pays par

l’Association SIÉFÉGP & la revue LPpdm

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES est un périodique édité par l’Association Société Internationale d’Études des Femmes et d’Études de Genre en Poésie (sigle SIÉFÉGP) à but non lucratif.

 

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Numéro paru le 30 novembre dernier &

 

en vente chez la SIÉFÉGP dès le 17 décembre 2016

 

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Pour citer ce texte

LPpdm , « N°5 | Automne 2016 ; " Imaginaire de la mer ou figures de Téthys & ses sœurs", textes réunis, traduits & présentés par Aurélie-Ondine MENNINGER », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 7 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/no5.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Revue LPpdm Numéros
5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 10:18

 

 

Bémol artistique

Exposition

 

Et si le jazz est la vie

 

en quelques photographies

 

Frèd Blanc

Site officielhttps://fredblanc.com/

 

© 4ème de couverture des éditions OUF

© Frèd Blanc, photographies du livre.
© Frèd Blanc, photographies du livre.
© Frèd Blanc, photographies du livre.
© Frèd Blanc, photographies du livre.
© Frèd Blanc, photographies du livre.
© Frèd Blanc, photographies du livre.
© Frèd Blanc, photographies du livre.
© Frèd Blanc, photographies du livre.
© Frèd Blanc, photographies du livre.

© Frèd Blanc, photographies du livre.

Entre les Promenades photographiques de Vendôme, la performance musicale et sonore

lors du 13e Sunday jazz loft et la création des 12 pœms/poèmes....

 

Voir la présentation officielle du livre par les éditions de OUF ci-dessous :

 

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Signature du livre Et si le jazz est la vie à la Libraire

 

Lamartine le 8 décembre de 19h à 21h30

 

118, rue de la Pompe 75016 Paris

 

Invitation aux portes ouvertes ce week-end à « l’atelier loft » à Paris de 14h30 à 18h, le 10 et 11 décembre, avec projection des 12 pœms/poèmes, autour d’un plateau de fromages et un verre de vin.

Pour ceux/celles qui veulent venir, merci d'écrire à fb@fredblanc.com. Voir aussi url : https://fredblanc.com/

 

 

 

Pour citer ce bémol

 
  

Frèd Blanc, « Et si le jazz est la vie en quelques photographies », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 5 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/jazz.html

 

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