15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 15:57

 

 

N°7 | Bémols artistiques

Avant-première

 

 

 

Jennifer Bush : une artiste de la Lumière *

 

 

 

Sylvain Josserand

 

Blog : http://sylvainjosserand.blogspot.fr

 

 

 

 

 

Jennifer Bush, alias JYM, est une peintre et une dessinatrice contemporaine anglaise et allemande née à Munich. Elle est diplômée du Camberwell Collège of Arts, l'un des six collèges prestigieux que constitue l'université des arts de Londres.

 

J'ai eu l'immense privilège de l'avoir comme professeur à l'école de préparation au diplôme de formateur en art plastique « Terre et feu » à Paris. Son geste en dessin est fort, vigoureux exprimant en quelques traits judicieusement agencés sur la feuille l'expression d'un corps. Femmes couchés et alanguies sans pour autant que l'on sente la domination d'un regard. Portraits suggérant des personnalités affirmées avec une part de vide existentiel. Des yeux pleins du questionnement sur notre propre finitude ?

 

 

Le dessin du nu

 

 

© Crédit photo : toile 1 de Jennifer Bush.

 

 

Les lignes dans ce nu traduisent bien le langage que je cherche entre maîtrise et lâcher-prise, de transcrire un moment de passage, de mouvement, dans les formes éternelles. Le modèle a pris une pose touchante. Je commence un dessin cherchant une correspondance par rapport à l'autre, cherchant des tensions à peine visibles sur la peau. Le fusain glisse sur le papier entre caresse et une énergie existentielle. Des copies j'ai fais après Raphaël m'ont beaucoup appris sur les lignes harmonieux qui se répondent. Le fusain permet de faire des marques très différentes, lignes dansantes, lignes lourdes, ombre ou lumière.

Jennifer Bush

 

 

En aquarelle, elle peint avec de la Lumière, s'inspirant de paysages simples et bucoliques sans pour autant les copier. Une forme de transcendance de la Nature avec ses zones d'ombres et de clarté : de la création à l'état pur !

 

 

Aquarelle

 

 

 

© Crédit photo : toile 2 de Jennifer Bush.

 

 

J'étais contente de cette aquarelle comme captant la lumière sur les rochers solides a permis le jeux entre l'éphémère et la continuité, la fluidité et la rigidité de la forme sous-jacente. Le côté plus épuré, abstrait me plaît. Pas tout dire, laisser place à la rêverie, les rochers de plage peuvent devenir des cimes sous la neige.....

Jennifer Bush

 

 

Ses œuvres à l'huile complètent cette recherche incessante de la Lumière, comme si tout ne se résumait qu'à scruter avec son pinceau les effets de l'étincelle des origines. Veut-elle nous signifier, qu'en tant que poussières d'étoiles, nous sommes partis de ce Grand tout mystérieux et indéfinissable ? Et qu'il convient de s'en accommoder malgré nous. Que l'intensité de sa couleur est plus forte que nos petites vanités humaines ? Une peinture à regarder avec les yeux du cœur pour mieux connaître sa propre nature.

 

 

Huile

 

 

© Crédit photo : toile 3 de Jennifer Bush.

 

J'ai choisi celle-ci pour l'atmosphère. Des taches de couleur qui deviennent des notes d'une chanson sur une baie avant la pluie.

Jennifer Bush

 

 

***

 

 

* En illustrations : trois productions de Jennifer Bush avec les commentaires de l’artiste en italique. Site de l’artiste : www.jym-art.com

 

***

Pour citer ce bémol

 

Sylvain Josserand, « Jennifer Bush : une artiste de la Lumière », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 15 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/jennifer-bush.html

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 11:17

 

Revue culturelle d'Orient & d'Afrique

 

 

 

Nouvelle zone qui célèbre l'Orient et l'Afrique en poésie

 

 

 

Regard sémiotique sur la peinture

 

 

 

intemporelle d’Ahmed Cherkaoui

 

 

 

Mustapha Saha

 

 

 

© Crédit photo : Portrait d’Ahmed Cherkaoui par Mustapha Saha,

peinture sur toile, dimensions : 100 x 81 cm.

 

 

 

Contexte

 

Le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain programme une exposition rétrospective pour décembre 2017, en hommage à Ahmed Cherkaoui à l’occasion du cinquantenaire anniversaire de son éclipse de ce monde. Je consacre à l’immortelle figure de proue de la peinture marocaine et planétaire un portrait, peinture sur toile grand format, et une analyse des ressorts esthétiques et des radicules philosophiques de son œuvre fondatrice.

 


***

 

 

Regard sémiotique sur la peinture intemporelle d’Ahmed Cherkaoui

 


 

 

 

En 1967, le peintre Ahmed Cherkaoui est terrassé par une maudite infection à l’âge de trente-deux ans. Foudroyé par le feu de la création comme s’il n’est passé sur terre que pour imprimer son message. « L’Ange bleu » s’exécute en présage. Un demi-siècle plus tard, sa peinture trace toujours son sillage. Formé dès l’enfance aux arts calligraphiques et, par atavisme, au soufisme, il perçoit lui-même sa vocation artistique comme une impérative prédestination. Il conçoit, pendant son expatriation parisienne, sa trajectoire comme mise à nu des modélisations acquises, récusation des facilités exquises, exploration d’impénétrables territoires. Il ressent d’emblée son embrasement visionnaire comme une révélation.

 

L’œuvre accomplie dans l’urgence de l’éternité fugitive, dans la fébrilité des fulgurances intuitives, dans l’intensité d’une vie pressentie transitive, n’est ni abstraite, ni ancienne, ni moderne. Il s’agit, bien au contraire, d’une œuvre-univers, perpétuant, dans sa symbolique transcendante, le signe de l’esprit et l’esprit du signe, puisant sa sève dans des racines incorruptibles pour féconder des frondaisons sans cesse reconvertibles. L’artiste hérite à la naissance de la mystique interrogative sur les mystères de l’existence, du serment prophétique de la connaissance, du calligramme énigmatique de la prescience. Les premières compositions, captations des glyphes séculaires, déclinées comme antiques papyrus, déroulent les fluctuations existentielles, les incertitudes torrentielles, les vacillations essentielles.

 

Le jeune artiste acquiert les règles classiques de la plastique occidentale, les titres de noblesse universitaire, la reconnaissance des galeries internationales. Il se détourne ex abrupto des chemins balisés, des écoles labellisées, des gratifications caramélisées. Sa terre natale regorge d’indices indécryptables, de permanences indatables, de rémanences transmutables.

L’ambitieuse recherche s’attaque d’emblée à l’inconnaissable du connaissable, l’invisible du visible, l’indiscernable du perceptible. Se prospecte l’interaction secrète entre techniques magiques et magie de l’art. Le travail en profondeur sur surfaces réduites traque les fissures, les invisibilités tangentes, les échappatoires indétectables. Les tentatives de pénétration des références héréditaires, cuirassées dans leur récursivité close, glissent aussitôt dans l’imprévisible. Les formes extensibles se recombinent avec malice. Le jeu des miroirs démultiplie les points de fuite. L’amplification de l’infinitésimal bute sur l’inexprimable. Les brèches à peine suggérées se cimentent. L’intelligibilité se fragmente. La stylistique se façonne dans l’hybridation symbolique.


 

Aux commencements le tatouage, l’empreinte indélébile dans la chair, le patrimoine mnésique cessible dans la matrice inaliénable, les secrets concessibles dans leur hermétisme inviolable, les rites de passage transmissibles dans l’initiatique oralité. Cette peinture explicitement talismanique exprime avec ferveur la recherche ontologique, l’aimantation mythologique, l’ivresse argomautique. La palette saisit les couleurs ésotériques dans leur incarnation première, les figures allégoriques dans leur structure archétypale, les jonctions nodales dans leur vibration suspensive, les projections focales dans leur rupture évasive. La toile de jute, étoffe électrisable, fibre métamorphosable, absorbe sur le vif les visualisations extatiques, les télesthésies fantastiques, les imprégnations thaumaturgiques.

 

L’arborescence intemporelle, convulsée d’étincelles perceptives, d’illuminations substantives, traverse, sans altération, les tourbillons de l’histoire. La chromatique se pigmente de quintessence minérale, s’insuffle d’essence sidérale, s’infuse de conscience intégrale. Processus alchimique par excellence. L’architecture se tisse dans la texture. L’ardeur créative se canalise. Le concept se matérialise. Le substrat se spiritualise. La cosmogonie se tresse dans une clairvoyance inédite. Un vision tremblante, ondoyante, fluctuante de l’ovalité génératrice, définitivement rebelle aux pétrifications tétanisantes. Les talismans et les miroirs s’élaborent, dans la frénésie votive, en séries bijectives. « Le couronnement », acquisition française grâce au ministre de la culture André Malraux, allégorie sibylline d’une annonce messianique, consacre l’incandescence spirituelle dans ses flamboyances polychromes transperçant les pesanteurs de la matière.


 

Le pinceau trempé dans la cendre remue rageusement la boîte à Pandore, démaquille les démons lustrés d’or, démantèle les remparts et les miradors. Les toiles se baptisent de titres conjuratoires. S’interpellent dans la fureur graphique les fauteurs de malheur. « Le Mont des oliviers », branches décharnées, verdure noyée dans des mauves crépusculaires, sonne a postériori comme un cri prémonitoire contre une guerre génocidaire. Les candélabres de la fraternité se transforment en fourches caudines. Les tempêtes assourdies s’agglutinent en laves refroidies. Se décomposent et se recomposent des morphologies terreuses dans les cicatrices charbonneuses. S’amoncellent pupilles ballonnées dans leur impuissance scrutatrice. Le retour à l’argile purgative s’impose comme un appel au phénix rédempteur.

 

Les psalmodiques résonances du Dîwân d’Al-Hallaj tempèrent les cafardeuses dissonances. S’infiltrent lueurs multicolores dans l’opacité déprimante. S’exorcisent sur fonds sombres les malédictions objectales, les damnations sacerdotales, les compromissions fatales. Isis s’invoque comme bienfaisante pythonisse. Surgissent les trois mâts de la sagesse sur barque solaire. La coque terrestre se fait tour à tour comète tourbillonnante, graine germinante, vulve foisonnante. La tissure se déleste de ses tracés obscurs. Au-delà des géographies restrictives, l’elliptique représentation de théogonies lointaines ouvre le champ référentiel sur des analogies souterraines. L’œuf primordial s’entoure de blancheur sensitive, spectre énergétique d’inébranlable lumière. Le poisson cosmique, dans sa sacralité procréatrice, veille sur l’immuable écriture. La flèche divinatoire indique l’introuvable grimoire. Ne demeurent de la sphère purificatoire qu’arcures évocatoires, trigones sacrificatoires, reliquaires absolutoires. La spirale astrale aspire le regard au-delà du miroir, un miroir trinitaire revoyant l’affect à l’intellect et l’intellect au précepte indécodable. L’émotion esthétique bascule dans la contemplation métaphysique.

© MS

Ce texte est aussi classé dans "Muses au masculin"

 

***

 

Pour citer ce texte

 

Mustapha Saha (article & illustration), « Regard sémiotique sur la peinture intemporelle d’Ahmed Cherkaoui », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11 & Numéro spécial 2017, mis en ligne le 14 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/peinture-cherkaoui.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 10:15

 

 

N °7 | Dossier mineur | Textes poétiques

Avant-première

 

 

 

Trouville en hiver

 

 

 

Mustapha Saha

 

 

Illustration par

 

  Élisabeth Bouillot-Saha

 


 

© Crédit photo : Mustapha Saha, été 2017 à Trouville-sur-mer par Élisabeth Bouillot-Saha

 

 

 

Les Voiles sous crachin surchauffent leurs Vapeurs

Le dandy sans loisirs rumine ses déboires

La mondaine en disgrâce exorcise ses peurs

Le serveur sous cape brocarde les pourboires

 

 

Traîne sa nostalgie la belle ridicule

Son écharpe l'étrangle son manteau l'étouffe

Les amours lointaines perdent leurs molécules

Son fantasque caniche ébroue sa grosse touffe

 

Trottine sur les quais vaillante centenaire

Brillent dans son regard des cristaux de jouvence

Secoue fourrure au loup l'indolent partenaire

Arrosent saphistes leur fraîche connivence

 

 

Mélusine à l'écart s'amuse du spectacle

Le scribe et sa muse décryptent leur grimoire

Le dernier estivant quitte son réceptacle

Trouville en hiver retrouve sa mémoire

 

 

Le marinier sans fret défrise ses bacchantes

Rouillent les chalutiers sommeille l'estuaire

Rodent les korrigans dans la cité vacante

Lutins et farfadets quittent leur sanctuaire

 

 

Savignac sur planches souffle ses particules

La coquette écrase son fou-rire sous robe

Mâtine mouette s’embrume au crépuscule

La magie s’estompe le dessin se dérobe

 

 

Marguerite Duras hante la promenade

Dissout grise écume ses pages soupirantes

Loin des Roches noires s’émiettent ses monades

Roulent ses mots-galets sous la vague mourante

 

La côte sauvage sous lanterne impalpable

Déroule sa légende ancestrale et précaire

Yggdrasil foudroyé sous roc inextirpable

Mimir décapité dans linceul de calcaire

 

 

La mer de main d’artiste affine ses sculptures

Creuse dans la pierre son fascinant discours

Tirailleurs sans stèle marins sans sépulture

Grondent dans l’abysse leur appel au secours

 

Les spectres paradent dans la brume marine

Les blockhaus explosés libèrent leurs fantômes

Trépassent cormorans gavés de muscarine

Démon désincarné disperse ses atomes

 

 

Le rivage au couchant dévoile ses dédales

Lézardes gauloises sur stigmates romaines

Cicatrices vikings sur brèches féodales

Empreintes fossiles d'énergies surhumaines

 

 

Le chêne souverain gardien des destinées

Préserve fleurs de gui de froidure létale

Le saule mignote colombe couronnée

La baie récupère sa virginité natale

 

 

Limpide cascade couve son territoire

Chante sa louange dans l'oreille du barde

Entre clams et clovisses ruisselle son histoire

Défilent ses génies sous tambour et guimbarde

 

 

Cascatelle tarie sous rayon de lumière

Profile sur paroi figure du messie

Désinvolte pécheresse exhibe sa trémière

Gratifie l'Apollon de sa fleur de cassie

 

 

Pleure Sainte Vierge dans chapelle d'ophite

Nerthus Terra Mater morte sur son autel

Perpétue l'ordalie griffure sur graphite

Disparaît bergère s'égare son cheptel

 

 

Regarde chouette rescapée d’un couvent

Le grand large engloutir son obscure aventure

Dresse sa crinière dans le sable et le vent

Le lion des fables dévoreur d’écritures

 

 

Frigg d'aiguille d'argent tricote ses stratus

La tempête ébranle l'antique citadelle

S'écroule dans la foudre le grand eucalyptus

Villa Montebello protège ses chandelles

 

 

Téméraire flâneur à mi-chemin se désiste

La galerne exalte son parfum baptismal

Le fauve immobile sous fracassants résiste

Lila crinière au vent cravache l'animal

 

 

Les Nornes sur puits d’Urd remaillent les destins

La falaise s’éboule blanche effraie l’abandonne

L’infernal Ratatosk saccage les festins

Nidhögg crache son feu sur maudite madone

 

 

Odin sur promontoire observe l'hécatombe

Les berzerks en furie les drakkars en naufrage

Nerthus la féconde choisit la mer pour tombe

Le trésor disparaît surnage son coffrage

 

 

Couve son mystère la crypte millénaire

Sur paroi s’imprime l’image d’Aphrodite

Le savant s’intrigue du message lunaire

Érato s’invite dans l’enceinte interdite

 

 

Entrelacs en chaîne déclinent leurs symboles

Triangles spirales nœuds tresses circulaires

Figures mouvantes sublimes paraboles

L'ivresse s'amplifie sous rayons spéculaires

 

 

Les lacis sur silex content les temps divins

La danse des nymphes les agapes florales

Le banquet des druides la ronde des devins

Les récoltes joyeuses les ardeurs pastorales

 

 

Taranis en fanfare surgit du fond des âges

Libelle à coups d'éclairs l'énigmatique augure

La bourrasque exauce son merveilleux présage

En jardin d'agates l'écueil se transfigure

 

 

S'élèvent crescendo carnyx et castagnettes

Taballos et Syrinx cornemuse et cymbales

Morgane s'enflamme sous nuée de guignettes

Libane à contre-sens chevauche sa bubale

 

 

Rosmerta déverse sa corne d'abondance

Morrigan propage la nitescence astrale

Sirona ranime son fanal en concordance

Épona préside ripaille et bacchanale

 

 

Dionysos agite en dansant sa bannière

Dana sous le charme desserre sa tenaille

Le roi fou gouverne l'ours brûle sa tanière

Les gueux s'étoffent d'or la reine s'encanaille

 

 

Le rhapsode en transe qu'allégresse ensorcelle

S'arrache en cadence mantelure et plumage

Quel mystère anime sa secrète étincelle

L'étoile polaire le réincarne en mage

 

 

S’abat grosse averse sur cirque des idoles

Revêche corneille délaisse sa couveuse

Sirène d’Andersen enfourche sa gondole

Marée basse envoûte l’imprudente rêveuse

 

Ici mère nature invente l’insondable

Ici naît le mythe dans la source profonde

Perpétue l’ondine son œuvre inoxydable

Nul génie créateur qu’Océanos ne fonde

 

© MS

 

 

Le sociologue et poète Mustapha Saha passe l’été à Trouville-sur-mer, son habituelle retraite d’écriture, station balnéaire atypique à laquelle il va consacrer un livre, qui reconstitue son histoire artistique et littéraire. Cette ville a été une source d’inspiration pour les écrivains Marcel Proust, Alexandre Dumas, Gustave Flaubert, André Gide, Louis Aragon, Marguerite Duras… et pour les artistes Gustave Courbet, Eugène Boudin, Claude Monet, Fernand Léger, André Hambourg…, et d’autres encore. Le poème en alexandrins « Trouville en hiver » ouvre l’ouvrage en préparation.

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Mustapha Saha, « Trouville en hiver », illustration par Élisabeth Bouillot-Saha, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11 & N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster , mis en ligne le 8 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/trouville.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéro 7
8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 09:13

 

Travestissements poétiques

 

 

 

La Muse chansonnière

 

 

 

 

François-Marie Robert-Dutertre

Notice de la Bibliothèque nationale de France
 

 

© Crédit photo : Portrait de François-Marie Robert-Dutertre,

capture d'image du livre cité ci-dessous (tombé dans le domaine public) par LPpdm

 

 

 

[Page réelle 9/page PDF 38]

 

On me voit, courant les pieds nus,

Rire avec les premiers venus ;

Dautres fois en mules de soie

Aux palais japporte la joie ;

Car du même pas empressé

Je visite hôtel et chaumière ;

Je suis la muse Chansonnière

Au jupon un peu retroussé.


 

Je ne porte point le peplum

Et ne connais pour labarum

Que lécharpe que je déplie

Sur les grelots de la folie.

Satyrique avec les heureux,

Je me fais modeste et gentille,

Et surtout toujours bonne fille,

Avec les couples amoureux.

 

[Page réelle 10/page PDF 39]

 

Je dois, en fille de Bacchus,

Préférer le vin aux écus ;

Mais je rougis du vieux Silène

Lorsquil s’enivre à perdre haleine.

Jaime toujours aux gais repas

Que lesprit gaulois étincelle,

Et je veux quHébé, toujours belle,

Ne montre quun peu ses appas.


 

Pour être propice aux amants,

Jaide à leurs doux épanchements,

Et quand je tiens en main ma lyre,

Cest le bonheur, cest un délire ;

Mais sil arrive un mauvais cas,

Si la vertu chancelle et glisse,

Là je ne suis jamais complice,

Car je suis lorsquon parle bas.


 

 

Je trône au milieu de Paris ;

La gloire, les jeux et les ris,

La vieille sagesse endormie

Composent mon académie.

Latticisme et le goût nouveau

Sont la règle de tous mes rites,

Et jai des bardes émérites

Parmi les membres du Caveau.


 

 

[Page réelle 11/Page 40 PDF]

 

Par strophes, tercets ou quatrains

Jinspire les joyeux refrains ;

À ma voix la foule accourue,

Aime à me suivre dans la rue.

Tout écho répond à mon luth,

Quoique je sois un peu païenne,

Et la grande âme plébéienne

Avec moi risque son salut.

 


 

Si je vois un peuple en danger,

Avec lui, contre létranger,

Héroïne ardente, enflammée,

Je vaux souvent toute une armée ;

Et lorsque lon marche au combat

Aux accents de la Marseillaise,

On dirait quen une fournaise

Jai trempé lâme du soldat.

 


 

Si je vous raille, ô souvenirs !

Passez-moi mes petits refrains ;

Point de gardes prétoriennes

Pour mes chansons voltairiennes,

Car nul régicide ici-bas

Je ne connais et je ne hante ;

Avec moi toujours la voix chante

Et lesprit ne conspire pas.

 

 

***

 

Commentaire : Le poète se travestit dans ce poème en figure féminine mythique censée être la compagne des trouvères qui n'est que la Muse. Mais laquelle ? S'agit-il de la danseuse-chanteuse Terpsichore, de la magnifique Érato, de la majestueuse Melpomène ou encore de la délicieuse Euterpe (charmante) ? Difficile d'y répondre malgré le portrait poétique esquissé par le poète-trouvère/chansonnier qui suggère Melpomène ou Euterpe qui sont liées au dieu Dionysos (cité sous son nom romain Bacchus dans le poème). On penche plutôt pour l'héritage théâtrale (au moins) dès le XVIIIe siècle de la figure de la "Muse chansonnière" (par exemple la pièce en un acte La Barrière du Parnasse ou La Muse Chansonnière de Favart). En tous les cas, ce travestissement identitaire en chansonnière est un jeu avec le « Je » qui permet au poète de se transformer en stéréotype féminin puissant, en une Muse célébrant la liberté d'être une créatrice féerique et inspiratrice. La figure de "La Muse Chansonnière" est également une métaphore de la Poésie (qui signifie en grec la création)  qui s'empare un jour du poète puis le hante parfois perpétuellement pour devenir son unique identité.

 

Référence bibliographique : ce poème a été transcrit, remanié et commenté par D. Sahyouni du recueil de François-Marie Robert-Dutertre, Loisirs lyriques, poésies, romances, chants, chansons et chansonnettes..., avec une introduction par Émile de la Bédollière, Paris, C. Vanier Libraire-éditeur, La Haye Librairie nationale et étrangère de Bélinfante Frères, 1866, « La Muse chansonnière », pp. 9-11.
 

 

Cette nouvelle zone (ou rubrique) a été créée par D. Sahyouni le 11 août 2017 pour célébrer les formes différentes du travestissement des poètes, n'hésitez pas de l'enrichir par vos textes.

 

***

 

Pour citer ce poème

 

François-Marie Robert-Dutertre, « La Muse chansonnière », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 8 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/musechansonniere.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 17:35

 

1er concours international de poésie

 

 

Poème sélectionné sur le thème "le handicap"

 

 

Mon enfant du soleil

 

 

 

 

Johanna Treilles

 

 

 

Ma douceur, mon enfant,

Ma petite fille du vent

Tu viens d’avoir cinq ans

Je n’me laisserai plus faire

Tu es le centre de mon monde

Et c’est ensemble que nous combattrons

L’indifférence des cœurs froids et frileux

Recroquevillés dans leurs ornières

 

Sauvage et tendre, petite louve des steppes

Libre comme l’air, indomptable comme le vent

Tu es le mistral de la Camargue chanté par les gitans

La tramontane qui rit follement sous la neige ou le soleil

 

Gitanes dans le cœur, nous le sommes mon enfant

Éternelles voyageuses sur une route cabossée

Belle bien qu’imprévisible, où les pleurs et nos peurs

Sont vite balayés par tes rires enchanteurs

Tes petits pas sur le sol durent et sont notre victoire

Tes petits pas de danseuse et d’enfant des étoiles

Ramènent la lumière dans la nuit noire

De mes questionnements de mère, de mes doutes et de mes craintes.

 

Je te porte à bout de bras, tes cheveux longs tournoient

Dans la brise qui veille et nous protège

Et je dois puiser ma force dans l’eau claire des rivières

Dans la chaleur de la pierre,

pour pouvoir jouer dignement mon rôle de mère

Et de forteresse.

 

Car les regards qui nous entourent ne sont pas toujours tendres

Alors montrons les crocs, ma louve à ceux que notre présence

Un peu trop vivante dérange.

 

Dans le zéphyr, la nuit, j’égrène mes prières

Et chaque jour qui fuit répond à mes appels

Je te vois grandir et t’épanouir et je me fous des blouses

Blanches qui croient détenir tous les savoirs du monde.

 

Je te sais, te comprends et aime tes mains qui dansent

Mon enfant papillon qui brasse l’air de ses ailes

Et si parfois, j’avoue je n’saisis plus le sens

Je t’en remets à Dieu, aux Bouddhas et aux Anges.

 

Tu aimes les oiseaux, tu parles un peu comme eux

Quand tu gazouilles et ris, des lueurs dans tes yeux.

J’aime te voir t’envoler, courir, sauter, nager

Chaque mouvement que tu fais est un don, je le sais

 

Nous sommes les parias, parfois, d’un monde trop uniforme

Qui ne voit en nous que notre différence,

Alors, quand le rejet se fait trop menaçant

La colère gronde en moi, je me fais ouragan

 

La bourrasque s’immisce dans ces décors bourgeois

Où tout est à sa place, et où rien ne dépasse

Toi, intenable tu me rappelles qu’on doit

Se révolter pour exister, dans ce monde dur et froid

 

 

Nous sommes les parias, mon enfant du soleil

Dans la cour des miracles, toujours nous aurons notre place

Du côté des exclus, les fêlés qui laissent passer la lumière,

Les pas bienvenus qui n’se plient pas aux codes,

de la normalité dominante et ronflante.

 

Nous sommes les parias, nous nous ferons pirates

Le Sirocco d’Afrique déploiera grands nos voiles

Car tu portes dans ton sang, la fougue de ceux qu’avant

les blancs appelaient sauvages.

 

 

Comme je suis fière, ma fille, de ta belle différence,

Et combien je me fous de leur stupide méfiance.

Je sais c’que tu m’apprends, tout ce que tu apportes

À mon âme, à mon cœur, mon enfant du bonheur.


 

 

Événements poétiques | 2017 | Concours international de poésie (1ère édition)

 

***

 

Pour citer ce poème


Johanna Treilles, « Mon enfant du soleil », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques|Concours international (édition 2017 sur les animaux, le handicap & la joie), mis en ligne le 3 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/concours-enfant.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Événements poétiques Distinctions
31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 11:12

 

Distinctions 2017 | Prix poétiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

 

Présentation du recueil

 

 

Femmes du monde entier contre les violences

 

 

(récits-poèmes)

 

 

 

 

Annpôl Kassis

 

 

 

Biographie

 

Linguiste-didacticienne, Annpôl Kassis, a enseigné le FLE puis la didactique des langues à l’Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle, ainsi que Le Renouveau du conte en France depuis le 19ème siècle à New York University in France, ses ports d’attache. À travers des missions et actions sociales auprès du Ministère des Affaires Sociales elle a toujours œuvré pour la redéfinition et le respect des droits de la personne et a lutté pour l’élimination des violences intrafamiliales et en faveur d’une éducation et de soins sans violence…. Un long chemin à travers le monde et des mondes… pas terminé… Depuis 2005, elle est Journaliste, critique littéraire à diverses revues d’arts et littérature, et d’histoire (Le Manoir des Poètes, l’Agora-Sté des poètes français, Inverses… entre autres). Elle est également traductrice historienne bilingue anglais>< français.

 

Œuvres

 

  • Déjà parus

L’UneS-poèmes, éditions le Huchet d’or (2017)

Femmes du monde entier contre la violence (poèmes-actions, Yvelineditions, 2016 (réédition complétée de Femmes du Monde Entier, récits-poèmes, Yvelineditions, 2004 épuisé)

Les disparues de l'Amphitrite, récit historique, éditions de Janus- 2010 Grand Prix de la Mer-ADELF 2011, épuisé, réédité en février 2015 Les inconnues de l’Amphitrite : (auto-publication)

Arthur, roi de l’Union (drame lyrique, Édilivre Juin 2014)

Lumière et Poésie chez Nicolas Dieterlé (essai, éditions du Cygne 2011)

Les Contes en retour (coll.) éditions PUF Blaise Pascal St-Étienne, 2009

Lila et Robinson (conte de voyage, Leprince éditions 1995)

La poésie, éditions Clé international, 1993

 

  • Traductions

 

  • en français

Le foyer de Charles Dickens pour les filles perdues (traduction/adaptation de l’anglais : Jenny Hartley : Dickens and the House of fallen women ; Methuen 2010, Paris Édilivre 2014)

Correspondance Berta von Stuttner- Alfred Nobel (traduction de l’anglais) éd. Turquoise 2015

  • en anglais :

Ghislaine Renard : Que serions- nous sans émotion ? What of us if we were emotionless (Edilivre 2015)

Oscar Hernandez : Vivre en harmonie dans la conscience d’Être : Living in Harmony in the Consciouness of Being (The Book Edition 2016), une bonne traduction d’un fond à revoir…

Diverses traductions anglais/français ou français/anglais pour les éditions Tambao

  • Et aussi :

Collaboratrice-rédactrice à diverses revues et publications d’associations humanitaires dont : 2010- 2012 : l’Association Primo Levi ;

2012-1014 : La Fondation Scelles (rédactrice-traductrice français>< anglais de Rapport Mondial sur l’exploitation sexuelle, 2013 et 2014)

Présidente fondatrice de l'association "La Pierre et l'Oiseau, les amis de Nicolas Dieterlé"

Présidente de l’association CompoS Sui : Compagnie de Théâtre et actions sociales : Création du spectacle « Voies de FaitS, Voix de Femmes », d’après le recueil paru en 2016, contre les violences faites aux femmes.

Chargée de Publications de La société des Amis de Dickens France/l’International Dickens’s fellowship-London/ Boulogne sur mer.

Contact : https://annpolkassis.worldpress.com

 

 

 

 

Femmes du monde entier contre les violences (récits-poèmes)

 

 

 

 

 

 

© Crédit photo : Le visuel du spectacle qui a été tiré de cette œuvre par la compagnie Compos Sui pour la journée du 8 mars 2017 et pour le Festival Populaire de la Poésie Nue mai 2017,

image fournie par Annpôl Kassis

 

 

 

Ces poèmes n’ont d’autre objet que de marquer l’engagement de l’auteure tout au long de sa vie vis-à-vis des femmes, de toutes les femmes sans aucune différence, car toutes les femmes portent sur leurs épaules le fardeau des erreurs humaines et bien trop de douleurs injustes et injustifiées.

Je n’ai rien inventé, j’ai observé, entendu et même si parfois je ne comprenais pas, j’ai toujours réagi et agi contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Vivre c’est accepter sans se résigner ; c’est contribuer sans bousculer ni heurter et je continuerai à soulager modestement mais avec tout mon être celles, fourvoyées sur le sentier sans issue des orages, qui ont oublié les beautés de l’arc-en-ciel. Ainsi donc tous mes poèmes-actions dénoncent des faits réels, relevés au hasard de ces « brèves » quotidiennes de pages des journaux – reflets des sociétés.

Simples ou passionnés, ils suivent le long chemin de mes engagements fondamentaux : refuser les violences et les mensonges dits « historiques, religieux, traditionnels », qui veulent embellir sous quelque masque les conquêtes meurtrières, les agissements dominateurs et destructeurs de ceux qui en niant la moitié de l’humanité et dégradent l’humanité toute entière. Les violences sont inacceptables en général et mille fois plus envers les femmes, parce que femmes, et autant envers les enfants, et surtout envers les personnes les plus vulnérables, souvent porteuses de handicap ou simplement âgées ou encore trop jeunes pour… Pour vivre ? Pour s’épanouir en toute liberté. L’action de mes poèmes dans une solidarité huma-féministe de crier et agir notre refus tête haute: Non, c’est Non, c’est Tout. Pour toutes

 

 

voir aussi : Maggy de Coster, « Annpôl Kassis, L’UneS, Le Huchet d’Or, 2017, 58 p., format 21 x 14,8 cm, 9 € »)

 

 

Ce recueil a été récompensé par

Le Premier Prix international de poésie 2017

de l'Académie Claudine de Tencin

 

***

 

Pour citer ce texte


Annpôl Kassis, « Présentation du recueil Femmes du monde entier contre les violences (récits-poèmes) », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Distinctions 2017 « Prix poétiques de la SIÉFÉGP », mis en ligne le 31 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/distinctions-kassis.html

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans Distinctions SIEFEGP
31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 10:04

 

Encyclopédie évolutive de la poésie mineure 

(ou des femmes et du genre en poésie)

                                                   

 

Section de la poésie engagée : "Féminismes, vies et œuvres engagées"

 

 

 

Portrait croisé

 

 

George Sand et Louise Michel :

 

 

deux avant-gardistes féministes

 

 

du monde littéraire français

 

 

Rédactrice : Maggy de Coster

 

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

 

© Crédit photo : Photographies des auteures/autrices, domaine public

 

Propos liminaires

 

Georges Sand et Louise Michel sont deux grandes figures littéraires féministes nourries des idées socialistes progressistes. L’une a combattu par la plume, l’autre, passionnée, modèle de dignité et de ténacité a mené sans concession une lutte acharnée contre l’injustice. Dans cette optique, nous nous proposons de faire ressortir les convergences et divergences dans leur cheminement. Cependant notre propos n’est pas de verser dans une analyse de contenu des œuvres des deux protagonistes, d’ailleurs très riches et abondantes, mais d’établir un parallèle entre les voies et moyens utilisés par ces deux femmes de lettres engagées dans la lutte contre l’injustice.

 

George Sand

 

Née à Paris le 1er juillet 1804, Amantine Aurore Lucile Dupin, fille de Maurice Dupin de Francueil et Sophie-Victoire Delaborde. Elle est l’arrière-petite fille du Maréchal Maurice de Saxe du côté paternel, donc elle est à cheval sur l’aristocratie et la classe populaire, ce qui la porte à dire :

 

On n’est pas seulement l’enfant de son père, on est aussi un peu, je crois, celui de sa mère. Il me semble même qu’on l’est davantage, et que nous tenons aux entrailles qui nous ont portés, de la façon la plus immédiate, la plus puissante, la plus sacrée. Or, si mon père était l’arrière-petit-fils d’Auguste II, roi de Pologne, et si, de ce côté, je me trouve d’une manière illégitime, mais fort réelle, proche parente de Charles X et de Louis XVIII, il n’en est pas moins vrai que je tiens au peuple par le sang, d’une manière tout aussi intime et directe ; de plus, il n’y a point de bâtardise de ce côté-là.

 

Dans sa généalogie, George Sand revendique la primauté de l’héritage de sa généalogie maternelle. Cela révèle aussi son attachement au matriarcat. Avec sa grand-mère bien-aimée Marie-Aurore de Saxe, Aurore Dupin, elle découvre Jean-Jacques Rousseau et se nourrit des lectures de Chateaubriand à travers le Génie du christianisme, de Montaigne, de Montesquieu, de Dante, d’Aristote, de Shakespeare, de Virgile et des philosophes comme Leibniz, Locke etc. Caroline la grande sœur maternelle d’Aurore Dupin se présente chez Marie-Aurore de Saxe sa grand-mère pour la chercher, elle se fait chasser sans ménagement par cette dernière. La petite Aurore, traumatisée par cette injustice, tombe malade.

Ayant eu recours à un subterfuge pour cacher son identité sexuelle afin de se prémunir du rejet du monde littéraire, elle devient George, synonyme de force dans la tradition berrichonne et Sand n’est que le raccourci du nom de son amant Jules Sandeau avec lequel elle a écrit Rose et Blanche, ou la Comédienne et la religieuse, paru en 1831 sous le nom de Jules Sand. Notons que c’est par l’entremise de ce dernier qu’elle fera la connaissance de Balzac. À l’instar de plusieurs femmes de lettres, elle se travestit donc en homme afin de déjouer le poids de la condition féminine au XIXème siècle qui pèse sur les femmes.

 

 

Louise Michel

 

Louise Clémence Demahis dite Louise Michel est née au Château de Vroncourt, canton de Bourmont en Haute-Marne, le 29 mai 1830 de Marianne Michel, femme de chambre des châtelains Demahis. La belle Marianne aurait été surprise, en pleurs, par la châtelaine qui insista pour savoir la raison de son chagrin. Et Marianne d’avouer qu’elle était enceinte de Laurent, le fils de cette dernière. La rumeur voulait que Laurent eût subi cette paternité pour protéger son père, Étienne Charles Demahis qui finit par l’expulser du château.

Louise Michel reçoit une éducation solide mais libérale dans une ambiance voltairienne, sous la houlette de son grand-père, avocat républicain à la retraite, humaniste et fin lettré, et de sa grand-mère adorée qui l’initie à la musique et à la poésie, sans abstraire sa proximité avec sa mère Marianne. Notons qu’à l’époque l’école n’était pas encore accessible aux filles et qu’il eut fallu attendre 1850. À la mort de son grand-père, elle avait 15 ans et voulait se faire religieuse. C’est à la mort de sa grand-mère Charlotte Maxence Porquet Demahis que sa vie va basculer. Désespérée, elle lance ce cri de détresse :

 

Hélas ! Pourquoi ces jours ont-ils passé si vite ?

Déjà tu restes seule et sur ton front serein

J’ai peur de voir une ombre et que tu ne me quittes.

Comme au jour où l’aïeul mourut, tenant ma main,

Je me sens frissonner ; mon âme se délite

Sous le vent glacé du destin.

 

À la mort de sa grand-mère est chassée du Château de Vroncourt par sa belle-mère. Elle dilapida son héritage financier en jouant la bonne samaritaine, elle se retrouva sans ressource, aussi s’écria-t-elle : « Me voilà arrachée à mon repos et jetée dans un océan orageux, sans avoir, sans ressources mais avec du courage, de la jeunesse et une grande croyance en Dieu… »

À Cherbourg, elle va se rendre à l’évidence de la triste réalité de la condition ouvrière et c’est de là que va naître chez elle le déclic révolutionnaire. Elle exerce avec passion son métier d’institutrice dès janvier 1853 dans la maison Causelle, rue de Ham à Audeloncourt en Haute-Marne. À la rentrée de 1857, grâce à l’aménité de son ami Fayet, Louise trouvera une place d’institutrice dans la pension de Mme Vollier, rue du Château d’Eau à Paris. Elle dilapide son maigre salaire dans l’achat des livres et au profit des défavorisés. Mue par l’esprit républicain, en 1865, elle se révolte contre la misère environnante et commence à porter un regard réprobateur sur Napoléon III.

Contrairement à Louise Michel, George Sand convola avec François-Casimir Dudevant. Le 17 septembre 1822 dont elle eut deux enfants Maurice et Solange (qui dit-on, serait la fille de Stéphane Ajasson). Notons qu’à l’époque le mariage enfermait les femmes dans une position de mineure, le divorce n’existant pas encore (après sa suppression par Napoléon I), une séparation de corps sera prononcée le 16 février 1836 par le Tribunal de la Châtre pour motifs « injures graves, sévices et mauvais traitements » reconnus.

 

Si l’une et l’autre se révoltent contre les injustices sociales, il existe toutefois des divergences dans leur engagement politique.

 

À la proclamation de la IIIème République, George Sand se mobilise en faveur des condamnés et prisonniers politiques en intervenant auprès de Napoléon III. Ainsi, elle entreprend de multiples démarches en leur faveur, au cours des mois de janvier et février 1852. Cependant en 1871, elle n’a pas hésité à rejoindre les écrivains qui condamnent la Commune de Paris comme Gustave Flaubert, Théophile Gautier, Alphonse Daudet, Émile Zola, Leconte de Lisle et ose même critiquer Victor Hugo. Elle plaide pour une amnistie générale, mais sa tentative n’aboutira pas.

George Sand va jusqu’à s’exprimer en ces termes : « Les exécutions vont leur train. C’est Justice et nécessité », propos qu’elle justifiera dans le Journal Le Temps. À la faveur de la chute de Louis-Philippe et aux termes de la Monarchie de juillet le 24 février 1848, George Sand s’illustra par un engagement politique actif en créant La cause du peuple, Le bulletin de la République et l’Éclaireur de l’Indre.

L’échec de la Révolution et l’arrestation massive des députés dont Adolphe Thiers sonnent le glas de sa militance politique et la plongent dans la désillusion. Confrontée à la censure de la presse, elle se retranche dans ses écrits littéraires pour faire passer ses messages à travers ses romans, le théâtre et ses correspondances.

George Sand, anticléricale à l’égal de Louise Michel a reçu tout comme elle une éducation basée sur la foi chrétienne qui s’est modifiée à la faveur de l’esprit des Lumières. Aussi s’insurge-t-elle contre le clergé qui porterait « un voile mensonger sur la parole du Christ, une fausse interprétation des sublimes Évangiles, et un obstacle insurmontable à la sainte égalité que Dieu promet, que Dieu accordera aux hommes sur la terre comme au ciel ». L’ancienne pensionnaire du couvent des Augustines anglaises collaborait au Journal Le Monde fondé par Lamennais, le démocrate chrétien dont elle disait : « Nous vous comptons parmi nos saints... vous êtes le père de notre Église nouvelle ». Elle partageait aussi les idées de Leibniz et de Saint-Simon sans se réclamer ouvertement de la doctrine de ce dernier. La libération de la femme devenait la toile de fond de son roman Indiana (1832). À l’époque elle venait de se séparer de son mari. Elle récidivait avec Valentine paru la même année et Lélia (1833). Ce sont des romans dits féministes. La question sociale sera également son cheval de bataille. Cela dit dans Lettre à Guéroult en date du 20 octobre 1835, tome III p.73, on peut lire ce qui suit :

 

Je vous dis, moi je ne connais et n’ai qu’un principe : celui de l’abolition de la propriété. Voilà en quoi j’ai toujours vénéré le saint-simonisme.

 

Souscrivant à un mysticisme énergique, elle avançait :

[…] je révère ceux qui, dans ce siècle maudit n’ont subi aucun entraînement vicieux, et qui se retirent dans une vie de méditation et de recherche pour rêver le salut de l’humanité. Mais je crois qu’avec la moindre vertu mise en action et soutenue par une certaine énergie, on en ferait plus qu’avec toute la sagesse des nations délayées dans les livres.

 

Républicaine et socialiste en 1848, elle n’avait pas hésité à rejoindre en 1871 les écrivains qui condamnaient la Commune de Paris, comme Gustave Flaubert, Edmond de Goncourt, Théophile Gautier, Maxime Du Camp, Charles Marie René Leconte de Lisle, Alexandre Dumas fils, Ernest Renan, Alphonse Daudet, Ernest Feydeau et Émile Zola.

Entre temps Louise Michel, personnage emblématique de la Commune, surnommée la « Vierge rouge », s’active, pose des barricades. Elle sera arrêtée et condamnée à mort. Radicalement opposé à la peine capitale, Victor Hugo, sans approuver ses agissements, va intervenir en sa faveur pour obtenir sa libération.

 

Louise Michel, rebelle et généreuse

 

En 1851, âgée de 21 ans, elle fit ses premiers pas dans le journalisme dans L’Écho du peuple de Chaumont sous un prénom masculin comme Gorge Sand en signant Michel Demahis. Figure emblématique de la commune de Paris, Louise Michel prenait parti pour les petites gens, défendait les minorités, les noirs de la Nouvelle Calédonie, les déportés algériens. C’est une âme rebelle et généreuse qui n’hésiterait pas à donner sa vie pour la cause qu’elle défendait. À ce compte la mort ne lui serait pas moins une apothéose. Il n’est pas toujours facile de s’accuser d’une faute qu’on n’a pas commise mais elle l’avait fait sans hésitation. « Si vous n’êtes pas des lâches, tuez-moi », déclara-t-elle le 16 décembre 1871 devant le tribunal militaire. Quelle bravoure ! Victor Hugo la magnifia en lui consacrant un poème intitulé son poème Viro Major (Plus grand qu’un homme), dont voici des extraits :

 

Ayant vu le massacre immense, le combat

le peuple sur sa croix, Paris sur son grabat,

La pitié formidable était dans tes paroles.

Tu faisais ce que font, les grandes âmes folles

Et, lasse de lutter, de rêver, de souffrir,

Tu disais : « Jai tué ! » car tu voulais mourir.

 

Ou encore :

 

Tu mentais contre toi, terrible et surhumaine.

Judith la sombre Juive, Aria la Romaine

Eussent battu des mains pendant que tu parlais.

Tu disais aux greniers : « J’ai brûlé les palais ! »

Tu glorifiais ceux qu’on écrase et qu’on foule.

Tu criais : « J’ai tué ! Qu’on me tue ! – Et la foule

Écoutait cette femme altière s’accuser.

Tu semblais envoyer au sépulcre un baiser ;

Ton œil fixe pesait sur les juges livides :

Et tu songeais, pareille aux graves Euménides.

 

 

George Sand : une vie littéraire intense et une vie sentimentale agitée

 

Elle mena une vie littéraire très intense et reçut tant dans son domaine de Nohant qu’à Palaiseau des personnalités très variées comme Franz Liszt, Frédéric Chopin, Marie d’Agoult (connue sous le pseudonyme de Daniel Stern), Honoré de Balzac, Gustave Flaubert Eugène Delacroix cependant ce n’était pas sans affronter la misogynie de nombre de ses congénères comme Charles Baudelaire, Jules Barbey d’Aurevilly. Elle avait une vie sentimentale agitée découlant probablement de l’échec de son mariage contracté à l’âge de seize ans. Aussi fustigea-t-elle le mariage.

 

Condamnant vivement La Commune, elle justifiait sa position dans le journal Le Temps en posant des arguments conservateurs car elle y voyait un moyen de saper les bases de la République naissante. Elle préféra proposer « L’éducation pour tous » comme alternative à la Commune. Loin de la remettre en question, les critiques ont préféré privilégier son autorité littéraire, son ascendant sur les écrivains de sa génération en tant que femme, à savoir la place qu’elle avait su occuper à leurs côtés et pour avoir su s’imposer à ses détracteurs.

 

Cela dit, à Balzac elle inspira les Galériens ou les Amours Forcés signifiant l’idylle entre Franz Liszt et Marie d’Agoult. Cette dernière est campée sous les traits de Béatrix, (le titre éponyme du roman) et le compositeur sous celui de Conti, paru dans la Collection de La Comédie humaine, roman où George Sand est représentée par Camille Maupin. En 1862, elle fut la seule femme à être admise au traditionnel dîner Magny réunissant le gratin du monde intellectuel comme Ernest Renan, Augustin Sainte-Beuve sans oublier Gustave Flaubert, son fidèle ami ainsi que des scientifiques et des journalistes.

 

George Sand laisse une œuvre foisonnante qui compte plus de soixante-dix romans, cinquante volumes d’œuvres diverses dont des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre et des textes politiques. Elle a publié environ quatre-vingt-dix titres évoquant pour la plupart le Berry sans compter ses correspondances d’écrivain, comprenant plus de quarante mille lettres connues et recueillies entre 1812 et 1876.

 

 

Qu’en est-il de Louise Michel ?

 

 

Tout aussi polyvalente que George Sand, sociétaire de l’Union des poètes, Louise Michel a écrit des romans, des nouvelles, des poèmes, des contes pour enfants, des essais, des opéras, des opérettes, des mémoires, des chansons, une encyclopédie et des pièces de théâtre, dignes d’intérêt mais pour la plupart inédits. Vingt-sept titres ont été publiés de 1861 à 1898. treize œuvres posthumes entrent dans sa bibliographie. Ses œuvres se trouvent dispersées à Amsterdam, à Moscou et aussi au Musée de l’histoire vivante à Montreuil, lequel abrite cent cinquante-cinq pièces de l’écrivaine.

Institutrice très avant-gardiste et boulimique des savoirs, elle se forme sur tous les fronts et participe à des réunions à caractère social. Ainsi se développe sa conscience politique. C’est dans la lecture des Misérables que l’ancienne royaliste trouvera sa voie. Mue par l’esprit républicain, en 1865, elle se révolte contre la misère environnante et commence à porter un regard réprobateur sur Napoléon III. En 1871, elle collabore au Cri du peuple fondé par Jules Vallès et Pierre Denis.

Déportée en Nouvelle Calédonie en 1873, elle fait la connaissance de Henri de Rochefort et prend parti pour les autochtones et crée Petites Affiches de la Nouvelle-Calédonie et édite Légendes et chansons de gestes canaques. Ses correspondances entreprises depuis l’âge de quinze ans avec Hugo sous le nom de Enjolras, se poursuivirent jusqu’au moment de sa retraite à Guernesey. C’était l’époque où elle écrivait La Marseillaise noire, véritable chant de guerre :

 

La nuit est courte et fugitive

En avant tenons-nous la main

Garde à toi citoyen qui vive

Républicain républicain

Entendez-vous les cris d’alarme

Écoutez gémir le tocsin

Lève-toi peuple aux armes aux armes

 

 

 

Elles ont toutes les deux défendu les valeurs féministes

 

Pour Louise Michel, féministe avant la lettre : « La question des femmes est […] inséparable de la question de l’humanité » ou encore : « Notre place dans l’humanité ne doit pas être mendiée, mais prise. » (Cf. L’histoire de ma vie). Son militantisme ne lui laissait guère de place pour une vie privée sinon équilibrée du moins connue et non plus le temps de vivre de sa plume. Cela ne lui valait-elle pas le surnom de la Vierge rouge si bien qu’elle aurait eu un enfant caché de Victor Hugo. Cet enfant de sexe féminin, prénommé Victorine aurait grandi sous le sceau du secret pour ne pas nuire à l’éminence de la personnalité du poète et homme politique qu’elle admirait tant et qui l’aurait trahie, si l’on en croit les révélations du journaliste et écrivain Yves Murie, descendant même de Victorine. (Cf. L’enfant de la Vierge rouge, L’Harmattan, 2002, 288 p.)

Les deux femmes étaient reconnues et vénérées de leur vivant pour leurs engagements politiques respectifs. Quant à Louise Michel, elle avait préféré enseigner dans des écoles publiques libres au lieu de prêter serment à Napoléon III qui fut un ami de George Sand et qui l’accompagna jusqu’à sa dernière demeure. Pour saluer la mémoire de George Sand, le poète et critique anglais Matthew Arnold avance dans un article commémoratif : « L’immense vibration de la croix de George Sand dans l’oreille de l’Europe ne s’éteindra pas de si tôt. On a abondamment parlé de ses passions et de ses erreurs. Elle les a laissés derrière elle et le monde l’oubliera. Ce que l’humanité retiendra d’elle, ce sera le sentiment d’avoir bénéficié du passage sur cette terre de cette grande et franche nature, d’avoir été stimulé par cette vaste et pure expression, l’expression des dieux primitifs ». Cf. (« George Sand », Mixed Essays New York, 1901, p.240-260). Après la lecture de ses romans : Indiana, Jacques et Lelia, le critique littéraire italien Giuseppe Mazzini ne tarit pas d’éloges en faveur de la romancière en affirmant : « Tout le monde reconnaît que du point de vue de la langue, du style, de la forme et de l’imagination, elle est la deuxième des écrivains français contemporains. Elle serait la première si Lamennais n’était pas encore vivant » (Cf. G. Mazzini, Scritti editti. Epistolario vol. XVIII, Imola Galeati, 1921, 16 juin 1837). Histoire de donner écho à la cause italienne en France, l’Italie étant à l’époque un pays morcelé et où la place de la femme était encore dans la sphère domestique.

 

 

En résumé, on peut dire que George Sand et Louise Michel sont deux femmes de lettres d’exception qui avaient en commun la vénération de leurs grands-mères maternelles respectives par qui elles furent élevées. Elles admiraient toutes les deux l’œuvre de Victor Hugo. George Sand entretenait une grande amitié épistolaire sans jamais le rencontrer contrairement à Louise Michel qui l’aurait rencontré une seule fois au temps de sa jeunesse. Elles militaient toutes les deux pour une société égalitaire et sans clivage. Elles ont légué toutes les deux une œuvre très abondante à la postérité. Si George Sand avait fait des concessions en matière politique quant à Louise Michel, elle avait défendu ses idées jusqu’au bout et sans concession donc elle était restée égale à elle-même politiquement jusqu’à sa mort. Son engagement politique a en quelque sorte occulté sa carrière de femme de lettres si bien que seul le titre de communarde lui est connu aujourd’hui par plus d’un. Elles avaient toutes les deux soutenu et accompagné les plus faibles : George Sand n’avait pas hésité à voler au secours des comédiens en détresse et Louise Michel à ôter son jupon pour l’offrir à une pauvresse. Elles restent toutes les deux attendrissantes de bonté. C’était deux belles âmes, chacune à sa façon. Leurs œuvres respirent leurs actes et leurs idées.

 

On conviendra donc que le mode opératoire des deux écrivaines diffère. Louise Michel est allée plus loin que George Sand dans ses actes révolutionnaires, ce qui lui a valu l’étiquette de « Pétroleuse » alors que le nom de George Sand est resté lié à sa propriété dans le Berry d’où son surnom : « la Dame de Nohant ».

Atteinte d’une occlusion intestinale George Sand expire le 8 juin 1876 à Nohant et l’accompagnent à ses funérailles le 10 juin suivant son ami Flaubert, Alexandre Dumas Fils et le Prince Napoléon. Louise Michel meurt d’une pneumonie à Marseille au cours d’une Tournée de conférences dans le sud de la France. Son corbillard est suivi par une foule de cent-vingt-mille au cimetière de Levallois.

Nous parachevons cet article en rééditant La Reine Mab, un des rares poèmes de George Sand, paru pour la première fois le 15 décembre 1832 dans les Soirées littéraires de Paris, un album de fines gravures de Madame Amable Tastu.

 

La Reine Mab

(Ballade)

 

 

Chasseur, sur cette plaine

Que vois-je donc venir ?

Dans la nuit incertaine

Qui peut ainsi courir ?

Quelle rumeur profonde

S’élève dans les airs !

Est-ce du sein de l’onde

Que partent ces concerts ?

 

Ces vivantes nuées,

Ami, c’est le sabbat ;

Des follets et des fées

C’est l’essaim qui s’ébat.

Ils escortent leur reine,

Mab, aux cheveux dorés,

Dont le pied couche à peine

L’herbe fine des prés.

Vois-tu, c’est la plus belle

Parmi les fils de l’air.

Plus d’un barde pour elle

Souffre un tourment amer.

Oh ! crains qu’elle te montre

Seulement son pied blanc ;

Ou songe, à sa rencontre,

À te signer, tremblant.

 

À son regard perfide

Ne va pas t’exposer.

Ici-bas la sylphide

Ne saurait se poser.

Pétulante et menue,

L’air est son élément ;

Elle enfourche la nue

Et chevauche le vent.

 

Quand la lune se lève,

Sur le pâle rayon

Elle vient comme un rêve,

Dansante vision.

Le duvet que promène

Le souffle d’un lutin

Est le char qui l’emmène

Au retour du matin.

 

Au bord des lacs humides,

Dans la brume des soirs,

De ses ailes rapides

Effleurant les flots noirs,

Sur un flocon d’écume

Que le vent fait voguer,

Molle comme une plume,

Elle aime à naviguer.

Lorsqu’à grand bruit l’orage

Court sur le bois flétri,

La fleur d’un lis sauvage

Souvent lui sert d’abri :

La tempête calmée,

Elle prend son essor,

Et s’envole embaumée

D’une poussière d’or.

 

Au nid de l’hirondelle

Qui pend sous le rocher,

Parfois, pliant son aile,

On la voit se cacher ;

Puis, s’élançant comme elle

Sur les flots en fureur,

Rire à la mer cruelle,

Où sombre le pêcheur.

 

En vain de son passage

Sur l’Océan vermeil

J’ai cherché le sillage

Au lever du soleil,

La grève de sa trace

Ne peut rien retenir ;

D’elle, hélas ! tout s’efface,

Tout, hors le souvenir !

 

Le pieux solitaire

À cru souvent, la nuit,

Voir sa forme légère

Glisser dans son réduit ;

Mais, loin qu’il l’exorcise,

À son regard si doux,

Pour un ange il l’a prise,

Et s’est mis à genoux.

 

Du chasseur téméraire

Elle égare les pas,

Et rase la bruyère

En lui tendant les bras ;

Sur la mare trompeuse,

Qu’elle effleure sans bruit,

Elle l’attend, moqueuse,

L’y fait choir, et s’enfuit.

Mais, dit-on la diablesse,

Soit caprice ou remord

Parfois d’une caresse

Tient en suspend la mort.

Eh bien ! Mab est si belle,

Qu’on me verrait courir

Après un baiser d’elle,

Quand j’en devrais mourir !

 

(George Sand, La Reine Mab, ballade, ce poème a été transcrit par Maggy de Coster)

 

 

Bibliographie partielle de George Sand : Indiana (1832) ; (Le Compagnon du Tour de France) ; Mauprat (1837) ; Consuelo (1843) ; Le Meunier d’Angibault (1845) ; La Mare au diable (1846) ; François le Champi (1848) ; La Petite Fadette (1849) ; Les Maîtres sonneurs (1853) ; Histoire de ma vie (1855) ; Les Beaux Messieurs de Bois-Doré (1858)

 

Bibliographie partielle de Louise Michel : Misère, roman (1886, avec J. GUETRE) ; Les Microbes, roman (1886 et suiv.) ; Nadine (drame, 1882) ; Le Coq rouge (drame, 1888) ; Je vous écris de ma nuit : correspondance générale de Louise Michel 1830-1905, éd. de Paris (1999) ; Plus de mille 1000 correspondances et réponses. ; Histoire de ma vie (autobiographie), texte établi et présenté par Xavière Gauthier, Presses universitaires de Lyon, 180 p, tome I, juin 2000 ; Le livre de bagne, précédé de Lueurs dans l’ombre, plus d’idiots, plus de fous (écrits sur l’enfermement asilaire et carcéral) et Le Livre d’Hermann, présenté par Véronique FAU-VICENTI, Presses universitaires de Lyon, 150 p, oct. 2000.

 

 

Cet article est également classé dans le Calepin des personnes d'exception

 

***

Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster, « Portrait croisé. George Sand et Louise Michel : deux avant-gardistes féministes du monde littéraire français », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Encyclopédie évolutive de la poésie mineure (ou des femmes et du genre en poésie) de la SIÉFÉGP, section de la poésie engagée : « Féminismes, vies et oeuvres engagées », [En ligne], mis en ligne le 31 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/portrait-sand-michel

 

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Le Pan poétique des muses - dans Encyclopédie Calepins SIEFEGP
31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 09:40

 

Distinctions 2017 | Prix poétiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

Le Prix international de poésie de

 

 

l'Académie Claudine de Tencin

 

 

 

 

Ce prix international de poésie récompense des œuvres poétiques de femmes et/ou sur les femmes et le genre le 8 avril de chaque année durant le festival Megalesia afin de célébrer les femmes et le genre en poésie.*

 

 

Membres du Jury 2017 de l'Académie Claudine de Tencin

 

Nelly Sahyouni-Taza, Éric Guillot, Cyril Bontron & Dina Sahyouni

 

 
  • Selon les votes du Jury,

le Premier Prix international de poésie a été attribué ex aequo aux recueils La Malcontente par Camille Aubaude, Éditions La Maison des Pages & Femmes du monde entier contre les violences, récits-poèmes par Annpôl Kassis, Éditions Le Dormeur du Val ;

le Deuxième Prix international de poésie a été attribué au recueil L'heure limicole par Nathanaël, Éditions Fidel Anthelme X.

 

Une journée d'études en ligne et/ou en version imprimée sera consacrée en 2018 aux recueils cités ci-dessus en partenariat avec Le Pan poétique des muses.

Nous publions ci-dessous des présentations des ouvrages récompensés.

 

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Présentations des recueils

Images des attestations du prix honorifique, la signature de la présidente a été biffée par sécurité, photographies fournies par LPpdm
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Images des attestations du prix honorifique, la signature de la présidente a été biffée par sécurité, photographies fournies par LPpdm

Images des attestations du prix honorifique, la signature de la présidente a été biffée par sécurité, photographies fournies par LPpdm

 

Camille Aubaude, « Biographie détaillée et présentation de La Malcontente aux Éditions La Maison des Pages »

 

Annpôl Kassis, « Présentation du recueil Femmes du monde entier contre les violences (récits-poèmes) »


Fidel Anthelme X, «  Biographie de Nathanaël et présentation de L'heure limicole », voir aussi : « Nathanaël, L’heure limicole aux éditons Fidel Anthelme X, 2016 » et « Écriture de l'ennui dans Nathanaël, L'heure limicole, Fidel Anthelme X, coll. « La Motesta », 2016 »

 

 

 

* Nous comptons publier un document détaillé en ligne de cette distinction avant 2018.

 

***

Pour citer cet avis


Le Pan Poétique des Muses (LPpdm), « Le Prix international de poésie de l'Académie Claudine de Tencin », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Distinctions 2017 « Prix poétiques de la SIÉFÉGP », mis en ligne le 31 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/prix-tencin.html

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans Distinctions SIEFEGP
31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 09:39

 

Distinctions 2017 | Prix poétiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

Biographie détaillée et présentation de

 

 

La Malcontente aux Éditions La Maison des Pages

 

 

Camille Aubaude

 

Rédactrice de la revue LPpdm, membre de la SIÉFÉGP

responsable de la rubrique en ligne Chroniques de Camille Aubaude

Sites officiels : http://www.camilleaubaude.com/

& www.lamaisondespages.com/

Blog officiel : https://camilleaubaude.wordpress.com/

 

Biographie analytique

 

  • Études de lettres et de cinéma à l’université Paris III Sorbonne nouvelle

  • Enseigne la littérature française au lycée mixte de Ghardaïa en Algérie (1980-81)

  • Étudiante aux cours de Michel Foucault, Gilles Deleuze, Serge Daney, Hélène Cixous, Julia Kristeva, Florence Delay et Jacques Derrida

  • Rencontres avec Henri Michaux et Jorge Luis Borges qui vont influencer sa poésie

  • Membre fondateur d'Archéo-Nil, au Cabinet d’Égyptologie du Collège de France ; elle suit les cours d’Yves Bonnefoy et de Jacques Roubaud.

  • Membre de l’Association Interdisciplinaire de Recherches sur l’Épistolaire (AIRE) et du comité de SOS sexisme.

  • Poste de lecteur à l’université du Yarmouk, en Jordanie (1992-93)

  • Directrice et fondatrice de la collection de poésie « La maison des pages »

  • Présidente de l’Académie Littéraire de France et d’Outre-Mer (ALFOM) au Palais du Luxembourg, Sénat, où, elle invite notamment Claude Vigée, Laurens Fels, Anne Mounic, Marie-Hélène Breillat, Philippe Cantraine

  • Membre du comité de rédaction de la revue féministe, internationale et multilingue de poésie, Le Pan poétique des muses (LPpdm) et de la SIÉFÉGP (Société Internationale d’Études des Femmes et d’Études de Genre en Poésie)


 

Œuvre


 

L’œuvre de Camille Aubaude se décline sous plusieurs formes : poésie, essais, journal et récits de voyage, critiques d’art et de cinéma, film, photomontages, traductions de poésie, études féminines et universitaires.

  • Doctorat de Lettres modernes sur Le Mythe d’Isis de Gérard de Nerval, sous la direction de Julia Kristeva après une bourse d’études en 1986, au Caire, puis à Chicago, en 1987.

  • Elle confie au poète Claude Vigée une copie de La Maison des Pages et de L’absolue retraite de Léonard de Vinci qui seront publiés par la suite. La rencontre avec Claude Vigée, en 1995, a été organisée par Renée Waissman.

  • Assani Fassassi lui fait connaître Léopold Sédar Senghor à l’Unesco en 1996. Elle lui remet le tapuscrit de son recueil Ni prière, ni misère et il écrit : « Un imaginaire féminin, secret, fécond, inoubliable. L’union de l’Orient et de l’Occident, de l’amour et de la solitude, de la culture et de la liberté me fait entendre votre chant immense et déchaîné. »

  • Les Poèmes d’Amboise, les Poèmes satiriques et les épyllions de L’Ambroisie sont co-édités au Pérou, avec l’Université Ricardo Palma, à Lima.

  • Écriture du Voyage en Orient à Salta en Argentine, en 2009.

L’essai sur le Mythe d’Isis a fondé un nouveau mythe littéraire. L’apport de Camille Aubaude à la théorie littéraire avec Lire les femmes de lettres sert à repenser les violences faites aux femmes, qu’elle exprime par la transpoésie. Le Voyage en Orient évoque une quête universelle, qui se déroule dans le sens de la Déesse Isis.


 

Poésie

 

Camille Aubaude s’attache à faire connaître la poésie lyrique en France et l’influence des femmes dans ce domaine. Depuis sa traduction Christine de Pizan en français moderne, elle est devenue la poétesse française contemporaine la plus traduite, principalement pour Poèmes d’Amboise, publiés par deux universités étrangères. La diversité de cette création contemporaine renvoie toujours au mythe d’Isis.

 

Les textes imprégnés des mythologies égyptienne et grecque actualisent les thèmes essentiels de la poésie en prenant parfois appui sur les formes fixes (ballades, rondeaux, ode sapphique et sonnet). Voir la bibliographie et les études qu’elle a suscitées.

 

Revues

Camille Aubaude a participé à la fondation des revues Artifice et Visuelles, des femmes et des images (Joinville le Pont). Elle a publié dans des revues telles que : Filmographe, Les Mots pour le dire (Genève), Les Deux écrans (Algérie), L'Imbécile de Paris, Œuvres & Critiques XVII (Tübingen), Textuel, Phréatique, N.R.F., Romantisme, La Quinzaine littéraire, Les Dossiers H, LITTÉRAlement, L’Infini, Chemins de traverse, La Salamandre, Poésie & Art (Israël), L’Agendatologia (Mexique), Le Capital des mots, In-fusion, Temporel.fr, Palabras sin fronteras, Fornix (Pérou), Le Pan poétique des muses (Grenoble).

 

Lectures

 

  • Lecture des Poèmes d'Amboise au Cercle Anna de Noailles à Paris, par Delphine André, Alexandre d'Oriano, Yannick Warnier et Tachia Quintanar, comédiens, film de Jérémy Véron (2010).

  • Lecture du recueil Anankê ou la Fatalité par la comédienne Marie-Hélène Breillat, filmée par Galya Milovskaya-Dessertine.

  • Lecture de « Pétra » et des poèmes d’Ivresses d’Égypte, dit par Camille Aubaude, à l’Hôtel de Ville d’Amboise, Salle des Mariages, le samedi 19 mars 2003.

  • Lecture de « L’Amour au temps de Jeanne d’Arc », d’après des poèmes de Christine de Pizan, traduits et édités par Camille Aubaude. Textes dits par Camille Aubaude, chantés par Iégor Reznikoff, accompagnés à la harpe par Lucie Morice au Théâtre de l’île Saint Louis-Paul Rey, en septembre 2004.

  • Lecture des Poèmes d’Amboise et des poèmes de Christine de Pizan, traduits et édités par Camille Aubaude, dits par la comédienne Sabeline Amaury, à l’Hôtel de Ville d’Amboise, Salle des Mariages, le samedi 14 octobre 2006.

  • Lecture de Chant d’ivresse en Egypte, sous le titre « Aubade à la Sphynge », par Delphine André et Sylvia Cogan ; répétition du 29 mars filmée par Galya Milovskaya, « Un soir à la Vénus noire » (2010).

  • « Dialogues de poésie », lecture et enregistrement dans la collection d'entretiens entre Camille Aubaude et des poètes contemporains tels qu'Yves Bergeret, Geneviève Laporte, Bernard Giusti, Renato Sandoval, Michel Eckhard Élial, Francesca Yvonne Caroutch, Jean-Luc Steinmetz.

  • Lecture de Chant d’ivresse en Égypte à la Maison de l’Amérique latine à Paris, en 2015.

 

Entretiens et colloques

 

 

  • Entretien avec Paola Gonzales lors d’une rencontre à l’université Ricardo Palma, à Lima, Pérou, le 18 février 2013, pour la préparation d’une thèse de doctorat « Mythes et obsessions », sous la direction de Rosario Valdivia.

  • Entretien avec la chanteuse Anna Prucnal, dans Visuelles, des femmes et des images, en avril 1980.

  • Actes du colloque Journée Nerval du 29 janvier 2005, pour le 150è anniversaire de la mort de Gérard de Nerval, sous la direction de Camille Aubaude et Christian Besse-Saige (éd. Hybride, Saint Germain en Laye, 2005).

  • Actes de la Journée d’étude de Metz - (5 juillet 2014) sur l’œuvre poétique de Camille Aubaude[. Ces actes rééditent les entretiens fondamentaux avec Patricia Godi (Maître de conférences à l’université de Clermont Ferrand) et Julien Jâlal Eddine Weiss (musicien), ainsi que l’étude « Camille Aubaude, Mémoire et terres poétiques », de Marie-Ange Bartholomot-Bessou (Maître de conférences à l’université de Bordeaux), qui constate : « Je ressens un goût et un intérêt profonds pour cette « terre de poésie » déployée dans toute l’œuvre de Camille Aubaude, son art aux multiples facettes, si dense et si riche.

 

 

Tables rondes

 

  • Table ronde au Centre Wallonie-Bruxelles de Paris sur « Le Paris-chimère de Gérard de Nerval », présidée par Camille Aubaude, avec Tony James et Jean-Yves Masson (débat de la Bibliothèque Publique d’Information de Beaubourg « hors les murs », pour une promenade littéraire coordonnée par Francine Figuière), le 23 novembre 1998.

  • Table de poésie « Homenaje a las animas », avec Leda Garcia, Sherezada Vicioso, Graciella Genta et Camille Aubaude, accompagnées de spectacles musicaux à la Casa fuerte del Indio Fernandez. En 2005.

  • Table ronde pour le colloque international « Art, genre, société », au Reid hall, Columbia University of Paris et Barnard collège, en janvier 2010.

Audiovisuel

Elle intervient sur des plateaux de télévision, dans des émissions de France-Culture, tant en France qu’à l’étranger :

  • Animatrice d’une table ronde télévisée sur Lire les Femmes de lettres, au Centre culturel français de Damas. Invitées : les écrivaines syriennes Myriam Antaki et Colette Khoury

  • Participation à l’émission Promenade Littéraire sur la chaîne TV5 en 1999, devant la Maison de la Poésie de Paris, pour la promenade littéraire sur Gérard de Nerval organisée par le Centre Georges-Pompidou (Beaubourg).

  • Présentation de La Maison des Pages, maison d’écrivain et de création poétique sur France 3 Tours Soir.

Elle réalise :

  • Une interviewe de Marguerite Duras avec Roger Knobelspiess aux « Roches noires » pour son essai Lire les Femmes de lettres.

  • Un court métrage expérimental Rêve nu, libre adaptation d’un de ses textes poétiques Rêve nu, CD-Rom interactif (G.R.E.C.). Scénario et réalisation : Camille Aubaude. Acteurs : Camille Aubaude, Marie Lemire, Xavier Cottrell, photographie Erwin. Huppert, infographie Manuel Brunel, musique de Julien Weiss et l’ensemble Al Kîndî.

Traductions

 

  • Traduction en français de Roberto Salvatierra, poète de Salta, ami de Borges et critique de Duras.

  • Traduction et publication de poètes latino-américains dans Tant de Philomèles en ce monde, op. cit.

  • Traduction et publication de poètes latino-américains dans les Actes de la Journée d'Études autour de ses deux derniers livres : Impression inimaginable et La Malcontente. Ces recueils, avec photographies, s’inscrivent dans la série des colloques et des séminaires étudiant la problématique des violences faites aux femmes.

  • Traduction en français de La Lune aux Rayons brisés, Haïkus de Satoko Tamura, Publibook, « La maison des pages », 2009.

 

 

Bibliographie


 

  • 1985 : Lacunaire (poèmes), tapuscrit, Paris

  • 1991 : Isis 1 à 7 (poèmes, 7 volumes), éd. Gabrielle D., Vendôme ; Anamorphoses d'Isis, Paris, Université Paris VII, (Doctorat de Lettres modernes). Tapuscrit

  • 1993 : Lire les femmes de lettres (essai), Paris,  éd. Dunod, 276 p., broché

  • 1997 : Gérard de Nerval et le mythe d'Isis (essai), Préface de Claude Pichois, éd. Kimé ; Le Voyage en Égypte de Gérard de Nerval (essai), Paris, éd. Kimé

  • 2000 : Anankê ou la Fatalité (poèmes), Paris, éd. La Bartavelle, « Poésie »

  • 2002 : La Maison des Pages (récit gothique,), Préface de Claude Vigée, éd. La Bartavelle, Aumage éd.

  • 2003 : Ivresses d'Égypte (poèmes et proses), Aumage éd., coll. « La Maison des Pages », 76 p.

  • 2004 : L'Égypte de Gérard de Nerval (recueil d'articles), Paris, éd. Publibook, Lettres et Langues, 84 p. ; L’Absolue Retraite de Léonard de Vinci (nouvelle), avec une traduction en anglais de Tony James, Paris, Aumage

  • 2005 : « Lorelei » (poème), « Hiéroglyphes » (poème, avec la traduction en hébreu de Claudine Elnécavé)

  • 2005 : Gallia ou l'amour véritable (récit), Aumage éd., 146 p.

  • 2007 : Poèmes d'Amboise, éd. La Maison des Pages et réédités dans La Sphynge en 2009, traduits et édités dans plus de vingt langues

  • 2009 : Chant d'ivresse en Égypte, (livre d'artiste), poème avec les lithographies de Danielle Loisel, Signum éditeur. de livres d’artiste ; La Sphynge (poèmes), Paris, éd. L'Ours blanc

  • 2010 : Poèmes satiriques, (poèmes et photos), Paris, éd. La Maison des Pages

  • 2011 : Le Promeneur du Mont aux Vignes, suivi du Tabernacle (poèmes, livre d’artiste, conçu par Vivian O’Shaughnessy) ; Io, la Vache sacrée (épyllion en prose, livre d’artiste, ibid)

  • 2012 : L'Ambroisie, (nouvelles avec photos), Paris, éd. La Maison des Pages ; Poèmes choisis, mini-livre, Paris, éd. La Maison des Pages ; Ballades (poèmes, livre d’artiste, conçu par Vivian O’Shaughnessy) ; Alexandrie ou la colère d’Ariane (épyllion en prose, livre d’artiste, ibid.) ; Le Messie en liesse, (poèmes)

  • 2013 : Voyage en Orient (récit, poèmes), 2è Prix Marguerite Yourcenar

  • 2014 : Impression Inimaginable, Paris, éd. La Maison des Pages

  • 2015 : La Malcontente (poèmes et photos) ; « Céline », Le Pan poétique des muses | Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre no 6 [En ligne], mis en ligne le 11 novembre 2015

  • 2016 : Tant de Philomèles en ce monde, op. cit. ; Quatorze chansons (poèmes), dans le Semainier des Muses, no 5, op. cit.

 

 

Festivals internationaux de poésie

 

  • « Rencontres internationales de Misiones » sur l'interprétation de Borges en France et de Duras en Argentine

  • « Rencontres internationales de poètes » à Maghar en Israël invitée par le poète druze Naïm Araydi

  • « Forum des poètes » de l'université de Haïfa

  • « Festival mexicain du Pais de las nubes », « le Pays des Nuages », à l'invitation d'Emilio Fuego qui la charge de faire participer des poétesses françaises en relation avec la poétesse Lina Zerón

  • Le Printemps des Poètes, France, 2010

  • « Feria del Libro de La Havane», à Cuba, en 2012 (seule poétesse française invitée et à obtenir un prix)

  • « 1er FIPLIMA » (Festival International de la Poésie de Lima) au Pérou (présentation de la traduction des Poèmes d’Amboise, Poemas de la Morada de las Paginas, due à Rosario Valdivia

  • « Festival international Nuit de Poésie », de Curtea de Arges, en Roumanie, en 2012 où elle présente des livres d'artistes en collaboration avec la peintre new yorkaise Vivian O’Shaughnessy ; les livres de ces invités sont présentés lors des festivals internationaux ainsi qu’à La Maison des Pages

  • Europoems, Paris, 2013

     

 

Principales études sur l’œuvre de Camille Aubaude

 

  • « Les Femmes de lettres », par Danièle Gasiglia-Laster, Romantisme n° 85, 1994.

  • « Le miroir de Nerval », par Michel Brix, Romantisme, n° 102, 1998.

  • Préfaces de Claude Pichois (Le Mythe d’Isis) et de Claude Vigée (La Maison des Pages).

  • « Une femme de lettres », par Alain Clerval, La Salamandre, 2011.

  • « Camille Aubaude, les Chemins d’un auteur », Chemins de traverse, n° 47, 2012.

  • « Sur la traduction de la poésie de Camille Aubaude », Rosario Valdivia, dans VI Congreso International de la Lengua española, à Panama, 2013, et nombreuses rééditions, dont dans Un espace poétique pour la femme.

  • Françoise Urban Méninger sur Lire les femmes de lettres : http://www.e-litterature.net/publier2/spip/spip.php?page=article5&id_article=1186

  • « Camille Aubaude, Mémoire et terres poétiques », par Marie-Ange Bartholomot Bessou, 2013. Dans L’Ambroisie et dans Un espace poétique pour la femme.« Mythes et obsessions », entretien avec Paola Gonzales lors d’une rencontre à l’Université Ricardo Palma, à Lima, Pérou, le 18 février 2013, pour la préparation d’une thèse de doctorat sous la direction de Rosario Valdivia, dans Un espace poétique pour la femme.

  • Entretiens avec Patricia Godi, Philippe Cantraine et Julien Weiss (plusieurs éditions numériques, dont LPpdm, voir ci-desssous).

  • « La poesia è conoscenza », par Giovanni Dotoli, étude-préface à Poesie per Amboise, Rome, 2015. Traduit en français et réédité dans Un espace poétique pour la femme.

  • Actes de la Journée d’étude de Metz (2014) sur l’œuvre poétique de Camille Aubaude : Un espace poétique pour la femme, 2016. https://r.academia.edu/CamilleAubaude

  • http://www.pandesmuses.fr/2015/11/lecture-reception-camille-aubaude.html

  • « Édito » des Quatorze chansons par Dina Sahyouni, dans le Semainier des Muses n° 5, dédié à la poésie de Camille Aubaude. op. cit.. Voir aussi Dina Sahyouni sur le Sevrage, dans Tant de Philomèles en ce monde, op. cit.

 

 

Présentation de La Malcontente

 

 

© Crédit photo : 1ère de couverture illustrée par un portrait de l'autrice (photo à venir)

 

 

La poétesse française Camille Aubaude a écrit un livre essentiel sur le viol collectif et le viol à la caméra dont elle a été victime, La Malcontente (Paris, 2015). Elle y reproduit l’appel de l’ONU pour l’égalité des sexes sur le plan de la justice : « Toutes les filles, où qu'elles soient, doivent pouvoir vivre sans crainte et sans violence ».

Un imaginaire et une écriture littéralement féminins sont à découvrir dans La Malcontente. Comme les autres livres  de Camille, La Malcontente traite « du dimorphisme sexuel, du patriarcat, du matriarcat, du « génie au féminin », constate Dina Sahyouni. « Marquée par la révolte et l’ironie, la poésie de Camille propose une vision féministe de la littérature, en particulier sur les questions poétiques. Camille ne peut écrire sans songer aux femmes « autrices » et « poétesses » et à leur condition dans le monde littéraire. Chargée de références culturelles sur le féminin et le masculin, la poésie de Camille se revendique désormais de la « transpoésie » (« Intro » de La Malcontente, 2015, p. 5). Telle sa poésie, Camille Aubaude est une âme nomade dans les labyrinthes du temps, et une éternelle prêtresse de l’amour de la liberté » (dans Quatorze chansons, Édito, op. cit.).

 

La Ministre de la Santé, Marisol Touraine, a écrit sur le recueil Impression inimaginable, qui préfigure La Malcontente : « Vos photos sont magnifiques ! Et vos textes d’une force qui m’émeut. » (lettre manuscrite, 13 février 2015)

Francesca Yvonne Caroutch, poétesse, essayiste, constate que « La Malcontente transmute les flammes de l’enfer. « Le poids en diamants des nébuleuses ne pourrait payer le joyau dans les cuisses des femmes », a écrit Léon Bloy. Le viol, quand c’est très violent, est un électrochoc qui donne le génie. »  (courriel, 3 janvier 2015) « Une fleur vénéneuse qui distille la noirceur qui irrigue notre monde, écrit Françoise Urban-Menninger. Tu as su porter à la lumière ta part d'ombre, c'est magnifique! » (courriel, 21 mars 2016)

 

Vu qu’elle a été réellement morcelée, à l’instar d’Osiris, il y a une cohérence dans les cassures de Camille. Le morcèlement d’une société en mutation est l’un des thèmes qui l’inspirent. Camille est sincère, et elle a ceci de plus que tout autre poète, cette cohérence interne, réellement en accord avec ce qu’elle pense, inaliénable et nécessaire.

Camille n’emploie pas seulement ses compétences linguistiques, elle a une intelligence de la musique des mots. Sa quête de l’unité est le terreau où elle cultive sa personnalité, qui imprègne la Maison des Pages.

 

« J’ai été tout particulièrement touchée par La Malcontente. C’est un très beau livre malgré l’horreur que vous y décrivez et je tiens à vous féliciter, et à vous remercier aussi, pour votre courage d’avoir écrit ces lignes. Je sais qu’elles sont nombreuses dans votre cas, à ne jamais rien oser dire et à garder ce secret qui les empoisonne le restant de leur vie, quand il ne les fait pas s’éteindre prématurément. Au moins, et à votre manière très belle, vous avez craché le morceau. »

Viviane Thibaudier, Ancienne présidente de la Société Française de Psychologie Analytique – SFPA –, Ancienne directrice de l’Institut C. G. Jung de Paris, courriel « La Trèscontente », 5 avril 2017.

 

Ce recueil a été récompensé par

Le Premier Prix international de poésie 2017

de l'Académie Claudine de Tencin

 

***

 

Pour citer ce texte


Camille Aubaude, « Biographie détaillée et présentation de La Malcontente aux Éditions La Maison des Pages », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Distinctions 2017 « Prix poétiques de la SIÉFÉGP », mis en ligne le 31 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/distinctions-malcontente.html

 

 

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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 09:38

 

Distinctions 2017 | Prix poétiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

 

 Biographie de Nathanaël

 

 

et présentation de L'heure limicole

 

 

 

 

 

Fidel Anthelme X

 

 

Biographie de Nathanaël

 

 

Nathanaël est l’auteure de plus de vingt livres écrits en anglais et en français dont notamment Feder (2016), The Middle Notebookes (2015), Sotto l’immagine (2014) et Carnet de somme (2012). L’essai de correspondance, L’absence au lieu (Claude Cahun et le livre inouvert) (2007), dont la contre-verse, Absence Where As (Claude Cahun and the Unopened Book) (2009), est également signée Nathanaël, est un parmi plusieurs (auto-)traductions à qui il manque la version originale. Reconnue par plusieurs prix et bourses dont le Prix Alain-Grandbois, le Triangle Publishing Award inaugural, ainsi que des bourses du CNL et de la PEN American Centre, l’écriture de Nathanaël est traduite en basque, en espagnol (Mexique), en grec, et en slovène, dont plusieurs livres en bulgare et en portugais (Brésil). Une journée d’études lui a été consacrée à l’ENS-Lyon en 2011.

 

Ses livres sont par ailleurs édités aux États-Unis, au Québec, et en France. De Sotto l’immagine Alain Jugnon a écrit : « Toute la prose de Nathanaël cherche le poème terminale, le poème qui passe à l’acte, passe par la fenêtre, invente l’en dehors de l’être, ce qui n’est pas être mais devenir, innocemment. Il n’existe pas de poème plus prosaïque que ce que tente aujourd’hui l’écriture de Nathanaël. Le récit chez ce poète ne parle de rien, n’évoque pas, ni ne convoque : cette écriture est en mouvement vers l’homme nouveau, origine et fin de toute philosophie comme de toute littérature. En haine du roman et en haine du cinéma, Nathanaël invente une nouvelle manière d’enregistrer et de représenter le vivant humanisé. Nommons cela une pictogrammatologie érotique. » Traductrice également, d’ouvrages de Hervé Guibert, de Danielle Collobert, d’Édouard Glissant, de Catherine Mavrikakis, et de Hilda Hilst (cette dernière en collaboration avec Rachel Gontijo Araújo), Nathanaël vit à Chicago, les mains plongées dans l’Atlantique.

 

Œuvres

 

L'heure limicole, 2016

Feder. Nightboat 2016.

Laisse (rejet apparent). Mémoire d’encrier 2016.

The Middle Notebookes. Nightboat 2015.

Asclepias : The Milkweeds. Nightboat 2015.

Sotto l’immagine. Mémoire d’encrier 2014.

Laisse. Recours au poème 2014.

Sisyphus, Outdone. Theatres of the Catastrophal. Nightboat 2012.

Carnet de somme. Le Quartanier 2012.

Carnet de délibérations. Le Quartanier 2011.

We Press Ourselves Plainly. Nightboat 2010.

Absence Where As (Claude Cahun and the Unopened Book). Nightboat 2009.

At Alberta. BookThug 2008.

...s’arrête ? Je. L’hexagone 2007.

L’absence au lieu (Claude Cahun et le livre inouvert). Nota Bene 2007.

Touch to Affliction. Coach House 2006.

Je Nathanaël. BookThug 2006.

L’injure. L’hexagone 2004.

Je Nathanaël. L’hexagone 2003.

l’embrasure. TROIS 2002.

Somewhere Running. Arsenal Pulp Press 2000.

Underground. TROIS 1999.

Colette m’entends-tu ? TROIS 1997.

This Imagined Permanence. Gutter Press 1996.

hivernale. GREF 1995.

 

 

 Présentation de L'heure limicole

 

 

 

 © Crédit photo : 1ère de couverture des éditions Fidel Anthelme X, prise par LPpdm

 

 

 

 

 

Ce recueil a été récompensé par

Le Deuxième Prix international de poésie 2017

de l'Académie Claudine de Tencin

 

***

 

Pour citer ce texte


Fidel Anthelme X, «  Biographie de Nathanaël et présentation de L'heure limicole », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Distinctions 2017 « Prix poétiques de la SIÉFÉGP », mis en ligne le 31 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/distinctions-limicole.html

 

 

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