28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 17:02

 

Critique & réception

Anick Roschi

 

Le voyage des ombres

 

Éditions du Cygne, coll. Poésie francophone, 62 p.

 

Dina Sahyouni

 

 

 

© Crédit photo : 1ère de couverture de l'ouvrage illustrée par Anick Roschi

 

 

 

Le voyage des ombres est un recueil dense à portée historique et politique. Il appartient à la poésie mémorielle. Le poète s'inspire des événements dramatiques qui ont secoué le XXème siècle pour composer un pan mémoriel de poèmes sur lequel il transcrit simultanément sa révolte et sa peine. En rendant ainsi hommage aux victimes et en criant l'horreur de l'humain à l'égard de ses semblables, il se transforme en poète témoin, chroniqueur et historien des violences et des crimes contre l'humanité commis partout sur cette planète. Ce recueil porte donc les stigmates des temps de haine jusqu'à faire disparaître le verbe et se retrouver dans le poème nominal dans « Baisers volés » (décrivant la dictature de 1976 en Argentine).

Les mots dénudés de tout artifice tracent des figures et font jaillir du néant instauré par la haine les mémoires vives des victimes dans plusieurs poèmes tels : « Bouquet » (p. 10), « Immortelle » (p.12), « Boucles » (magnifique poème inspiré des horreurs d'Auschwitz, p. 13), « Présent » (p. 16), « Les oiseaux » (p. 17), « Panthère » (p.22), « Ébène » (p. 23), « Ta fille où est-elle? » (p. 52)...

L’oxymore et la litote sont omniprésents dans cet ouvrage et la douceur des mots dévoile autrement l'horreur des injustices battantes. Le poète Anick Roschi emploie la poésie comme un vecteur de témoignage.  Oui, la poésie peut rendre, à l'instar du roman historique et du roman-témoignage, le réel laid de notre humanité à travers la beauté des mots et la grâce de leurs musiques. La poésie n'est sûrement pas une panacée, mais elle est parfois un requiem et une sarabande. Elle est l'arme blanche des non violents révoltés. Ainsi, la douceur et la beauté viennent contrebalancer la haine et enrayer la machine de la loi du talion, de la vengeance et de « la violence qui engendre la violence ».

Ponctué d'illustrations intéressantes et dûment documenté, ce recueil-témoin est un pan mémoriel et un hymne à la non violence et aux victimes de la « banalité du mal » (dont parle Hannah Arendt) ancrée en nous. À lire absolument ! *

 

* Page du livre aux éditions du Cygne : http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-voyage-des-ombres.html

 

***

Pour citer ce texte

Dina Sahyouni, « Anick Roschi, Le voyage des ombres, Éditions du Cygne, coll. Poésie francophone, 62 p. », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 28 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/voyage.html

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 17:18
 

 

Newsletter : invitation &

 

précis de nos activités éditoriales de février-mars 2017

 

Chère lectrice, cher lecteur,

 

L'équipe de la revue Le Pan poétique des muses souhaite la bienvenue aux nouveaux membres de son comité scientifique Maggy de Coster, Hans G. Ruprecht et à Sarah Mostrel (collaboratrice régulière) !

La société internationale d’études des femmes et d’études de genre en poésie (SIEÉFÉGP) souhaite la bienvenue à Emmanuel Tho Bi dans son groupe de recherche indépendant !

La rédaction de Grenoble démarre cette semaine la réédition du Numéro spécial 2016, la mise en pages du sixième numéro du Pan poétique des muses sous la direction de Françoise Urban-Menninger et de Sevrage de Camille Aubaude.

La société internationale d’études des femmes et d’études de genre en poésie lance aussi cette semaine le premier colloque international sur "Les théoriciennes de la poésie".

L'Académie Claudine de Tencin a déjà présélectionné les ouvrages suivants pour son prix international de poésie de 2017 :

La Malcontente de Camille Aubaude & L'heure limicole de Nathanaël

 

La rédaction a le plaisir de vous inviter au Printemps des Poètes au féminin :

 

 

Lettre n°10

 

Nous fêtons dans ce numéro

 

Le Printemps des Poètes au féminin

 

jusqu'au 31 mars 2017

 

Vos poèmes, nouvelles, contes, pensées, fragments, lettres, chroniques,

traductions, articles, illustrations, entretiens et vidéos

sont les bienvenus pour paraître dans cette Lettre

jusqu'au 31 mars selon nos possibilités.

Thèmes privilégiés : l'« Afrique », l'« amitié » & l'« amour » :

 

 

 
Au plaisir de vous lire et publier,
Rédaction de la revue LPpdm,
Revue LPpdm, Association SIEFEGP
24 rue Lucien Andrieux.
38100 Grenoble. France
contact.revue@pandesmuses.fr
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http://www.facebook.com/RevueLPpdm
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Le Pan poétique des muses est une initiative labellisée par

le Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes :

http://www.familles-enfance-droitsdesfemmes.gouv.fr/initiative/le-pan-poetique-des-muses/

 

 

************************************************************
La Société Internationale d'Études des Femmes et d'Études de Genre en Poésie (sigle SIÉFÉGP,
association bénévole à but non lucratif) a besoin de votre soutien. Nous vous invitons à nous soutenir financièrement par l'achat de nos ouvrages (http://www.pandesmuses.fr/catalogue-pan-des-muses)
 

***

Pour citer ce texte

LPpdm, « Newsletter : invitation & précis de nos activités éditoriales de février-mars 2017 », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 27 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/newsletter.html

 

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Cette page sera actualisée en mars 2017

Dernière mise à jour  le 3 mars 2017.

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 14:16

 

Poèmes inédits

 

 

L’artiste & Le message

 

 

Vojka Milovanovic

 

Pays : Serbie

 

L’artiste

 

Ton regard caché dans mes yeux

Et ton bisou sur mes lèvres

Ta main flotte sur mon corps

Frémissant sous les vagues

De ta passion,

De ma passion

Qui avalent

Mes bras,

Mes jambes,

Ma tête,

Mon cœur...

Toi, mon artiste

Tu crées une autre moi.


***

 


Le message

 

La pluie frappe

À ma fenêtre

Le vent joue avec les feuilles jaunes

Le moineau s’y cache

Je suis debout

À côté de la fenêtre

Je cherche ton parapluie rouge

Dans ce paysage gris

Je veux entendre

Le bruit de tes chaussures

Je cherche ta silhouette

Venant par ce chemin de pierre

Les nuages lourds

appuient ce paysage…

Un coup à la porte

Mon cœur bat,

J’ouvre et je vois

Un message de deux mots

« Éteins-moi ! »

 

***

Pour citer ces poèmes

Vojka Milovanovic, « L’artiste » & « Le message », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 27 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/artiste.html

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 11:05

 

 

Revue des éditrices & éditeurs en poésie

 

 

Les nouveautés des éditions

 

 

L'Échappée Belle

 

 

 

L'Échappée Belle vous présente les nouveaux livres de sa collection « Ouvre-Boîtes » :

 

 

Rosetta (suivi de Philae) de Nicolas Grenier

 

 

Poème narratif techno-scientifique écrit en haïkus,"Rosetta (suivi de Philae)" raconte, de façon documentée, avec une réelle sensibilité aux phénomènes décrits ainsi qu’un sens aigu du rythme et de la musicalité des mots, les différentes étapes de la mission spatiale Rosetta.

En lisant ce poème, nous sommes presque physiquement embarqués dans cette aventure, qui acquiert, grâce au talent de l’auteur, une authentique dimension lyrique.

Un vibrant hommage aux hommes de sciences, qui ont rendu possible cette contemporaine épopée !

Ce récit a le mérite de nous dépayser de la thématique trop souvent conventionnelle et limitée des haïkus. Nicolas Grenier renouvelle le genre, et lui donne un nouveau souffle.

 

Lire le poème extrait de ce recueil : Nicolas Grenier, « Mission Rosetta »

 

Titre : Rosetta (suivi de Philae)

Poète : Nicolas Grenier

Genre : Poésie

Collection : Ouvre-Boîtes

Nombre de pages : 67 p.

Date de parution : Octobre 2015

Prix : 14 euros

ISBN : 978-2-919483-389

Page dédiée au recueil chez l'éditeur : http://www.lechappeebelleedition.com/nicolasgrenier_rosetta.html

 

***

 

Hier Demain Jamais de Gérard Georges


 

Ce recueil de poésies, le titre est assez explicite, veut rendre sensible – perceptible – au lecteur le caractère mouvant des choses, leur impermanence consubstantielle : cela même qui s’achève puis disparaît pour toujours et à jamais… en attendant le lendemain, qui recommencera une comparable sarabande – comme hier. Et l’auteur de convoquer pour nous les apparitions disparaissantes des phénomènes, les intempéries qui rythment le temps.

La saveur des mots, parfois volontairement désuets et de ce fait suggestivement nostalgiques, à la manière du « il était une fois » des contes, contribue à enclencher la « magie » revendiquée par le poète ; mais plus encore et surtout le lecteur est sensible au flux d’images, de paysages, de sensations d’une grande inventivité verbale, dont sont tissés les poèmes.

 

Lire le poème extrait de ce recueil : Gérard Georges, « Hier Demain Jamais (extrait) »
 

Titre : Hier, Demain, Jamais

Poète : Gérard Georges

Genre : Poésie

Collection : Pioche

Nombre de pages : 50 p.

Date de parution : Novembre 2016

Prix : 10 euros

ISBN : 978-2-919483-44-0

Page dédiée au recueil chez l'éditeur : http://www.lechappeebelleedition.com/gerardgeorges_hierdemainjamais.html

 

***

 

Palimpsestes de Luc-André Rey

 


 

Ce livre publié à titre posthume mais avec l’accord et sous le contrôle de l’auteur, rassemble une sélection de ses derniers poèmes. La cohésion n’obéit, consciemment du moins, qu’à une seule règle d’unité : celle de la période où les différentes pièces du recueil furent écrites.

Qu’y trouvons-nous ? – une voix.
 

Ces poésies nous disent inlassablement une relation singulière : ce qui unit l’énonciateur au monde. Luc-André Rey explore la continuité du sujet avec ses alter ego humains, les êtres, les choses, le vide, la mort, ce qui finit et ce qui naît. Cette fascination pour les rebords et les marges, les points d’accès au-dessus du gouffre et des anfractuosités de la vie, donne à sa voix sa qualité propre, d’une indéniable oralité… avec sa rythmique, son souffle, son débit, ses phrases suspendues à mi-chemin, comme devant un précipice.

 

Lire des poèmes extraits de ce recueil : Luc-André Rey, « Extraits de Palimpsestes »

 

Titre : Palimpsestes

Poète : Luc-André Rey

Genre : Poésie

Collection : Ouvre-Boîtes

Nombre de pages : 90 p.

Date de parution : Janvier 2017

Prix : 15 euros

ISBN : 978-2-919483-45-7

Page dédiée au recueil chez l'éditeur : http://www.lechappeebelleedition.com/lucandrerey_palimpsestes.html

***

 Le vieux baobab et le vieux chêne de Daouda Keita

 

 

Ce recueil de poésies est nourri des expériences diverses qui ont émaillé la vie de l’auteur, Malien de naissance, Français par choix ; militant associatif et maintenant élu municipal de sa ville, Bagnolet. L’immigration et ses affres, les inégalités de fortune, l’amour, la géopolitique durement clivée entre Nord et Sud, voici autant de thèmes ressassés, chroniqués sous toutes leurs facettes par un homme à l’écoute de la misère sociale, mais également confiant dans les forces vives de ce monde.

Léopold Sédar Senghor est la grande présence qui accompagne Daouda Keita tout le long de son cheminement poétique ; Senghor le chantre tout ensemble de l’africanité, de la femme, du métissage et du dialogue entre les civilisations ; et inséparablement homme d’action. Keita justement, à travers ces poèmes, souhaiterait réconcilier le pays du baobab et celui du chêne, les unir dans un même amour et avec une semblable familiarité ; et cautériser chacune de leurs plaies.

 

Lire des poèmes extraits de ce recueil : Daouda Keita, « Le vieux Baobab et le vieux Chêne (extraits) »

 

Titre : Le vieux Baobab et le vieux Chêne

Poète : Daouda Keita

Genre : Poésie

Collection : Pioche

Nombre de pages : 81 p.

Date de parution : Septembre 2016

Prix : 16 euros

ISBN : 978-2-919483-43-3

Page dédiée au recueil chez l'éditeur : http://www.lechappeebelleedition.com/daoudakeita_levieuxbaobab.html

***

Pour citer ce texte

L'Échappée Belle (éditions), « Les nouveautés des éditions L'Échappée Belle », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 27 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/echappee-belle.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 10:51

 

Poèmes

 

Le vieux Baobab et le vieux Chêne

 

(extraits)

 

Daouda Keita

Extraits reproduits avec l'aimable autorisation

des éditions l’Échappée Belle et l'auteur

 

 

© Crédit photo : 1ère de couverture de l'ouvrage

 

***

[p. 34]

La femme

 

La femme ma mère

Cette sève nourricière

La femme mon épouse

Cette source de bonheurs et de problèmes

La femme ma sœur

Cette complice et partenaire d’enfance

La femme ma fille

Cette candide fan

La femme des femmes

Que rien n’égale

La femme la femme

La femme l’Africaine

La femme 1’Européenne

La femme l’Asiatique

La femme 1’Océanienne

La femme l’Américaine

Cette inconnue

Ce fantasme

Reste une énigme.


 

[p. 44]

L’indispensable manque

 

Aussi vieille que les sociétés

Elle persiste et signe

Ses nids parsèment à travers le globe

Comme ceux des barbus

Comme ceux des boucans

Comme ceux des goélands argentés

Restent l’œuvre fatale

De la prodigalité des cieux

De l’avarice de Poséidon

L’œuvre humaine des guerres

Dans sa rage sans voix

Elle prive l’homme

De sa pitance

De son essence

Son squelette animé offre

Un crâne de potence

Des yeux larmoyants dans leurs orbites circonscrites

Un cou allongé

Les douze côtes saillantes

Surmontant un ventre évidé

Soutenu par des articulations hypertrophiées

La famine laminant

Décime le bétail

Avant les marmots

Avant les adultes.

 ***

 

Titre : Le vieux Baobab et le vieux Chêne

Poète : Daouda Keita

Genre : Poésie

Collection : Pioche

Nombre de pages : 81 p.

Date de parution : Septembre 2016

Prix : 16 euros

ISBN : 978-2-919483-43-3

Page dédiée au recueil chez l'éditeur : http://www.lechappeebelleedition.com/daoudakeita_levieuxbaobab.html

 

 

Voir aussi la présentation de l'ouvrage dans

Les nouveautés des éditions L'Échappée Belle

 

***

Pour citer ces extraits

Daouda Keita, « Le vieux Baobab et le vieux Chêne (extraits) », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 27 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/baobab.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Revue LPpdm
27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 10:16

Poème

 

Hier Demain Jamais (extrait)

 

 

Gérard Georges

Extrait reproduit avec l'aimable autorisation

des éditions l’Échappée Belle et l'auteur

 

© Crédit photo : 1ère de couverture de l'ouvrage


[pp. 32-36]

 

Impressions mouvantes

 

Un ciel où rament

des corbeaux

des étourneaux

Un paquebot de nuages

Des panses ventrues

Des bedons bedonnants

L’apex des grands hêtres

jusqu’à l’épaule de la montagne

et en bas,

tout en bas,

une mare

où coassent des grenouilles en mal d’amour

de mâle en pis

La lune y reflète son albédo couleur de miel

couleur de fiel

rament des corbeaux

des étourneaux

à ne plus rien voir, ne plus pouvoir,

je suis resté après la pluie

sur un capuchon de neige gelée

à dénombrer tous ces automnes

et ignorer les brumes hiémales,

j’ai lapidé mon temps qui se rouille

bien sûr,

l’aube vient toujours quand le ciel se délie

ou que

l’ondée se juxtapose.

Trésors d’antan

pour que s’ouvrent les écluses du temps

et que

jouent à la marelle les étoiles buissonnières.

C’était un éternel passé

qui tardait à venir.

La fenêtre ouverte laissait fluer toutes les pensées

les plus osées –les moins formelles.

Des embruns crépitaient sous les senteurs de résine.

Ton corps alangui sur la couche

-si nu, si beau, si doux-

tressautait au moindre souffle du vent.

Cette envie de te toucher

de faire l’amour

de renaître aux jours anciens

-tous ceux qui fleurissaient comme les roses de Noël-

et puis

ce demain qui déboulait tellement vite

que,

sitôt que je pus ouvrir mes yeux purulents,

je ne sus remonter

tout à l’envers

du temps.

La brume a tissé

des ombres éphémères

sur le calendrier des jours

qui ne sont plus

l’hiver est descendu des nues

il a cadenassé en silence les vents des antipodes

et ouvert la porte au souffle boréal

-celui qui pèle qui rugit qui désosse

qui exaspère aussi

rien ne vit plus que la neige

une poussière qui court de vallon en vallon –

et puis

quelques cendres d’un feu de bois

au hasard d’une coupe sombre dans la forêt

tout s’est figé

tout s’est tu

et jusqu’à l’herbe en déshérence

qui, depuis la Toussaint,

compte à rebours les nuits sans faim ni soif

qui tombent long temps

souvent

L’antépénultième soleil d’hiver

irradiait sa comptine.

Après après demain, peut-être

-ou bien alors avant avant hier-,

il serait mort.

Les épluchures d’un vent céleste

menaient grand train dans les entrailles de la terre-mère.

Moi,

je remontais mon col

je rêvais, je rêvais

j’avais rêvé aussi

mais

tout avait été tellement dit

que

cela n’aurait servi à rien

de vouloir mâcher ses mots

ni

de cacher ses maux.

 
***

 

Titre : Hier, Demain, Jamais

Poète : Gérard Georges

Genre : Poésie

Collection : Pioche

Nombre de pages : 50 pages

Date de parution : Novembre 2016

Prix : 10 euros

ISBN : 978-2-919483-44-0

Page dédiée au recueil chez l'éditeur : http://www.lechappeebelleedition.com/gerardgeorges_hierdemainjamais.html

 

 

 

Voir aussi la présentation de l'ouvrage dans

Les nouveautés des éditions L'Échappée Belle

 

***

Pour citer cet extrait

Gérard Georges, «  Hier Demain Jamais (extrait) », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 27 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/jamais.html

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 09:40

 

Poèmes

 

Extraits de Palimpsestes

 

 

Luc-André Rey

Extraits reproduits avec l'aimable autorisation

des éditions l’Échappée Belle et l'auteur

 

 

© Crédit photo : 1ère de couverture de l'ouvrage

 

 

 
***
 

 

[pp. 19-20]

un après-midi

 

I

si tu chopes la queue du cochon,

la manège s’arrête

garde-la précieusement,

tu sauras,

pas longtemps

comment faire cette queue tourner toutes les têtes

conseil à un petit garçon

ou une petite fille

c’est selon

jupon, ou tire-bouchons

 

II

 

les couleurs

disparues

les yeux le monde,

nus

s’agenouillent où l’enfance

se couvre

quelques enfants

bonnets et gants de laine

boules de neige et frissons

le ciel

entre les mains

 

III

 

lorsque

lorsque lorsque

la tendresse

se recourbe

quelques traits sur la page

quelques traits

le visage

peut-être

peut-être peut-être

peut-être

entre ces traits

quelque chose

de l’aimer

 

 

[p. 21]

l’épaisseur des choses

 

tellement peu d’épaisseur

et pourtant

c’est là

et seulement là

qu’il se peut l’épaisseur

que n’osons pas

nos cœurs

tellement peu d’épaisseur

on ne le voit pas

pourtant

où si peu d’épaisseur

tellement

qu’on ne voit pas

tellement peu d’épaisseur, où il parle

on se tait

tellement peu d’épaisseur

tellement peu d’épaisseur

on a peur pour lui

le vent

[p. 37]

vivant

 

rien ne bouge et pourtant

quelque chose

tout autour

quelque chose frémit on n’en sait pas le nom

... quelque chose

toutes ces choses

qui nous entourent monde rien ne bouge

et pourtant

tout autour

frémit

notre sang

cette chose



 

***

Titre : Palimpsestes

Poète : Luc-André Rey

Genre : Poésie

Collection : Ouvre-Boîtes

Nombre de pages : 90 p.

Date de parution : Janvier 2017

Prix : 15 euros

ISBN : 978-2-919483-45-7

Page dédiée au recueil chez l'éditeur : http://www.lechappeebelleedition.com/lucandrerey_palimpsestes.html

 

Voir aussi la présentation de l'ouvrage dans

Les nouveautés des éditions L'Échappée Belle

 

***

Pour citer ces extraits

Luc-André Rey, « Extraits de Palimpsestes », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 27 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/palimpsestes.html

 

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 18:07

 

Poème

 

Mission Rosetta

 

Nicolas Grenier

Extrait sans titre reproduit avec l'aimable autorisation

des éditions l’Échappée Belle et l'auteur

 

© Crédit photo : 1ère de couverture de l'ouvrage

 

mission Rosetta

Ariane 5 G+

sonde européenne


 

îles du Salut

à côté du port spatial

le littoral gronde


 

sous l’effet de fronde

au-dessus de l’équateur

Kourou étincèle


 

dans un conteneur

avion-cargo Antonov

Rosetta accoste


 

route de l’espace

parmi les herbes sauvages

convoi spécial


 

climatisation

en salle blanche S3b

la sonde repose


 

sur la plate-forme

robot multifonction

impulsion avant


 

silence total

sous la lumière blafarde

Rosetta s’endort


 

dans le bâtiment

les panneaux solaires tournent

mouvement d’air froid


 

fibre de carbone

et voiles d’aluminium

Philae s’échauffe


 

sonde Rosetta

EADS Astrium

mission cométaire


 

mât ombilical

dans le dock d’intégration

Ariane se coiffe


 

encapsulation

sous pavillon helvétique

le robot s’échappe


 

automate bleu

dans un coma argentique

avant le vertige


 

sonde spatiale

pour le système solaire

vol 158


 

station météo

le ballon-sonde voltige

vent en altitude


 

dans le télescope

la comète est un reflet

au bord du chaos


 

derrière leur casque

les ergoliers sautillent

une aiguille vibre


 

sur le pas de tir

entre les paratonnerres

la fusée chancelle


 

dans l’espace vert

zone de lancement 3

calme à l’horizon


 

au fond des carneaux

démarrage automatique

l’eau froide surgit


 

autour du béton

la fumée blanche circule

compteur à zéro


 

partout des éclairs

commutation électrique

les flammes crépitent


 

continent muet

dans la fenêtre de tir

la terre vacille


 

les boosters scintillent

fosse d’évacuation

tonnerre de dieu


 

halo de lumière

le moteur-fusée Vulcain

me brûle les yeux


 

lancement d’Ariane

centre spatial à Kourou

la brume se lève


 

au-dessus de l’air

rouge comme un brasier

la tempête éclate


 

mouvement léger

sur l’océan Atlantique

les vagues refluent


 

dans la nuit opaque

le lanceur perce le ciel

colonne de blanc


 

le long de la côte

sur la montagne des Pères

les antennes captent


 

propulseurs à poudre

les tuyères infléchissent

le vol d’Ariane


 

tube métallique

dans la couche de nuages

panache de feu


 

dans la turbopompe

éjection d’hydrogène

les ergols déferlent


 

tension maximale

sur l’orbite hyperbolique

la fusée poudroie

 
***

 

Titre : Rosetta (suivi de Philae)

Poète : Nicolas Grenier

Genre : Poésie

Collection : Ouvre-Boîtes

Nombre de pages : 67 pages

Date de parution : Octobre 2015

Prix : 14 euros

ISBN : 978-2-919483-389

Page dédiée au recueil chez l'éditeur : http://www.lechappeebelleedition.com/nicolasgrenier_rosetta.html

 

Voir aussi la présentation de l'ouvrage dans

Les nouveautés des éditions L'Échappée Belle

 

 

***

Pour citer cet extrait

Nicolas Grenier, « Mission Rosetta », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 26 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/rosetta.html

 

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 16:30

 

Poème inédit


 

 

On aura tout vu !

 

 

 

Huguette Bertrand

Site personnel : http://www.espacepoetique.com/Espace/intime.html

 

 

 

La suite est en bas de l'échelle

qu'il faut remonter à petits pas

pour remettre à l'endroit

l'essence du poème en désarroi

 

cet esclave des mots

ce tord-cœur

amant des vers

séduit le froid

anime le chaud

dans l’œil du présent

ce labyrinthe des beautés

et misères du monde

devant l'échelle recourbée du temps

 

faut-il monter ou descendre cette courbe

ou laisser le poème se profiler

à l'horizon de nos songes

insoumis ?

 

24.02.17

 

***

Pour citer ce poème

Huguette Bertrand, « On aura tout vu ! », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 26 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/vu.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 15:10

 

Critique & réception


 

Annpôl Kassis

 

 

L’UneS

 

 

Le Huchet d’Or, 2017, 58 p., format 21 x 14,8 cm, 9 €

 

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

Annpôl Kassis, L’UneS, Le Huchet d’Or, 2017, 58 p., format 21 x 14,8 cm, 9 €

© Crédit photo : 1ère de couverture illustrée par l'artiste-peintre Christel Valentin

(http://www.christelvalentin.com/)

 

Il s’agit d’un questionnement d’ordre eschatologique et ontologique. D’entrée de jeu la poète se lance dans des considérations tant d’ordre philosophique que métaphysique. L’existence, la vie et la mort, l’éternité tout entre dans son cadre de réflexions. Elle nous fait partager ses peurs, ses erreurs, ses doutes, bref elle nous livre ses états d’âme comme pour se soulager d’un pesant fardeau. On est en empathie avec cette âme vacillante qui cherche à s’élever afin de tendre vers un renouveau, un renouveau qui se concrétisera dans une autre dimension car « Tout peut recommencer », avoue-telle.

 

© Crédit photo : 4ème de couverture de l'ouvrage (voir le site de la maison d'édition : http://www.le-huchet-dor-editions.fr/annpol-kassis/)

 

Elle nous brode les éléments qui nous entourent et qui participent de notre existence de terriens. Elle croit à un infini qui se dévoile et se perpétue dans la chaîne des événements. Elle veut se nourrir à la « Source des origines » pour percer les mystères de ces commencements et recommencements qui s’enchaînent en nous instruisant des choses de la vie.

Le souffle est ce qui anime tout un chacun, ainsi parle-t-elle de souffle de vie. Cela dit, l’être humain annonce sa venue au monde en poussant un cri par lequel il accueille le souffle de vie dont il se libérera à l’instant de la mort. Et c’est un cri de douleur que laisse entendre la poète en faisant le décompte de tant d’êtres chers emportés par la camarde. Ces êtres avec lesquels elle semble faire corps dans une unité plurielle et qu’elle évoque :

 

« Tous toutes les morts / De ma vie me peuplent / M’envahissent m’égarent »

 

« L’UneS », un livre qui respire le parfum d’un adieu couvert d’un voile de pudeur. Un livre qu’on ne peut lire sans se laisser s’émouvoir.

 

***

Pour citer ce texte

Maggy de Coster, « Annpôl Kassis, L’UneS, Le Huchet d’Or, 2017, 58 p., format 21 x 14,8 cm, 9 € », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 26 février 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/une.html

 

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