26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 12:43

 

Bémol artistique | compte rendu de

 

Splendeurs de l’écriture au Maroc. Exposition à l’Institut du Monde Arabe (mars-avril 2017)

 

 

Mystères calligraphiques du Maroc

 

 

 

 

Mustapha Saha

 

Illustrations par

 

  Élisabeth Bouillot-Saha

 

 

© Crédit photo : Splendeurs de l’écriture au Maroc.

Exposition à l’Institut du Monde Arabe (Paris mars 2017) 1 par Élisabeth Bouillot-Saha

 

 

 

Sil fallait un palladium de lancestrale attraction culturelle du Maroc, ne serait-ce pas cette exposition exceptionnelle de ses trésors livresques à lInstitut du Monde Arabe de Paris du 23 Mars au 6 Avril 2017. Conçue comme une manifestation complémentaire du cafouilleux pavillon marocain au Salon du Livre, léblouissante rétrospective aura sans doute, malgré sa brièveté, un impact plus remarquable et plus durable. Les livres sacrés côtoyant les ouvrages profanes, sortis d'un sommeil millénaire, témoignent dépoques où lécriture, matrice dune civilisation des signes, sincarne dans des chefs-dœuvre impérissables. L’ambiance éthérique, baignée de luminosités subliminaires, réunit les théories fondatrices dans un nichoir régénérateur. Une scénographie digne des bibliothèques vaticanes. Des siècles de lumière, enrichis par leffervescence intellectuelle des medersas et des ribats des villes, des montagnes et des confins désertiques, imprégnés par le paradigme andalou où les sciences et les philosophies partagent les connaissances dans une interactivité pionnière. Une écriture somptueusement présente dans larchitecture, lartisanat, la structure et la texture de toutes les créations humaines. Ces livres uniques déclinent en concert la diversité marocaine, confluence historique et géographique des cultures, combinatoire symbiotique de pensées plurielles. Le rouleau de la Torah de vingt-mètre sur parchemin embobine deux milles ans de judaïté marocaine. Le savant Haïm Zafrani a magistralement mis cette histoire en perspective. Lévangile en arabe du douzième siècle rappelle lantique chrétienté maghrébine, fondatrice du catholicisme latin. Les figures de Tertullien, de Saint-Cyprien, de Saint-Augustin se profilent en ombres glorifiantes. Se dégagent des grimoires exposés des corrélations secrètes, au-delà de leurs similitudes esthétiques, comme si les sillons jadis ouverts attendaient de nouvelles irrigations pour féconder des floraisons insoupçonnables. Le sel et le miel dune culture cumulative.

 

 

Abderrahmane Ibn Khaldoun lègue le manuscrit « Le Livre des exemples » (Kitab al-ibar) à la Bibliothèque Qararouiyyine en 1396 sans se douter que son ouvrage ferait le voyage parisien sept siècles plus tard. La graphie multicolore se couronne de sphères florales à l’image des sinuosités narratives. Le grand œuvre, source incontournable sur la complexité synergique de l’arabité conquérante et de la berbérité absorptive, étonne toujours les chercheurs par ses intuitions théoriques, ses découvertes méthodologiques, ses prouesses dialectiques. Ibn Khaldoun trouve, dans l’interconnexion des savoirs et des époques, une belle illustration de cette sociabilité naturelle actionnée par les mécanismes des comportements historiques et la pérennisation des singularités temporelles quand elles émanent dune totalité sociétale indéracinable et mouvante. Une déchronologie des urbanités et des ruralités structurables, des inventivités considérables, des transmutations incorporables. Lhistoire et la sociologie sont théorisées comme des sciences dépurées des spéculations doctrinaires. Au-delà des interférences permanentes des faits sociaux et des dynamiques transformatrices, établies comme bases épistémologiques du savoir analytique, Ibn Khaldoun pose la problématique de la connaissance de soi dans une approche mystique et synthétique de lêtre comme entité réflexive. Lintrospective exploration des ressorts intimes de la pensée emprunte les fibres sensibles de la précognition, les fulgurations charnelles de l’osmose chamanique, la voie pascalienne de lintelligence du cœur. Le concept de « moujahada » définit cet effort contre la concupiscence, le personnalisme, légoïsme, impulsés par les pressions extérieures. La connaissance de soi se libère des dénaturations idéologiques comme le signe calligraphique se dételle de sa bride sémantique. « Connais-toi toi-même » recommande la pythie à Socrate. Les concepts façonnent le devenir quand ils fusionnent et dynamisent la réalité présente, la subjectivité pensante et la volonté agissante.

 

 

© Crédit photo : Splendeurs de l’écriture au Maroc.

Exposition à l’Institut du Monde Arabe (Paris mars 2017) 2 par Élisabeth Bouillot-Saha

 

 

Les œuvres exhumées reflètent, avec éclat, leur contexte socioculturel de liberté de la recherche et de la pensée, avant la chape de plomb dun dogmatisme séculaire. Une reconstitution synchronique du puzzle didactique désintégré par les options immobilistes. Le quinzième siècle apparaît dans cette optique comme un ultime feu dartifice dune longue et prolifique allégresse cognitive. Le patrimoine livresque jalousement protégé ravive en sourdine des mélancolies informulables, des nostalgies inconsolables, des désolations incalculables. Sont réunis dans la magnificence des enluminures, des dorures, des reliures, les florilèges théologiques et les spicilèges scientifiques. Les Corans, majestueuses balises, ponctuent la visite d’intangibles providences. En ces temps où lenseignement des disciplines profanes est remis en cause pour putative incompatibilité religieuse, on aurait aimé voir sous les vitrines tamisées des manuscrits du Discours décisif, du Traité du dévoilement, de lIncohérence de lIncohérence dIbn Rochd (Averroès) qui cite, dans son traité ''Accord de la religion et de la philosophie", de nombreux versets exhortant lintelligence humaine à comprendre les mécanismes subtiles de lunivers. « Lunivers ne fait connaître lArtisan que par la connaissance de lart, et plus la connaissance de lart est parfaite et plus parfaite est la connaissance de lArtisan ». Le savant musulman doit être, en conséquence, versé dans toutes les sciences. Nest-ce pas le sens explicite de cette exposition atypique.

 

Dans la salle du haut conseil, suspendue entre terre et ciel face à Notre-Dame de Paris, ces savoirs encyclopédiques, coulés dans des stylistiques prosodiques, réunissent en conférence filiative lagronome Al-Tolaytili (mort en 1067), le chimiste Al-Jaldaki (mort en 1342), l’astronome Al Jadiri (1375 – 1416) Un manuscrit témoigne du Kitab al-Tasrif (Livre de la méthode), somme médicale en trente volumes d'Abou al-Qasim Khalaf ibn Abbas al-Zahrawi (Aboulcassis 940-1013). La médecine et la chirurgie doivent à ce praticien des découvertes fondamentales et des applications vitales qui le placent au rang dHippocrate, Galien et Celse. Le « Sommaire des opérations arithmétiques » dIbn al-Banna al-Marrakushi al-Azdi (1256-1321) porte les parfums envoûtants de l’époque mérinide où les villes impériales se parent des plus belles universités. Nest-ce pas Ibn al-Banna qui forge le concept « climat », de larabe « al-manakh », appliqué aux données météorologiques. Sinvitent à l’homérique séminaire le géographe Al Idrissi, concepteur du planisphère médiéval de référence et découvreur de précieuses plantes médicinales, et lexplorateur Ibn Batoutta, chroniqueur des splendeurs civilisationnelles et observateur avisé des mœurs diversitaires de son siècle. Comment ne pas penser à la Conférence des oiseaux du poète soufi Attar où lêtre taraudé entre élévation intellectuelle et régression factuelle, na de cesse descalader les montagnes de lespérance pour rechuter dans les ravines de lignorance.

 

Je mimmobilise devant le recueil des prières du quinzième siècle de Mohammed Al-Jazouli (mort en 1465). Mon âme simmerge dans une ensorcelante vapeur émotionnelle. Létat de grâce instantané ne provient daucune servitude spirituelle. Le grimoire refoule la lecture intrusive, lintelligibilité nominative, linduction interprétative. Il se donne comme une aimantation sensitive, une lévitation réflective, une exaltation contemplative. La calligraphie arabe institue lécriture comme un art sacré, une perfection figurative, véhicule de linaltérable révélation dans sa pureté originelle. Une écriture mystique dans ses entrelacs labyrinthiques où lattraction visuelle envoile de beauté le mystère divin, drape les mots de nimbe séraphique, fixe lineffable dans sa musicalité graphique. Un art elliptique, évocateur de la mémoire des sables, révélateur de la source méconnaissable, générateur de formes invraisemblables. La majesté verticale et la fluidité transversale effectuent la jonction entre orbitale transmigration et sommitale suspension. Chaque ouvrage, lucarne sur linvisible, se trame comme une œuvre totale, porteuse de sa propre signification symbolique, dans une combinaison cosmique de plénitude et dinfinitude propice à la béatitude. Par un étrange effet cinétique, les lignes sentrelacent et se déplacent, les signes se brassent et sembrassent, les caractères senchaînent et se déchaînent dans une danse scripturaire. L’étymologie sestompe dans lincompressible harmonie. Les configurations vibratoires entraînent limaginaire au-delà du miroir. Lalphabet, en résonance plastique avec les subtilités morphologiques et phonétiques de la langue, sanamorphose librement sur surface disponible. Les cursives se transfigurent au gré de linspiration créative. Le regard shypnotise. Le corps sélectrise. La conscience s’intériorise.

 

 

La calligraphie arabe se déploie dans un espace-temps élastique, qui déborde les codifications restrictives, façonne l'inexplicable dans les artefacts embryonnaires, trace des territoires à la mesure de sa quête visionnaire. Le calligramme exprime sa vastitude dans la luxuriance végétale et géométrique. Les diacritiques élargissent le champ de lexpression artistique au-delà des académismes convenus. La flexibilité des lettres permet des extensions infinies, génératrices dinconcevables sortilèges. Les règles fondamentales acquises, toutes les improvisations sont permises. Les mots se métamorphosent au gré de létincelle inspiratrice. Le carré dor sétoile de points de fuite. Le plein creuse son relief dans le vide. Le calame, antique instrument décriture, clef d’or de la clairvoyance anagogique, est doté de pouvoirs magiques. Il cadence le rythme et guide le mouvement comme baguette de sourcier. Il est avatar physique et souffle métaphysique, fibrille dermique et chandelle cosmique, investigation de lâme et illumination de lesprit. Le signe graphique englobe le sens et lessence. Le décryptable, pellicule superficielle, obstrue laccès aux profondeurs où se niche la lumière des lumières. La méditation gnostique recommande la contemplation des versets coraniques dans leur splendeur calligraphique, dans leur résonance cristalline, pour entrevoir limpénétrable. Lécriture-mère, table inamissible dinébranlables sagesses, se manifeste sur terre par des versets translucides et limpides.

 

 

Lalphabet nord-arabique, ultime héritier du syllabaire phénicien, synthèse des écritures sémitiques, se détache au cinquième siècle de ses matrices nabatéenne et sinaïtique, en concordance avec la poésie bédouine, qui lui procure son articulation consonantique, sa richesse euphonique, sa perfection sémantique. La révélation coranique, conçue comme prophétie des prophéties, donne à cette langue miraculeuse une aura thaumaturgique. Chaque signe est, dès lors, une apothéose allégorique, une nitescence adorative en connexion avec la source divine. La calligraphie monumentale, sculptée, gravée, ciselée, imprègne lurbanité fonctionnelle de transcendance subliminale. Les mosquées, les mausolées, les medersas, sornementent de cet art sémiotique comme des livres de pierre couvant leurs fastueuses bibliothèques. Les bois ciselés, les zelliges parementés, les plâtres sculptés, les tissus brodés inscrivent lintarissable dans le périssable. Le Coran, étymologiquement récitation, est une injonction à la lecture. La psalmodie transforme la déclamation en captivante vocalise. Le message théogonique, inimitable par définition dans sa formulation didactique et dans son idéalité poétique, sinitialise par limpératif denseigner lécriture, unique remède à lobscurantisme. La foi saccomplit et sépanouit dans lacquisition des savoirs, dans la lecture pénétrative et l’authentification dissertative. L’alchimie du calame et de lencrier, sources originelles de lintellect, revêtent, de ce fait, une magnitude anagogique qui dépasse sa fonction scripturale. Toute chose existante a été créée de la même encre primordiale. L’écriture sabsorbe de lessence première. Limpulsion calligraphique ressasse lacte créateur comme une réminiscence onirique. Limaginal se manifeste dans le virginal. La tropologie des lettres articule les arcanes de lindicible, dessine les contours de linaccessible, profile les mystères de lintransmissible. Le syllabaire, en intime correspondance avec les vingt-huit phases lunaires, séprouve et se médite dans sa trajectoire entre nadir et zénith. Les combinaisons numériques transmutent les quatre éléments, lair, leau, la terre et le feu, en arcanes cabalistiques. Se retrouvent dans les capsules talismaniques les concordances ésotériques. Tous les parcours, dans leurs latences et leurs pénitences, mènent à la lettre initiale, l« alef », axe focal de lunicité du créateur et de ses créations. L« alef » pour le soufisme sauto-crée et se recrée dans la spontanéité de sa complétude. Le « ba », miroir horizontal, reflète la phosphorescence azurine. La couleur bleue apparaît comme une réminiscence céleste. Verticalité et transversalité tissent indéfiniment leur toile incommensurable. La belle écriture ne se nomme-elle-pas en arabe « al khatt », le trait libérateur des pesanteurs terrestres, la ligne perceptible de linconnaissable ? Lexercice calligraphique, pérégrination spirituelle, est une ascèse comportementale, une purification mentale, une chorégraphie digitale. Le geste navigue entre terre et ciel. Les chants soufis se visualisent dans les courbures, les ligatures, les flexions et déflexions anaglyptiques. Un art charnel, sensoriel, sensuel, où la transmission des techniques ancestrales est une initiation spectrale. Le signe calligraphique trace les sillages du miracle des miracles, le périple ascensionnel sur un éclair, l’incursion dans l’indicible, le dévoilement de lincompréhensible, le discernement de lénigme capitale sans connaissance préalable.

 

Les monarques marocains comprennent, dès la première dynastie, le magnétisme de l’écriture, l’occulte influence de l’empreinte, l’intercession magique du calame dans la séduction des âmes. Au dixième siècle, l’idrisside Yahya IV s’entoure de scribes, de copistes, de calligraphes, d’enlumineurs, de relieurs, de savants, de philosophes, de poètes, s’encense de tous les connaissances profanes et religieuses. Le malékisme instaure en filigrane un rite consensualiste, combinaison latitudinaire de justesse exégétique, d’interprétation pragmatique et d’intellection critique. La bibliothèque de l’almoravide Youssef Ibn Tachfin s’enrichit des trésors livresques des rois omeyyades d’Andalousie et de leur diversité philosophique. Les thèses et les antithèses se confrontent dans le silence cryptographique. Les livres, joyaux des principautés et des royaumes, ponctuent les mystères historiques. Le livre en soi est un écrin sacré, un reliquaire consacré, un prodige nacré. L’almohade Abdelmoumen, constructeur de bibliothèques mémorables, conserve ses ouvrages thaumaturgiques dans des coffrets d’ébène, incrustés d’or et de pierres précieuses. La recherche des manuscrits rares s’engage comme une aventure hypothétique, emprunte des chemins amphigouriques, mobilise des relais énigmatiques. L’acquisition se vit comme une conquête extatique. Le souverain couve dans le livre sacramental la clef de son pouvoir metemporique. Les sultans se doivent d’être des érudits et des lettrés. Sans l’incitation du philosophe Ibn Tofail et le soutien de Yacoub al-Mansour, les grands commentaires d’Aristote par Ibn Rochd, n’auraient probablement jamais vu le jour. Al Mourtada inaugure la tradition, toujours en vigueur, des rois calligraphes sanctifiant leurs actions solennelles dans l’art de l’écriture. L’acte par son onction graphique se pérennise.

 

© Crédit photo : Splendeurs de l’écriture au Maroc.

Exposition à l’Institut du Monde Arabe (Paris mars 2017) 3 par Élisabeth Bouillot-Saha

 

 

La bibliophilie devient sous les Mérinides, privés d’ascendance chérifienne, une philosophie d’existence. Le roi Abou Inan, fondateur de plusieurs universités mythiques, auquel Ibn Khaldoun dédie son encyclopédique Kitab al-Ibar et Ibn Bathouta sa mythique Rihla, voyage avec sa bibliothèque. La connaissance épargne mégardes et maladresses. L’omniprésence de l’intellect insuffle la sagesse. Le saadien Ahmed Al Mansour Dahbi étudie, annote et commente livres scientifiques et traités philosophiques. La calligraphie s’exécute sous son règne à l’encre d’or, se pare érubescences séraphines, s’humecte d’ambre et d’eau de roses, se parfume de santal et d’oliban. L’écriture aspire et respire toutes les essences de la beauté. En 1912, Moulay Hafid, contraint de signer le traité du Protectorat, s’empresse d’emmurer la bibliothèque royale dans son palais de Fès pour soutirer ses secrets talismaniques à la puissance colonisatrice. Le patrimoine miraculeux n’est redécouvert par hasard qu’après l’indépendance, un demi-siècle plus tard, à l’occasion de travaux de restauration.

Le Maroc a toujours été un pays de séditions tribales, de défense acharnée des particularités locales, des singularités culturelles, des historicités structurelles, un pays de belligérances récurrentes entre atavismes égalitaires et centralités autoritaires, entre transversalités délibératoires et verticalités discriminatoires. Un pays opiniâtrement diversitaire où les violences épuratoires se conjuguent avec les solidarités absolutoires. Les styles calligraphiques canoniques, personnalisés par les grandes monarchies, sont des sceaux de pouvoir, reproduits dans les actes officiels, qui signifient, selon leur lustre, le prestige des signataires. Le « maghribi » sest développé comme une affirmation dautonomie régionale, comme un défi au califat moyen-oriental. La culture mauresque sest dotée dune écriture distinctive pour construire sa civilisation symbiotique. Quand le saadien Moulay Zaydan est destitué en 1653 à Marrakech, il pense avant tout à sauvegarder son irremplaçable bibliothèque. Il confie quatre mille livres au vaisseau français de Jean-Philippe de Castellane, en amarrage à Safi, pour les mettre à l’abri à Agadir. Commence la plus hallucinante des confiscations culturelles. Le consul, las d’attendre sa rémunération, lève l’ancre avec le butin providentiel et se fait arraisonner, à son tour, au large de Salé, par des portugais sous domination espagnole. L’incroyable bibliothèque, déclarée bien inaliénable par la papauté, est toujours sous scellés à l’Escurial, après avoir été amputée par le funeste incendie de 1671. Moulay Zaydan et ses successeurs tentent en vain de récupérer le trésor des trésors. La perte est vécue comme une malédiction divine. L’emprise spirituelle se légitime par l’attache ontologique au Livre, la faculté perceptive des secrets démiurgiques. La gouvernance par la sacralité sémiotique se sacralise. L’image impériale par la beauté graphique s’immortalise. L’intronisation se phosphore de haute couture scripturale. Le ressort médiumnique de la calligraphie n’est-il pas justement la transfiguration de la parabole en symbole, du magistère en mystère, du vertige des pouvoirs en prestige des savoirs…

 

 

Pour citer ce bémol

 


Mustapha Saha, « Mystères calligraphiques du Maroc  », illustrations par Élisabeth Bouillot-Saha, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 26 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/7/calligraphies.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 17:57

 

Article

 

 

Carnet de voyage II : 

 

le MUPANAH

 

(Musée du Panthéon National Haïtien)

 

Maggy de Coster

 

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

© Crédit photo : Statuette en silex par Maggy de Coster

 

 

 

© Crédit photo : Service à café décoratif en acajou verni par Maggy de Coster


 

© Crédits photos : de gauche à droite ; Deux appliques murales en fer martelé,

l’une au naturel et l’autre peinte par Maggy de Coster

Le MUPANAH (Musée du Panthéon National Haïtien)

© Crédit photo :  "Image-1 du MUPANAH" par Maggy de Coster

Le MUPANAH, (Musée du Panthéon National Haïtien) a été inauguré le 7 janvier 1983 et retrace l’histoire mouvementée de la République d’Haïti depuis la Période Indienne qui débuta avec les Ciboneys, une peuplade venue d’Amérique du nord, puis les Tainos, une branche des Arawaks descendant des Calibis de l’Amazonie, jusqu’à nos jours, en passant par la Période Espagnole avec la découverte de l’Ile par Christophe Colomb le 5 décembre 1492, la Période Esclavagiste, qui débuta en 1697 par le traité de Ryswick en vertu duquel l’Espagne céda à la France le tiers occidental de l’Ile, la Période révolutionnaire illustra le soulèvement des esclaves en août 1791 lors de la cérémonie du Bois-Caïman, la Période postrévolutionnaire, marquée par l’assassinat en 1806 du Père de l’Indépendance, Jean-Jacques Dessalines et la scission du pays : la République à l’Ouest présidée par Alexandre Pétion et la Royauté au Nord avec Henri Christophe. Le Président Boyer, entre 1822 et 1844 procéda non seulement à la réunification du pays mais de l’Ile toute entière (La République Dominicaine comprise) tandis que Le Second Empire avec Faustin 1er resplendit de 1849 à 1859.

 

© Crédit photo :  "Image-2 du MUPANAH" par Maggy de Coster

 

La Période contemporaine est marquée par le débarquement de l’armée américaine le 28 juillet 1915 qui y resta jusqu’en 1934. Le MUPANAH recèle aussi une collection d’œuvres d’art occupant la galerie d’exposition permanente, des objets d’art décoratif, des documents historiques, des pièces relevant des fouilles archéologiques, sans oublier le sarcophage où sont conservés les restes symboliques de Toussaint Louverture (de la terre de Fort-de-Joux) ainsi que la couronne de l’empire sertie de pierres précieuses.

 

***

Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster, « Carnet de voyage II : le MUPANAH (Musée du Panthéon National Haïtien) », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 25 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/7/carnetdevoyage2.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 10:18

 

Article

 

 

Carnet de voyage

 

I

 

Maggy de Coster

 

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

HAÏTI, 12-19 juillet 2017

 

Ancienne colonie française, partageant l’Île d’Haïti avec la République Dominicaine, la République d’Haïti, a du mal à se relever malgré son illustre histoire qui lui a valu le titre de première République noire. Pays malheureux mais qui « En 1939, adopta un décret-loi octroyant la naturalisation haïtienne immédiate à tous les Juifs désireux de l’obtenir » (cf. « Avant que les ombres s’effacent », Louis-Philippe Dalembert, Sabine Wespieser éditeur, 296 p., 21€). Après la Seconde Guerre mondiale, lors de la création de la création Société des Nations (SDN), actuellement appelée Les Nations Unies, jadis, il manqua une voix à la France et c’est grâce à celle de son ancienne colonie, en l’occurrence Haïti, qu’elle obtint le quorum.

Depuis novembre 2016 le pays a un nouveau président, Jovenel Moïse, 49 ans qui remue beaucoup d’air, en sillonnant les villes et les faubourgs comme s’il était encore en campagne haranguant le peuple des heures durant. Quant aux parlementaires ils s’accordent le droit d’ingérence dans la vie ministérielle rien que pour placer les personnes de leur choix à des postes clés, le clientélisme étant un appendice de la vie politique haïtienne.

Les élus locaux sont plutôt au service de leur coterie que du peuple car dans ce pays le passe-droit, la corruption et l’impunité sont le fer de lance de l’appareil d’État. Certains endroits sont tellement oubliés que les résidents doivent miser sur la bonne foi ou le bon vouloir des élus pour obtenir ce qu’ils sont en droit d’attendre en tant que citoyens.

L’état est démissionnaire : les rues de la capitale sont des dépotoirs à ciel ouvert, car les détritus ne sont pas ramassés, les particuliers doivent payer une entreprise privée pour l’enlèvement des ordures ménagères s’ils ne veulent pas les déverser sur la voie publique comme le font certains officiels. Sauf aux abords du Palais National (NDLR, non encore reconstruit de puis le séisme du 7 janvier 2010) où le Musée du Panthéon National Haïtien (MUPANAH), retraçant les différentes étapes de l’Histoire d’Haïti : le seul endroit digne d’intérêt dans Port-au-Prince où même les trottoirs sont occupés par des échoppes de fortune abritant des commerces de toutes sortes : ferraille, pièces détachées pour automobile et moto.

Quant à l’eau potable n’en parlons pas car on doit se fournir en eau minérale vendue dans les grandes surfaces ou se munir d’une fontaine d’eau distillée et pour se laver et pour la cuisson, on doit avoir un réservoir à pompe alimenté par un camion-citerne relevant d’un système privé de distribution d’eau et tout est à la charge des particuliers.

Quant à l’électricité chacun doit avoir son propre générateur sinon les plus mal lotis doivent se contenter d’une lampe tempête à pétrole. Les camionnettes de transport en commun, appelés tap-tap (onomatopée caractérisant le bruit du moteur), les bus colorés, chargés de marchandises, de bétail et d’humains circulent brinquebalant, hors du temps, à côté de grosses cylindrées, des véhicules tout terrain, un chassé-croisé dangereux dans les artères défoncées et congestionnées d’une capitale polluée, surpeuplée et au bord de l’asphyxie, où s’entassent des immondices et où les effluves des égouts sont susceptibles de vous porter à l’évanouissement.

L’insalubrité des rues est tellement criante que pour ne pas être malade et suffoqué par la chaleur on circule en voiture, les vitres fermées et le climatiseur en marche. Loin de la cohue de la nauséeuse capitale, dans les hauteurs des villes avoisinantes, à flanc de collines, sont juchées les demeures de caractère, les somptueuses villas des nantis, ceintes de hautes murailles, surmontées de barbelés et gardées par des molosses dont seuls l’aboiement réitérés peuvent vous faire penser qu’il y a âme qui vive.

Le coût de la vie grimpe de façon exponentielle alors que les salaires stagnent tout comme l’économie. Certains employés sont sous-payés et reçoivent leurs payes au bout de plusieurs mois de retard sans les arriérés. En revanche les locaux qui travaillent pour les compagnies et ONG internationales implantées en Haïti ont un revenu décent. Il y a quelques années de cela, un jeune coopérant français laissait entendre : « si j’étais payé par le gouvernement haïtien, je ne pourrais jamais manger de la viande ». Rien n’a changé depuis, bien au contraire. On ne peut même pas parler de revenu minimum. Le système D est de rigueur : on lutte pour la survie. Cela dit, on assiste de plus en plus à une paupérisation de la classe moyenne dont le pouvoir d’achat diminue considérablement. Elle s’endette pour ne pas se déclasser, donc elle vit au-dessus de ses moyens alors que la classe populaire croupit dans la misère. La gourde, la monnaie nationale, n’est qu’une monnaie de singe par rapport au dollar qui a droit de cité.

Pays essentiellement agricole, dit-on, Haïti vit essentiellement d’importation et les produits importés ne sont guère accessibles à la majorité vivant en-dessous du seuil de pauvreté. Cela dit, les produits alimentaires, même les plus basiques en provenance d’Amérique du Nord, d’Amérique du Sud et de France envahissent les rayons des supermarchés gérés par les géants de la grande distribution internationale alors que les produits locaux sont aux abonnés absents si l’on excepte la maigre place faite aux pâtisseries locales. Il n’y a que l’artisanat, l’art et la culture en général (bien que les salles de cinéma soient fermées par manque de courant électrique) qui occupent encore une grande place dans la vie haïtienne.

 

***

Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster, « Carnet de voyage I », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 24 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/7/carnetdevoyage1.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 08:38

 

S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes

 

 

 

Marche arrière toute !

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 


 

 

 

Le porte-parole de notre nouveau président, à savoir Christophe Castaner vient de qualifier le général Pierre de Villiers de « poète revendicatif » !

Au-delà de toute polémique, je réfute en tant que poète les termes employés par Monsieur Castaner qui se voulaient péjoratifs à l’encontre de l’ancien Chef d’État-major. En usant de ces vocables, il insulte tous les poètes vivants ou morts qui contribuent à faire tenir debout les murs de la mémoire immatérielle de notre poésie dûment fêtée tous les ans dans le cadre du Printemps des Poètes. Victor Hugo, Renée Vivien, Yves Bonnefoy, Jacques Prévert, Anna de Noailles, Henri Meschonnic, Guillevic, Anise Koltz, Maximine, pour ne citer que quelques auteur(e)s, sont-ils des poètes revendicatifs ? Certainement et dans le sens le plus noble, car la poésie se veut une force de résistance dans un monde qui perd tout repère ! Mais cela Monsieur Castaner l’ignore et use de clichés éculés pour pallier son manque de culture et de réflexion...

Aussi en tant que poète, je revendique mon droit à la parole et demande au porte-parole du gouvernement de faire « marche arrière » en retirant ses paroles désobligeantes envers les poètes.

 

***

 

 

Revendication approuvée et soutenue par Le Pan poétique des muses avec tous les organismes bénévoles (non subventionnés) liés à la Société internationale détudes des femmes et détudes de genre en poésie.

 

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Pour citer ce texte

 

Françoise Urban-Menninger, « Marche arrière toute ! », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 24 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/7/marche.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 15:01

 

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm)


 

REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE & MULTILINGUE DE POÉSIE ENTRE

 

THÉORIES & PRATIQUES

 

 

N°6 | PRINTEMPS 2017


 

Penser la maladie & la vieillesse en poésie


 

Sous la direction de Françoise URBAN-MENNINGER

 

© Crédit photo : Claude Menninger, "Image n°3 de l'exposition de

Valérie Schott", mai 2017.

 

 

 

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Lettre d'information/Newsletter du 30 mai au 30 juin

 

ISSN numérique : 2116-1046

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

 

 diffusée en version électronique (apériodique) et en version imprimée (4 numéros par an) 

 

Le Pan poétique des muses ISSN Imprimé : 2492-0487

 

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Rappel utile : comme vous le savez bien cher lectorat la revue LPpdm (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteur-e est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, il est le/la seul-e responsable du contenu de son texte, de son image, etc.

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 6
10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 15:01

 

 

N°6 | Sommaire

 

Mise en ligne progressive avant

la parution du numéro en version imprimée

 

Le Pan poétique des muses publie aussi un Supplément au sixième numéro

afin de répondre à vos nombreuses demandes de publication

Merci bien de votre intérêt pour cette thématique !

 

N°6 | Sommaire

© Crédit photo : Fanny, par l'artiste photographe Claude Menninger.

 

Équipe de la version en ligne : Françoise Urban-Menninger (dir.). Couverture illustrée par l'artiste : Valérie Schott. Illustrations par Camille Claus, Henri de Lescoët, Martine Séchoy-Wolff, Claude Menninger, Joan OTT, Anick Roschi, Gil Pottier, et d'autres auteur(e)s.

Réalisation technique : Dina Sahyouni. Nous écrire : contact.revue@pandesmuses.fr. ISSN numérique 2116-1046 : Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques. Revue féministe de poésie, électronique, internationale, multilingue et apériodique.

 

 

ISSN numérique : 2116-1046

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

 

diffusée en version électronique (apériodique) et en version imprimée (4 numéros par an)

 

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Appel à contribution du n°6 :

 

"Penser la maladie et la vieillesse en poésie"

 

Sommaire

Dina Sahyouni,  « Éditorial »

Publication dans le Supplément au sixième numéro

 

Françoise Urban-Menninger, « Introduction | Penser la maladie et la vieillesse en poésie »

LPpdm a rencontré 

Dossier majeur

Françoise Urban-Menninger, « Rencontre avec Valérie Schott à Widensolen dans le café-épicerie de son arrière-grand-mère »

Entretien

Françoise Urban-Menninger, « Interview avec l'artiste peintre Martine Séchoy-Wolff »

 

Articles

 

Dossier majeur

 

Penser la maladie et la vieillesse en poésie

 

Jihane Tbini, « Michel Tournier, redéfinir la vieillesse »

Alexandre Massipe, « Le deuil éluardien »

Mathieu Perrot, « L’"insoulevable écorce" ou "le masque durcissant de la vieillesse" dans la poésie d’Henri Michaux »

Giovanna Bellati, « ''Ô temps contre lequel il n’est repaire''. La poésie de la vieillesse de Giovanna Bemporad »

 

 

Dossier mineur 

Muses & Poètes

 

Poésie, Femmes & Genre

 

Alexandre Massipe, « Le deuil éluardien »

 

Textes poétiques des dossiers

 

Daniel Aranjo, sans titre

Chantal Robillard, « Vieilles dames vénitiennes »

Sylvie Troxler, « Qu’est ce qu’elle a à me regarder comme çà, la bourge ? »

Joan Ott, « Le Parfum du métropolitain (extrait) » , « Extrait de Naevus Bleuet, chapitres 43 à 45, Éditions Cockritures, 2015 », « Extrait de SI jamais tu partais, version pour le théâtre d’après le roman de Joan OTT », « Feuille à feuille » « La belle épave » « Taon Bis », « Vive la Retraite ! », « Bernardine. Monologue pour une comédienne », « La Longueur du temps. Extraits en version pour le théâtre d’après le roman de Joan OTT », « La Première (extrait) »

Claude Luezior, « Lettre à Maison de retraite », (« Lettre à Assureur » publication dans le Supplément au n°6)

Sophie Weill, « Pensées poétiques sur la maladie & la vieillesse » & « Présent & autres poèmes »

Dana Shishmanian, « Poissons d’avril »

Françoise Urban-Menninger, « Musique blanche »,  « Entre les lignes », « Épine de douleur », « La tête dans mon poème »,  « Le chemin du poème », « Sous la musique de la pluie »

Christophe Schaeffer, « Deux extraits d'Aimer à quatre temps »

Camille Aubaude, « L’œuf — entre les mains des deux déesses de Denderah »

Dina Sahyouni, « Malade d'amour »

Maggy de Coster, « À regarder passer le temps » & « Partance »

Anick Roschi, « Marguerite d’automne »

Jean-Charles Paillet, « Pour une main tendue »

 

Instant poétique en compagnie de...

 

Nicole Hardouin, « Femmes »

 

Poésie de la jeunesse

Julien Servent, « Incendie », « Noctambule » & « Vieilleries mercantiles »

 

Poèmes des ancêtres (aïeules/aïeux)

Amélie Gex, « À la dérive » & « Elles s'en vont les joyeuses pensées »

Renée Vivien, « La vieille »

 

Poésie érotique

Sophie Weill, « Âme » & « L’accord (L’a-corps) »

 

Sourires & rires féministes (nouvelle rubrique)

Françoise Urban-Menninger, « Cher ami »

Laure Delaunay, « Toi en moi »

 

Poésie & musique [uniquement en ligne]

 

Joan Ott, « Dix chansons théâtrales »

Françoise Urban-Menninger (parolière), Gunter Scholler (musique de), Chorale SATB (interprète), « Les voix de mon poème/The voices of my poem »

 

Muses au masculin

 

Mustapha Saha, « La Supplique à l’enfant »

 

Encart des langues étrangères

Publication dans le Supplément au sixième numéro

 

Critique & réception

 

Maggy de Coster, « Jeanne Guizard, Des étoiles, TheBookEdition, 2014, coll. Pictures, 113 p. »

Dina Sahyouni, La puissance d'être soi ou Femmes hors normes de Barbara Polla, éd. Odile Jacob, 2017

 

Publication dans le Supplément au sixième numéro

 

S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes

 

Mhamed Hassani, « Chna n Nabila (Djehnine), le chant de Nabila (Hommage à Nabila) »


Françoise Urban-Menninger, « Charlie Hebdo »

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 6
10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 14:58

 

N°6 | Critique & réception | Invitation à lire

 

 

La téméraire

 

 

de Marine Westphal, paru chez Stock

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

© Crédit photo : 1ère de couverture illustrée de La téméraire chez Stock,

photo fournie par Françoise Urban-Menninger

 

 

C’est le premier livre de Marine Westphal, 27 ans, infirmière à Colmar. C’est le coup de cœur de la commission littéraire de l’Académie rhénane dont je vais vous entretenir. Dès les premières pages, le lecteur est saisi par le style incisif, des phrases courtes qui le plonge d’emblée dans le drame de Sali dont le mari a été victime d’un Accident vasculaire cérébral (AVC).

 

« Sous le chapeau de tuiles se cache une réalité qui bouscule les théories et marche sur les pieds bien chaussés de l’acquis. »

 

Une seule phrase bien affûtée pose le décor « Avant c’était la pièce à vivre », et de poursuivre :

« Un lit au centre du salon, un matelas aux bourrelets tendus d’air, un homme en pyjama au mois d’août, allongé. Est-ce qu’il dort, je l’ignore, Sali veille. ».

 

En quelques lignes, sans larmoiement, sans prendre partie, Marine Westphal nous fait entrer de plain-pied et non pas sur la pointe des pieds dans une réalité qui renvoie également à la nôtre . Car qui aujourd’hui n’est pas touché dans sa famille, parmi ses connaissances par ces drames liés aux AVC ou à d’autres maux comme la maladie d’Alzheimer qui fait basculer du jour au lendemain le quotidien dans l’indicible.

 

Cet indicible pourtant Marine Westphal trouve les mots pour l’écrire. L’amour indéfectible entre Sali et Bartoloméo qui dure depuis 30 ans, on le pressent, on le ressent entre les lignes et l’on se remémore la phrase d’Albert Camus que l’auteure a choisi de placer en exergue de son livre : « C’est cela l’amour, tout donner, tout sacrifier sans espoir de retour ».

 

Sali est devenue cette « sentinelle » qui veille et qui espère que tout n’est pas perdu... C’est la figure lumineuse de cette femme qui rayonne et qui donne chair à ce récit si vivant en dépit de la mort qui affleure à chaque page. Jamais Sali n’abandonne et c’est en cela qu’elle est téméraire. Elle tente de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’avant et pas d’après. La vie, malgré la maladie, doit être un continuum... Ainsi quand elle lave son mari avec de l’eau fraîche, c’est parce que ce dernier aimait à nager dans un lac où l’eau n’excédait pas 12°.

 

C’est dans cet esprit que tout le récit se déroule et trouve son point d’orgue dans le choix de Sali qui décide dans une ultime preuve d’amour d’offrir une mort digne à son époux, non pas en l’euthanasiant comme d’aucuns pourrait l’imaginer mais en élaborant un incroyable stratagème que je vous laisse découvrir en vous invitant à lire ce merveilleux livre. Sali va réussir à réenchanter les derniers jours de son époux en lui offrant de les passer dans le paysage qu’il a toujours affectionné, au bord du lac où il aimait nager et je cite  « où le souffle le bordait comme une enfant ».

 

© Crédit photo : Marine Westphal, photo fournie par Françoise Urban-Menninger

 

Dans ce récit bouleversant, Marine Westphal, je le redis, ne prend pas partie, n’enjolive pas les sentiments, c’est un récit humain où le beau et le vrai se conjuguent jusque dans cette échéance inéluctable où même la mort nous offre une dernière leçon de vie. En ce qui me concerne, la téméraire, n’est pas seulement Sali, l’héroïne qui a bravé ce qu’elle appelle la morale collective mais aussi, et sans soute, je me répète, Marine Westphal qui a choisi d’aborder un sujet qui touche chacun d’entre nous, elle le fait sans détour pour nous offrir un livre taillé dans la pleine lumière de l’âme et dont on sort non pas meurtri mais véritablement apaisé à l’instar de Bartoloméo qui dans ses derniers instants « sourit à tout ce qui l’entoure avant de passer la ligne ».

 

La poésie permet à l’auteure d’appréhender avec témérité cette transcendance. On y retrouve cette grâce qui renvoie à la formation de danseuse de Marine Westphal quand elle décrit Sali qui « garde les bras en position de valse ».

C’est cette dernière image que je retiendrai pour saluer l’écriture somptueuse de Marine Westphal qui n’a pas fini, je l’espère, de faire danser les lignes sur les pages blanches de ses cahiers pour continuer à nous enchanter.

 

***

 

Pour citer ce texte

 

Françoise Urban-Menninger, « La téméraire de Marine Westphal, paru chez Stock », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Supplément au n°6 sur « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 10 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/no6/temeraire.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 6
3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 17:20

 

N°7 | S'indigner, soutenir, hommages & lettres ouvertes

 

 

Avant-première                                                        

Hommage & soutien

 

Le Courage et le militantisme

 

 

d’une plasticienne luxembourgeoise

 

 

Sylvain Josserand

Blog : http://sylvainjosserand.blogspot.fr

 

 

 

Le 29 mai 2014, la jeune artiste plasticienne luxembourgeoise, Deborah De Robertis, s'assoit à terre devant le tableau de Courbet, "L’origine du monde"— exposé au musée d'Orsay —  et, jambes écartées, exhibe son sexe devant les visiteurs à la manière du modèle du tableau, avant d'être délogée par les gardiens et la police venue en renfort.

 

Cette artiste réalise ainsi une installation vivante en face du tableau éponyme, en adoptant devant un public interloqué une posture presqu’analogue à celle du modèle de l’œuvre du génial peintre qui rejetait la peinture académique et des nus trop lisses.

 

Tout le monde connaît ou a vu ce tableau dont le dernier propriétaire fut Jacques Lacan, avant qu’il n’en fasse don au Ministère de l’Économie et des Finances. Le but de cette évocation n’est pas de rappeler les différents mystères qui entourent son commanditaire, ni d’évoquer les nombreuses polémiques soulevées par cette peinture jugée provocatrice par certains, ni de situer la place occupée par cette œuvre dans la vie du célèbre psychanalyste, mais de souligner l’acte courageux et militant de Déborah.

 

Déborah De Robertis ne dispose pas de la notoriété de Koons qui n’hésitera pas à installer un sex-shop en plein milieu de l’exposition qui lui est consacrée au musée Beaubourg à l’automne 2014.  Sex-shop où il s’est mis en scène et fait photographier avec la Cicciolina (une actrice du porno). Un gardien a été affecté à cet espace dédié pour filtrer les entrées, preuve s’il en est que l’on n’est plus ici dans l’Art mais dans un tout autre registre. Ce lieu est interdit aux visiteurs de moins de 16 ans,  pour permettre à la vulgarité de se conjuguer avec le manque de respect pour le corps féminin.

 

Déborah s’affiche à Orsay sans la moindre autorisation, sans la supervision d’un Commissaire d’exposition et sans les subsides du Ministère de la culture. Elle n’est ni dans le buzz ni dans la subvensionite des artistes contemporains passant autant de temps à courtiser les sponsors officiels qu’à créer, tant les œuvres monumentales qu’ils offrent au public exigent de lourds sacrifices financiers. Deborah par son installation devient sa  propre création, sa « propre origine du monde ». Elle se dévoile au sens où l’entendrait probablement le philosophe Heidegger.

 

Elle veut signifier, me semble-t-il, que la construction, au sens ontologique du terme, est encore possible face à un monde dominé et terrorisé autant par les puissances d’argent qui s’enrichissent de la fabrication d’armes, de polluants pour la culture et l’élevage intensifs, de l’extraction sans limite d’énergies fossiles que par la déconstruction programmée d’idéologues sanguinaires qui voilent leurs femmes. Leur  cynisme et leur cruauté les conduisant d’ailleurs en inversant deux lettres  du mot voile, à violer  leurs esclaves et leurs prisonnières.

 

Deborah nous parle de la vie.  Elle s’inscrit dans la longue tradition des mythes des déesses-mères ou des déesses des origines. C’est une Vénus de Quinipily.

Les mythes, n’ayant aucune temporalité, nous aident à revisiter quotidiennement les parts d’ombre et de lumière de notre inconscient. À nous féconder de l’intérieur pour promouvoir la vie et pour lutter contre la spirale mortifère des démiurges du temps présent.

Déborah par son geste, réprimé par la force publique, symbolise l’Origine de la Vie et de sa sauvegarde, qu’il s’agisse de celle des  règnes minéral, végétal ou animal.
 

***

Pour citer ce texte

 

Sylvain Josserand, «  Le Courage et le militantisme d’une plasticienne luxembourgeoise », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 3 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/courage-militantisme-peinture.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 15:53

 

Critique & réception

 

 

Mario Urbanet

 

 

Couleurs Noir

 

 

Éditions Unicité, coll. Poètes francophones

 

 

planétaires, juillet 2017, Format A5, 72 p., 13€

 

 

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

© Crédit photo : couverture illustrée du recueil,

image fournie par Maggy de Coster    

 

 

Une poésie narrative qui rappelle un peu celle du poète italien Carlo Bordini et qui met à nu la vie d’un peuple souffrant et luttant au jour le jour pour sa survie mais sans se plaindre. Mario Urbanet sait mettre des mots sur les maux du continent noir dépeuplé de ses fils à la faveur de la colonisation.

Aussi démêle-t-il l’écheveau de l’Histoire d’un peuple ? :

 

en appui au sicaire locaux

le négrier déshonora l’homme blanc

mais enrichit Bordeaux Nantes La Rochelle

et tant de villes avilies

ou encore :

le développement est un cercle vicieux

qui engendre

un sous-développement vicié

 

Même les arbres lui paraissent tristes :

 

les baobabs

aux allures de bougeoir éteints

en sont retournés

ils se sont mis la tête sous terre

pour que leurs racines

puisent des prières dans le ciel

 

Quand la famine sévit la mendicité s’impose. Elle touche tous les âges. Et le poète de poser un regard compatissant sur le pauvre hère errant dans les rues de Dakar demandant l’aumône à tout va alors que le soleil darde ses rayons. Aussi comprend-il que « Le mendiant de couleur n’a pas de couleur » car c’est avant tout un être humain dont les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits. Le droit de vivre dignement ne lui est point reconnu. Quel constat d’inhumanité !

Il met également l’accent sur la permanence du système D, l’autre moyen ordinaire de survie. C’est la preuve que l’être humain a tant de ressources en lui qu’il ne se laisse pas facilement mourir. Même quand la maladie fait rage tous les moyens sont bons pour la conjurer, les grigris ne sont-ils pas là pour contrer tous les obstacles ?

Les vieux versent dans la résignation en attendant leur dernière heure car ils ont déjà leur vie de lutte derrière eux. Mais pourquoi ne pas avoir recours au « bois à mâcher » pour tromper la faim ?

C’est un poète-reporter qui observe tout avec minutie, sait lire dans les regards, traduit les souffrances, interprète les faits et gestes de ses frères humains de « Couleurs noir » :

Aussi s’indigne-t-il que le mendiant cul-de-jatte soit chassé comme une mouche puisque «  s’en fout le président » emmuré dans sa tour d’ivoire loin de la misère de son peuple ».

Il est aussi le témoin oculaire de ces femmes, l’échine courbée, puisant l’eau, ou de ces rudes travailleuses des champs à l’ancienne, ces forces de travail inépuisables, et indispensables, ces chercheuses de sel, ces bêcheuses, ces porteuses d’eau, ces restauratrices de trottoir. Il semble même se demander comment aider ces êtres à raccommoder le tissu de leur vie par la misère troué.

Un clin d’œil est également fait à Haïti que le poète dénomme dans l’intitulé d’un poème qui lui est consacré « L’autre rive du continent noir », il évoque le quotidien des Haïtiens dans les moyens de locomotion incommodes sur des chaussées défoncées  :

 

la ferraille antique cahote

Rebondit sur les nids de poule

Les têtes tapent la tôle tap ! tap !

 

Nous relevons dans ce recueil de très belles descriptions qui dégagent une vraie émotion, des images haut en couleurs, des détails significatifs et de très belles images.

 

***

 

Présentation de l'auteur

 

Mario URBANET, né à Saint-Germain-en-Laye en 1935, Mario Urbanet a grandi entre deux langues, celle du Frioul paternel et le français de sa mère. L’occupation allemande, les chantiers du bâtiment à quatorze ans, la guerre d’Algérie à vingt, et un fort engagement citoyen lui ont appris l’essentiel sur la vie. Les livres lui en ont dit les valeurs. Il tente de découvrir comment fonctionne ce monde étrange. Il appareille ses mots comme les pierres d’un mur où s’ouvre la fenêtre du vent, qui répète inlassablement : Pourquoi ?
Ses poèmes sont édités aux éditions Temps des Cerises, Le Serpolet, Henri, l’Amandier, La lune bleue, Couleurs et Plumes et dans diverses revues et anthologies collectives. Ses contes sont publiés par les maisons d'édition Albin Michel, Glénat, Milan, Père Castor et  L’Harmattan.

 

 

***

 

Pour citer ce texte

 


Maggy de Coster, « Mario Urbanet, Couleurs Noir, Éditions Unicité, coll. Poètes francophones planétaires, juillet 2017, Format A5, 72 p., 13€ », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 3 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/07/couleurs-noir-mu.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 13:53

 

Critique & réception

Cinéma

 

 

Nothingwood

 

réalisé par Sonia Kronlund.

 

Film documentaire, 2017

 

 

 

 

Camille Aubaude

Rédactrice de la revue LPpdm, membre de la SIEFEGP

responsable de la rubrique en ligne Chroniques de Camille Aubaude

Sites officiels : http://www.camilleaubaude.com/

& www.lamaisondespages.com/

Blog officiel : https://camilleaubaude.wordpress.com/

 

 

 

Une étrangère, la Française Sonia Kronlund, est allée filmer sur ses terres le plus célèbre acteur d’Afghanistan, Salim Shaheen. Selon une technique inédite, le héros du scénario est aussi un héros de films de genre, dans le style « Bollywood ». Dieu vivant, applaudi, adulé, il est un homme. Il séduit, il souffre et frappe, à la manière de ce film infaisable, comme est infaisable le cinéma afghan.

 

En dépit du manque d’argent, toutes sortes de prouesses émaillent les deux heures d’images naturalistes que la réalisatrice a rapportées de ce pays qu’elle connaît bien. Des images mises en miroir avec celles du cinéma afghan, non pour perpétuer le genre du « cinéma dans le cinéma », sûrement pas pour faire rêver, mais pour comprendre les émotions que procure le Septième Art. Le cinéma est la Grande Illusion dans un pays en guerre.

 

Hommes et femmes afghans jouent leurs vies, entre cimes enneigées et désert. Pas de dénonciation, pas de transcendance dans ce  « Bois de Rien », car les humains n’ont rien, comme dans d’autres pays musulmans. Nothingwood accomplit le « tour de force » de Djuna Barnes dans Nightwood : il donne une vision juste d’un pays et de ses habitants. Les motifs se développent peu à peu pour montrer ce qu’apporte le cinéma, et pour montrer sans manipulation. 

Les registres les plus graves sont présentés avec une précision chirurgicale. La liberté de ton, l’intelligence qui ont donné aux émissions quotidiennes de Sonia Kronlund sur France-Culture tant de fidèles, dont je suis, font le style de ce documentaire. Le talent unique de Sonia Kronlund confère aux scènes les plus dures, comme aux scènes romantiques, une évidence. Tout ce qui fait la singularité de ses émissions radiophoniques, si bien nommées « Les pieds sur terre » (France-Culture, 13h30), sert à comprendre l’illusion du Septième Art.

 

* Le film de Sonia Kronlund mérite d’être vu par le plus de gens possible, bien que cela reste « d’art et d’essai »,  http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19571330&cfilm=244417.html,

 

Camille AUBAUDE

Poétesse, diariste, essayiste, membre du comité de rédaction du Pan poétique des muses.

Éditions de la Maison des Pages

30 rue Beaubourg - 75003 PARIS

***

Pour citer ce texte

 

Camille Aubaude, « Nothingwood, réalisé par Sonia Kronlund. Film documentaire, 2017 », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 2 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/nothingwood-sk.html

 

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