20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 17:08

 

 

 

Lettre no 15

 

 

sur les

 

Eaux oniriques :

 

mers/mères

 

© Horizon par Véronique Caye

 

 

 

Vous avez carte blanche pour en parler. 

La parution des documents choisis par notre équipe est successive du 14 décembre 2020 au 28 février compris. 

 

 La mise en ligne se fait selon nos disponibilités. Au plaisir de publier vos contributions :

 

articles, poèmes, nouvelles, contes, pensées, fragments, lettres, chroniques, transcriptions des textes tombés dans le domaine public, traductions, illustrations, dessins, entretiens, courts-métrages, etc.

 

 

 

La Lettre n°15 de ce périodique porte donc sur les "Eaux oniriques" pour terminer en beauté cette année bien chargée de peines... Mais surtout pour commencer féministement 2021 par des textes & poèmes aux mères/mers... 

Page en cours d'édition.....

 

Bonnes fêtes de fin d'année !

 

 

Par solidarité avec les personnes qui témoignent des violences sexuelles commises sur les enfants & autres personnes vulnérables, on vous prie de nous adresser vos propositions d'œuvres poétiques ou artistiques à afficher dans la lettre no 15. Agissons ensemble pour que cesse l'injustice. #Metooinceste

 

Numéro du PAN POÉTIQUE DES MUSES

Réalisation technique :

Aude & David SIMON (membres depuis 2019)

Contacter l'équipe :

contact@pandesmuses.fr & contact.revue@pandesmuses.fr

Comité de rédaction : Khris Anthelme, Camille Aubaude, Cyril Bontron, Maggy de Coster, Laure Delaunay, Éric Guillot, Mario Portillo Pérez, Dina Sahyouni, David Simon, Nelly Taza & Françoise Urban-Menninger. 

Rappel utile : comme vous le savez bien cher lectorat la revue LPpdm (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteur-e est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, il est le/la seul-e responsable du contenu de son texte, de son image, etc.

 

En poésie avec vous ! 

 

 


 

Sommaire 

 

 

Éditorial

 

Dina Sahyouni« La mer poésie »

 

Bémols artistiques

 

Françoise Urban-Menninger, « Le Pain de Terre à Niederhergheim, un village en Alsace. Le nouvel atelier-galerie de Marie-Rose Gutleben »

 

Mustapha Saha (Chronique reçue de), « Mustapha Saha expose au comptoir des Arts à Paris » 

 

 

 

 

Textes poétiques thématiques

 

Mariem Garaali Hadoussa, « Ô mer tu sèmes les petits cailloux », « Les enfants de ma mer » 

 

Mokhtar El Amraoui, « Mer-Mère » (texte sélectionné de la lettre no 13) & « Au lait sang de mères »

 

Carole Clotis« Mer infamilière » poème d'après les œuvres de Poline Harbali. 

 

Françoise Urban-Menninger, « elle évoquait la mer » 

 

Dina Sahyouni, « Une féministe »« J'écris ton nom »

 

Chantal Robillard« Ah, revoir la Niagara ! (haïkus) » 

 

Charlène Lyonnet« Les dépossédé.e.s » 

 

Houle« perdre la mer » 

 

Christelle Reix« Lettre à ma mère. Du je de l'enfant au je de la femme »« La vague de sable »

 

 

Félix Luna (poème de), Maggy De Coster​ (traduction de), «  Alfonsina y El Mar / Alfonsina et la mer »

 

Sarah Mostrel (poème & illustrations), « Une mer dormante » 

 

 

Varia de textes poétiques

 

 

Maggy De Coster, « Noël en mode Covid »« Setenta balcones y ninguna flor / Soixante-dix balcons et pas une fleur de Baldomero Fernández Moreno », « Poèmes de Silvia Pepió traduits de l’espagnol par Maggy De Coster »

 

 

Astres & animaux 

 

Maggy De Coster, « Setenta balcones y ninguna flor / Soixante-dix balcons et pas une fleur de Baldomero Fernández Moreno »« Poèmes de Silvia Pepió traduits de l’espagnol par Maggy De Coster »

 

Dina Sahyouni, « J'écris ton nom »

 

 

Biopoépolitique

 

CAM[...]ILLE, « Inutile [enfer]tile » 

 

 

Réflexions féministes sur l'actualité

 

 

Françoise Urban-Menninger, «Un enfant n'est pas un partenaire sexuel ! », « Élisabeth Lévy et l'hystérie » 

 

​​​​​​​​​​​

 

CAM[...]ILLE, « Inutile [enfer]tile » 

 

Dina Sahyouni« C'est la fin des haricots pour les consciences tranquilles » 

 

 

 

​​​​​

 

Sourires & rires féministes

 

Françoise Urban-Menninger« La poissonnière » 

 

Poésie audiovisuelle

 

Dina Sahyouni, « Le récital de Mika : féeries poétique & musicale à l'Opéra Royal de Versailles »

 

Nouveauté musicale du 19 février 2021 : L'album de "MIKA à l'Opéra Royal de Versailles" (Live) est disponible sur plusieurs sites : 

 

Poésie & musique

Maggy De Coster​​​​« Une trilogie poétique pour un ténor à la voix d’airain : Jonas Kaufmann » 

 

Dina Sahyouni, « Le récital de Mika : féeries poétique & musicale à l'Opéra Royal de Versailles » 

 

 

Revue des éditrices & éditeurs ou Revue des métiers du livre 

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES« Entretien bref avec l'imprimerie grenobloise et écologique Centre d'impression numérique Everest »

 

Muses au masculin

 

Maggy De Coster​​​​« Une trilogie poétique pour un ténor à la voix d’airain : Jonas Kaufmann » 

 

Claude Luezior« Lettre à mon pauvre Fantôme »

 

 

 

 

Poésie des aïeules

 

Madeleine de Scudéry, /مادلين دو سكوديري« Air / لحن », poème d'amour traduit en arabe par Dina Sahyouni

 

 

Travestissements poétiques

 

Poésie érotique

 

 

Poésie de circonstance

 

 

Faits divers & catastrophes en poésie

..................... 

 

Revue culturelle d'Europe

 

Mustapha Saha (Chronique reçue de), « Mustapha Saha expose au comptoir des Arts à Paris »

 

 

Revue culturelle d'Afrique

.............. 

 

Mon mémoire en dix mille caractères 

(Nouvelle rubrique) 

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES« Mon mémoire en dix mille caractères» 

 

​​​​

S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages, etc. 

 

Houle« perdre la mer »

Maggy De Coster, « Mort du grand poète catalan Joan Margarit » 

 

Association SIÉFÉGP, LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Merci Overblog ! » 

 

 

Annonces diverses

 

Alexandre Gefen« Questions théoriques à la littérature contemporaine : rencontres 2021 » 

 

Natacha Guiller, « Appel à musicien.nes (recherche en musique épide(r)mique) » 

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Barbara Polla (dir.), Équinoxe, recueil collectif, Le Pan Poétique des Muses, Grenoble, éd. Pan des Muses de la SIÉFÉGP, 2020 », « Iris et MêtisEau,  n°3, Grenoble, collection OPS, éd. Pan des Muses de la SIÉFÉGP, décembre 2020 »,  « Revue Marceline Desbordes-ValmoreCélébration volet 1,  n°1, Grenoble, collection OPS, éd. Pan des Muses de la SIÉFÉGP, décembre 2020 »« Calendrier poéféministe 2021 contre le féminicide, Le Pan Poétique Des Muses, Grenoble, collection OPS, éd. Pan des Muses de la SIÉFÉGP, décembre 2020 » 

 

 

Événements en faveur des femmes

 

Françoise Urban-Menninger & Claude Menninger (photographie) « Les femmes et le désir en poésie » 

 

Cri de Femme, « Festival Cri de femme 2021 » 

 

 

Événements & manifestations avec des membres de notre équipe

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES« Prendre part à nos projets poétiques en cours » , «  "Les femmes & le désir en poésie", recueil" » 

 

Françoise Urban-Menninger & Claude Menninger (photographie) « Les femmes et le désir en poésie»

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Dernières semaines pour y participer ! Avis de contributions... »

 

SIÉFÉGP, « Prix Internationaux de Poésie & d'Essai de l'Académie Claudine de Tencin » 

 

 

Soutenir nos actions en faveur des femmes 

 

Vous avez la possibilité de soutenir nos actions en faisant un don de

 

_ 22€ ou plus, vous recevez sous trois semaines en remerciement de votre don un exemplaire papier gratuit du Calendrier 2021 de la revue LE PAN POÉTIQUE DES MUSES pour lutter contre les violences faites aux femmes et particulièrement le féminicide.

 

_ 15 € ou plus, vous recevez sous trois semaines en remerciement de votre générosité un exemplaire papier gratuit de "Célébration", premier volet du premier numéro de la revue MARCELINE DESBORDES-VALMORE. 

 

_ 15 € ou plus, vous recevez sous trois semaines en remerciement de votre aide un exemplaire papier gratuit du recueil "Équinoxe" la revue LE PAN POÉTIQUE DES MUSES 

 

Voilà le lien pour soutenir l'association SIÉFÉGP :

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Événements poétiques
20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 17:07

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages, etc. 

 

 

 

 

 

 

 

Merci Overblog ! 

 

 

Chère plate-forme Overblog France, 


 

La revue LE PAN POÉTIQUE DES MUSES vous adresse ses sincères remerciements pour la qualité de votre entreprise, toujours sérieuse, dynamique et à l'écoute. 



 

Depuis 2011, vous accompagnez cette revue indépendante et entièrement bénévole dans ses réussites et ses difficultés, mais surtout dans sa démarche en faveur de la poésie et la diffusion plurilingue des œuvres de femmes de lettres, des traductrices, des universitaires, etc. 



 

Aujourd'hui, on souhaite vous dédier une partie de notre réussite internationale et vous remercier de votre présence protectrice à nos côtés durant toutes ces années ! Ce périodique a déjà dix ans, et fêtera officiellement le dixième anniversaire de la parution de son numéro zéro en octobre prochain. 



 

Ainsi, vous travaillez dans l'ombre pour veiller sur ce support numérique qui nous donne la possibilité d'agir et de faire évoluer la condition des créatrices dans la société. 

 

Sans le savoir, vous nous aidez à diminuer les préjugés sur les femmes, mais aussi sur la poésie, les hommes, la diversité, etc.

 

Votre société est belle et nous lui souhaitons une longue vie et de belles réussites !

 

On adresse un vrai et grand merci à toute votre équipe ! *


 

 

* Voir aussi les liens :

 

 

***

 

Pour citer ce remerciement 

 

Association SIÉFÉGP, LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Merci Overblog ! »,  texte inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères », mis en ligne le 20 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/merci-overblog

 

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm
19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 16:31

 


Événements poétiques | Le printemps des Poètes | « Les femmes & le désir en poésie

 

 

 

 

 

 

 

La Mouille scandaleuse*

 

 

 

 

Roxane Darlot-Harel

Professeur agrégée de lettres modernes

Son blog

 

 

 

Crédit photo : La naissance de Vénus par Sandro Botticelli, Commons, Wikimédia. ​​​​​​​

​​​​​​​

 



 

Tempus lente fugit et amor celeriter nascitur

 

 

Il fallut des années, nombreuses et limpides,

Avant que je te trouve et que je te connaisse.

Tout était sobre alors, je n’étais point avide,

Avide de ta bouche où mes tourmentes naissent.

 

Comment ne pas crier que tu me bouleverses,

Que je ne savais rien ; que je m’étais trompée

Quand je croyais aimer des hommes. À l’inverse

C’est toi que je cherchais, une averse, trempée.

 

Ils me sont bien passés ces frémissements vagues.

Si j’effleure ta peau, si tu frôles mes cuisses,

Comme pour compenser ces années vulgivagues,

 

Je me noie de désir, juste en une seconde.

Et je me noie d’amour à mesure où languissent

Tous mes sens secoués par tes troublantes ondes.



 

 

Naevus vulvae

 

 

Et lorsque mon œil glisse où ta peau se chiffonne

Pour suivre goulûment ses lignes et ses fronces

Aux fils souples et crème, aux moirures de sconse,

Il se fixe un moment sur un bord qui moussonne.

 

La nature est taquine et pare quelquefois

Ses objets préférés de bijoux très discrets ;

Et sur ta lèvre enfouie dans l'ombre et le secret

Elle a posé ce grain de beauté que je vois.

 

À croire qu'elle pensât que cette mouche rousse

Fût un appât de plus pour que je colle à toi –

Pour vaincre la pudeur de la timide proie.

 

Mais elle eût pu, le grain, l'ôter de la frimousse :

Je ne peux oublier le monde entre tes cuisses 

Il envoûte mes sens, par tous ses interstices.

 

 

« Je suis si sèch' sèch', d'habitude, ma chérie »

 

 

 

Quand l'aube aux doigts de rose humecte un peu mes cils,
Une prime rosée a détrempé mes cuisses.
Comme mes yeux rosis qui pleurent de fatigue,
Mes lèvres – plus souvent – salivent de désir

 

Pour d'autres roses doigts, dès avant l'aube pâle,
Qui sont posés sur moi dans la chaleur des draps.
Il suffit que leur pulpe ait caressé mon bras,
Ait effleuré ma nuque, ait approché de moi,

 

Alors, conjugaison d'Éos et d'Astéria,

Ils paillettent mes nerfs d'une onde inépuisable ;

Une étoile piquante à chaque instant me cabre,

 

Et je l'exsude à flots dans des filaments gris

Qui collent aux dentelles de mon clitoris.

Déesse aux doigts de miel, sur terre tu m'animes.

 

 

 

* Le désir féminin, notamment, est un de mes thèmes fétiches. Dans cette proposition, je me concentre sur un aspect particulier du désir féminin : le désir féminin lesbien.

 

 

 

***

 

 

Pour citer cet ensemble de poèmes érotiques d'amour lesbien

 

Roxane Darlot-Harel, «  La Mouille scandaleuse » ensemble inédit de trois poèmes érotiques d'amour lesbien​​​Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 19 février 2021. Url :  

http://www.pandesmuses.fr/desir/rdh-lamouillescandaleuse

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans RECUEIL NO3 Amour en poésie Poésie lesbienne
18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 12:08

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | No 8 |  Varia d'articles sur la poésie S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages, etc. 

 

 

 

 

 

 

 

Mort du grand poète 

 

 

catalan Joan Margarit

 

 

 

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

Crédit photo : Le poète catalan Joan Margarit (mai 1938-février 2021), Commons, Wikimedia, domaine public. 

 

 

 

 

Nous avons appris par Le magazine en ligne EL CULTURAL du 16 février 2021, le décès du poète catalan Joan Margarit survenu à Barcelone le 16 février 2021 à l’âge 82 ans des suites d’un lymphome pour n’avoir pas pu être admis à l’hôpital pour des soins à cause de la crise sanitaire liée au Coronavirus. Il avait reçu le Prix Cervantès quelques semaines auparavant des mains du roi d’Espagne Felipe VI. Nous republions un article de notre ami poète catalan Xavier Diez sur la vie et l’œuvre du poète, article que nous avions publié dans le N° 15 de notre revue Le Manoir des Poètes en 2007. 

 

Poésie catalane

 

 

Joan Margarit : une révélation

 

Une des choses les plus surprenantes pour ceux qui découvrent l’existence et la persistance de la littérature écrite en catalan c’est la perception de l’extraordinaire puissance de sa poésie.

 

Cela ne devrait pas l’être. Le catalan, langue romaine parlée sur tout le territoire y compris en France, en Andorre et en l’Espagne avec plus de 8000 000 d’habitants, est étroitement lié à l’occitan, c’est-à-dire, la langue des troubadours des XIIe, XIIeet XIIIe siècles. Cela dit, au début du bas Moyen Âge, quelques philologues, et certains observateurs contemporains considéraient ces deux langues comme étant une. La langue, souvent dénommée provençale, était considérée, après le latin, comme une langue de cour et d’élite, et les travailleurs de Barcelone ou de Gérone utilisaient cette langue également.

 

Par la suite, avec la décadence de l’occitan au XIIe siècle, c’étaient les travailleurs de Toulouse qui utilisaient le plus souvent le catalan comme moyen d’expression culturelle.

Ainsi, les critiques comme Harold Bloom et bien d’autres considéraient qu’entre les deux langues se construit le mythe de l’amour romantique, tel que nous le connaissons dans le monde occidental.

 

Après son essor au XVe et au XVe siècles puis son déclin allant du XVe au XVIe siècles, le catalan devient une langue d’expression littéraire et de haute portée culturelle vers le milieu du XIXe siècle. À cela coïncide la résurgence de l’occitan avec les poètes comme Frédéric Mistral. Et tout, dans ce contexte du Romantisme qui en Catalogne adoptera le nom Renaixence (Renaissance). Dans cette perspective, naîtront des poètes nationaux comme Jacint Verdaguer ou Joan Maragall, qui seront très populaires à telle enseigne que leurs poèmes seront connus de toutes les classes sociales.

Dans la littérature catalane actuelle, malgré les problèmes que connaît une littérature minoritaire, ne disposant d’aucun soutien étatique, il existe une grande tradition poétique, mue par des poètes de qualité et un lectorat significatif. De temps en temps, il y a existé des auteurs qui défrayaient la chronique.

 

Joan MARGARIT en fait partie. Un poète authentique qui après être resté inaperçu pendant plusieurs années, se révèle un des poètes lyriques de référence de la littérature catalane actuelle. 

Architecte de profession, et après quelques essais en espagnol, il s’est mis à publier des recueils de poésie dès 1980. Mais c’est durant ces dernières années que MARGARIT arrive à se faire connaître. Son recueil Joana, dédié à la mémoire de sa fille souffrant de paralysie cérébrale à la naissance, devient un livre de référence, bien que les critiques n’en aient pas fait état. Il n’a pas pu pénétrer dans les circuits littéraires de Barcelone mais le bouche à oreille l’a propulsé dans les écoles, les moyens de transports collectifs, le grand public. Sa poétique, terriblement pessimiste, obscure, traitant de la mort et de la mémoire comme termes récurrents, a fait de lui un poète de proximité, avec une grande capacité d’exprimer les sentiments comme la tristesse, l’amour au quotidien, bref ce qui touche le commun des mortels.

 

Son recueil Joana est un hymne à sa fille, pour éviter une seconde mort. Ainsi fait-il perpétuer sa mémoire, son image, toujours présente telle une seconde vie.

Depuis sa consécration, dans les années quatre-vingt-dix, il est sorti de son long silence en publiant régulièrement des livres suscitant les intérêts et les attentes des milieux littéraires. Beaucoup de ses poèmes ont été mis en musique et interprétés par des chanteurs connus.

 

Xavier DIEZ, Docteur ès Lettres

Traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER

 

 

Pare i filla

 

Davant dels finestrals oberts al pati

Ell s’adormia a la butaca,

Vora el sofà on ella reposava.

El rostre de la noia, endurit per la morfina,

S’havia anate deixant el seu somriure

En les fotografies.

En fer-se fosc, la duia al pis de dalt,

Tancava els porticons i la posava al llit.

 

Davant del sofà buit ell s’adonava

Que no li quedarien prou records.

Que mai no quedarien prou records

Per simular la vida

Joan MARGARIT, (Joana,2002)

 

**

Padre e hija

 

Ante los ventales abiertos al patio

Ella se adormecía en el sillón

Cerca del sofá donde ella descansaba

El rostro de la chica, endurecido por la morfina,

Se había ido dejando su sonrisa

En las fotografías.

Al oscurecer, la llevaba al piso de arriba

Cerraba los postigos y la metía en la cama.

 

Ante el sofá vacío, el se daba cuenta

Que no le quedarían suficientes recuerdos

Que nunca quedarían suficientes recuerdos

Para simular la vida

 

Joan MARGARIT, (Joana (2002), 

Traduit du catalan en espagnol par Xavier DIEZ

**

Père et fille

 

Devant les baies vitrées donnant sur le patio

Elle s’assoupissait dans le fauteuil

Près du canapé où elle se reposait.

Le visage endurci par la morphine,

La petite fille s’en allait laissant son sourire

Sur les photographies.

À la tombée du jour, je la portais à l’étage 

Je fermais les volets et la mettais au lit.

 

Devant le canapé vide, il se rendait compte

Qu’il lui resterait pas assez de souvenirs

Qu’il ne resterait jamais assez de souvenirs

Pour simuler la vie.

 

Joan MARGARIT, (Joana, 2002)

Traduction française de la traduction espagnole de Xavier DIEZ par Maggy DE COSTER 

 

Al fons de la nit

 

Està glaçant a l’aire

Ha callat fins I tot el rossinyol.

Amb el front recolzat damunt del vidre

Demano que em perdonin

Les meves dues filles mortes

Perquè ja gairebé no penso en elles.

El temps ha anat deixant argila seca

Damunt la cicatriu. I, fins i tot

Quan un s’estima algú, arriba l’oblit.

La llum té la duresa de les gotes

Que cauen dels xiprers amb el desgel.

Poso un tronc nou i, removent les cendres,

Trec flama de les brases. Faig cafè. 

La vostre mare surt del dormitori

Amb un somriure: Quina bona olor

T’has aixecat molt d’hora aquest matí

 

Joan MARGARIT, (Joana,2002)


 

**

En el fondo de la noche

 

Está helando en el aire

Ha callado incluso el ruiseñor.

Con la frente apoyada sobre el vidrio

Pido que me perdonen

Mis dos hijas muertas

Porque ya casi no pienso en ellas.

El tiempo ha ido dejando arcilla seca

Sobre la cicatriz. E incluso

Cuando uno ama a alguien, llega el olvido.

La luz posee la dureza de las gotas

Que caen de los cipreses con el deshielo.

Pongo un nuevo tronco y, removiendo las cenizas,

Consigo hacer llama en las brasas. Hago café. 

Vuestra madre sale del dormitorio

Con una sonrisa; Qué olor tan bueno.

Te has levantado muy pronto esta mañana

 

Joan MARGARIT, (Joana, 2002)

(La version originale catalane est traduite en espagnol par Xavier DIEZ, Docteur ès Lettres)

**

Au fond de la nuit

Il gèle

Le rossignol s’est tu.

Le front posé contre la vitre

Je demande pardon

À mes deux filles mortes

Parce que déjà je ne pense presque plus à elles.

Le temps a cicatrisé ma blessure. Et aussi

Quand on aime quelqu’un, survient l’oubli.

La lumière a la dureté des gouttes

Qui tombent des cyprès dégelés.

Je place une nouvelle bûche et, remuant les cendres,

Je ranime les flammes des braises. Je fais du café.

Votre mère surgit de la chambre

Esquissant un sourire : quelle agréable odeur !

Tu t’es levé très vite ce matin

 

 

 

Référence : Joan MARGARIT, (Joana, 2002) traduction française de la traduction espagnole de Xavier DIEZ par M. DE COSTER

 

Voir aussi :

 

http://www.joanmar.garitcom/

 

 

 

***

 

Pour citer ces articles et poèmes traduits du catalan 

 

Maggy De Coster, « Mort du grand poète catalan Joan Margarit », article et poèmes édités avec l'aimable autorisation de la traductrice, des auteurs, de leur maison d'édition & de la revue "Le Manoir des Poètes", Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » N°8|« Penser la maladie & la vieillesse en Poésie » volet 2, sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 18 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no8/mdc-mortdejoanmargarit

 

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéro 8

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