31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 07:00

 

 

 

 

 

Encre

 

&

 

Survole

 

 

 

 

 

Jo. Hanna  

 

 

 

 

 

Avant


Avant,

Je brisais la coquille des porcelaines

Contre la pierre noire de l'obsidienne.

Je chantais des litanies aux démons sombres

Et contais aux sirènes,

Les secrets de la mer.

 

Je vivais d'eau, de feu, de sang

Et quelquefois me nourrissais d'amour.

Mais de l'amour,

On ne me laissait que les restes...

 

Je ramassais des jeunes hommes,

Hagards,

Endormis sous les chênes,

Attirés là par mes sortilèges,

Pour leur avouer ma solitude

Et partager avec eux,

Mes abîmes.

 

Après les avoir séduits,

Le plaisir qu'apporte la pureté mensongère,

Les mots de tendresse,

Les regards enflammés par le corps

Et ses murmures

Bien vite me lassaient.

 

Ayant pris soin de me blesser le cœur auparavant,

Je l'abandonnais, bien évidemment,

À la folie...

Je lui avais promis de nombreux sacrifices,

Elle, me permettait de la maîtriser.

C'est pourquoi,

Malgré tout ce que les hommes des mondes fermés pouvaient dire,

Je n'étais pas folle.

 

Non.

 

J'avais la sagesse de ceux qui ont appris le langage du vent.

 

Longtemps, longtemps, il avait soufflé dans ma tête

Mais lui aussi,

J’avais fini par l'apprivoiser.

Voilà ce que j'étais

Quand l'ombre n'avait pas encore laissé place

À ma lumière.

 

 

 

Serpente


 

 

Serpente...

Sagesse du saint en prière.

Sous la voute,

Des salamandres se dorent au soleil.

Elle

Songe

Au regard sombre

Du jeune homme croquant la pomme

Rouge, sang dans les veines,

Souffle de vie, sel de la mer.

Le mal s'étiole en couleurs divines

Opales, moins pâles

Que l'aube

Malhabile.

 

Serpente...

Sent sur ton corps qui rampe

Le contact de la pierre, de la boue, de la terre,

Sent,

Le venin dans l'essence de ton être:

Ce poison qui arrache aux tortures de l'errance

Les hommes qui se perdent.

 

Le mal n'est pas si mauvais que cela...

Il susurre à l'oreille avec la douceur habile,

Des doigts de sylphes.

Naïades, nymphes, sœurs des profondeurs,

Le mal véritable n'est pas si mal.

Il est juste sauvage.

 

Songe...

Elle semble asservie par son amour,

Élevée dans les sphères

Semblables aux nuées ancestrales

Où siègent dieu

Et ses anges de lumière.

 

« Je suis moi même un ange mais mes yeux sont de braise.

Je murmure savamment aux lobes des sirènes,

Leur offrant la beauté

Dont elles se parent,

En rêve,

Le regard prisonnier des glaces qui les reflètent.

 

Je suis moi aussi un ange...

Ne crois pas leurs mensonges!

Je ne suis pas d'ombre!

Juste l'inconscience,

Les méandres de la connaissance.

 
Tu devines, Aurore ou Crépuscule,

Les failles où je m'immisce,

Plus sacrées que les saints de Palestine.

 
Je suis moi même un ange, le favori de Dieu,

Issu des rayons violents frappant la poussière,

Ocre des déserts,

Terres solaires,

Sécheresse des rivières,

Canaan et Jérusalem.

 

Mais l'homme a voulu me détruire, il ne comprend pas l'étrangeté...

Une femme trop belle,

Un nain, une sorcière rousse parlant aux arbres,

Ou l'enfant noir chevauchant un balai,

Ils ont tout rejeté, aveuglés, aveuglés qu'ils sont par la pureté.

 

Elle est trop blanche! Trop idéal! Elle n'existe qu'en Galaad... 
Moi je la souille, je lui mets des parures

À leur pureté

Issue des déchirures.

 

Elle n'existe pas! M'entends-tu?!

Leur pureté est dégradée parce qu'ils m'ont oublié. 
Parce qu'ils ont oublié que j'étais un ange.

Stupidité de leur colère... ils ont cru que j'étais l'inverse de Dieu,

Son contraire.

Mais nous sommes liés, lui et moi,

Nous sommes un.

Une pièce a toujours deux cotés...

 

Ils m'ont oublié mais je sais comment m'immiscer.

J’ai la nature comme substance,

Je suis la force et l'innocence...

Et je serpente...

 

 

 

 

 

 

 

Pauvre idole


À l'ombre des saules,

Assise, trempée,

Et la pluie sur le visage,

Les yeux grands ouverts,

Je suis objet de souffrance, cause de malheur.

 

L'innocence peut elle faire peur?

L'insouciance n'est pas d'ici,

C’est le souffle d'un ange aux ailes trop déployées...

 

Pose tes yeux sur le corps que tu ne pourras jamais posséder

Et adore-le!

Tente,

Inlassablement,

De conquérir un geste,

Un regard

Qui fera trembler ton âme?

La chute peut être une purification...

 

L'ascendance du ciel m'a fait courber les épaules

Et devant l'âcre lueur des jours,

J’ai dû me brûler les yeux.

A l'ombre des saules, je me suis reposée la peau:

A vif, la couverture charnelle s'était dépouillée 

Pour mieux se transformer en éther.

Bien que j'abîmasse mes lèvres

À l'eau des fontaines cristallines,

La pudeur m'a fait perdre l'usage du langage.

Les iris mortes ont parcouru les prairies

En quête de vie délaissée.

Le vent, à l'image des falaises,

M’a volée ce qui me restait d'âme

Pour en faire don à la mer,

Sa délicieuse idole.

 

Les yeux vides, les lèvres sèches, le corps meurtri,

Mon esprit a bien dû s'élever vers d'autres sphères

Pour exister

Loin

De la déchéance de la chair.

 

Amie des pierres,

J’ai appris leurs mystères

L'esprit toujours plus fort, l'expérience des sens s'est décuplée:

Le bruissement de la fleur qui s'ouvre,

L’ardeur du soleil,

La douceur de l'aube,

Étaient à mes yeux,

La joie

Et je me mis à chercher cette musique dans tous les jardins

Sauvages des lieux solitaires.

 

J'ai presque haï les hommes pour pouvoir les fuir...

N’étais-je pas la cause de leur malheur?

Le diable aux yeux de cendre

A pris l'apparence de la beauté

Pour tenté de me séduire...

 

Mais je l'ai ignoré.

 

Aucune onde ne devait perturber ma quête.

 

Dieu,

De n'être plus une créature soumise à la fatalité,

M’a reniée.

Les Muses

Ont voulu me noyer dans des songes...

Mais les illusions n'étaient que des trêves,

Sans repos.

 

Non.

 

Ma quête

Était la vérité brute,

L’abrupt

De l'univers

Dans sa plus pure essence...

 

Dispersée, je me suis perdue,

 je me suis perdue.

« (Je me perds, Je se perds, se perdre, devenir unis,

Vers un autre, une autre!

Je, me perds... indéfini) »

 

Le chant des hommes m'émeut souvent

Et je m'assoie aux abords des villages pour écouter

Et tenter de comprendre...

Mais leur monde, ne m'appartient plus.

 

 

 

 

 



 

Survole


 

Si je me mêlais à la danse,

Je serais la colombe,

Venue, il y a des millénaires,

Des pêchers fleuris du désert.

 

Je frémirais sous les ailes des violons ancestraux

Charmant les hommes devenus femmes 

Dans la folie des pas.

 

Sans me blesser,

Le cristal se brisera sous mes pieds ;

Nacre de mes pieds sur le sol.

 

(Dans la danse le ventre s’anime… 

Tous ceux qui me regardaient comme une proie deviennent victime

de la musique de mes mains dans l’air.)

 

L’air chargé du parfum des corps qui s’élancent…

Je serais la colombe de vos nuits

Blanches.

Celle qui dort tout le jour

Dans les marbres ciselés de la Médina, 

Aime se transformer en princesse mystérieuse…

*****

Je suis l’air du violon…

Il survole les montagnes du bord de mer

Où paissent les moutons du sacrifice. 

Leur âme a été sauvée.

Je survole les villes bleues

Où les couleurs pigmentent les ruelles

Étroitement aquatiques

Et je frémis

Quand me mêlant à la fumée,

Mon haleine devient

la menthe fraîche du souk qui s’éveille.

Vous !

M’avez dévêtue mille et une fois de vos regards !

Indécence soulevant le pli de mes robes secrètes,

mais sombres.

Et pourtant…

J’ai gardé mon mystère.

Car je sais un recoin de minaret

où mes ailes retrouvent leurs blancheurs, 

dès que le nom d’Allah est prononcé.                                                                 

*****

Je suis l’amie des femmes murmurantes qui murmurent

leurs secrets aux puits où elles perdent leur jeunesse,

(leur âme aussi ?),

Non, pas leur âme.

 

J’aime le frôlement de leur peau

Brune et sèche

Sur les feuilles encore rêches

De l’olivier à l’automne.

Je me cache dans les branches pour écouter la voix des oubliées.

*****

Tambours, tambourinent,

Les mains

Frappent plus forts, plus vite

Pour convoquer la musique.

Elle émerge de la terre, là où le feu et la mer

Se mêlent…

Là,

Où « les éternités différentes de la femme et de l’homme » se répondent

Et s’aiment,

Enfin.

Je suis le cri des femmes enfin poussé.

Le roulis des gazelles.

Avec moi, libérées,

elles s’envolent

sur mes ailes, je leur montre leur pays,

Sa beauté discrète mais sauvage :

 (« Jamais elles n’auraient dû le voir, ce doit être écrit quelque part ? »)

Les cèdres parfumés,

Les crocus du safran qui s’ouvrent sous la claire lumière.

Elles s’émerveillent,

De voir le monde vidé des barreaux,

Elles, s’enivrent, 

De la lavande sauvage,

Violence bleutée qui peuplent les falaises noires

de la Méditerranée.

Nous volons au dessus des lagunes,

Surprenant l’envol des cormorans,

Quand le pêcheur conduit sa barque rouge et or

Au milieu du couchant.

Elles, s’accrochent

Aux plumes blanches de mes ailes pour ne pas tomber,

Attirées par l’outremer de l’océan

Désormais Atlantique.

Leurs larmes coulent et se brisent

Mais je reste silencieuse devant le tremblement muet de leur âme.  

 

Cela fait longtemps que leurs chevelures flottent,

Libérées par les vents.

Les voiles sont tombés dans les cascades.

Ils se sont transformés 

en poissons multicolores.

 

Arrivent les oasis…

Je me rapproche des palmiers, qu’elles puissent cueillir les dates,

Qu’elles puissent mêler leurs rires

Aux sucres de la terre.

Et je pleure de joie de les entendre chanter.

Elles, dansent

Sur mes ailes,

Pour elles,

Pour le ciel, 

Pour les hommes un peu,

Mais pas pour ceux qui enferment la beauté,

Et pour le soleil…

La lumière jaillit et nimbe mes ailes. 

 

 

 

Pour citer ces poèmes 

 

Jo. Hanna, «    Encre » (volet de poèmes) & « Survole » (extrait de l'ensemble ''Lumière''), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Poésie des femmes romandes», « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre», n°2|Automne 2012 [En ligne], (dir) Michel R. Doret, réalisé par Dina Sahyouni, mis en ligne le 31 octobre 2012.

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-2-encre-survole-110274944.html/Url. http://0z.fr/RYSs3

 

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent

....

Auteur(e)


Jo. Hanna, est le nom de plume de Johanna Treilles, est chanteuse et poétesse. Originaire de l’île de la Réunion, où elle vit actuellement, elle est l’auteure de deux recueils de poésie, Je sais l’Autre, Poèmes guerriers et d’une pièce de théâtre contemporain. De nombreux voyages en Asie, ainsi qu’un séjour de cinq ans en Europe ont inspiré certains de ses poèmes en leur donnant une dimension plutôt universel que régional même si des écrits plus récents se tournent désormais vers la langue maternelle, le créole. La mort, la vie et la transcendance animent le « je » féminin, personnage central de cette prose poétique.

 

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  Invité d'honneur 

 

Poèmes reproduits 

 

 

Les femmes aux yeux noirs ont le regard bleu

 


Quand elle défait sa robe, l'homme se tait  

 

Extraits du recueil Une histoire de bleu

 



 

 

 

Jean-Michel Maulpoix 

 

Poèmes reproduits avec l'aimable autorisation de l'auteur et des éditions du Mercure de France

 

 

  http://ecx.images-amazon.com/images/I/41S2AZCX5ML._SL500_.jpg

 

 

 

Les femmes aux yeux noirs ont le regard bleu

 

 

 

Les femmes aux yeux noirs ont le regard bleu.

 

Bleue est la couleur du regard, du dedans de l’âme et de la pensée, de l’attente, de la rêverie et du sommeil.

 

Il nous plaît de confondre toutes les couleurs en une. Avec le vent, la mer, la neige, le rose très doux des peaux, le rouge à lèvres des rires, les cernes blancs de l’insomnie autour du vert des yeux, et les dorures fanées des feuilles qui s’écaillent, nous fabriquons du bleu.

 

Nous rêvons d’une terre bleue, d’une terre de couleur ronde, neuve comme au premier jour, et courbe ainsi qu’un corps de femme.

 

Nous nous accoutumons à n’y point voir clair dans l’infini, et patientons longtemps au bord de l’invisible. Nous convertissons en musique les discordances de notre vie.

Ce bleu qui nous enduit le cœur nous délivre de notre condition claudicante. Aux heures de chagrin, nous le répandons comme un baume sur notre finitude. C’est pourquoi nous aimons le son du violoncelle et les soirées d’été : ce qui nous berce nous endort. Le jour venu, l’illusion de l’amour nous fermera les yeux.

 

Extrait du livre de Jean-Michel Mauploix, Une histoire de bleu, éd. Mercure de France MCMXCIV, 1992, « Le regard bleu », p. 18.

 

 

 

Quand elle défait sa robe, l'homme se tait  

 

 

   

 

Quand elle défait sa robe, l’homme se tait.

Il regarde le corps à jamais bleu de la chimère et du désir.
Il écoute s’amplifier sa plainte : tant de beauté pour rien. Le ciel et la mer, ce jour, sont de même chair. Peut-être l’horizon est-il la ligne de partage de l’âme. L’homme pèse à son prix le désastre qui le tient rivé à ses rêves, une écume quelconque sur la bouche, dans l’entre-deux du bleu de l’azur.

Jamais pourtant de son propre corps elle ne se dévêt. Elle ne consent à dénouer que ses cheveux, violets, dit-on, comme sont les tresses des muses où les doigts de l’homme restent pris. C’est un corps de femme autour de l’idée de la mort, à moins que ce ne soit la peau d’un ange, une voix, une main, deux gouttes de sang naguère tombées d’un poignet d’enfant, une tache d’encre bleue fleurissant le papier, un peu de ciel qui s’est perdu, le rêve ancien d’une âme égarée dans la chair somnolant et bleue de la mer.

 

Extrait du livre de Jean-Michel Mauploix, Une histoire de bleu, éd. Mercure de France MCMXCIV, 1992, « Dernières nouvelles de l'amour »   , p. 109.

 

 

 

   

Pour citer ces poèmes

 

Jean-Michel Maulpoix, « Les femmes aux yeux noirs ont le regard bleu » & « Quand elle défait sa robe, l'homme se tait » (extraits du recueil Une histoire de bleu, reproduits avec l'aimable autorisation de l'auteur et des éditions du Mercure de France : Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de Bleu ©Mercure de France, 1992), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Poésie des femmes romandes », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°2|Automne 2012 [En ligne], (dir.) Michel R. Doret, réalisé par Dina Sahyouni, mis en ligne le 31  octobre 2012. Url. http://www.pandesmuses.fr/article-n-2-deux-poemes-les-femmes-aux-yeux-noirs-ont-le-regard-bleu-110149435.html/Url. http://0z.fr/TMX-m

  

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http://www.maulpoix.net/index.html

 

http://www.u-paris10.fr/1768/0/fiche___annuaireksup/&RH=rec_rev

Jean-Michel Maulpoix

Jean-Michel Maulpoix - Littérature - France Culture

Jean-Michel Maulpoix - Wikipédia

http://www.u-paris10.fr/1768/0/fiche___annuaireksup/&RH=rec_rev


http://www.franceculture.fr/personne-jean-michel-maulpoix

 

 

Auteur(e)

 

 

Jean-Michel Maulpoix

 

Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu ©Mercure de France, 1992

 

 

 

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Annonce reproduite de notre Hors-série n°0

 


 

Recours au Poème


Poésies

 


& Mondes poétiques

 

 

  Présentation de la revue

 


Matthieu Baumier

(rédacteur en chef de la revue Recours au Poème)

  

 

 

 

Recours au Poème


 

est un magazine international hebdomadaire de poésie publié on line. Nous considérons que le retrait de la poésie est une apparence. En réalité jamais le Poème n’a eu de rôle aussi important dans le monde qu’en cette époque troublée.

 

Nous voulons rassembler avec l’aide des technologies de la modernité ce qui est poétiquement épars, en différentes langues, dans un magazine diffusé à l’échelle mondiale, publiant des poètes venus de tous les horizons, de toutes générations, de toutes notoriétés, en un geste décisif : le geste poétique. Il s’agira de mettre sur le devant de la scène ce qui en forme la pierre d’angle :


 Le Poème

 

 

 

Il n’est aucun humain en dehors du Poème et c’est à ce dernier qu’il convient d’avoir recours si nous souhaitons


être


 frères 

 

 

Hebdomadaire, Recours au Poème émet depuis mai 2012. Dans chacun de ses sommaires, le lecteur trouvera des textes de cinq poètes venus du monde entier, des chroniques personnelles écrites par des poètes, des hommages, des études sur des poètes, des poésies, des langages poétiques, une revue des revues, un entretien mensuel, des critiques de recueils ou d’essais sur la poésie.

 

 

Recours au Poème

Poésies

& Mondes poétiques

www.recoursaupoeme.fr

Nouveaux articles en ligne cette semaine

Sommaire 21 / Issue 21 /Sumario 21

Pour toute proposition ou demande : recoursaupoeme@gmail.com

Rencontre

Yves Bonnefoy

Focus

Jean-Luc Maxence, Psaume de réconciliation finale avant de perdre l’âme

Poèmes

Giorgos Lillis

Gabrielle Althen

Alicia Aza

Suzanne Dracius

Helène Cardona

Chroniques

Hommage à Jean Mambrino, par Pascal Boulanger

From Liverpool with love, par Sarah Crewe

Essai

Un tableau de la poésie : la poésie dans la NRF, par Claude-Pierre Pérez

Retour sur Action Poétique, par Paul Vermeulen

Revue des revues :

La revue des revues de Sophie d’Alençon

Europe, Arpa, La Passe, La main millénaire, phoenix

Critiques

Jean-Pierre Védrines, je pense que je vais tomber, par JP Gavart-Perret

Anthologie "Pas d’ici, pas d’ailleurs", par Matthieu Baumier
Les deux derniers recueils d’Olivier Cousin
Ainsi chantait Marsyas de Jacques d’Adelswärd-Fersen, par Marie Stoltz
Portes de l’anonymat de Pierrick de Chermont par Gwen Garnier Duguy

Directeur de la publication

Gwen Garnier-Duguy

 

Rédacteur en chef :

Matthieu Baumier

 

Rédaction

Mathieu Hilfiger

Michel Host

Paul Vermeulen

 

Collaborateurs réguliers

Jean-Luc Maxence, Alain-Jacques Lacot, Alain Gopnic, Pascal Boulanger, Pascale Trück, Salima Aït-Mohamed, Fabien Desur, Jean Maison, Luis Bénitez, Marie Stoltz, Gérard Bocholier, Malika Hadji, Andrjez Taczyński, Pierre Maubé, Marija Knezevic, Antoine de Molesmes, Giriraj Kiradoo Sophie d’Alençon, Dubravka Djuric, Phil McBeath, Denis Emorine, Eze Baoulé, Lucia Acquistapace, Zvonko Karanovic, Max Alhau, Jean-Pierre Védrines, Dimitra Kotoula, Didier Bazy, Željko Mitić, Shasheen Sauneree, Maximilien Kronberger, Christos Chrissopoulos, Nathanaël, Arundhathi Subramaniam, Katerina Iliopoulou, Bernard Mazo(), Christophe Dauphin, Nina Zivancevic, Yves Roullière, Matthieu Gosztola, Elizabeth Brunazzi, Andrew Taylor, Brigitte Gyr, Christophe Morlay, Maja Herman Sékulic, Marissa Bell Toffoli, Ian Gibbins, Jelena Radovanović, Laura Vazquez, Michel Baglin, Jean-Luc Wauthier, Eva-Maria Berg

 

 

 

Directeur de la publication


Gwen Garnier-Duguy 

 

Rédacteur en chef 


Matthieu Baumier 

 

Rédaction


Mathieu Hilfiger

 

Michel Host


Paul Vermeulen 

 

Collaborateurs réguliers


Jean-Luc Maxence, Alain-Jacques Lacot, Alain Gopnic, Pascal Boulanger, Pascale Trück,

Salima Aït-Mohamed, Fabien Desur, Jean Maison, Luis Bénitez, Marie Stoltz, Gérard Bocholier, Malika Hadji, Andrzej Taczyński, Pierre Maubé, Marija Knezevic, Antoine de Molesmes, Giriraj Kiradoo  Sophie d’Alençon, Dubravka Djuric, Phil McBeath, Denis Emorine, Eze Baoulé, Lucia Acquistapace, Zvonko Karanovic, Max Alhau, Jean-Pierre Védrines, Dimitra Kotoula, Didier Bazy, Željko Mitić, Shasheen Sauneree, Maximilien Kronberger, Christos Chrissopoulos, Nathanaël, Arundhathi Subramaniam, katerina iliopoulou, Bernard Mazo, Christophe Dauphin, Nina Zivancevic, Yves Roullière, Matthieu Gosztola, Elizabeth Brunazzi

 


 

Recours au Poème

www.recoursaupoeme.fr

recoursaupoeme@gmail.com

 

 

 

Revue Recours au Poème

C/ O Association Le Recours au Poème

Gwen Garnier Duguy

120 rue des Guillemots

29280 Plouzané

recoursaupoeme@gmail.com

garnierduguy@free.fr

 

 

Pour citer ce texte


Matthieu Baumier, « Recours au Poème. Poésies & Mondes poétiques. Présentation de la revue » , in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Poésie des femmes romandes »,  «  Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°2|Automne 2012 [En ligne], (dir.) Michel R. Doret, réalisé par Dina Sahyouni, mis en ligne le 31 octobre 2012.

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-2-recours-au-poeme-107997029.html/Url. http://0z.fr/fge0a

 

 

Pour visiter le site de la revue

 

www.recoursaupoeme.fr 

 

   

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Annonce de parution reproduite



Revisiter la « querelle des femmes »


Discours sur l’égalité/inégalité des sexes, de 1750 aux lendemains de la Révolution

 

 

 

Sous la direction d'Éliane VIENNOT

 

avec la collaboration de Nicole PELLEGRIN

 


Couverture-4e de couverture

 



Publications de l'Université de Saint-Etienne, Coll. L'École du genre, 208 p., ISBN 978-2-86272-603-8, 24 euros

 
L’ouvrage est disponible auprès des libraires (distribution SODIS)
Résumé 

De la fin du Moyen Âge aux premières décennies du xxe siècle, l’Europe et en particulier la France ont été le théâtre d’une gigantesque polémique sur la place et le rôle des femmes dans la société. Qu’elle soit feutrée ou violente, qu’elle prenne un tour sérieux ou cocasse, qu’elle en appelle aux raisonnements ou aux émotions, qu’elle s’exprime en traités, pamphlets, pièces de théâtre, romans, tableaux…, elle a porté sur à peu près tous les terrains, du pouvoir suprême aux relations amoureuses, en passant par le travail, la famille, le mariage, l’éducation, le corps, l’art, la langue, la religion…
Loin d’être un « jeu littéraire », comme on l’a parfois dit, elle s’est développée en écho aux efforts concrets des acteurs et actrices de la société pour empêcher, ou au contraire pour permettre l’accès des femmes et des hommes aux mêmes activités, aux mêmes droits, aux mêmes pouvoirs, aux mêmes richesses, à la même reconnaissance. Et elle a durablement formaté nos sociétés et nos esprits quant aux manières de penser et d’organiser les relations entre les sexes.
 
Ce vaste pan de notre histoire est pourtant fort mal connu. C’est à son réexamen qu’invite le présent volume, premier d’une série qui remontera le temps vers les origines de cette controverse. Il s’attache à la période des Lumières et de la Révolution française, où l’on aurait attendu la remise en question du vieil argumentaire de l’infériorité féminine, mais qui ne donna lieu qu’à sa reformulation.
 
Contributions de Sabine Arnaud, Caroline Fayolle, Geneviève Fraisse, Huguette Krief, Sandrine Lely, Anne Morvan, Martine Reid, Éliane Viennot.
 
Illustrations et extraits de textes de Jean-Pierre-André Amar, Pierre Charpentier de Longchamps, Mme de Coicy, Nicolas de Condorcet, Louise Dupin, Félicité de Genlis, Élisabeth Lafaurie, Jean-Baptiste Louyer-Villermay, Nicolas Ponce, Joseph Raulin, Constance de Salm.
 
 
TABLE DES MATIERES
 
Remerciements
 
  • Éliane Viennot
« Revisiter la Querelle des femmes » : mais de quoi parle-t-on ?
Logique, équité, égalité : les principes de Mme Dupin – ou de Rousseau ?
Les reines de France au pilori (1791)
 
  • Sandrine Lely
« La massue d’Hercule soulevée par la main des Grâces ». Le débat sur la place des femmes dans l’art, entre 1747 et 1793
La fermeture des clubs de femmes (1793)
 
  • Huguette Krief
Le génie féminin. Propos et contre-propos au xviiie siècle
Il faut « politiquer ensemble » ! (1817)
 
  • Éliane Viennot
« La Couronne ne tombe point en quenouille ». Bagarres mémorielles autour du droit des femmes à régner en France, entre 1750 et 1789
Les propositions de Mme de Coicy (1785)
Les propositions de Condorcet (1788)
 
  • Caroline Fayolle
L’éducation est-elle l’instrument de l’égalité ? Les débats sur l’éducation des femmes à la période révolutionnaire et post-révolutionnaire
Éducation et nature, d’après Élisabeth Lafaurie (1791)
 
  • Martine Reid
Genlis, Pipelet, Staël : la figure de la femme auteur au lendemain de 1789
Femmes et activités littéraires, d’après Mme de Genlis (1811)
 
  • Sabine Arnaud
De la dénomination d’une maladie à son assignation : l’hystérie et la différence sexuelle, entre 1750 et 1820
1758 : les maladies vaporeuses affectent les deux sexes ; elles sont liées à l’oisiveté, non à l’utérus
1818 : l’hystérie est une maladie féminine ; elle vient de l’utérus
 
  • Anne Morvan
Théories de la famille, différence des sexes et émergence de la science sociale.
Rousseau, Guiraudet et Bonald
Héloïse, ou l’instruction des femmes dans les « temps barbares »… pas si barbares que cela ! (1770)
 
  • Geneviève Fraisse
Querelle, procès, controverse, les trois figures de la pensée féministe
Jeanne d’Arc sous la loupe… des imaginatifs (1810)
 
Notices sur les contributrices
Résumés des articles
Bibliographie
Index
Table des documents et illustrations
 

 

Information reçue de

 

L'universitaire Aurore Evain

Secrétaire de la SIEFAR-www.siefar.org

 

Pour citer ce texte

« Parution : Revisiter la "querelle des femmes". Discours sur l’égalité/inégalité des sexes, de 1750 aux lendemains de la Révolution , sous la direction d'Éliane Viennot, avec la collaboration de Nicole Pellegrin, Publications de l'Université de Saint-Etienne, coll. L'École du genre, 208 p., ISBN 978-2-86272-603-8, 24 euros », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Poésie des femmes romandes », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°2|Automne 2012 [En ligne], (dir.) Michel R. Doret, réalisé par Dina Sahyouni, mis en ligne le 31  octobre 2012.

Url.  http://www.pandesmuses.fr/article-h-s-n-0-parution-revisiter-la-querelle-des-femmes-107995416.html/Url. http://0z.fr/UBbPO

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans n°2|Automne 2012
31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 07:00

 

 

 

Version traduite

Version originale


 

 

Nabil Helmi Chaker, 

 

« La divorcée » & « Jeune fille orientale »


 

 

 

Nelly Taza

   Textes traduits avec l'aimable autorisation de l'auteur et de sa maison d'édition

 

 

 

 

La divorcée


Tout ce qui est en elle incite à la contemplation... visage enfantin, innocent... sourire paisible, calme… amabilité…. En plus d'une bonne éducation.

Quand elle était au lycée, un homme plus âgé qu'elle de plusieurs années a demandé sa main. Selon l'opinion commune déterminant le choix d'un bon époux, il avait toutes les caractéristiques : belle maison... commerces… Solde pécuniaire et...  d'une famille connue.

L'argent a masqué tous les défauts. Certes, sa demande a été acceptée chez tous puisqu'il leur représente la stabilité, le bonheur et le bien-être. Et elle, elle était encore jeune, soumise, n'ayant pas le droit de refuser et de……

Imad l'avait silencieusement aimée… De deux ans son cadet, sa dignité l'empêchait d'agir en adolescent, mais le cœur ne connaît que ses propres lois…

Elle ne s'est intéressée ni à son regard, ni à son attente sa sortie du lycée… Lui, il a fait semblant d'oublier, mais en vain..

Des années se sont écoulées avant qu'il ne la rencontre par hasard au marché. Elle marchait en tenant par la main un enfant de trois ans et un autre d'un an dans une poussette… Sur son visage se dessinaient clairement une fatigue et une tristesse.

N'est-elle pas heureuse dans sa vie conjugale ? Ou bien c'est à cause des responsabilités de la famille et des préoccupations d'enfants ? Son sourire ? La puérilité de son visage ? Où sont-ils ? Elle avait l'aspect d'une femme épuisée, capitulée… Imad avait continué à la contempler jusqu'à sa disparition dans la foule.

Aujourd'hui, Imad occupe un poste dans une société… Ses fiançailles avec l'une de ses collègues ont été rompues en lui causant de nombreux problèmes. Le projet a échoué à cause de la différence scientifique et sociale. Après, il a décidé d'attendre jusqu'à ce qu'il découvre l'amour réel.


Lors d'une visite rendue à une famille de ses proches, il a été surpris par sa présence là-bas : Doha ! Un peu confus, ses traits détendus, il a pris place.

— Imad, ami de mon mari et de toute la famille.

À dit la dame avant d'ajouter :

Doha, la plus chère des amies du temps des études.

Doha eut un sourire spontané avant de dire :

Je le connais. Sa sœur n'était-elle pas notre collègue au lycée ? Mais je ne l'ai pas vue depuis longtemps ! Monsieur Imad, vous n'avez pas trop changé.

Un grand plaisir lui prit… Elle me connaît. Elle se souvient de moi… Tout en souriant, il lance :

Comment allez-vous,  et les enfants ?

Nous sommes séparés depuis un an… Les enfants sont avec lui.

  Avec un air d'étonnement..

Comment, et pourquoi ?,

Ce sujet est long et douloureux. Je ne veux pas rouvrir une blessure qui s'est cicatrisée.

Imad, en proie à des questions bouillonnantes, l'a tendrement regardée.

Faudrait-il que vous passiez une telle expérience seulement pour satisfaire l'ignorance et l'égoïsme des autres ? Payer le prix de votre jeunesse et de vos nerfs ? Troubler pour toujours le parcours de ta vie ? Maudit soit l'argent qui légalise tout. Vous voilà maintenant divorcée, triste, mère de deux enfants partagés par ci et là, sans stabilité… Ils auraient des personnalités confuses et déséquilibrées… résultat de la désintégration familiale et de l'absence d'affection, ayant dans leur mémoire et pour toujours ces événements douloureux..

Un silence bien court s'est établi. Puis, ronronnement d'une voiture, son de klaxon.. Elle se teint debout pour partir.

Je dois m'en aller… C'est mon frère qui va m'accompagner à la maison.

Ils se serrèrent la main. C'est la première fois… Un frisson délicieux parcourt tout son corps.

Oum Chadi, dites-moi comment ? Pourquoi ?

Pauvre ! Elle n'a pas de chance. Dès le début, elle a compris ses défauts : d'une humeur, maniaque, déséquilibrée, gâté par l'argent… Mais sa famille… Que Dieu les pardonne… Toutefois, c'est …. Le destin. Croyez-moi, c'est une bonne épouse, mère merveilleuse.. Mais sa dignité est au-dessus de toute considération.. Lui, il est complètement mauvais, ingrat, oublieux…Il est tombé amoureux d'une jeune fille qui lui a ravi sa raison et son argent. Il l'accueille chez lui au vu et au su de Doha et les enfants. Il rigole avec elle de façon insolente. En l'absence de Doha, elle entre dans la chambre de cette dernière et se sert de ses propres objets; son parfum, son maquillage, ses habits… Mais ce n'est pas sa faute étant petite, belle, démunie, éprise par les feux de luxe. Cet imbécile l'a déduite avec beaucoup de choses… Quand Doha s'est révoltée pour sa dignité et a émis des objections, il lui a dit :

Elle viendra pour devenir la maîtresse de cette maison. Fais autant que tu voudrais.

Il l'a épousée et emmenée à la maison. Doha s'est effondrée et a quitté la maison tout en demandant le divorce. D'abord, il a refusé, mais sous les pressions et l'insistance, il a dû céder à contre cœur. La voilà aujourd'hui chez ses parents…abattue, blessée de son amour-propre.

Oum Chadi ! Acceptera-t-elle si je demande sa main au mariage ? Demandez-lui, demain, parlez-lui ! A sollicité tendrement Imad.

L'affaire conclue, Imad, au comble du bonheur, se rend souvent chez Doha qui a recouvert la sensation de son existence et de son être. La vie est encore belle avec des gens qui ne se méfient de la divorcée à l'instar de l'ensemble de la société qui toujours s'attaque à la femme, tandis qu'elle protège l'homme par les coutumes, les traditions et par.. la loi. Auprès d'Imad, civilisé sur les deux plans : intellectuel et social, elle a goûté pour la première fois le bonheur et le repos…. Quant à son ex-mari, il est toujours aux aguets :

En prenant connaissance de l'affaire, sa première réaction a été de lui envoyer les enfants pour vivre avec elle de façon permanente, espérant par cela de lui troubler la vie avec Imad, mais Imad et elle, ils ont reçu les enfants à bras ouverts. Il a essayé de défigurer l'image d'Imad en soulevant les dires et en inventant de fausses histoires autour de lui. Tout le monde en est fatigué… Le projet a échoué par un grand problème qui fait d'elle victime d'une dépression nerveuse.

Son ex-mari a été haineux? Il l'a congédiée par force … blessé du fait qu'elle refuse de retourner à lui malgré les promesses alléchantes… elle l'a méprisé, l'a repoussé…

Deux ans se sont passés … Imad a su que Doha s'est engagée par mariage avec un homme âgé, veuf, riche, vivant seul, ayant une fortune et une autorité dans son travail. Il n'a pas d'enfants ? – Si, mais chacun d'eux a sa vie indépendante.

En hâte, Imad s'est dirigé chez Oum Chadi pour l'interroger:

Dites-moi ! Est-elle heureuse ?

Oum Chadi a observé le silence, changé de discours. Lui, il n'a pas insisté.. Il a quitté distrait la maison.

Mon Dieu ! Serait-ce son destin uniquement parce qu'elle est divorcée ? Pourquoi la société lui refuse de mener sa vie comme toutes les femmes ? De se marier avec l'homme qu'elle veut et désire au lieu d'un autre plus âgé qu'elle et bien distant de son esprit. Pourquoi lui interdire une personne capable de la comprendre, la regarder avec un œil de respect et accepter ses conditions de vie ?


"Un jour, debout au feu, attendant le vert pour pouvoir traverser la rue, une voiture luxueuse s'est arrêtée…. Il regarde attentivement… Il connaît l'élégante dame derrière le volant… Oh, Mon Dieu !!!! C'est Doha ! Il s'est cloué en place…. Qu'est-ce qu'elle a fait de son âme ? … Maquillage exagéré couvrant l'innocence de sa face mais racontant une histoire de souffrance bien claire.

Il a baissé la tête et …… traverse…."



Jeune fille orientale

 


Amour et coquetterie ont été son enfance…ses souhaits étaient des ordres… Jamais elle n'a senti la différence de la confession religieuse existant entre son père et sa mère… C'est une question relative… En grandissant, elle a entrevu une certaine tension entre eux, malgré leurs études supérieures et leur large culture. De temps en temps, elle a été face à une discussion intense, mais raisonnable, qui n'a pas atteint la limite de….

Reprends ta conscience… Pour Roula et pour mon sacrifice durant des années… Il faut que tu respectes mon être. Pour toi, j'ai défié mes parents et la société.. En dépit de toute tentative de me dissuader, je t'aime et je tiens à toi… Mais, l'amour-propre… Tu joues au feu… Je ne te reconnais … Tu me trompes ? Tu montres le contraire de ce que tu caches ?

De sa mère attachée à la vertu et aux préceptes des religions célestes… Son père est le contraire… cultivé et laïc… Dans l'esprit de sa fille, il sème ses idées que la mère trouve "corrompues" dans une société conservatrice et attachée à ses coutumes et traditions… La fille a vécu la lutte entre le conservatisme et les traditions d'une part et la liberté intellectuelle et sociale importée… C'est ce que la mère craint pour sa fille : les pensées de son père.

Une fois son diplôme universitaire obtenu avec la mention Bien. Il a été décidé d'envoyer la fille en bourse d'études en vue de poursuivre ses études supérieures. La mère en est contente : elle se soustrait de cette ambiance qui est devenue de plus en plus tendue et sa personnalité se cristallise en dépit de la souffrance de la séparation, elle reste son seul espoir de la vie.

Le père a bien accueilli la décision, il l'a applaudie. En Europe, elle pourrait adopter ses idées tout en vivant avec sur le terrain. Ce père qui fait le chantre de l'amour spirituel et de la relation conjugale… sacrée, n'est, en réalité et au fond de lui-même, qu'un homme voluptueux, esclave de corps, prisonnier de toute femme fatale… Une contradiction terrible caractérise sa personnalité, ce qui a fatigué sa femme qui a découvert tant de choses au fond de son âme. Après le départ de Roula, la mère s'est assurée que son mari avait une maîtresse du même âge de sa fille ou bien un peu plus âgée, coquette, avec un passé déshonorable… Lui, il a avoué tout simplement tout en disant : "Tu dois être réaliste !" et commence à agir de façon plus libre.. Il a annulé son existence… et a fait venir à la maison son amante – qui agit à la manière des putains – pour passer avec elle la plupart de la journée, ce qui a exaspéré son épouse qui a essayé de la chasser…

Mais lui… Il s'est révolté tout en proférant férocement et fortement les menaces.

Et si je fais comme toi ??? Prendre un amant que j'emmène à la maison, tu seras alors satisfait ?

Fais-le, si tu veux ; lance-il froidement.

Tu acceptes de m'enlever mon immunité conjugale.. tu ne t'exaspéreras pas pour ta dignité ? Ton amour-propre d'homme oriental ne se réveillera pas en toi ? Tu ne te réfugieras pas sous le toit de la loi qui te protège et me déshonore ?

Malgré tout, il s'est marié avec la coquette qui lui a imposé toutes les conditions préservant son droit matériel… Quant au staut social : peu importe.. et il a tout accepté.

Sa femme a demandé le divorce..   Lui, il a refusé obstinément… Oum Roula représente pour lui un nom et une haute valeur sociale ??? Et l'autre, c'est pour satisfaire les désirs de son corps et dissiper un complexe.

Roula est au courant de tout à travers les lettres de sa mère dans lesquelles elle explique sa souffrance, sa sensation de négligence, son amour-propre blessé, sa terrible solitude… en attendant son retour : elle, le seul espoir existant.

Son père lui a expliqué la question par une analyse psycho-scientifique tout en racontant des choses sur les besoins de l'âme humain et les exigences de l'esprit et du corps… la liberté… la sincérité envers soi-même. Les conditions de vie en Europe où elle vit, l'ont poussée à lui justifier ses actes. Elle a écrit à sa mère : "C'est sa vie… Qu'il la mène comme il veut. Et toi, vis la tienne.. Range-là de sorte qu'il ne soit pas là-dedans". La mère est foudroyée… Qu'est-ce qu'il a fait de sa fille ? Il lui a lavé le cerveau… Il a gagné le round.. et elle, elle est désespérée après avoir tout perdu avec la dernière carte présumée gagnante : sa fille.

Là-bas, Roula s'est liée d'amitié avec un étudiant européen. Cette liaison s'est vite transformée en amour… Mais quelle différence de conception de ce sentiment existe-t-elle entre nous et eux… Malgré ses prétentions de réalisme et de libertarisme.. elle garde en elle une jeune fille orientale qui croit que l'amour doit être couronné par le mariage… stabilité… famille… nom, entité et société… Son ami est bien beau…

Il a des amitiés… fait des compliments… va avec n'importe quelle fille qui lui plaît tout en considérant ça comme son droit naturel, mais quelle attitude entretient-il envers elle ? La plus intime, mais….sans attitudes sentimentales, ni relation sexuelle…il sait qu'elle refuse, comme toutes les filles orientales, le principe des liaisons sexuelles sans rapports sociaux et normes morales.

Une fois, il a essayé de l'embrasser.. ; elle s'est frissonnée et s'est éloignée de lui en signe de refus… Il s'est levé tout en criant à vive voix : "Tu n'es même pas une femme…tu n'es qu'une statuette sans sentiments". Il a blessé sa féminité… Elle a pleuré avec amertume… Elle ne veut pas capituler… Elle a peur d'avoir le sort des autres filles… Comment elle pourrait se présenter devant sa mère : symbole de chasteté et de pureté ? Comment elle pourrait faire face à elle-même et...à la société ?

Mon Dieu ! Comment Je pourrai poursuivre ma vie dans un pays dont les valeurs morales sont dégradées, sales, sans normes ni restriction ni dissuasion.

Il s'est senti dur avec elle… Il s'excuse doucement tout en l'invitant à prendre un café dehors… Elle a discuté le sujet avec lui… Il a perçu la contradiction régnant dans sa personnalité : la lutte entre ses racines et ses caractères acquis.

Allons nous marier… lance-t-il en souriant. Et de poursuivre : "Le papier enregistré saura-t-il confirmer notre union ? Te permettra-t-il de faire l'amour ? Ta mère a-t-elle tiré profit de ce papier dit acte de mariage ? Ton père ne l'a-t-il pas quittée pour une autre ? Quelle absurdité ! Ce contrat ne lui sert à rien pour le conserver… Le véritable engagement sera scellé par les sentiments et non pas par le papier…tant que je t'aime, je reste avec toi… Sinon !!! Oublions ça… Maintenant, je ne peux assumer que la responsabilité de moi-même… Je vais finir mes études, assurer mon avenir, vivre ma vie… J'ai encore beaucoup de choses à faire… Je 'en prie, Roula, Vivons la vie telle qu'elle est… Ne complique pas les choses !

 

L'image de ses parents lui revient avec toutes ses contradictions.

La lutté a déformé sa culture et l'a rendue perplexe.. Ses jugements sont troublés… Je ne pourrai pas continuer… Ici…tous les hommes sont pareils… J'ai encore les années d'études à parfaire… Reviendrai-je ?Mais chez qui ? Ma mère ? Pour tromper ses espérances. Mon père et sa femme où règne une ambiance tendue… Les bavardages des gens...je perds mon diplôme et tout avec.

Elle marche nerveusement; distraite, ses pensées se bousculent… Perte…distraction… La pluie tombe sur elle… Elle ne sent pas l'humidité… Des larmes chaudes… Elle est parvenue à un endroit sur le pont au-dessus du fleuve qui partage la ville…s'est lancée…s'est coulée avec le flot… Adieu !

 

 

* Oum : mère

 


Pour citer ces nouvelles


Nelly Taza (trad.), « Nabil Helmi Chaker, ''La divorcée'' & ''Jeune fille orientale'' » (textes traduits avec l'aimable autorisation de l'auteur et de sa maison d'édition), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Poésie des femmes romandes », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°2|Automne 2012 [En ligne], (dir.) Michel R. Doret, réalisé par Dina Sahyouni, mis en ligne le 31 octobre 2012. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-la-divorcee-jeune-fille-orientale-105377901.html/Url. http://0z.fr/CQ6hX

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Auteur(e)


Nelly Taza 


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Le Pan poétique des muses - dans n°2|Automne 2012
11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 06:17

 

 

n°0|Événement poétique 


 

 

Un pan de poèmes

 

pour


Toutes à l'école

Un pan de poèmes

 

ISSN = 2116-1046

Revue de poésie

électronique et apériodique 

 

www.pandesmuses.fr   

Logodupan©

 

 

 

Fêtons ensemble la journée internationale des filles

Participez à la campagne

 

Sommaire*

 

  • Françoise Urban-Menninger  

 

Les leçons de choses

 

  • Anne-Marie Reine Le Pape

 

Les examens et les bébés

Quand elle peut, ma fille me donne un peu

 

  • Styliani Kokkali

 

Achille Elle

 

  • Dina Sahyouni

 

Une fille des lumières

 

  • Sophie Brassart

 

Liste à ma fille

 

  • Isabelle de Champchesnel

 

Les Gamines

* En désordre

 

    

Revue consultable depuis votre mobile à l'adresse suivante :

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 Vos actualités poétiques

 

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Le Pan poétique des muses - dans Événements poétiques
11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 06:16

 

 

 

Liste à ma fille

 

 

Sophie Brassart

http://3.bp.blogspot.com/-QPYRe6hFI-0/UGHh47lgQzI/AAAAAAAAB0Q/1F8nlmzh48U/s1600/Empreintes_affiche+V3.jpg


 

Fièvres éparses,

qu’en sera-t-il de toi ma fille?

L’appétit humain sans foi dévore

les villes 

le corps

ton gain

coule

le torrent

les créneaux

inondés

des mensonges,

découpe,

et puis souffre,

et puis crie !

Mais laisse-toi aimer mon enfant,

sois la musique,

l’orgue, et l’ivresse,

ton cœur qui sait vibre alentour.

 

 

 

 

 

Pour citer ce poème


Sophie Brassart, « Liste à ma fille », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques; n°0|Événement poétique : « Un pan de poèmes pour Toutes à l'école », automne 2012, mis en ligne le 11 octobre 2012.

URL.http://www.pandesmuses.fr/article-liste-a-ma-fille-111085475.html/URL. http://0z.fr/ZYv6x  

 

Auteur(e)


Sophie Brassart, documentaliste aux heures pleines, elle a déjà publié dans les revues Mille et un Poètes (n°3, été 2012) et  La Porte des Poètes (printemps 2012). En 2011, elle a également publié un poème dans le cadre du Printemps des Poètes, a lu certains de ses textes lors de la présentation des derniers numéros de la revue La Porte des Poètes (en mai 2012) et elle a été citée dans la Revue Artension (n°112, mars-avril 2012). Elle tient aussi un blog intitulé Toile poétique à cette adresse : http://graindeble.blogspot.fr/. Déméter en témoin, Sophie Brassart noue un dialogue de lettres vives (poèmes et peintures), singulières ou bien mêlées. Les figures sont tissées de mêmes toiles, celles du temps numérique, pour des messages inscrits dans une vie courte; celles de la profondeur du mythe, sans quoi rien ne saurait advenir; celles du mystère féminin, qui invite à la transformation, la résistance, l'intensité. Autant de libres propos, libres propositions, réalisées avec de l'encre, de l'acrylique, et des suites de 0 et de 1. Elle a exposé ses tableaux dans l'Ateliers de Ménilmontant  en 2011. Une nouvelle exposition intitulée "Empreintes" (octobre 2012) est en cours.

 

 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 06:16

 

 


Une fille des lumières


 


Dina Sahyouni

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f1/Kirche_Gröben_Lichtspiel.JPG 

 

 

 

Être fille

un cahier oublié

du bleu de l'encrier

d'une main tachetée

bleu marine

 

 

Être fille

des souliers souillés

des mares de la raine

et un tablier mouillé

d'une botte de foin

récoltée tôt le matin

ou en plein jour

 

 

Être fille

un échiquier confisqué

de mille contraintes

au cœur des complaintes

d'une mère désabusée

 

 

Être fille

une bouche à nourrir

ou « une bonne à rien »

où le mâle est souverain

 

 

Être fille

une « sotte » donnée en dote

née dans les roses

ou au bout de l'enfer

prou, là, oui, par terre

 

 

Être fille

dans les nuits sombres

une ombre parmi les nombres

là-bas où les lumières

tardent encore à venir

voire peinent à surgir...

 

 

Être fille

marchant les yeux ouverts

 — vêtue entièrement de vouloir —

aux marchés gorgés d'alcool

Rêvant assidûment d'aller à l'école

 

 

 

 

 

Pour citer ce poème


Dina Sahyouni, « Une fille des lumières », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques ; n°0|Événement poétique : « Un pan de poèmes pour Toutes à l'école », automne 2012, mis en ligne le 11 octobre 2012. URL. http://www.pandesmuses.fr/article-une-fille-des-lumieres-111084166.html/URL. http://0z.fr/gR7iN       

 

Auteur(e)

 

 

Dina Sahyouni

     

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 06:16

   

 

 

Poèmes reproduits

 

Les examens et les bébés

  
&

Quand elle peut, ma fille me donne un peu 

 

 

 

Anne-Marie Reine Le Pape

 Extraits reproduits du recueil Je veux juste être tranquille  

avec l'aimable autorisation de l'auteure

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/518d7jcP8YL._AA278_PIkin4,BottomRight,-52,22_AA300_SH20_OU08_.jpg 

 

Les examens et les bébés

 

À l’Université 

nous nous sommes rencontrés

nous nous sommes vite mariés.

Les examens et les bébés

m'ont vite fait abandonner.

Tes astreintes à l'hôpital

tes consultations dans le privé

les urgences à assurer

tu m'as laissée tout assumer

ta famille tu as oublié.

Dans le milieu j'ai perdu pied

à tes yeux j'ai rétrogradé

des nouvelles thérapies tu ne m’as plus parlé

avec tes associées tu m'as trompée

en congrès tu en as profité.

À coups de poings tu objectais et tu niais

comme une souillon je me sentais

dans notre maison tu m'enfermais

les enfants, alors, tu véhiculais

des prescriptions tu me signais

de pommades tu me badigeonnais.

Mon enfance je me rappelais

étant malade on me dorlotait

tes attentions me consolaient

tant de visites par jour me réchauffaient

puis s'estompaient, puis reprenaient

puis s'estompaient, puis reprenaient.

Mon visage tant de fois pommadé

ne devrait pas être ridé.

De la distribution à la décoration

j'ai tout pensé dans notre maison.

Pour moi seule tu as redistribué

dans la chambre du fond tu m'as affectée.

Notre maison ne m'a pas comblée

vaste salle d'attente pour impatiente patiente.

De mon addiction tu n'as rien vu

jusqu'à une arrivée imprévue.

 

En cure de désintoxication tu m'as placée

une nourrice tu as engagé

d'une interne tu t'es entiché

notre maison tu lui as fait visiter

les enfants tu lui as présenté

à ma place tu l'as placée.

Un avocat tu as engagé

au juge les enfants tu as demandé.

Nos enfants que j'ai élevés

que j'ai toujours entourés

lors des droits de visite ne peuvent s'apaiser

du peu de temps ils veulent tant profiter

que contre moi ils viennent s'allonger.

Le montant de ma pension est élevé

mais pas suffisamment pour me reloger.

La moitié de la maison est à moi

tu me la dois

c'est la loi mais pas ta loi.

Quinze ans de sacrifice

quinze ans à ton service

pour me retrouver dans une chambre de service

est-ce que c'est logique ?

La nourrice tu as congédié

L'interne tu as vite épousé

les examens, nos enfants et son bébé

l'ont vite fait abandonner.

 

 

 

Quand elle peut, ma fille me donne un peu 

 

 

On m'a retirée de l'école

pour aller vendre des bricoles

le doux commerce des guenilles

c'est pour ton avenir, ma fille.

Mon mari avait une addiction

qui dévorait les allocations.

J'obtenais quelques petits deniers

des fripes gardées les mois derniers.

Par la vitre du café je le voyais

toujours concentré sur ses mêmes journaux

le peu de courses qu'il ramenait

décevait autant que ses chevaux.

J'ai ouvert un compte à mon nom

pour transférer les allocations

C'est moi l'homme, qu'est-ce que tu crois ?

Je sais pas, ça veut dire quoi ?

Que de tracas pour une seule fois

je continuerai à me débrouiller sans toi.

La pendule de ma mère

qui patiente chez " ma tante "

compte les heures

et ça me hante.

Mes enfants sont ma seule fierté

tous ont fini leur scolarité.

J'ai tout fait pour qu'ils mangent à leur faim

mais aujourd'hui, c'est moi qui ai faim.

Quand elle peut

ma fille me donne un peu.

Je ne leur demande jamais rien

les cadets ne s'inquiètent de rien

je suis restée leur mère courage

mais j'ai plus l'âge.

 

 

Avec quoi pourrais-je payer mes traites ?

Je n'ai rien versé à Caisse Retraite

elle me le rend bien

elle ne me verse rien.

Tout ce qu'on m'a appris

c'est vendre des bricoles

finalement, ça m'a servi

et desservi.

Même en cherchant ce qu'il me reste

je n'ai plus rien à vendre

alors je peste

je me déteste.

Sur le marché des breloques

c'est combien pour cette loque ?

 

À la Bourse, c'est l'euphorie.

Un tel trésor, c'est à quel prix ?

Une femme comme elle

ça vaut de l'or !

Valeur refuge

c'est mieux que l'or :

l'or, dans les mines il faut descendre

les mères courage sont déjà là

à nous attendre.

Dès création du titre " Mère courage "

ça déménage !

Les cotations s'envolent

les traders se passionnent

l'économie est délaissée

mieux vaut ne pas laisser passer

le cours ne pourra que monter monter

la loi de la Bourse est bouleversée

j'achète, encore, encore.

L'indice Nikkei

est en éveil

 

Hong Kong

termine.. hong, hong

l'indice Footsie

a le tournis

Euro stoxx

croit à l'intox

à mi-journée, le CAC 40

...séance éreintante

l'indice Nasdaq

prend des claques

à la clôture de Wall Street

jamais connu un pareil trip ! 

 

 

 

Pour citer ces poèmes

 

Anne-Marie Reine Le Pape, « Les examens et les bébés  » & « Quand elle peut, ma fille me donne un peu » (extraits reproduits du recueil Je veux juste être tranquille avec l'aimable autorisation de l'auteure du recueil), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques ; n°0|Événement poétique : « Un pan de poèmes pour Toutes à l'école », automne 2012, mis en ligne le 11 octobre 2012. URL.http://www.pandesmuses.fr/article-les-examens-et-les-bebes-quand-elle-peut-ma-fille-me-donne-un-peu-111004521.html/URL. http://0z.fr/l9qyA     

 

 

Auteur(e)

Anne-Marie Reine Le Pape, Anne-Marie Le Pape est avocate. Sous le nom de plume d'Anne-Marie Reine Le Pape, elle a publié Je veux juste être tranquille, recueil de 25 textes sur la violence conjugale, en ebook (gratuitement téléchargeable ce jeudi 11 octobre 2012 sur le site Amazon en l'honneur de la première journée internationale des filles (ici).

Site : blog.jeveuxjusteetretranquille.net/  

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Le Pan poétique des muses - dans Événements poétiques
11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 06:16

 

 

Les Gamines

 

 

 

Isabelle de Champchesnel


 

 

Parties dès l'aube sur des kilomètres arides, les gamines

Chaussées de mauvaises semelles et vêtues de laines avachies,

Portent des seaux, des sacs et des oiseaux vivants.

Sous les cris d'une grande soeur malhabile

À les convaincre de l'urgence de l'entreprise,

Elles râlent mais crapahutent,

Elles traînent mais avancent vers la ville,

Où personne au marché ne les attend.

La montagne est leur pays.

Elles en viennent, elles y vont, elles y vivent.

Majestueuse et large, la montagne n'est pas un lieu de consolation

Même quand après les corvées domestiques et les travaux des champs

Dans un dernier voyage jusqu'au puits,

Elles posent l'eau et regardent s'enflammer,

Autour d'un soleil rouge,

Le ciel et les sommets miraculeux.

 

Quand après six heures de trajet

Elles trouvent une place au marché,

Elles s'assoient, pour un temps tranquillement,

Et goûtent les rumeurs de la ville.

La ville n'est pas un lieu de tentation

Malgré leur curiosité qui s'exerce

Et les découvertes sensationnelles qui passent devant elles et leur sourient

Et dont, effarouchées, elles rient ensemble et se nourrissent

comme de la meilleure pomme à croquer que la vie leur ait donnée.

 

L'argent ne tombe pas du ciel !

Et le pauvre étalage ne se vide guère

Et jamais qu'au bout d'âpres discussions menées par la soeur aînée.

Elles vont devoir dormir là,

Sur le territoire de la foire,

Sous un arbre, contre une pierre,

Se réchauffant aux épaules de l'autre,

Dans leurs maigres gilets de laine,

Des sacs sur les genoux.
À la Grande Ourse, leur auberge !

 

Mais quand la veille d'une fête,

Alors que les fours ont été bien remplis

Et qu'apaisée d'avoir tout accompli

Leur marâtre de soeur s'est adoucie,

Les gamines se taisent,

La regardant tracer dans la farine les lettres

Des mots qu'elles disent,

Et admirent, comme une magie,

Passer de l'oral à l'écrit,

Du son à la forme,

Leurs noms,

Les objets qu'elles désignent,

Les choses qu'elles évoquent.

Même MAMAN peut s'écrire,

Même leur drame se trace, se lit et peut enfin se dire.

Et chacune essaye à son tour

D'écrire dans la farine son amour.

 

 

Pour citer ce poème

Isabelle de Champchesnel, « Les Gamines  », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques ; n°0|Événement poétique : « Un pan de poèmes pour Toutes à l'école », automne 2012, mis en ligne le 11 octobre 2012.

 URL. http://www.pandesmuses.fr/article-les-gamines-111004071.html/URL. http://0z.fr/JFtFk      

Auteur(e)


Isabelle de Champchesnel

 

 

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