8 septembre 2021 3 08 /09 /septembre /2021 09:06

 

​​REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Dossier

 

 

 

 

 

 

 

 

 ​​​​Interview de

 

 

 

Samar Miled

 

 

 

 

 

 

​​

Propos recueillis par

 

Hanen Marouani

 

 

Entrevue avec

 

Samar Miled

 

 

 

 

 

 

© Crédit photo : Image de couverture du recueil de Samar Miled. 

 

 

 

Résumé 

 

​​​​​​ Samar Miled, fille de Kerkennah, certes, mais aussi fille de cette belle et riche Tunisie qu'elle chante, qu’elle écrit, qu’elle décrit et qu'elle respire. Son amour pour ce pays, pour ses vieilles ruelles et villes, pour ses petits bonheurs, pour ses traditions distinguées, ses parfums enfouis et mélangés, ses mots de terroir et tiroir et ses contrastes, l’a poussé toujours à parler de ce petit pays en évoquant ses irrésistibles modes de séduction, ses petits bonheurs, les histoires de sa grand-mère et ses saveurs qui habitent chaque pas, chaque étape de sa vie, chaque pensée et chaque âme entre et sur les murs.

 

​​​​​​ Et qui ne peut pas succomber au charme de la Méditerranée, de la Terre natale et de la Médina ? Ce n'est pas difficile de séduire les lecteurs avec ces clins d’œil, parce que l’Orient, le Maghreb et les traits berbères séduisent déjà encore et comme toujours. Ses plongées et expériences dans ce domaine, récemment ou même avant, avec des réserves, lui ont donné envie d'explorer de nouvelles pistes, de proposer de nouvelles idées, de penser autrement pour donner un nouveau souffle à la poésie d’aujourd’hui dans son pays ou ailleurs, de prendre des risques ou des contacts, d'exprimer son amour pour ce pays et pour le monde autrement par l’expression de sa totale solidarité au profit des droits de femmes dans son pays et dans le monde. 

 

​​​​​​ Ses prochains livres ou recueils qui vont suivre seront certainement différents mais toujours avec la même âme et émotion, le même humanisme et surtout avec une touche et un style, inspirés de l’Orient. Son premier livre, Tunisie Sucrée-Salée, constitue un hommage à la Tunisie post-révolutionnaire et à la réalité douce-amère.

 

 

Entretien

 

 

1– Qui êtes-vous Samar, une femme à âme orientale en quête des mots et des expressions françaises adéquats à ses humeurs, origines et émotions orientalistes,  une poètesse décalée et révoltée qui défend les femmes “sans-voix”, une passionnée des mots, une francophone avec l’esprit dans la lune de l’orient, ou autre ? 

 

 

SM Merci pour cette belle question, mais avant de rentrer dans les détails, j’ai envie d’interroger le terme “orientale” et ses déclinaisons. Il me semble qu’une mise au point s’impose avant de poursuivre notre conversation. J’ai presque envie de répondre à votre question par d’autres questions : y-a-t-il une âme orientale et qu’est-ce qu’une émotion orientaliste ? Parallèlement, y-a-t-il une âme occidentale et une émotion occidentale ? Les émotions sont-elles propres à “l’Orient”, et ce, par opposition à quel autre qualificatif ? On se pose rarement les mêmes questions pour décrire l’Autre, non-oriental. C’est donc cette généralisation qui me dérange, dans le sens où, en utilisant l’épithète “orientale” pour confirmer mon appartenance à toutes les femmes “orientales”, j’ai peur de tomber inconsciemment dans une généralisation qui effleure le stéréotypé, et efface par conséquent l’individu,  son âme  et ses émotions personnelles ainsi que ses facultés intellectuelles. Vous devez certainement reconnaître dans mes propos, mon orientation décoloniale qui m’oblige à m’arrêter sur certaines terminologies, et désobéir linguistiquement et épistémologiquement, avant de répondre à toute question liée à l’identité et à l’appartenance. Sur cette note, pour revenir à votre question, je dirais que je suis, exactement comme vous m’avez décrite : “décalée et révoltée”. Ma longue introduction ne fait que le confirmer. J’écris souvent pour déconstruire et critiquer, parce que je n’arrive pas à n’écrire que pour rêver. Le réel est beaucoup trop réel pour que mes vers s’éclipsent derrière les étoiles. Je fais donc du poétique baignant dans la politique. La poésie est l’espace de l’infini linguistique : elle permet aux mots de se multiplier pour s’aligner dans des combinaisons illimitées et inimitables. C’est de cette "dissémination" si chère à Derrida que je parle. Ces possibilités inépuisables offertes par la poésie me permettent de recueillir des témoignages et d’inventer des histoires, afin de multiplier les voix, et de faire parvenir tous les cris.  

 

 

2 – À quel âge avez-vous écrit votre premier texte et pourquoi avez-vous choisi la poésie pour vous exprimer en tant que jeune femme tunisienne et orientale et surtout de formation littéraire ? 

 

 

SM – J’ai écrit mon premier roman à l’âge de treize ans. C’était une imitation amusante et passionnée d’Harry Potter, mais en version féminine. C’est en écrivant les aventures de ma sorcière préférée que j'ai découvert ma passion pour l’écriture...et pour le féminisme. C’était une expérience unique, que je n’oublie pas. Je n’ai jamais cessé d’écrire depuis, mais la qualité de mes textes a évolué au gré de mes humeurs. C’est ce qui explique peut-être le choix de la poésie ? J’ai toujours écrit des textes courts et rythmés : l’expression d’une émotion passagère, d’un trouble bref mais intense, auquel même une infinité de larmes ou de rires n’aurait su rendre justice. Cette passion précoce pour l’écriture a facilité mon choix de poursuivre des études littéraires, qui m’ont permis par la suite d’enrichir mon vocabulaire, d’affiner mon style, et de confirmer mon besoin d’écrire pour me définir et mon envie de publier pour partager. 

 

 

3 – Voyager entre les goûts sucré et salé, l’orient et l’occident, l’arabe et le français, l’identité et le déracinement, l’avant et le maintenant, qu’est-ce que cela peut vous dire pour mieux nous le dire ?

 

SM J’aime beaucoup cette question, et en particulier votre manière de faire dialoguer les contraires. Cette association des contraires me définit assez bien. Avant de prendre la décision de traverser les frontières, je n’avais jamais quitté ma zone de confort et je ne remettais jamais rien en question. À force de vivre dans un seul endroit, d’ouvrir les yeux sur un seul paysage et tous les jours, sur les mêmes visages, on finit par voir sans regarder, par côtoyer sans aimer parfaitement. La stabilité m’était pratique, mais elle m’avait fait perdre le goût des « menus plaisirs du quotidien » (pour reprendre le titre d’un texte très peu connu de Charles Nicolle). Le voyage physique m’a permis de vivre l’expérience du manque et de l’éloignement. C’est comme ça que j’ai pris conscience de la beauté et de la bonté de mon pays : de ses goûts authentiques et des valeurs des miens. Le déracinement m’a permis de retrouver mon pays à travers les sentiments, exprimés en mots et en poésie. Le manque nourrit l’amour et le départ anticipe le besoin de rentrer.

 

 

4 – Peut-on aspirer à un avenir meilleur grâce à la poésie en associant “Orient “et “Occident” et s’agit-il d’une tâche plus ou moins accessible grâce aux efforts de la femme orientale ou maghrébine et arabe comme vous voulez être présentée car maintenant on voit beaucoup de jeunes femmes poétesses qui font revenir à la poésie sa flamme et son rôle réconciliateur (dans la scène politique), tel est le cas aux États-Unis où vous vivez actuellement ? 

 

SM – En allant aux États-Unis, j’ai fait l’expérience d’une distance physique mais surtout académique, qui m’a permis de redécouvrir les études francophones. En Tunisie, mes études littéraires étaient centrées sur la littérature franco-française, et les voix maghrébines (et surtout tunisiennes) n’étaient pas assez présentes. J’ai eu une excellente formation dans mon pays, c’était un réel plaisir de côtoyer les auteurs français à travers des siècles de langue et de littérature. Toutefois, je réalise aujourd’hui, que je les admirais sans pouvoir m’identifier à leur expérience et sans pouvoir me retrouver dans leur contexte. Je suis heureuse de constater aujourd’hui, que la littérature tunisienne d’expression française est en train de regagner du terrain et de s’épanouir en Tunisie. De plus en plus de communications portent sur des travaux francophones. Ce n’est peut-être pas un hasard que ce changement coïncide avec la Révolution. L’absence des voix tunisiennes de mon parcours universitaire s’explique peut-être par plus d’un siècle de colonialisme et de dictature. 


 

 

5 – Qu’est-ce que révèle le titre de votre recueil « Tunisie : Sucrée-Salée » par rapport à la vision orientaliste et à la figure de la femme orientale ? Pourquoi ce titre ?

 

SM On peut relever deux niveaux d'interprétation : « Tunisie : Sucrée-Salée » renvoie d’une part à ma gourmandise, et donc littéralement à nos plats/produits tunisiens, à mes “madeleines” à moi, pour reprendre la délicieuse image de Proust ; et il réfère d’autre part, d’une manière beaucoup plus métaphorique, à la réalité tunisienne que je retrouve à chaque voyage. Les paysages et les visages que je rencontre ont un goût sucré, mais la réalité politique postrévolutionnaire m’exaspère. Elle a le goût du sang et des larmes, et celui d’une Méditerranée qui trahit ses enfants, les engloutit et les expatrie. 


 

 

6 – Que met-il en lumière ou qu’interroge-t-il dans le contenu de votre recueil « Tunisie : Sucrée-Salée » ? Et pour argumenter votre réponse, pouvez-vous nous citer quelques vers de votre recueil qui peuvent ? 

 

SM – Mon recueil met en lumière la lumière du pays, le sourire de son soleil et la douceur de ses produits. Mais aussi, et je le dis à contre cœur, tout ce qui nous arrache le cœur, et nous coupe le souffle à force de nous étouffer, à savoir, le système politique et l’intolérance de certains individus qui font la guerre à la différence. J’écris donc pour certains et certaines, et malgré les autres ; et je tente toujours de convaincre mes lecteurs de ne jamais céder à la haine du pays et au désespoir, parce que la terre est comme cette famille qu’on n’a pas choisie mais qu’on aime à mourir : elle nous porte dans son ventre, nous nourrit, nous apprend ses traditions, nous caresse de son soleil, mais parfois, elle nous néglige et nous oublie : 

 

Mais mon ami, mon frère, que peux-tu bien faire ? Cette vieille dame est ta mère… Aime-la quand-même. Aime-la comme je l’aime ; et même quand elle n’est plus tendre, il faut l’aimer comme un fou, et toujours tendre l’autre joue. (Extrait du poème « Aimer d’amour ») Tunisie : Sucrée-Salée, Éditions Nous, Tunis 2021. 


 

 

7 – C’est toujours beau et lyrique de chanter l’amour, de l’écrire et de le décrire surtout sous ses plusieurs formes et diverses pratiques. Quelles étaient vos premières intentions et impressions majeures lors de son écriture surtout qu’on entend parler souvent que les femmes commencent à écrire trop tôt mais elle préfère ne pas le dire ou ne pas être dévoilées voire publiées ? Est-ce de la pudeur purement orientale ou c’est un choix proprement “Femme” ? S’agit-il d’une contrainte ou d’une maturité ? 

 

 

​​​​​SM J’ai fait une agrégation de français avant d’entamer mon doctorat, et ce genre d’études vous offre une relation privilégiée avec la littérature : on explore les textes littéraires et on en décèle parfois les secrets les plus subtils, toutefois, cohabiter avec les Grands auteurs peut s’avérer très intimidant quand l’envie nous prend de les imiter et de voler de nos propres ailes. J’ai attendu longtemps avant d’écrire librement, parce que dans mon rôle d’étudiante, j’avais surtout appris à être une “lectrice” assidue, et non une “écrivaine”. Aujourd’hui, après cette longue histoire d’amour avec les livres et les mots, j’arrive enfin à m’exprimer sans contraintes.  

 

 

 

8 – Que peut apporter la poésie qu’aucun autre art ou genre littéraire ne peut apporter pour la femme orientale qui a vécu et vit encore des circonstances difficiles dans le sens culturel et dans le domaine de la liberté de l'expression ?

 

SM La poésie apporte à chaque femme qui en a besoin du réconfort. Parcourir un poème dédié à une femme doit être un moment de paix et de solidarité. Quand j’ai écrit “Arbia”, j’ai dit à toutes les “mariées condamnées” qu’elles n’étaient pas seules et que je continuerai de crier au nom de celles qui n’ont plus de voix, jusqu’à en perdre ma propre voix. 

 

 

9 – Où se trouvent, selon vous, les goûts sucré et salé, dans votre pays, à l’étranger, dans le contact direct avec la société, dans ces mots si précis ou ambigus qui sont  l’« Orient », l’« Orientalisme », et l’« Orientale », ou dans le contraste que représente pour vous et pour chacun de nous « l'Occident » ? 

 

 

SM Tout ce qui est sucré nous monte à la tête à bout portant, le sucre nous donne comme une ivresse, et la Tunisie, et par Tunisie, j’entends la terre et la mer, est enivrante comme ses gâteaux au miel. Ses bougainvilliers, son jasmin, ses eaux émeraudes, l’air de la méditerranée, ses ruelles qui sentent le café, ses chats, ses soirées chantantes, ses appels à la prière, son humour que seuls ses enfants arrivent à comprendre, ses révoltes qui nous secouent, le chant du coq dans le quartier populaire: qui à force de chanter, nous réveille  et nous voilà qui ouvrons enfin les yeux sur cette lumière qui nous éclabousse et quelle lumière… Celle pour laquelle peut-être, l’Occident aurait créé “l’Orient”, l’aurait rêvé et fantasmé, et aurait un jour peut-être, décidé de se l’approprier.  

 

 

10 – TESTOUR est le premier titre de votre recueil. Pouvez-vous nous en dire plus sur l’Histoire de l’une des plus anciennes villes de la Tunisie et qui est à quelques kilomètres de la capitale ; ses symboliques de liaison entre les orientaux et les occidentaux ? 

 

SM C’est l’empreinte andalouse de cette ville si plaisante, qui la rend si irrésistible, et qui permettrait ce rapprochement symbolique entre les orientaux et les occidentaux. Mon recueil s’ouvre sur Testour, parce que c’est une ville qui m’a inspiré une tranquillité indispensable pour mes promenades poétiques. 

 

 

11 – Avec ou après la publication de votre premier recueil, qu’est-ce qui a changé en vous : votre sensibilité, votre regard projeté sur le monde, votre style d'écriture, vos intentions, vos réflexions ou vos mots ? 

 

SM Tunisie Sucrée-Salée m’a rendue plus sensible à ce qui m’entoure. J’observe tout avec des yeux gourmands et un cœur insatiable. Je suis attentive aux détails du quotidien auxquels je ne donnais pas d’importance auparavant. Autour de nous, tout est susceptible de nous faire sourire ou de nous attendrir, il suffit de tendre l’oreille ou de s’arrêter un moment pour voir. Mon recueil me donne aussi faim d'écrire : je veux dire plus, écrire différemment, changer de style ou le perfectionner. Tunisie Sucrée-Salée n’est pas une fin en soi, ce n’est que le début d’une belle traversée “solitaire” : mes mots, moi, et le silence. 

 

12 – La poésie semble ne plus être encore au goût sucré du jour en ce qui concerne le nombre de ses lecteurs. Un sondage effectué en décembre dernier sur Internet (Odexa pour le SNE) a démontré qu’elle était placée même avant dernière et le roman était en première position comme prévu déjà. Qu’est-ce que l’Orient vous inspire de meilleur et de merveilleux dans le passé que maintenant ? Que proposez-vous pour faire revenir ce goût délicieux aux lecteurs d’aujourd’hui ?

 

SM – Je veux écrire “à l’orientale” pour rendre à César ce qui est à César. Ecrire “à l’orientale” de mon point de vue “oriental”, me confère la possibilité de restituer à “cet Orient” ce qui lui est propre, d’une manière authentique et sincère. Lire de la poésie engagée, féministe et “orientale” devient un acte quasi révolutionnaire. Par ailleurs, la poésie nous permet de renouer avec notre sensibilité, avec ce qui nous touche et ce qui est humain en nous, elle nous éloigné le temps d’une lecture de la réalité matérielle qui nous opprime. Je rappelle aussi au lecteur, qu’un poème est une forme condensée du roman. On quitte chaque poème comme on quitte une centaine de pages. On vit la même séparation, le même plaisir avec la même intensité, mais plusieurs fois : c’est là toute la magie de la poésie. 

 

 

13 – Samar Miled, êtes-vous une orientaliste ou femme orientale dans le cours de votre vie ou dans votre pensée et style d'écriture ? Si oui, quelles sont les figures des artistes, écrivaines ou poétesses orientales ou orientalistes que vous lisez ou que vous voulez découvrir et qui ont influencé d’une manière ou d’une autre, explicitement ou implicitement votre  façon d’agir, d’être et de projection ? 

 

SM – Je suis Tunisienne, Africaine et Méditerranéenne. Je suis aussi Arabe et Musulmane. Et je suis enfin Francophone. Je suis peut-être orientale dans mon style d’écriture, parce que je mélange les goûts et les couleurs, les langues et les dialectes dans un tourbillon de mots chauds comme notre été et révoltés comme notre Printemps. Parmi les écrivains / poétesse / philosophes (Africaines et “Orientales”) que je prends beaucoup de plaisir à lire et à découvrir, je citerais : Léonora Miano, Awa Thiam, Emna Belhadj Yahia, Soumaya Mestiri, Assia Djebar, Fatima Mernissi, Nawal El Saadawi, Saba Mahmood et Lila Abu Lughod. 

 

 

 

14 – Pouvez-vous à la fin de cet entretien, s’il vous plaît, nous parler de vos prochains projets d’écriture ? 

 

 

SM – Je suis actuellement en train d’écrire une lettre à ma grand-mère, paix à son âme : il s’agit d’un hommage à tous les cheveux gris qu inous accompagnent sans trop se plaindre. C’est un texte très personnel, dans lequel la figure de la grand-mère me ramène à un passé familial affecté par la perte. C’est un texte particulièrement douloureux : sur la Femme, sur l’Écriture et sur le Deuil. Mais comme je veux vous quitter sur une touche “Sucrée”, j’ajouterais que c’est un texte émouvant certes, mais conduit et inspiré par mon amour inépuisable pour ma famille et pour la vie.

 

 

© Crédit photo : Image Portrait photographique de Samar Miled. 

 

 

Biographie de Samar MILED

 

 

Samar Miled est née en Tunisie en 1991, elle a fait ses études à l’École Normale Supérieure de Tunis et a obtenu son diplôme d’agrégation en langue, littérature et civilisation françaises en 2015. Elle a enseigné à Tunis et à Chicago, et elle poursuit actuellement un doctorat en études francophones postcoloniales à Duke University aux États-Unis. Son premier livre, Tunisie Sucrée-Salée, (Éditions Nous, Tunis, 2020) constitue un hommage à la Tunisie post-révolutionnaire et à la réalité douce-amère.

 

 

© HM, JUILLET 2021.

 

 

 

Pour citer cet entretien-témoignage inédit

 

Hanen Marouani, « Interview de Samar Miled », texte inédit, Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1mis en ligne le 8 septembre 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/hm-samarmiled

 

 

Mise en page par Aude Simon

Dernière mise à jour : 13 septembre 2021

(ajout de la photographie de Samar Miled)

 

© Tous droits réservés

 

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7 septembre 2021 2 07 /09 /septembre /2021 17:23

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N° 10 | Célébrations | Dossier mineur | Florilège | Astres & animaux

 

 

 

 

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Aurore

 

 

 

 

 

Poème de

 

Nataneli

 

Photographie par

​​​​

Sandra Lorenzo

 

 

 

 

© Crédit photo :  Sandra Lorenzo, "Aurore".

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Dressée sur la pointe des pieds

Elle pointe le bout de son nez, 

Étale sa coiffe rousse

Sur l’aiguail qui éclabousse.

 

 

Amoureuse des montagnes, 

S’étale sur les campagnes 

Et mousse la Champagne.

 

 

Elle s’étire, se défroisse,

Sur le jour et sa paroisse,

Dans son rose déshabillé

Aurore s’est enfin levée…

 

 

©️Nataneli

 

À lire aussi :

 

***

 

 

Pour citer ce poème sur la nature

 

Nataneli, « Aurore », poème inédit illustré par une photographie inédite de Sandra Lorenzo, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 10 | Automne 2021 « Célébrations »mis en ligne le 7 septembre 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no10/nataneli-aurore

 

 

Mise en page par Aude SIMON

 

© Tous droits réservés

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 10 Nature en poésie Muses et féminins en poésie
7 septembre 2021 2 07 /09 /septembre /2021 15:32

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​​REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Dossier & N°9 | Femmes, poésie & peinture | Dossier majeur | Articles & Témoignages​​

 

 

 

 

 

 

 

 

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Entretien avec l'artiste

 

 

 

Martine Nicole Geronimi

 

 

 

 

 

 

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Propos recueillis par

 

Hanen Marouani

 

Peinture de

 

Martine Nicole Geronimi

 

 

 

 

 

© Crédit photo : Martine Nicole Geronimi, "Dihya. TYNA", image du tableau fournie par l'artiste. 

 

 

 

 

Résumé

 

Dans cet entretien, il s’agit d’interroger le discours poétique et artistique de l'artiste peintre Martine Nicole Geronimi sur les modes exotiques, politiques et religieux en mettant en exergue l’idée de l’héritage oriental dans son œuvre poétique et artistique à travers le temps, les continents, les langues et les défis de la soumission et les contrées des sociétés patriarcales. 

 

 

 

 

1 – Qui êtes-vous Martine Nicole Geronimi, vous êtes plutôt une artiste complète ou une femme à la recherche de son âme sœur par le voyage, l’art et les mots, ou autre ? 

 

 

MNG – Je me définis comme une femme plurielle et singulière à la fois. Plurielle par mes héritages mêlés, par mes trajectoires et l'effervescence de ma curiosité ; singulière par un choix de vie libre où la création est prioritaire qu’elle soit littéraire ou artistique.  Mon moteur du voyage n’est absolument pas la recherche de l’âme sœur, même si l’amour est un sujet présent dans ma poésie, mais la volonté d’aller jusqu’au bout de moi-même de me dépasser pour atteindre ma vérité. J’ai eu aussi une envie, celle de trouver “mes congénères” dans une acception non péjorative “My fellows”, comme disent les Anglophones. Et de retrouver finalement l’histoire de ma famille en Tunisie où je suis née. 

 

 

 

2 – À quel âge vous êtes-vous lancée dans cette aventure des mots et des couleurs ? Était-il facile d’écrire et de peindre en tant que femme ?  Et pourquoi avez-vous choisi de mener plus qu’une trajectoire pour exprimer vos sensibilité, identité  et diversité ?

 

 

 

MNG – Les mots et les couleurs sont des souvenirs d’enfance tout d’abord. J’ai écrit très tôt et j’ai appris à peindre à l’adolescence, mon baccalauréat français était avec option peinture, une création qui me valut un 16/20. J’ai toujours beaucoup écrit mais j’ai jeté la plupart du temps tout ce je composais et je n’ai jamais gardé aucune lettre personnelle jusqu’à mon immigration en 1994. 

En immigrant au Canada et en allant en Louisiane à la fin de la trentaine, j’ai repris la vie universitaire et la peinture, comme l’écriture, ont fait partie de ma vie quotidienne. De plus, je me suis enrichie de toutes les recherches effectuées durant 12 ans en Amérique. C’est au Canada que ma recherche identitaire s’est forgée au contact des multiples populations estudiantines venues du monde entier, j’avais quitté la France avec une perception négative sur l’évolution de la société devenue au fil du temps raciste et violente. Mon identité de femme souffrait de rapports réducteurs et limitatifs: je me sentais à l’étroit et victime d’une image de beauté « atypique » comme d’aucuns me l’affirmaient et de nécessité par un premier mariage de rentrer dans un moule de petite bourgeoisie française. J’ai fui cette vie et ai repris contre vents et marées ma liberté ; j’ai toujours assumé dès lors ma vie en privilégiant l’écriture sous toutes ses formes (universitaires, blogs, journalisme, littérature et poésie). La peinture a pris de plus en plus d’importance à mon retour en Tunisie en 2006...aventure totale que je vis encore actuellement.

 

 

 

3 – Voyage de ville en ville, de continent en continent et de style en style mais la Tunisie se revendique être la patrie de vos ancêtres, une terre carrefour de plusieurs civilisations, cultures et histoires y compris la culture arabe et orientale. Elle s’avère être le berceau de vos souvenirs d’enfance, un moyen de lutte et défi contre les préjugés ou peut-être votre source d’inspiration majeure d’après ce qu'expriment la plupart de vos créations ? Serait-il possible de dire que l’Orient et la femme orientale ont beaucoup apporté à votre vision du monde ? 

 

 

MNG – La Tunisie est revenue dans ma vie par une imbrication de plusieurs sources. En Louisiane durant ma thèse, j’ai recontacté une France coloniale aux accents africains et ma naissance en Tunisie a fait dire à mes amies Africaine, Américaine (…) que j’étais leur sœur, ce qui fut une première surprise. Avais-je donc des origines africaines si évidentes ? Je contactais pour une nouvelle fois le racisme mais cette fois un racisme assumé héritage de ce passé colonial. Ce fut un déclic, moi l’universitaire française venue étudier une autre France alors que, moi-même, j’étais l’héritière d’une France coloniale ; celle du Protectorat Français de Tunisie. Une histoire de boîtes emboîtées. Au Canada, grâce à ma plume et mon esprit curieux, je travaillais comme recherchiste ou comme rédactrice et c’est ainsi que j’en profitais pour faire des recherches sur la Tunisie dans les archives américaines et que je pus comprendre ce qui se tramait en Tunisie et cette volonté des Français de 1880 de « créer une race ardente » ; un projet de colonisation. Je compris que la population tunisienne avait connu une pénétration en douceur par le passé celle des italiens et notamment des Siciliens et qu’une fois installés en Tunisie ; les Administrations françaises furent données aux Corses dont je suis issue et dont je porte le nom Geronimi. Par une politique massive de naturalisation française, cette population italo-française quitta la Tunisie pour la France après l’Indépendance de la Tunisie. Mais culturellement parlant, cette vague de retour non choisie a été vécue comme un exil forcé voire un traumatisme que j’ai personnellement connu avec mon arrière grand-mère embarquée de force dans le bateau de retour et qui est arrivée à Marseille ayant perdu la raison car elle avait laissé son plus jeune fils et sa famille en Tunisie.

Elle mourut de chagrin. Cette famille Sicilo Tunisienne propulsée en France eut du mal à s’adapter à la société française elle restait attachée profondément et inconsciemment  à la Tunisie par son style de vie, son alimentation, son mode de consommation et son allure qu’on pourrait qualifier d’Orientale. En 2006 invitée dans plusieurs familles tunisoises, je reconnus le style de ma mère, sa manière d’accueillir les invités en robes longues amples, le raffinement et le cérémonial mais aussi l’ameublement aux fauteuils de velours rouge et le goût des tapis. 

Mon retour au pays de mes amours et de mes ancêtres est en lien avec l’Orient par mon coup de foudre littéraire en 2004 pour l’écrivain égyptien Naguib Mahfouz. Les impasses et terrasses de ses romans m’ont fait repenser à la Tunisie, sa manière de présenter les passions et les nuits chaudes ont eu un effet amplificateur sur ma volonté de retrouver cette vie oubliée. Depuis le Canada, je rêvais de l’Orient et la Médina de Tunis, revue lors d’un court voyage nostalgique en 1998, était en filigrane. À l’été 2006, j’éditais pour le compte de la Revue Canadienne TÉOROS, revue de recherche en Tourisme, en éditrice invitée, un numéro qui fit sensation Désirs d’Orient, Tourisme au Moyen Orient. J’y publiais un article intitulé L’Orient, géographie imaginaire : les Écrivains français et les villes de désir.

De l’écriture de l’Orient à la peinture dite Orientaliste, il n’y a qu’un pas et ce fut le peintre Klee mon révélateur. Le Voyage artistique germait dans ma tête et je me visualisais en créatrice de Voyages au féminin, voyage artistique et littéraire réservé aux femmes à la découverte de la Femme Orientale Tunisienne, une Distinctive Woman. Ce projet et ce Blog furent perdus après les péripéties de la Révolution tunisienne. Je me repliais sur mes fondamentaux, l’écriture comme Rédactrice en Chef de Maisons de Tunisie jusqu’en 2016, mais surtout la peinture et l’enseignement de l’art en banlieue nord de Tunis.

 


 

 

 

4 – De l’inspiration de l’orient dans votre art à l’emploi fréquent des mots arabes dans vos textes ; on a bien remarqué cette touche orientale ou orientalisante dans vos tableaux que dans les poèmes qui les accompagnent, c’est peut-être l’occasion de vous interroger sur ce mouvement artistique orientaliste très caractéristique dans vos créations ou dans vos réflexes ? 

 

 

MNG – Le Réflexe orientaliste était bien présent à mon arrivée en Tunisie et cela m’apparaît comme tout à fait normal puisque mes références de 2008 je les puisais dans les représentations exposées en Europe soit au travers de guide culturel, soit de livres écrits par des Européens soit par des galeristes spécialisés dans l’art photographique ou pictural orientaliste et au mieux à l’institut du monde arabe dans les archives de la Tunisie.

Une fois sur place à partir de 2011, mon rêve orientaliste du départ a pris un nouveau virage avec la rencontre de la Berbérité, de l’histoire Amazighe, de l’écriture Tiphinac et de la figure de la Reine Dihya après la Révolution de la Dignité. Mon inspiration livresque orientalisante apportée d’Occident a rencontré des acteurs contemporains de la revendication de l’identité Berbère. Il s’en est suivi un intérêt pour l’histoire et les symboles de cette culture première, cette culture occultée et dédaignée voire ostracisée. Les femmes amazighes que j’ignorais ont pris une importance qui s’est cristallisée dans la figure de la Reine Dyhia. C’est ainsi qu’un beau jour j’ai peint ma vision de la Combattante (photo en annexe [voir ci-haut]). Le fond populaire de la Tunisie est cristallisé par ma toile Maktoub, toile exécutée en présence de ma première cohorte d'élèves de 4 à 6 ans en 2012. Les enfants ont suggéré la main la khomsa...je me souviens encore de ce moment formidable, La Révolution à laquelle j’avais été confrontée a donné lieu à un triptyque...peint durant ces premiers mois très agités depuis ma terrasse et en atelier pour le finaliser, les événements de libération de la parole au moment du vote pour le Destour m’ont stimulé au point d’en faire une toile (doc) mais le pire fut la découverte de la misère et de la détresse des campagnes avec le Bas relief...du journaliste et des gossipers, les réseaux sociaux. 

 

 

 

5 – Certes, il existe un spectacle fascinant, riche en poésie et en couleurs qui nous permettra de nous plonger dans un univers oriental et dans ce contexte,  je me permets de citer à titre d’exemple vos toiles : Fatma, Dhyia, Ali et ses femmes, Maktoub, Mémoires Berbères… dans lesquelles les courbes, les arabesques, les fleurs, les femmes, les couleurs, les parfums, les saveurs, la médina…sont partout, s’agit-il d’une orientation ou c’est le produit de l'instant ? Pourquoi et comment ?

 

 

MNG – Fatma et Ali et ses femmes sont des œuvres humoristiques liées, après l’arrivée de la révolution, à des idées venues d’ailleurs de retour à la Polygamie dans le cas de Ali et ses femmes. Fatma, c’est un archétype féminin sympathique, une femme du peuple simple et enjouée. Ces deux toiles exposées à La Manouba ont soulevé l’ire d’un certain nombre d’étudiants qui n’ont pas compris mon propos et ont trouvé mes nominations Fatma et Ali comme provocatrice en 2012. 

Dhya et Mémoires berbères sont le fruit de rencontres personnelles à partir de 2014 comme indiquées plus haut.

En ce qui concerne les formes stylistiques employées, elles sont liées à ma perception d’un contexte appréhendé lors de mes voyages de retour de 2006 à 2008, à une découverte des peintres d’ici dès 2009. Une de mes premières démarches fut de vouloir contacter le milieu des artistes tunisiens et d’intégrer même un atelier, celui de Gatous Chelbi, alors au Kram. Je me nourrissais aussi d’un livre, celui Des Peintres de l’École de Tunis qui me donnaient des références précises, livre que j’utilise toujours dans mon enseignement auprès des enfants. Très vite, je travaillais pour des magazines et je fus introduite par une amie Djerbienne qui fréquentait les galeries de Tunis auprès des artistes connus et des galeries en vue. Évidemment cela eut un grand impact sur ma grammaire de formes et de couleurs. Il est certain que mes toiles sont des récits en concentré, des pages écrites sans les mots...

 

 

 

 

6 Que font les poèmes qui accompagnent vos tableaux ;  ils identifient, ils précisent, ils diversifient votre discours, ils multiplient les fréquences ou ils tissent des liens exotiques surtout qu'il s’avère que l’orient est là partout au fond de nous toutes et tous ? 

 

 

MNG Certains de mes poèmes accompagnent aisément mes tableaux car ces derniers sont la source de ma poésie. Dans la mesure où mes toiles sont le fruit d’une maturation en Tunisie, les poèmes s’imprègnent de même de l’environnement riche de la Tunisie. Mon vocabulaire est évocateur des parfums et des couleurs de la Tunisie qui remontent de mon enfance et qui ont été ravivés par ma présence continue en Tunisie depuis 2009. Tous mes poèmes ne parlent pas de la Tunisie mais certains lui sont entièrement dédiés, comme mon Hymne à la Tunisie. Un poème douloureux et nostalgique et en même temps plein d’espoir car j’avais l’impression au moment de l’écrire de boucler une boucle et de redémarrer une nouvelle vie qui aurait toujours dû se dérouler ici. Ce sentiment étrange que mes fibres étaient d’ici a été confirmé. C’est à ce moment en  2009 que j’ai fait des recherches sur mon État-civil en Tunisie et que j’ai eu l’assurance de ma différence fondamentale et je tombais des nues, mes Grands mères maternelles étaient nées en Tunisie, l’une à Béja et l’autre à Ghardimaou, mon grand père maternel était né à Tunis également. J’étais vraiment une fille de la Tunisie et la partie orientale en moi n’était pas factice car il existait une proximité culturelle entre les Siciliens de Tunisie et les Tunisiens qui vivaient d’ailleurs souvent dans les mêmes quartiers avec des maisons attenantes. Mon identité a le goût et la couleur de la Tunisie.

 

 

 

6 – Qui vient en premier lieu ; le texte ou le tableau ? Et qui attire l’autre le présent ou le passé ? Avez-vous un rituel du travail précis qui vous emmène à adopter de plus en plus ce style et ce retour aux racines et aux origines ?

 

 

MNG – Mes périodes de création picturale sont totalement dissociées de mes périodes d’écriture. Je ne me dis jamais, je vais composer un texte sur un tableau, ni l’inverse. Je ne crée et produis que par impulsions fortes et impérieuses. Cela me vient un soir pour la peinture et je me lance, pour l’écriture poétique, elle est uniquement liée à mes émotions, à mes interrogations et à mes rêves. Elle survient très souvent au petit matin comme des illuminations. Le passé a beaucoup nourri mon écriture poétique, le présent problématique en temps de pandémie a relancé mon goût d’écrire mais ce n’est plus la Tunisie mon moteur...mais  des sujets plus philosophiques et un mode d’écriture apparenté à la fable. Un grand tournant est en cours.

 

 

 

 

7 Mais peut-on dire que l’Orient continue à effeuiller vos souvenirs et vos créations d’une relation privilégiée de proximité actuelle, de fusion ou d’inspiration mutuelle allant de la plume au pinceau ou inversement ? Que peut-on encore ajouter à propos de l’importance du refoulé et de l’appartenance identitaire dans l’évolution de la créativité chez l’artiste particulièrement femme ?

 

 

MNG – Je crois être arrivée à un moment de maturité de ma vie où j’aime ma féminité, ma beauté phénicienne, mon regard croisé sur l’Occident et l’Orient. Avoir choisi d’enseigner l’art et la créativité aux petits enfants en Tunisie depuis neuf ans, m’a fait conquérir mes lettres de noblesse de mère, moi qui n’ai jamais eu d’enfant. Cette mission de transmission auprès des enfants a eu le pouvoir d’apaiser mes angoisses et de permettre de créer un monde à la hauteur de la compréhension des enfants et des sages. Se faire respecter et se faire comprendre comme artiste femme n’est pas facile. Dans un monde où l’argent a la place prioritaire, refuser la carrière universitaire et les conventions pour vivre pleinement son potentiel de peintre et de poétesse en sachant que l’argent ne sera pas au rendez-vous peut paraître une folie ou même une arrogance aux yeux de vos proches. J’ai eu le sentiment et la conscience du temps qui passe et des limites de la vie assez tôt et c’est pourquoi, j’ai choisi de suivre ma route fût elle en zig zag...mais elle passait obligatoirement par la Tunisie de ma naissance.

 

 

 

8 – Quelles figures de femmes orientales ou d’artistes orientalistes qui ont influencé votre parcours artistique ? 

 

 

MNG – Évidemment  Dhiya la Kahina la Guerrière est une figure qui m’a marquée et influencée mais je dois rajouter que la phénicienne Tanit a joué un rôle non négligeable dans mon parcours en Tunisie… Ma signature de peintre TYNA T pour Tyna Tunis est en fait un anagramme inconscient de TANIT.

 

 

 

9 – Vos projets d’avenir, pouvez-vous nous dévoiler quelques secrets ? 

 

MNG – J’évolue actuellement dans deux axes différents plus d’abstraction en peinture et un retour vers la mythologie alors nous verrons ce qu’il en sortira. Un ouvrage de poésies illustrées de mes peintures serait une belle réussite.

 

Biographies 

 

© Crédit photo : Martine Nicole Geronimi, image fournie par l'artiste. 

 

Martine Nicole GERONIMI

(biographie en préparation)

 

Hanen MAROUANI est une tunisienne résidente entre l’Italie et la France. Elle est docteure en langue et littérature françaises de l’université de Sfax et auteure de quatre recueils de poésie(s) publiés entre Tunis et Paris et traductrice. Elle est diplômée aussi de l’université de Sienne (Toscane) en langue italienne et de l’université de Rouen en didactique et pédagogie du FLE. Elle s’intéresse dans ses recheches à la position de la femme dans la littérature et la société à partir de l’analyse des pratiques discursives et énonciatives et à la problématique de l’immigration et des inégalités de genre. Elle a participé à des colloques, des festivals et des évènements culturels nationaux et internationaux. Ses textes ont été publiés dans des revues et anthologies internationales et traduits en d’autres langues comme l’espagnol, l’anglais et l'italien. Elle a reçu également des prix lors de sa participation à des concours de poésie.

 

***

 

Pour citer ce témoignage inédit

 

Hanen Marouani, «  Entretien avec l'artiste Martine Nicole Geronimi », texte inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°9 | Fin d'Été 2021 « Femmes, Poésie & Peinture », 2ème Volet sous la direction de Maggy de Coster & Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1mis en ligne le 7 septembre 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/no9/hm-Geronimi

 

 

Mise en page par Aude Simon

 

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REVUE ORIENTALES ET LE PAN POÉTIQUE DES MUSET - dans REVUE ORIENTALES Numéro 9 Muses et féminins en poésie
6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 13:50

N°9 | Femmes, poésie & peinture | Annonces diverses

 

 

 

 

 

 

Mustapha Saha,

 

 

Le calligraphe des Sables

 

 

Éditions Orion, 2021

 

 

 

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture du recueil illustré par le poète Mustapha Saha. 

 

 

Présentation du recueil par les Éditions Orion :

 

Nous sommes face à un recueil de poésie qui plonge dans les palimpsestes lointains d’une mémoire oubliée pour faire renaître le mot et le verbe. Mustapha Saha, en fin connaisseur de l’Histoire et de ses ramifications nous distille une poésie raffinée, subtile et économe qui célèbre l’humain, même dans ses travers.


 

Source de l'information : le poète Mustapha Saha.

 

 

Lien web de la page de l'œuvre aux éditions Orion :

 

***

 

Pour citer cet avis de parution

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Mustapha Saha,"Le calligraphe des Sables", Éditions Orion, 2021  », avis inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 9| Fin d'Été 2021 « Femmes, Poésie & Peinture », 2ème Volet sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 6 septembre 2021Url :

http://www.pandesmuses.fr/no9/ms-lecalligraphedessables

 

 

Mise en page par David Simon

 

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