12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 08:48

 

Littérature de jeunesse

 

 

Raymond rêve d'Anne Crausac

 

 

ou du principe fondamental

 

 

de la littérature de jeunesse expliqué aux parents

 

 

 

Laure Delaunay 

 

Site officiel : https://lauredelaunay.com/

 

 

 

Nous sommes peut-être un peu loin de la poésie mais en plein cœur de ce qui la fait naître aussi.

***

 

Raymond rêve d'Anne Crausac ou du principe fondamental de la littérature de jeunesse expliqué aux parents


 

S'identifier à un personnage. Vivre un beau rêve qui marie les mots et les images. Développer une narration. Cultiver des sensations au contact de la personne qui lit. Découvrir un objet mystérieux et peut-être inquiétant. Ingrédients d'un livre de littérature de jeunesse. Ingrédients d'un livre tout court que la littérature de jeunesse condense pour s'adapter aux apprentis lecteurs. Car se faire lire un livre c'est déjà lire, l'autonomie en moins.

Raymond rêve est une sorte d'épure de tout cela. Un précis de littérature.

L'histoire est très simple : c'est le printemps, deux escargots se rencontrent, tombent amoureux et ont de nombreux petits escargots. L'un d'eux, Raymond, est inquiet face à la vie. Alors il se met à rêver, à se rêver, en de multiples facettes, en girafe, en cerise, en pomme d'amour, en éléphant, en loup, en fraise. La rêverie est à la fois logique et illogique, comme dans les vrais rêves. Et puis, il réalise. Après tout, ce n'est pas si mal d'être un escargot. On peut voyager. Et surtout, du jour où on est soi-même, on peut s'ouvrir à la rencontre de Juliette. L'album se clôt sur des arbres gros de fruits. C'est l'été.

Parcours. Condensé de vie affective. Un tracé.

Un programme presque. Qui dit qu'aimer c'est guérir, ou que pour aimer, il faut être guéri.

Un contrefort pour éviter de s'oublier en route. Pour que l'adolescence soit sereine ou du moins pour en sortir un jour. Il faut se raconter des histoires pour se construire une identité propre. Il faut ne plus s'en raconter pour partir en voyage. Et s'offrir une chance de rencontrer l'âme sœur. Leçon simplissime de vie.

Poésie, au sens grec d'une production de l'esprit, des adultes vers les enfants. Récit d'expérience.

Éducation. Conduire hors de. Hors du monde des rêves.

Est poétique ce qui nous ramène vers nous même. À pas de loup... à bave d'escargot...

Bien sûr, l'escargot est la métaphore par excellence de la sexualité. Il est sans doute un peu tôt pour en parler. Mais affirmer qu'il lui faut de la douceur et un rien d'imagination est très certainement conforme à ce que le bébé a peut-être expérimenté déjà et à ce qu'il sera amené à refouler un peu plus tard.

Ce livre accompagne à merveille me semble-t-il le deuxième âge de la vie correspondant à la maternelle car il rassure sur ce qui a été traversé avec les parents et médiatise les premiers temps de la socialisation tout en accompagnant les progrès cognitifs qui prendront corps en primaire, au moment des apprentissages fondamentaux. Cette parcelle d'enfance, à l'adolescence servira de repère. Et quoi de plus beau, une fois adulte, que de redécouvrir tout cela dans un livre à l'occasion d'une parentalité. Quoi de plus troublant. Mais quoi de plus lumineux.

Le fond blanc des dessins graphiquement soignés raconte parfaitement l'émotion de cette découverte.


 

J'ose trois conseils. Quatre ans, vers quatre ans, c'est l'âge auquel est refoulée la vie corporelle du bébé, en même temps que sont parfaitement assimilés les apprentissages basiques (la marche, la parole, la propreté). S'ouvre alors la socialisation et des questionnements sur papa et maman. Si un deuxième enfant naît dans ce moment, il convient d'être attentif au premier qui pourrait être perturbé d'avoir sous les yeux le témoin d'un âge qu'il cherche à dépasser. De même, autant que faire se peut, éviter de déménager entre la maternelle et la primaire, à l'âge précis du CP. L'enfant a alors besoin de stabilité affective. Il ne s'agit pas bien sûr de ne pas déménager s'il le faut. Mais d'accompagner ce changement qui pour l'enfant est source d'angoisse. Un livre, alors, auquel il pourra se raccrocher et surtout, beaucoup de verbalisation avec les parents. Ce n'est pas parce qu'un enfant donne tous les signes extérieurs d'une bonne adaptation qu'il ne vit pas intensément les choses. Intensément et peut-être mal, surtout si on ne verbalise pas. Et puis à l'adolescence ? Pas trop de curiosité mais une grande vigilance. Respecter l'intimité tout en étant très attentif et très cadrant. Veiller à ce que l'image que l'adolescent a de son corps soit positive. Cela passe par de toutes petites choses. Un certain confort. De l'intimité et aucune allusion directe à ce qui se passe en lui. Avoir ses règles ou une éjaculation pour la première fois n'a pas à être un événement familial. Cela se parle, dans les familles nombreuses, disons, dans celles où il y a une fratrie, dans le rapport aux parents (peu importe, absolument peu importe le sexe du parent à qui l'on en parle, c'est à l'enfant de choisir) ou aux personnes qui ont en charge son éducation. Pas devant les amis, pas devant les frères et sœurs, pas devant les copains de l'enfant.


 

Effarée qu'il faille rappeler ces quelques vérités, je renvoie à l’œuvre de Françoise Dolto*, croyante fervente. Catholique. Douce. Et qui disait aussi, parce qu'elle se dévouait corps et âme (on raconte qu'entre deux consultations, elle courrait faire le tour du pâté de maison pour se libérer des émotions qui y était nées) que dans la vie elle n'était qu'une « pauvre femme ». Vérité absolue : les enfants savent mieux que nous ce qui leur fait du bien, il suffit de les écouter. Autre vérité absolue : super maman ou super papa n'existe pas. On est condamné à faire mille erreurs si 'on veut à tous prix être parfait.

Pour s'amuser un instant, consultez aussi le « Guide du mauvais père », une bande dessinée humoristique destinée aux hommes et à leur peur ou le Guide du bébé** et tous les livres qui dédramatise la responsabilité parentale et en font une expérience plus qu'un métier. Un jeu, une aventure.

 

 

 

* Pour revivre l'expérience de sa voix, est sorti un coffret complet de Lorsque l'enfant paraît aux éditions Frémeaux et associés.

** Et plus généralement, toutes œuvre de Goupil (Ma femme attend un enfant... moi aussi, Le livre d'or du mariage, Devenir le mari idéal, c'est possible, etc.)

 

***

 

Pour citer ce texte

 


Laure Delaunay, « Raymond rêve d'Anne Crausac ou du principe fondamental de la littérature de jeunesse expliqué aux parents », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 12 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/raymond-reve-anne-crausac.html

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 08:22

 

Dossier majeur | Textes poétiques

 

 

Malade d'amour

 

Dina Sahyouni

 

 

© Crédit photo :   Camille Claudel,  La Valse, domaine public, image trouvée sur Commons

 

 

 

 

Parce que tes lèvres suintaient l'amour d'antan

joyeusement, elles appelaient les miennes

pour une rencontre insolite

dans une danse frénétique, macabre

nos lèvres s’embrassaient, virevoltaient

en envolées lyriques, limpides

l'amour ressemble étrangement à la mort,

une mort soudaine, sans regret, ni pleurs

dans tes yeux, mon outre-tombe

 

 

 

parce que tes lèvres solitaires soupiraient en silence

en attendant les miennes

je me retrouve bonnement malade de toi, malade d'amour

et les vautours – tous ces beaux jours manqués –

me guettent quand je suis seule dans ma tour d'ivoire

en Autistan*, j'ai froid parfois,

mon paradis de mille milliards feux d'artifice

se meurt sans ta joie, ni tes mains qui m'entourent mon amour

 

 

 

Parce que tes lèvres perlent d'amour

pour toujours, elles enivrent les miennes

l'amour ressemble étrangement à la résurrection,

une résurrection soudaine, sans fard, ni feinte

dans tes yeux, mon cénotaphe**

 

 

 

 

 

 

* Ce terme a été créé par Josef Schovanec.

** Inspiré en partie des deux chansons Dreams & When You're Gone du groupe The Cranberries, ce poème défend le droit au bonheur des personnes nées avec autisme.

 

***

 

 

Pour citer ce poème

 


Dina Sahyouni, « Malade d'amour », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 12 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/malade-amour.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 6
10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 16:08

 

N°6 | Muses au masculin

 

 

 

 

La Supplique à l’enfant

 

 

 

Mustapha Saha

 

 

© Crédit photo : Mustapha Saha, photographié par Élisabeth Saha

 

 

"La Supplique à l’enfant" prend à contre-pied le célèbre « Tu seras un homme, mon fils » (1910) de Rudyard Kipling.

 

 

***

 

 

 

 

Tu recrées le monde d’un revers de pinceau

Traverses l’océan sur un rameau d’érable

Découvres l’Amérique au détour d’un ruisseau

Séduis les princesses immortelles des fables

Combats les pirates pour une agate noire

Enfermes ton butin dans une bonbonnière

Et guettes dans la tour de ton fictif manoir

Les fantômes vengeurs de tes nuits buissonnières

 

 

 

 

Si jamais tu coules ton arche imaginaire

Sabordes tes contes dans un mauvais réveil

Satures ton esprit de soucis ordinaires

Si tu jettes les clés de ta boîte à merveilles

Tu perds le souvenir de ton savoir étrange

L’invisible passage au royaume des muses

Le langage des fées légué par ton archange

Les secrets des elfes joueurs de cornemuse

 

 

 

Quand tu abandonnes ta cabane d’ermite

Tes gambades folles d’impertinent lutin

Ta lampe magique d’explorateur des mythes

Ta trompette orphique d’infernal cabotin

Ton pouvoir naturel d’invocateur d’oracles

Ton âme utopique d’indomptable mutin

Ton vase alchimique d’inventeur de miracles

Tu n’es qu’un adulte captif de ton destin.

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème

 


Mustapha Saha, « La Supplique à l’enfant », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/supplique-enfant.html

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 6
10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 14:47

 

N°6 | Poésie & musique

 

 

Les voix de mon poème /

 

 

The voices of my poem


 

 

 

Poème de

 

Françoise Urban-Menninger

 

Musique de

Gunter Scholler

 

Interprétation de

 

 Chorale  SATB

 

Ce poème mis en musique est reproduit avec

l'aimable autorisation des artistes et de l'auteure

ou

 

 

 

Voir aussi

 

Françoise Urban-Menninger, « Les voix de mon poème », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Le printemps féminin de la poésie », Hors-Série n°1 [En ligne], sous la direction de C. Aubaude, L. Delaunay, M. Gossart, D. Sahyouni & F. Urban-Menninger.

 

***

 

Pour citer ce poème chanté

 

Françoise Urban-Menninger (parolière), Gunter Scholler (musique de), Chorale SATB (interprète), « Les voix de mon poème/The voices of my poem », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/voix.html

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 6
10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 11:12

 

Dossier mineur | Textes poétiques

 

 

Le chemin du poème

 

&

 

Sous la musique de la pluie

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

 

Illustration de

 

Camille Claus

 

 

Ce dessin reproduit a été spécialement réalisé par l’artiste pour accompagner les poèmes de Françoise Urban-Menninger publiés dans L’or intérieur paru chez Éditinter avec l'aimable autorisation des ayants droit, de Françoise Urban-Menninger et de la maison d'édition Éditinter à qui nous adressons nos sincères et chaleureux remerciements.

 

***

Le chemin du poème & Sous la musique de la pluie

© Crédit photo : Les oiseaux, dessin de Camille Claus.

 

 

 

Le chemin du poème

 

 

les morts occupent nos pensées

ils habitent la petite musique du silence

et dorment dans le lit du verbe


 

ils tracent en nous le chemin du poème

et sous la peau des mots on perçoit

leurs voix qui éclairent nos ténèbres


 


 

***

 

 

sous la musique de la pluie

 

 

 

 

 

sous la musique de la pluie

la rime coule de source

s'égoutte mot à mot

dans la bouche du poème


 

nous y buvons le verbe

dans le calice du jour

nous y noyons nos larmes

dans les draps de la nuit


 

nous avons pour la pluie

cette douce tendresse

qui nous berce

depuis l'enfance


 

nous avons pour la pluie

ces regrets de l'ombre

qui déjà nous ramènent

au bord de nous-mêmes

 

***

 

Pour citer ces poèmes

 


Françoise Urban-Menninger, « Le chemin du poème » & « Sous la musique de la pluie », illustration de Camille Claus, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/musique-pluie.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 6
10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 10:32

 

Dossier majeur | Textes poétiques

 

 

Entre les lignes,

 

 

La tête dans mon poème

 

 

& Épine de douleur

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Illustrations de

 

Camille Claus

 

 

Ces dessins reproduits ont été spécialement réalisés par l’artiste pour accompagner les poèmes de Françoise Urban-Menninger publiés dans L’or intérieur paru chez Éditinter avec l'aimable autorisation des ayants droit, de Françoise Urban-Menninger et de la maison d'édition Éditinter à qui nous adressons nos sincères et chaleureux remerciements.

 

 

entre les lignes

Entre les lignes, La tête dans mon poème & Épine de douleur

© Crédit photo : Narcisse, dessin de Camille Claus.


 

 

 

sur ma feuille blanche

des ombres parfois se penchent

elles sont d'encre et de chair

et leur peau est lumière


 

elles viennent entre les lignes

me faire d'imperceptibles signes

depuis cet autre côté

où la vie les a quittées

 

 

***

 

épine de douleur

Entre les lignes, La tête dans mon poème & Épine de douleur

© Crédit photo : Une femme, dessin de Camille


 

quand la rose ouvre sa paupière

sur la tombe nimbée de lumière

on respire dans son haleine

la fragrance de notre peine


 

et dans notre cœur en pleurs

que traverse une épine de douleur

nous rejoignons en pensée

ceux qui nous ont quittés


 

mais c'est aussi dans cette lumière

que le verbe se fait chair

et que la rose refleurit

en terre de poésie

 

***

 

 

la tête dans mon poème

 

Entre les lignes, La tête dans mon poème & Épine de douleur

© Crédit photo : Reflets, dessin de Camille Claus.

 

 

est-ce l'air qui frissonne

ou ma peau qui frémit

seul le vent d'automne

se fait l'écho de mes nuits


 

la tête dans mon poème

je défais les fils du silence

et tisse sur la page blanche

le linceul de mes rêves


 

mais seul le vent d'automne

pressent cette amertume

au goût âpre de pomme

qui affleure sur mes lèvres de brume

 

 

***

 

Pour citer ces poèmes

 


Françoise Urban-Menninger, « Entre les lignes », « Épine de douleur » & « La tête dans mon poème », illustrations de Camille Claus, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/epine-douleur.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 6
9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 08:07

 

Dossier mineur | Textes poétiques

Poétesse orientaliste

 

 

 

L’œuf — entre les mains

 

 

des deux déesses de Denderah 

 

 

 

Camille Aubaude

Sites officiels : http://www.camilleaubaude.com/

& www.lamaisondespages.com/

Blog officiel : https://camilleaubaude.wordpress.com/

 

Illustration de

 

Gordan Ćosić

 

 

 

C'est un récit de rêve inédit dans un recueil intitulé Les Mystères de l’âme au petit matin.

© Crédit photo : Gordan Ćosić, Vkonj 1, 2016

 

 

Un œuf immergé dans une piscine éclate au ralenti. La coquille se marbre de fissures, comme le pare brise de la voiture dont j’étais passagère, au Caire. L’enseignante d’anglais du Lycée français de Maadi conduisait. Elle parlait à tort et à travers. En interprétant son thème astral, je lui avais prédit une mort violente. Elle a percuté un bus rouge et jaune qui nous a fait faire des tonneaux. Je venais d’être titularisée professeur de lettres modernes.

Les fragments de coquille s’éparpillent en silence. La fixité me fait l’effet d’une flèche entrant dans le cerveau où elle libère des données insensées. Le jour où les élèves du collège Évariste Gallois à Sevran m’ont gazée dans une salle d’étude, j’ai eu l’impression d’être la cible sur laquelle on tire. Une agression met à terre. À leurs yeux, j’étais apatride. « Des femmes comme vous… » ! Comment pouvais-je leur enseigner la langue française ? Condamné à errer dans le « politiquement correct », le professeur est désemparé — c’est le mot propre pour une mort dans les normes.

Les filaments jaunes de l’œuf ondoient dans l’eau et finissent par se dissoudre. Pourquoi souffrais-je autant de voir l’œuf perdre sa forme ? Je perçois certains signes à outrance, par excès de solitude. À terre, la douleur s’épanche. À l’assaut des songes, elle divague, défiant la logique.

Je ne suis pas restée longtemps à Sevran. J’ai emprunté les chemins de traverse. La flexibilité de ces voies hors normes donne des joies réelles, qui sont rarement celles que l’on espère. Mes demandes de congé pour ne plus être gazée par mes élèves n’ont pas abouti. Un psychiatre de l’Hôtel Dieu a profité de mon désarroi de femme agressée pour me déclarer « inapte aux fonctions d’enseignante ». C’est l’oppression de l’Éducation nationale sur ses salariés. L’un commande, l’autre subit, mais l’on s’aperçoit que l’un interagit sur l’autre. Celui qui déclare l’inaptitude manipule pour la rendre vraie. « C’était ce que vous vouliez ? » a affirmé doucement le docteur.

Les filaments de l’œuf dessinent un corps de femme qui a la beauté miraculeuse d’une divinité : cheveux noirs, peau blanche où se noie l’écume. La tête est coupée, hors de l’eau, mais des hommes jettent des pierres pour que l’idole meure — la guerre assure leur puissance. C’est une simulation de noyade. Ils ne lui laissent pas de répit. Ils rendent le monde d’autant plus sanglant que la femme est désirante : Isabelle Eberhardt, Camille Claudel, Marie Curie, Julia Berger, Muriel Cerf, retenez ces noms, et l’Isis de la Maison des Pages qui dépeint la Féminité céleste. Ce qui nourrit l’œuvre est une lecture de la société où les hommes se battent pour prendre femme, où ils se rassemblent pour qu’une jeune femme pose nue devant leurs chevalets, où ils portent leur regard de jocrisse sur « la Femme », prêts à lâcher les chiens quand elle a une personnalité énergique et hors normes.

Dans l’eau, dans l’air, en tous points de la terre naît une femme immense sans les leurres de la séduction. Sa musique n’est pas corrompue. Éclairée d’un rayon de soleil, elle nage pour atteindre le bord de la piscine. L’apparition devrait s’effacer, retourner dans l’œuf, mais elle s’élance, sort de l’eau comme elle entrerait dans la réalité, pulsive et forte, ardente et fine. L’abondance éblouit, la délicatesse console : par elles, nous nous faufilons dans l’éternité !

Le sol de sable est mouvant. Il s’enfonce, il remonte, se distend et s’effile dans le ciel pendant que la Nymphe ajuste sur elle un maillot bleu azur. Un bonnet jaune vif recouvre sa chevelure. Des lunettes de plongée cachent à moitié son visage. Elle met un pince-nez, marche sur le plongeoir, est prête à s’élancer. Soudain éclate une musique de fanfare.

Le froid s’abat comme un couperet. La Nymphe est déroutée par l’eau qui clapote autour elle. Le bain cosmique a lieu à un point précis du globe : l’île de Philæ que l’eau du lac Nasser a recouverte. Le Dieu Soleil savait les exigences d’Isis, la Déesse Trône. Le Disque embrasé monte de l’Horizon.

En une seconde, la surface de l’eau prend l’aspect fascinant d’un champ de ruines. Les limites sont des rives qui se métamorphosent en danseurs. Ils se pavanent, ni amusants, ni inquiétants. Soupçonneuse, je regarde les pierres du sol gris cendre.

Ce sont les ruines de Fosta, le centre originaire du Caire, le point précis où l’enseignement est né pour irriguer les maisons de son eau claire. « Savoir et savoir faire » dit le langage creux, qui rend tout miracle impossible. L’on sait que des fanatiques et des profiteurs ont martelé les scènes d’allaitement. Ils ont bâillonné les religions à Mystères. Le conquérant attaque ce qui nous satisfait follement dans la vie. Sa colère se reporte sur les rondeurs des femmes.

Les fondations en briques crues aux dimensions inconnues sont celles de la première enceinte, et des premières villas de l’Égypte aux Dieux qui ne nous importent plus.

Souviens-toi, ô Fille ! les murs des maisons étaient décorés de Gorgones, de mosaïques aux algues ondoyantes. De bienheureux mariages renouvelaient le temps. Quel « flagrant délice » les ablutions ! Les murs ont mué en femme grenouille, en femme poisson, en serpente fidèle d’amour au large de paysages disparus.

À Fosta, le Nil a changé son parcours. Le Dieu Fleuve épouse le mouvement de la Terre suivi par l’ibis et les poules d’eau. La ville ne pouvait plus se servir du fleuve ; elle a cherché à s’en délivrer, pour créer sa grandeur. Son Centre s’est déplacé, tel un cœur transplanté dans un autre corps.

Les vestiges de Fosta, la première cité ne ont à présent un champ de ruines dans un paysage naufragé. Le fleuve sacré infiltre le sable avec la puissance silencieuse de la mer.

Je suis allée voir le champ de brumes d’où a surgi l’Égypte. Des gens se sont aimés là où n’est plus qu’une boue sèche labourée de nuées blanches. Les figures des Dieux gravitent sur la face de la Nature. Pourquoi suis-je revenue à Fosta trois fois ? Nerval chassait sa mélancolie, pleine de ferveur mystique, en se promenant dans la forêt de pierre. L’œuvre doit affranchir des arcanes du Temps. Elle fermente, nouvel Osiris, dans la terre illuviale.

La Déesse plonge dans la ville sous les lueurs des siècles. Un mirage. Sous les lueurs des veilles des pauvres âmes qui se sont laissées prendre au piège de l’entre dévoration et ne chantent plus. Usure, oppression, désolation, qui peut le dire ?

Coup de tonnerre : la scène vole en éclats. Des morceaux de coquille crissent comme des oiseaux de papier qui s’envolent au ralenti pour atteindre la gangue du Soleil. Les ruines se recomposent en un rectangle d’une matière ferme.

Il est stable. C’est une stèle funéraire, l’accomplissement.

 

***

 

Pour citer ce récit

 


Camille Aubaude, « L’œuf — entre les mains des deux déesses de Denderah », illustration de Gordan Ćosić, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 9 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/deesses-denderah.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 6
8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 16:45

 

Entretien artistique

 


 

Deep and fascinating

 

 

Interview with Yoshiko Yoshida

 

 

 

 

Tatjana Debeljački


 

 

© Crédit photo : Yoshiko Yoshida, illustration n°1

 

 

Tatjana Debeljački When did you discover your artistic talent ?


 

Yoshiko YoshidaI was so fascinated by my late great master Shukyo Sasano with his calligraphy works and also when I saw when he draw. I felt it as musics by Rostropovich, sometimes Itzhak Perlman’s. I involved so much into calligraphy which gives me great joy and the idea of Calligraphy needs rhythm and body movements as well, in other words, it asks you to be conscious of your breathing. It is like meditation. When I was aware of it, I think I could be a calligrapher.

 

Tatjana Debeljački Where do you find inspiration and whose artistic work do you enjoy most ?


 

Yoshiko YoshidaI get inspiration, when I find myself open to be synchronized with to learn and write some Chinese or Japanese classics, I am so released and I feel ‘Someone Great’ blesses me. When I attain such state of mind, I can accept myself, and can go ahead with producing my own woks with Chinese characters and developing abstractive calligraphy freely based on classics. That is what I feel great joy.


 

Tatjana Debeljački "Japan art festival" exhibition in Paris new movement of calligraphy in Japan by Sokyu Ueda ?


 

Yoshiko YoshidaYes ! Sokyu Ueda is my great master’s master ! He brought us new calligraphy movement in Japan, which can be called ‘Abstract calligraphy or Chinese ink image calligraphy. I saw a lot of his works which are so free and deep. 


 

Tatjana Debeljački International Exhibition of Calligraphy,fairytale art and adventure with the enjoyment ?


 

Yoshiko YoshidaYes, it is ! I totally agree with the exhibition is adventure with the enjoyment and deep thoughts of our human being as well !


 

Tatjana Debeljački Is there anything that connects poetry and painting ? How do you see them together ?


 

Yoshiko YoshidaYes, I sometimes write Japanese tanka (which has 5, 7, 3, 7.7 syllables from 9th C. AD. Also free poetry… It also the wonderful meeting of the arts and collaboration of the different art worlds. I have sent you a work which got the prize of Calligraphy in Graphic triennale in St. Petersburg in 2014, in which I wrote Basho Matsuo’s Haiku.

 

© Crédit photo : Yoshiko Yoshida, illustration n°2

 

Tatjana Debeljački The paintings of artist have been exhibited in numerous solo and group exhibitions ?


 

Yoshiko YoshidaI was invited to France, Belgium, Russia, and Norway to join groug exhibitions and also numerous times of group exhibition, and solo exhibition in Japan and I am been inviting a solo exhibition in Japan this year, too.


 

Tatjana Debeljački What can you tell us about your work, prizes, journeys and friendships ?


 

Yoshiko YoshidaIt was great honor to collaborate the ballet work ‘Soul directed by previous 1st soloist Morihiro Iwaba and Ballet dancers in Bolshoi theaters in Moscow. And also collaborated Ashura 阿修羅 with a very famous principal Farukh Ruzimatov in Mariinsky theater in St. Petersburg. I am so happy and glad to have group exhibitions in Europe, as I can learn what is the human beings and hearts from the people that we can only eventually meet.


 

Tatjana Debeljački The Mastering the art of Japanese calligraphy,more of everything they know little about mastering the art ?


 

Yoshiko YoshidaCalligaraphy as arts and Calligraphy written in beautiful letters are absolutely different. The latter ones’ issue is how to train to obtain good hand writing and can’t be beyond the former calligraphers’ works and can’t feel their feelings.

But as arts of calligraphy, you have to feel the feelings of the calligraphers you are learning. And breath, rhythm in them and their personality, historical ground, cultures etc. They are so deep and fascinating.


 

Tatjana Debeljački Oriental resonance imaging showing me ease the supremacy of lust and climax ?


 

Yoshiko Yoshida –  I am sure that I am deeply influenced by Oriental culture and lives, but also our education system in Japan is coming from Europeans. I saw a lot of beautiful cultural heritages in my town and also I used to learn a lot from European cultures like music, literature, paintings, etc. So I can’t say what I have in my mind.

Is there anything that you could pinpoint and tell us about yourself between dreams and reality ?

I don’t know about it, as I don’t know what I can meet in my path in future. I feel, I am here. I live. That is what I think.

I want to see the same balance of Black and White parts in my works that can be quite new for our Far Eastern calligraphy.

 

***

 

Ryoshu Yoshida/Yoshiko Yoshida

© Crédit photo : Yoshiko Yoshida

 

 

1959 : she was born in Nara, Japan. And learned calligraphy 7 to 18 years old in Nara with leading Shoin Komatu.

2000 : continued calligraphy with the guidance of Master Shukyo Sasano, became a member of Bokusho-kai which founded by Shukyo Sasano. Since 2000 she participate in the exhibition by Bokusho-kai every year.

2005 : the work ‘TAMASHII’ was used in Bolshoi theater, which was directed by Morihiro Iwata :1st soloist in Bolshoi theater

2005 : she founded Kanoka-kai in Fukuyama, organized exhibition every year till 2011.

2007 : participated in collaboration with a Principal Farukh Ruzimatov in Mariinsky theater in St. Petersburg. She wrote ‘ASHURA’ for the ballet, which is shown in many theaters in Japan and all over the world.

2010 : become a member of ‘Gyokuru-kai’ as her master Shukyo Sasano passed away.

2010 : become a member of ‘International Exhibition of Calligraphy’ in Moscow, Russia

2010 : participated in ‘3rd International Calligraphy Exhibition’ in Velikii Novgorod. She gave a lecture about ‘From Chinese Characters to Kana’

2011 : organized 6th Exhibition of Kanoka and invited calligrapher from France (Michel D’anastasio) and 2 calligraphers from Norway.

2011 : participated in the exhibition ‘A lady who has 2 faces’ in Paris invited by Hassan Makaremi whose work was bought by UNESCO.

2012 : participated in the exhibition ‘Jue d’encre” Ormesson-sur-Marne’ in Ormesson in France with Michel D’anastasio.

2012 : participated in the exhibition ‘ the exhibition of anniversary of 150th birth of Vazha-Pshavela’ in Tbilisi national University in Georgia.

2012 : participated in 4th International Calligraphy exhibition in Moscow

2013 : had The exhibition ‘To open and beyond oneself’ with Michel D’anastasio and Michal Korman in Kurashiki, Okayama

2013 : made a poster and a banner for Russia National Biryad ballet and opera theater

2013 : solo exhibition in Kurashiki

2014 : participated in Exhibition in Askoy in Norway

2014 : got the prize of Calligraphy with Vitaly Shapovalov in 2nd graphic triennial in St. Petersburg

2015 : participated in 5th International Calligraphy Exhibition in Moscow

2015 : had an solo exhibition in Kurashiki, Okayama

2016 : had a group exhibition in Okayama Gyokuryukai

2016 : organized and participated in international calligraphy exhibition ‘What’s 書道(calligraphy)’ in Kurashiki Okayama

 

 

Pour citer cet entretien

 

Tatjana Debeljački, « Deep and fascinating. Interview with Yoshiko Yoshida », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 8 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/interview-yoshida.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 16:02

 

 

Muses au masculin (/genre en poésie)

 

 

 

Nouvelle rubrique dédiée aux hommes

 

& au masculin qui inspirent les hommes poètes & artistes

 

 

 

Le penseur de Rodin

 

 

 

Poème & illustration de

 

Mustapha Saha

Le penseur de Rodin

© Crédit photo : Mustapha Saha, portrait d'Auguste Rodin, encre de chine sur papier.

 

 

 

D’où vient-il ce regard si tendre et si lointain

D’où sort-il ce regard plein de mélancolie

Que fait-il ce regard dans ce corps incertain

Que fuit-il ce regard dans ce monde en folie

 

 

Que veut-il ce regard d’ange napolitain

Que sent-il ce regard en ferveur de dulie

Que dit-il ce regard de bon samaritain

Que prie-t-il ce regard en secrète homélie

 

 

Que sait-il ce regard de sage tibétain

Que lit-il ce regard dans les sillons de lie

Que voit-il ce regard dans son miroir sans tain

Voluptueuse extase ou divine ordalie

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème

 


Mustapha Saha, « Le penseur de Rodin », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 8 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/penseur-de-rodin.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 13:58

 

 

Dossier mineur | Textes poétiques

 

 

 

Deux extraits

 

 

d'AImer à quatre temps

 

 

 

Christophe Schaeffer

 

Ces deux poèmes extraits sont reproduits avec

l'aimable autorisation de l'auteur et des éditions Librécrit

Deux extraits d'Aimer à quatre temps

© Crédit photo : image de la présentation du livre Aimer à quatre temps

par l'éditeur prise le 8 mai 2017 par LPpdm

 

 

 

***

 

Ton visage s’échappe d’heure en heure

Dans le trou noir d’un organe sans chaleur

 

Ma mémoire gelée par le froid de l’errance

Avec pour seul éclat de résistance

 

Descendant le long de ton cou

Cette note ruisselante

 

Un parfum chuchoté comme si c’était l’été

Ou l’instant premier de l’enfance

 

 

 

***

 

L’écume rouge

D’une lèvre baisant les ronces

 

Le désir du désir

Au plus loin que je renonce

 

Une terre lucide

Et l’opacité du sang qui ment

 

 

 

Cliquez ici pour commander ce recueil.

 

 

 

Pour citer ces poèmes

 


Christophe Schaeffer, « Deux extraits d'Aimer à quatre temps », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 8 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/almer.html

 

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