26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 09:33

 

 

Éditorial

 

Une douce année ponctuée

 

de réussites et de joies pour vous !

 

 

Nos sociétés traversent une période charnière, voire pénible pour beaucoup d'entre nous... Les poètes femmes et hommes ont sûrement un rôle à jouer dans ces temps de guerres et de pollutions de tout ordre... Gardons nos révoltes et nos rêves intacts malgré tout pour nous détacher de tout ce qui tue l'empathie de l'humain envers ses semblables et envers le vivant.

La poésie demeure le territoire sans frontières de la liberté des amoureuses et amoureux de la vie et du monde parce qu'elle est l'une des expressions les plus percutantes de l'empathie. Au nom de la Société internationale d'études des femmes et d'études de genre en poésie (SIÉFÉGP) et de ses périodiques, je vous souhaite une douce année 2017 ponctuée de réussites et de joies et vous remercie chaleureusement d'avoir participé à la réussite de nos projets poétiques de l'année 2016.

Parmi les causes que nous défendons cette année et qui nous tiennent à cœur, il y a les maladies chroniques, la vieillesse et le handicap visible et invisible (comme l'autisme, la dépression, les maladies psychiques et mentales). Pour ce faire, le sixième numéro de la revue Le Pan poétique des muses porte sur « La maladie et la vieillesse » sous la direction de Françoise Urban-Menninger (parution imprimée en mars-avril 2017), le Semainier des muses et Le Pan poétique des muses proposeront dès le premier mai un concours d'édition poétique et artistique sur les sujets cités précédemment. La version numérique du périodique Le Pan poétique des muses publiera désormais vos textes selon la disponibilité de la rédaction bénévole sur sa thématique mineure et sur ses rubriques habituelles. Nous acceptons aussi de publier certains types de romans, d'écrits philosophiques, d'écrits scientifiques et artistiques (en lien avec la poésie, les femmes ou le genre) en plusieurs épisodes. Ces publications en ligne peuvent donner lieu à une publication dans la version imprimée de nos périodiques. Vos transcriptions de textes anciens (sur nos thèmes de prédilection), vos caricatures et dessins sont aussi souhaités.

En 2017, il y aura également le colloque international sur ce que les femmes pensent de la poésie, la deuxième édition de Megalesia et les prix internationaux de l'Académie Claudine de Tencin (projets en préparation).

Et sans plus attendre, je vous suggère de consulter le catalogue des éditions Pan des muses qui s'est dernièrement doté de nouveaux ouvrages (http://www.pandesmuses.fr/catalogue-pan-des-muses) et de prendre part à la vie des organismes propulsés par le site www.pandesmuses.fr selon vos disponibilité et préférence...

On avance très lentement selon certaines personnes mais l'essentiel c'est de cheminer ensemble tout en gardant nos singularités poétiques et en contribuant à rendre visible les écrits de femmes, sur les femmes et sur le genre en poésie. Votre aide et vos suggestions sont évidemment attendues pour améliorer et peaufiner nos publications et actions.

L'association Société internationale d'études des femmes et d'études de genre en poésie (SIÉFÉGP) ne reçoit pas encore de subventions, elle fonctionne grâce aux dons de ses membres et à la vente de ses produits livresques. Elle a absolument besoin de votre soutien pour parfaire ses projets.

Merci bien de soutenir nos projets poétiques et de relayer les parutions de la SIÉFÉGP dans vos réseaux ! Amitiés poétiques,

Dina Sahyouni

Fondatrice et directrice de la publication des périodiques

féministes et paritaires de poésie

Le Pan poétique des muses, Semainier des muses,

Iris & Mêtis messagères bleues des muses

Fondatrice et présidente de l'Association SIÉFÉGP

 

***

Pour citer cet éditorial

Dina Sahyouni, « Éditorial. Une douce année ponctuée de réussites et de joies pour vous ! », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 [En ligne], mis en ligne le 26 janvier 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 11:16

 

Poèmes, nouvelles, lettres, fragments

 

 

 

Gribouillage translucide

 

 

 

Dina Sahyouni

 

Crédit photo : "Water", domaine public, image trouvée sur Commons,

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Water_(2093219665).jpg

 

I

 

 

Dans ma mémoire demeure un espoir

pleurer les villes, les ruines, les hommes, les chagrins

te pleurer enfin

dans ma mémoire emplie de déboires

ton visage bleu, En sof, comme une étoffe du ciel

découpée en pans de vie

déroulée sous les pieds des tyrans

dans ma mémoire, pleure l'espoir

 

 

 

Dans ma mémoire, pleure l'espoir,

pleurent les villes, pleurent les campagnes

pleurent les cieux des temps heureux

 

Dans ma mémoire, crie le regard

crient les filles, les armes, et les mies

crient les silences de leur souffrance

 

Dans ma mémoire, se tait le poète

se tait le regard, se fige la main

 

le cœur pleure, "finie la rigolade".

 

 

II

 

Pauvre plume épuisée, de nos tracées, médusée

Nous étions bien amusées et des leurres abusées

C'était bien l'été…

 

pauvre plume laissée pour compte

tu chavires tel le navire

pris dans un orage prompt

 

Pauvre plume tachetée d'encre

ancrée ici, encrée par-là

trempée infiniment de mon sang

 

.....à 19h00

III

 

 

Je ne sais plus écrire, les mots me devancent, voyagent, fuient quelque part

hantent le hasard.

Je cherche à les séduire, ils me taquinent et me jugent dérisoire

Je ne sais plus écrire, les maux sont là, des tas de mots aussi en mare de l'Horla...

Je ne sais plus écrire, les signes s’évanouissent,

je cherche à les attraper et je tombe sur leur nuée

blanche, toute vide, avide de mon sang

Je ne sais plus écrire, je vomis du temps

craquelé en myriade de vents

Je ne sais plus écrire, je dessine des sons

ronds, carrés, rectangulaires, géométriques... que c'est pathétique !!!

Je ne sais plus écrire, je tamponne les feuilles de mes grisailles, des vestiges, des ponts et des pans...

Je ne sais plus écrire, je griffonne, je gribouille, je fustige l'amont

Je ne sais plus écrire, mon sort est bâclé par les mains des Moires

et les Muses s'amusent au loin, ricanent au coin du ciel

Le ciel s'assombrit, plus de mots, plus de maux, plus de signes, plus rien.

Et le rose des friandises – couleur des fans – devient la couleur des femmes

retour en amont, en aval mais certainement pas là où l'aube se réclame de nous…

Je ne sais plus écrire, les amas de larmes gribouillent sur les feuilles,

et la rosée matinale se fane au gré des larmes des oubliées des mots….

 

Janvier 2017

***

Pour citer ce poème

Dina Sahyouni, « Gribouillage translucide », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 [En ligne], mis en ligne le 24 janvier 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/gribouillage.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 17:57

 

Premier colloque 2017-2018 | III – La poésie et les poètes selon les aïeules |

 

III – 1 – Textes anciens réédités

 

 

Portrait de Monsieur de La Motte

par feue Madame la Marquise de Lambert*


 

 

[PDF p. 19 / Livre p. I] Monsieur de La Motte me demande son Portrait ; il me paraît très difficile à faire ; ce nest pas par la stérilité de la matière, cest par son abondance. Je ne sais par où commencer, ni sur quel talent marrêter davantage. M. de La Motte est Poète, Philosophe, Orateur. Dans sa poésie il y a du génie, de linvention, de lordre, de la netteté, de lunité, de la force, & quoiquen aient dit quelques Critiques, de lharmonie et des images : toutes les qualités nécessaires y entrent ; mais, son imagination est réglée ; si elle pare tout ce quil fait, cest avec sagesse ; si elle répand des fleurs, cest avec une main ménagère, quoiquelle en pût être aussi prodigue que toute autre : tout ce quelle produit, passe par lexamen de la raison.

M. de La Motte est Philosophe profond. Philosopher, cest rendre à la raison toute sa dignité, et la faire rentrer dans ses droits ; [PDF p. 20/ Livre p. II] cest rapporter chaque chose à ses principes propres, et secouer le joug de lopinion et de lautorité. Enfin, la droite raison bien consultée, et la nature bien vue, bien entendue, sont les maîtres de M. de La Motte. Quelle mesure desprit ne met-il pas dans tout ce quil faut ? Avec quelles grâces ne nous présente-t-il pas le vrai et le nouveau ? Naugmente-t-il pas le droit quils ont de nous plaire ? Jamais les termes nont dégradé ses idées ; les termes propres sont toujours prêts et à ses ordres.

Son éloquence est douce, pleine et toute de choses. Il règne dans tout ce quil écrit, une bienséance, un accord, une harmonie admirables. Je ne lis jamais ses Ouvrages, que je ne pense quApollon et Minerve les ont dictés de concert. Un Philosophe a dit que quand Dieu forma les âmes, il jeta de lor dans la fonte des unes, et du fer dans celle des autres. Dans la formation de certaines âmes privilégiées, telles que celle de M. de La Motte, il a fait entrer les métaux les plus précieux : il y a renfermé toute la magnificence de la nature. Ces âmes à Génie, si lon peut parler ainsi, nont besoin daucun secours étranger ; elles tirent tout delles-mêmes. Le Génie est une lumière et un feu de lEsprit, qui conduit à la perfection par des moyens faciles.

[PDF p. 21/ Livre p. III] Lâme de M. de La Motte est née toute instruite, toute savante ; ce nest pas un savoir acquis, cest un savoir inspiré. On sent dans tous ses ouvrages cette heureuse facilité qui vient de son abondance; il commande à toute les facultés de son âme, il en est toujours le maître, aussi bien que de son sujet. Nous navons pas vu en lui de commencement ; son Esprit na point eu denfance ; il sest montré à nous tout fait et tout formé.

Ses malheurs lui ont tourné à profit. Quand ce monde matériel a disparu à ses yeux par la perte de la vue, un monde intellectuel sest offert à son âme ; son intelligence lui a tracé une route de lumière toute nouvelle dans le chemin de lEsprit. La vue, plus que tous les autres sens, unit lâme avec les objets sensibles. Quand tout commence a été interrompu avec eux, lâme de M. de La Motte destituée de ces appuis extérieurs, sest recueillie et repliée sur elle-même ; alors elle a acquis une nouvelle force, et est entrée en jouissance de ses propres biens.

Laissons lhomme à talents et envisageons le grand homme. Souvent les talents supérieurs se tournent en malheur et en petitesse ; ils nous exposent à la vanité, qui est lennemie du vrai bonheur et de la vraie [PDF p. 22/ Livre p. IV] grandeur. Ce sont les grands sentiments qui font les grands hommes. Nulle élévation sans grandeur dâme et sans probité. M. de La Motte nous a fait sentir des mœurs et toutes les vertus du cœur dans ce quil a écrit ; ses qualités les plus estimables nont rien pris sur sa modestie ; cet orgueil lyrique quon lui a reproché, nest que leffet de sa simplicité, un pur langage imité des Poètes ses prédécesseurs, et non un sentiment. M. de Fénelon, cet homme si respectable, dit de Monsieur de La Motte que son rang est réglé parmi les premiers des modernes ; quil faut pourtant linstruire de sa supériorité et de sa propre excellence.

Cest un spectacle bien digne dattention, disaient les Stoïciens, quun homme seul aux mains avec les privations et la douleur. Quelle privation que la perte de la vue, pour un homme de Lettres ! Ce sont les yeux qui sont les organes de la jouissance ; cest par les yeux quil est en société avec les Muses ; elles unissent deux plaisirs qui ne se trouvent que chez elles, le désir et la jouissance. Vous nessuyez avec elles ni chagrin, ni infidélité ; elles sont toujours prêtes à servir tous vos goûts, et nous offrent toujours des grâces nouvelles ; mais nous ne jouissons de la douceur de leur commerce, que quand lesprit est tranquille [PDF p. 23/ Livre p. V] et que le cœur et les mœurs sont purs. Non seulement M. de La Motte soutient de si grandes privations, mais sil est livré à la plus vive douleur, il la souffre avec patience ; il est doux avec elle, il fait sentir quil na point usé dans les plaisirs, ce fond de gaieté que la nature lui a donné, puisquil sait la retrouver dans ses peines. dans la douleur, il faut que lâme soit toujours sous les armes, quà tout moment elle rappelle son courage, et quelle soit ferme contre elle-même.

Il a passé par lépreuve de lenvie. Quand lâme ne sait pas sélever par une noble émulation, elle tombe aisément dans la bassesse de lenvie. Quelle injustice na-t-il pas souffert quand ses Fables parurent ? Je crois que ceux qui les ont improuvées navaient pas en eux de quoi en connaître toutes les beautés ; ils ont crû quil ny avait pour la Fable que le simple et le naïf de M. de la Fontaine ; le fin, le délicat, le pensé de M. de La Motte leur ont échappé, ou ils nont pas su le goûter. À ses Tragédies, on a vu les mêmes personnes pleurer et critiquer ; leur sentiment, plus sincère, déposait contre leur injustice ; ils se refusaient à ses douces émotions, et mettaient limprobation à la place du plaisir.

Avec quelle dignité et quelle bienséance [PDF p. 24/ Livre p. VI] n’a-t-il pas répondu à la Critique amère de Madame Dacier ? Enfin, nous jouissons de son mérite et de ses talents, et la malignité du siècle lempêche de jouir de sa gloire et de son immortalité. Pour moi, je le vois avec les mêmes yeux que la postérité le verra.

La constante amitié de M. de Fontenelle pour M. de La Motte, fait léloge de tous les deux ; le premier ma dit que le plus beau trait de sa vie était de navoir pas été jaloux de M. de La Motte. Jugez du mérite dun Auteur, quun aussi grand homme que M. de Fontenelle a trouvé digne de sa jalousie.

 

 

* Il s'agit d'Anne-Thérèse de Marguenat de Courcelles, marquise de Lambert (1647-1733).

 

Source bibliographique : LA MOTTE, Antoine Houdar de (1672-1731), Œuvres de Monsieur Houdar de La Motte, l'un des Quarante de l'Académie française, dédiées à S.A.S.M. Le duc d'Orléans, première Partie, premier tome, Paris, Prault l'aîné, 1754, 9 tomes en 10 vol. ; in-12, format document PDF, domaine public, Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, Z-23372, http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30729954k, Bibliothèque nationale de France. Transcription et remaniement par Dina SAHYOUNI.
 
 

***

Pour citer ce texte

Mme de Lambert, « Portrait de Monsieur de La Motte par feue Madame la Marquise de Lambert », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Premier colloque international & multilingue de la SIÉFÉGP sur « Ce que les femmes pensent de la poésie : les poéticiennes », mis en ligne le 23 janvier 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/lamotte.html

Dernière mise à jour : 15 juin 2017

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Le Pan poétique des muses - dans colloques en ligne
19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 09:43

 

Poèmes, nouvelles, lettres, fragments

Poésie de l'errance

 

 

De l’eau, à l’o en passant.

 

Poème Évolutif. Mots doux.

 

Quelques cris. Un « heu… »

 

 

 

Laure Delaunay

Site officiel : https://lauredelaunay.com/

 

 

Parce que c’était E. Parce que c’était eux.

Émoi, bien … entendu.

Bien enregistré, bien vu, « bien aimé ».

Pour Dina.

À mon grand-père paternel. Celui qui ne lira jamais. Sauf si…

Et puis les noms… Initiales. BB. FB. DL. EF. FD. MD. MD. OD.

Et moi. Un travail d’équipe.

Pour Alexandre Delaunay-Dejter

 

Ce chagrin, c’était pas grand-chose…

Emanuele, ho i cioccolatini e sei benvenuto.

Le dauphin (A.F.)

 

L’ondée avive le vertige.

Pourtant le souffle ne perturbe ni l’allant ni la courbe. Se nourrit d’air, de bouffées et d’une vague.

Voltige, est prince, une brassée d’écumes.

Respire, jet d’air, et accompagne l’autre en sa trouée, en sa promenade, lui est ami, berce ses flots de rires.

L’aileron navigue, arrondit la surface. Profond soleil, léger bambin.

Aller là où luit l’eau.

Et découvrir, intense, l’espace, le loin. Fendre alors les mers, caresser l’horizon à une touche, y puiser l’espoir d’être toujours et infini, le premier. Avant-gardiste ? Anachronique. Et utopiste. Le pionnier ne laisse pas de sillon.

D’un bond gagner le large et se souvenir comme d’un trésor de la main croisée au bas de l’esquif.

Frère d’un jour, furtif. À l’âme éphémère. À l’élan temporel. Au flux parfait.

Liberté belle.


 

La biche (I.L.)

 

Ma douce chemine en toute tendresse sur les sols, les terres, les lits, les mousses.

À sa venue, ploie une branche en hommage.

« Maman » dit le lierre. « Ma belle », toute la forêt. Et la clairière : « mon ange ».

Sautille, gambade, son air de rien, ses yeux fendus, ses chasses délicates.

« Ma douce », dis-je.

Elle se cache, ne veut pas qu’on la voit, préfère l’obscur et l’humide et le rayon timide au soleil écrasant. La rousseur d’un pelage est lumière à soi seul.

L’herbe et les brins ornent ses pieds de vert. Les feuilles lui font couronne. Ses yeux plissent un peu pour que renaisse le goût des innocents.

Futilités l’habillent mais les choses sérieuses lui sont naturelles.

Des églantiers semblent parfois piquer sa pureté de sang mais la cruauté glisse et il ne reste dans ses espaces que les joliesses ambrées.

Elle tient, elle tient, sa vie d’âtre battant au cœur de la nature.


 

L’anémone (D.L.)

 

Pincées de sel dissout accompagnent tâches et filaments. Couleurs ployées, déployées.

Danse, orientale ou japonaise. Bras « lacs des cygnes » et lacets de signes jusqu’à l’épanouissement. Croix, points, ronds : tissu, soie corpulente.

Petit nu d’arc en ciel.

Fleuves sur les hauts fonds du cœur amollissants de pigments toute cruauté.

Parcelle, part belle.

Souffles d’eau. Bibelots.

Et la murine navigue, mosaïque. Moelleuse.

 

La colombe (L.C.)

 

Quand l’envol est léger, les nuages l’écoutent. Et autour de l’oiseau blanc s’organisent.

À l’orée des nues, le bleu naît tous les jours.

La grâce se déploie et de chaque rayon fait un pont. Et de chaque vide, une vague.

Percées et plongées habillent les anges.

Et chaque coup d’aile appelle « doux de la voûte » le pli qui ne dit que les beautés et les nouvelles heureuses.

Puretés, ouvrirez-vous aux mots soyeux ? Glisserez-vous ce message dans l’embrasure d’une fenêtre ? Je crois qu’aucun cœur ne bat dans le ciel et que tout est pleins et déliés à qui se dévoile.

Le vent souffle ; l’air est tendre.

Puretés, ouvrirez-vous aux mots soyeux ?

La pyrale des prés (F.L.)

 

Tout s’offre et le diaphane oblige. Blanc déambule à antennes gratuites.

Les vides, les grâces. Et le vent pertinent.

Corpuscule se dévoile dans la corolle et le laurier rose lit mieux, et la belle de nuit s’émeut, et l’iris aperçoit.

Qui du brin ou du pétale triomphe ? Ni l’un ni l’autre. Seule la pâle altitude ou le ruisseau éphémère pense le voyageur, la tâche en mouvement dirait le peintre, la feuille allant au pré et au loin, le poète.

 

Le couple de chats (F.DG.)

 

Chapotant tout d’une patte qui se tend à l’envie, le chat dort puis rêve puis tâtonne, parfois alangui, roucoule de bien-être. Lape. Titille. Et qui lit dans son jeu d’équilibre comprend Chaplin. Avide du moelleux il s’y glisse comme une peinture japonaise : avec minimalisme, liberté et justesse.

Sa queue en coda l’aide à folâtrer d’étage en étage car toujours debout retombe même de haut, même d’un la haut, chanteur des accents.

« Miaou », « miaou », ses vocalise rares. Il s’ouvre comme un espoir pour les amateurs de confort. Se ferme rarement malgré les racontars sur un égoïsme de prince. Mais non, « matou », c’est tout son nom. Bonhomme, petit bonhomme. Accoudé à son bol.

Qu’on sonne l’heure du repas ? Il accourt. Oh Chat ! Vois : elle ! Ta consœur promenant des pas de danseuse de gouttière en gouttière. Chat des champs. Chatte des villes. Les deux font l’ah ! père !

Si nous nous perdons dans un arbre, nous appellerons au secours. Ils viendront bien ces sacrés hommes sont sortir d’embarras.

En attendant, à table !

Les crocs caquettent dans les croquettes.

MMMIIIIIAAAA ou…..

S’étire… d’ELLES.

S’étire-t-elle.

Miam lui répond – il.

T’as le lait ?

Chiedi a Lei. Elle a l’œil. Chiodo.

Chiocciola.

Bellissimi.

Dolcissimi.

 

La chienne (P.V.)

L’o raye. Elle a l’œil. Et le sol. Et la truffe.

Donne la patte. Bat le rythme et la campagne.

Opine.

Jappe.

On ne sait pas d’où elle vient. On sait ce qu’elle veut.

On.

Une récompense. Une lune qu’on hume. Une tête.

Le con regarde.

Le chasseur dresse.

Et l’eau ?

Apaise.

Eux ? heu… À la queue leu leu.

Warf. Waf.

Et l’air ?

Sent.

Et l’hic ? Top secret.

Et là ?

Non.

Mie.

Elle est l’amuse hic. Elle la muse hoc.

Et… nunc.

AH.

Elle aime… l’ami d’Hoche.

Elle a… l’os.

Et deux halos et deux allo de Lumière noire. Et deux Al. O de lu mi ère.

Noir.

Pitié… Pitié…

Pis, tiens.

Mais oui, j’t’aime.

Ma p’tite louve à moi.

Ouvre-la. Quand je te le dis. Quand tu penses que c’est bien.

T’es matée. Mais t’es ma déesse. Pis non, c’est le chat.

T’es ma sentinelle.

L’animal boniment. Vite ! On en a qu’une.

Des larmes ? Une vallée.

Une avalée.

 

Le singe (à A.L.)

 

Ô. Oin. L.

+

-

Et je, ma muse.

Et JE m’amuse.

Et jeu m’amuse.

Et… ergo sum.

À peine dit.

Plus doucement ?

Je te désire.

Et bisou… et bise you.

2

Ou

Tooo

LELE

Os… car Lea…


 

Et DEA ?

DIO, très cher.

Je ne suis… que pas à pas.

Petit pour le singe, important pour l’homme.

Merveilleux pour la femme.

Pour moi, tout doux.

Y a rien à se dire, y a qu’à s’aimer.

Et la suite, tu la connais.

Signe.

Sans point


 


 


 

Tu dEvine.

Moi divine.

Bien lu.

Bien, Lu.

Bien vu.

Bon, Vu.

Bonne vue.

À toi… touchée.


 

Youcou

Roucouler


 

Junior ne choisira pas son sexe.

Manquerait plus que ça…

Demande à qui tu sais.

L’autre, je m’en charge.


 

Et si je faisais l’otarie ?

Ah… en effet…

T’occupe de rien… t’as la souris.


 

Ça y est… je ne pense plus à rien.

Je ne pense plus qu’à… oh, non, rien…

À toi.

À toi ?

Demande à qui je sais.

L’adresse ?

Mie stère.


 

L’homme (à C.A.)

 

Des ma… quelques tu… aucun tue.

Voilà ce qu’il faut souhaiter.

Regarde.

Vois, là.

Une femme.


 

La femme (à F.C.)

 

On t’a pris pour. Pas moi. Sois toi. Même si… J’aime, oui. J’en suis une sacrée… enfin, une, quoi.


 

L’enfant (à B.O.)

 

Au seul œil. À la lumière. Oublie. Et… se souvient.

J’oublie. J’y pense.

Apprends-moi à parler.

Baba.

Ma… MA.

N’essence.

Mais sens.

La lune ?

Ma ris… On en fait notre affaire…

On est… bien.

On est… ensemble.

Mon héros, mon frère, pense à tout.

Ma fille, ma sœur, pense à rien !

J’en veux deux.

Le hasard fera le reste.

Et la science ?

Et ben…


 

Ô… ça c’est une histoire de grand-mère.


 

Les sciences. Les si. On sait.

Les noms, pas encore.

Mais le non, ça, c’est moi.

Je lève le doigt à l’école pour demander la parole.

J’écoute la maîtresse.

Enfin, ça dépend laquelle.

Bref.

E.

St’eup.

Tu sais…

Celui à qui Dieu donne beaucoup…

Il est à gauche, à côté de ton bureau…

Dans mes rêves, il te lit une poésie…

En vrai, demande à Prévert.

Car il a du stylo et un bic bleu.

À pis and…

To infinity ?

Juste pas à pas.

Juste, pas à pas.

21-28 Décembre 2016

 

***

Pour citer ce poème

Laure Delaunay, « De l’eau, à l’o en passant. Poème Évolutif. Mots doux. Quelques cris. Un "heu…" », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 [En ligne], mis en ligne le 19 janvier 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/01/eau.html

 

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