1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:00

 

 

Appel à contribution

 

 

Contribuer au n°4

 

 

 

Date limite : 20 novembre 2013


 

Contribuer au dossier majeur  


La figure de Philomèle

 

  http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/ad/Gardner-Philomena_and_Procne.jpg

Crédit photo : Philomèle et Procné par Elizabeth Jane Gardner (1837–1922) 
 

 

 

Argumentaire

 

 


 

 

Tant de Philomèles en ce monde...


Dans le texte des Métamorphoses d’Ovide, Philomèle, la Princesse athénienne, d’une beauté sublime, est violée par son beau-frère, qui lui coupe la langue pour qu’elle cesse de réclamer vengeance. Elle révèle le crime à Procné, sa sœur en tissant une tapisserie. Les deux sœurs se vengent en faisant manger au violeur la chair de son propre fils. Les trois protagonistes sont transformés en oiseaux. 

Figure complexe, qui représente la femme victime-meurtrière, prisonnière de ses malheurs, Philomèle illustre le thème primitif de la vengeance, la violence qui engendre la violence. Et la vengeance des sœurs exprime pleinement cela. Le châtiment est d'une violence inouïe non seulement à l'égard de l'oppresseur mais aussi envers l'enfant (être subalterne), créature innocente, incapable de se défendre. Cependant, l'essentiel est ailleurs... 

L’appropriation féministe de la figure des tisseuses prend en compte l’identité sexuelle de la « voix » de la poétesse, et interprète — ce qui est indispensable de nos jours —, l’histoire de l’oppression des femmes dans les sociétés patriarcales. Philomèle, et Arachnê, montrent que le contre point direct de la violence subie par les femmes est leur « voix ». Philomèle devient pour la critique féministe américaine la figure emblématique de la poétesse, dont la voix, qui représente la nudité dans la tradition hébraïque, est censurée. C’est par une expression non verbale qu’elle se libère de la violence de l’oppresseur. Procné déchiffre, comprend et traduit la voix de sa sœur. Elle est l’allégorie de la critique féministe. 

Lisons Anne Tomiche  qui précise que « Le "nous" à qui Philomèle "parle" est la communauté des femmes, à la fois victimes de la violence masculine, condamnées au silence, et sources d’inspiration pour les poètes masculins. En même temps, elles protestent et cherchent à résister. Dans la même veine que Patricia Joplin, Jane Marcus et Elissa Marder font de Philomèle la figure de la femme violentée et réduite au silence dans une société patriarcale : Philomèle, écrit Jane Marcus, est "an appropriate metaphor for the silencing of the female, for rape and male violence against women" ("Philomèle est une métaphore appropriée de la réduction au silence de la femme, du viol et de la violence masculine contre les femmes") »* 

Philomèle devient l’incarnation de la poétesse. Elle n’est pas sans évoquer le poète maudit rejeté de la cité par Platon. Le thème central de ce mythe est la violence spécifique envers les femmes qui est à l'origine de leur création verbale. Nous vous proposons donc d'envisager des textes relevant des deux séquences suivantes :

  • le tissage, dire autrement le vécu du corps, la douleur, la violence, la maladie, etc.
  • la poésie maudite, ou l’errance poétique, le poète prisonnier de sa douleur, de son passé et de ses obsessions...

Et par extension, tout texte sur le système qui dévalorise la création féminine est également susceptible de s’inscrire dans ce numéro. 

 

 

 

*Voir l'article d'Anne Tomiche, « Philomèle dans le discours de la critique littéraire contemporaine », dans Véronique Gély, Jean-Louis Haquette et Anne Tomiche (dir.), Philomèle : figures du rossignol dans la tradition littéraire et artistique, actes du colloque international tenu à l'Université de Reims les 25 et 26 novembre 2004 ; Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, Maison de la recherche, Coll. Littératures, 326 p., 2006, p. 
314


Bibliographie sélective 


Fabrizio Ara, Les Saturniens : morceaux d'anthologie moroses de la poésie maudite française, [S.l.] : Jannas, impr. 2011 ; Maurice Monda, François Montel, Bibliographie des poètes maudits, Paris, L. Giraud Badin, 1927 ; Ovide, Métamorphoses ; Anne Tomiche et Pierre Zoberman (dir.), Littérature et identités sexuelles, Paris, SFLGC, coll. Poétiques comparatistes, DL 2007, 191 p. ; Anne Tomiche, Métamorphoses du lyrisme : Philomèle, le rossignol et la modernité occidentale, Paris, Classiques Garnier, coll. Perspectives comparatistes, 2010 ; Véronique Gély, Jean-Louis Haquette et Anne Tomiche (dir.), Philomèle : figures du rossignol dans la tradition littéraire et artistique, actes du colloque international tenu à l'Université de Reims les 25 et 26 novembre 2004 ; Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, Maison de la recherche, Coll. Littératures, 326 p., 2006 ; Paul Verlaine, Les poètes maudits : Tristan Corbière, Arthur Rimbaud, Stéphane Mallarmé, Marceline Desbordes-Valmore, Villiers de l'Isle-Adam, Pauvre Lélian (Nouvelle édition, ornée de six portraits par Luque), Paris, L. Vanier, 1888, 103 p. , url. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k72580r

 

 

 

 

Contribuer au dossier mineur de la revue

 

 

 

 Muses & Poètes

Poésie, Femmes & Genre

 

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/48/The_Muse_of_Poesie_by_Konstantin_Makovsky.jpg

Crédit photo :  La Muse de Poésie (1886)  

par Konstantin Yegorovich Makovsky (1839–1915)

 

 



Depuis l'émergence du champ de recherche de la poésie des femmes à la fin du XXe siècle, les études et les anthologies se succèdent. Notre revue s'inscrit dans cette démarche tout en élargissant les frontières qui la déterminent.  La revue Le Pan poétique des muses se voue à la poésie des femmes comme aux autres formes de leur existence en poésie et elle y inclut le genre. Vous êtes donc invité-e-s à prendre part à cette manifestation et vous avez carte blanche pour votre contribution en articles, notes de lecture, comptes-rendus, fragments, textes théoriques peu connus et poèmes de vous ou de nos ancêtres (aïeules/aïeux par votre intermédiaire). Cet appel à contribution comme cela est indiqué plus haut est permanent, il se renouvelle donc au lancement de chaque numéro de la revue. 

 

Bibliographie

 


 

Consignes à respecter


 

Vos textes d'une longueur de 25000 caractères (espaces compris) sont les bienvenus jusqu'au 20 novembre 2013 à Camille Aubaude (camille.aubaude@pandesmuses.fr).

La publication d'une sélection de textes de ce numéro est prévue par les éditions Pan des muses de la SIEFEGP.

Merci de respecter les normes usuelles suivantes lors de la rédaction de votre article : prénom, nom (nom de plume si c'est votre cas), adresse postale et profession. Biobibliographie (de dix lignes). Pièces jointes acceptées : en format Word (pour les textes) et JPEG (pour les illustrations, dessins et annonces), police Book Antiqua, taille 12, interligne double, justifier, notes de fin. La contribution ne doit pas dépasser vingt-cinq mille caractères (espaces compris). La revue accepte de publier des textes et des poèmes déjà parus (merci de joindre les autorisations nécessaires).

 

Avertissement : ce périodique est féministe et publie des études théoriques et des textes poétiques des femmes, sur les femmes et sur le genre en poésie. Notre équipe réserve le droit de modifier, modeler, ajouter, censurer voire supprimer une partie des textes reçus. Vous pouvez contribuer à la revue en proposant vos articles et créations (6 poèmes, 2 illustrations, 2 articles) qui portent sur les femmes et/ou le genre en poésie. Ce périodique accorde une exception aux poètes hommes âgés de moins de 26 ans (ils peuvent publier des poèmes sur tous les thèmes).   

 

 

Responsable scientifique

 

Camille Aubaude (camille.aubaude@pandesmuses.fr)

 

 

 

Pour citer ce texte


Camille Aubaude & LPpdm, « Contribuer au n°4 », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Jardins d'écritures au féminin Poésie des femmes romandes », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°3|Été 2013 [En ligne], (dir.) Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er juin  2013.   

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-contribuer-au-n-4-117943654.html/Url. http://0z.fr/BbuSy

 

Repost 0
Le Pan poétique des muses - dans n°3|Été 2013
1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:00

   

Poésie multimédia
 

Instant poétique en compagnie de Nicole Coppey

 

 

Le chemin vers l'aboutissement


d'« Unité vibration Vibration unité »

 

  

Nicole Coppey

 

    

 

Url. http://m.youtube.com/watch?v=WpRrYIQi_Ck&feature=plcp 

 

 

Description


 

Réalisation poétique publiée le 5 mai 2013

 


Le chemin vers l'aboutissement


d'« Unité vibration Vibration unité »

 

 


"Unité vibration Vibration unité" a été un élan poétique du cœur. Au cours de son écriture, j'y ai interrogé ma Maman, Âme profonde, qui a apporté des éléments de réflexions charitables et spirituelles. Finalisé, ce poème a été transmis à une personne de confiance qui m'a encouragée à le mettre en image.

Trois jours avant l'enregistrement sonore, l'inspiration d'y associer la musique du cher compositeur turc Ulvi Cemal Erkin a surgi. La Famille Erkin a accueilli cette idée avec bonheur et m'a donné de suite son encouragement et accord. Cela m'a apporté le sentiment que l'intensité de la musique et du texte prendrait une dimension puissante, forte et profonde. Pour les images, j'ai souhaité qu'elles soient tournées en Tunisie, avec des moyens de base de la plus grande simplicité, y compris pour la technique d'images (caméra et montage). En choisissant la Tunisie, ma volonté était d'aider un pays et des personnes... Ce concept international (associant Suisse, Tunisie, Russie, Amérique du Sud, et Espagne...) prend racine en terre tunisienne, pont reliant l'Orient et l'Occident méditerranéens, terre tant appréciée pour sa sensibilité artistique.

J'y ai donc convié un figurant et un caméraman tunisiens en m'assurant de cette simplicité. Souhaitant en permanence faire des passerelles avec les disciplines et les personnes, en tournant ce film à Tunis, Carthage et Sidi Bou Saïd, je pouvais y associer des œuvres de l'artiste peintre Amara Ghrab, s'il le désirait. Il a accueilli cette idée avec joie et engagement. Sur chaque passage poétique a surgi pour lui spontanément l'œuvre correspondante. En mettant en vibration « poésie musique et peinture », ce concept rendrait une expression artistique multiple mais unifiée rattachée à des forces universelles et empreinte de philosophie et de spiritualité. Ce cri du coeur initial devenait donc une communion d'Ames vibrantes où chacun apporte, dans son authenticité de ce qu'il est, en bâtissant l'édifice pierre à pierre tel la construction d'une cathédrale.

 

 

 

Lire les critiques sur cette œuvre... 

 

 

 

Pour citer ce poème


Nicole Coppey, « Le chemin vers l'aboutissement d'"Unité vibration Vibration unité" » (poésie multimédia), Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques: Dossiers « Jardins d'écritures au féminin », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°3|Été 2013 [En ligne], (dir.) Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er juin  2013. 

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-3-le-chemin-117926792.html/Url.

 

Auteur(e)

Nicole Coppey   

 

Chaîne sélectionnée par la revue : url. http://www.youtube.com/user/NicoleCoppey

   

Repost 0
Le Pan poétique des muses - dans n°3|Été 2013
1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:00

 

Poète jeune

(âgé de moins de 26 ans)

Avant-Première



Extraits de Vêpres

 

    

 

Alexandre Salcède  

 

  Louis Janmot - Poème de l'âme 13 - Rayons de soleil

  Crédit photo : Poème de l'âme : Rayons de soleil par Louis Janmot (1814–1892)

 

 

 

 

 

Voici qu’une terreur et une épaisse ténèbre tombèrent sur lui.

 

Genèse, 15, 12


 

 


La lumière s’était levée encore mais elle semblait usée. Trois faces ravinées, malades, fixent le disque pâle du soleil au bout de la route, à quelques millimètres au-dessus de l’horizon.

Trois âmes suspendues au seuil infranchissable.

Bientôt rayées de la face du Temps.

 

II


Dans ces contrées qu'on dit lointaines, nul chien de papyrus, nulle balance. Les ombres jonchent le sol et se cabrent et s’ébrouent. Il n’y a plus de peur, pas de délices promises par le grincement de gonds. Pas de bestiaire fabuleux, de signes rédigés au sommet d’un profil.

Les chemins ne se croisent plus. Nous sommes au-delà de tout choix.

Ces territoires sont sans limites, la vue n’est plus biffée au lointain d’un trait de plume noire. C’est une toile naïve, d’avant la perspective, où les anges ne font pas circuler la lumière. La couleur est prise dans les boues de la brume, elle peine à se lever.

Nuls rouleaux, nul scribe. Les mots parlent d’un temps après les mots.


 

III


J’ai froid jusque dans mes cheveux. Les mains de la brume m’arrachent à moi-même. Je vais, sur quelle route caillouteuse, les pieds nus, écorchés. Le brouillard s’épaissit dans le noir, j’ai froid dans les os.

Le temps s’étale, ce temps qui me traverse de part en part s’étire. Entre deux battements de cœur, plusieurs rocs se dressent entre moi et le monde. Je ne veux plus de la lumière. Je n’ai jamais été moins ombreuse qu’aujourd’hui. Le temps s’étiole, l’espace s’élargit.

La joie est une robe de soie où l’effroi est brodé. Le vent joue avec ses plis, j’ai froid jusque sous l’étoffe.

La fumée enfle, tout chute contre moi, cette terre est un encensoir qu’un apprenti thuriféraire balance sans maîtrise. Nous suffoquons dans ses effluves. Nous montons avec elles pour l’offrande du soir.


 

IV


La chair est fraîche, la chair grésille, la chair s’aère et s’ouvre, la chair rouille dans son automne. La chair court et s’affole, la chair brûle et s’effrite, la chair s’écorche aux arbres. La chair vente, la chair hurle, la chair danse dans la brume son arrêt de mort. La chair exsude, la chair exulte, la chair entraîne l’âme dont elle n’est plus le siège. La chair chante, elle entonne un cantique à la chair, la chair ouvre ses bras. Elle accueille. La chair s’acharne.

 

 

 

Avis de la revue

 

Un style élégant, dense, riche et étonnant !

Une poésie rythmée par les sonorités des mots, par l'anaphore et la ponctuation !

La force habite les poèmes en prose d'Alexandre Salcède, fait jaillir l'indicible...

 

 

Pour citer ces poèmes


Alexandre Salcède, « Extraits de Vêpres », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Jardins d'écritures au féminin Poésie des femmes romandes », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°3|Été 2013 [En ligne], (dir.) Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er juin  2013.   

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-3-extraits-de-vepres-117919953.html/Url.

 

Auteur(e)

Alexandre Salcède est né en 1988 dans le Val-d’Oise. Il a participé en 2009 au colloque organisé par Jean-Claude Laborie sur les Vanités en présentant son travail intitulé « Vent et vanité dans l’œuvre de Pierre Michon ». Sous la direction de Michel Collot, il obtient son Master de Lettres Modernes avec un travail consacré à l’œuvre de Philippe Jaccottet intitulé « La parole précaire : de la poésie comme prière ».
Auteur de guides de voyage, il est également collaborateur littéraire de la C’Interscribo – Tatiana Julien, jeune compagnie de danse contemporaine. Le trio Douve, créé à Vincennes en février 2013, s’inspire de la poésie d’Yves Bonnefoy dont il cherche à restituer l’univers, les textures et les rythmes sur l’espace de la scène et dans le corps des interprètes. Passés par la chair des danseuses, les mots de Bonnefoy suscitent d’autres mots encore que Vêpres tente de recueillir. Composé de 21 textes en prose, ce recueil est en quête, à ce jour, d'un éditeur accueillant.

Repost 0
Le Pan poétique des muses - dans n°3|Été 2013
1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:00

 

 

Nouvelle

Lire la traduction

 

Kew Gardens  

 

Virginia Woolf

Texte trouvé et transcrit pour la revue par Nelly Taza

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/ee/Virginia_Woolf_by_George_Charles_Beresford_(1902).jpg?uselang=fr

Crédit photo : Virginia Woolf par George Charles Beresford (1864–1938)

  
    
 

From the oval-shaped flower-bed there rose perhaps a hundred stalks spreading into heart-shaped or tongue-shaped leaves half way up and unfurling at the tip red or blue or yellow petals marked with spots of colour raised upon the surface; and from the red, blue or yellow gloom of the throat emerged a straight bar, rough with gold dust and slightly clubbed at the end. The petals were voluminous enough to be stirred by the summer breeze, and when they moved, the red, blue and yellow lights passed one over the other, staining an inch of the brown earth beneath with a spot of the most intricate colour. The light fell either upon the smooth, grey back of a pebble, or, the shell of a snail with its brown, circular veins, or falling into a raindrop, it expanded with such intensity of red, blue and yellow the thin walls of water that one expected them to burst and disappear. Instead, the drop was left in a second silver grey once more, and the light now settled upon the flesh of a leaf, revealing the branching thread of fibre beneath the surface, and again it moved on and spread its illumination in the vast green spaces beneath the dome of the heart-shaped and tongue-shaped leaves. Then the breeze stirred rather more briskly overhead and the colour was flashed into the air above, into the eyes of the men and women who walk in Kew Gardens in July.

The figures of these men and women straggled past the flower-bed with a curiously irregular movement not unlike that of the white and blue butterflies who crossed the turf in zig-zag flights from bed to bed. The man was about six inches in front of the woman, strolling carelessly, while she bore on with greater purpose, only turning her head now and then to see that the children were not too far behind. The man kept this distance in front of the woman purposely, though perhaps unconsciously, for he wished to go on with his thoughts.

"Fifteen years ago I came here with Lily," he thought. "We sat somewhere over there by a lake and I begged her to marry me all through the hot afternoon. How the dragonfly kept circling round us: how clearly I see the dragonfly and her shoe with the square silver buckle at the toe. All the time I spoke I saw her shoe and when it moved impatiently I knew without looking up what she was going to say: the whole of her seemed to be in her shoe. And my love, my desire, were in the dragonfly; for some reason I thought that if it settled there, on that leaf, the broad one with the red flower in the middle of it, if the dragonfly settled on the leaf she would say 'Yes' at once. But the dragonfly went round and round: it never settled anywhere–of course not, happily not, or I shouldn't be walking here with Eleanor and the children–Tell me, Eleanor. D'you ever think of the past?"

"Why do you ask, Simon?"

"Because I've been thinking of the past. I've been thinking of Lily, the woman I might have married.... Well, why are you silent? Do you mind my thinking of the past ?"

"Why should I mind, Simon? Doesn't one always think of the past, in a garden with men and women lying under the trees? Aren't they one's past, all that remains of it, those men and women, those ghosts lying under the trees,... one's happiness, one's reality?"

"For me, a square silver shoe buckle and a dragonfly–"
 

"For me, a kiss. Imagine six little girls sitting before their easels twenty years ago, down by the side of a lake, painting the water-lilies, the first red water-lilies I'd ever seen. And suddenly a kiss, there on the back of my neck. And my hand shook all the afternoon so that I couldn't paint. I took out my watch and marked the hour when I would allow myself to think of the kiss for five minutes only–it was so precious–the kiss of an old grey-haired woman with a wart on her nose, the mother of all my kisses all my life. Come, Caroline, come, Hubert."

They walked on the past the flower-bed, now walking four abreast, and soon diminished in size among the trees and looked half transparent as the sunlight and shade swam over their backs in large trembling irregular patches.

In the oval flower bed the snail, whose shell had been stained red, blue, and yellow for the space of two minutes or so, now appeared to be moving very slightly in its shell, and next began to labour over the crumbs of loose earth which broke away and rolled down as it passed over them. It appeared to have a definite goal in front of it, differing in this respect from the singular high stepping angular green insect who attempted to cross in front of it, and waited for a second with its antennæ trembling as if in deliberation, and then stepped off as rapidly and strangely in the opposite direction. Brown cliffs with deep green lakes in the hollows, flat, blade-like trees that waved from root to tip, round boulders of grey stone, vast crumpled surfaces of a thin crackling texture–all these objects lay across the snail's progress between one stalk and another to his goal. Before he had decided whether to circumvent the arched tent of a dead leaf or to breast it there came past the bed the feet of other human beings.

This time they were both men. The younger of the two wore an expression of perhaps unnatural calm; he raised his eyes and fixed them very steadily in front of him while his companion spoke, and directly his companion had done speaking he looked on the ground again and sometimes opened his lips only after a long pause and sometimes did not open them at all. The elder man had a curiously uneven and shaky method of walking, jerking his hand forward and throwing up his head abruptly, rather in the manner of an impatient carriage horse tired of waiting outside a house; but in the man these gestures were irresolute and pointless. He talked almost incessantly; he smiled to himself and again began to talk, as if the smile had been an answer. He was talking about spirits–the spirits of the dead, who, according to him, were even now telling him all sorts of odd things about their experiences in Heaven.

"Heaven was known to the ancients as Thessaly, William, and now, with this war, the spirit matter is rolling between the hills like thunder." He paused, seemed to listen, smiled, jerked his head and continued:–

"You have a small electric battery and a piece of rubber to insulate the wire–isolate?–insulate?–well, we'll skip the details, no good going into details that wouldn't be understood–and in short the little machine stands in any convenient position by the head of the bed, we will say, on a neat mahogany stand. All arrangements being properly fixed by workmen under my direction, the widow applies her ear and summons the spirit by sign as agreed. Women! Widows! Women in black–"

Here he seemed to have caught sight of a woman's dress in the distance, which in the shade looked a purple black. He took off his hat, placed his hand upon his heart, and hurried towards her muttering and gesticulating feverishly. But William caught him by the sleeve and touched a flower with the tip of his walking-stick in order to divert the old man's attention. After looking at it for a moment in some confusion the old man bent his ear to it and seemed to answer a voice speaking from it, for he began talking about the forests of Uruguay which he had visited hundreds of years ago in company with the most beautiful young woman in Europe. He could be heard murmuring about forests of Uruguay blanketed with the wax petals of tropical roses, nightingales, sea beaches, mermaids, and women drowned at sea, as he suffered himself to be moved on by William, upon whose face the look of stoical patience grew slowly deeper and deeper.

Following his steps so closely as to be slightly puzzled by his gestures came two elderly women of the lower middle class, one stout and ponderous, the other rosy cheeked and nimble. Like most people of their station they were frankly fascinated by any signs of eccentricity betokening a disordered brain, especially in the well-to-do; but they were too far off to be certain whether the gestures were merely eccentric or genuinely mad. After they had scrutinised the old man's back in silence for a moment and given each other a queer, sly look, they went on energetically piecing together their very complicated dialogue:

"Nell, Bert, Lot, Cess, Phil, Pa, he says, I says, she says, I says, I says, I says–"

"My Bert, Sis, Bill, Grandad, the old man, sugar,
 Sugar, flour, kippers, greens,
 Sugar, sugar, sugar."

 

The ponderous woman looked through the pattern of falling words at the flowers standing cool, firm, and upright in the earth, with a curious expression. She saw them as a sleeper waking from a heavy sleep sees a brass candlestick reflecting the light in an unfamiliar way, and closes his eyes and opens them, and seeing the brass candlestick again, finally starts broad awake and stares at the candlestick with all his powers. So the heavy woman came to a standstill opposite the oval-shaped flower bed, and ceased even to pretend to listen to what the other woman was saying. She stood there letting the words fall over her, swaying the top part of her body slowly backwards and forwards, looking at the flowers. Then she suggested that they should find a seat and have their tea.

The snail had now considered every possible method of reaching his goal without going round the dead leaf or climbing over it. Let alone the effort needed for climbing a leaf, he was doubtful whether the thin texture which vibrated with such an alarming crackle when touched even by the tip of his horns would bear his weight; and this determined him finally to creep beneath it, for there was a point where the leaf curved high enough from the ground to admit him. He had just inserted his head in the opening and was taking stock of the high brown roof and was getting used to the cool brown light when two other people came past outside on the turf. This time they were both young, a young man and a young woman. They were both in the prime of youth, or even in that season which precedes the prime of youth, the season before the smooth pink folds of the flower have burst their gummy case, when the wings of the butterfly, though fully grown, are motionless in the sun.

"Lucky it isn't Friday," he observed.

"Why? D'you believe in luck?"

"They make you pay sixpence on Friday."

"What's sixpence anyway? Isn't it worth sixpence?"

"What's 'it'–what do you mean by 'it'?"

"O, anything–I mean–you know what I mean."

Long pauses came between each of these remarks; they were uttered in toneless and monotonous voices. The couple stood still on the edge of the flower bed, and together pressed the end of her parasol deep down into the soft earth. The action and the fact that his hand rested on the top of hers expressed their feelings in a strange way, as these short insignificant words also expressed something, words with short wings for their heavy body of meaning, inadequate to carry them far and thus alighting awkwardly upon the very common objects that surrounded them, and were to their inexperienced touch so massive; but who knows (so they thought as they pressed the parasol into the earth) what precipices aren't concealed in them, or what slopes of ice don't shine in the sun on the other side ? Who knows ? Who has ever seen this before? Even when she wondered what sort of tea they gave you at Kew, he felt that something loomed up behind her words, and stood vast and solid behind them; and the mist very slowly rose and uncovered–O, Heavens, what were those shapes?–little white tables, and waitresses who looked first at her and then at him; and there was a bill that he would pay with a real two shilling piece, and it was real, all real, he assured himself, fingering the coin in his pocket, real to everyone except to him and to her; even to him it began to seem real; and then–but it was too exciting to stand and think any longer, and he pulled the parasol out of the earth with a jerk and was impatient to find the place where one had tea with other people, like other people.

"Come along, Trissie; it's time we had our tea."

"Wherever does one have one's tea?" she asked with the oddest thrill of excitement in her voice, looking vaguely round and letting herself be drawn on down the grass path, trailing her parasol, turning her head this way and that way, forgetting her tea, wishing to go down there and then down there, remembering orchids and cranes among wild flowers, a Chinese pagoda and a crimson crested bird; but he bore her on.

Thus one couple after another with much the same irregular and aimless movement passed the flower-bed and were enveloped in layer after layer of green blue vapour, in which at first their bodies had substance and a dash of colour, but later both substance and colour dissolved in the green-blue atmosphere. How hot it was! So hot that even the thrush chose to hop, like a mechanical bird, in the shadow of the flowers, with long pauses between one movement and the next; instead of rambling vaguely the white butterflies danced one above another, making with their white shifting flakes the outline of a shattered marble column above the tallest flowers; the glass roofs of the palm house shone as if a whole market full of shiny green umbrellas had opened in the sun; and in the drone of the aeroplane the voice of the summer sky murmured its fierce soul. Yellow and black, pink and snow white, shapes of all these colours, men, women, and children were spotted for a second upon the horizon, and then, seeing the breadth of yellow that lay upon the grass, they wavered and sought shade beneath the trees, dissolving like drops of water in the yellow and green atmosphere, staining it faintly with red and blue. It seemed as if all gross and heavy bodies had sunk down in the heat motionless and lay huddled upon the ground, but their voices went wavering from them as if they were flames lolling from the thick waxen bodies of candles. Voices. Yes, voices. Wordless voices, breaking the silence suddenly with such depth of contentment, such passion of desire, or, in the voices of children, such freshness of surprise; breaking the silence? But there was no silence; all the time the motor omnibuses were turning their wheels and changing their gear; like a vast nest of Chinese boxes all of wrought steel turning ceaselessly one within another the city murmured; on the top of which the voices cried aloud and the petals of myriads of flowers flashed their colours into the air.

 

 

 

 
    

 

Pour citer ce texte


Virginia Woolf,« Kew Gardens » (texte publié dans Monday or Tuesday, New York, Harcourt, Brace and Company, Inc., 1921, pp. 68-78), Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Jardins d'écritures au féminin », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°3|Été 2013 [En ligne], (dir.) Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er juin  2013.  

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-3-kew-gardens-117906365.html/Url.

 

Auteur(e)

 

Virginia Woolf (1882-1941)

Repost 0
Le Pan poétique des muses - dans n°3|Été 2013
1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:00

 

 

Préambule & poèmes

 

 

Une mystique irrésolue...     


Marie-Josée Desvignes   

 

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/59/The_Soul_of_the_Rose_-_Waterhouse.jpg

  Crédit photo :  L'âme de la rose par John William Waterhouse (1849-1917)

 

 

Préambule


 Habiter en poète c'est vivre ce monde sans l'habiter complètement, c'est appeler d'un autre monde, la joie cachée au plus profond de soi, et que chacun de nous, s'il le veut, s'il l'accepte, peut un jour rejoindre.


Cette joie enfouie est comme une fleur délicate que l'on tiendrait dans le creux de ses mains et que l'on chérirait sans jamais douter d'elle. C'est une descente et une remontée céleste, c'est une mystique irrésolue. Heureux celui qui sait que tant qu'elle demeurera il ne mourra pas. Mon prochain recueil d'où sont extraits ces textes témoignent de ces relevailles.



 

Poèmes

 

Avant-Première

 

 

 

Autre monde (extraits)*


 

 

 

Écoute les voix du vent

ces flûtes enchanteresses

caresses pour l'âme

vivants appels d'amour

ondes traversées de lumière

sagesses portées aux lointains partagés

douceurs étranglées de ceux

qui honorent la nature sacrée

arbres ruisseaux plumes d'oiseaux

huttes ouvertes

Toi, ô femme sylphide

au visage d'eau pâle

écoute les voix du vent

aspire au silence des étoiles

suis la trace du vivant d'ambre et de lumière

là bas sur cette terre étrangère qui t'attend

 

 

 *****

 

 

Elle dit :

regarde tomber la pluie

habite chaque goutte

deviens

le cristal de cette eau que le ciel déverse sur toi

elle dit :

absorbe leur densité

coule toi dans leur bulle, love-toi et dors longtemps

tu deviendras ainsi

le clapotis sur les toits, le charrie dans le ruisseau

et portée par le vent tu goûteras aux arbres

tu seras plume d'oiseau grain de poussière feuille et fruit

tu fertiliseras l'air

et te disperseras en milliers d'étoiles chantantes

 

 

*Recueil en cours d'écriture...


 


Haut cœur de pierre  (extraits)**

 

 

 

Silence azuré puissant - hauts ciels d’automne au ras des plaines – charitables pierres précieuses (une herbe douce comme une courbe) - lesquelles, champs d’étoiles s’inclinent où l’on s’attarde dans la solitude des petites choses

 

Égrenant en chemin l’air avide des collines, son chant puissant - elle livre son combat au parfum des jacinthes – un jardin bordé d’épines – Ce pays vague où rien sauf les nuages – plats et, à perte de vues, aux champs sillonnés d’éoliennes aux ciels de silence – est un temps qui balance sa paume généreuse

jamais la peur n'y affleure, calme, souffle pur - rien de plus - tout un règne vraie nuit celle de la colombe

 

 

Loin du souvenir des heures et de l'attente ici et maintenant

Dans la violence des sentiments

J’expérimente une phase sauvage

voix unique contradiction suffocante

entre désir et liberté

Seule dans la clarté de l’azur sous le parfum des aubépines soudain

un oiseau s’élance

je souffle à ta bouche

ce poème

Je prends tes belles mains en silence

Loin du grand tout – de ce monde auquel j'appartiens

 

 

*****

 

 

 

Filles enlevées aux fleuves fougueux, laissez Hypérion bâtir son empire dans vos cœurs – aucun risque d'éteindre vos rires front à front luttez à l’assaut de vos sens haletantes malicieuses en étreintes vibrantes

Outre le ciel la mer tout est amour autour – folle échappée dans la sphère des jours – ni confins ni lieux — tout est là posé — comme un silence tendres espaces – à l'entour du chaud - du sec - pour toutes celles qui n’ont pas eu soif

Boire aux sources de l’ineffable – attendre dans le jour la marée montante - ouvrir nos yeux espiègles – colorer nos joues opalines réclamer de la soie de l'amour et des ailes

  • et sous les cerisiers en fleurs entendre les murmures des fées

 

*****


 

 

Cuisses blondes de chair pétales de colombe divisés en abîme   au centre, le mirage - explore le très haut amour   vivante unité des filles aux lèvres de fièvre   au regard de cendre   nouent leurs mains de hasard et fidèles - sur les pierres l’encens   seront toutes ensemble

Plus grande la source au jardin des supplices – nulle voix dans l’or du soir – d’où vient ce cri ? du vent sans doute, un grand vent de mystère main éprise au fourreau de la peur – ténébreuses larmes au carnage des âmes - le lit de Procuste

Cellule ô douleur   temps maudit au calme jardin de vos soifs – désapprenez le mensonge de pierre celui de vos semblables – avouez en quantité la vertu, le courage qu’il vous a fallus brandir –  grandir sans détour

Au détour justement, des silences la mer se soulève – une onde portée aux fraîches matinées d’octobre – chant des terres immobiles - feu des jours en ciel d’airain – vouées au seuil à la douceur des pentes à la croisée des voûtes – affairement d’étoiles poussière d’éternité

 


***D'autres poèmes de ce recueil ont été publiés dans des revues : Arpa, Décharge... ces textes sont des inédits


 

Pour citer ces poèmes


Marie-Josée Desvignes , « Une mystique irrésolue... » (extraits inédits des recueils Autre monde & Haut cœur de pierre), Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Jardins d'écritures au féminin », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°3|Été 2013 [En ligne], (dir.) Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er juin  2013.   

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-3-une-mystique-irresolue--117884593.html/Url.

 

Auteur(e)

Marie-Josée Desvignes , formatrice en ateliers d'écriture et professeur de lettres modernes, je voue une passion pour l'écriture et surtout la poésie depuis toujours. Mes premiers textes ont été publiés dans de nombreuses revues entre 2000 et 2003 (bourse d'encouragement du CNL en 2002). À la même époque j'ai publié un premier essai « La littérature à la portée des enfants » (L'Harmattan, 2001) dont le but de transmettre ma passion de la poésie au plus grand nombre. Depuis 2008, un essai « Un si beau métier... » (quelques pages in Actes de recherches en sciences sociales, un roman Jeu de dupes (EdKiro 2011), un roman jeunesse Chroniques du pays sans retour (à paraître Éd. Les Lucioles, 2013) et un recueil poétique Requiem (à paraître chez Cardère Éditeur) m'ont permis de reprendre les chemins de l'édition.  

 

Repost 0
Le Pan poétique des muses - dans n°3|Été 2013
1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:00

 

LPpdm a rencontré

Claude Menninger 

 

 

Tryptique2

©Crédit photo : Collection Jardins par Claude Menninger

 

 

 

 

Présentation
 

Claude Menninger est photographe documentariste à l’Inventaire, il est spécialisé dans la photographie d’architecture et de paysages urbains. Ses intérêts personnels le portent vers l’histoire de la photographie et les sujets qu'il photographie sont très divers, ils touchent tous les domaines de l’illustration, du paysage au portrait, en passant par le reportage.


Le photographe a participé à l’illustration d’une trentaine d’ouvrages dans le cadre de son travail et a réalisé de nombreux catalogues pour des peintres durant ses loisirs (Camille Claus, Daniel Schlier, Anne Giordan…) ainsi qu’un livre autour des œuvres de Sarkis installées dans la ville de Sélestat. Sur le plan personnel, il a présenté ses photographies dans de nombreuses expositions à Strasbourg, Altkirch ou Mulhouse. Avec l’Inventaire, il exposé à la BNF à Paris ainsi que dans des expositions itinérantes témoignant du patrimoine en Alsace.

 

 

Pour citer ce texte


LPpdm, « Claude Menninger », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Jardins d'écritures au féminin », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°3|Été 2013 [En ligne], (dir.) Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er juin2013.  

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-3-collection-jardins-par-claude-menninger-117852970.html/Url. http://0z.fr/aKNf7

 

 

 

L'équipe de la revue Le Pan poétique des muses remercie chaleureusement le photographe documentariste Claude Menninger d'avoir accepté d'illustrer ce numéro.


Repost 0
Le Pan poétique des muses - dans n°3|Été 2013
1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:00

 

Poème érotique sur les jardins...


 

Au jardin des délices   

          

  Sylvie Troxler 

 

 

 

  http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/ec/Amor_sacro_e_amor_profano_01.jpg

Crédit photo Amour sacré, Amour profane par Titien (1490-1576)

 

    
 

La peau, blanche, lisse, 

glisse sous la paume de la main caressante, 

qui descend, plume légère, 

de l’épaule large vers le bras musclé 

jusqu’au bout de chaque doigt. 

Il frissonne,

le flan tendu

comme un arc

dans l’attente du plaisir.

La main continue son chemin,

de la poitrine glabre

jusqu’au centre du ventre,

contourne le nombril,

tel un souffle tiède

vers le pubis doré,

de ce blond vénitien des Vierges du Caravage.

La verge frémit, guette l’index tendre

qui la fera jaillir,

se dresser, forte, conquérante.

Les doigts parcourent les bourses en demande,

s’arrêtent sur le point de vie, la kundalini,

pénètrent les lieux interdits,

malaxent les fesses dodues,

remontent lentement le long de la colonne

vers la nuque puissante.

Il se donne, s’abandonne, soupire, supplie, gémit.

La main se fraie un chemin dans la chevelure bouclée,

douce, prévenante,

effleure le front détendu,

la soie des paupières, la ligne du nez, les lèvres gourmandes,

puis parcourt la gorge offerte, en attente.

Il se cabre, il crie.

Christ en croix, à l’agonie.

La main attrape le stylet et le plante dans la veine qui bat,

le sang gicle,

un dernier soubresaut, c’est fini.

Le sperme coule sur les jambes inertes.

La main se pose sur le sexe qui gît

 

 

 

Pour citer ce poème

 

Sylvie Troxler, « Au jardin des délices », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Jardins d'écritures au féminin », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°3|Été 2013 [En ligne], (dir.) Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er juin  2013.  

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-3-au-jardin-des-delices--117752927.html/Url.

 

Auteur(e)

 

 

Sylvie Troxler, domiciliée à Strasbourg,  Orthophoniste. Auteure d’une soixantaine de nouvelles et de nombreux poèmes en français et en dialecte. 

Publications : Tony Troxler, Derrière le miroir en 2002, livre hommage à son père, poète, comédien, et auteur de pièces dialectales. À cette occasion, travail de traduction de nombreux poèmes du dialecte vers le français ; Tommy et Louise apprennent l’alsacien en 2003, méthode d’apprentissage de l’alsacien pour enfants. Création des saynètes et des comptines ; Nouvelles et poèmes dans la Revue Alsacienne de littérature entre 2002 et 2013.

Sylvie Troxler a reçu les prix de Conseil régional, d’excellence de la Poésie, d’honneur de la Nouvelle du Centre Culturel Européen d’Abbeville (en 2002) puis le prix de la Région pour l’ensemble de l’œuvre dialectale (en 2009).

 

Repost 0
Le Pan poétique des muses - dans n°3|Été 2013
1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:00

 

 


Invitations 

 

 

 

Nous sommes passionnéEs

 

 

pas vous ?!

 


 

La revue vous invite à goûter son univers...

 

 

 

5471190091_17610a555e.jpg

 

 

Voilà une rubrique qui semble ne relever que des affects. Et pourtant, la revue est consciente de sa volonté de partager son point de vue esthétique au public qui la lit. Il s'agit tout simplement de vous inviter à une lecture (du monde) partageant le sensible.

 C'est à vous de vous laisser séduire ou non par nos suggestions qui sont dignes d'être prises en compte.

 

 

 

 


 

 

  Invitation à Lire


 

 

 

Parution en poésie : Cahiers Lucie Delarue-Mardrus; « Les Débuts… », aux éditions de l'association Lucie Delarue-Mardrus, n°1, 2013

 

 

Notre avis

 

 

Excellent ouvrage !

 

    ******************

 


 

 Invitation à se passionner pour

 

 

 

 

 

Fabula, la recherche en littérature, est une mine d'or d'informations diverses et de revues de qualité. Ce média animé par des universitaires bénévoles est une association régie par la Loi 1901 (à but non lucratif).  Créé en 1999 par les chercheurs Alexandre Gefen et René Audet, le site Fabula articule les théories et l'histoire de la littérature, met à disposition des amateurs et chercheur(e)s (chercheuses) un ensemble de documents alliant la qualité universitaire et la clarté pédagogique nécessaires à la propagation des savoirs à grande échelle. Conçu par et pour le monde de la recherche, ce média indisponible est devenu un phare intellectuel du XXe siècle et un lieu d'une nouvelle sociabilité pertinente et des amitiés intellectuelles propices à la création et à la recherche. Le site est divisé en plusieurs territoires :

  1. Accueil

  2. Web littéraire

  3. Débats

  4. Parutions

  5. Appels et postes

  6. Agenda

  7. Acta Fabula (revue)

  8. LHT (revue)

  9. Atelier (expérimentations)

  10. Colloques en ligne

 

Visiter Fabula 

À suivre...

 

 

Pour citer ce billet


LPpdm, « Invitations », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Jardins d'écritures au féminin », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°3|Été 2013 [En ligne], (dir.) Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er juin 2013. 

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-3-invitations-117752918.html/Url.http://0z.fr/8INT3

 

 

Repost 0
Le Pan poétique des muses - dans n°3|Été 2013
1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:00

 

 

Poème


Supplique du souffle

 

Laurence breysse-Chanet 

 

 

jardin 5

©Crédit photo : Collection Jardins par Claude Menninger

2013



Supplique à la vie

courbe du dos le front s’appuie proche de la flamme

tout bruit doucement

le sang cherche le souffle

épaisseur des nœuds

les pensées se heurtent à la blancheur de l’os

une clarté peut-être

mais loin dans l’ombre du corps muet

 

La seule loi

        son battement inexplicable

 

Reviens vers lui

pose tes mains sur ses épaules

étends-toi

      territoire rouge

écarte tes mains

    la douleur se tait

dessine des nervures sur les plages de la voix

 

Pénètre le désarroi où s’égarent les mousses

 

Sur la colonne blanche un éclat

 

Les nœuds se défont et lancent des amarres

                 vers la mer lointaine

dont le sable est ton silence






Poids de la vie rassemblé dans tes mains

les veines des lys ont laissé du rouge sur ta peau

 

Crépuscule dans le lointain

 

Froissements soudain

   sur les yeux fermés

 

Les paupières appellent la nuit encore

pour qu’elle s’étende auprès de toi

 

Dans sa réponse ta voix entend les images du noir

Les résonances se rapprochent sur les feuilles

 

              nervures bleues dans le rouge qui se

                          [déchire

 

Le soir revient l’aube se plisse et gémit allongée sur la lumière du matin

demande son ombre encore

             le rouge monte toujours gagne le mur pris par la mousse

les genoux vacillent

le noir demeure

 

Lueur la peau le poids des lys rouges

                     ton visage

 

Souvenir calme sur la peau du matin

les feuilles vibrent dans l’épaisseur que tu respires

dans la sève l’eau rejoint la nuit

 

Tu sens la chair des lys leur silence écarte tes doigts et s’endort sur tes paumes

musique du sang le visage sous les paupières respire la nuit dans le matin

les mains touchent les genoux les veines sur la blancheur de l’os

elles emportent le masque de cendre

qui a creusé les paupières

 

Plus bas encore l’eau se glisse sur le feu éteint

le gris le bleu dans le silence écarlate

 

La chair des lys où dort le silence

























Parce que la brise avance doucement

      la mort sourit

et dit non.



        

































Les portes sont fermées,

            écoute la chanson.

 

Le sable est creusé,

il en contient le son.

 

             Les murs sont élevés,

             on y voit luire ton nom.



















Les mains cherchent toujours ton ombre

sur les écorces blanches de la mémoire.

 

 

Je déposerai ton nom sous les mousses,

   pour qu'il résonne dans la source du bois.

 

J’écoute ta présence sur le chemin des feuilles qui crissent sous ma peau.
























Courbe d’une flamme

 

I

 

Quand tu fermes les yeux,

         la mousse travaille sous le vent.

 

On entend les feuilles, les écorces craquent.

 

Les branches basses se rassemblent,

               leur ombre s’ouvre.

 

Elle entoure tes épaules qui prennent sa couleur.

 

Les feuilles, les branches, les yeux,

                              tes épaules

dans l’espace du vent.



II

 

       Aujourd’hui ton nom sur le corps du vent.

 

Il efface les traces qu’a laissées le sel,  

il appelle l’eau de la source ancienne

                   et traverse le sable

jusqu’à l’humus noir

        où les mains retrouvent le limon caché.

 

Miroir tes yeux sous mes paupières.

 

III

 

Sur la blessure violente de la vie

l’argile des jours dépose ton souvenir.

 

Roseaux dans le calme du matin.

 

 

 

 

 

Pour citer ce poème


Laurence Breysse-Chanet,  « Supplique du souffle », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Jardins d'écritures au féminin », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°3|Été 2013 [En ligne], (dir.) Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er juin  2013.

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-3-supplique-du-souffle-117752911.html/Url.

 

Auteur(e)


Laurence Breysse-Chanet

Ancienne élève de l’ENSJF, agrégée d’espagnol, membre du comité de rédaction de la revue Polyphonies (1989-1997), Maître de conférences HDR, Université Paris-Sorbonne, où elle dirige un séminaire de poésie (Espagne, Amérique latine).

 

Écrit sur la poésie contemporaine de langue espagnole, Espagne (Antonio Gamoneda), et Amérique latine.

Traductions :

Espagne : Amparo Amorós (José Corti, 1989, 1995), Jaime Siles (Presses de l’École normale supérieure, 1990), Blanca Andreu (Éditions de la Différence, 1992), Claudio Rodríguez (Éditions Arfuyen, 2008. Prix de Traduction Nelly Sachs 2010), Princesse Inca ((Éditions) La Contre Allée, 2013), outre de nombreuses publications dans Polyphonies et dans d’autres revues.

Amérique latine : Traductions de Luis Mizón (Chili), d’Emilio Adolfo Westphalen (Pérou), de José Lezama Lima (Cuba) en livres ou en revues (Europe).


A publié des poèmes en revues (Sigila, Voix d’encre, La Revue Alsacienne de Littérature).  

 

Repost 0
Le Pan poétique des muses - dans n°3|Été 2013
1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:00

 

 

Poème


Jardins sonores 

    


Dana Shishmanian

 

 

  jardin 2-72.2

©Crédit photo : Collection Jardins par Claude Menninger

 

 

 

 

Les cordes s’agitent furieuses sous un vent de tempête boréale

telles de longues tiges de plantes tropicales s’entrelaçant paniquées

sous le déluge d’un ciel inconnu

des cris des crissements des sifflements rugueux

des ponts de son métallique s’allongeant sans fin au-dessus des abîmes

des fissures étincelantes des battements âpres d’ailes gigantesques

d’oiseaux naissant des mers surmontées

une poussée du tartare

dont les gongs sonnent le glas à ce monde d’imposture

les bouches multicolores des grandes fleurs

cannibales, mastiquent tout vivant et dégoulinant de délice

éclosent leurs pétales meurtriers au-dessus des vallées dévastées

pour s’entre-dévorer ensuite jusqu’à la moelle

de leurs racines oubliées sous terre

des contrebasses s’élève une complainte comme d’un champs de bataille

promenant sa solitude de voix prêchant dans le désert

tel un chœur de pleureuses

alors que personne n’est plus là pour l’entendre

le pleur s’enfonce doucement dans le brouillard

d’un voyage sans destination sans voyageurs

le souvenir d’un animal préhistorique soulève son coudans un soupçon de grâce

en réinventant l’accolade de l’amour

alors que se préparent déjà

dans le compost de chairs et de végétaux écrasés malaxés pourris ensemble

la tourbe de l’avenir

le combustible des ères industrielles du futur

descendants ne refaites pas l’erreur

de penser que le temps d’antan

était un paradis

ou que le paradis

fut un jardin

 

 

Pour citer ce poème


Dana Shishmanian, « Jardins sonores », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Jardins d'écritures au féminin », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°3|Été 2013 [En ligne], (dir.) Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er juin  2013. 

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-3-jardins-sonores--117752907.html/Url.http://0z.fr/xbPPV

 

Auteur(e)

Dana Shishmanian a débuté sur le net dans Le Capital des Mots et publié aussi dans des revues  comme Arpa, Décharge, Comme en poésie, Esprits poétiques (Hélices), Les cahiers du sens 2010 (Le Nouvel Athanor), des anthologies comme Francopolis 2008-2009, Flammes vives (2010 et 2011), L’Athanor des poètes 1991-2011, des sites de poésie comme Patrimages, Le manoir des poètes, Textes et prétextes (Le chasseur abstrait), Poésie en liberté – Anthologie progressive, et dans la revue en ligne Francopolis, dont elle est devenue membre du comité de lecture en février 2012.

Elle a animé en 2010, avec l’écrivain mauricien Khal Torabully, la collecte de poèmes Poètes pour Haïti (parue chez L’Harmattan en janvier 2011, dans la collection Témoignage poétique). Une plaquette, représentant une sélection du volume inédit Exercices de résurrection, est parue en octobre 2008 dans la collection « Poètes Ensemble » d’Hélices. En décembre 2011 est paru chez L’Harmattan son recueil Mercredi entre deux peurs (collection Accent tonique).

Repost 0
Le Pan poétique des muses - dans n°3|Été 2013

Rechercher

À La Une

  • Lettre n°11
    Publication successive durant l'été 2017 Lettre n°11 Vive la poésie ! © Crédit photo : Cendrillon s'endort par Dina Sahyouni, une partie de la photographie de 2009 , collection privée. ISSN numérique : 2116-1046 Revue féministe, internationale & multilingue...
  • Grand prix de poésie de la ville d’Aix-en-Provence, Session 2017, Concours organisé par l’Association Artistique et Culturelle H O R I Z O N sous le haut patronage et avec la participation de la Ville d’Aix-en-Provence
    Annonce de concours Grand prix de poésie de la ville d’Aix-en-Provence, Session 2017, Concours organisé par l’Association Artistique et Culturelle H O R I Z O N sous le haut patronage et avec la participation de la Ville d’Aix-en-Provence Mesdames, Messieurs,...
  • Diana Morán : panaméenne, universitaire et poète de l'exil
    Premier colloque 2017 Rubrique : "Colloques en ligne" Diana Morán : panaméenne, universitaire et poète de l'exil Maggy de Coster Site personnel : www.maggydecoster.fr/ Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/ © Crédit photo : Photo de l'auteure...
  • Femmes ! & Les cris d'une rebelle
    Dossier 2 | Florilège de textes poétiques Poésie militante Femmes ! & Les cris d'une rebelle Mokhtar El Amraoui Femmes ! L'impossible ne peut être femmes ! Nous aurons toujours la taille de nos rêves ! Nous rejoindrons, de notre florale impatience, Dans...
  • Ouest Trans appelle à une mobilisation collective afin de garantir notre accès aux soins !
    S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes Ouest Trans appelle à une mobilisation collective afin de garantir notre accès aux soins ! L'association Ouest Trans © Crédit photo : Logo de l'association Ouest Trans En Bretagne, la CPAM 29 (Finistère)...
  • L’apport des femmes haïtiennes dans la peinture
    N°7 | Bémol artistique Avant-première, article L’apport des femmes haïtiennes dans la peinture Maggy de Coster Site personnel : www.maggydecoster.fr/ Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/ Forme d’expression traditionnelle en Haïti , la...
  • Nocturnes avec Chopin
    N°7 | S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes Avant-première, hommage Nocturnes avec Chopin Mustapha Saha Sociologue, poète, artiste-peintre © Crédit photo : Portrait de Jeanne Moreau par Mustapha Saha. Peinture sur toile. Dimensions 100 x 81...
  • Un été poétique malgré tout !
    Agenda | Newsletters Un été poétique malgré tout ! Le Pan Poétique des Muses (sigle LPpdm) Chères lectrices, chers lecteurs, L e Pan Poétique des Muses, première revue féministe plurilingue et pluridisciplinaire de poésie qui intègre les études des femmes...
  • Concours de « POETA »
    Annonce de concours poétique Concours de « POETA » Tatjana Debeljački © Crédit photo : Le visuel du concours à télécharger, fourni par l'auteure « POETA » ouvre un concours nommé « HAIKU » « Cœur serbe de Johannes » Le thème est défini en fonction du...
  • Rencontre
    Poème Rencontre Texte et illustration Huguette Bertrand Poème reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteure-éditrice Site personnel : http://www.espacepoetique.com/Espace/intime.html © Crédit photo : "Rencontre" par Huguette Bertrand Se saluer à...