22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 13:00

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Croyances, religions & mysticismes en poésie | Philosophies & Sagesses en poésie | N°8 | Dossier majeur | Penser la maladie & la vieillesse en poésie | Florilège de textes poétiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon corps et moi

 

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

Crédit photo : Jean Metzinger, "Femme au miroir", huile sur toile, 92.4 x 65.1 cm, collection privée, Wikimédia, choisie par l'auteure, domaine public​​​​​​. 

 

 

Moncorpsetmoi


 

mon corps et moi

sommes souvent de sortie

même si jamais

je n'en sors de ce corps

qui m'entraîne

dans un abîme 

de déshérence

 

 

quand nous sortons 

mon corps et moi

nous prenons toujours la tangente

car il pleut trop souvent

dans ce vide cosmique

où je bois le ciel

à petites gorgées

 

 

nous marchons en rêvant

mon corps et moi

sur ce fil invisible

où le temps se joue

autant de la vie

que de la mort

devant son miroir aux alouettes

 

 

nous savons mon corps et moi

que derrière les murs

de la raison ou de la déraison

des pensées se murmurent

mais nous préférons écouter le silence

plutôt que ces rumeurs qui sont l'œuvre

d'un monde en déliquescence

 

 

oui mon corps et moi

survivons dans cette nuit des temps

où la corde au cou des mots

nous tient tous deux dans ce texte

sans prétexte ni fondement

où le rien est devenu l'art

de disparaître avant d'être

 

 

 

© F. Urban-Menninger


 

 

***

 

 

Pour citer ce poème mystique

 

Françoise Urban-Menninger, « Mon corps et moi », poème philosophique inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021 & N°8 « Penser la maladie & la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 22 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/no8/fum-moncorpsetmoi

 

 

 

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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 09:41

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Pionnières en poésies féministes | Chroniques de Camillæ Critique & réception) | Revue culturelle des Amériques

 

 

 

 

 

 

Kathy Acker,

 

 

 

New York City in 1979

 

 

 

 

 

 

 

 

Camille Aubaude

 

Site & blog officiels :

www.lamaisondespages.com/

 

https://camilleaubaude.wordpress.com/

 

 

 

 

Crédit photo :  Kathy Acker, Capture de l'mage de Wikipedia (domaine public) par LPPDM. 

 

 

Kathy Acker, New York City in 1979. Penguin modern : 27, 1979.

global.penguinrandomhouse.com

 

 

L’activiste féministe et universitaire new yorkaise Kathy Acker constate en 1979 que « l’intense désir sexuel est la plus grande chose au monde. »

Or, de tous temps, on l’a réprimé. Les gens préfèrent une vie sans histoire. Et puis il y a l’art.

 

 

Le premier tableau de Kathy Acker est un dialogue de putes en prison la nuit. On sent le silence. Les putes parlent de leur homme. Elles attendent qu’il vienne les sortir du trou. Il y en a une qui saigne depuis deux jours, son toubib lui a parlé d’avortement. Elles savent qu’elles appartiennent à la rue et qu’elles sont de braves filles qui rapportent de l’argent. Des petites filles en train d’avorter, qui rêvent d’hôtel alors qu’elles sont en prison, puis qui veulent dormir, parce qu’elles vont retourner au travail. Dans la rue. Si elles ont de la chance. Si l’homme vient les sortir de là. L’homme qui les a mise dans la rue.

 

Est-ce la peine de lire tous ces textes regroupés sous le titre « New York City in 1979 » ? On devine que les rapports entre hommes et femmes vont soulever ces vastes questions sans réponse, saboter tous nos plans cognitifs, ces pièges faits pour nous rassurer, nous qui voulons du sens, de l’intention, des finalités.

 

 

 

© Crédit photo : Camille Aubaude, "Bords de Loire devant la Maison des Pages d’Amboise", avril 2021. image fournie par la chroniqueuse. 

 

 

Le texte suivant est sur les lesbiennes définies comme des femmes qui préfèrent leurs propres manières à celles des mâles.

Subtil…

L’abyssale obscurité engendre une jolie métaphore : les lesbiennes préfèrent les grandes aires circonvolvantes de la sensualité au but direct, suivi de poursuites afin d’obtenir encore plus, et toujours plus, l’orgasme utérin étant la plus grande jouissance au monde. Réprimée sans appel, ne pouvant se répéter, ni s’enraciner.

 

Les espaces de volutes soulèvent quoi ? Pas les fesses (écrire face), les culs, les Whats ‘up, l’Ascension, la Pentecôte, où l’on parle « en langues », mais l’enchanteresse confiance du rêve. Très exactement, cette sensualité lesbienne « mène à dépendre des illusions. Les mensonges et le silence sont plus réels que la vérité » — ce qui ne veut pas dire grand-chose. En revanche, être passionnément épris de quelqu’un et « dépendre d’illusions », c’est tisser sa langue, soi-même, se mettre à ressembler aux décors anamorphosés apparentés aux drogues.

Après, les questions deviennent sordides. Ces femmes qui trouvent la force de prendre un avion pour rejoindre un homme, et s’en émeuvent, quelle tristesse ! Alors tout est faux, « fake », personne n’écoute, les leurres sont éteints. Les indignations sont construites pour être dans l’air du temps. Ne reste que « l’horrible désastre » que la narratrice veut voir désespérément, telle une « nouvelle chose qui va arriver cette année ».

 

Pas de soucis, disent-ils. 

Alors suivent des exemples, dont on ne sait si l’extrême gravité va ressortir à des jeux de rôles malsains ou à la défense de la dignité de l’être humain.

"JANEY est une femme qui a blessé sexuellement  et a été tellement blessée sexuellement (plus américain, tu meurs…) qu’elle est maintenant frigide (idem). Elle ne veut plus voir son mari. Il n’y a plus rien entre eux…"

 

On saute.

On survole l’épisode du Mudd Club (boue), pour couples riches en limousine :

— Regarde la voiture.

— Jésus. C’est ces voitures de riches hippies.

— Allons la prendre.

— Il y a le chauffeur pas très loin.

— On va le kidnapper.

Etc. etc.

 

Une page blanche, et un vers qui prône les Majuscules :

 

Je Veux Tout Au-Dessus Pour Être Le Soleil.

 

Le texte au titre enivrant est au verso dudit vers : Intense Sexual Desire is the Greatest Thing in the World.

 

Ce n’est plus une question ouverte, mais une affirmation ouverte, qui n’annonce pas la fin.

Je languis, je cherche la flamme parmi les nuées ascensionnelles, et chute dans la première phrase : 

 

« Janey rêve de queues. Janey voit des queues à la place des objets.

Janey veut baiser.

C’est la façon dont le Sexe rend Janey folle… C’est pire que cela : Si Janey est rejetée sexuellement son corps devient malade. »

 

Tout cela ressemble à quelque chose qui ne craint pas de se définir comme « la nature de la réalité »…

 

Le vide délie le noir et le blanc des lettres. Ce féminisme intellectuel brille de larmes. Il s’isole et s’effondre en rivalisant. Qui s’est mis en premier à ergoter ? Quelques Françaises, puis ça part aux États-Unis, et ça revient, supposé né dans les marges, telle ma grande amie Françoise d’Eaubonne présentée en 2020 comme une « Amazone verte ». Il faut de la nouveauté pour nourrir le mouvement d’inversion de la croyance : la foi en la superficialité, et en la matérialité.

Vous aurez deviné la fin de ce conte NYC’s underground… : 

« Tout ce qui détruit les limites ». 

 

Johnny jouit dans Janey, referme la porte et ne la revoit plus jamais — Janey. Ça fabrique une « icône du culte littéraire »…! Une littérature avide qui devient insupportable. 

 

Artiste de valeur, Kathy Acker n’aura pas échappé à l’étreinte de ce monde désenchanté. Le monde qu’elle sert, sans pouvoir être suffisamment rebelle et impertinente, provoque des douleurs censées être à l’origine d’une mort précoce — cancer du sein. Elle a créé une œuvre guidée par la souffrance, ce qui ne peut rendre indifférent. La maladie n’est-elle pas l'aspect le plus insupportable d’un monde désacralisé ? Il coupe plus que jamais les ailes à celui qui critique son pouvoir. Il n’œuvre pas, ne serait-ce qu'au moyen de la Littérature, pour considérer le Grand Mystère de la Nature. 

 

 


 

© Crédit photo : Camille Aubaude, "Camillæ". Image fournie par la chroniqueuse. 

 

 

***

 

 

Pour citer cette chronique féministe 

 

Camille Aubaude, « Kathy Acker, New York City in 1979 », texte féministe et images inédites, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/II « Pionnières en poésies féministes », mis en ligne le 22 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/ca-kathyackernewyork

 

 

 

 

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 17:59

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésie des aïeux | Revue poépolitique 

 ​​

​​

 

 

 

 

 ​​

Le Droit des Femmes

 

 

 

 

 

 

 

Clovis Hugues

 

Texte choisi & transcrit

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Crédit photo : Peinture rococo de la déesse de la justice Dicé, Commons, domaine public. 

 

 

 

Le texte poéféministe présent ci-dessous a été composé par Clovis HUGUES, il provient de l'ouvrage de VIVIANI René, ROBERT Henri, MEURGÉ Albert, LHERMITTE G., TIXERANT, MMES VÉRONE Maria, PILLIET Edwards, MORIA Blanche, DU GAST Camille, NATHAN Henry, FALLOT-MATIEP, POMMAY Yvonne, Cinquante ans de féminisme 1870-1920, Édition de la Ligue Française pour le Droit des Femmes, 11, Rue Milton, Paris IX, 1921, pp. 85-88. Le livre appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica.

 

 

 

Ce poème a été composé par Clovis Hugues à l'occasion du Congrès du Droit des Femmes en 1889, et lu par l'auteur au banquet de clôture1.

 

 

 

Qui donc a dit au Peuple en marche,

Broyant les siècles sous son char,

Que le manteau du patriarche

Est le seul refuge d'Agar,

Qu'Adam triomphe encore d'Ève,

Qu'elle aura beau lutter sans trêve,

Liée à nos dogmes étroits,

Et que la nuit, roulant ses voiles,

Éteindrait là-haut les étoiles,

Si les femmes avaient des droits ?

 

 

Est-ce l'ombre ? Est-ce la Nature,

Avec le Soleil, son époux,

Avec ses grands bois où murmure

Le vent mystérieux et doux ?

Est-ce la Terre avec son âme

Qui vous a crié que la femme

N'est point votre égale ici-bas,

Et qu'aux heures du sacrifice,

Quand vous créez de la justice,

Son ombre n'est point dans vos pas ?

 

 

Ô tourbe éphémère des hommes !

Avons-nous pesé seulement

Le peu de cendres que nous sommes

Devant l'éternel firmament ?

Avons-nous songé que la fosse

S'emplit de notre gloire fausse

Dans la descente des linceuls ?

Avons-nous sondé nos abîmes,

Avant de chanter sur les cimes

Que nous avons des droits tout seuls ?

 

 

Avons-nous évoqué l'image

Des jours innocents et dorés,

Que nous dormions, au premier âge,

En deux bras doucement serrés ?

Avons-nous revu tout ensemble,

L'alcôve et le berceau qui tremble ;

L'asile auguste et triomphant,

Avant d'affirmer, ô chimère !

Que celle qui fut notre mère,

N'est pas égale à son enfant ?

 

 

Le Tambour bat, le canon gronde.

Plus de famille ! Adieu l'hymen !

Le sang va couler comme une onde,

Le sol sera rouge demain,

C'est la fête de la Patrie :

On conduit à la boucherie

Les soldats parqués en troupeau,

Les murs fauchés, les toits en flammes !

– Avez-vous conseillé les femmes,

Avant de lever le drapeau ?

 

 

Quoi ! tout s'évanouit tout passe !

Un monde naît et disparaît

Comme une clarté dans l'espace,

Comme un souffle dans la forêt !

Quoi ! tout s'écroule pêle-mêle !

Et la femme qui porte en elle

Le fruit des générations,

La femme, esclave de la Peine,

Traîne encore sa vieille chaîne

Au seuil des Révolutions ?

 

 

Toujours la même servitude,

Sous le même joug abhorré !

Le prêtre, avec un geste rude,

Lui ferme le parvis sacré ;

Et pour purifier le temple,

Pour donner aux foules l'exemple,

Pour dompter les démons jaloux,

Le lévite, mystique et pâle,

Brûle de l'encens sur la dalle

Où se sont ployés ses genoux.

 

 

Dérision ! Affront suprême !

Si l'homme n'a point consenti,

Son témoignage est un blasphème,

Son testament en a menti !

Le Code la proclame impure :

Quand elle offre sa signature,

On fait signer par les passants ;

Quand elle écrit, le juge efface,

Et le scribe infâme la chasse

Du chevet des agonisants.

 

 

Si quelque artiste de l'outrage,

Vil reptile au profit humain,

Accourt et lui jette au visage

Toutes les fanges du chemin,

Il ne faudra point qu'elle espère

Lapider l'horrible vipère

Avec les pierres de la Loi,

Tant que l'époux, l'âme brisée,

N'aura point dit à l'épousée :

« Je t'autorise, venge-toi ! »

 

 

Si la prostitution vile,

Fantôme affreux, spectre vivant,

La pousse aux pavés de la ville

Comme une honte qui se vend,

N'attendez pitié ni justice :

Elle appartient à la police

Aux mains de bronze, aux poings de fer !

Point de tribunal en simarre !

Un mot suffit et Saint-Lazare

La recevra dans son enfer !

 

 

Qu'elle sourie ou quelle pleure,

Vierge, mère, aïeule au front blanc,

Elle est l'éternelle mineure,

Elle ne règne qu'en tremblant :

Femme ! ô doux être sans défense !

Elle a moins de droit que l'enfance,

Un peu plus que le criminel ;

Et l'homme, hanté d'un mystère,

La dénonce encore à la Terre,

Quand les dieux l'ont chassé du Ciel !

 

 

Car ce qui pèse sur la femme,

Ce qui tient son doux front penché,

C'est l'antique légende infâme

D'Ève, d'Adam et du péché !

C'est Manou criant à Moïse

Que toute l'âme humaine est prise

Dans la femme et dans la douleur !

Et voilà que la grande Bible

La brise sous son texte horrible,

Comme le vent brise une fleur !

 

 

Mais l'astre du matin se lève !

Plus de chaînes ! voici le jour,

C'est l'action après le rêve !

Le devoir est né de l'amour.

La Justice, longtemps trompée,

Calme et s'appuyant sur l'Épée

Que rien n'a pu vaincre ou ployer,

Présente en un reflet de gloire

Toutes les Jeannes de l'histoire

À toutes celles du foyer.

 

 

Hypocrisie ! hypocrisie !

Ô muse, assez de lâcheté !

Tu ne sera plus, Poésie,

La menteuse de la beauté !

Quand tu lui diras qu'elle est douce

Comme une fleur des champs qui pousse

Dans le baiser d'or du soleil,

Tu n'auras plus cette folie

De la bercer pour qu'elle oublie

La sainte extase du réveil !

 

 

Lamartine, épris, d'un poème,

Pourra chanter comme autrefois;

Elvire sera belle, même

Quand elle aura conquis ses droits,

Et qu'importe qu'on lui rappelle

L'outrage qui planait sur elle,

L'essor inconstant de ses vœux,

Pourvu qu'elle soit Marianne,

Debout dans l'aube diaphane,

Avec des fleurs dans les cheveux !

 


 

Note

 

1. Le Droit des Femmes, 1er septembre 1889.

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème féministe & militant

 

Clovis Hugues, « Le Droit des Femmes », texte poéféministe et militant de HUGUES Clovis dans VIVIANI René, ROBERT Henri, MEURGÉ Albert, LHERMITTE G., TIXERANT, MMES VÉRONE Maria, PILLIET Edwards, MORIA Blanche, DU GAST Camille, NATHAN Henry, FALLOT-MATIEP, POMMAY Yvonne, Cinquante ans de féminisme : 1870-1920, (1921), a été choisi, & transcrit par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 21 mai 2021, Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/ch-droitdesfemmes

 

 

 

 

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 17:20

 

REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations poétiques

 ​​

​​

 

 

 ​​​​

 

 

L'odalisque

 

 

 

 

 

 

 

 

Amable Tastu

 

Poème choisi & transcrit

par Dina Sahyouni

 

 

 

Crédit photo : Pierre-Auguste Renoir, "Odalisque". 

 

 

 

Le poème ci-dessous composé par TASTU, Amable (1798-1885) provient de son ouvrage TASTU, Amable (1798-1885), Poésies complètes, Premières poésies, Poésies nouvelles, Chroniques de France de Mme Amable TASTU, nouvelle édition, Paris, Didier et Cie, Libraires-Éditeurs, 35, quai des augustins, MDCCCLVIII 1858, p. 53. Le livre appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica.

 

 

Imitation de Thomas Moore

There's a bower of roses by Bendeemer's stream

 

 

 

 

Aux bords du Bendemir est un berceau de roses

Que jusqu'au dernier jour on me verra chérir ;

Le chant du rossignol, dans ses fleurs demi-closes,

Charme les flots du Bendemir.

 

 

J'aimais à me bercer d'un songe fantastique ;

M'enivrant de parfums, de repos, d'avenir,

J'écoutais tour à tour l'oiseau mélancolique

Et les ondes du Bendemir.

 

 

Maintenant, loin des lieux où fleurit mon aurore,

Je dis : Voit-on encor la rose s'embellir,

Et le chantre des nuits soupire-t-il encore

Sur les rives du Bendemir ?

 

 

Non, le printemps n'est plus, la rose s'est flétrie,

Le triste rossignol de douleur va mourir,

Et je ne verrai plus couler dans ma patrie

Les flots d'azur du Bendemir.

 

 

Mais il nous reste au moins, quand la rose est passée.

Un parfum précieux que l'art sait obtenir,

Pareil au souvenir qui rend à ma pensée

Les bords riants du Bendemir.

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème

 

Amable Tastu, « L'odalisque », poème de TASTU, Poésies complètes, Premières poésies, Poésies nouvelles, Chroniques de France... (1858), a été choisi, & transcrit par Dina Sahyouni, Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 21 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/at-odalisque

 

 

 

 

 

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