25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 11:11

 

Publication successive

 

Lettre n°10

 

Nous fêtons dans cette Lettre

Le Printemps des Poètes au féminin

& le festival Megalesia 2017

jusqu'au 31 mars 2017  30 avril 2017

 

Crédit photo : Allegoria dell'Inclinazione 1615-1616 (Allégorie de l'Inclination) par Artemisia Gentileschi, huile sur toile (152 cm x 61cm), domaine public, image trouvée sur Wikipédia (it) :  https://it.wikipedia.org/wiki/Allegoria_dell'Inclinazione

 

ISSN numérique : 2116-1046

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

 

diffusée en version électronique (apériodique) et en version imprimée (4 numéros par an)

 

Le Pan poétique des muses ISSN Imprimé : 2492-0487

 

Logodupan

© www.pandesmuses.fr

Comité de rédaction : Khris Anthelme, Camille Aubaude, Cyril Bontron, Laure Delaunay, Eric Guillot, Mario Portillo Pérez, Dina Sahyouni, Nelly Taza & Françoise Urban-Menninger. Réalisation technique : Anna Perenna, Cyril Bontron. Contacts : contact@pandesmuses.fr & contact.revue@pandesmuses.fr

Rappel utile : comme vous le savez bien cher lectorat la revue LPpdm (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteur-e est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, il est le/la seul-e responsable du contenu de son texte, de son image, etc.

 

Vos poèmes, nouvelles, contes, pensées, fragments,

lettres, chroniques, traductions, articles,

illustrations, entretiens, vidéos, etc.

sont les bienvenus pour paraître dans cette Lettre

jusqu'au 31 mars 30 avril selon nos possibilités

pour fêter le Printemps des Poètes au féminin

Thèmes privilégiés pour ce numéro :

l'« Afrique », l'« amitié », l'« amour »,

la « prostitution » & les « muses » (pour le festival Megalesia)

 

Le Pan poétique des muses à Grenoble a suspendu ses publications

pour un certain temps suite à une panne informatique grave

(dès le 7 février 2017 puis en mars 2017)

dans son siège social à Grenoble

Nous ne serons donc pas en mesure de

répondre rapidement et facilement à vos messages.

Merci de votre compréhension !

La journée du 8 avril à Grenoble a été aussi reportée à une date ultérieure

pour plusieurs ennuis graves parmi lesquels cette panne

Le rédacteur parisien et partenaire Herbtaut nous remplace désormais

en ligne

Mercredi 19 avril 2017 :  "Le Pan poétique des muses à Grenoble reprend progressivement ses publications numériques et imprimées selon la disponibilité de sa rédaction. Les deux prix internationaux de l'Académie Claudine de Tencin (poésie et essai) seront annoncés et distribués en juin prochain par voie postale. Une manifestation poétique pourrait avoir lieu entre août et novembre 2017"

Mardi le 25 avril 2017 : "afin de remédier au retard accumulé dans notre agenda (à cause des ennuis informatiques évoqués ci-dessus), nous publions le sixième numéro en pages gratuites (accessibles en ligne au gré des jours) tout en procédant à sa publication en version imprimée payante (avant le 23 juin 2017). Un peu de patience s'il vous plaît, nous ferons tout pour honorer tous nos engagements éditoriaux dans les meilleurs délais."

Sommaire

 

LPpdm : Newsletter : invitation & précis de nos activités éditoriales de février-mars 2017

 

Bémols artistiques

Gordan ĆOSIĆ

  • Exposition Konak           [mise en page en cours]
  • Exposition érotique à la japonaise    [mise en page en cours]

...............

Poèmes, nouvelles, lettres, fragments, contes

 

Huguette BertrandOn aura tout vu !  | L’ancêtre

Nicolas Grenier : Mission Rosetta

Luc-André Rey : Extraits de Palimpsestes

Gérard Georges : Hier Demain Jamais (extrait)

Daouda Keita Le vieux Baobab et le vieux Chêne (extraits)

Vojka MilovanovicL’artiste & Le message

Maggy de Coster : L’Afrique notre berceau commun

Dina Sahyouni : Chair de mon esprit, Je ou le porté disparu  & Lettre à une passante

Poésie & musique

Nicole Coppey : Dis-moi... Te reverrai-je ? & Fleurs d'Amour

Marie Mazaudou (poèmes, musiques, interprétation et réalisation par) : Chanson d'amour & Vivre et laisser vivre

..................

Événements & manifestations avec des membres de notre équipe

1er colloque international & multilingue de la SIÉFÉGP sur "Les théoriciennes de la poésie"

Le 8 avril 2017, "Journée internationale des femmes poètes", l'Académie Claudine de Tencin distribuera à Grenoble son premier prix international de poésie : http://www.pandesmuses.fr/2016/08/tencin.html

...............

 

Notre choix de séries télévisées, films, d'émissions culturelles radio-phoniques et télévisées qui valorisent les femmes (disponibles en ligne)

..................

 

S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages

 

.............

 

Œuvres reçues par LPpdm et classées (certaines d'entre elles) dans

le Catalogue de la Bibliothèque Cybèle de la SIÉFÉGP

 

.............

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 11:09

 

Dossier majeur | Textes poétiques

 

 

Qu’est ce qu’elle a à me regarder

 

comme çà, la bourge ?

 

 

Sylvie Troxler

 

 

© Crédit photo (illustration à venir)

 

 

 

Qu’est ce qu’elle a à me regarder comme çà, la bourge ?


 

J’suis pas un chien tout de même !

D’accord, j’ai tout qui pend !

Des pis vides qui ballottent sur mon nombril, à la place des seins,

une panse pleine de plis qui retombe sur mes cuisses, à la place du ventre,

les cuisses comme des os entourés de gélatine, et les bras, quand je les écarte, comme des ailes de chauve- souris !

Eh oui, c’est moche, le corps d’une vieille, tout rabougri, tout desséché. Comme son cœur d’ailleurs.

À force de plus rien recevoir, plus un baiser, plus une caresse, plus un sourire – pourtant, on paye pas d’impôts sur les sourires, à ce que je sache ! – eh bien, on se durcit. On donne plus rien non plus. On râle, on se plaint, on crache.

Pour les médecins, on est des cas, pour les infirmières, des numéros, et pour tous ceux qui s’occupent de nous, des emmerdeurs.

Alors, on finit par ressembler à des branches calcinées et on devient méchant.

Depuis 3 jours, je suis nue sous ma blouse.

Pourtant, j’avais bien des habits quand le Samu m’a cherchée. J’étais même en chemise de nuit, en train de faire ma toilette dans la salle de bain. Je suis tombée, après, je sais plus.

En arrivant ici, on m’a mis une sorte de sac de coton bleu, ouvert derrière pour que j’ai les fesses à l’air. C’est plus pratique pour les couches !

Car maintenant, en plus, je me fais dessus ! Pas assez de personnel pour me lever quand je sonne ! Ça les arrange, sauf que ça pue. Et je me sens vraiment dégueulasse.

Déjà que j’ai plus de dents ! Ils ont perdu mon dentier. C’est pas grave, qu’ils disent, je mange que du mixé.

L’aide-soignante me gave, elle me parle comme à un bébé. Je comprends rien, pourtant elle crie. Elle vient de Belfort, alors….. ! Le français, c’est pas mon truc. En primaire, je me débrouillais plutôt bien, j’étais même la première.

Mais dans ma tête tout fout le camp. Et puis, je suis dans le cirage. Ils m’ont accroché une sonde à oxygène dans le nez, une perfusion dans le bras droit et une attelle à la main gauche.

Je me demande ce qu’ils me mettent dans la purée, c’est contre la douleur, je suis sonnée.


 

Ma voisine me toise de ses grands airs, tu crois qu’elle me dirait un mot ? Rien, même pas un bonjour le matin !


 

On devrait mettre les vieux avec les vieux à l’hôpital. C’est pas bon pour mon moral de voir une jeunesse.

Et pour elle, je suis qu’un cadavre ambulant. J’ai la mort qui sort de tous les trous. Ça me rappelle ces tableaux de la salle d’attente du Dr Knopf – ah, j’ai retrouvé son nom, c’est bon signe –, que de squelettes, même les fleurs elles avaient l’air d’être crucifiées. J’ai jamais su qui avait peint ça, il parait que ces horreurs se vendent des millions…


 

Parfois, je tourne la tête vers elle, juste pour l’observer. Elle a de ces seins, des vrais ballons, je suis sûre qu’ils sont refaits.


 

Les miens, on aurait dit des petites pommes bien rondes. Mon cousin Germain qui savait y faire avec les filles les prenait dans sa main pour les soupeser. Un jour, ma mère nous a surpris dans la grange. Elle l’a chassé avec sa faux, et moi, j’ai pris une de ces raclées ! « T’es qu’une catin, Emma » qu’elle a hurlé. Il se trouve qu’Émile l’a appris. P’t’être ma sœur Lili qui a cafté. Elle a toujours été jalouse. Elle le voulait le Germain. Il me trouvait plus jolie. J’étais la petite dernière, de dix enfants, six garçons, quatre filles.

Ni belle ni laide, mais j’avais un truc qui faisait rêver les garçons : une auréole de boucles blondes douces comme du coton, qui prenait le soleil aux premiers rayons.

Émile, il caressait ma tête en murmurant: « Bisch mi Sunnastrissel, Emmala ». (Tu es mon rayon de soleil, petite Emma.)

Émile et moi, on est nés le même jour, de la même année, dans le même village. Tous y voyaient un signe. Il fallait bien qu’on nous marie !

Mon nom, c’est Emma Baum, d’abord c’était Fritsch. Je suis née le 23 mai 1919, à Pfurstersheim. ca me fait dans les 89 ans, je crois, ou alors….99 ??? Oh, puis zut, vous avez qu’à compter.

Mon père Armand est mort de ses blessures de guerre. Trois balles dans la hanche, ça vous tue pas un homme, mais ça vous emporte petit à petit. Gangrène, amputation et puis le cœur qui finit par lâcher. À trente-huit ans, ma mère s’est retrouvée seule pour nous élever. Enfin, avec mes frères. Ils travaillaient tous. Y en a un qui s’est pendu. Au plafond de la salle à manger, avec sa cravate. Il avait vingt ans. Alfred. On n’a jamais su pourquoi. Ma sœur Lili est morte de la leucémie, à dix-sept ans, un si joli brin de fille. Hélène, ma gentille Hélène, de la tuberculose, l’année suivante.

Lucien est tombé à Tambov. Et Joseph est parti d’un cancer des poumons, il fumait ninas sur ninas, on lui avait pourtant dit de s’arrêter. C’était en mai 68, ça je m’ en souviens, qu’est ce que ça bardait à Paris ! J’aurais bien aimé monter sur les barricades et lancer des pavés sur les CRS en chantant l’Internationale ! « C’est la lutte finale, groupons nous et demain l’ Internationaaaale, sera le genre humain ! » Formidable, ma mémoire n’a pas flanché sur celle là !

Les autres, je sais plus. Y a plus que moi qui suis en vie.

Dans quinze jours, j’ai quatre-vingt-dix ans. Ou cent ?

Il y aura une fête à la maison de retraite. Le maire viendra m’apporter des fleurs et des rochers en chocolat. Ça fait trente ans qu’il est maire et trente ans qu’il m’apporte des fleurs et des rochers en chocolat. C’est comme en Iran, y a qu’un seul candidat et il obtient 99% des suffrages !

Je l’ai connu en culottes courtes, le Gérard. C’est le fils de la Gertrude. On sait pas trop d’où il vient. Elle était grosse quand elle a épousé le Georges. Il se pourrait bien qu’elle l’ait fait avec un boche. Moi, ça m’est bien égal ! Et ça n’a empêché personne de voter pour lui. C’est un bon maire. En trente ans, jamais un containeur ni un panneau sur mon trottoir. Ma rue en parfait état, le passage piéton refait quand il le faut. Poli, gentil, propre sur lui, de droite mais pas trop, juste ce qu’il faut pour obtenir les subventions et les visites de notre cher ministre, Jean Marie. Et puis, ils parlent tous alsacien à la mairie.

Gardez ça pour vous, c’est moi qui barrais son nom sur mon bulletin de vote. J’écrivais Georges Marchais par-dessus, même après la mort de Georges, parce que Gérard Mayer et Georges Marchais, ça fait GM ! Eh oui, je suis communiste, de père en fille, j’ai ça dans le sang. J’étais amoureuse de Manoukian. Quel courage, quel panache, quel physique !!! Oh la la, je m’emballe, voilà que je fais de la tachycardie !

Où j’en étais ? Ah oui, ma fête !

Cette fois-ci, ils m’ont demandé de réunir toute ma famille.

C’est qui ma famille ?

J’ai qu’une fille, Janine. Les autres, je les ai fait passer. Ma mère, elle m’engueulait : « J’en ai eu dix, tu veux faire comme moi ? Ça suffit bien, une fille! » À chaque grossesse, elle m’emmenait chez sa copine, Lina. Un coup d’aiguille à tricoter, et hop, on n’en parlait plus ! Sauf que la troisième fois, j’ai failli y rester. Remarque, après, j’ai plus jamais été enceinte.

Il préférait çà, Émile. Il me montait dessus quand il voulait, j’avais plus peur. Sauf que je sentais plus rien.

Émile, c’était un brave gars. Un bon boulanger, travailleur. Il me ramenait sa paye chaque semaine. Il gardait juste de quoi s’offrir un pichet de blanc au bistrot après le boulot.

Parfois, il marchait plus droit quand il rentrait. Ça me dérangeait pas, ces jours-là, il me foutait la paix.

 

Sauf les jours de pleine lune ! La lune lui montait à la tête, plus que le vin. Alors, il se mettait à gueuler et il hurlait, comme ma mère : « Emma, t’es qu’une catin ! » Un soir, il a voulu me frapper, j’ai pris le couteau de cuisine, et je le lui ai planté sur la gorge. « Si tu lèves encore une fois la main sur moi, je te saigne comme un cochon ! » Mon père était boucher, il savait que je plaisantais pas ! Il a jamais recommencé !

On a repris la maison de son oncle, une petite ferme à colombages, on vivait bien.

Lui, il bricolait, moi, je m’occupais du jardin, surtout des fleurs. Ma spécialité, c’étaient les géraniums. Chaque été, j’étais dans le journal : le premier prix des maisons fleuries de Pfurstersheim, c’était moi, Emma Baum !


 

Ma voisine se penche vers moi. Qu’est ce qu’elle me veut ? J’entends rien, ils ont oublié mes prothèses à la maison.

Le voyant rouge s’est allumé, voilà l’infirmière : « Alors Mme Baum, on arrache sa sonde ? Voyons, il faut être sage, vous avez l’air bien agitée. Et il parait que vous parlez toute seule ? »


 

Je savais bien qu’elle allait me dénoncer, je peux même plus me raconter mes souvenirs.

Ma fille, quand elle vient, elle parle pour moi. Évidemment sans dents, tout ce que je dis devient de la bouillie. Je la laisse divaguer, je fais juste oui ou non de la tête. De toute façon, elle comprend rien. On s’est jamais entendues, avec Janine. Elle est partie de la maison à seize ans. En Hollande ! Émile, il lui a pas pardonné. Elle est revenue deux ans après, avec un grand gaillard aux cheveux blonds, tatoué de partout, genre Vicking vous voyez, enceinte jusqu’aux yeux. Une fille qu’elle a eue. Céline. Ou … Catherine ?

Le père, il connaissait pas un mot de français, ni d’allemand, on aurait dit qu’il éructait quand il ouvrait la bouche. Il fumait des cigarettes bizarres qui empestaient toute la maison, on avait beau aérer, l’odeur de fumier restait accrochée aux rideaux ! Et il passait ses journées au lit, avec Janine ! Ils ont vécu chez nous pendant six mois, et puis Émile les a foutus à la porte. On a gardé la petite. Le Hollandais, il est rentré chez lui, « Gotverdamm », qu’il a dit, – ça je l’ai compris sans problème –. Janine, elle a trouvé un boulot à Strasbourg. Serveuse qu’elle était. Elle revenait le dimanche pour voir sa fille.

La petite, elle l’aimait bien son grand-père. Parfois, il l’emmenait à la boulangerie. Il lui montrait le fournil et lui offrait un petit pain au lait ou un Streussel. Elle revenait les joues en feu, et la tête pleine des légendes de lutins qu’il lui avait inventées.

Une belle blondinette, aux yeux bleus comme des myosotis, bien gentille, facile à élever.

Pas comme sa mère qui passait son temps à brailler.

Un soir, Émile il est pas rentré du bistrot. On me l’a ramené sur une civière. Crise cardiaque.

À cinquante-neuf ans, comme son père. Je lui avais dit d’aller voir un médecin, il s’essoufflait drôlement dans les escaliers. Même qu’une nuit, il s’est réveillé, le visage carrément violet. Mais il était têtu comme une mule : « C’est pas à mon âge que j’irai chez le toubib ! » qu’il répétait. Voilà où ça l’a mené ! À la tombe !

Ensuite, Janine elle s’est mise avec une espèce de maquereau. Valait mieux qu’il voit pas ça Émile ! La chemise ouverte sur un torse velu, des chaînes en or partout, et une voiture de sport. Une ??? Mazzerati, ça existe çà ? Vous croyez que ça gagne autant un patron de pizzeria ? Moi, je vous le dis, il était dans la mafia, le Paulo ! Il venait de Calabre, ce sont les pires, non ?

Janine, ses jupes devenaient de plus en plus courtes, ses cuisses de plus en plus grosses, et son rouge à lèvres de plus en plus dégoulinant. J’en ai eu assez de les voir chez moi, j’avais trop honte, vous comprenez, ça jasait dans le quartier.

Un dimanche, on s’est disputés, ils ont emmené la petite, et ils l’ont mise en nourrice, même la nuit. Au Neuhof, chez une Algérienne !! Vous vous rendez compte, ma pauvre Miggala : elle passait des géraniums, de la choucroute et du Jesus Gott aux cours des cités, au couscous et à l’Inchallah !

Je suis restée seule dans ma maison, à m’occuper de mes fleurs et à me rappeler du bon vieux temps.

Jusqu’au jour où j’ai commencé à perdre la tête. Je partais en course sans savoir pourquoi, je fermais plus le gaz, ni les robinets. Un soir, j’ai plus su rentrer chez moi. Je me suis perdue, c’est le boulanger qui m’a ramenée.

Janine, elle a eu peur que je fasse sauter la baraque. Alors, elle l’a vendue et ils m’ont mise dans une maison de retraite.


 

Ça s’appelle « la Joie de Vivre », quel programme ! Que des gâteux ou des timbrés.

En bas, c’est « la Maison bleue ».C’est peint en bleu, il parait que ça calme.

« C’est une maison bleue, adossée à la colline, on y vient à pied, lalalala, » c’était Maxime Le Bois qui chantait çà, vous vous souvenez ?

Ici, c’est le niveau des fous, « des démences séniles » comme ils disent pour faire plus chic. Là où on vous attache dans votre lit, où il y des barrières partout et où ça hurle nuit et jour.

Au premier, ça s’appelle « la Vie en Rose ». Celle-là, je vous la chante pas, tout le monde connaît. C’est d’Édith Moineau, non, euh Édith comment déjà ?

Ils ont mis du rose partout, parce que c’est bon pour le moral. Cause toujours !

C’est l’étage des gens comme moi, des « Anciens », – on n’a plus le droit de dire vieux, c’est une injure, comme nègre ou juif – ceux qui parlent encore, qui tiennent debout avec des béquilles ou qui savent manier leur fauteuil roulant.

Tiens, j’ai une idée pour l’animatrice : on pourrait jouer aux auto-box dans les couloirs, ça mettrait de l’ambiance !

Y a que des femmes, à part Charles, la coqueluche de ces dames. Elles se battraient pour être à sa table ou faire une partie de cartes avec lui. C’est vrai qu’il est plutôt beau garçon : soigné, bien mis, distingué, un vrai gentleman.

Je vous raconte pas la bousculade le jour de la fête de Noël ou du 14 juillet. Heureusement qu’il y a le directeur et les pompiers pour nous inviter à danser. Charles y laisserait son pace- maker et sa prothèse de hanche !

Moi, j’ai un faible pour notre jeune docteur. Je l’appelle Émile pour simplifier.

Il a un air à la Gabin, comme mon homme, un air canaille qui vous veut du bien, qui sait danser la java et vous conter des mots doux.

Le Dr. Émile, il me dit que je suis jolie, que j’ai l’air d’un ange, avec mon auréole de cheveux blancs. Pourtant, je les perds par poignées, je crois même que je deviens chauve. Elle a du mal à cacher les trous, Melle Brigitte. Ben oui, je me fais coiffer toutes les semaines. Et alors, ça vous dérange ? Un peu de respect, je vous en prie. C’est tout ce qui me reste de dignité !

Je sais : je suis vieille, laide et décatie. Mais pas encore assez pour passer au troisième.

Le troisième, c’est « la Verte Prairie ». Le vert, c’est la couleur de l’espoir. Faut y croire ! Moi, je l’appelle le purgatoire.

C’est l’étage des « grabataires », ou plus simplement, des légumes : ils parlent plus, ils râlent ou ils gémissent. Des tuyaux de partout, pour manger, pour respirer, pour pas avoir mal. Ils voudraient en finir mais ils peuvent pas se débrancher. C’est l’antichambre de la morgue, quoi.

Heureusement que j’en suis pas là ! J’espère bien mourir avant. D’un coup ! Le cœur qui lâche et c’est fini ! Comme Émile.

Quand je suis arrivée ici, je pleurais tout le temps. Je supportais pas de végéter dans une seule pièce où il ne me restait que la photo de mon mariage et ma commode en chêne. – J’ai fait croire à Paulo que c’était du sapin, sinon, il me l’aurait piquée aussi.


 

Le Dr. Émile, il m’a prescrit des anti-dépresseurs. « Il peut courir ! » que je me suis dit.

À chaque repas, j’ouvrais la gélule et je versais la poudre dans la terre du ficus à côté de ma table. Ben, ça lui a pas réussi. Au bout de huit jours, il a commencé à perdre ses feuilles, au bout de trois semaines, il avait l’air d’un squelette, – tiens, comme ces peintures chez le Dr. Knopf. Il a fini par crever.

Et moi, ça m’a bien fait rigoler. Ils trouvaient tous que j’allais mieux! C’est sûr, je me suis bien marrée à planquer le petit comprimé tous les midi. Et encore plus de voir l’effet que ça faisait au ficus! Heureusement que j’avais mieux comme engrais pour mes géraniums! Du jus de betterave que je leur donnais, c’est peut-être ça que je devrais prendre?


 

Où est ce que j’en étais ? Ma voisine, elle commence à m’énerver, on dirait qu’elle m’écoute maintenant ! En plus, je crois qu’elle prend des notes. Qu’est ce que j ai bien pu révéler ?

J’ ai pas parlé d’ Émilie au moins ?


 

Car Émilie, j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux. C’est Céline, ou … Catherine ? qui a voulu lui donner mon prénom. Elle trouve qu’elle me ressemble. Un petit mouton blond, aux yeux bleus comme des améthystes, aux joues rondes et rouges comme les pommes de mon verger, toujours à sourire et à gazouiller.

Elle porte des couches et elle n’a aucune dent, comme moi, quoi!

Émilie, j’ai envie de l’aimer, de la câliner, de lui donner, de lui apprendre. Plus qu’à Janine, plus qu’à Céline. C’est mon bonheur, mon trésor, ma chérie, mon amour, ma Joie de Vivre à moi.

Elle me le rend bien vous savez.

Quand je la prends dans mes bras, elle se pelotonne contre moi, et je sens son petit cœur qui bat, fragile et chaud comme celui des poussins que j’attrapais autrefois dans le poulailler. Lorsqu’elle prend mon visage entre ses mains, me tapote les joues et me fait de gros bisous, ma hargne se fond en tendresse, mon corps souffrant se dénoue comme une liane, mon âme aigrie prend la douceur d’un sucre d’orge, et mes sombres regrets se noient dans la lumière de l’avenir d’Émilie.

Pour elle, je serai la plus belle des Mamies.

La fête doit être réussie.

Dès que je serai remise, je prendrai rendez-vous avec Melle Brigitte, je lui demanderai une permanente spéciale, un rinçage argenté, et même un maquillage de star.

Je porterai mon tailleur rouge de chez Rodier, avec un chemisier blanc. Et je m’achèterai un nouveau foulard de soie.

Émilie posera sur mes genoux. À ma droite, Céline, avec le père de la petite, un gentil garçon, aimable avec moi et fou de sa fille, à ma gauche, Janine. Derrière nous, Gérard le Maire, le Dr. Émile, Charles.

 

Et vous, ma chère voisine, qui racontez si bien ma vie, vous y serez j espère ?

 

***

Pour citer ce récit 

 

Sylvie Troxler, « Qu’est ce qu’elle a à me regarder comme çà, la bourge ? », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 25 avril 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017regarder.html

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 10:28

 

Dossier majeur | Textes poétiques

 

 

Vieilles dames vénitiennes

 

 

Chantal Robillard

 

Ce texte est reproduit avec l'aimable autorisation

de l'auteure de son blog officiel Venise, poèmes de voyage

 

 

 

 

© Crédit photo : (illustration à venir)

 

 



 

Mon hôtesse m’annonce :

« je pars au marché » ;

met toque et manteau fourrés,


 

Sort chariot à roulettes.

Je la retrouve,

Digne, avançant dans l’allée


 

Du vaporetto « uno »,

Derrière d’autres

Dames - clones qui marchent,


 

Puis escaladent le quai.

J’ai

tout

vu,

je

sais !

Seules les plus malades,






 

Qui flageolent sur leurs pieds,

Être aidées daignent,

Sous le regard des autres.


 

La mienne avance bien droit,

Comme si manteau

Et toque masquaient l’âge.


 

Car tant qu’elle aura vingt ans,

Dessous la coiffe,

Ne réclamera jamais.*



 

© Chantal Robillard

 

 

* Le poème est composé de haïkus (par 7-5-7) et fait partie du manuscrit intitulé « Cœurs de femmes, femmes de cœur »

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Chantal Robillard, « Vieilles dames vénitiennes », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 25 avril 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/vieillesdames.html

 

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 15:58

 

Femmes, poésie & peinture

Avant-première

 

 

Femmes inspiratrices des grands peintres

 

mais peintres par-dessus tout

 

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

Photo de Maggy De Coster.

Crédit photo : La Paix ramenant l'Abondance, Elisabeth Vigée Le Brun

L’Exposition du 23 Septembre 2015 - 11 Janvier 2016, Grand Palais, Galeries nationales

© Photographie par Maggy de Coster

 

 

Madones ou symboles sexuels, reines ou courtisanes, odalisques ou pucelles, Femmes fatales ou femmes sans envergures, elles ont toutes pris forme sous les pinceaux habiles des grands peintres. Déjà Giotto di Bondone (1304-1306) annonça la couleur avec une fresque représentant une femme. Botticelli nous donne à voir La Naissance de Vénus, Fra Angelico, Michel Ange, des Vierges à L’Enfant, Leonard de Vinci Mona Lisa, Courbet représente L’origine du Monde par la très suggestive peinture de anatomie féminine, donc  les femmes, qu’elles soient imaginaires ou réelles, elles ont toujours inspiré les peintres.

 

 

Qu’en est-il des femmes peintres ?

 

 

Depuis l'Antiquité, elles s’adonnaient à la peinture mais pendant longtemps, elle restèrent confinées dans un rôle secondaire en n’existant que par rapport à leurs maris. Le 31 mai 1783, Elisabeth Vigée Le Brun est reçue à l'Académie royale de peinture et de sculpture avec un tableau allégorique intitulé La Paix ramenant l'Abondance. Ce fut pour elle une victoire bien méritée car mariée au collectionneur et marchand d'art Jean-Baptiste Pierre Le Brun, elle fit face à l'opposition de Jean-Baptiste Pierre Marie qui jugea que cette promotion était incompatible avec son statut de femme de. Notons qu'à l'époque la femme n'avait pas de statut social propre.

 

Plus près de nous, Sonia Delaunay fut d’abord considérée d’abord comme  l’épouse Robert Delaunay, de Suzanne Valadon comme la mère d’Utrillo. Il eut fallu  attendre le XXème siècle pour que fût brisé le carcan dans lequel étaient enfermées les femmes peintres en raison de leur sexe. Entre 1897-1900, elles s’affirmèrent en poussant les portes de l’Académie des beaux-arts dont l’entrée leur était interdite en France. Berthe Morisot de s’inscrire dans lignée des impressionnistes en marquant son originalité : un véritable défi artistique, Frida Kalho  s’émancipa de Diego Rivera qui d’ailleurs, la révéla.

Marie Laurencin, elle s’est complètement émancipée en tant que femme et peintre en faisant dans la transgression des gens artistiques et des mœurs de son époque. Muse d’Apollinaire, amie de Picasso, elle excella dans le fauvisme et le cubisme.

 

Marie Lurencin fut également poète et c’est avec plaisir que nous citons dans ce texte un de ses poèmes :

 

Si tu veux je te donnerai

Mon matin, mon matin gai

Avec tous mes clairs cheveux

Que tu aimes ;

Mes yeux verts

Et dorés

Si tu veux,

Je te donnerai tout le bruit

Qui se fait

Quand le matin s'éveille

Au soleil

Et l'eau qui coule

Dans la fontaine

Tout auprès !

Et puis encor le soir qui viendra vite

Le soir de mon âme triste

À pleurer

Et mes mains toutes petites

Avec mon cœur qu'il faudra près du tien

Garder.

 

Donc, en suivant le cours de l’histoire de la peinture on s’est rendu compte que les femmes ont dû se battre inlassablement pour trouver leur place.
 

***

Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster, «  Femmes inspiratrices des grands peintres mais peintres par-dessus tout », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture »/Lettre n°10, mis en ligne le 24 avril 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/femmes-peintres.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 15:31

 

Dossier majeur | Introduction du n°6

 

 

Penser la maladie et la vieillesse en poésie

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

© Crédit photo : (illustration à venir)

 

 

À l'heure où s'achève à Strasbourg la septième édition du Forum Européen de Bioéthique et où d'éminents scientifiques ont abordé la thématique du « transhumanisme », voire celle de « l'homme augmenté », la question de la maladie et de la vieillesse renvoie à celle de la conscience humaine sur laquelle chacun a encore prise mais pour combien de temps ?

Dans une société où il ne suffit plus de « réparer » l'homme car celui-ci n'a de cesse de poursuivre sa quête d'immortalité, le concept même de mortalité finit par disparaître… Or paradoxalement, n'est-ce pas la perspective de notre finitude qui nous aide à mieux vivre et à apprécier l'état présent ? « Carpe Diem », nous conseillait judicieusement le poète Horace !

 

Alors cueillons dans ce numéro six, les fruits et les fleurs que nous livrent les études, les poèmes, les réflexions dédiés à ce thème essentiel qui signe notre appartenance à l'humain.
 

Jihane Tbini nous y invite avec son étude autour de la figure de Michel Tournier qui dénonçait « la fuite assez lâche de l'homme occidental devant les marques qui s'inscrivent malgré lui dans sa chair au fur et à mesure de la vie »… Mais que penserait-il aujourd'hui de ces maisons de retraite chinoises qui offrent des « récompenses » aux enfants et petits-enfants afin de les inciter à rendre visite à leurs vieux parents ? Que dirait-il de ces résidences appelées « Sun cities » destinées aux riches californiens photographiés par Peter Ganser qui nous fait découvrir un monde pathétique où le jeunisme à tout prix frôle le ridicule, où la présence des enfants est interdite ?


 

Avec Giovanni Bellati, on découvre « une vestale de la poésie », Giovanna Bemporad qui a voué sa vie entière à la poésie ! Alexandre Massipe consacre une étude au poète Éluard qui, par le biais de l'écriture, a pu survivre à la mort de la femme aimée. Quant à Mathieu Perrot, il nous fait voyager en compagnie d'Henri Michaux en nous invitant à appréhender le paradoxe que nous connaissons tous, à savoir qu'en vieillissant, nous recherchons notre jeunesse. Le philosophe Gaston Bachelard n'affirmait pas autre chose en déclarant que dans la deuxième moitié de sa vie, chaque homme retournait sur les pas de son enfance !


 

Toutes ces contradictions, nous les retrouvons chez Noëlle Châtelet, Colette Fellous, Simone de Beauvoir mais aussi chez les poètes qui ont bien voulu nous confier leurs textes.

Sylvie Troxler nous convie avec « La vieille » à pratiquer l' art de l'autodérision, Pascale Lemler nous livre avec ses poèmes une vision apaisée de la vie et de la mort qui confinent dans un continuum tandis que Dana Shismanian, Daniel Aranjo, Jean-Claude Paillet, Chantal Robillard ou Joan Ott nous offrent des partitions toutes personnelles…


 

Chacun(e) pourra se reconnaître dans le miroir parfois grossissant de l'un ou l'autre texte, mais n'oublions pas que nous avons en nous « tous les âges de la vie » et qu'il nous incombe de préparer notre fin de vie, d'apprivoiser notre mort à l'instar de Montaigne afin que la sérénité nous guide dans nos choix quels qu'ils soient. Pensons au beau livre « La dernière leçon » dans lequel Noëlle Châtelet évoque la mort choisie de sa mère, méditons la phrase de George Sand « On a tort de croire que la vieillesse est une pente de décroissement, c'est le contraire »…


 

Pensons à la fête des morts telle qu'elle est célébrée au Mexique, c'est une manifestation conviviale et joyeuse où les vivants et les morts se retrouvent sur les tombes couvertes d'offrandes, de fleurs, de nourriture, de petites têtes de mort en sucre…

 

Ne doutons jamais que la mort fait partie intégrante de la vie ! Puisse ce numéro nous donner des réponses, des idées de lecture afin d'approfondir notre propre réflexion quant à cette fuite du temps et à son échéance inéluctable.

 

***

Pour citer ce texte

 

Françoise Urban-Menninger, « Introduction | Penser la maladie et la vieillesse en poésie », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 24 avril 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/vieillesse.html

 

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(lien à venir...)

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Le Pan poétique des muses - dans Numéros
21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 15:48

 

Dossier majeur | Femmes, poésie & peinture

Avant-première

 

 

 

La Place des femmes

 

 

dans la peinture de Camille Pissarro

 

 

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

Crédit photo : affiche de l'exposition

 

 

 

La peinture de Pissarro est le reflet de son quotidien. Les femmes y occupent une place importante. Français, né à saint Thomas, une île des Antilles danoises, Camille Pissarro, a mis en scène des femmes insulaires de couleur dans « Deux Femmes causant au bord de la mer », (1856). Donc, aucune nuance épidermique ne lui échappe. Il semble être fasciné par les femmes de toutes origines et de toutes les classes sociales, aussi les campe-t-il dans différentes postures. C’est un fin observateur qui capte les femmes dans leurs faits et gestes au quotidien. Il semble ne pas opérer de sélection mais immortaliser au gré de ses pinceaux les instants magiques qui s’offrent à lui. [La] « Paysanne poussant une brouette », (Pontoise, 1874), trouve grâce sous son pinceau habile tout autant que la femme qui, l’échine courbée, s’adonne à « La Moisson », (1882).

 

Dans « La Promenade à âne à La Roche-Guyon », (1865), c’est la campagnarde qui fait monter à dos d’âne ses enfants pour une balade de santé en pleine nature. Une nature accueillante où l’on goûte aux plaisirs simples de la vie.

« La conversation », (1881), c’est la convivialité entre deux femmes en tenues simples dans un milieu naturel où rien ne saurait les déranger. Il peint des femmes empreintes de sérénité et cultivant la joie simple. Son but est de faire partager à ses semblables les émotions les plus profondes et les plus vraies.

Cela se comprend d’autant que Julie Vellay, la femme avec laquelle il eut huit enfants, et qui devint son épouse, fut la domestique de ses parents. Anarchiste dans l’âme, libre-penseur, il vivait en harmonie avec ses pensées.

 

Il jette une voile pudique sur les femmes qu’il peint et pour cause il ne dévoile pas les femmes dans leur intimité, aussi nous présente-t-il une « Femme nue de dos dans un intérieur », (1895), donc chez lui, la femme n’est jamais objet mais plutôt sujet. Cette femme est une femme qui est dans un milieu clos, un espace privé, donc inviolable. La plupart du temps, « ses » sont longuement vêtues ou en tenue de travail. Ce sont des femmes responsables comme dans « Le Jardin à Pontoise », (1877), où l’on voit une femme à l’ombrelle, assise sur un banc, faisant face à une petite fille, jouant d’un instrument, dirait-on une flûte, c’est sans doute la mère de famille qui emmène son enfant profiter de l’air pur d’un espace vert.

Peintre de la vie urbaine, il n’en demeure pas moins que le père de l’impressionnisme se laisse séduire par les décors des milieux naturels. Aussi se passionne-t-il pour les scènes de la vie pastorale et champêtre dans un registre bien différent de celui de Fragonard, de Watteau ou de Boucher.

 

Dans les champs, la gent féminine est toujours présente aux côtés des hommes, elle est une âme généreuse qui participe activement à la récolte et qui donne toujours de sa personne elle est loin d’être un élément du décor ou une femme de scène galante. Elle est l’égale des hommes du point de vue l'aboral comme dans « La Récolte », (Pontoise, 1880).

Dans « Bergère rentrant des moutons », (1886), c’est une scène réaliste de la vie pastorale que le peintre nous donne à voir avec une femme comme actrice, donc il s’agit là d’une femme active, maîtresse de son destin.

De ce fait, on peut dire que les femmes dans la peinture de Camille Pissarro sont valorisées car elles sont présentées sous leurs meilleurs jours : elles constituent une force de travail.

 

 

NDLR : Il se tient actuellement une exposition intitulée « Pissarro, le premier des impressionnistes » au Musée Marmottan Monet, Paris 16ème, jusqu’au 2 juillet 2017.

Voir aussi : http://www.offi.fr/expositions-musees/marmottan-monet-2747/camille-pissarro-le-premier-des-impressionnistes-63645.html & http://www.marmottan.fr/fr/CAMILLE_PISSARRO_%22LE_PREMIER_DES_IMPRESSIONNISTES%22-expositions-10460-2576

 

***

Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster, « La Place des femmes dans la peinture de Camille Pissarro », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture »/Lettre n°10, mis en ligne le 21 avril 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/femmeschezpissarro.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 14:11

 

Annonce de parution / revue des éditrices

 

 

Haiku za Tatjanu Debeljački 2017 /

 

Haiku for Tatjana Debeljački 2017

 

 

 

Tatjana Debeljački

 

 

© Crédit photo : couverture illustrée du recueil fournie par l'auteure

 

 

 

 

Poeta konkurs / Poeta contest

Haiku za Tatjanu Debeljački /

Haiku for Tatjana Debeljački 2017

 

Izdavač / Publisher : Poeta

Kritika / critics

Peko Laličić

Žiri u sastavu / The jury consisted of

 

Radomir Rašo Jagodić

Božidara Škobića

Tatjana Debeljački

 

Ilustracije / Artwork : Gordan Ćosić

Prevod na engleski  i srpski / English and serbian translation :

Svetlana Gavrilović

Grafička priprema / Prepress : Čedomir Cicović

                                                                    

POWERFUL CONCEPT OF BEAUTY

 

The man is a miracle. And as such he becomes a puzzle to himself and others, and much more to himself than to others because the most difficult thing to do is to learn about oneself, especially one's creative-self. And those who manage to discover their preferences early and who are lucky enough to find creativity in themselves and discover what beautyis  and what can be given to others, without doing anything to their own detriment, they rise, enrich and enlighten themselves and see further and more clearly. They develop the need to share their understanding of man, his life, nature and the world in general with others, and to do it in a blink, the flash of their mind and spirit: in a Zen-like fashion, briefly, clearly, and powerfully so that everyone is impressed and intrigued to start looking for themselves in the unsaid. It is well known that this is most efficiently achieved through haiku poetry, the kind that is used by Tatjana Debeljački in order to express herself and say what lies in her heart and soul, and revive images of nature and man's inner life with her readers and speak about what others like her speak about in their own poetry.

 

Hence the international competition "Haiku for Tatjana Debeljački 'of the Poeta Association of Writers from Belgrade. Hence the great interest of haiku poets from all over the world to support her as one of the haiku '' lighthouses '' who skillfully handles the most famous type of Japanese poetry shaped under the influence of Zen.

That is why there are so many poetic blinks in her honour, and many tremors of light which recreate the images of all who have been seeking magical beauty of poetic expression and enlivening the world and the beauty of life all over again. And all this is done with the maximum directness and strong and deep emotions about the already known, which imposes the need to (not underestimating the award-winning haigu authors) point out, at least, the winning haiku by Veljko Gajdašević and Predrag Pera Ćiković from Serbia and Ljiljana Dobra from Croatia.

 

shining in the dark

severed from a string of pearls

a pearl bead

 

this autumn

a yellow leaf awaits a friend

on the doorstep

 

when fireflies soar

from your eyes into the night

the moon is envious

 

and a haigu by Tatjana Debeljački :

 

drunk love

bare feet

travelling moon

 

"Haiku for Tatjana Debeljački" is a lyrical book which will be cherished by connoisseurs of this kind of poetry because it is written to offer a direct expression of poetic experience and because it it has a real poetic value and gives a strong perception of beauty.

                             

Peko Laličić

Kritika / critics

 

 

***

Pour citer ce texte

 

Tatjana Debeljački, « Haiku za Tatjanu Debeljački 2017 / Haiku for Tatjana Debeljački 2017 », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 21 avril 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/haiku-debeljacki.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 10:15

 

Femmes, poésie & musique

 

 

Pour la Journée Internationale de la Femme

 

 

Brève chronique sur "Adèle" de Patricia Kaas

 

Dina Sahyouni

 

 

 

La chanson « Adèle » interprétée par Patricia Kaas s'adresse à toutes les femmes parce qu'elle éclaire la condition féminine dans la société contemporaine et au sein de la cellule familiale en mettant surtout l'accent sur l'importance de la solidarité entre les femmes en tant que consœurs vouées à s’entraider en transmettant de génération en génération leurs savoirs sur « Ce que c'est être femme » et « Ce que réserve la société à l'être féminin ».

La chanson traite de la difficulté de la vie amoureuse et sociale des femmes de nos jours. Cette difficulté relève souvent d'un héritage commun aux femmes et s'exprime dans un combat quotidien pour demeurer à la fois libre, forte, épanouie et amoureuse.

Faire face aux obstacles tout au long de sa vie est en effet le propre de l'être assigné "femme" dans un monde hostile à la liberté et à la parité réelles entre les sexes. La chanson valorise ainsi la nécessité de la transmission des savoirs féminins sur soi-même et sur le monde dans une démarche constructiviste et féministe entre les femmes dans par exemple les couplets suivants :

 

Allons marcher Adèle

Je te dirai ce que les femmes

Vivent depuis que je suis môme

Vivent depuis que je suis dame

 

 

Allons marcher ma belle

Je te donnerai quelques clefs

J'essaierai d'être bien précise

Oh comme j'ai pu te ressembler

 

 

Le vécu d'une femme est souvent similaire à ses semblables. Il appartient au matrimoine. Ce matrimoine propre aux femmes est celui de l'humanité déchirée par sa vision de la différence comme infériorité et non pas un écart. Ce matrimoine minoritaire est également en partie l'expression de la place des femmes dans la société à travers les siècles.

La poésie lyrique de la chanson d'« Adèle », telle celle de « Madame tout le monde », révèle au grand jour la conscience engagée et féministe de l'artiste Patricia Kaas. Son choix de célébrer les femmes et leurs droits acquis ne peut que faire avancer la cause féminine en France et ailleurs dans le monde par le biais des modèles féminins très variés qu'elle chante et qui mettent en œuvre quotidiennement leurs modes de pratiques de soi (cf. Michel Foucault) en tant qu'êtres libres et singuliers :

 

Isolante, insoumise, attachante libérée

Dilettante, bienfaisante, piquante et maquillée

Iconique, discrète, courageuse ambulante

Hypnotique, amoureuse, célibataire et battante

Déchaîne, solide maman ou putain

Généreuse, sylphide, du soir et du matin

 

À l'instar de l'artiste Patricia Kaas, ce billet célèbre donc les femmes et leurs manières d'être libres et épanouies.

***

Pour citer ce texte

 

Dina Sahyouni, « Brève chronique sur "Adèle" de Patricia Kaas », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 21 avril 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/adeledepatriciakaas.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 10:50

 

Femmes, poésie & peinture

Avant-première

 

Pour la Journée Internationale de la Femme

 

 

Frida Kahlo

 

 

ou la sublimation de la douleur par l’art pictural

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

Frida KAHLO est née à Coyoacán au Mexique le 6 juillet 1907, elle fut encouragée dans sa recherche esthétique par son mentor, le peintre muraliste Diego Rivera qui deviendra son mari pendant les vingt-cinq dernières années. Frida Kahlo nourrissait le vœu de se faire médecin mais un accident qui la cloua au lit l’orienta vers la peinture. Un miroir fixé sur son lit à baldaquin lui renvoya son image comme un alter ego qu’elle dupliquait.

 

 

Sa peinture est quelque sorte une mise en scène de sa vie, vallée de joie et de souffrances enchevêtrées. Artiste adulée, elle vivait toujours entourée de ses amis peintres qui la maintenaient dans une ambiance culturelle et intellectuelle soutenue, elle se nourrissait également de lectures de poèmes, ce qui l’aidait plus que jamais à surmonter les atroces douleurs physiques auxquelles elle était en proie tout au long des son existence, ayant subi sept interventions chirurgicales aux membres inférieurs et à la colonne vertébrale. En dépit de tout, elle resta égale à elle-même jusqu’au soir de sa vie car même alitée, elle peignait sans répit pour triompher de la maladie. Elle avait une morale à toute épreuve même si l’envie de mettre fin à sa vie lui frôla l’esprit par moments. Heureusement que son Diego bien-aimé, quoique volage à souhait, avait été toujours là pour elle, qu’il surnomma affectueusement mon enfant. Dans cette perspective, Sabrina Santagata dans Ethnologie(s) en herbe, une étude sur la vie et l’œuvre de Frida Kahlo souligne « S’ils eurent du mal à se rencontrer sur une même exigence affective, Frida et Diego partagèrent, en revanche, le goût pour la théâtralité » (cf. P. 64).

 

C’est dans les vapeurs de stupéfiants et dans les beuveries d’alcool qu’elle noya les affres du désespoir et de la souffrance à la suite de son amputation. Militante aguerrie, elle mit sa peinture au service du parti communiste auquel elle voua un culte sans borne et se fit en même temps le porte-drapeau du féminisme. Par son besoin constant de surprendre, elle versa dans l’insolite en transposant sa maladie dans sa peinture.

 

L’univers pictural de Frida (ndlr, elle aimait bien qu’on l’appelât par son prénom) est peuplé d’éléments représentatifs de la cosmogonie indigène ou aztèque, de totems, de natures mortes et d’autoportraits. Elle a le contrôle de son intimité, la maîtrise de son corps. C’est un corps souffrant qu’elle modèle, façonne à sa guise et elle le représente tel qu’il le sent. Elle le dédouble, elle y inscrit tous ses fantasmes, elle verse en quelque sorte dans la catharsis. Après avoir peint son dernier tableau « Viva la vida » (« Vive la vie ») c’est dans la Casa azul, « La Maison bleue », héritée de sa famille, qu’elle meurt à 47 ans le 13 juillet 1954 d’une embolie pulmonaire, liée à la gangrène de sa jambe droite.

 

Le 30 novembre 1922, El Universal Ilustrado consacra un numéro spécial à l’État de Guanajuato, à 300 kilomètres au nord-ouest de Mexico. Ortega alias « Orteguita », une journaliste, publia le poème ci-après de Frida Kahlo, un peu contre sa volonté, situant cette dernière parmi les jeunes espoirs de Guanajuato (ndlr, l’auteur n’avait que 15 ans à l’époque). La future peintre en fut tellement gênée qu’elle jura de ne plus jamais avoir recours à ce genre littéraire, et ce poème tomba pratiquement dans l’oubli.

 

***

 

© Crédit photo : image du poème "Recuerdo" de Frida Kahlo

(image fournie par Maggy de Coster)

 

 

Recuerdo

 

 

Yo había sonreído. Nada más. Pero la claridad fue en mi y

En lo hondo de mi silencio.

El me seguía. Cómo mi sombra, irreprochable y ligera.

En la noche, sollozó un canto…

los indios se alargaban, sinuosos, por las callejas del pueblo ;

Iban envueltos en sarapes, a la danza, después de beber mezcal,

Un arpa y una jarana eran la música, y la alegría

eran en las morenas sonrientes.

En el fondo, tras del “Zócalo”, brillaba del río. Y se iba cómo

los momentos de mi vida.

El, me siguió

Yo terminé por llorar, arrinconado en el atrio de la parroquia,

amparada por mi rebozo de bolita, que se empapó de lágrimas.

 

 

Poema de Frida Kahlo, publicado en El Universal Ilustrado el 30 de noviembre de 1922.

 

 

Souvenir

 

 

J’avais  souri. Rien de plus. Mais la clarté fut en moi et

Dans le fond de mon silence.

Il me suivait. Comme mon ombre irréprochable et légère.

Dans la nuit, fusait un chant tel un sanglot …

Les Indiens s’entortillaient à travers les ruelles du village.

Enveloppés dans leurs ponchos, ils festoyaient et dégustaient le jus de l’agave

Une harpe et une guitare s’alliaient  de bon gré pour les divertir,

et les négresses souriantes exultaient.

Derrière le Zocalo1 miroitait la rivière. Elle coulait comme les moments de ma vie.

Abandonnée  sur le parvis de la paroisse,

Je finis par pleurer, voilée de ma mantille trempée de larmes.

 

Poème de Frida Kahlo publié dans El Universal Ilustrado le 30 novembre 1922. (Traduction française de Maggy De Coster)

 

 

Note

 

1. Zócalo : Grand-Place

 

***

Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster, « Frida Kahlo ou la sublimation de la douleur par l’art pictural », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture »/ Lettre n°10, mis en ligne le 20 avril 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/fridakahlosublimation.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéros La Lettre de la revue LPpdm
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 08:42

 

Poème inédit pour le festival Megalesia 2017

 

 

La Muse moderne et l'homme jasmin

 

Marianne Desroziers

Blog officiel : http://mariannedesroziers.blogspot.fr/

http://www.m-e-l.fr/marianne-desroziers,ec,1196


 

 

La Muse moderne

L'Ange de l'anarchie

La Cafarde

Aveux non avenus

Cause éloignée d'une lutte infinie

À l'Auberge du cheval de l'aube

Le cornet acoustique

Gouffres amers

L'Alcôve, intérieur avec 3 femmes

Petit sphinx ermite

Rêve du 21 décembre

La Harfang des neiges

Somnambule

Et la vie à nouveau

Le Déjeuner en fourrure

L'oreille de Giacometti

La grue tachetée

Vol de minuit

Dons des féminines

La sauterelle arthritique

Le Feu maniaque

Cristaux d'espace

Oneiroscopiste

J'ai vu 3 villes

Le 1er mars les corbeaux commencent leur recherche

Les petites amoureuses

La Tanière abandonnée

Cache-toi, Guerre !

Marionnettes végétariennes

La naissance des oiseaux

Sombre Printemps

L'Homme Jasmin

 

***
 

Le texte ci-dessus est un « liste-poème » constituée de titres d’œuvres des femmes artistes surréalistes suivantes :

 

AGAR, Eileen, La Muse moderne (1934), L'Ange de l'anarchie (1940) / Peinture

BONA (de Mandiargues), La Cafarde (1967) / Récit

BRIDGWATER, Emmy, Cause éloignée d'une lutte infinie (1940) / Peinture

CAHUN, Claude, Aveux non avenus (1930) / Recueil de poèmes

CARRINGTON, Leonora, À l'Auberge du cheval de l'aube (1938) / Peinture, Le cornet acoustique (1974) / Conte

COLQUHOUN, Ithell, Gouffres (1939) / Peinture

FINI, Leonor, L'Alcôve, intérieur avec 3 femmes (1939), Petit sphinx ermite (1948)

HUGO, Valentine, Rêve du 21 décembre (1929), Le Harfang des neiges (1932) / Peinture

KERNN-LARSEN, Rita, Somnambule (1936), Et la vie à nouveau (1940) / Peinture

OPPEHEIM, Meret, L'oreille de Giacometti (1933), Le Déjeuner en fourrure (1936) / Objets surréalistes

PAILTHORPE, Grace, La grive tâchetée (1942), Vol de minuit (1930) / Peinture

PENROSE, Valentine, Dons des féminines (1951) / Collages

PRASSINOS, Gisèle, La Sauterelle arthritique (1935), Le Feu maniaque (1939) / Recueil de poèmes en écriture automatique

RAHON (Paleen), Alice, Cristaux d'espace (1943) / Peinture

RIMMINGTON, Edith, Oneiroscopiste (1942) / Peinture

SAGE (Tanguy), Kay, J'ai vu 3 villes (1944), Le 1er mars les corbeaux commencent leur recherche (1947) / Peinture

TANNING (Ernst) Dorothea, Les petites amoureuses (1951) / Peinture

TOYEN, La Tanière abandonnée (1937), Cache-toi, Guerre ! (1944) / Peinture

VARO, Remedios, Marionnettes végétariennes (1938), La naissance des oiseaux (1958) / Peinture

ZÜRN, Unica, Sombre printemps (1971), L'Homme Jasmin (1970) / Récits

 

***

 

Biographie


Marianne Desroziers, née en 1978, vit et travaille à Bordeaux. Passionnée de littérature, elle écrit des nouvelles, poèmes et romans. Elle a publié Lisières (Les Penchants du Roseau) en 2012, L'enfance crue (Lunatique) en 2014 ainsi que dans une vingtaine de revues et anthologies littéraires depuis 2010. Son prochain livre, Fantasmagories. Contes noirs et flamboyants sera publié au printemps 2017 aux éditions Zonaires. Elle dirige la revue littéraire L'Ampoule, aux éditions de l'Abat-Jour.  Lauréate 2015 de la bourse Aquitaine/Hesse et de la résidence d'écriture à la Villa Clementine à Wiesbaden attribuées par l'ECLA. Lauréate 2016 de la bourse et de la résidence d'écriture attribuées par La 25ème Heure du Livre/D.R.A.C. Pays de la Loire/Ville du Mans.  Blog : http://mariannedesroziers.blogspot.fr/

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Pour citer ce poème

 

Marianne Desroziers, « La Muse moderne et l'homme jasmin », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10/Megalesia 2017 mis en ligne le 19 avril 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/musemodernejasmin.html

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Megalesia

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