18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 10:00

 

 

Publication successive durant l'été 2017

 

 

Lettre n°11

 

 

 

Vive la poésie !

 

 

© Crédit photo : Cendrillon s'endort par Dina Sahyouni,

une partie de la photographie de 2009, collection privée.

 

ISSN numérique : 2116-1046

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

 

diffusée en version électronique (apériodique)

 

et en version imprimée (4 numéros par an)

 

Le Pan poétique des muses ISSN Imprimé : 2492-0487

 

Logodupan

© www.pandesmuses.fr

 

Comité de rédaction : Khris Anthelme, Camille Aubaude, Cyril Bontron, Maggy de Coster, Laure Delaunay, Eric Guillot, Mario Portillo Pérez, Dina Sahyouni, Nelly Taza & Françoise Urban-Menninger. Réalisation technique : Anna Perenna, Cyril Bontron. Contacts : contact@pandesmuses.fr & contact.revue@pandesmuses.fr

Rappel utile : comme vous le savez bien cher lectorat la revue LPpdm (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteur-e est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, il est le/la seul-e responsable du contenu de son texte, de son image, etc.

 

Vos poèmes, nouvelles, contes, pensées, fragments,

lettres, chroniques, traductions, articles,

illustrations, entretiens, vidéos, etc.

sont les bienvenus pour paraître dans cette Lettre

selon nos possibilités pour célébrer ensemble

la poésie et les poètes (femmes, hommes, etc.)

 

Sommaire


LPpdm

 

Bémols artistiques

Mustapha Saha

............................................

 

Entretiens artistiques

............................................

Articles

Maggy de Coster, « Quid de la poésie ? » , « Diana Morán : panaméenne, universitaire et poète de l'exil »

Mme de LAMBERT, « Portrait de Monsieur de La Motte par feue Madame la Marquise de Lambert »

Paul Tojean, « De Sappho à Annie Leclerc : « Le visage de l’amour » »

 

  • Avant-première : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture »

Maggy de Coster

Mustapha Saha, (texte et illustration)

***

 

Critique & réception

 

Maggy de Coster

Camille Aubaude

Dina Sahyouni

 

Littérature de jeunesse

............................................

 

Revue des éditrices & éditeurs en poésie

............................................

 

Poèmes, nouvelles, lettres, fragments, contes

 

Huguette Bertrand

............................................

 

Poésie & musique

Nicole Coppey

............................................

 

Muses au masculin

............................................

 

Travestissements poétiques (nouvelle rubrique)

créée par D. Sahyouni le 11 août 2017 pour célébrer les formes différentes du travestissement des poètes en poésie

 

............................................

 

    S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages

    L'association Ouest Trans

     

    Françoise Urban-Menninger

    Dina Sahyouni

     

    ............................................

     

    Événements & manifestations avec des membres de notre équipe

    1er colloque international & multilingue de la SIÉFÉGP sur "Les théoriciennes de la poésie"

    SIÉFÉGP

    Françoise Urban-Menninger

    ............................................

     

     

    Sourires & rires féministes

    ............................................

     

    Notre choix d'actualité poétique et artistique en ligne

     

    ............................................

    Notre choix d'actualité philosophique et scientifique sur le vivant

    (disponibles en ligne)

    ............................................

     

    Notre choix de séries télévisées, films, d'émissions culturelles radio-phoniques et télévisées qui valorisent les femmes (disponibles en ligne)

    ............................................

     

    Liens vers les actualités des actions en faveur des femmes

     

    Le colloque international pluridisciplinaire sur les violences conjugales de l'université de Strasbourg aura lieu les 17 et 18 novembre 2017.

     

    Appel à une journée internationale de lutte contre le féminicide : "[f]aisons du 3 août la Journée Internationale de Lutte contre les féminicides grâce à notre organisation commune ! Le 3 août 2017 [...]

     

    Gallica célèbre les femmes de lettres anglaises (Ann Radcliffe, Mary Shelley, Jane Austen et Charlotte Brontë) dans "une série de billets sur la littérature anglaise, des premiers romans gothiques jusqu’aux folles passions de l’époque victorienne" : http://gallica.bnf.fr/blog/recherche/?query=1595

    ............................................

     

    Œuvres reçues par LPpdm et classées (certaines d'entre elles) dans

    le Catalogue de la Bibliothèque Cybèle de la SIÉFÉGP

     

    ............................................
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    Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
    18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 09:58

     

    S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes

                                                      

     

     

    Non, la haine n'aura pas notre peau !

     

     

     

    Dina Sahyouni

     

     

    Improvisation du 18 août 2017 en hommage aux victimes des attentats terroristes qui ont frappé l'Espagne hier et cette nuit.

     

     


     

    La haine frappe les corps, abolit l'humain

    les jours sanglants se succèdent sans fin

    où sont les cœurs chargés de fleurs, de vies ?

    je n'entends que leurs inouïs cris

    où est-il l'humain sous la peau de la haine

    qui fait éclater en secondes les veines,

    verser le sang des innocents...


     

    La haine frappe, meurtrit nos nuits

    et là-bas, au loin un drapeau blanc blêmit

    bigré de gouttes rouges, il gémit

    il pleut pourtant dans les beaux cœurs

    des cieux bleus, des rêves d'azur,

    des bouquets de coquelicots des près espagnols

    nos cœurs chavirent, tristes à mourir

    teintés de rouge écarlate, teintés d'amour,

    d'amitié et des couleurs vives de l'humanité

    perdue en route, rendue étrangère et hors-la-loi,

    pendue par la haine féroce une énième fois

     

    Non, la haine n'aura pas de place

    non, elle ne sera pas l'impasse

    non, l'amour parmi nous

    triomphera bien sûr,

    fera taire les canons, les vengeances

    et les hommes leurrés par l'intolérance

    tuant leurs semblables sans éprouver la moindre peine

    ô chagrins, ô pleurs, serons-nous ainsi des amours vaines ? !

    où est-il donc.. où est-il l'humain ?

    introuvable sous leur paraître humain

    n'oublions pas braves cœurs

    éplorés souvent par les douleurs

    que l'amour, ce velours pourpre, qui unit les hommes

    purifie les cœurs haineux des dogmes, en somme

     

     

    Non, la haine n'aura pas notre peau

    non, la haine n'aura pas le dernier mot

    nos cris d'amour seront son tombeau*

     

     


    * Merci d'écouter aussi la chanson "Imagine" de John Lennon : https://youtu.be/YkgkThdzX-8

     

    ***

     

    Pour citer ce poème


    Dina Sahyouni, « Non, la haine n'aura pas notre peau ! », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 18 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/crisdamour.html

     

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    Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
    15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 15:42

     

     

    Annonce de concours

     

     

     

    Grand prix de poésie de la ville d’Aix-en-Provence,

     

    Session 2017, Concours organisé par

     

    l’Association Artistique et Culturelle H O R I Z O N

     

    sous le haut patronage et avec la participation

     

    de la Ville d’Aix-en-Provence

     

     

     

    Mesdames, Messieurs,

     

    Comme chaque année, l’Association Horizon, avec le soutien de la Ville d’Aix en Provence, organise le Grand Prix de Poésie d’Aix en Provence. Catégories : Classique, Néoclassique, Libérée et Jeunes Poètes (16 à 18 ans, 13 à 15 ans, moins de 13 ans). Pas de thème imposé. Date limite des envois, le 1er octobre 2017.

    On peut en obtenir le règlement en écrivant à : M. André Rouy, 23 résidence Saint Benoît, 101 avenue Henri Mauriat, 13100 Aix en Provence, en joignant une enveloppe timbrée pour la réponse. On peut aussi consulter le règlement et le copier sur le blog www.aixhorizon.over-blog.com

    Pouvez-vous en informer votre public, vos adhérents et vos sympathisants ?

    Nous joignons à ce courrier un exemplaire du règlement ; En vous remerciant par avance, nous vous prions de bien vouloir accepter l’expression de nos salutations distinguées.

    Le secrétaire de l’Association Horizon

    André Rouy

     

    H O R I Z O N

    Association Culturelle

    Maison des Associations

    LUYNES, AIX-EN-PROVENCE

     

    Voir aussi le règlement de ce concours en PDF ci-joint à télécharger

     

    ***

     

    Pour citer ce concours

     

    André Rouy pour l'association HORIZON, « Grand prix de poésie de la ville d’Aix-en-Provence, Session 2017, Concours organisé par l’Association Artistique et Culturelle H O R I Z O N sous le haut patronage et avec la participation de la Ville d’Aix-en-Provence », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 15 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/concours-horizon.html

     

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    Le Pan poétiques des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
    14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 09:20

     

    Premier colloque 2017                                                       

    Rubrique : "Colloques en ligne"

     

     

     

    Diana Morán : panaméenne,

     

     

     

    universitaire et poète de l'exil

     

     

     

    Maggy de Coster

     

    Site personnel : www.maggydecoster.fr/

    Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

     

     

    © Crédit photo : Photo de l'auteure fournie par la famille de Diana Morán

     

     

     

    Figure charismatique de la littérature panaméenne, Diana Morán laisse à la postérité une œuvre littéraire d’envergure. C’est en 2012 lors de la Xème Rencontre Internationale des Femmes Écrivains, présidée par la poète panaméenne Gloria Young (actuellement Ambassadeur du Panama au Maroc), où j’ai été invitée à représenter la France en tant qu’écrivaine, poète et journaliste, que j’ai eu le bonheur de découvrir l’importance et la qualité de l’œuvre de l’écrivaine et de visiter sa maison natale à Cubaya. Ladite rencontre avait pour but de mettre en lumière cette femme d’exception qui fut contrainte à l’exil au Mexique après le coup d’État du Colonel Omar Torrijos au Panama le 11 octobre 1968.

     

     

     

     

    Qui est Diana Morán ?

     

     

    Poète, enseignante universitaire, chercheuse, philologue et essayiste, Diana Morán est née le 17 novembre 1929 à Cubaya, une ville du Panama où elle enseigna à l’Institut Fermín Naudeau. Elle s’affirme aux côtés du chanteur de dizains et d’ahans, Pille Collado, elle fonde une école primaire à Antón qui porte aujourd'hui la dénomination de Premier Cycle Salomon Ponce Aguilera. Elle s’exile à Mexico en 1969 où elle continue son travail de création littéraire. Jusqu’en 1968 elle était lune des dirigeantes remarquables de lAssociation des Professeures de la République du Panama. Elle s’évertue non seulement à transmettre les savoirs académiques à la jeunesse mais aussi les valeurs indispensables au maintien de l’identité culturelle nationale, chère au peuple panaméen. La même année, elle fonde l’Atelier de Théorie et de Critique littéraire, auquel se joignent des femmes mexicaines et centraméricaines du Collège de Mexico, lesquelles décident de baptiser l’atelier, du nom de « Diana Morán ». En 1993, l’atelier devient un groupe de travail indépendant. En 1979, elle présente sa thèse de doctorat en Lettres hispaniques, intitulée : Cien año de soledad : novela de la desmitificación (« Cent ans de solitude : roman de la démystification »).

     

    L’œuvre de Diana Morán bien qu’empreinte de militantisme, n’est pas dénuée de qualité esthétique. C’est une créatrice qui invite la perfection dans ses écrits. Sa poésie engagée, aux accents révolutionnaires, a été publiée dans plusieurs pays latino-américains et aussi en Espagne. Poète et enseignante, elle était l’incarnation de la justice et de l’équité, aussi plaidait-elle pour une juste et équitable répartition de la richesse nationale. Elle ne se borna pas à l’écriture d’une poésie plate et insipide dictée par les circonstances, donc axée uniquement sur les revendications mais elle avait également le souci de la perfection du point de vue formel et esthétique. Elle cultivait un lyrisme sur fond de revendication nationale. Pour donner du poids à sa lutte, elle alliait sa voix à celles d’autres poètes incontournables comme le Nicaraguayen Ernesto Cardenal, le Salvadorien Roque Dalton et le Dominicain Pedro Miro. Elle avait mille et un tours d’adresse dans ses écrits pour fustiger et dénoncer l’impérialisme américain lors du débarquement des Marines le 9 janvier 1964 au Panama. Elle introduisait même quelques innovations au niveau du registre littéraire de la langue espagnole qu’elle défendait dans le milieu universitaire.

     

     

    La poésie de Diana Morán est une poésie moderne, formellement transgressive, et éclectique qui se nourrit tant du langage dramatique que du langage narratif et même populaire. À l’instar de Prévert, des surréalistes, elle explore les formules d’assemblage, de collage, en référence aux arts visuels très prisés à son époque. Comme le souligne J. R. Fernández de Cano dans son article en espagnol sur le site MCN. Biografias.com que « Diana Morán pousse à l’extrême limite sa recherche sur de nouvelles voies thématiques et génériques afin de surprendre le lecteur en lui offrant une écriture d’un genre particulier donc difficile à mettre dans les catégories poétiques traditionnelles ». Pour conclure, disons que Diana Morán demeure un cas d’espèce pour être la seule femme poète panaméenne à connaître l’exil après avoir été incarcérée pour ses idées progressistes. Elle restera sur sa terre d’accueil jusqu’à son décès survenu le 10 février 1987 à Mexico où elle mena avec brio et sans désemparer sa carrière littéraire. Nous avons sélectionné et traduit quelques-uns de ses poèmes en français. Notons qu’aucune traduction de ses poèmes n’a été préalablement faite en français.

     

     

    Une délégation d’écrivains et poètes reçue en 2012 dans la maison de Diana Morán à Cubaya (Panama)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    © Crédit photo : Photo de la délégation de 2012 fournie par Maggy de Coster

     

    Femme … Ève assoiffée d’espérance

     

    Femme… Ève assoiffée d’espérance

    Je débarque dans tes courants matériels

    pour boire les eaux syndicales,

    leaders de chair déchirée.

     

    Et donc ... tout simplement amoureuse

    d’être la fiancée des miels corporels

    épouse des fleurs d’oranger verticales –

    en extase dans la terre libérée.

     

    Je veux boire l’aube collective

    gorge de tendresse combative –

    de la calebasse fraîche de tes mains.

     

    Nourrir le nouvel isthme de mes enfants

    avec la révolution des baisers fixes,

    synthèse des bouches et des grains.

     

    Diana Morán

    Extrait de son recueil Eva Definida, 1957

    Traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER

     

     

     

    Ascanio décoré par une lame de mer

     

    (Au martyr Ascanio Arosemena)

     

    PIGEONNIER DES NUAGES

     

    Les pigeons pleuvent et pleuvent,

    tandis que le tournesol s’en aille…

    Ascanio avance,

    les autres reculent.

     

    ALOUETTE EN LARMES

     

    Les moineaux sont en rang,

    quand on les voit passer,

    ils tendent les jasmins

    et les étoiles de mer.

     

    MARÉE BASSE D’ENCENS

     

    Bateau à fleurs,

    bateau à sel,

    bateau à quatre aubes

    et un agneau d’autel.

     

    PIGEONNIER DES AUBES

     

    Les pigeons roucoulent

    et roucoulent encore:

    Ascanio est le drapeau,

    emblème de ceux de derrière.

    ALOUETTE EN EXULTATION

     

    Le tournesol est ici

    la roue des moineaux,

    volent au vent des harpes de trille

    et des coquelicots d’amour.

     

    MARÉE HAUTE D'ÉTOILES

     

    Bateau qui devient rouge,

    bateau sur des vagues de tulle,

    bateau qui devient blanc

    avec un agneau bleu.

    Diana Morán

    (Extrait de son recueil Gaviotas de Cruz Abierta, 1965)

    Traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER

     

     

     

    Ô Homme-Isthme… Adam de boue verte !

     

    O Homme-Isthme… Adam de boue verte !

    De tes humides yeux de coriandre

    et de ta peau sauvage de menthe verte

    germe l'aube de la patrie pure

    Pentagramme sensuelle de chlorophylle…

     

    Tes notes révolutionnaires forment

    le cœur triomphant du prolétariat –

    la symphonie sociale des hommes.

     

    Salomé-guide du myrte ouvrier

    j’attends sur les bords de tes lèvres

    l’éclairage rouge des sons

    qui donnent le contenu à mes pupilles

    Laisse-moi…Laisse-moi venir vers toi !

    Diana Morán

    (Extrait de son recueil Eva Definida, 1957)

    Traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER

     

     

     

    Tu dois surgir en moi goutte à goutte

     

    Tu dois surgir en moi goutte à goutte,

    je rêve de retour à l’essence charnelle,

    de la pluie que le doux feu précipite

    en pleurs fécondés à la naissance.

     

    Je dois vivre la courbe dilatée

    dans la plénitude d’une sagittaire,

    vivante fleur croissante,

    tu mûriras en moi

    os par os,

    jusqu’à ce que des limbes soit extraite ta présence

    Je me dédouble...

    Tu es...

    Nous sommes...

     

    La montée victorieuse d’une pleine lune

    embaume la source des seins comme le jasmin.

    Diana Morán

    (Extrait de son recueil En El Nombre Del Hijo, 1966)

    Traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER

     

     

     

     

    Bibliographie de Diana Morán

     

    Eva Definida (Ève définie) en collaboration avec Ligia Alcázar, 1959

    Soberana Presencia de la Patria (Souveraine présence de la Patrie), 1964

    Gaviotas de Cruz Abierta (Mouettes en Croix Ouverte), Prix Ricardo Miró en 1965, édité en 1992 aux Éditions Mariano Arosemena, INAC

    En el nombre de Hijo (Au nom du Fils), 1966

    Poesía Joven de Panamá (Jeune Poésie de Panama), (co-auteure de), XXIème siècle Éditions, Mexico, 1971

    Ficción e Historia (Fiction et Histoire) : La Narrativa de José Emilio Pacheco, en collaboration avec Ivette Jiménez de Báez et Edith Negrín

    Reflexiones Junto a tu Piel (Réflexions sur ta peau), poèmes d’exil, Collection Portobelo, Éditions Signos, Mexico. D.F.,1982

    Manual de iniciación literaria (Manuel de d’initiation littéraire), utilisé dans l’enseignement secondaire au Panama, Éditions Librairie Culturelle de Panama, MONFAR et Lemania, 1983

     

    ***

    Pour citer ce texte

     

    Maggy de Coster, « Diana Morán : panaméenne, universitaire et poète de l'exil », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Premier colloque international & multilingue de la SIÉFÉGP sur « Ce que les femmes pensent de la poésie : les poéticiennes », mis en ligne le 14 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/diana-moran-poete.html

     

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    Le Pan poétique des muses - dans colloques en ligne
    14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 08:16

     

     

    Dossier 2 | Florilège de textes poétiques

    Poésie militante 

     

     

     

    Femmes !

     

     

     

    &

     

     

     

    Les cris d'une rebelle

     

     

     

     

    Mokhtar El Amraoui

     

     

    Femmes !

     

     

     

    L'impossible ne peut être femmes !

    Nous aurons toujours la taille de nos rêves !

     

    Nous rejoindrons, de notre florale impatience,

    Dans la lumière de nos espérances,

    Le suc flamboyant des étoiles

    Et le rire assourdissant des dansantes comètes !

     

     

    Nos fièvres habillées des houles des naissances

    Nous offriront, comme toujours, tout ce temps

    Pour tisser, dans nos profondeurs ailées,

    Tous ces fruits volants de l’amour

    Qui naissent et s’abritent au creux de nos reins,

    En amples saisons tracées au miel des matins,

    S’élevant des caresses de nos mains !

     

     

    Femmes !

     

    Flammes d’amour et de paix !

    Écrites par tous les éléments,

    Nous réchauffons, de nos racines,

    Toutes ces tiges d'or qui poussent

    Couronnées, dans la mousse de nos rêves,

    Par les ascendantes douces gerbes ailées de notre sève !

     

    Femmes !

    Le possible est aussi femmes !

     

     

    ***

     

     

    Les cris d'une rebelle

     

     

     

     

    Hé toi, infâme, qui te crois roi de la femme, ta proie !

    Je te dis qu’aujourd’hui je me libère de ta terreur !

    Je sors de ta geôle d’horreurs,

    Pour revendiquer mes droits !

    Je n’ai plus peur de tes horreurs d’empoisonneur

    Ni de tes diktats d’emprisonneur !

    Je sors arracher ma part légitime de bonheur !

    J’ai décidé de mettre fin à tous mes malheurs !

    À partir d’aujourd’hui, je ne veux plus ressentir de frayeur !

    J’accoucherai, libre, de toutes mes futures heures

    Tout en splendeurs, malgré toi, tyrannique protecteur,

    Bien loin de la lourdeur de mes silences en pleurs,

    De mes souffrances et interminables douleurs !

    Aujourd’hui, c’est la grande heure !

    J’ai rendez-vous avec mes ailes !

    J’ai décidé de sortir du tunnel !

    Je vais manifester, en tout zèle,

    Pour te dire que je ne serai jamais ta petite bonniche toute belle

    Ni ton caniche, ni ta potiche poubelle !

    Pour mon statut de femme libre, je serai à jamais rebelle !

    Aujourd’hui, je te confie, petit roi, toutes mes heures

    Impayées de nettoyage, de cuisine et de vaisselle !

    Tu vas le voir, toi le fort, ce n’est que du sport, rien que du pur bonheur !

    Aujourd’hui, je ne veux plus être ton balai, chère idole,

    Ni ta serpillière, ni ta gardienne de casseroles !

    J’ai décidé d’ôter, à jamais, de ma vie, cette sinistre camisole !

    Aujourd’hui, je descends dans la rue, pour casser tous ces vieux rôles,

    Pour crier mon droit à l’égalité, au respect et à la parole !

    Tu peux te rire de moi, me trouver bien drôle,

    Me traiter de folle ou de frivole

    Mais c’est décidé ! Pour mes droits, aujourd’hui,

    De cette horrible cage, je m’envole !

    Si jamais tu changes d’avis

    Et acceptes de vivre avec moi, sans ton mépris,

    Viens, alors, à mes côtés et hissons ensemble cette banderole

    Sur laquelle il est écrit "Liberté, parité et dignité !''

     

     

    Ces deux poèmes sont extraits du manuscrit Le souffle des ressacs de © Mokhtar El Amraoui.

    ***

     

    Pour citer ces poèmes

     

    Mokhtar El Amraoui, « Femmes ! » & « Les cris d'une rebelle », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Supplément au n°6 sur « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 14 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/

    2017/8/rebelle.html
     

     

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    Le Pan poétique des muses - dans Numéro 6
    9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 13:49

     

    S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes

     

     

                                           

     

    Ouest Trans appelle à une mobilisation collective

     

     

    afin de garantir notre accès aux soins !

     

     

     

    L'association Ouest Trans

     

     

    © Crédit photo : Logo de l'association Ouest Trans

     

     

    En Bretagne, la CPAM 29 (Finistère) discrimine !


     

    Les personnes trans sont discriminées par la CPAM 29 : nous appelons à la mobilisation des partenaires locaux et nationaux, associations, collectifs et individu.e.s trans et allié.e.s. afin de dénoncer cet état de fait !

    Ouest Trans vient d’apprendre la réponse négative à la procédure de recours entamée par l’un de ses adhérents. Après une rencontre peu satisfaisante ayant eu lieu au printemps avec l’association, la CPAM 29 fait toujours preuve d’un manque de volonté manifeste à améliorer l’accès aux soins des personnes trans et à s’engager contre les discriminations au sein même de leur propre administration et à simplement assurer le respect des droits de leurs assuré.e.s.

    La CPAM du Finistère vient en effet de légitimer (en recours) une demande d'entente préalable pour une mammectomie selon une procédure "exceptionnelle" qui n'a aucune existence légale et s'appuie sur un protocole non-officiel établi par le médecin conseil national et l'organisme des tutelles : cette opération n’est en aucun cas soumis à entente préalable par le Code de la Sécurité Sociale.

    Déjà alertée par plusieurs témoignages de refus de remboursement concernant des chirurgies de certaines personnes dans le cadre de leurs transitions, Ouest Trans a envoyé le 23 mars une lettre à la CPAM29 afin de débloquer ces situations de manière urgente. Plus d'un mois après, une réponse nous est parvenue afin de fixer un rendez-vous. Cette rencontre a eu lieu le 16 juin à la CPAM de Quimper en présence de deux des membres du bureau de Ouest Trans ainsi que du Directeur de la CPAM 29, M. Joel Quiniou et du Dr Isabelle Caprais, médecin conseil et responsable de l'échelon local du service médical.

    Lors de ce rendez-vous, les réponses qui nous ont été faites sont restées vagues et insatisfaisantes, aucun engagement ne nous a été signifié et aucune preuve ne nous a été donnée d’une volonté quelconque de la part de la CPAM 29 de respecter les droits des personnes trans d'un point de vue général, ni même de débloquer les situations individuelles problématiques en cours.

    Alors que des rendez-vous similaires avec les CPAM 35 et CPAM 22 avaient permis d'aboutir à un éclaircissement satisfaisant et des échanges constructifs allant dans le sens d'une véritable prise en compte des difficultés rencontrées par les personnes trans, la CPAM 29 est restée fermée au dialogue, et semble être restée sur un point de vue rigide, complètement aveugle aux réalités sociales de ses assuré.e.s.


     

    Le Finistère , une situation « d'exception » préoccupante.


     

    Depuis la création de Ouest Trans, nous avons pu nous rendre plusieurs fois dans le Finistère, notamment pour y tenir des groupes de parole. Nous avons été choqués par plusieurs témoignages de situations catastrophiques que peuvent rencontrer les personnes trans, à un niveau administratif mais surtout au niveau de l'accès au soin. En effet, des signalements de cas de maltraitances médicales nous ont été rapportés, ainsi que, plus globalement, de nombreux obstacles à l’accès aux soins, et à leur remboursement.

    Nous rappelons que la situation géographique des personnes trans est souvent un obstacle supplémentaire dans leurs démarches, elle ne fait qu'accentuer des situations de précarité financière et renforce leur isolement, les privant ainsi d'informations sur leurs droits et de soutien communautaire mais aussi quelquefois d'une simple sociabilité sécurisante.


     

    Face à l’urgence de la situation en Finistère, Ouest Trans appelle à une mobilisation collective afin de garantir notre accès aux soins !


     

    Si vous rencontrez vous aussi des difficultés auprès de la CPAM 29 concernant vos droits à remboursement de chirurgies, vous pouvez saisir le défenseur des droits, individuellement ou avec l’aide d'une association de plus de 5 ans d'existence. N'hésitez pas à nous contacter pour que nous aidions dans cette démarche.

    Si une demande d'entente préalable vous est demandée pour une mastectomie, n'hésitez pas à faire un recours dans les deux mois après la notification du rejet, puis à aller jusqu'au tribunal administratif si il le faut (procédure non payante).

     

    Voir aussi le document ci-joint à télécharger et à diffuser dans vos réseaux. 

    MERCI !

    Lettre ouverte de l'association Ouest Trans

    Coordonnées :

    Association Ouest Trans
    MJC La Paillette
    2 rue du Pré de Bris
    35000 Rennes

    Contact : ouesttrans@gmail.com
    ouesttrans.wix.com/ouesttrans

    ***

     

    Pour citer ce texte


    L'association Ouest Trans, (texte, logo et PDF) « Ouest Trans appelle à une mobilisation collective afin de garantir notre accès aux soins !», Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 11, mis en ligne le 9 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/lettre-ouest-trans.html

     

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    Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
    2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 11:09

     

    N°7 | Bémol artistique

    Avant-première, article

     

     

     

    L’apport des femmes haïtiennes dans la peinture

     

     

    Maggy de Coster

    Site personnel : www.maggydecoster.fr/

    Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

     

     

    Forme d’expression traditionnelle en Haïti, la peinture décorait les églises dès le XVIIIe siècle. Les riches familles de l’époque coloniale importaient des tableaux d’Europe ou faisaient venir des peintres occidentaux sur place, d’autres envoyaient leurs esclaves libres en France pour y apprendre la peinture et exploiter leur talent.

     

    Après l’indépendance en 1804, le roi Christophe crée au Cap-Haïtien la première Académie de peinture haïtienne. En 1816, à l’instigation du président Pétion voit le jour une école d’Art à Port-au-Prince où viennent enseigner des peintres français. Entre 1830 et 1860, les sujets historiques liés à l’esclavage, au vodou constituent alors les sujets de prédilection des artistes peintres.

     

     

    Que dire de l’apport des femmes dans la peinture haïtienne ?

     

     

    D’après le critique d’art haïtien Michel-Philippe Lerebours, Clara Petit, d’origine louisianaise peintre et pianiste, fut la première femme peintre haïtienne en 1825. À la fin du XIXème siècle c’est Lorvana Pierrot, fille du président haïtien du même nom, qui co-illustra « le Serment des ancêtres », une épopée haïtienne.

    Selon Mireille Pérodin Jérôme « sur près de huit cent peintres et sculpteurs recensés, quatre-vingt-dix environ sont des femmes, et seulement une dizaine sont d’origine populaire. » 1

    Un autre constat : la plupart des femmes peintres qui ont fait carrière dans la peinture sont issues de la bourgeoisie et de l’aristocratie haïtiennes et ont eu l’heur de fréquenter les meilleures écoles d’art à l’étranger.

     

    © Crédit photo : Peinture de Luce Turnier, image fournie par Maggy de Coster

     

    Dans les années trente, quelques femmes issues de la bourgeoisie haïtienne investissent le domaine pictural et de façon notoire, il convient de citer : Tamara Baussan, Andrée Naudé, Mme Clainville Bloncourt, Hélène Schomberg.

    Par ailleurs, en 1931 et en 1937, Mme Duraciné Vaval, en son domicile privé donnait à voir ses tableaux aux couleurs locales, après avoir exposé à Paris. Jusqu’en 1939 un petit groupe de femmes peintres évoluait au Club Union et au Cercle Port-au-Princien où est convié un public sélect.

    Un esprit nouveau va naître avec la création du Centre d’Art. Les femmes, quoique toujours minoritaires, se révèlent de plus en plus performantes et créatives. Cependant le 14 mai 1944, à la création du Centre d’art par l’américain Dewitt Peters, Andrée Malebranche fait figure d’exception. Trois mois plus tard, soit en août 1944, le Centre d’Art accueille le tout premier vernissage de Marie-José Nadal, alors, jeune adolescente de 13 ans et demi, qui fondera plus tard la Galerie Marassa et assurera la promotion du mouvement « Les femmes-peintres » avant de publier en 1986 une anthologie de peinture haïtienne.

    De nombreuses jeunes filles comme Hilda et Clara Williams, Elzire Malebranche, Hélène Schomberg vont grossir le nombre de femmes peintres mais certaines finissent par s’arrêter à mi-chemin pour des raisons que nous évoquerons plus loin. Cependant il convient de souligner qu’elles ont tout de même fait preuve d’une grande détermination. Comme dit Edgard La Selve « Pour mériter l’estime, il ne suffit pas d’avoir fait de grandes choses mais il suffit de les avoir tentées. »

    Chef de foyer, épouse et mère, la femme n’avait pas toujours eu la possibilité de faire carrière dans l’art pictural ou sculptural. Pilier de la nation haïtienne depuis l’Indépendance en 1804, elle est à la fois mère, épouse et chef de foyer et doit faire face à toute sorte d’obstacles et de préjugés. Hilda Williams, première femme sculptrice, Luce Turnier, Rose-Marie Desruisseau constituent celles que je pourrais appeler les insoumises en ce sens qu’elles infléchissent aux normes et valeurs qui prédisposent les femmes à vivre une vie convenue. Divorcées toutes les trois – deux fois pour Luce Turnier –, elles parviennent toutes les trois et en toute autonomie à réaliser leurs rêves.  En effet, il a fallu attendre la fin des années quarante pour que les femmes s’engagent professionnellement dans la peinture en se taillant une part de marché aux côtés des hommes. Peintre avant-gardiste pour l’époque, Marie-Josée Nadal, choquait dans ses représentations.

    Chez Andrée Naudé, c’est l’abstraction qui prévaut. Chez Michel Manuel c’est L’observation du milieu ambiant et la transcription des rythmes. Quant à Luce Turnier, peintre singulière, elle finira par s’imposer aux côtés des hommes qui n’ont pas manqué de s’inspirer de sa technique de travail à partir des fibres de coco. Elle utilisait toute une palette d’objets naturels pour vivifier ses toiles où dominent portraits et natures mortes. Au cours d’une interview qu’elle m’avait accordée de son vivant, elle m’a confié : « Ma vie d’artiste n’a pas été aussi facile que celle de mes consœurs du Centre d’Art, Madame Baussan, Madame Naudé. J’ai connu beaucoup d’écueils durant 30 ans, histoire de dire que le grand public était monté contre ce qui se passait au Centre d’Art. Après un long séjour en France, je suis revenue au pays… C’est à ce moment que j’ai trouvé un public plus favorable à ma peinture. Mes débuts, je les ai connus au milieu du mépris général, soit dit sans animosité ; je fais simplement état des faits. Maintenant je suis blindée en ce qui concerne les difficultés économiques et morales. »2

    Autre femme peintre de renom. Il s’agit de parler de Rose-Marie Desruisseau. Sa peinture est axée sur la recherche et la rigueur sans pour autant verser dans l’académisme. Peinture historique, culte du terroir, imprégnation du vodou, émanation d’érotisme, usage de symboles justifiés, voilà ce qui se dégage de ses tableaux. Il convient de citer également Michèle Manuel, née en 1935 qui, depuis 1970, n’a de cesse d’exposer en Haïti aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Europe après avoir reçu une formation à lAcademia de Dibujo y Pintura à San Juan de Porto Rico. Membre du groupe des femmes peintres, elle a eu l’honneur d’avoir en 1981 un timbre à l’effigie de ses tableaux.

    En mars 2000 la ville de Paris, présentait au Musée d’art naïf de la Halle Saint Pierre une importante exposition intitulée « Haïti, anges et démons », plus de 200 œuvres et parmi celles-ci, une cinquantaine de peintures des artistes de Saint-Soleil. À cette occasion, il m’était permis, en tant que journaliste, de découvrir les toiles de Louisiane Saint-Fleurant, la seule femme peintre de Saint-Soleil, une communauté des peintres créée en 1973 à l’instigation de Maud Robard et de Serge Garoute alias Tiga, à Soisson-la-Montagne située à 50 km de Port-au-Prince. Ces peintres produisent une peinture mythique à la gloire des dieux du panthéon vodou, on dirait qu’il s’agit d’une offrande à ces dieux tutélaires.

    Ces montagnards qui ne sont guère exposés aux influences de la ville, qui n’ont jamais entendu parler d’une quelconque école picturale ont su donner à admirer une peinture saisissante. Et Malraux lors de sa visite à cette communauté en 1975 parle de « l'expérience la plus saisissante et la seule contrôlable de la peinture magique du XXème siècle. »

    Notons que chez cette catégorie d’artistes tout est empirique même si certains effets optiques laissent à penser à une quelconque influence néo-impressionniste. Contrairement à la peinture naïve qui est non académique et libre, cette peinture est une peinture inspirée. Si l’on en croit Malraux on pourra même parler de génération spontanée de peintres. Et pour cause, dans son ouvrage posthume L’intemporel, où le chapitre XI est consacré à ces peintres, il écrit : « Ce n’est pas courant de rencontrer une peinture dont on ne décèle ni d’où elle vient ni à qui elle parle. » 3 C’est une peinture difficilement définissable qui laisse percevoir des formes, des successions de traits formant des visages, des croix, des objets, des animaux polymorphes, bref, une peinture particulière et chargée de mystères dans laquelle perdurent des zones d’ombre.

     

     

    Dans cette perspective il est à se demander si le vodou participe de l’expression picturale ?

     

     

    Les ethnologues se perdent en conjectures à ce propos. Selon Jacques Stephen Alexis « Le vaudou est le reflet de notre infrastructure économique arriérée, d’une civilisation de la houe et de la machette dans un monde de tracteurs et de machines perfectionnées, le reflet du caractère semi-féodal sinon tribal de notre société. Le vaudou est un opium, et s’il faut recueillir soigneusement l’apport musical, choral, poétique, chorégraphique, verbal même, en un mot, toute la symbolique artistique d’un peuple qui a mis dans le vaudou tous les trésors que dans l’ignorance où on l’a laissé, il n’a pu le mettre ailleurs. Il faut combattre ce respect fétichiste d’un certain folklorisme nationaliste et bêlant. Il faut verser un autre contenu humain, universel, dynamique dans les merveilleux moules qui recèlent toujours les aberrations religieuses et superstitieuses les plus grégaires. » 4

    Et Price Mars de considérer cet art populaire comme s’inspirant du folklore en créant un art proprement haïtien. Notre propos ici n’est pas de parler des caractéristiques de la peinture naïve mais sans faire de digression nous voulons simplement souligner que la reconnaissance de la peinture naïve grâce au cubain José Gomez Sicre donne lieu à un espace discursif conférant à cet art une valeur de culture populaire authentique c’est-à-dire qui répond au projet progressiste d’un humaniste nouveau. À ce compte Jean Price-Mars résume cette peinture en ces termes : « une peinture où s’édifie la trame de notre caractère de peuple, notre âme nationale. » 5

    Difficile à cerner, la peinture naïve haïtienne donne lieu à toute sorte d’élucubrations intellectuelles de la part des chercheurs. Et pour cause, Alfred Métraux y voit des allusions aux ferronneries et aux broderies du xviiième siècle français.6 Quant à Jean Kerboull, il insiste sur l’apport de la magie européenne et de la franc-maçonnerie.7 Le spécialiste Michel-Philippe Lerebours, pour sa part, y voit l’influence indirecte de l’art musulman étant donné la présence d’esclaves islamisés dans la colonie.8

    Nous ne saurions conclure sans faire allusion, ne serait-ce que sommairement, aux femmes peintres issues de l’immigration. En effet, chez cette catégorie de peintres, on ne décèle pas toujours la persistance de la coloration ethnique, elles s’ouvrent plutôt à la modernité ou à l’universalité. En un mot, elles sont en phase avec leur époque ou le milieu dans lequel elles évoluent.

     

     

    Notes

     

    1 Jérôme Mireille Pérodin, Le sens d’un hommage, Haïti au toit de la Grande Arche, Port-au-prince (Haiti), Ed. Henri Deschamps, 1998.

    Margaret Lizaire, « Rencontre avec Luce Turnier », Elles Magazine, n°1, p. 21-22, 1985.

    3 André Malraux, L’Intemporel, La Métamorphose des Dieux. III, Paris, Gallimard, 1976.

    4 Jacques-Stephen Alexis, Contribution à la table ronde sur le folklore et le nationalisme organisée par le Cercle Trianon, le 2 janvier 1956, Optique (Port-au-Prince), juin, p. 25-34, 1956.

    5 Jean Price Mars, Ainsi parla l’oncle, Compiègne (France), Imprimerie de Compiègne, 1928.

    6 Alfred Métraux, Le Vaudou haïtien. Paris, Gallimard, Alfred, 1958.

    7 Jean Kerboull, Le Vodou, pratiques magiques. Paris, Belfond, 1977.

    8 Michel-Philippe Lerebours, Haïti et ses peintres de 1804 à 1980. Souffrances et espoirs d’un peuple. Port-au-Prince, Imprimeur II, 2 vol, 1989.

     

    ***

    Pour citer ce bémol

     

    Maggy de Coster, « L’apport des femmes haïtiennes dans la peinture », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7|Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 2 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/haitiennes-peinture.html

     

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    Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
    2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 07:16

     

    N°7 | S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes

     

     

                                                       

    Avant-première, hommage

     

     

     

    Nocturnes avec Chopin

     

     

     

    Mustapha Saha

    Sociologue, poète, artiste-peintre

     

     

    © Crédit photo : Portrait de Jeanne Moreau par Mustapha Saha.

    Peinture sur toile. Dimensions 100 x 81 cm.

     

     

     

     

    La plume en détresse s’endort dans l’écritoire

    La compagne du soir proteste et se résigne

    L’âme sans consistance explore sa bétoire

    La longue nuit blanche d’un non-dit se désigne

     

     

    Le corps s’ankylose dans l’antique fauteuil

    La grande lassitude éploie son arantèle

    La nocturne évoque la défunte d’Auteuil

    Le croquis rappelle sa sculpture sur stèle

     

     

    La stance en souffrance dénie ses métaphores

    Le livre à peine ouvert s’enferme dans sa peau

    La cactée cafardeuse expire dans l’amphore

    Le manteau solitaire écrase son chapeau

     

     

    La sonate en boucle tricote ses finesses

    Le verre sur desserte ignore sa chopine

    L’abat-jour capture l’imprudente vanesse

    Les reflets sur plafond déclinent leurs épines

     

     

    La toile inachevée trône sur chevalet

    L’horizon rouge et noir de clarté désespère

    La vague orpheline s’estompe sous galets

    La muse infertile d’angoisse s’exaspère
     

     

    Là-bas dans le lointain l’obscure profondeur

    Une ombre fugace traverse la colline

    Le génie de l’absente en exquise pudeur

    Pose sur la vitre ses bulles cristallines


     

    ***

     

    Pour citer ce poème


    Mustapha Saha, (texte et illustration) « Nocturnes avec Chopin », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7|Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 2 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/nocturnes.html

     

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    Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
    1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 10:38

     

    Agenda | Newsletters

     

     

     

    Un été poétique malgré tout !

     

     

     

    Le Pan Poétique des Muses (sigle LPpdm)

     

     

     

     

    Chères lectrices, chers lecteurs,

     

    Le Pan Poétique des Muses, première revue féministe plurilingue et pluridisciplinaire de poésie qui intègre les études des femmes et les études de genre (gender en anglais) dans son concept, continue lentement ses publications électroniques et imprimées (reprises dès le retour des imprimeurs de leurs vacances en septembre). Vos contributions à nos appels à textes sont évidemment souhaitées lorsqu'elles correspondent à notre ligne éditoriale axée en général sur la poésie et en particulier sur les femmes et le genre dans la poésie en sciences humaines et sociales.

    Par ailleurs, cette revue traite des questions théoriques en les confrontant aux pratiques poétiques contemporaines et des siècles passés. Le Pan Poétique des Muses accepte également de mettre en ligne des articles/poèmes déjà parus (merci de fournir l'autorisation de l'éditeur de reproduire les textes). Vos suggestions, chroniques, vidéos, annonces d'événements poétiques et artistiques (etc.) sont aussi les bienvenues. N'hésitez pas à visiter le site www.pandesmuses.fr et à vous familiariser avec nos différentes rubriques pour nous envoyer ensuite votre texte/image/vidéo/audio pour

     

    • le Supplément au sixième numéro sur la maladie et la vieillesse en poésie pour répondre à vos nombreuses demandes de publication. Les textes sont mis en ligne au fur et à mesure de leur sélection avant leur parution imprimée en automne 2017.

    • le septième numéro de la revue porte sur les femmes, la peinture et la poésie sous la direction de Maggy de Coster. On souhaite y explorer entre autres les présences des femmes poètes (ou poétesses) et artistes peintres en poésie. N'hésitez pas à y participer.

    • la campagne 2017-2018 pour contribuer à l'Encyclopédie évolutive de la poésie mineure démarre en juin 2017
    • le premier colloque international & multilingue de la SIÉFÉGP sur "Les théoriciennes de la poésie"
    • notre premier concours international pour sélectionner les dix meilleurs articles sur la poésie et les dix meilleures contributions poétiques, musicales, humoristiques, artistiques (etc.) sur l'un des thèmes suivants : les animaux, le handicap et la joie. Les sélectionné-e-s bénéficieront d'un numéro collectif en ligne et d'une attestation individuelle signée par Le Pan Poétique des Muses. Règlement : deux propositions au maximum par auteur-e. Dates butoirs : du premier août 2017 au premier octobre 2017 compris. contact.revue@pandesmuses.fr
    • la Lettre n°11

    Annonces de la Société internationale d’études des femmes et d’études de genre en poésie (SIÉFÉGP) :

    • le Semainier des muses (sigle SDM), premier journal paritaire en poésie a changé de périodicité par manque de temps... Il paraît dès 2017 en deux formats quatre fois par an, les contemporaines de cette année sont : Sandrine Davin (printemps 2017, en cours de réédition) et Carole Clotis (été 2017, parution en septembre). 
    • le deuxième numéro de la revue paritaire en poésie Iris & Mêtis messagères bleues des muses 2017 porte sur des extraits d'un ouvrage de Mario Portillo (parution en septembre).
    • l'association Société internationale d'études des femmes et d'études de genre en poésie (SIÉFÉGP) fonctionne grâce aux dons et à la vente de ses ouvrages. Elle a bien évidemment besoin de votre soutien financier ici et/ou .
       

     

    Depuis un certain temps, l'édition (numérique et papier) du périodique est entièrement soumise aux disponibilités des membres de la rédaction grenobloise qui travaillent par alternance. La rédaction grenobloise gère aussi tous les autres organismes bénévoles créés depuis 2010 par Dina Sahyouni (pour penser la problématique du genre, des femmes et des féminins en poésie). Cette rédaction fait ainsi tout ce qu'elle peut pour répondre à vos attentes, cependant la tâche à accomplir est vraiment ardue avec des moyens matériels, financiers et humains bien modestes. Votre soutien de nos projets est donc nécessaire. Par ailleurs, nous espérons compter sur une rédaction comme celle de Grenoble mais située dans une autre ville pour améliorer nos diffusion et site.  

    Bel été à vous !

    LPpdm de Grenoble

     

    ***

     

    Rappel de nos dernières parutions en ligne

     

    Lettre n°10 | N°6 | Printemps 2017

     

     

    ***

    Pour citer ce texte


    LPpdm, « Un été poétique malgré tout ! », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  Agenda | Newsletters [En Ligne], mis en ligne le 1er août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/etepoetique.html

     

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    Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Newsletter
    31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 11:19

     

    Annonce de concours poétique

     


     

    Concours de « POETA »

     

     

     

    Tatjana Debeljački


     

     

    © Crédit photo : Le visuel du concours à télécharger, fourni par l'auteure

     

     

    « POETA » ouvre un concours nommé  « HAIKU »  « Cœur serbe de Johannes »

    Le thème est défini en fonction du roman « Cœur serbe de Johannes » par Veselin Dželetović

     

    Règlement

    Un auteur peut envoyer deux haïkus ou un haïku. Tous les haïkus reçus sont en compétition pour être publié dans un book. Le poème doit être tapé dans le corps du message et le haïku (noir et blanc) doit être au format JPG, et envoyé à haikujohan@gmail.com  avec le nom de l'auteur et le nom du haïku qui doit être envoyé à la fois serbe ou en anglais, les entrées de l' étranger peuvent être uniquement en anglais avec un nom complet et le nom et le lieu de résidence. La compétition dure du 1er Août 2017 jusqu'au 28 Février 2018. Tous les auteurs recevront les informations nécessaires en temps voulu.

     

    « POETA » otvara konkurs pod nazivom « HAIKU "Srpsko srce Johanovo" Tema je Prema Romanu "Srpsko srce Johanovo"  

    Autora, Veselina Dželetovića. Jedan autor Moze poslati DVE haïku pesme ili jednu haigu. Sve haïku pesme koje budu poslate konkurišu za objavljivanje knjige. Radove otkucati u telu poruke i haiga (crno-bela) da bude u-u JPG, OBAVEZNO naslovljene imenom autora i imenom haikua Slati na E-mail adresu: haikujohan@gmail.com. Autor treba da pošalje haiku na srpskom ili engleskom jeziku, van zemlje môže biti na engleskom jeziku. Sa punim imenom i prezimenom, i mestom boravka. Konkurs traje od 1. 8,2017. faire 28.2. 2018. godine. SVI autori Bice pravovremeno obavešteni o svemu.

     

    ***

     

    Pour citer ce concours

     

    Tatjana Debeljački, « Concours de "POETA" », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 31 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/7/concourspoeta.html

     

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    Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm

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    • Lettre n°11
      Publication successive durant l'été 2017 Lettre n°11 Vive la poésie ! © Crédit photo : Cendrillon s'endort par Dina Sahyouni, une partie de la photographie de 2009 , collection privée. ISSN numérique : 2116-1046 Revue féministe, internationale & multilingue...
    • Non, la haine n'aura pas notre peau !
      S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes Non, la haine n'aura pas notre peau ! Dina Sahyouni Improvisation du 18 août 2017 en hommage aux victimes des attentats terroristes qui ont frappé l'Espagne hier et cette nuit. La haine frappe les corps,...
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      Annonce de concours Grand prix de poésie de la ville d’Aix-en-Provence, Session 2017, Concours organisé par l’Association Artistique et Culturelle H O R I Z O N sous le haut patronage et avec la participation de la Ville d’Aix-en-Provence Mesdames, Messieurs,...
    • Diana Morán : panaméenne, universitaire et poète de l'exil
      Premier colloque 2017 Rubrique : "Colloques en ligne" Diana Morán : panaméenne, universitaire et poète de l'exil Maggy de Coster Site personnel : www.maggydecoster.fr/ Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/ © Crédit photo : Photo de l'auteure...
    • Femmes ! & Les cris d'une rebelle
      Dossier 2 | Florilège de textes poétiques Poésie militante Femmes ! & Les cris d'une rebelle Mokhtar El Amraoui Femmes ! L'impossible ne peut être femmes ! Nous aurons toujours la taille de nos rêves ! Nous rejoindrons, de notre florale impatience, Dans...
    • Ouest Trans appelle à une mobilisation collective afin de garantir notre accès aux soins !
      S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes Ouest Trans appelle à une mobilisation collective afin de garantir notre accès aux soins ! L'association Ouest Trans © Crédit photo : Logo de l'association Ouest Trans En Bretagne, la CPAM 29 (Finistère)...
    • L’apport des femmes haïtiennes dans la peinture
      N°7 | Bémol artistique Avant-première, article L’apport des femmes haïtiennes dans la peinture Maggy de Coster Site personnel : www.maggydecoster.fr/ Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/ Forme d’expression traditionnelle en Haïti , la...
    • Nocturnes avec Chopin
      N°7 | S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes Avant-première, hommage Nocturnes avec Chopin Mustapha Saha Sociologue, poète, artiste-peintre © Crédit photo : Portrait de Jeanne Moreau par Mustapha Saha. Peinture sur toile. Dimensions 100 x 81...
    • Un été poétique malgré tout !
      Agenda | Newsletters Un été poétique malgré tout ! Le Pan Poétique des Muses (sigle LPpdm) Chères lectrices, chers lecteurs, L e Pan Poétique des Muses, première revue féministe plurilingue et pluridisciplinaire de poésie qui intègre les études des femmes...
    • Concours de « POETA »
      Annonce de concours poétique Concours de « POETA » Tatjana Debeljački © Crédit photo : Le visuel du concours à télécharger, fourni par l'auteure « POETA » ouvre un concours nommé « HAIKU » « Cœur serbe de Johannes » Le thème est défini en fonction du...