19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 13:34

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm)


 

REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE & MULTILINGUE DE POÉSIE

 

ENTRE THÉORIES & PRATIQUES

 

 

 

N°7 | AUTOMNE 2017


 

 

Femmes, poésie & peinture


 

1er volet sous la direction de Maggy de COSTER

 

© Crédit photo : œuvre artistique sans titre de Maggy de Coster

 

 

 

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ISSN numérique : 2116-1046

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

 

 diffusée en version électronique (apériodique) 

 

& en version imprimée (4 numéros par an) 

 

ISSN Imprimé : 2492-0487

 

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© www.pandesmuses.fr

 

Rappel utile : comme vous le savez bien cher lectorat la revue LPpdm (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteur-e est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, il est le/la seul-e responsable du contenu de son texte, de son image, etc.

 

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le Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes

 

 

Lettre n° 9 (Avant-première de nos dernières publications de 2016)

 

Page créée le 5 octobre 2017 en cours d'édition...

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 13:34

 

 

 

N°7 | Sommaire

 

 

 

N°7 | AUTOMNE 2017

 

 

Femmes, poésie & peinture


 

 

1er volet sous la direction de Maggy de COSTER

 

 

Mise en ligne progressive avant

 

sa parution en version imprimée en décembre 2017

 

 

 

© Crédit photo : œuvre artistique sans titre de Maggy de COSTER

 

 

Équipe de la version en ligne : Maggy de Coster (dir.). Couverture illustrée par Maggy de Coster. Illustrations par ...............................

Réalisation technique : Dina Sahyouni. Nous écrire : contact.revue@pandesmuses.fr, contact@pandesmuses.fr. ISSN numérique 2116-1046 : Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques. Revue féministe de poésie, électronique, internationale, multilingue et apériodique.

 

 

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Appel à contribution du n°7 :

 

"Femmes, poésie & peinture"

Sommaire

« Éditorial »

 

Bémols artistiques & LPpdm a rencontré 

Maggy de Coster, « L’apport des femmes haïtiennes dans la peinture »

Sylvain Josserand, « Jennifer Bush : une artiste de la Lumière »

 

Entretien

 

Maggy de Coster, « Interview avec l’artiste peintre Isabelle Venet »

 

Articles

 

Dossier majeur

 

Femmes, poésie & peinture

 

 

 

Maggy de Coster, « La Place des femmes dans la peinture de Camille Pissarro », « Frida Kahlo ou la sublimation de la douleur par l’art pictural »

Nicole Barrière, « La peinture de Louise Cara ou l'espace du monde en son féminin »

 

Dossier mineur 

Muses & Poètes

 

Poésie, Femmes & Genre

 

 

 

Textes poétiques des dossiers

 

Mustapha Saha, « Trouville en hiver », illustration par Élisabeth Bouillot-Saha

Laure Delaunay, « Parsemillage »

Mariem Garali Hadoussa, « Pluies de vie », « Voix de femmes ! »

Ghyslaine Leloup, « Les belles ancêtres »

 

Instant poétique en compagnie de...

 

 

Poésie de la jeunesse

 

Julien Servent, « Brest », « Cause onirique », « Découverte » & « Monarchie magmatique »

 

Poèmes des ancêtres (aïeules/aïeux)

Louise Ackermann, « À une artiste » & «  Pygmalion »

 

Poésie érotique

Nicole Hardouin, « L’office de la brûlure »

 

Sourires & rires féministes

 

 

Poésie, musique & art audiovisuel [uniquement en ligne]

 

Travestissements poétiques

 

Claude Luezior, « Confessionnal »

 

Muses au masculin

Claude Luezior, « Confessionnal »

Critique & réception

 

Françoise Urban-Menninger, « Michèle Finck, Connaissance par les larmes. Poèmes parus aux Éditions Arfuyen »

 

Encart des langues étrangères

Barbara Polla & Charia Bertini, « HOPE. Mounir Fatmi (focus artist), Janet Biggs, Debi Cornwall & Alexandre d’Huy. Beirut Art Fair »

 

S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes

Sylvain Josserand, «  Le Courage et le militantisme d’une plasticienne luxembourgeoise »

Mustapha Saha, (texte et illustration) « Nocturnes avec Chopin »

 

Revue culturelle d'Orient & d'Afrique

Barbara Polla & Charia Bertini, « HOPE. Mounir Fatmi (focus artist), Janet Biggs, Debi Cornwall & Alexandre d’Huy. Beirut Art Fair »

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 13:31

 

Publication successive du 27 septembre jusqu'au 31 octobre 2017

 

 

 

 

Lettre n°12

 

 

 

 Vers des vers verts...

 

 

© Crédit photo : Roses par DS, septembre 2017.

 

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Comité de rédaction : Khris Anthelme, Camille Aubaude, Cyril Bontron, Maggy de Coster, Laure Delaunay, Eric Guillot, Mario Portillo Pérez, Dina Sahyouni, Nelly Taza & Françoise Urban-Menninger. Réalisation technique : Anna Perenna, Cyril Bontron. Contacts : contact@pandesmuses.fr & contact.revue@pandesmuses.fr

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Vos poèmes, nouvelles, contes, pensées, fragments,

lettres, chroniques, traductions, articles,

illustrations, entretiens, vidéos, etc.

sont souhaités.

Sommaire

 

Témoignages


Dina Sahyouni

 

Bémols artistiques

............................................

 

Entretien artistique et/ou poétique

............................................

Articles

............................................

    Critique & réception

    ............................................

    Littérature de jeunesse

    ............................................

    Revue des éditrices & éditeurs

    Dina Sahyouni

    ............................................

    Poèmes, nouvelles, lettres, fragments, contes

    Huguette Bertrand

    Laure Delaunay

     

    Mona Gamal El Dine

    La voix d'un enfant inconnu


    Dina Sahyouni

     

    ............................................

    Poésie, musique & art audiovisuel

    Nicole Coppey

    ............................................

    Muses au masculin

    ............................................

    Travestissements poétiques

    ............................................

    Revue culturelle d'Orient & d'Afrique

    ............................................

    Revue culturelle des Amériques

    ............................................

    S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages

      ............................................

       

      Événements & manifestations avec des membres de notre équipe

      SIÉFÉGP

      LPpdm

      ............................................

      Sourires & rires féministes

      ............................................

      Annonces diverses

       

      Alain Clastres, Silencieux, éd. Unicité, 2017, 90 p.

       

      Actions en faveur des femmes

      ............................................

       

      Œuvres reçues par LPpdm et classées (certaines d'entre elles) dans

      le Catalogue de la Bibliothèque Cybèle de la SIÉFÉGP

      ............................................

      Notre choix d'actualité philosophique et scientifique sur le vivant

      (disponible en ligne)

      Raphaël Enthoven, « Le cauchemar du racisme, son seul ennemi et son antidote, c’est la mixité » via Europe 1

       

      ............................................

      Notre choix de séries télévisées, films, d'émissions culturelles radio-phoniques et télévisées qui valorisent les femmes (disponibles en ligne)

      Joséphine, ange gardien : La femme aux Gardénias (1ère partie2ème partie), Via TF1

      ............................................

      On parle de nous

      Notre choix d'actualité poétique et artistique en ligne

      ............................................

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      Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
      19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 13:30

       

      N °7 | Entretien artistique

       

      LPpdm a rencontré

       

       

       

      Interview avec

       

       

       

      l’artiste peintre

       

       

       

       

      Isabelle Venet


       

       

       

      Propos recueillis par

      Maggy de Coster

      Site personnel : www.maggydecoster.fr/

      Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

       

       

      ***

       

       

      Présentation de l’artiste peintre

       

         

      © Crédit photo : au salon d’automne, de gauche à droite ; la photographe Françoise Ducène-Lasvigne et la peintre Isabelle Vernet devant son tableau.

       

       

       

      Isabelle Vernet, vogue de l’abstrait au figuratif au gré des couleurs et par l’aval de ses pinceaux. Elle expose tant en France qu’à l’étranger mais l’on comprendra vite qu’elle a dû se battre pour s’imposer aux côtés de l’autre sexe. Lors du vernissage du Salon d’Automne qui a eu lieu du 12 au 15 octobre 2017 aux Champs Élysées, nous avons rencontré la peintre par l’entremise de notre amie commune photographe d’art Françoise Ducène Lasvigne.

       

       

      ***

       

       

      Maggy De Coster – Isabelle Venet, que pouvez-vous nous dire de vous en tant que femme peintre tant sur votre parcours que sur le plan de votre technique picturale ?

      Isabelle Venet – En tant que femme, je trouve le parcours artistique plus long et plus combattant que celui de l’homme. La crédibilité se fait d’avantage par le temps et la reconnaissance s’est faite à partir de l’argent ! (tant mieux pour moi, j’ai vite gagné ma vie avec la vente de mes tableaux ce qui m’a rendue rapidement professionnelle).

      La vie des femmes peintres en unité avec la femme mère, active, épouse, amante est plus complexe et difficile. La place de la création, de la concentration et de la réflexion est un parcours de combattant entre la vie quotidienne et la vie nourricière pour nous les mères. Une autre question, maintenant avons-nous le même ego que les hommes ? C’est aussi un débat.

       

      MDC – Mais quelle place occupez-vous sur le marché de l’art par rapport à vos collègues masculins ?

       

      IV – Sur le marché de l’art je ressens également beaucoup de machisme.

       

      MDC – Sentez-vous qu’il y a une différence de traitement, de perception et d’appréciation entre les femmes et les hommes peintres ?

       

      IV – Oui, je l’ai ressentie très fort cette différence de traitement. Je le ressens moins aujourd’hui avec mon âge plus mature et mon expérience mais je le ressens encore fort dans certains pays.

       

      MDC – Pensez-vous qu’il y a une évolution de la place des femmes dans le monde de l’art ?

       

      IV – Oui, je trouve qu’il y a une évolution de la place des femmes dans le monde de l’art et il est temps.

       

      MDC – Auriez-vous a priori un message à faire passer quant aux sujets que vous traitez dans votre peinture ?

       

      IV – Dans ma peinture, je traite l’humanité, l’actualité, mes émotions etc. et j’ai eu besoin de traiter la féminité, la maternité, la protection, les cycles de la femme qui nous différencient biologiquement indéniablement et qui font de nous ce que nous sommes, c’est- à-dire recommencer éternellement sans début ni fin.

       

      MDC – Vous utilisez pas mal d’images de femmes dans votre peinture, cela a-t-il une signification particulière pour vous ?

       

      IV – J’en exprime l’admiration, la pudeur, l’intimité, la force et la continuité !

       

      MDC – Y a-t-il des peintres qui vous ont particulièrement marquée ou influencée ?

       

      IV – Les peintres qui m'ont marquée : les artistes du Bauhaus (ndlr, Bauhaus est le nom que prendra l’Institut des arts décoratifs et industriels en Allemagne en 1919 sous la direction de Staatliches Bauhaus), Kandinsky, Klee, (les expressionnistes américains,) Frida Kahlo, Antoni Tàpies i Puig, dont j’ai lu les livres avec passion et bien d’autres.

       

      MDC – Depuis combien de temps participez-vous au Salon d’Automne ?

       

      IV – Le salon d'automne, j’y ai participé une première fois il y a une dizaine d'années, et j’y participe régulièrement depuis trois ans.

       

      MDC – À quelle fréquence exposez-vous en général ?

       

      IV – J’expose plusieurs fois par an expo de groupe, en France et à l’étranger. Là, je fais une rétrospective importante et expo « femmes particulière » avec un sculpteur et me suis concentrée sans exposer pendant un an.

       

      MDC – Vous sentez-vous comblée en tant que femme peintre ?

       

      IV – Oui, je me sens comblée en tant que peintre. J’aime cette vie de montagnes russes !

       

      MDC – Vous exposez aussi à l’étranger comment votre peinture y est-elle accueillie ?

       

      IV – À l’étranger, je n’ai jamais senti ma place en Chine probablement parce que je suis une femme ou alors c’est ma peinture, il est vrai que je travaille dans la construction et la déconstruction et moins dans l’unité, pas dans l’unique trait ! Je me sens à l’aise dans les pays du Nord au niveau de ma peinture qui est plus intérieure.

       

      MDC – Quelle sont vos attentes ? Auriez-vous un souhait à vous exprimer ?

       

      IV – Gardez la santé, l’énergie et l’inspiration pour voyager et peindre le plus longtemps possible !

       

      ***

       

      Cliquez sur ce lien pour visiter le site de Isabelle Vanet

       

       

      ***

       

      Pour citer cet entretien

       

      Maggy de Coster, « Interview avec l’artiste peintre Isabelle Venet », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 19 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/isabelle-vanet.html

       

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      Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
      16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 14:04

       

      N °7 | Dossier majeur | Articles & témoignages

       

       

       

       

      La peinture de Louise Cara ou

       

       

       

      l'espace du monde en son féminin

       

       

       

       

      Nicole Barrière

       

      Illustration de

       

       

      Louise Cara

       

         

       

      © Crédit photo : Toile "Trames" (157 x 150 cm,  TM,  2013) de de l'artiste peintre Louise Cara.

       

       

       

       

      La musique ancienne de la ville

       

       

      C’est une ville intense, c’est une ville de profondes blessures, d’ouragans dévastateurs, d’attaques terribles, d’expéditions lointaines. Peu à peu on remonte le fleuve et on se souvient.

      Les tableaux de Louise Cara sont comme des vaisseaux qui remontent le fleuve. On largue les amarres, sur le quai, parmi les portefaix, les départs et les adieux, remonte une musique ancienne d’expéditions, de mauvais garçons et de filles de joie, de bals par delà les remparts où des esclaves noirs dansaient avec des masques indiens. Retrouvailles dans le même rythme sinon la même peau dans le berceau originel de la ville, digues, rambardes entourant la pauvreté et la tristesse. Lenteur de la ville, lenteur à lever son damier jusqu’à la verticale, à cette levée il faut un rythme, trompette d’Amstrong ou danse zoulou, le courage danse avec le rythme.

       

       

      Et l’angoisse au fond des rues à gratte-ciel

      Levant des yeux de chouette parmi l’éclipse du soleil.

      Sulfureuse ta lumière et les fûts livides, dont les têtes foudroient le ciel

      Les gratte-ciel qui défient les cyclones sur leurs muscles d’acier et leur peau patinée de pierres.1

       

       

      Nous voilà sans repères comme le premier habitant découvrant son espace et tentant d’établir un lien intime avec lui. Ville minérale, dure, traversée de lumière rauque, détourée de son profil esclave jusqu'à cet instant :

       

       

      C’est l’heure pure où dans les rues, Dieu fait germer la vie d’avant mémoire

      -----

      Écoute au loin battre ton cœur nocturne, rythme et sang du tam-tam, tam-tam sang et tam-tam.

      -----

      Voici revenir les temps très anciens, l’unité retrouvée, la réconciliation du Lion, du Taureau et de l’Arbre.

      L’idée liée à l'acte, l’oreille au cœur le signe au sens.

       

       

      La ville rêve, de ce rêve immense des villes, depuis la dalle horizontale jusqu’à l’élan vertical de son ambition. Elle étend son rêve jusqu’aux lointains des trains et des banlieues. Elle ouvre ses coins secrets, ses déserts à l’odeur humble des matins. Des pas pressés et la nonchalance du regard sur un square au fond d’une rue, le soleil levant sur une maison improbable, peuplée d’errants et de chats sauvages !

      Louise Cara ne met pas en ordre la ville, elle ne la préserve pas, elle s’efforce d’en creuser la faille, d’en ouvrir le flanc jusqu’à faire apparaître l’espace du labyrinthe.

       

       

      J’ai trouvé que la terre était fragile, et la mer, légère ; j’ai appris que la langue et la métaphore ne suffisent point pour fournir un lieu au lieu.

      N’ayant pu trouver ma place sur la terre, j’ai tenté de la trouver dans l’Histoire. Et l’Histoire ne peut se réduire à une compensation de la géographie perdue. C’est également un point d’observation des ombres, de soi et de l’Autre, saisis dans un cheminement humain plus complexe. 2

       

       

      Il y a une vision en miroir dans les tableaux de Louise Cara, résonances de lieux, passages de grandes histoires et d’événements intimes, expérience humaine collective et expérience spirituelle personnelle, cette vision est métaphore et elle arrime le moment présent aux significations de milliers d’années d’humanité.

      On pourrait penser à un bégaiement dans ses tableaux où s’entrecroisent inlassablement des traits de noir et de couleur, croisements de pas, de mémoires, bégaiement de la ville en sa langue, répétition d'oublis, qui creusent en leur évidement une tectonique du temps, creusement du temps dans le sillage des morts.

      Ses tableaux n’enferment pas : villes ouvertes sur le sens, Louise Cara observe leur modernité, et le temps s’y enfonce. Dans l’espace de la ville, Louise Cara, dans ses tableaux creuse la profondeur. Le génie de cette peintre est de ne pas proposer une lecture d’un espace-temps géologique, stratifié et immobile mais d’entrer dans le mouvement de la ville, de ne pas retourner vers le passé en luttant à contre-courant, mais de descendre de la ligne verticale de ses villes-totems jusqu’à l’origine d’événements les plus lointains qui communiquent et rattachent aux mêmes racines.

       

       

      Un exercice spirituel déternité

       

       

      L’exercice spirituel auquel nous convoque Louise Cara est celui de l’éternité ! Elle abolit les distances, traçant les contours d’une ville la nuit jusqu’au labyrinthe serré de Gaza, à celui plus lâche de Bethléem, libère allégrement Thésée et nous tend le fil salvateur de la déesse.

      Nous voilà sur le métier à tisser de l’éternel. Ville, tapis, tissage, maille. Louise Cara franchit un pas nouveau dans son exploration de l’espace, à la ville ouverte, à son damier serré, répondent maintenant les tapis Kilim, espace intime de séparation du dehors et du dedans, de la terre et de la couche, du vent et du soleil, du jour et de la nuit, de la vie et de la mort. Résonne là, cette parole de Teilhard de Chardin : « L’énergie représente pour la science la forme la plus primitive de l’étoffe de l’univers. »

      En Anatolie, dans une des plus vieilles villes du monde, Catal Hühük dont le niveau le plus ancien date du VIIe millénaire avant J.-C, on a mis au jour des peintures murales représentant des motifs de kilims identiques à ceux que les femmes tissent encore aujourd’hui dans les villages.

      À voix basse, on entend le chant des femmes tissant les fils de couleur. Couleur ocre, couleur gris, de ce gris lumineux de nuage d’avant l’orage, le tapis fait face, détourne la terreur de l’orage, couleur rouge, de ce rouge du sang des femmes et de la fertilité, couleur jaune de la terre et du blé, couleur fertilité. Couleurs mêlées entremêlées dans le beige sous-jacent du temps des prières, beige limoneux des tombes.

      Tapis de métissage des éléments et tapis de séparation des âges de la vie : tapis pour aimer et naître, tapis pour découvrir et connaître, tapis pour prier et mourir. L’art du tapis est protection du dehors, de la nuit, des éléments, des esprits. L’art du tapis est langage de cette langue ancienne qui fait surgir le motif de la mère, terre-mère des vases anciens, terre fertile et féconde, comme le motif de la femme. Motifs animaux, pas et traces, motifs oiseaux de la métaphore ancienne d’amoureux lançant leur cri jusqu’à la joie du ciel, cri résonnant de son allégresse jusqu’aux Andes.

      Tapis de lecture, espace coloré et doux sur lequel l’enfant déchiffre en même temps que l’amour et l’art de la mère, le récit ancien des symboles : silhouettes, représentations du cosmos, rose et épi de blé, fils de lumière tressés avec la nuit. L’oreille contre le tapis, l’enfant retrouve le geste indien d’écoute : il entend la mélodie improvisée qui traverse le songe d’être jusqu’à la rumeur de vivre. Espace intime, le tapis livre le monde et ses différences, la planète et ses habitants, les comptines et les chansons qui vibrent selon la fibre : laine, soie, et on entend le son différent des nœuds tressés, nœuds des contes et des comptes, quipus indiens, nœud symétrique ou jumeau, nœud décalé et dense, nomade dans l’écart.

      Dans ses tableaux, Louise Cara recherche le mouvement de la vie, fait naître de l’immobile des figures rupestres enchâssées sur les parois de la grotte, la femme d’Oppède, le Christ dansant sa passion depuis la terre de Palestine, le jazz de New-York depuis la terre d’Afrique.

       

       

      Du tapis au mythe, l'espace-temps du tableau

       

       

      L’étoffe de l’univers forme un tout depuis la racine d’arbre jusqu’au tremblant de la feuille. Ses tableaux remuent comme remue le passé : hommes et bêtes, bruits de la nuit et de la forêt, vent sur la lande et le rocher, rythmes, rythmes, rythmes des pas, fils de la chaîne et de la trame, duels : jour/ nuit, travail/repos, haut/ bas, l’énergie du monde à sa verticale, principe transcendant et solaire, l’énergie du monde à l’horizontal, rumeur humaine du labyrinthe des villes, cohérence qui se faufile, méridienne du dessous et du dessus. Le tissage ondule sous les doigts du peintre, elle unit et différencie chaque élément, les croise, inspire, expire, joue la partition en ses modes, majeur, mineur jusqu’à la synthèse intelligible. Dans le tissage du tapis, elle témoigne des liens humains distendus, et tandis qu’apparaît le fil, le mythe, elle interroge la création.

      Ariane, elle tend le fil, fil rhizome des villes, rues bruyantes où s’affrontent les plaques du temps : temps vertical du présent, l’éphémère, temps horizontal de l’histoire soulevé jusqu’à notre hauteur de vue et là, les temps coïncident. Ariane fil conducteur des réseaux, maillage virtuel de l’espace, modernité où se pense le temps dépassé par sa propre vitesse, glissement des images, allégorie en ces fils noués, serrés, distendus, resserrés. Les fils d’Ariane de Louise Cara expriment l’intrication et l’enchevêtrement de strates temporelles non chronologiques mais reliées entre elles par de multiples analogies.

      Elle crée une référence qui permet de penser par variations sensibles et fait de ses tableaux des espaces de correspondances, où tout est indépendant et pourtant indispensable, interpelle chaque chose, où chaque élément résonne de cette note centrale sur laquelle elle s’appuie : le trait.

       

       

      La profondeur de la peinture de Louise Cara : le trait de l'origine

       

       

      Trait, geste premier du peintre, traits serrés comme les arbres de la forêt, d’où s’échappent les traits serrés d’oiseaux prêts à l’envol, traits serrés des humains, captés par la rumeur des villes, traits de l’épure qui retrouve sa conscience d’arbre, ou de la peur de l’oiseau, ou de l’effroi de l’humain dans la grotte. La profondeur de la peinture de Louise Cara s’installe dans cette généalogie depuis le trait jusqu’au tapis et jusqu’au labyrinthe serré des villes. Art de la caresse du pinceau, art de la gravure, art de la marque dans le livre comme autant de traces de plus en plus profondes, elle trace de ce geste laboureur, de ce geste tisserand, de ce geste d’inscription de la mémoire sur la feuille. L’art de Louise Cara est païen, l’art de Louise Cara est urbain, de ce temps où les mémoires du tapis et de la ville se rejoignent, s’enracinent dans la terre, dans le travail sur le métier, métier tisserand ou métiers des réseaux de la vie et de la parole : rues, commerces, fleuves, web. La terre, le travail humain matériel et spirituel, le mouvement de la vie, tels sont les éléments que peint Louise Cara.

      La terre, terre de la trame complexe, humus de larges traits comme autant d’écorces décomposées, humus, matière souple et aérée, qui absorbe et retient l’eau, terre brune, noire, à l’odeur forestière, de prairie ou de labour, terre qui livre aux racines l’indispensable à leur grandissement, humus libéré des substances inertes ou toxiques, terre végétale animée du souffle, du vent et de la pluie, terre solaire et lumineuse reposant sur les papiers pour inventer le motif du tapis.

       

      Le tapis, lieu intime et clos comme le jardin ou le tableau. Comme la femme à son métier, Louise Cara a observé les oiseaux, interrogé les nuages, consulté les livres, comme la femme à son métier, elle a voulu le tableau pour lui-même, non pour la forme, l’agrément ou la beauté, mais pour la densité de la matière, de la couleur et du geste. Cette densité c’est l’art, non l’art de l’ennui ou du divertissement, mais l’art comme une parcelle d'éternité qui nous assure qu’une partie de nous-mêmes ne saurait être blessée par ce qui n’est pas elle. Ici point de figuration ni d’utopie vantant la fécondité des arbres ou des femmes, pas de récolte succulente, ni de charme sur le mode des métaphores, mais la terre reculée d’un chemin initiatique qui suppose la rupture avec le familier, le quotidien, le trop humain. Lointain étrange non exempt de douleur, si le monde n’était pas si cruel... Comment loger au creux de cette douleur sans se recroqueviller ? Comment l’ensemencer pour que l’apaisement y gagne la profondeur ?

       

      Il existe une même passion orageuse entre le métier du tapis, du jardin ou du peintre, un lien parent les unit de la même clôture, il s’y dérobe, perd de son éclat, sans user de violence, il se met à ressembler à tous les autres, accepte paix et gaîté, multiplie les grâces et les incarnats, se recouvre d’ombres légères, reflète le cours des silences et des astres. Quels hasards ont délégué cette parcelle qui rend dérisoire l’immensité de l’univers, quand se lèvent les étoiles sur l’arrière-pays, et fait battre le cœur à ce songe qui permet d’échapper à la confusion originelle ?

       

       

      Lart de la transmutation

       

       

      Comme la femme à son métier, Louise Cara vit sur un pied d’égalité avec son art, elle stoppe l’hémorragie du temps, pourtant la matière ne lui appartient pas, elle la travaille, la tourmente, la remue, elle entend la colère et le cri et accorde l’inestimable complicité à son énigme, c’est-à-dire au mouvement de la vie.

      La vie qui est et n’est pas, la vie qui déborde du jardin avec de folles frondaisons et des branches foisonnantes, qui déborde du tapis en ses fils qui remontent jusqu’au chant des femmes, qui déborde du cadre et se recentre en lui jusqu’au vide. Voilà l’heure de saisissement de la matière rhizome, Louise Cara en fixe les lignes solides, en organise le territoire stable comme autant de places et de plages, de lieux de naissance et de co-naissance.

      Naissance et co-naissance de ces traits serrés les uns contre les autres, comme les ombres de la caverne, le regard aveugle d’hommes. La peinture de Louise Cara est une écriture de la transmutation, un art de la transformation et une lecture du monde en son féminin. Art de la caresse et de la gravure, art de la mémoire, contre la malédiction et la tradition qui pèsent sur la condition des femmes, elle ouvre par sa fécondité de peintre l’imagination d’un monde autre, ancré et projeté vers les étoiles, par la fertilité des motifs , elle permet la réappropriation du féminin du dedans et du dehors depuis le trait, le tapis, le labyrinthe, la ville, elle élève par la hauteur et l’exigence de son travail contre le modèle captif de la malédiction qui enferme les femmes.

       

       

      Cliquez sur ce lien pour visualiser les tableaux de Louise Cara

       

       

      ***

      Notes

       

      1 Leopold Sédar Senghor,Ethiopiques, A New York

      2 La Palestine comme métaphore, Entretiens, Paris, Sindbad/Actes Sud, 1997.

       

      ***

       

      Pour citer ce texte

       

      Nicole Barrière, « La peinture de Louise Cara ou l'espace du monde en son féminin », illustration par Louise Cara, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 16 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/cara-son.html

       

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      Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
      16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 10:54

       

      N °7 | Dossiers majeur & mineur | Textes poétiques

       

       

       

       

      Les belles ancêtres

       

       

       

      Ghyslaine Leloup

       

      Cet extrait est reproduit avec l'aimable autorisation

       

      de l'autrice/auteure et des éditions L'Harmattan

       

       

      © Crédit photo : 1ère de couverture illustrée de Sur le seuil, promis, éd. L'Harmattan

       

       

       

      Vous êtes là, sur le seuil

      Feux follets dans un pays de néons

      Si menues en nos mémoires

       

      Madame Vigée-Lebrun, Artemisia Gentileschi. Et

      Sofonisba Anguissola, Mary Beale, Catherine Girardon, Louise Moillon,

      Rosalba Carriera, Louise Abbéma, Anne Vallayer, Anna Ancher,

      Marie-Louise Petiet, Constance Mayer…

       

      À vos vanités, natures mortes et portraits

      Le voyage

      À vous, le dedans

       

      Hildegarde de Bingen, Clara Schumann. Et

      Maddalena Casulana, Francesca Caccini, Louise Farrenc,

      Jane-Elisabeth Jacquet de La Guerre, Barbara Strozzi,

      Cécile Chaminade, Ethel Smyth…

       

      L’orchestre joue ailleurs

      Mode mineur de l’épinette

      Aux érudits, vos partitions palpées comme dentelles

       

      Camille Claudel. Et

      Luisa de Roldàn, Properzia de Rossi, Hélène Bertaux, Marie Cazin,

      Églantine Lemaitre, Jane Poupelet, Félicie de Fauveau,

      Anne de Chardonnet, Marcello, Clémence-Sophie de Sermezy…

       

      Votre oubli signé à la gouge

      Dans jardins et cimetières

      Œuvres en retrait, passants distraits

       

      Christine de Pisan, Louise Labé. Et

      Pernette du Guillet, Marie de Gournay, Catherine Bernard, Marie de Brabant,

      Jacquette Guillaume, Antoinette Deshoulières, Suzanne Verdier,

      Anne-Marie du Boccage, Félicité de Genlis, Élisa Mercoeur…

       

      À écrire, « de femelle devins masle »

      Pauvre Christine

      Une mauvaise graine dans le jardin clos

      Olympe de Gouge, Flora Tristan. Et

      Hubertine Auclert, Millicent Fawcett, Emmeline Pankhurst,

      Annie Keyney, Kate Sheppard, Carrie Chapman Catt, Hortense Allart,

      Désirée Gay, Jeanne Deroin, Pauline Roland…

       

      Un mot léger comme un jupon de linon

      Suffragettes

      En prison gavées comme des oies

       

      Mademoiselle de Scudéry, Madame du Deffand. Et

      Catherine de Rambouillet dite « Arthénice », Marie Bruneau des Loges,

      Marie-Thérèse Geoffrin, Elizabeth Montaguë, Quinault Cadette,

      Amélie Suard, Sophie d’Houdetot, Julie Talma, Delphine de Girardin

       

      Sublimes bas bleus confinés en vos salons

      La philosophie entre chez vous

      Sur des ailes de papillons-vitrail

       

      Alexandra David-Néel, Isabelle Eberhardt. Et

      Alexine Tinne, Anne Bonny, Jeanne Baret,

      Marie-Angélique Duchemin, Mary Seacole, Jane Dieulafoy,

      Marianne North, Gertrude Bell, Daisy Bates, Mary Kingsley…

       

      Ah ! Essayer le monde

      Vous parcourez les terres et les guerres

      Appuyées sur une ombrelle

       

      Marie Curie. Et

      Anna Maria Sibylla Merian, Laura Bassi, Madame du Châtelet,

      Julie Charpentier, Caroline Herschel, Sophie Germain, Mary Anning,

      Cécile Vogt, Thérèse Bertrand-Fontaine, Ada Lovelace…

       

      Équations papillons constellations

      Le langage Ada n’est pas galant

      Belles nébuleuses masquées par la nuit

       

      Vous êtes là sur le seuil

      Belles ancêtres

      Au bord de l’effacement

      Si menues dans nos mémoires

       

       

       

       

      NDLR : ce poème est un extrait reproduit du recueil Sur le seuil, promis, collection Accent Tonique, l’Harmattan, 2012.

       

      ***

       

      Pour citer ce poème

       

      Ghyslaine Leloup, « Les belles ancêtres », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 16 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/belles-ancetres.html

       

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      Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
      15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 16:48

       

      Événements poétiques | 2017 | Concours international (1ère édition)

       

       

       

       

       

      Le concours international, poétique & artistique

       

       

      du périodique Le Pan Poétique des Muses

       

       

      Édition 2017 sur les animaux, le handicap & la joie

       

       

       

       

      N'hésitez pas à prendre part au 1er concours international poétique & artistique du périodique Le Pan Poétique des Muses pour sélectionner les dix meilleurs articles sur la poésie et les dix meilleures contributions poétiques, musicales, humoristiques, artistiques (etc.) sur l'un des thèmes suivants : les animaux, le handicap et la joie. Les sélectionné-e-s bénéficieront d'un numéro collectif en ligne et d'une attestation individuelle signée par Le Pan Poétique des Muses. Règlement : deux propositions au maximum par auteur-e.

      Dates butoirs : du 1er août 2017 au premier octobre 1er décembre 2017 compris. contact.revue@pandesmuses.fr

       

       

      Sommaire

       

       

      Poèmes

       

      Mona Gamal El-Dine, « La voix d'un enfant inconnu »

      Natacha Guiller, « Les moufles’moutatchou » & « Oiselle en gras vagabonde »

      Claude Luezior (textes & illustrations), « Nuit farouche » & « Confessionnal »

      Tatjana Debeljački, « The pain » & « Instead of my will »

      Johanna Treilles, « Mon enfant du soleil »

       

       

       

      Films poétiques

       

      Raphaelle Gayon, « "Ode à Adeline Chambriard" de Camille Aubaude »

       

      ***

       

       

      Pour citer ce sommaire


      Le Pan Poétique des Muses, « Le concours international, poétique & artistique du périodique Le Pan Poétique des Muses. Édition 2017 sur les animaux, le handicap & la joie », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques|Concours international (édition 2017 sur les animaux, le handicap & la joie), mis en ligne le 23 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/concours-sommaire.html

       

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      Page créée le 23 août 2017

      Dernière mise à jour le 10 octobre 2017

      Dernière mise à jour le 15 octobre 2017

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      Le Pan poétique des muses - dans Événements poétiques
      15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 16:47

       

      1er concours international de poésie

       

      Poème inédit pour "Les voix de la paix et de la tolérance" 

       

       

       

      Poème sélectionné sur le thème "la joie"

       

       

       

      La voix d'un enfant inconnu

       

       

       

      Mona Gamal El-Dine

       

       

       

      En souvenir des enfants coptes massacrés sur le chemin de monastère de Saint Samuel à Minieh

       

       

      Musique

       

      Je contemple l’arbre anéanti et la terre brûlée...

      J’ai poussé un cri d’amour et de désespoir...

      Je n’entends pas le chant des oiseaux, ni leurs petits gazouiller comme autrefois...

      Je pleurais et le ciel pleuvait...

      Je vis le présent mais le passé m’habite... j’ai effacé les souvenirs !

       

      Il était une fois, des champs de blé, surface dorée, étaient l’espoir de nourrir les habitants de la vallée...

      Comme ma mémoire est perturbée, je me souviens que je jouais avec les filles et les garçons : Léa, Mina, Amal, Khalid, Youssef,...

       

      À l’époque, les cloches de l’église annonçaient un événement, nous rentrons avec l’espoir de partager le pain sacré...

       

      Avant le coucher du soleil, c’était le retour des paysans avec leurs troupeaux, nous sautions de joie devant cette image...

      Nous rentrons pour le dîner...

      C’était la joie de vivre...

       

      Sur le chemin, l’odeur du pain engouffré dans le four nourrit notre cœur avec un immense bonheur...

      Sur la route des souvenirs, j’ai perdu mes mots, les cris des enfants et le chant des oiseaux...

       

      Je ne me souviens plus des couleurs de l’arc-en-ciel, au moment du coucher de soleil, sur notre village...

      J’ai oublié les couleurs de joie des costumes traditionnels des femmes,...

       

      Je suis revenue pour marcher sur les cadavres de mon village, corps silencieux, yeux ouverts sans regard qui voudraient raconter l’histoire de notre village anéanti – arrêt sur l'image – sans reconnaissance de mémoires...

       

      Anges innocents, ils n’ont pas touché le bonheur de la vie

      Un fantôme obscure hante ses victimes

      Les âmes révoltées sont en souffrance

      On mutile les cadavres, on brûle leurs objets sacrés

      Leur corps immobile, continue à méditer...

      L’œil de la divinité est indifférent du flot de sang ? !

      Combien de poèmes pour me consoler ? !

       

      Musique

       

      Il était une fois, un village, une montagne, des enfants qui jouaient, des femmes préparaient le pain, des hommes récoltaient le blé, des mariages et des deuils, une vie de village !...

       

      Des arbres grandissaient pour faire de l’ombre sur notre village bien aimé…

      Des oiseux parlaient, chantaient, ils vivaient en paix !

       

      Il était une fois, des larmes de joie, mariages, fêtes, départ, tambours...

      Je suis revenue à l’époque où des tambours de guerre et des nouvelles suspendues,...

      Je suis abasourdie par les nouvelles diffusées, déformées par la radio qui annonce un seul gagnant, celui qui a réussi à mettre le feu dans toutes les vies...

      Celui qui a triomphé en semant la peur, anéantissant des sentiments nobles...

      Décadence avec fierté...

       

      Musique

       

      Mon cœur saignait, mes mains tremblaient, mes yeux en larmes...

      Je ne pouvais pas distinguer les cadavres, même pas jeter un dernier regard,...

      Mes cousines, mes cousins, mes nièces, mes neveux, les enfants du village.

      Où sont-ils ?

       

      Musique

       

      L’œil observe la fosse commune...

      Oui, ils sont tous ensemble...

      Oui, nous sommes ensemble dans la douleur, dans le deuil de l’Humanité...

      Les enfants du monde déposent des gerbes de fleurs rouges, devant le mémorial de l’enfant inconnu,...

      Ces innocents sont massacrés sans idée légitime ?!

      Est ce vrai que Dieu est puisant ?... juste ?

       

      Le ciel abriterait- il les criminels ?!

       

      Ces enfants envoient un message à l’Humanité…

      Nous sommes la terre, nous sommes la Paix !

       

      Musique

       

      Ils conseillent de dire, d’écrire, de chanter l’hymne de la Paix, chaque matin à l’école...

      Ils souhaiteraient offrir des fleurs, chaque jour pour fleurir les tombeaux, les protéger contre l’oubli.

       

      Ils seraient satisfaits d’envoyer aux victimes des lettres d’amour car ils sont les martyrs de la Paix...

       

      Musique

       

      Ils voudraient être la mémoire vivante dans le cœur de l’Humanité…

      Ils s’adressent à l’Humanité pour nous dire : le temps est venu pour vivre en Paix ensemble !

       

       

      En ce moment, sur cette note d’espoir, ainsi s’achève le message d’un enfant inconnu...

       

      Mon crayon cesse de bouger et s’arrête sur ces mots en or : Ensemble pour la Paix !

       

       

      Musique

       

      Ya May, .. waladi... (appel d’un enfant à sa mère)

       

      Ya May...Waladi... (réponse de la mère)

       

      Ya May...Waladi...

       

       

      Accompagnement musical

      Thomas LALLEMAND

      Guitare

       

      26 mai 2017, ce poème a été traduit en espagnol

       

      Poésie engagée

       

      Lettre n°12 | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages

       

       

      ***

      Pour citer ce poème

       

      Mona Gamal El-Dine, « La voix d'un enfant inconnu », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 12 & Événements poétiques|Les voix de la paix et de la tolérance| Concours international (édition 2017 sur les animaux, le handicap & la joie), mis en ligne le 15 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/concours-voix-enfant.html

       

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      14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 10:27

       

      Lettre n°12 | Poèmes

       

      Performance poétique & artistique

       

       

      Poésie, musique & art audiovisuel

       

       

       

      Inspiration et improvisation

       

       

      sur le poème calligramme « Neige »

       

       

       

       

       

      Nicole Coppey

       

      Sites officiels : http://www.nicolecoppey.com/ & http://www.123.musique.ch

       

      Chaîne officielle YouTube : https://www.youtube.com/channel/UC_Mt28JgxfzPW91iaO7TS1g

       

       

       

      © Crédit photo : "Inspiration et improvisation sur le poème calligramme « Neige »",

      image 1 capturée du film par LPpdm

       

       

       

      © Crédit photo : "Inspiration et improvisation sur le poème calligramme « Neige »",

      image 2 capturée du film par LPpdm

       

       

      https://youtu.be/sfGwgAYiGio

      Description

      Inspiration et improvisation en vidéo unissant poésie-musique et dessin. Il s’agit d’une création musicale et visuelle mise en perspective par Nicole Coppey (artiste, poétesse, pédagogue et fondatrice de l’École pédagogique d’Art musical « Un, Deux, Trois, Musiques... » sur le poème calligramme « Neige » avec la participation de jeunes artistes issus de l’école.

      Poème calligramme extrait de l'ouvrage

      Souffle d'or sur une mer rouge de Nicole Coppey paru aux éditions Arabesques

      Piano et poème 

      Nicole Coppey

      Percussions

      Jessie Vergères et Laura Coppey

      Dessin

      Mélinda Delaloye

      Direction artistique

      Nicole Coppey

      Lieu de tournage

      Suisse, École pédagogique d'art musical « Un, Deux, Trois, Musiques... », sur une idée originale de ©  NC octobre 2011

       

      ***

      Pour citer ces court-métrage

       

      Nicole Coppey, « Inspiration et improvisation sur le poème calligramme "Neige" », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°12, mis en ligne le 14 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/neige.html

       

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      Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
      13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 16:46

       

       

      N °7 | Dossier majeur | Textes poétiques

       

      Poèmes des ancêtres

       

       

       

       

      À une artiste

       

       

       

      &

       

       

      Pygmalion

       

       

       

       

      Louise Ackermann (1813-1890)

       

      Crédit photo : domaine public, Gallica, estampe de Louise Ackermann*

       

       

      À une artiste

       

       

      [P. 13/P. 39 PDF]

       

      Puisque les plus heureux ont des douleurs sans nombre,

      Puisque le sol est froid, puisque les cieux sont lourds,

      Puisque l’homme ici-bas promène son cœur sombre

      Parmi les vains regrets et les courtes amours,

       

      Que faire de la vie ? Ô notre âme immortelle,

      Où jeter tes désirs et tes élans secrets ?

      Tu voudrais posséder, mais ici tout chancelle ;

      Tu veux aimer toujours, mais la tombe est si près !

      [P. 14/P. 40 PDF]

      Le meilleur est encore en quelque étude austère

      De s’enfermer, ainsi qu’en un monde enchanté,

      Et dans l’art bien aimé de contempler sur terre,

      Sous un de ses aspects, l’éternelle beauté.

       

      Artiste au front serein, vous l’avez su comprendre,

      Vous qu’entre tous les arts le plus doux captiva,

      Qui l’entourez de foi, de culte, d’amour tendre,

      Lorsque la foi, le culte et l’amour, tout s’en va.

       

      Ah ! tandis que pour nous, qui tombons de faiblesse

      Et manquons de flambeau dans l’ombre de nos jours,

      Chaque pas a sa ronce où notre pied se blesse,

      Dans votre frais sentier marchez, marchez toujours.

       

      Marchez ! pour que le ciel vous aime et vous sourie,

      Pour y songer vous-même avec un saint plaisir,

      Et tromper, le cœur plein de votre idolâtrie,

      L’éternelle douleur et l’immense désir.

      Paris, 1840

       

      ***

       

      Pygmalion

       

       

      [P. 41/P. 67 PDF]

       

      Du chef-d’œuvre toujours un cœur fut le berceau.

      L’art, au fond, n’est qu’amour. Pour provoquer la vie,

      Soit qu’on ait la palette en main ou le ciseau,

      Il faut une âme ardente et qu’un charme a ravie.

      Après tout, tes enfants ne sont point des ingrats,

      Artiste ! ils sauront bien te rendre ta caresse.

      Lorsque Pygmalion, ce vrai fils de la Grèce,

      Croit n’avoir embrassé qu’un marbre en son ivresse,

      C’est de la chair qu’il sent palpiter dans ses bras.

       

       

      ***

       

      Référence bibliographique : ces poèmes sont des extraits sélectionnés, transcrits et remaniés par D. Sahyouni de l'ouvrage de Louise ACKERMANN (1813-1890), Œuvres de L. Ackermann, (sous titre) Ma vie – Premières poésies – Poésies philosophiques, Paris, A. Lemerre, 1885, 1 vol., XX-187 p., pp. 13-14 & p. 41, Bibliothèque nationale de France, a été mis en ligne sur Gallica en juin 2010, voir aussi les permaliens des poèmes transcrits : page 13, page 14 & page 41.

      * Cette estampe a été choisie par DS : Anonyme, Recueil. Portraits de Louise Victorine Choquet, Mme Ackermann (XIXe s.), Bibliothèque nationale de France, département "Estampes et photographie", N-2 (ACKERMANN, Louise Victorine Choquet, Mme) http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb41870220m. Ce document a été mis en ligne sur Gallica en novembre 2012.

      ***

       

      Pour citer ces poèmes

       

       Louise Ackermann, « À une artiste » & « Pygmalion », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 13 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/pygmalion.html 

       

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