31 décembre 2021 5 31 /12 /décembre /2021 18:53


N° 10 | Automne-Hiver 2021-22 | Annonces diverses [Uniquement en ligne] ​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

 

Le calendrier

 

 

de l'avent 2021 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photo : Cadeaux de Noël par DesktopNexus, image trouvée sur le site : https://www.maxiapple.com/2020/11/fond-ecran-mac-pc-wallpapers-fetes-noel.html

 

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES vous propose sa liste de livres et albums à lire, à écouter ou à offrir du 1er au 31 décembre 2021. Cette liste se compose des œuvres commentées par des membres de la rédaction ou des œuvres lues et écoutées.

 

 

Œuvres recommandées : 

 

Le 1er décembre 

 

Le recueil de poèmes en prose Lettres à Bleue :

Le 2 décembre

 

Le roman Violences :

Le 3 décembre ​​​​​​

 

Le recueil de poèmes :

Le 4 décembre ​​​​​​

 

Le recueil de poèmes en braille :

Le 5 décembre ​​​​​​

 

L'album poétique intitulé "Muses, les filles de la mémoire" de l'artiste Sarah Amsellem (sortie officielle de l'album digital le 10 décembre 2021), en voici un extrait :

Le 6 décembre ​​​​​​

 

Le récit Au-delà de Nos larmes :

Le 7 décembre ​​​​​​

 

Le recueil de poèmes Dialogues avec le jour d'Isabelle Poncet-Rimaud

Le 8 décembre ​​​​​​

 

Le recueil de poèmes Mujer de sombra / La Femme de l'ombre et Lectora de tu voz / Lectrice de ta voix

Le 9 décembre ​​​​​​

 

Le recueil de poèmes Como decíamos / Comme nous disions hier. Poèmes de Celia Vázquez

Le 10 décembre ​​​​​​

 

Le recueil de poèmes La strophe d'après

Le 11 décembre ​​​​​​

 

L'essai poétique de Nataneli :

Le 12 décembre ​​​​​​

 

L'essai L'art est une fête :

Le 13 décembre ​​​​​​

 

Les œuvres suivantes de Barbara Polla

Le 14 décembre ​​​​​​

 

L'œuvre intitulée Ayne, femme africaine insoumise par Aye Diallo

Le 15 décembre ​​​​​​

 

Le recueil de nouvelles Ses yeux d'eau

Le 16 décembre ​​​​​​

 

La bande dessinée Hshouma par Zainab Fasiki

Le 17 décembre ​​​​​​

 

Les recueils de poèmes de Catherine Gil Alcala, La Foule Divinatoire Des Rêves & La Somnambule dans une Traînée de Soufre

 

Le 18 décembre

Le recueil de récits de Françoise Urban-Menninger, Le jour du muguet et autres récits

Le 19 décembre

 

Le recueil collectif de nouvelles Dimension Jardins​​​​​​ par Françoise Urban-Menninger (éd.).

 

Le 20 décembre

 

Le recueil de poèmes de Chantal Robillard Dentelles des reflets de Venise

Le 21 décembre

 

Le Consentement de Vanessa Springorae

 

Le 22 décembre

 

La soirée grandiose sur la chaîne de télévision CULTUREBOX (canal 14 & sur France TV4) à 21h05 "Mika at the Philharmonie de Paris"/"Mika à la Philharmonie de Paris

Bis | Le 22 décembre

 

Le recueil de Hiyam Bseiso, Mon Poème

Le 23 décembre

 

La nouvelle Énorme, une nouvelle de Marie Sellier

Le 24 décembre

 

Le roman autobiographique de Maïde Maurice, Nina, une enfance en Haïti

Le 25 décembre

 

Le documentaire "Le sexe du rire" par Julie Peyrard et Lise Thomas

Bis | Le 25 décembre

 

L'album féerique de MIKA à l'Opéra de Versailles

& son récital à "Philharmonie de Paris Live - Mika Philharmonique". Orchestre national d'île-de-France, Choeur Stella Maris, Simon Leclerc

Ce sublime concert est à (ré)voir :

Le 26 décembre

 

Zhifang Tang, Postface du conte Bo Ya et Ziqi de Zhifang Tang

Bis | Le 26 décembre

 

L'œuvre de Ivanka Paul, Goodby Tito, Mémoires d’une jeune provinciale aux idées arriérées...

Le 27 décembre

 

Anne-Marie Claire, "L'âme à l'amour tranché. Dénouer le destin d'inceste"

Bis | Le 27 décembre

 

L'Ange et les Pervers de Lucie Delarue-Mardrus, Édition critique établie par Nelly Sanchez, Classiques Garnier

 

Le 28 décembre

 

La téméraire de Marine Westphal, paru chez Stock

 

Bis | Le 28 décembre

 

Le recueil de poèmes espèce par Frédérique Guétat-Liviani aux éditions le Temps des cerises

 

Le 29 décembre

 

Nothingwood, réalisé par Sonia Kronlund. Film documentaire, 2017

 

BIS | Le 29 décembre

 

Brève chronique sur "Adèle" de Patricia Kaas

Le 30 décembre 

 

Anne Marty, La littérature haïtienne dans la modernité, Éditions KarthalaPrésentation du recueil Femmes du monde entier contre les violences (récits-poèmes)

Le 31 décembre 

 

Présentation du recueil Femmes du monde entier contre les violences (récits-poèmes)

 

***

 

Pour citer ce calendrier féministe 

 

Le Pan Poétique des Muses, « Le calendrier de l'avent 2021 », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°10 | Automne-Hiver 2021-22 « Célébrations », mis en ligne le 1er décembre 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/ns2022lecalendrierdelavent2021

 

 

 

Mise en page par Aude Simon

Dernière mise à jour le 30 décembre 2021

 

© Tous droits réservés

Retour au Sommaire du N°10 ​​​​​​​​

31 décembre 2021 5 31 /12 /décembre /2021 18:48

​​​

N° 10 | Célébrations | Dossier mineur | Florilège 

​​​​​

 

 

 

 

 

Il m’appelait Cassandre

 

 

​​

 

 

 

Barbara Polla

Site où elle publie régulièrement :

https://sarasvati.fr/

ou

https //womentoday.fr/

Blog officiel : 

https://barbarapolla.wordpress.com/

Site officiel de la Galerie :

https://analixforever.com

 

 

 

Crédit photo : Evelyn De Morgan, "Cassandre", peinture, image de Commons. 

 

 

 


 

Elle savait, quand des malheurs allaient arriver

Elle devenait triste alors

Silencieuse, tournée en elle-même

Essayant d’entendre ce qu’elle ressentait


 

Et son père la regardait


 

Il lui demandait : que se passe-t-il, Cassandre ?

Elle avait huit ans

Le lendemain,

La guerre, quelque part dans le monde


 

Pourtant elle aimait ce monde

Les herbes au bord du chemin

Les fossés regorgeant de secrets

Et enfant elle jouait avec ses livres et ses rêves


 

Et son père la regardait


 

Et lui demandait : mais que se passe-t-il, Cassandre ?

Elle avait seize ans

Le lendemain,

Les colonels prirent le pouvoir


 

Elle ignorait encore
Ce que colonel veut dire
Mais quand elle le comprit

Un mal entra en elle qui n’est plus jamais sorti


 

Et son père la regardait


 

Il lui demanda encore : que se passe-t-il, Cassandre ?

Elle avait trente cinq ans elle était en colère

Tu vas mourir mon père

Il est mort cinq ans après


 

Et parfois elle l’entend dans le vent

Que se passe-t-il, Cassandre ? 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème inédit ​​​​​

 

Barbara Polla, « Il m’appelait Cassandre », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques N° 10| Automne-Hiver 2021-2022 « Célébrations », mis en ligne le 31 décembre 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no10/bp-cassandre

 

 

 

 

Mise en page par David Simon

 

 

 

© Tous droits réservés 

 

Retour au sommaire du N°10

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 10 Amour en poésie Muses et féminins en poésie
30 décembre 2021 4 30 /12 /décembre /2021 14:50

 

N°10 | Célébrations | Réflexions féministes sur  l'actualité | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages

 

 

 

 

 

 

 

Mila :

 

 

une femme hors normes*

 

 

 

 

Dina Sahyouni

 

Poéticienne, éditrice,

lyreuse & fondatrice de la SIÉFÉGP

 

 

 

 

​​​Crédit photo :  Edward Mason Eggleston (1882-1941), « Reaching for the moon », peinture, image de Commons, Wikimedia domaine public. 


 

Ce billet dresse un constat alarmant sur la façon dont une jeune femme dans un pays fort civilisé peut concentrer à elle seule des animosités et haines des personnes aux discours généralement opposés**. Érigée en sorcière du XXIème siècle et diabolisée quotidiennement par des harceleurs et harceleuses, elle continue pourtant à tracer son chemin en femme hors normes qui dérange beaucoup de gens par ses propos illustrant avec brio la liberté d'expression dans une France bien laïque. 

 

Les propos de Mila provoquent des réactions violentes** et pourtant ils sont souvent nuancés. Mila dérange certains mais elle fait du bien à nos sociétés trop policées tombées dans une tiédeur normative et qui ne laissent plus aux femmes hors normes la possibilité d'exister sans être condamnées au silence par une opinion publique plus que répressive et agressive. 

 

Cette moderne fée poétique du monde réel, malgré ses nombreuses difficultés de femme empêchée de vivre en toute liberté comme les jeunes femmes de son âge, dévoile les ignominies des uns et les lâchetés politiques des autres qui ne la soutiennent pas. 

Malheureusement, on ne la protège pas assez. 

Malheureusement, on ne la défend pas assez. 

 

Certaines personnes refusent de lui apporter leur soutien parce qu'elle a des attitudes ou des avis qui ne leur conviennent pas. Je pense qu'elles ont tort car on doit la soutenir plus encore quand on n'est pas d'accord avec elle pour pouvoir justement en discuter sereinement sans s'ériger en censeurs de bonne volonté des temps révolus.

 

La soutenir dans sa lutte contre l'obscurantisme religieux, contre tout fanatisme me semble de plus en plus un devoir laïc, citoyen et féministe qui nous oblige afin de réveiller en chaque jeune femme la nécessité de "s'individuer"*** et d'user de sa liberté d'expression quand elle le souhaite et indépendamment des intimidations et tentatives d'instrumentalisation de ses discours et/ou vie. 

 

©DS

 

 


 

 

 

* Selon le sens donné par Barbara Polla dans "Femmes hors normes" aux éditions Odile Jacob, 2017, voir aussi mon texte "La puissance d'être soi ou Femmes hors normes de Barbara Polla" sur cet essai, URL. http://www.pandesmuses.fr/2017/femmes-hors-normes.html

** Veuillez consulter à ce sujet l'actualité concernant cette jeune femme et ses comptes sur les réseaux sociaux. Veuillez consulter également son communiqué de presse : https://twitter.com/magicalorrs/status/1476241443534651392?t=19gBH9-qgxvUw4i7xLdhHQ&s=19

*** Op. cit.

 

À lire aussi : 

***

 

Pour citer ce billet féministe inédit

 

Dina Sahyouni, « Mila : une femme hors normes », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 10 | Automne-Hiver 2021-22 « Célébrations », mis en ligne le 30 décembre 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no10/ds-milafemmehorsnormes

 

 

 

Mise en page par David Simon

 

© Tous droits réservés

Retour au Sommaire du N°10 

25 décembre 2021 6 25 /12 /décembre /2021 18:36

 

N° 10 | Célébrations | Actions en faveur des femmes & LGBT+ [parution numérique uniquement] 

 

 

 

 

 

 

 

 

Concours de poésie visuelle

 

 

 

 

 

SIÉFÉGP

Société Internationale d'Études des Femmes

& d'Études de Genre en Poésie

 

 

 

Crédit photo : Elisa Salas, "Caligrama de Medusa"/le "Calligramme de Méduse", image Commons, wikimédia. 

 

 

 

Les créatrices s'intéressent peu à la poésie visuelle et ses mouvements (spatialiste, concrète, graphique, etc.) Pour tenter d'y remédier, LE PAN POÉTIQUE DES MUSES avec l'accord de l'association SIÉFÉGP, vous propose de prendre part à leur Concours international de Poésie visuelle. Par le biais de cette initiative, la revue espère inciter les créatives en général et les artistes en particulier à apprécier et à pratiquer si possible ce sentier pictural du champ poétique. Peu de poètes femmes s'y aventurent parmi elles, on peut par exemple citer : Lily Greenham, Anna Bella Geiger, Ilse Garnier, Elisa Salas (voir image précédente ci-haut) et Nicole Coppey.

Ce concours récompensera pour sa première édition le 8 avril 2022 2023 l'œuvre d'une poète visuelle confirmée, débutante, etc.* La gagnante du concours aura une aide à la création poétique (visuelle de préférence) d'un montant de 200€, une attestation numérique publiée dans ce périodique et la publication du poème visuel gagnant dans l'édition 2022 2023 du Festival international Megalesia. les quatre autres gagnantes auront également des attestations numériques publiées dans ce périodique et la publication de leurs poèmes visuels dans l'édition 2022 2023 du festival international Megalesia.

 

 

Conditions pour y concourir :

 

1. Ce concours est international, les auteures non francophones peuvent y concourir. 

2. Ce concours concerne toutes les formes visuelles de l'expression poétique.

3. S'inscrire au concours en faisant un don de 1€ symbolique au plus tard le 28 février 20 mars 2022 20 janvier 2023 (lien Web pour faire votre don qui constitue une inscription : ici), les personnes qui ne peuvent pas faire ce don sont évidemment dispensées de le faire et s'inscrivent directement par l'envoi postal ou électronique de leur proposition au concours.

4. Deux propositions visuelles par participante dans la langue de son choix.

5. Le thème de ce concours est libre. Les participantes ont "Carte blanche" pour s'exprimer.

6. Les œuvres déjà publiées sont acceptées. La publication dans LE PAN POÉTIQUE DES MUSES d'une œuvre gagnante déjà éditée doit être autorisée par l'auteure et la maison d'édition à titre gratuit pour tous les supports de la revue (numérique, livresque, etc.)

7. L'envoi par messagerie électronique des œuvres doit se faire avant le premier mars 2022 21 janvier 2023 en format word, pdf et Jpg avec la biographie de la participante à contactlppdm@pandesmuses.fr avec l'objet "Concours de poésie visuelle" durant la période du 31 janvier au 28 février 20 mars 2022 20 janvier 2023.

8. LE PAN POÉTIQUE DES MUSES peut refuser de désigner des gagnantes si la qualité des œuvres proposées n'est pas satisfaisante. Les participantes ne peuvent en aucun cas réclamer le remboursement de leur don symbolique à la SIÉFÉGP. La gagnante du concours (sauf mention contraire stipulée ci-dessus) aura la somme de 200€ par un courrier postal recommandé avec avis de réception au plus tard trois mois après l'annonce publique du résultat du concours dans ce périodique.

9. L'annonce du résultat final se fait publiquement et aura lieu le 8 avril 22 8 avril 2023 (sauf en cas de force majeure).

 

 

 

* Comme les autres distinctions de la SIÉFÉGP, ce concours est foncièrement inclusif.

 

 

 

Joyeux Noël ! 

 

 

***

 

Pour citer cet avis inédit

 

 

SIÉFÉGP, « Concours de poésie visuelle », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 10 | Automne-Hiver 2021-2022 « Célébrationsmis en ligne 25 décembre 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/no10/siefegp-concoursdepoesievisuelle 

 

 

 

Mise en page par Aude Simon

Dernières mises à jour les 14 février 2022, 14 mars 2022 (modification de la date butoir du concours par manque de participantes). 

 

 

© Tous droits réservés

 

Retour au sommaire du N°10

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 10 Agenda Distinctions Muses et féminins en poésie
24 décembre 2021 5 24 /12 /décembre /2021 11:34

 

N°10 | Célébrations | Critique & Réception | Réflexions féministes sur l'actualité

 

 

 

 

 

 

Sur une passion :

 

 

« now we’re talkin’»

 

 

 

 

 

Critique par

 

Camille Aubaude

 

Site & blog officiels :

www.lamaisondespages.com/

https://camilleaubaude.wordpress.com/

 

 

Dessin par

 

 

Jean-Louis Polletimage

 

 

© Crédit photo : Portrait de "Simone Chevallier" par Jean-Louis Polletimage, image fournie par l'autrice.

 

 

 

Les Deux Étendards* est un récit fleuve dans lequel Lucien Rebatet se convertit en Michel. Ce livre est conçu tel un édifice mystique, mais c’est avant tout un tombeau de la passion que l’auteur éprouva pour la poétesse Simone Chevallier.

 

 

À partir du moment où Michel, sous sa forme d’Archange, est amoureux d’Anne-Marie — la Sainte Anne et la Vierge figurent la Poétesse —, il écrit, ultra fébrile, dans « le langage spontané d’un amour qui n’en pouvait connaître d’autre (…) aucun biais, aucun mensonge n’étaient praticables » (p. 114). Il n’existait qu’une seule femme « si magnifiquement orgueilleuse» (p. 112)  pour déclencher une telle force d’écriture :  « Je mène le combat le plus effrayant de ma vie » (p. 131), constate Michel. À partir de cette figure féminine, il se contraint à écrire sur le Bien et le Mal : « Anne-Marie, Dieu, l’œuvre : le programme était colossal » (p. 157).

 

Je résume le portrait d’Anne-Marie : « Cette fille bouleversante, ce naturel, ce charme et un cœur ouvert à une immense passion » (p. 115). C’est en effet la poétesse Simone Chevallier, personnage réel de ce « bloc d’adoration et de désespoir » (p. 114), que Lucien Rebatet a voulu rendre public, dans un contexte terrible, et à cause de cela jamais exprimé dans le récit : la seconde guerre mondiale. Rebatet a choisi le camp de l’extrême droite, à cause de l’éducation catholique dont il se défend dans ce livre écrit pour partie en prison. « Un seul but importait : tout revivre » (p. 120). Il y a une dynamique du souvenir : tout revient ! D’autant plus si le monde s’effondre, faisant comprendre que le crime ne paie pas...

       L’écriture si fébrile, a surgi juste après la rencontre d’Anne-Marie, un six janvier. Cela évoque les commémorations de la première nuit de Victor Hugo et Juliette Drouet, qui fut l’objet d’une pièce de théâtre ! Le narrateur veut faire mieux que tous les autres en la matière. Il est significatif qu’il ait été comparé à « une buée brûlante » par l’autrice d’Histoire d’O (Dominique Aury, alias Pauline Réage), grande figure de la N.R.F., femme d’influence et maîtresse secrète d’un écrivain de pouvoir, alors que Rebatet était démantelé, à bout de transes cruelles… Tandis qu'un texte sans puissance d’émotion, assénant une image de la femme masochiste soumise à son amant, est recommandé, Les Deux Étendards sont mis au rebut. Ses adversaires ont pu parler de « contre-poésie », sans s’intéresser à la poésie de la vraie Anne-Marie, cela va sans dire, mais encore, en niant l’assertion de l’auteur d’avoir eu Anne-Marie comme catalyseur de son écriture, car le mot « inspiratrice » ne convient pas à « Ces amants voués au déchirement d’un éternel adieu » (p. 115). Le système de la négation de la poétesse est comparable à celui que j’ai décrit** pour la pièce sur Edmond Rostand qui connaît un large succès depuis 2019, en présentant la poétesse Rosemonde Girard de la façon la plus commune possible, ce discours machiste inoculant une représentation inversée de la poétesse. 

Le discours de Rebatet est certes machiste, mais son expérience amoureuse et son questionnement mystique, loin de s’exclure, élèvent au sommet de la recherche religieuse, qui est un refus de l’éparpillement par la manifestation de l’Unité : Anne-Marie.

Pour outrer son rejet de la religion « du châtrage » (p. 151), « un système ignoble et désastreux, le catholicisme » (p. 118), Michel livre une guerre abjecte à son ami Régis, dont Anne-Marie est depuis deux ans la chaste compagne : « cette fille miraculeuse est bien dans des mains absurdes » (p. 115). Or, « Ce Régis nouveau créé par cette fille » (p. 115), est aussi une œuvre d’Anne-Marie. Régis, ce « mortel d’exception », incarne la musique. Connu en tant qu’auteur sous le nom de François Varillon, il fut un ami proche de Paul Claudel. « Je ne sais quelle infirmité du goût vient dévier ses plus beaux élans » (p. 133) constate Rebatet (i.e. Michel…), remarque qui s’adresse à tant de romanciers-ères, croyant pouvoir unir la littérature au show-biz.

« Now we’re talkin’ »...

Ultime touche du portrait littéraire d’Anne-Marie, que Michel accuse Régis d’avoir sacrifiée à sa vocation : « Vous avez immolé une femme, l’une des plus exquises, des plus touchantes qui soient au monde » (p. 1153). Et il a consacré plusieurs centaines de pages à la glorifier... Donc, la poétesse est « immolé »  deux fois sur l’autel de « l’amour sans lit » des Deux Étendards où les éclats du monde littéraire de l’après-guerre ont la fonction d’un chemin spirituel. Ainsi traité ton communément l’ineffable Beauté, « la perle aux mille orients »*** : c’est la femme qui meurt, insaisissable et immanente (voir mon Voyage en Orient, les lectures d’Iguazù). 

Que devient l’Archange, Michel, mu par le sentiment stupide et abject d’être un homme d’exception ? Les Deux Étendards livrent toutes les facettes de cet orgueil de caste qui a fait la grandeur des civilisations et leur chute. Il a joué aussi pour l’interdiction des femmes d’accéder au savoir. L’Archange est fait par la Poétesse : poiein, qui a donné « poésie » signifie « faire au mieux, avec art et enthousiasme ». Possédé puis révélé par l’amour, l’Archange Michel est en même temps Démon, et daïmôn vengeur, brûlant parfois aux Enfers, où ne règne plus la Grande Déesse, la Géante :

« Mon amour ne peut être qu’une plaie que je m’acharnerai à envenimer. (…) Ah ! cela est-il tenable sans que l’on en crève ? » (p. 122)

Condamné à mort, puis gracié, ce pamphlétaire aussi doué que Léon Bloy, est né et décédé dans un petit village. Il aurait pu se vouer à sa vocation de poète, celle que préserve Simone Chevallier dans son récit autobiographique qui se déroule aussi à Lyon, La Ville aux deux fleuves :

« Elle se fia une fois de plus à son instinct de poète qui lui semblait plus sûr que la conscience » (voir éd. Janicot, 1945, p. 243).

 

Bonne façon de s’y retrouver, sans choisir, en restant sous l’influence des enchantements. Le démon ne tourmente pas Anne-Marie mais la protège des atteintes de la jalousie et de la haine. Tandis que la poésie travaille à l’accouchement des multiples passions, qui n’en sont qu’Une : Isis, Sainte Anne, la Vierge Marie, ou la Poétesse. À jamais transfigurée, elle parle :

 

 

Qui es-tu, ô femme, en moi, primitive,

Vite perdue, à la dérive,

Encore à demi enlisée

Dans la fondrière des jours (…).

 

Simone Chevallier, Tour d’ivoire


 

Mon cœur hurle à la lune,

Il rugit dans le vent. 

Il réclame son dû de tempête et de sang.

Féroce et gémissant, il veut sa part humaine

D’amour et de douleur, de douceur et de haine.

 

Simone Chevallier, L’Hydre


 

 

© C. Aubaude 

 

 

 

Notes

 

* La pagination est celle de la version trouvée sur Google : 411009618-Lucien-Romain-Rebatet-Les-deux-etendards-1951 (1).pdf

** Camille Aubaude, « Chronique d’Edmond au Théâtre du Palais Royal », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°10, mis en ligne le 6 avril 2017. Url :

http://www.pandesmuses.fr/edmond.html

*** Version initiale dans mes Poèmes satiriques, traduits en espagnol par Rosario Valdivia.


 

 

***

 

Pour citer ce texte inédit 

 

Camille Aubaude, « Sur une passion : "now we’re talkin’" », dessin par Jean-Louis Polletimage, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°10| Autome-Hiver 2021-2022 « Célébrations », mis en ligne le 24 décembre 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no10/ca-passionnowweretalkin

 

 

 

 

Mise en page par David Simon

 

© Tous droits réservés

Retour au Sommaire du N°10 

​​​​​​​​​​

Bienvenue !

Bienvenue à la directrice de publication du site Simone Durand (elle collabore et remplace en ligne la directrice-fondatrice de la presse de la SIEFEGP à partir de septembre 2026).

LPPDM, SEPTEMBRE 2026

La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).

L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

 

Rechercher

Publications

 

Dernière nouveautés en date :

VOUS POUVEZ DÉSORMAIS SUIVRE LE PAN POÉTIQUE DES MUSES  SUR INSTAGRAM

Info du 29 mars 2022.

Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.

Numéros réguliers | Numéros spéciaux| Lettre du Ppdm | Hors-Séries | Événements poétiques | Dictionnaires | Périodiques | Encyclopédie | ​​Notre sélection féministe de sites, blogues... à visiter 

 

Logodupanpandesmuses.fr ©Tous droits réservés

 CopyrightFrance.com

  ISSN = 2116-1046. Mentions légales

À La Une