8 octobre 2025 3 08 /10 /octobre /2025 16:37

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Entretiens poétiques, artistiques & féministes | Dossier mineur | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier | Entretiens

 

 

 

 

 

 

 

 

Entrevue avec Lynda CHOUITEN

 

 

 

 

 

Propos recueillis par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

 

Entrevue avec la créatrice

 

Lynda Chouiten

 

Professeure de littérature anglophone à l’université de Boumerdes (Algérie), théoricienne de la littérature, auteure d’œuvres académiques, littéraires & poétiques

 

 

 

© Crédit photo : L’autrice Lynda Chouiten tenant un bouquet de fleurs dans une séance de dédicace dans une librarie.

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Biographie de Lynda Chouiten

 

 

Titulaire d’un Doctorat décerné par l’Université Nationale d’Irlande à Galway, Lynda Chouiten est Professeure de littérature anglophone à l’université de Boumerdes (Algérie). Elle est l’auteure d’une trentaine d’articles portant sur la critique littéraire et de deux livres à caractère académique : une étude de l’œuvre d’Isabelle Eberhardt et un ouvrage collectif sur l’autorité. Chouiten a aussi publié un conte (Les Pierres du Pays des Baggans, éditions Talsa), un recueil de poésie (J’ai Connu les déserts, éditions Constellations), quelques autres poèmes (en français et anglais) dans des revues/anthologies, un recueil de nouvelles (Des Rêves à leur portée, éditions Casbah) et trois romans, dont le premier (Le Roman des Pôv’Cheveux, éditions El Kalima) a été finaliste de deux prestigieux prix et le second (Une Valse, Casbah) a décroché le Grand Prix Assia Djebar en 2019. Le troisième, intitulé Les Blattes orgueilleuses (éditions Casbah), est paru en octobre 2024. En avril 2022, Chouiten a été retenue pour une résidence d’écriture à la Cité Internationale des Arts (Paris), où elle a séjourné pendant quatre mois.

 

Publications

 

Les Blattes orgueilleuses. Alger : Casbah, 2024 (roman).

« Et si, dans ces eaux qui nous séparent... », Antologia Mondiale della Poesia per la Pace : Voci Globale per Construire un Mondo de Pace, ed. Cheikh Tidiane Gaye. Milan : Academia Internazionale Leopold Sedar Senghor, 2024 (poème).

Les Pierres des Pays des Baggans. Tizi-Ouzou : Talsa, 2023 (conte).

J’ai Connu les déserts et autres poèmes. Brive-la-Gaillarde : Constellations, 2023 (recueil de poésie). 

“The Tall Tree with Shaking Leaves”, Fall 2023 Anthology, ed. Emily Perkovich. Chicago, IL : Querencia Press, 2023 (poème).

Des Rêves à leur portée. Alger : Casbah, 2022 (recueil de nouvelles).

« Ce qui reste de l’hiver ». Trait d’union 1 (mars 2021) : 85-87 (nouvelle).

Une Valse. Alger : Casbah, 2019 (roman). Grand Prix Assia Djebar 2019. 

« Pour Katia Bengana », Eternelle Katia, ed. Rachid Oulebsir. Tazmalt, Béjaïa : Afriwen, 2018 (poème).

Le Roman des Pôv’Cheveux. Alger : El Kalima, 2017 (roman). Finaliste des prix Mohammed Dib et L’Escale d’Alger.

Commanding Words: Essays on the Discursive Constructions, Manifestations, and Subversions of Authority (dir.) Newcastle: Cambridge Scholars Publishing, 2016; coordinatrice et auteure de contributions.

“Company”, Lonely : A Collection of Poetry and Prose on Loneliness and Being Alone, ed. Robert Barratt. London: CreateSpace, 2016, 25 (poème).

“The World Turns Around Me”, Lonely : A Collection of Poetry and Prose on Loneliness and Being Alone, ed. Robert Barratt. London : CreateSpace, 2016, 108 (poème).

Isabelle Eberhardt and North Africa : A Carnivalesque Mirage, Lanham, MD: Lexington Books, 2014 (étude critique).

Et une trentaine d’articles académiques et de chapitres d’ouvrages (en anglais et en français).


 

Œuvres traduites

 

 رؤوس أثقلها الشعر

(Le Roman Des Pôv’Cheveu). Trad. Latifa Maouche.  Tizi-Ouzou : Talsa, 2025 (à venir)

A Waltz (Une Valse). Trad,  Skyler Artes. Charlottesville: Presses Universitaires de Virginie, 2025.

Ungal n Anẓad Ameɣbun. (Le Roman Des Pôv’Cheveu). Trad. Habib-Allah Mansouri. Tizi-Ouzou : Achab, 2023.

Quelques poèmes tirés du recueil J’ai Connu les déserts et autres poèmes sont parus en espagnol dans la revue mexicaine Circulo de Poesia en août 2025 (trad. Mariela Cordero).


 

 
Entretien

 

Hanen MAROUANI : Votre œuvre alterne entre roman, nouvelle, essai et poésie. Pourtant, après plusieurs publications en prose, vous n’avez livré qu’un seul recueil poétique, « J’ai connu les déserts et autres poèmes ». Pourquoi ce choix d’une poésie rare mais condensée, presque confidentielle, dans votre trajectoire littéraire ?

 

Lynda CHOUITEN  : Je dois d’abord préciser que je ne choisis pas vraiment ce que je vais écrire ; disons un peu que c’est le genre qui me choisit. Je ne me dis pas : « cette fois-ci, je vais écrire un roman ou un poème » ; j’écris ce qui s’impose à moi. Dès que les premiers mots, les premiers noms, ou les premières images mentales se dessinent en moi, je sais presque intuitivement s’ils conviendront pour un roman, une nouvelle ou un poème. Étant plus ou moins courts, les poèmes, en général, s’écrivent tout seuls, dans mon cas, contrairement aux romans et aux nouvelles qui exigent une esquisse préalable (je parle des poèmes en vers libres ; il en va autrement pour les poèmes plus traditionnels, dont j’ai écrit plus d’une quarantaine). Mais bien que j’aie écrit plusieurs poèmes (aujourd’hui perdus) dans ma jeunesse, voire dans mon enfance, la poésie « qui s’écrit toute seule » et qui se fait insistante est arrivée assez tardivement dans ma vie – au seuil de la quarantaine. Ce caractère spontané, éruptif, me plait parce qu’il leur donne plus de force et de sincérité ; c’est pourquoi je m’assieds rarement pour écrire un poème ; je les laisse venir à moi. Le revers de la médaille est que j’en écris moins souvent que je pourrais le faire. Cela explique le fait que j’ai un seul recueil de poésie à mon actif pour le moment – un recueil de soixante textes. Cela dit, d’autres suivront certainement car, en plus des nombreux poèmes à rimes que j’ai déjà écrit, je continue, bien sûr, à écrire des poèmes en vers libres.

 


 

(H.M) : Qu’est-ce que la poésie vous permet de dire ou de dévoiler que la prose ne permet pas ? Est-ce un lieu d’expression plus direct, plus intime, ou au contraire plus pudique et symbolique ?

 

(L.C) : Je dirais que c’est un espace d’expression plus pudique parce que plus intime, justement. Je parle très peu de moi dans mes romans et nouvelles – bien qu’il y ait toujours, c’est connu, un peu de l’écrivain dans les personnages qu’il crée. Ma prose raconte le monde, ses contradictions, sa beauté et sa cruauté, son train-train quotidien, ses drames inattendus, les joies et les douleurs qu’il peut nous donner, les sorts inégaux qu’il distribue aux hommes et aux femmes. Ce sont des tableaux hauts en couleur, tout en complexité, tout en contradictions, mais pas forcément les miennes. Dans mes poèmes, par contre, il s’agit souvent de moi – de mes états d’âmes, de mes pensées vagabondes, de mes joies et mes peines, de mes espoirs et mes découragements. C’est pourquoi mes vers se voilent ; je les emplis d’allusions, de métaphores, de tournures pas toujours faciles à suivre. Eh oui, même quand j’éprouve le besoin de me livrer, je me montre et me cache en même temps.

 

 

(H.M) : Dans vos poèmes, on perçoit une tension entre l’ancrage algérien, la mémoire intime, et une ouverture à l’universel. Comment vos voyages – réels, intérieurs ou imaginaires – façonnent-ils cette voix poétique plurielle ?

 

(L.C) : Je me reconnais bien dans cette définition de mon écriture comme « d’une voix poétique plurielle » et vous avez raison de dire qu’elle a été nourrie par mes voyages, qu’ils soient physiques ou intérieurs, ces derniers étant sans doute plus nombreux et peut-être plus puissants que les premiers. Quelles que soient les formes qu’ils prennent, les voyages sont en eux-mêmes un refus de l’uniformité, une soif de différence et de nouveauté. Avant l’âge de 25 ans, je n’ai presque pas du tout voyagé hors du pays – à l’exception d’un voyage effectué avec ma famille à l’âge de 7 ans, en Tunisie justement. Je ne voyageais pas physiquement mais déjà je rêvais d’ailleurs. Déjà, la routine du quotidien, faite de rôles bien définis pour chacun selon son âge et son genre, de profils presque identiques dans leur façon de parler et de réfléchir – déjà tout cela m’ennuyait. Mes premiers voyages, je les ai faits à travers les livres et les dessins animés et ces contrées lointaines que je découvrais m’enchantaient. Je rêvais de leurs étendues d’eau – des rivières et de lacs – qui manquaient aux paysages qui m’étaient familiers, de leurs ours et de leurs castors. Je m’imaginais prenant part aux activités de leurs enfants, qui chaussaient des « patins d’argent » ou jouaient du piano. Et surtout, je m’éveillais à la belle diversité qui constitue notre monde et me rendais compte que le mode de vie qu’on me proposait n’était qu’une possibilité parmi mille autres. C’est ce que mes voyages physiques, effectués bien plus tard, m’ont permis de confirmer et c’est cette vision du monde que je défends à mon tour dans mes écrits : celle qui respecte la différence, voire s’en réjouit, et qui ne pense pas que la vision qu’on lui a inculquée soit forcément la meilleure. D’ailleurs, ma propre vision est elle-même plurielle, puisqu’elle essaie de faire sienne toute belle chose rencontrée en chemin, qu’elle vienne de ma culture natale ou d’ailleurs.

 

 

(H.M) : Vous avez écrit des romans marqués par une veine satirique, critique, parfois ironique, tandis que votre poésie semble empreinte de gravité, de silence, d’émotion nue. Comment décidez-vous si un thème ou une émotion appelle la prose ou le vers ?

 

(L.C) : Je crois avoir déjà répondu à cette question dans mes réponses précédentes. Comme je l’ai déjà dit, je ne décide pas d’aborder un thème puis d’en faire un roman ou, au contraire, un poème. Ce qui me vient, ce sont d’abord des mots, des sonorités, une image. Et souvent, je sais tout de suite si les mots et l’image en question feront un poème, une nouvelle ou un roman. Cela se confirme (ou pas) au fur et à mesure que d’autres mots, d’autres images, d’autres sons, viennent s’ajouter dans ma tête aux premières « épiphanies ».

 

 

(H.M) : Votre parcours universitaire, notamment vos travaux sur Isabelle Eberhardt et la littérature postcoloniale, imprègne-t-il vos choix littéraires ? Peut-on dire que vos poèmes prolongent, sur un autre mode, votre réflexion sur l’identité, l’altérité et la mémoire ?

 

(L.C)  : Non, mes travaux sur Eberhardt n’impactent pas mes choix littéraires, pour la simple raison que, comme je l’ai dit plus d’une fois, je ne fais pas véritablement de choix : les textes en gestation prennent forment peu à peu en moi. Le point de départ pour moi n’est jamais un thème ou un message à véhiculer (d’ailleurs, je déteste parler de message), mais un petit bout de monde qui commence à se créer et dont le but est de lui faire voir le jour. Cela dit, j’ai, bien sûr, une vision – des idées sur l’identité et la mémoire, comme vous le dites, mais aussi, de façon plus globale, sur le monde qui nous entoure et ce qui s’y passe. Cette vision se reflète immanquablement dans mes écrits, qu’ils soient académiques ou de fiction. De manière consciente ou pas, explicite ou pas, mais souvent pas de façon trop marquée, puisque la fiction et la poésie, qui ne sont pas des pamphlets, privilégient l’aspect esthétique de la langue et que les normes de l’écriture académique exigent une attitude impartiale.

 

 

(H.M) : Certains de vos poèmes font entendre une voix féminine lucide, blessée, en quête ou en rupture. Peut-on lire votre poésie comme une forme de résistance douce, une affirmation de soi au féminin, entre douleur contenue et dignité ?

 

(L.C)  : Une forme de résistance, oui, sans doute, mais surtout une forme d’introspection – une pause dans cette vie parfois trop frénétique, afin de s’interroger sur nous-mêmes, sur ce qui fait notre force et  notre faiblesse. Cette pause est nécessaire pour pouvoir s’orienter et aller de l’avant quand vient le moment de replonger dans la vie frénétique – et il arrive toujours trop tôt. C’est pourquoi l’introspection et la résistance vont de pair. Mais la résistance est aussi dans le refus du silence, dans la quête de liberté et dans la réflexion sur les travers du monde qui nous entoure, car tous mes poèmes ne sont pas introspectifs, loin de là. Je dénonce aussi, entre autres le conformisme, l’incompréhension et la censure qui guettent les poètes, comme dans « Comment assassiner un poème » (tiré du recueil J’ai Connu les déserts) ou l’obscurantisme, comme dans  poème dédié à la mémoire de Katia Bengana, une adolescente assassinée en 1994 pour avoir refusé de porter le voile, paru dans une anthologie en 2018.

 

 

(H.M) : Votre langue poétique joue avec les images, les silences, les ellipses. Quelle place accordez-vous au travail formel dans vos poèmes ? L’humour ou l’ironie y trouvent-ils leur place, même de manière discrète ?

 

(L.C)  : Mes choix formels, moins innovants dans ma poésie que dans ma prose mais globalement assez classiques dans l’ensemble, misent sur le symbolisme, la force de la métaphore et la rigueur dans le choix des mots. Dans mes romans, humour et sarcasme occupent une place prépondérante ; c’est notamment le cas dans mon premier roman, Le Roman des Pôv’Cheveux, dont les dialogues et le propos insolite le rendent hilarant par moments, malgré la gravité des thèmes abordés. Mais cet humour est beaucoup moins présent dans d’autres écrits, dont mes poèmes, où la gravité du propos est atténuée par l’attention particulière accordée à la beauté du style, une beauté assez désuète, faut-il préciser. Une forme d’ironie, ou plutôt d’autodérision, est quand même présente dans des poèmes tel que « J’étais polie », « Je m’invente des soucis » ou encore « La Luciole ».

 

 

(H.M) : En 2021, vous avez reçu le Prix Assia Djebbar pour votre roman "Une Valse". Que représente pour vous cette reconnaissance dans un paysage littéraire encore traversé par des hiérarchies culturelles et linguistiques ? Ce prix a-t-il changé quelque chose à votre rapport à l’écriture ou à votre visibilité ?

 

(L.C) : Je porte le Prix Assia Djebar, que j’ai décroché en 2019 pour mon roman Une Valse, comme une belle reconnaissance. J’en éprouve beaucoup de fierté car, bien que j’aie toujours écrit, je ne me suis lancée dans l’aventure de la publication que tardivement : j’ai publié mon premier roman en 2017 et le roman récompensé est paru deux années à peine plus tard. Cela me console d’avoir tardé à « franchir le pas » ; me prouve que j’ai bien fait de laisser les choses mûrir, en somme. Je suis fière aussi, bien sûr, de voir mon nom associé à celui d’Assia Djebar, qui fut l’une des premières à hisser bien haut les couleurs des lettres algériennes ; à s’en faire l’ambassadrice.

Ce prix a sans doute contribué à me donner plus de visibilité et il n’est pas fortuit que Une Valse soit le plus lu de tous mes livres et le plus étudié aussi – un nombre impressionnant de mémoires, de communications et d’articles lui ont été consacrés. De plus, une traduction américaine de ce roman est parue aux Presses Universitaires de Virginie début 2025. Malgré cela, le succès n’a pas été grand au point de changer quelque chose à ma vie ; quant à mon rapport à l’écriture, j’espère qu’il ne changera jamais sous l’effet d’un prix. Je veux dire, j’espère que ce rapport sera toujours mû par la passion et marqué à la fois par l’authenticité et l’exigence.

 

 

(H.M) : Vos écrits circulent entre l’Algérie et d’autres espaces francophones ou anglophones. Avez-vous constaté des réceptions différentes selon les contextes culturels, notamment pour votre poésie ? Ces échos extérieurs nourrissent-ils votre création ?

 

(L.C)  : Je dois dire que la réception de mes écrits hors de l’Algérie en est encore à ses balbutiements. J’ai eu la chance d’avoir des retours très gratifiants, tant de mes compatriotes que de lecteurs outre-mer et tant pour ma prose que pour ma poésie. Les réactions, exigeantes, ont autant porté sur l’émotion suscitée par les personnages/les poèmes que sur le travail au niveau du style. Toutefois, les quelques retours me parvenant d’outre-mer tendent à interroger de façon plus approfondie mes choix esthétiques, sans doute parce que ces lecteurs sont tous des pratiquants ou des spécialistes de la chose littéraire, contrairement à mon lectorat algérien, beaucoup plus hétéroclite, qui va du spécialiste au lecteur lambda, voire au néophyte. Concernant les romans, les lecteurs algériens se reconnaissent mieux dans l’atmosphère créée et s’identifient mieux aux personnages. Ceci non plus n’a rien d’étonnant, puisque ma fiction, bien que cherchant à transcender les spécificités locales pour aspirer à l’universel, a pour point d’ancrage un vécu algérien qui leur est plus familier qu’aux lecteurs issus d’autres milieux socioculturels. Ces deux points mis à part, je n’ai pas remarqué de grandes différences entre les appréciations des lecteurs algériens et étrangers. Comme je viens de le dire, j’ai la chance d’avoir des retours très encourageants dans l’ensemble, et cela me conforte dans ma vision de l’écriture, qui allie exigence et authenticité, deux qualités qui semblent être fortement appréciées ici comme ailleurs.

 

 

(H.M) : Aujourd’hui, avez-vous envie de revenir à la poésie dans vos projets à venir ? Ou ressentez-vous encore le besoin d’explorer la prose, peut-être différemment ? Quelle forme vous semble la plus urgente à habiter en ce moment ?


 

(L.C)  : Plusieurs projets me trottent en tête ; on y retrouve de la prose et de la poésie. Je l’ai dit à plusieurs reprises au cours de cet entretien : mon écriture est capricieuse ; elle s’en va et elle revient quand elle veut. Elle se fait roman, nouvelle ou poèmes au gré de ses envies et de mes humeurs. Cela me va très bien ainsi. J’écrirai de poèmes quand l’envie m’en prendra, un roman ou des nouvelles quand c’est ce qui s’imposera à mon esprit. Ce dont je suis sûre, c’est qu’il y aura un peu de tout ça, car des bouts de ces trois genres ont déjà commencé à germer en moi. Je les laisserai pousser à leur rythme et je les offrirai à la vue du monde au fur et à mesure qu’ils seront prêts pour cela, sans me soucier de savoir à quel genre je donnerai naissance en premier.

 

 

(H.M) : Dans Le Petit Prince, le désert est un lieu de solitude et de révélation. Votre recueil évoque aussi un “côté désert”, intime et intérieur. La poésie, pour vous, naît-elle de ces espaces de silence et de retrait ?

 

(L.C)  : Tout à fait. C’est connu, le désert, du fait même qu’il est désert, est un réservoir de possibilités ; il ne demande qu’à être rempli – de nos idées, de nos créations, de nos réalisations. C’est donc au milieu du désert – de la solitude et du silence – que naissent nos œuvres les plus profondes, les plus abouties.

 

© Hanen Marouani, Lynda Chouiten, septembre 2025.

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Pour citer cet entretien illustré & inédit

 

Hanen Marouani, « Entrevue avec Lynda CHOUITEN », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 8 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/hm-lyndachouiten

 

 

 

 

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19 septembre 2025 5 19 /09 /septembre /2025 17:59

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossiers | Articles & témoignages | Poésie & Musique & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier

 

 

 

 

 

 

 


 

Paloma Hermina Hidalgo au Festival

international de poésie de Bucarest

(cinquième épisode)

 

 

 

 

 

 

Texte & images fournies par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

Écrivaine, poétesse, docteure en littérature française

& rédactrice régulière des périodiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

 

Une écriture transgressive et nécessaire

 

La romancière, poétesse et performeuse Paloma Hermina Hidalgo va bientôt participer au Festival international de poésie de Bucarest. Elle va y présenter Féerie, ma perte, un recueil où se mêlent cruauté, baroque, conte et mystique. Comme dans ses œuvres précédentes, elle va explorer les territoires de l’orphelinisme, de la psychose, de la mémoire traumatique et de l’inceste, tout en transformant la douleur en une matière littéraire d’une rare intensité.

 

© Crédit photo : Paloma Hermina Hidalgo lors d'une performance poétique, image no 1.

 

 

Du traumatisme à la création

 

Hidalgo va poursuivre son travail autour de la figure maternelle, décrite comme une matrice d’amour et de destruction, où l’enfant-objet devient sujet par l’acte d’écriture. Comme elle l’explique dans un entretien à Diacritik, elle va s’inventer « à partir d’une position d’objet », réinscrivant le corps et le vécu dans une fiction où le réel se fissure. Les poupées, figures centrales de son imaginaire, vont apparaître comme des doubles ambivalents, mi-vivants, mi-symboliques, porteurs à la fois du traumatisme et de la revanche poétique.

 

© Crédit photo : Paloma Hermina Hidalgo lors d'une performance poétique, image no2.

 

Une performeuse habitée

 

À Bucarest, Paloma Hermina Hidalgo ne se limitera pas à une simple lecture. Elle va incarner ses textes sur scène, dans une performance où le verbe et le corps se rejoignent. Déjà saluée par Zone Critique pour « sa présence sublime et terrible qui redouble le magistral de son œuvre », elle va imposer une intensité rare : une poésie qui se vit autant qu’elle s’écoute.

 

© Crédit photo : Paloma Hermina Hidalgo lors d'une performance poétique, image no 3.

 

Une reconnaissance critique internationale

 

Son œuvre a déjà suscité de nombreux éloges. Le magazine Marianne la décrit comme un « génie intempestif », la revue Europe a qualifié Matériau Maman de « chef-d’œuvre romanesque », tandis que Esprit a affirmé à propos de Cristina : « On ne va guère plus écrire de la même façon après l’avoir lu. » Sa radicalité est souvent rapprochée de celle de Jean Genet, dont elle partage l’intransigeance et la puissance baroque.

 

© Crédit photo : Paloma Hermina Hidalgo lors d'une performance poétique, image no 4.

 

© Crédit photo : Paloma Hermina Hidalgo lors d'une performance poétique, image no 5

 

Un geste politique et poétique

 

Si elle a récemment refusé le Prix Méditerranée 2024 pour Rien, le ciel peut-être, attribué par la mairie de Perpignan, liée au Rassemblement National, ce refus va confirmer à Bucarest la cohérence politique et éthique de son parcours. Hidalgo ne sépare pas l’art de l’engagement, ni l’écriture de la nécessité vitale.

 

© Crédit photo : Paloma Hermina Hidalgo récitant ses textes sur scène.

 

Une expérience attendue à Bucarest

 

La participation de Paloma Hermina Hidalgo va ainsi s’imposer comme un moment fort du festival. Entre lecture, performance et dialogue avec le public, elle va offrir une expérience poétique brûlante, dérangeante et sublime, qui interrogera notre rapport au corps, à l’enfance et à l’indicible. Le Festival de Bucarest va, en l’accueillant, réaffirmer sa vocation : être un lieu où la poésie n’orne pas le monde, mais l’ouvre, le blesse et le transforme.

 

© Hanen Marouani

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée de l'œuvre « Rien, le ciel peut-être » de Paloma Hermina Hidalgo aux Éditions Sans Escale.

© Crédit photo : Première de couverture illustrée de l'œuvre « Matériau, Maman » de Paloma Hermina Hidalgo aux Éditions de Corlevour.

© Crédit photo : Première de couverture illustrée de l'œuvre « Cristina » de Paloma Hermina Hidalgo, le Réaglar Éditions.

 

À lire également :

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Pour citer ce texte illustré, engagé & inédit

 

Hanen Marouani, « Paloma Hermina Hidalgo au Festival international de poésie de Bucarest (cinquième épisode) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 19 septembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiii/hm-bucarest5

 

 

 

 

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17 septembre 2025 3 17 /09 /septembre /2025 17:51

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossiers | Articles & témoignages | Poésie & Musique & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier

 

 

 

 

 

 

 


 

Cristiana Eso : Une voix poétique & lyrique au Festival international de poésie de

Bucarest 2025 (quatrième épisode)

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Texte & images fournies par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

Écrivaine, poétesse, docteure en littérature française

& rédactrice régulière des périodiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poétesse Cristiana Eso : invitée de l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.

 

 

 

1. Une poétesse entre deux langues et deux cultures

 

Née à Constanța, en Roumanie, Cristiana Eso est une poétesse dont le parcours reflète la richesse et la profondeur de la culture roumaine contemporaine. Son premier livre, Oma El (2001), a reçu le Prix de l’Union des Écrivains Roumains – région Dobrogea. Son deuxième ouvrage, Mécanique du hasard (2004), a confirmé son talent et sa place dans la poésie roumaine contemporaine. Son troisième livre, L’Assomption (2006), a été récompensé par le Prix Ex Ponto. Enfin, le recueil bilingue Les Artisans de l’invisible (2019) a également été primé, soulignant sa capacité à dialoguer entre les cultures et à faire résonner ses textes dans plusieurs langues.

 

Dès ses débuts, elle a été remarquée par Ana Blandiana, qui l’a recommandée à l’Union des écrivains, et Alex Ștefănescu l’a saluée comme « un espoir de la poésie roumaine ». Ayant quitté la Roumanie à 16 ans, elle écrit en roumain tout en enrichissant son français, créant un dialogue intime entre ses deux langues et cultures.

 

 

2. La musique comme langage et inspiration

 

Depuis 2005, Cristiana Eso chante dans les chœurs de l’Opéra de Limoges, où elle a participé à plus de soixante opéras et opérettes ainsi qu’à une vingtaine de concerts. Le chant lyrique constitue son engagement principal et quotidien, et c’est dans ce cadre qu’elle déploie sa voix avec rigueur et émotion.

 

Elle explore également la musique de chambre italienne, française et roumaine, en formations variées — voix et piano, voix et harpe, voix et guitare — et a réalisé quelques lectures poétiques musicales ponctuelles, accompagnée de musiciens improvisant sur ses textes, mêlant voix et violon, voix et percussion, voix et contrebasse. Ces expériences restent occasionnelles et viennent enrichir sa pratique principale sans constituer une activité régulière.

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil bilingue Les Artisans de l’invisible (2019) de la poétesse Cristiana Eso.

 

 

3. Transmission, création et sources d’inspiration

 

Passionnée par la pédagogie et la création, elle a écrit et mis en scène trois petits spectacles musicaux pour enfants au conservatoire, inspirés du folklore roumain. Ces spectacles s’alimentent de sources multiples : musique traditionnelle, arts plastiques, art de la table, traditions et coutumes, superstitions et littérature.

 

Sa poésie, quant à elle, puise dans des horizons très divers : sciences naturelles, mathématiques, musique, architecture et danse, nourrissant son univers d’images et de réflexions singulières.

 

Elle s’est également aventurée dans la peinture : elle a exposé une toile de deux mètres, dont un fragment illustre la couverture d’un de ses livres, et a réalisé une performance unique associant lecture poétique et musique. Ces expériences plastiques et performatives sont ponctuelles mais significatives dans son parcours artistique.


 

4. Un univers artistique où chaque discipline se rencontre

 

À travers ces différentes expériences, Cristiana Eso construit un univers où poésie, musique et arts visuels se répondent et dialoguent. Son travail reste fidèle à une écriture régulière de poésie, ponctuée de projets artistiques qui enrichissent sa pratique sans en modifier la priorité : le chant lyrique et la poésie sont au cœur de son engagement.

 

À suivre…

 

© Hanen Marouani

 

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Pour citer ce texte illustré, engagé & inédit

 

Hanen Marouani, « Cristiana Eso : Une voix poétique et lyrique au Festival international de poésie de Bucarest 2025 (quatrième épisode) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 17 septembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiii/hm-bucarest4

 

 

 

 

 

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16 septembre 2025 2 16 /09 /septembre /2025 16:12

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossiers | Articles & témoignages | Astres & animaux / Nature en poésie & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier

 

 

 

 

 

 

 


Imèn Moussa au Festival international de poésie de Bucarest : entre voyage & ancrage (troisième épisode)

 

 

 

 

 

Texte & images fournies par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

Écrivaine, poétesse, docteure en littérature française

& rédactrice régulière des périodiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poétesse Imèn Moussa (lors d’une lecture de ses poèmes), invitée de l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.


 

Le Festival international de poésie de Bucarest accueillera cette année Imèn Moussa, poétesse, essayiste, chercheuse indépendante et performeuse, dont la voix s’est affirmée comme l’une des plus singulières de la francophonie contemporaine.

 

Connue des lecteurs de la revue Le Pan Poétique des Muses, Imèn Moussa a remporté deux années de suite le « Prix Dina Sahyouni » : en 2023 pour son recueil Il fallait bien une racine ailleurs (L’Harmattan, 2020), où elle explore la mémoire, l’exil et la quête d’un lieu intérieur ; puis en 2024 pour son essai Genre et émancipation des femmes dans la fiction maghrébine contemporaine (Le Manuscrit, 2023), une réflexion critique qui met en avant la voix des femmes dans la littérature.

 

© Crédits photos : Imèn Moussa, images de son exposition poétique inédite « La Roumanie avec les couleurs d’Imèn Moussa  », durant l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.

 

Chercheuse indépendante, elle consacre ses travaux à l’écriture des femmes dans le Maghreb contemporain. Ses textes et ses voyages autour du monde sont autant d’invitations à une Humanité « infrontiérisable ». Dans ce sens, elle collabore comme autrice mais aussi comme photographe à plusieurs revues artistiques et ouvrages collectifs en Afrique, en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et en Amérique latine.

 

Elle est également l’auteure de l’essai Les représentations du féminin dans les œuvres de Maïssa Bey (Éditions Universitaires Européennes, 2019), du livre audio pour enfants Raconte à Baya, soutenu par la ville de Strasbourg, l’association Plume de Paon et la région Grand-Est, et plus récemment du recueil de poésie Nos coutures apparentes (Éditions Constellations, Brive, 2024). Sa poésie, traduite en plusieurs langues dont l’anglais, le mandarin, l’espagnol et l’italien, témoigne de son ancrage francophone tout en s’ouvrant à des horizons multiples.

 

© Crédits photos : Imèn Moussa, images de son exposition poétique inédite « La Roumanie avec les couleurs d’Imèn Moussa  », durant l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.

 

À travers ses œuvres, Imèn Moussa ne cesse de tisser des liens entre le voyage et l’ancrage. L’écriture devient à la fois errance et retour, ouverture au monde et fidélité aux racines. Cette dimension est d’autant plus forte dans sa relation à la Roumanie, pays qu’elle a déjà traversé et dont les couleurs, les paysages et les émotions nourrissent sa mémoire créatrice.

 

Son retour en Roumanie, cette fois-ci dans le cadre du Festival international de poésie de Bucarest, prend une valeur particulière. Outre ses lectures et ses rencontres, elle partagera également des prises photographiques réalisées lors d’un précédent séjour, autant de fragments visuels qui dialoguent avec ses textes et traduisent sa manière singulière de voir le monde. « La Roumanie avec les couleurs d’Imèn Moussa » devient alors un fil conducteur : un regard qui capte la lumière, les contrastes et les lieux, pour les transformer en poésie.

 

© Crédits photos : Imèn Moussa, images de son exposition poétique inédite « La Roumanie avec les couleurs d’Imèn Moussa  », durant l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.

 

Deux événements marqueront sa présence : une lecture publique où le public roumain découvrira la puissance de sa voix poétique, et une rencontre consacrée aux dialogues de la poésie francophone avec d’autres cultures, où elle évoquera notamment le rôle des femmes dans l’écriture et l’importance du voyage dans la création littéraire.

 

 

Par cette participation, Imèn Moussa confirme à nouveau la richesse de son profil pluridisciplinaire

 

Poétesse, essayiste, critique, photographe et performeuse et rappelle que la poésie, comme le voyage, est toujours un espace de passage, d’émotion et de partage.

 

© Crédits photos : Imèn Moussa, images de son exposition poétique inédite « La Roumanie avec les couleurs d’Imèn Moussa  », durant l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025.

 

 

À travers ses photographies réalisées lors de ses séjours précédents en Roumanie de Brașov à Bucarest, de Sibiu à Sighișoara et jusqu’à Iași, Imèn Moussa offre un carnet visuel sensible où chaque ville devient couleur, émotion et mémoire poétique

 

À suivre…

 

© Hanen Marouani

 

À lire également :

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Pour citer ce texte illustré, engagé & inédit

 

Hanen Marouani, « Imèn Moussa au Festival international de poésie de Bucarest : entre voyage et ancrage (troisième épisode) » avec une exposition poétique de ses photographies de la Roumanie, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 16 septembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiii/hm-bucarest3

 

 

 

 

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15 septembre 2025 1 15 /09 /septembre /2025 15:20

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossiers | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier

 

 

 

 

 

 

 


Créatrices francophones de l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest : Muriel AUGRY (deuxième épisode)

 

 

 

 

 

Texte & image par

 

 Hanen Marouani​​​​​​

 

Écrivaine, poétesse, docteure en littérature française

& rédactrice régulière des périodiques de la SIÉFÉGP

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poétesse Muriel Augry, invitée de l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest 2025Capture d’écran de l’image de la page Facebook de l’autrice par Hanen Marouani.

 

Biographie de la créatrice

 

Muriel AUGRY est une poétesse, essayiste, et nouvelliste française, née à Paris. Elle a enseigné à l’Université de Turin en Italie, puis entrepris une carrière dans la diplomatie culturelle française en Italie, au Maroc et en Roumanie. Elle est l’auteure d’une cinquantaine d’articles critiques, de nouvelles publiées dans des anthologies et particulièrement d’un recueil de nouvelles traduit en roumain Acest freamat al absurdului (Cronedit, 2021). Elle a écrit onze recueils de poésies, dont quatre publiés en Roumanie en version bilingue Encres lacérées (Cronedit 2020), Ne me dérêve pas (Editura Junimea, 2020), À l’heure blanche (Editura Cartea Româneasca Eductional, 2021), Paris / Rome, impressions jumelles (Editura Junimea, 2024). Ses poèmes sont traduits en une dizaine de langues. Elle a obtenu le « Prix Roland de Jouvenel de l’Académie française » pour son essai Le cosmopolitisme dans les textes courts de Stendhal et Mérimée et le « Prix Vénus Khoury Ghata de la Poésie illustrée ». Elle est membre de la Maison de Poésie, de la Société des Gens de Lettres, déléguée de l’Académie mondiale de Poésie et Secrétaire générale du Parlement des Écrivaines francophones.

 

 

Muriel Augry, une voix poétique entre cultures & passages

 

 

 

 

À l’occasion de sa participation au Festival international de poésie de Bucarest qui se tiendra du 15 au 21 septembre, il nous semble essentiel de mettre en lumière la trajectoire de Muriel Augry, poétesse, nouvelliste et essayiste française, dont le parcours est intimement lié à la Roumanie et à ses résonances culturelles.

 

Une trajectoire entre littérature et action culturelle

 

Née à Paris, Muriel Augry a d’abord enseigné à l’Université de Turin avant de rejoindre les services culturels français. Elle a exercé en Italie, au Maroc puis en Roumanie, où elle a dirigé l’Institut français de Iași de 2019 à 2022. Cette immersion au cœur de la vie culturelle roumaine a profondément marqué son écriture, nourrissant son inspiration et ouvrant ses textes à un dialogue fécond entre les langues et les imaginaires.

Membre de la Maison de la Poésie, de la Société des Gens de Lettres, déléguée de l’Académie mondiale de Poésie et Secrétaire générale du Parlement des Écrivaines francophones, elle s’inscrit aussi dans un engagement collectif pour la reconnaissance et la diffusion des voix poétiques féminines.

 

L’œuvre poétique : un ancrage franco-roumain et plus

 

Auteure de onze recueils de poésie, Muriel Augry a vu une part importante de sa production récente publiée en Roumanie, en version bilingue, confirmant l’impact déterminant de ce pays dans son œuvre :

 

  • Paris/Rome, impressions jumelles (Editura Junimea, 2024)
  • À l’heure blanche (Editura Cartea Românească Educațional, 2021)
  • Ne me dérêve pas (Editura Junimea, 2020)
  • Encres lacérées (Cronedit, 2020)

 

Ses poèmes, traduits en une dizaine de langues, entretiennent un dialogue constant avec les arts visuels. Plusieurs de ses ouvrages naissent de collaborations avec des artistes plasticiens tels que Vladimir et Slobodan Peskirevic, Philippe Bouret, Youssef el Khafay, Abdallah Akar ou Dragos Patrascu, inscrivant sa poésie dans une traversée sensible entre mots et images.

 

Entre cosmopolitisme et poétique du fragment

 

Récompensée par le Prix Roland de Jouvenel de l’Académie française pour son essai Le cosmopolitisme dans les textes courts de Stendhal et Mérimée ainsi que par le Prix Vénus Khoury-Ghata de la Poésie illustrée, Muriel Augry articule dans son œuvre une réflexion critique et poétique sur le cosmopolitisme.

Ses recueils peuvent se lire comme des espaces de passage, traversant les frontières des langues et des cultures. L’expérience roumaine, où elle a vécu et publié plusieurs recueils bilingues, joue un rôle essentiel : elle confirme la fécondité des dialogues interculturels et l’inscription de son œuvre dans un espace européen élargi.

Par ailleurs, son écriture adopte fréquemment une poétique du fragment : poèmes condensés, images incisives, éclats de mémoire et paysages intérieurs. L’oxymore, la fissure, l’attente et la fulgurance rythment ses textes, traduisant une tension fertile qui associe méditation et éclat poétique.

 

Une voix féminine francophone en Roumanie

 

À travers ses publications, ses lectures, ses collaborations artistiques et ses engagements institutionnels, Muriel Augry incarne une voix féminine francophone qui voyage et relie. Elle participe activement à la visibilité des écritures poétiques de femmes dans l’espace francophone et international.

Sa présence au festival de Bucarest résonne comme un retour à une terre d’écriture : la Roumanie apparaît à la fois comme un lieu d’ancrage et comme un espace d’ouverture, confirmant l’importance de ce pays dans la construction d’une œuvre poétique qui tisse des ponts entre cultures, mémoires et sensibilités.

 

© Hanen MAROUANI

 

À lire également :

 

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Pour citer ce texte illustré, engagé & inédit

 

Hanen Marouani (texte & image) « Créatrices francophones de l’édition 2025 du Festival international de poésie de Bucarest : Muriel AUGRY (deuxième épisode) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 15 septembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiii/hm-bucarest2

 

 

 

 

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Bienvenue !

 

L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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