N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Annonces diverses / Agenda poétique
Actualités poétiques à ne pas manquer en juin ! (suite...)
La rédaction de ce périodique a sélectionné pour vous les événements artistiques & poétiques suivant à ne pas manquer durant le mois de juin 2025 :
La rédaction de ce périodique a la joie de partager avec vous la suite de sa sélection d’événements artistiques & poétiques à ne pas manquer durant le mois de juin 2025 :
1. Françoise Urban-Menninger au festival de littérature en Suisse
Du mercredi 18 juin, à 14h, au dimanche 28 juin, à 18h, aura lieu à Paris, Place Saint-Sulpice, le 42e Marché de la Poésie, le plus important au monde.
Je serai joignable au STAND n. 307, en principe de midi à 13h et de 15h à 16h.
Vous pouvez m’annoncer votre présence par un courriel.
Alexis Margowski, Paris est un livre, tiendra le stand jeudi toute l’après-midi. Il publie l’Ode à Paris de Camille Aubaude.
Nous présenterons les recueils de poèmes, les éditions bilingues des Poèmes d'Amboise et la nouvelle édition du récit La Maison des Pages.
N'hésitez pas à partager avec nous vos événements poétiques et artistiques à venir !
***
Pour citer ces événements inédits
LPpdm, « Actualités poétiques à ne pas manquer en juin ! (suite...) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 17 juin 2025. URL :
Crédit photo : Mary Cassatt (1844-1926), « La tasse de thé », 1880, peinture tombée dans la domaine public, capture d'écran de l’image libre de droits du site Wikidata. Illustration choisie par l’autrice.
Dans le vase bleu roi, trois tulipes d’un rouge pourpré, courbent leur tête bombée aux pétales dilatés vers le filet de lumière qui filtre parcimonieusement entre les persiennes.
Le silence habite la pièce et l’habille de volutes invisibles qui serpentent d’objet en objet, de la bergère au bibelot raffiné, à la photographie jaunie et surannée où posent deux jeunes mariés du siècle dernier, du napperon en dentelles crochetée à l’œuf d’oie peint, ramené d’un lointain voyage dans une île grecque.
Tous ces objets ont leur place attribuée et s’y tiennent, confinés et immobiles dans une conversation silencieuse quotidienne, gracieuse et volubile, perçue d’eux seuls dans l’intimité des murs qui les abritent.
Parfois dans ma solitude, je deviens l’un de ces objets. Je me fonds dans le décor et suis tour à tour, ce coussin de soie parme, ce rideau d’organdi ajouré ou cette poupée en celluloïd au sourire figé. Je n’ai plus de corps, je m’évapore, me dissous dans les airs, légère, aérienne et n’ai pas plus de consistance que la transparence de ma pensée.
Mon âme, seule, vagabonde à la rencontre de toutes ces âmes qui émanent de chacun des objets qui occupent le salon. Une vraie fête commence alors, faite de conciliabules, de rires étouffés, de confidences ineffables et froufroutantes… Et quand je prends mon thé dans ma tasse en porcelaine fine, liserée d’or, des esprits tout exprès sortis des murs, des tentures et des tableaux, viennent me rejoindre sur le canapé fleuri où déjà deux oiseaux des îles piaillent et babillent en dérobant, de leur bec doré, grand comme un dé à coudre, les quelques miettes qui tombent de ma tranche de cake.
Tout le salon s’anime d’une vie sémillante et ravie d’émerger d’un trop long sommeil. De lointains parents, des amis disparus, aux traits que je croyais avoir oubliés, avancent leur visage de revenant et me font signe dans le feuillage de lierre qui déborde les murs de ma maison pour s’inviter dans mon salon. Des voix, au timbre indéfinissable et pourtant familier, m’enveloppent de leur tessiture et me parlent jusque dans la soirée où la demi-pénombre m’impose d’allumer les lampes du séjour.
Alors autour de moi, tout n’est plus que débandade, tout se défait et s’anéantit. Une agitation de lendemain de fête, amère et frustrante, succède à mon trop court moment de plénitude où le temps avait arrêté son cours.
Toues les âmes, bien trop sages, rejoignent leurs secrètes alcôves, pendant que moi, reprise dans le filet des habitudes, je renoue avec les apprêts de mon être civilisé et policé. Je regagne mon corps, reprends mon masque de mascarade, réajuste mon sourire de comédie devant le miroir qui ne me renvoie que l’apparence de mon vrai moi.
Mon âme, elle, danse encore sur le bord de ma tasse de thé où les deux oiseaux n’ont pas fini de picorer l’ennui qui les dévore en silence.
Françoise Urban-Menninger, «L’âme des choses » avec une peinture par Mary Cassatt (1844-1926), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 11 juin 2025. URL :
Une femme clown était impensable il y a cinquante ans. Seule en scène pendant une heure, à capter un auditoire en rehaussant le rire par des émotions tristes.
Vertille ne nie pas sa féminité, au contraire. La mise en scène en reprend les truismes sociaux, les évidences, comme montrer ses jambes, comme se déshabiller en public, avoir un fils, l’abandonner, mais pas tout à fait... Bien qu’ultra réaliste, la mise en scène est fabuleuse : elle détourne avec humour et intelligence ces attendus de la féminité. Le public s’interroge.
L’être femme ne peut se révéler davantage dans son aspect concret que dans ces pantomimes, ces mots à peine articulés et intenses qui, une fois lancés sont des appels à échanger avec le public.
Alors naît une osmose entre l’étrange femme qui tire la langue sur scène et nous.
Le faciès du clown blanc est aussi un truisme d’émotions. Le clown ne cache pas ses émotions, il les joue, et c’est la vérité. Quand Vertille exprime la douleur, c’est un tour de force pour faire ressentir une vérité. La célèbre parréshie de la démocratie à Athènes, « dire sa vérité » est à l’œuvre dans cette succession de scènes qui questionnent le public, et réussissent à le divertir.
La vie qu’elle exhibe, Vertille, n’est pas seulement codée par la société masculine, mais aussi à la merci des téléphones portables, et c’est une fabrique à déchets. Vertille convie son public à prendre conscience des codes sociaux qui l’aliènent. Son rire et sa liberté font éclater les carcans, nous lui en sommes reconnaissants. Allez la voir !
Prochaines représentations :
— Vendredi 20 juin à 20h au bar le Parceque à Ciran (37)
— Samedi 6 juillet à 17h au festival La Mariennee, La Goespierre, Vald’Yerre (28)
— Dimanche 30 août à 17h au festival intergalaktik des clowns, à Jupilles (72)
Camillæ ou Camille Aubaude (texte & photographies), «Vertille», Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 11 juin 2025. URL :
https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/ca-vertille
Mise en page par David
Dernière modification de la page : le 17 juin 2025 (mise à jour des dates des représentations).
Ce merveilleux petit livre aux images joyeuses et colorées est signé par une heureuse grand-mère qui a fait des milliers de kilomètres pour retrouver son petit-fils Aurélien à Shanghai en Chine.
Magnifiquement écrit, émaillé de notes d’humour et de tendresse, cet opuscule transporte le lecteur dans l’Empire du Milieu où son esprit voyage mais aussi, où son imaginaire est comblé par moult détails sur l’art d’élever les enfants et de les éduquer dans les écoles chinoises où « toute classe débute par le chant. » De nombreuses anecdotes, telle celle du « bouquet de ballons » ou encore la scène des « Tang-Tang », à savoir la revendication d’une poignée de bonbons par Aurélien mais aussi par son Ayï (nom donné à la nounou en Chine) nous amènent à découvrir des saynètes qui nous font sourire.
Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix nous fait partager son bonheur qu’elle résume ainsi « Bienheureuse la Mère-Grand qui chantonne avec son petit-fils car elle est au paradis sur terre. »
Ces Souvenirs de Chine sont autant de caresses faites au petit Aurélien qui, n’en doutons pas, se voit léguer le plus émouvant des cadeaux, celui de l’amour indéfectible d’une grand-mère aimante qui n’hésite pas à prendre un billet d’avion pour retrouver le petit Aurélien à Shanghai et qui nous confie en aparté « Grand-mère est arrivée pour entendre son petit-fils chanter. »
Un vrai plaisir de lecture que ce livre à s’offrir et à déguster sans modération tout en le prolongeant par la contemplation des photographies prises par l’autrice.
Françoise Urban-Menninger, «Le récit « Souvenirs de Chine » écrit & illustré par Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix vient de paraître aux Éditions Astérion» avec des photographies par Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 5 juin 2025. URL :
Louise Devise réalise depuis plus de trente ans des documentaires d’auteur et dans ce premier livre, elle use de son savoir-faire en « montant » son récit comme elle le ferait avec l’un de ses films.
La rose de Jéricho qui possède le pouvoir de se refermer sur elle-même, de se mettre en dormance, puis de se rouvrir et de s’épanouir sous la goutte d’eau qui la fera reverdir est la métaphore qui permet d’appréhender ce qu’a vécu Louise qui, à l’instar de cette plante, s’est mise en retrait d’elle-même durant plus de 35 ans pour « accepter l’inacceptable ».
Alors que « le couple a volé en éclat », la narratrice use du tutoiement pour tenter de comprendre... Elle s’interroge « Mais jusqu’à quel point tu avais choisi toi d’être maltraitée ? » Pour ce faire, elle mène une enquête qui s’apparente à une quête introspective, les questions rythment le récit, le relancent et Louise de reprendre à plusieurs reprises la phrase de Rilke « Aime tes questions ». Ce questionnement va l’amener à s’interroger sur sa relation dysfonctionnelle avec sa propre mère, à évoquer la figure tutélaire de Mère, sa grand-mère exceptionnelle qu’elle appelle « la femme de sa vie » et qui, comme elle, avait « une rétroversion de l’utérus ».
Ce sont les incantations d’une mère négative, puis d’une enseignante et enfin celles de Michaël qui « surgit » dans sa vie pour douter de sa capacité à réussir ce qu’elle entreprend qui ont déstabilisé Louise et généré en elle « un sentiment d’infériorité » qui la prive de toute velléité et d’esprit critique. Car beau et intelligent, Michaël, son compagnon, connaît « les failles » de Louise, il en joue et pire, il en jouit !
Malgré son « intime conviction », Louise avoue avoir « perdu sa boussole intérieure » car elle est indéniablement sous « l’emprise » de celui qui est loin d’être son alter ego.
Quand elle décide de quitter Michaël, ce dernier pratique « le chantage au suicide », puis se clochardise, se disant incapable de vivre sans Louise qui, là encore, tente de l’aider, du moins financièrement. Derrière l’image de cet homme qui lui répète à l’envi qu’elle est la femme de sa vie, elle décèle enfin sa fragilité hors norme « Puissant colosse aux pieds d’argile », écrit-elle et de se demander à son propos « serait-ce une espèce de peur qui se transforme en déni et en autodestruction ? »
Mais Louise rompt définitivement les amarres ! La mort de sa mère « la libère » selon les propres mots de cette dernière confiés à la psychologue de l’Ehpad. Une autre figure féminine nous interpelle dans le roman, celle de Véronique en fin de vie, lucide, lumineuse, charismatique, elle n’est autre que « la sœur de cœur » de Louise.
Cette sororité traverse tout le roman et l’éclaire car la narratrice fait appel à d’autres femmes qui « se racontent » et dont les échos résonnent en elle mais aussi, et très certainement, chez les lectrices car, dit Louise, chacune « d’une histoire à une autre (…) elles participent de la grande Histoire des femmes, de partout et de toujours . »
Nul doute que La rose de Jéricho aidera plus d’une femme à comprendre pourquoi elle a pu « supporter l’insupportable », à savoir, non seulement cette violence des femmes battues mais aussi cette « violence psychologique » qui atteint l’âme et la consume.
Peut-être que l’effet-miroir de cette lecture trouvera son point d’orgue dans « une résurrection » à l’instar d’une rose de Jéricho. Quant à celle de la narratrice elle s’apparente à une renaissance, celle d’être dans un monde qui s’ouvre dans « le plaisir d’écrire ».
* C’est un magnifique roman que signe Louise Devise, documentariste. Elle y analyse avec finesse les pièges de l'emprise, la sororité y tient la part belle, chaque phrase trouve une résonance dans notre inconscient féminin collectif.
Voir aussi l’entretien audiovisuel avec Louise Devise à propos de son premier roman : « La rose de Jéricho », URL : https://www.youtube.com/watch?v=mimf4kUJXmI
***
Pour citer ce texte engagé, féministe, illustré & inédit
Françoise Urban-Menninger, « La rose de Jéricho, roman de Louise Devise, paru aux éditions Maurice Nadeau », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet, mis en ligne le 17 mars 2025. URL :
L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.
SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026
APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.
SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025
Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.
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