8 septembre 2023 5 08 /09 /septembre /2023 15:36

N°14 | Les conteuses en poésie | Entretiens poétiques, artistiques & féministes & REVUE ORIENTALES (O) | N° 3 | Entretiens

 

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Hala MOHAMMAD : « Avant d’être cinéaste,

 

 

je suis d’abord une poète. »

 

 

 

 

 

 

Propos recueillis par

 

Hanen Marouani

 

 

Entrevue avec

 

Hala Mohammad

 

 

 

​​​​​​© Crédit photo : Portrait photographique de la poète Hala MOHAMMAD.

Biographie

 

Hala MOHAMMAD

Poète syrienne

 

Est née à Lattaquié, sur la côte syrienne. Après avoir effectué des études de cinéma en France, elle a travaillé dans le milieu du cinéma syrien. Elle a réalisé plusieurs courts métrages, des documentaires sur le thème de la littérature en prison et a été assistante réalisatrice sur deux longs métrages, et costumière sur différents longs métrages, tous tournés en Syrie, tandis que ses recueils paraissaient au Liban. Connue dans le monde littéraire arabe, elle contribue régulièrement à divers journaux et a été traduite dans de nombreuses langues (anglais, français, allemand, suédois ou encore turc).

Elle a publié huit recueils de poésie en arabe. Le premier L’âme n’a pas de mémoire a été publié à Damas en 1993 par le Département de publication dirigé à l’époque par le philosophe syrien Antoun Al Makdidi. Le deuxième Sur ce Blanc Fade a été publié à Amman en 1998 par l’Institut arabe de publications. Elle a publié quatre recueils à Beyrouth aux éditions Riad El- Ryyes Books dont le recueil Ce peu de vie en 2001.

À la fin de 2011, menacée d’arrestation par le régime syrien de dictature, elle a pris la route de l’exil comme des millions de syriennes et de syriens. Elle vit aujourd’hui en France, où elle a publié deux recueils Prête-moi une fenêtre (2018) qui paraîtra aussi au Danemark le 27 octobre 2023 aux éditions Screaming Books Foundation et Les hirondelles se sont envolées avant nous (2021) en français aux éditions Bruno Doucey, les deux livres sont déjà parus en arabe aux éditions Alutawassit-Milano.

Entre 2005 et 2006, elle a réalisé plusieurs documentaires sur le thème de la littérature des prisons, des films qui dénoncent l’emprisonnement des artistes et des intellectuels pendant la période de la présidence d’El-Assad père. Parmi lesquels Lorsque le Quassion est fatigué sur le poète syrien Mohammed Al Maghouth, Voyage dans la mémoire et Pour un morceau de gâteau.

À son arrivée en France, elle a cocréé l’association NORIAS d’échanges interculturels et a dirigé le ciné-club syrien à Paris pendant quatre ans d’avril 2014 à mai 2016. Ensuite, du début 2014 à la fin de 2015, elle a eu carte blanche pour animer des soirées poétiques à l’Institut des Cultures d’Islam ICI à Paris. Elle est actuellement dès l’année 2023 parmi l’équipe des poètes présentateurs et animateurs du festival de Sète – France.

 

​​​​​​© Crédit photo : Couvertures des recueils de poésies les plus récents de la poète Hala MOHAMMAD « Prête-moi une fenêtre » & « Les hirondelles se sont envolées avant nous ».

 

Bibliographie

Poésie 

L’âme n’a pas de mémoire 

Sur ce Blanc Fade 

Ce peu de vie 

Cette peur 

Comme si je frappais à ma porte 

Le papillon a dit 

Prête -moi une fenêtre

Les hirondelles se sont envolées avant nous.

Filmographie

Voyage dans le mémoire

Lorsque le Quassion est fatigué

Pour un morceau de gâteau 

Nous en avons autant !

Un film a été fait sur Hala Mohammad en 2012 pour the Arab Spring poets. Un Opéra a été mis en scène par la réalisatrice Allemande d’Opéra Verena Stopper sur le l4ème exil de l’Égypte de Händel, dans lequel le récit d’un exil moderne, celui des syriens en 2011, a été évoqué à travers la poésie de Hala Mohammad.

Entrevue

« Hala MOHAMMAD : « Avant d’être ci​néaste, je suis d’abord une poète. »

Hanen MAROUANI – Pourriez-vous nous partager votre parcours en tant que poète ? Évoquez comment vous avez écrit votre tout premier poème, s’il vous plaît.

Hala MOHAMMAD – Mon premier poème est une ode à la beauté des herbes et aux brises légères d’air, des éléments naturels qui avaient le pouvoir de réveiller en moi des émotions profondes, tout comme la nature elle-même qui semble exprimer, à son tour, ses propres sentiments. J’ai toujours vu les émotions comme les fragrances de l’âme, parfois empreintes de joie, parfois chargées de douleur.

C’est dans ces moments de silence, entre la joie et la tristesse, entre les mots et les respirations, que j’ai découvert ma voie vers la poésie. Mon lien avec les autres est indissociable de mon parcours poétique. C’est la connexion entre le « moi » et les autres qui m’a poussée à explorer les rives de la poésie tout en étant profondément influencée par le rôle significatif des chansons dans la vie quotidienne, particulièrement en Orient et en Syrie. Toute cette atmosphère a vraiment influencé et a façonné mon amour pour les mots. Ce qui a vraiment nourri et alimenté mon imagination, ce sont les nuances qui composent une chanson et les infimes écarts entre la voix et sa réception, entre la voix de ma mère qui semblait s’étendre jusqu’à toucher la lune et l’horizon, créant ainsi un lien profond entre l’art de la musique et ma propre créativité poétique. C’est cet émerveillement pour la magie de la musique et de la voix qui m’a inspirée et qui a fait naître en moi l’irrésistible désir d’écrire de la poésie.

 

Hala Mohammad, qu’est-ce qui vous inspire le plus dans votre travail créatif ?

H.M – Mon parcours poétique tire son inspiration de sources diverses, chacune jouant un rôle essentiel dans ma passion pour l’art de la poésie. La nature, avec ses splendeurs et ses mystères, a été l’une de mes premières muses. J’ai ressenti une connexion profonde avec elle, une harmonie entre mes émotions intérieures et les phénomènes naturels qui m’entouraient. La voix de ma mère, empreinte de mélodies arabes envoûtantes, a également été une source d’inspiration inestimable. Ces chansons arabes ont bercé mon enfance et ont tissé un lien indéfectible entre la musique, la langue et mes émotions.

Puis, il y a cette fascination pour la notion de distance, une magie qui opère entre le « moi » et les autres. Cette distance, qu’elle soit physique ou émotionnelle, m’intrigue profondément et m’attire vers le monde de la poésie.

Mon père, maître de la langue arabe, a fait de l’amour pour la poésie une part essentielle de notre quotidien familial. Ses enseignements et son influence ont marqué mon parcours, m’imprégnant d’un amour durable pour les mots et pour les vers.

Mon enfance a été marquée par des moments empreints de courage, de beauté, de nostalgie et d’attente. Ces expériences ont laissé une empreinte indélébile dans ma mémoire, formant une partie précieuse de ma sensibilité artistique. La mémoire collective qui imprègne notre être, a indéniablement contribué à faire émerger une sensibilité distincte dans mes écrits et mes réalisations cinématographiques.

 

Avez-vous envisagé d’intégrer votre poésie dans la création de vos films documentaires ?

H.M – Non. À mon avis, le retour le plus gratifiant que je puisse recevoir est lorsque l’un de mes films est qualifié de cinéma poétique ou de poésie cinématographique.

 

De votre premier film à votre dernier poème, vous avez constamment mis en lumière les relations complexes entre la liberté et la condition féminine, entre le passé et l’avenir, entre l’exil et la patrie. Pourquoi cette récurrence de thèmes ?

H.M – J’éprouve une profonde affection pour autrui, la liberté et la beauté, car ils enrichissent notre humanité d’une beauté à la fois intérieure, symbolique et énigmatique. Cette beauté, parfois difficile à définir ou à saisir, pourrait bien être le reflet de la justice. La liberté est comparable à une respiration essentielle qui éclaire nos vies. Elle nous permet de regarder l’autre à travers notre propre prisme, de percevoir le monde de notre propre regard.

La justice, bien qu’universelle, possède une dimension féminine, ancrée profondément dans l’histoire en tant qu’élément étroitement lié à l’amour. Cette caractéristique transcende les genres pour devenir un attribut intéressant à la femme.

J’ai vu le jour et vécu dans la splendide Syrie. Cependant, les cinquante années de dictature qui ont régné, ont étouffé la diversité des genres, opprimé la liberté et érodé l’égalité, afin de préserver un pouvoir unique et immuable. Cette dictature s’est allée aux extrémistes pour museler toute forme de liberté. C’est pourquoi, pour moi, la féminité symbolise la main de la justice, toujours tendue pour instaurer l’égalité et restaurer la liberté. Je suis fière de mon peuple qui a pris en main son histoire et qui a osé dire « non » à la dictature. La liberté a toujours été une nécessité, une urgence et jamais un luxe. Sinon, l’oxygène serait un luxe, tout comme la lune…et l’amour.

 

Quelle a été la motivation derrière votre transition vers la poésie après une carrière prolifique dans le cinéma ?

H.M – Avant d’être cinéaste, je suis d’abord une poète. J’ai entrepris des études en cinéma à Paris 8 en France, dans l’espoir de découvrir la poésie que les mots seuls ne parvenaient pas à exprimer. À mes yeux, toute forme d’art porte en elle une dimension poétique.

 

Avez-vous intentionnellement cherché à refléter une similitude entre votre approche cinématographique de la souffrance liée aux frontières et votre écriture sur ce même thème ?

H.M Oui, je demeure la même personne, utilisant ma voix pour narrer mon propre récit. Ces moyens d’expression, je les ai hérités de ma langue et de ma culture arabes, avec leur richesse et leurs vastes horizons imaginaires. Les frontières que je questionne ne se limitent pas à la vie et la mort, mais englobent notre existence, coincée entre les rives de ces deux réalités, qui parfois restreignent notre créativité et notre imagination.

Cependant, la frontière qui m’importe le plus est de nature politique. Elle incarne l’injustice, l’inhumanité, les conflits, la haine, le racisme, ainsi que toutes les souffrances endurées par l’humanité à cause des dictatures et du système libéral sauvage qui accentue la pauvreté et creuse le fossé social. Cette frontière est le résultat de la culture de barbarie et du règne de la famille Assad, qui s’est maintenue au pouvoir pendant plus de 50 ans avec le soutien des forces internationales. À mes yeux, il s’agit d’une des frontières les plus cruelles qui soit.

Pourtant, je crois que les distances ne sont pas seulement des obstacles, mais aussi des sources de désir qui nous poussent à aller à la rencontre des autres, à plonger au plus profond de nous-mêmes, et ce, grâce à la magie de la poésie.

 

Pouvez-vous nous partagez vos poèmes préférés parmi ceux qui ont été traduits de l’arabe vers le français dans vos recueils édités par Bruno Doucey, à savoir, « Les hirondelles se sont envolées avant nous » et « Prête-moi une fenêtre » ? Pourquoi ces poèmes en particulier ont-ils une signification spéciale pour vous ?

H.M – Je crois profondément que la signification de chaque poème est unique pour chaque lecteur, car elle est influencée par leurs expériences personnelles, leurs émotions et leurs perspectives uniques. Dans mes recueils, je m’efforce de créer une toile d’émotions et d’imaginaire qui permet à chaque lecteur de trouver sa propre vérité et sa propre compréhension. Ainsi, mes poèmes forment un ensemble cohérent, mais chaque lecture offre une exploration nouvelle et enrichissante, révélant des détails et des émotions qui touchent le cœur de chacun de manière unique.

 

Pouvez-vous nous expliquer ce qui vous a motivé à choisir Bruno Doucey, l’éditeur français, pour la publication de vos poèmes ?

H.M – En tant que poète, c’est un véritable bonheur que de voir des œuvres publiées par la maison d’édition Bruno Doucey. Cette maison d’édition, au fil du temps, ne se contente pas d’être une simple adresse publique, elle devient une adresse personnelle, un lieu où l’âme poétique peut s’exprimer en toute liberté. Ma rencontre avec mon éditeur s’est produite lors du Marché de la Poésie en 2015, puis au magnifique festival de poésie de Sète en 2016, sous la direction éclairée de Maithé Vallés-Bled.

L’une de mes poésies, extraite du recueil publié en arabe intitulé « Le papillon a dit » en 2013, a été sélectionnée pour figurer dans l’anthologie du festival de Sète. Cette anthologie a été publiée par la personne qui allait devenir, par la suite, mon éditeur attitré. En 2018, mon tout premier recueil, « Prête-moi une fenêtre », a vu le jour, suivi en 2021 par « Les hirondelles se sont envolées avant nous ». Au fil de ces années, une amitié s’est tissée entre moi et Bruno Doucey, ainsi qu’avec toute l’équipe de cette maison d’édition.

 

Pouvez-vous partager avec nous votre expérience de collaboration avec le traducteur de vos deux recueils ?

H.M – J’ai résolument choisi Antoine Jockey, un traducteur émérite, pour donner vie à mes poèmes en français. Sa réputation est solidement établie, ayant déjà brillamment traduit maints poètes arabes que j’admire profondément. Ce qui m’enthousiasme tout particulièrement dans sa démarche, c’est la façon dont il édifie le poème dans la langue de Molière. Il réalise une véritable réécriture qui préserve, voire embrasse, le rythme profond de l’original, ou du moins s’en rapproche sensiblement.

Cette expérience m’a permis de prendre pleinement conscience de l’importance cruciale de la traduction dans nos vies. Le métier de traducteur est véritablement noble, car il construit des passerelles entre les cultures et les langues, contribuant ainsi à un enrichissement mutuel inestimable. 

 

Avez-vous eu l’occasion de collaborer avec des auteurs d’autres nationalités pour co-écrire des poèmes ou des textes ?

H.M – Non.

Quels effets ou impressions aimeriez-vous susciter chez vos lecteurs grâce à votre style d’écriture ?

H.M Bien sûr, je désire ardemment que ma poésie suscite de l'amour ou qu'elle permette au lecteur de saisir pleinement la nature de la poésie. Les rencontres poétiques jouent un rôle vital dans le tissage de liens et la facilitation de la communication entre diverses cultures. Elles revêtent une importance cruciale en tant qu'initiative. Le poète les recherche pour éclaircir ses doutes, valider ou réfuter ses hypothèses, ainsi que pour confirmer ou réfuter ses vérités.

 

Pourquoi pensez-vous qu’il soit particulièrement important de vivre de manière poétique, surtout dans le contexte actuel ?

H.M – La poésie représente l’essence de la vie elle-même. Face à la violence, aux conflits et à la montée de la barbarie, la poésie persiste comme l’âme immuable de notre existence quotidienne à travers les âges. Elle incarne une force à la fois juste et douce, peut-être même la déesse intemporelle de tous les temps. 

 

En quelques mots, quelle est la signification de la Syrie pour vous ? 

H.M La Syrie, c’est mon pays plongé dans une tragédie, victime d’une trahison internationale en faveur de la dictature. C’est la terre des poètes, des maisons chaleureuses et familiales, baignée de soleil, le berceau de la culture et de la lune. C’est l’olivier, symbole de paix et d’abondance. La Syrie incarne l’union entre le soleil et la lune, le lieu où l’amour de ma mère a pris racine. Elle symbolise le courage d’un peuple désarmé et l’art de vivre dans l’adversité. 

 

Et la France ?

H.M – La France incarne une terre riche en civilisation, culture et histoire, tout en étant une terre accueillante. C’est le pays qui allie harmonieusement les lumières et les ombres, créant ainsi une palette de nuances inégalée. Pour moi, c’est le berceau du sourire et des éclats de rire de ma petite fille, une terre où la vie s’épanouit pleinement.

 

À la fin, que diriez-vous à ceux qui souhaitent se lancer dans l’écriture des textes poétiques ?

H.M – La poésie mérite de s’engager dans cette aventure et de s’épanouir au sein de ce rêve. Elle est omniprésente, à portée de tous, accessible comme contempler la lune à travers sa fenêtre. Elle évoque à la fois la douleur et la félicité, une alchimie où ces deux sentiments se mêlent harmonieusement. C’est cette magie qui insuffle le courage de dépasser les frontières, de repousser les limites, et d’explorer des horizons inconnus. 

 

© Ces propos ont été recueillis par Hanen Marouani en septembre 2023.

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Pour citer cet entretien illustré & inédit

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​Hanen Marouani, « Hala MOHAMMAD : “Avant d’être cinéaste, je suis d’abord une poète.” », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 14 | ÉTÉ  2023 « Les conteuses en poésie », volume 1 & Revue Orientales, « Les conteuses orientales & orientalistes », n°3, volume 1, mis en ligne le 8 septembre 2023. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no3/no14/hmarouani-entrevueavechalamohammad

 

 

 

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Liens à venir 

3 mai 2023 3 03 /05 /mai /2023 16:25

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Dossier mineur| Florilège | Jeunes poètes de moins de 26 ans

 

 

 

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​​Le Silence des martyres

 

 

 

 

 

 

 

 

Tristan Colovray

 

Poète, organisateur d'ateliers d'écriture

& fondateur de la Maison alsacienne de la poésie

 

 

 

 

 

Crédit photo :  "Roger Fry, portrait de "Virginia Woolf", peinture, domaine public, capture d'écran via Commons.

 

 

© Crédit photo :  Image du poème, Prise par LPpdm.

 

 

II

 

 

à Marie-Catherine




 

Son dernier crépuscule

S’enflammait de griffures ;

Une obscurité sourde

Rongeait les bâtiments.

 

Il faudrait vivre avec légèreté, et cultiver le

bonheur par élégance, car l’homme est un pauvre

animal qui se défigure vite.

  Une petite colère a du charme, mais vire au

grotesque si elle enfle. De même, une douce mé-

lancolie irise le regard, alors qu’une déprime est

sordide.

 

Il rentrait le cœur blanc

Et la poche lestée

D’un vrai rasoir à lame

Qu’il avait acheté.

 

Mais dans ce monde qui ne renvoie aucun

écho, se dit-il, vivre est un acharnement.

 

Son bain chaud l’étreignait ;

De longs filets de pourpre

Germaient de ses poignets

Comme des fleurs diaphanes…

 

 

 

II


 

 

à Virginia Woolf

 




 

Le soleil de midi

Accablait de chaleur ;

Elle approchait du fleuve

Aux rives solitaires.

 

Je suis le chêne, je suis la biche ; je suis le

ver, je suis la foule. Je suis l’ardoise et le pavé, je

suis le prince et le bossu, la rose et la tempête.

 

Elle arpentait la grève,

Et saisie de vertiges,

Amassait des galets

Dans ses poches profondes.

 

 Je suis l’instant qui meurt, je suis l’instant

qui vient, et jamais ne me repose.

 

Sa robe dans l’eau claire

Ondulait comme une algue,

Son regard se noya

Dans le reflet du monde…

 


 

 

Éléments biographiques

 

Tristan COLOVRAY, est un jeune poète et fondateur de la Maison alsacienne de la poésie. Il organise notamment des ateliers d'écriture en hommage à l'Ukraine et il a une page Facebook.

 

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Pour citer cet ensemble inédit & engagé

 

Tristan Colovray, « Le Silence des martyres », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 3 mai 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no13/tristancolovray-lesilencedesmartyres

 

 

 

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30 avril 2023 7 30 /04 /avril /2023 18:58

​PÉRIODIQUES | REVUE ORIENTALES (O) | N°2 | LES VOYAGEUSES ET LEURS VOYAGES...VOL. 1 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES VOYAGEUSES ET LEURS

 

 

VOYAGES RÉELS ET FICTIFS

 

 

VOLUME 1, 2022-2023

 

 

 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Élodie Barthélémy, "Entre deux ciels", Photographie par Anja Beutler, 2021.

 

L'ÉDITION COMPLÈTE DE CETTE PAGE SE DÉROULE DU 29 MARS JUSQU'AU 30 AVRIL 2023 COMPRIS.

 

 

 

 

SOMMAIRE VOL. 1

 

 

 

 

ÉDITORIAL

 

Dina SAHYOUNI, « Les voyageuses et leurs voyages en poésie » 

 

DOSSIER

 

[peut contenir des articles, biographies, enquêtes, entretiens-témoignages, chroniques, critiques, introductions, portraits, postfaces, préfaces, témoignages, etc.]

 

IMAGES, « "Œil pour Œil" (Contes Arabes) », extrait du périodique égyptien Images (No 40, 1930)

​Hanen MAROUANI, Hanen MAROUANI, « Les vertiges du mystérieux et du merveilleux : l’art poétique de Fatma Gadhoumi ​​​​​​» avec des œuvres de Fatma GADHOUMI et deux photos de Luca TIOZZO PEZZOLI & « Rencontre avec l’artiste et l’intellectuelle Hanen Allouch » illustrations par l'artiste Hanen ALLOUCH, ​​​​​​«​ Mona AZZAM : De l’Orient à l’Occident, force ou errance ? » Hanen Marouani, « Fatma Bouvet de la Maisonneuve : “Le féminisme est pour moi un élément inséparable du combat pour les droits humains.” »

 

[Textes réédités]

Maggy de Coster (textes & photographies), « Carnet de voyage I », « Carnet de voyage II : le MUPANAH (Musée du Panthéon National Haïtien) », « Carnet de voyage. Sous le soleil Marocain, Été 2014 », ​​​​​​« Carnet de voyage, Août 2021. La Croatie : En passant par Zagreb, Zadar, Split, Trogir, Komin & Dubrovnik » ​​​​​​

 

 

CRÉATIONS POÉTIQUES

[pour la thématique principale]

 

Maggy DE COSTER, « Les bijoux d'Amanishakéto » & « Flaubert et Nerval : le cœur à l’égyptienne »

Hanen MAROUANI, « La nouvelle collection printemps-été 2022 de la styliste Tuniso-canadienne Sarah Manai ; Femme-Fleur : des poèmes visuels et olfactifs », photographies de Majdi Agrebi de Ichrak Cofflard (Mannequin) 

Nour CANDOUR, « Extraits poétiques de mes trois recueils »

Dina SAHYOUNI, « Mes voyages olfactifs », « Partir » & « Des femmes phénix sont nées »

Mariem GARAALI HADOUSSA, « Les cheveux au vent »

Françoise URBAN-MENNINGER, « la chevelure du vent »

Hanen ALLOUCH, « Sfax, unique et plurielle », peinture de l'artiste Imen ALOULOU 

Nicole BARRIÈRE,*  ,« Courage »

Chahla CHAFIQ/شهلا شفيق,  « Ici », poème bilingue Français-Persan

[Poèmes réédités]

Mariem Garali Hadoussa (texte & peinture), « Voyage d’espérance »

Pep Pepió Pepió, « viaje por abril / voyage d’avril » poème traduit de l’espagnol par Maggy De Coster

 

 

CARTE BLANCHE À UNE ARTISTE

 

Hanen MAROUANI, « La nouvelle collection printemps-été 2022 de la styliste Tuniso-canadienne Sarah Manai ; Femme-Fleur : des poèmes visuels et olfactifs », photographies de Majdi Agrebi de Ichrak Cofflard (Mannequin) ​​​​​​

 

 

MATRIMOINE ORIENTAL & ORIENTALISTE 

 

Dina SAHYOUNI, « Les voyageuses et leurs voyages en poésie »

 

DICTIONNAIRE

 

[Cette nouvelle rubrique contient des entrées poétiques & artistiques relevant de l'univers de la revue Orientales ]

 

[Deux textes uniquement disponibles en version imprimée]

 

 

ENTRETIENS

 

Maggy DE COSTER, « Rencontre avec Asuka Kazama : une artiste peintre, plasticienne et photographe japonaise » dessins & photographies par Asuka KAZAMA & « Interview avec l'artiste-peintre franco-haïtienne Élodie Barthélémy », dessins & photographies par Élodie BARTHÉLÉMY & autres artistes 

​Hanen MAROUANI, « Entretien avec Asma Bayar », « Portrait de Sélima Atallah », « Entretien avec la jeune poétesse, romancière et peintre franco-syrienne Nour Cadour » avec des œuvres de l'artiste et deux photos de Natalie REZELMANN Ulysse AGASSIN« Mise en lumière sur la poésie de la franco-tunisienne Arwa BEN DHIA » & « Fatma Bouvet de la Maisonneuve : “Le féminisme est pour moi un élément inséparable du combat pour les droits humains.” »

 

 

CRITIQUES POÉTIQUES & ARTISTIQUES 

 

Françoise URBAN-MENNINGER, « Maryam Firuzi expose "À un cheveu près" », texte illustré par Claude MENNINGER 

 

Maggy DE COSTER « Hanen Marouani, « Tout ira bien », Le Lys bleu, 2021, 116 pages, 12€ », « Imèn Moussa, Il fallait bien une racine ailleurs, Éditions l’Harmattan, 2020, 144 pages, 15€ », « L'exposition "Sur les routes de Samarcande. Merveilles de soie et d'or" à l'Institut du Monde Arabe » avec un reportage photographique, ...

 

 

LECTURES & LECTRICES

[Cette nouvelle rubrique permet de vous proposer des lectures des lectrices de la revue Orientales]

 

Arwa BEN DHIA (texte & images), « "Phronésis" de Rachida Belkacem, un livre de méditation »

 

 

VARIA & ACTUALITÉ  

[Créations libres poétique, théorique, historique, etc. ]

 

Rana ALAM, « Chevelure dorée, prix de la liberté »

رنا علم / Rana ALAM, « زواج القاصرات في بلاد الجهل » ​​​​​​​​​

/ Rana ALAM, « الطفلة »

 

Édouard GEMAYEL, « Les Cèdres », extrait du périodique égyptien Images (N°19, 1930) 

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Françoise URBAN-MENNINGER, « Déchirons le voile de l’obscurantisme », « Les voix des femmes afghanes à Strasbourg »

Lisa FOURNEL, « Dévoilons-nous »

Pierre ZEHNACKER, « Douleur de Manfred »

Dina SAHYOUNI, « Hommage à Fatma Ben Fdhila » 

 

 

 

 

L'édition électronique de ce deuxième numéro se termine le 30 avril  2023. La rédaction remercie infiniment les personnes – publiées ou non – qui ont pris répondu à l'appel à contributions du numéro.

ORIENTALES

© Revue Poéfeministe, poéféminologique, internationale & multilingue

 

ISSN électronique : .... en cours

 

 

PÉRIODIQUE ANNUEL 

PROPOSÉ EN PARUTION 

NUMÉRIQUE DANS LA REVUE 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES

& IMPRIMÉE EN AUTOMNE 2023

 

 

Numéro organisé par :

ORIENTALES 

Réalisation technique :

Aude SIMON

Comité de lecture composé de l'Équipe de la revue 

Contacts via LE PAN POÉTIQUE DES MUSES :

contactlppdm@pandesmuses.fr & contact.revue@pandesmuses.fr

 

Rappel utile : comme vous le savez bien, cette revue (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteur/auteure est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, l'auteure/auteur est l'unique responsable du contenu de son texte, de son image, sa vidéo, etc.

 

 

POUR CITER CET AVIS DE PARUTION

 

REVUE ORIENTALES, « LES VOYAGEUSES ET LEURS VOYAGES RÉELS ET FICTIFS | SOMMAIRE DU VOLUME 1 »Revue Orientalesn°2, volume 1, mis en ligne le 29 mars 2023. URL.

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no2

 

 

Page en construction créée

le 29 mars 2023 par Aude

Dernière mise à jour : 30 avril 2023

Parution prévue du numéro papier en fin du mois de juin 2023

 

 

ISSN NUMÉRIQUE DU SITE 2116-1046

© www.pandesmuses.fr

 

Lettre n° 9 (Avant-première de nos dernières publications de 2016)

© Tous droits réservés

29 avril 2023 6 29 /04 /avril /2023 13:59

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages | Poésie pour la jeunesse / pour éliminer les violences faites aux enfants

 

 

 

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​​​Berceuse pour Rose

 

 

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Dina Sahyouni

 

 

 

 

Crédit photo : Benjamin Wes, "Two Angels Singing", image libre de droits, capture d'écran par LPpdm.

 

 

 

En mémoire de Rose

 

 

 

Pour la belle Rose

les fleurs blanches arrosent

de pétales le ciel et la terre

 

 

Pour la belle Rose

nos larmes s'interposent

un ange passe


 

Pour la petite Rose

les fleurs roses se déposent

sur les nuages.. sur les rivages


 

Pour la petite Rose

on s'habille en rose

et les pétales de roses

tombent en pluie de lumières


 

Pour notre ange Rose

le silence s'impose

au ciel et sur la terre


 

Pour la belle Rose

on compose des vers

des poèmes en prose

pour la petite Rose

un ange passe


 

Notre belle Rose

en douceur se pose

dans les nuées

et le ciel s'enrose

de rose bonbon


 

Notre belle Rose

s'endort, se repose

les chants des anges

la bercent en douceur

 

 

Crédit photo : Tintoretto, Madonna dell'Orto (Venice), Chapel Morosini, "Angels carrying the censer (1627), image libre de droits, capture d'écran par LPpdm.

 

 

 

© DS., avril 2023. Une berceuse en mémoire de Rose âgée de cinq ans (disparue violemment mardi dernier, sa mort est survenue dans des circonstances criminelles). #Justice pour Rose.

 

 

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Pour citer ce poème élégiaque inédit

 

Dina Sahyouni« Berceuse pour Rose », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 29 avril 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no13/ds-pour-rose

 

 

 

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24 avril 2023 1 24 /04 /avril /2023 16:53

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 | I. Anthologie «  Étrangères » | Astres & animaux

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Chasse à la lune

 

 

 

 

 

 

 

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

 

 

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Crédit photo : Léon Printemps, "Parfum du soir", domaine public, capture d'écran de Commons.

 

 

 

Je traque la lune.

Au-dessus de la cime des arbres, sa couleur blanche cendrée

au milieu d’une nuit ardente d'octobre

maintenue par des fuseaux de doute. 


 

Une quiétude – une pâleur jusqu'aux contours de nos yeux –

dans laquelle

aucune feuille ne se retire.


 

Nous sommes des étrangères

dans le monde de l'automne.


 

Nous avançons, les mains dans le dos 

attachées avec des tiges de fleurs séchées,

prisonnières d'une saison bruissante

 

que nous regardons au loin 

à travers la lunette 

d'une étoile.

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème inédit & engagé

 

Irina Moga, « Chasse à la lune », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 24 avril 2023. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia23/irinamoga-chassealalune

 

 

 

 

 

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SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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