La revue féministe Le Pan Poétique des Muses a l’honneur de vous convier avec les organisatrices et organisateurs de l’événement à la soirée « Femmes en effets » qui aura lieu le vendredi 23 mai prochain à 18h30 et célébrant deux autrices du notre matrimoine poétique : l’aïeule Virginia Woolf et la contemporaine Françoise Urban-Menninger.
SIEFEGP, « Invitation à la lecture poétique & féminine des "Femmes en effets" », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles », mis en ligne le 28 avril 2025. URL :
Auteur prolifique et protéiforme, le philosophe Marc Chaudeur vient de se voir attribuer un prix littéraire au salon du livre de la Krutenau pour son ouvrage Stéphanie, reine d’Alsace paru chez EDBH.
Tel un petit bijou d’écriture, à l’instar du diadème déposé sur le cercueil de celle qui repose au cimetière Sainte-Hélène à Strasbourg, ce recueil éclaire l’existence méconnue de l’épouse du Gouverneur du Land d’Alsace-Lorraine où elle a laissé son empreinte entre 1907 et 1914, notamment en créant « son œuvre grandiose » à savoir l’hôpital Stéphanie qui s’occupera plus tard de ses obsèques.
Épousant en deuxième noce le Comte von Wedel, Stéphanie, dont le prénom renvoie à celui de sa mère qui avait été baptisée du nom d’un navire, va nous faire tour à tour voguer, chavirer dans ce monde ancien que la plume de Marc Chaudeur nous invite à visiter ou plutôt revisiter. Son héroïne, issue de l’aristocratie suédoise, belle et cultivée, sera « Reine de Stockholm » puis « Reine d’Alsace » lorsqu’elle suivra son époux à Strasbourg. Ce dernier s’efforcera en vain de promouvoir « une politique de conciliation », deux phrases résument la situation et mettent fin à ses espoirs « Le Grand État-Major prussien et les revanchistes français ont gagné », « On s’achemine à grands pas vers la guerre ». Nous sommes le 19 avril 1914 quand le Gouverneur von Wedel est remplacé par un conservateur…
Marc Chaudeur évoque cette période alsacienne troublée où les figures de l’Abbé Wetterlé, Léo Schnug, Hansi et de bien d’autres émaillent ce récit où l’on assiste à des parenthèses enchantées telles l’inauguration en grande pompe du château du Haut-Koenigsbourg aux côtés de l’Empereur Guillaume II, une fête somptueuse dans les allées de l’Orangerie où l’auteur prête sa voix empreinte de magnificence à une Stéphanie radieuse « Je porte une robe de soie jaune pâle à dentelles, piquée de fleurs couleur d’or et lilas. Tout cela abonde de soleil, de joie ardente et d’éclats de rire. »
D’autres images rayonnantes et poétiques nous donnent à deviner la personnalité attachante et lumineuse de Stéphanie à Vienne, Berlin, Rome… Mais c’est dans le château de Stora Sundby en Suède que la Comtesse vivra ses dernières années et c’est dans ce même château que Marc Chaudeur va arpenter des dizaines de pièces pour remonter le temps et communier avec l’âme de Stéphanie qu’il associe dans son esprit avec celle de Sainte-Odile.
Nul doute, que ce court roman offrant tout à la fois une lecture historique, politique mais qui exhale également un parfum de romantisme, ne peut que résonner dans l’inconscient du lecteur où cette question posée par Stéphanie redevient aujourd’hui d’une brûlante actualité « Que sera l’Europe de demain ? »
Cet ouvrage qui rend hommage à une aïeule oubliée, elle est accompagnée par la photographie du livre et celle de la remise du prix à Marc Chaudeur toutes deux prises par Claude Menninger.
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Pour citer ces images & texte inédits
Françoise Urban-Menninger, « Stéphanie, reine d’Alsace de Marc Chaudeur » avec deux photographies par Claude Menninger, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet, mis en ligne le 28 avril 2025. URL :
Crédit photo : Une jupe plissé soleil, bleu marine, capture d'écran de la photographie libre de droits du site Depositphotos, image no 1.
ma mère avait le don
de me faire aimer
les vêtements que j’abhorrais
une jupe bleu marine ordinaire
se parait de splendeur
quand elle évoquait son plissé soleil
une robe en lainage quelconque
se métamorphosait en tenue d’apparat
grâce à son imprimé pied-de-poule
quant au col Claudine blanc cassé
il m’apparentait à l’autrice
dont les lectures m’enivraient
ma mère avait le don
de faire passer un bout de chiffon
pour une soierie infiniment précieuse
des bottines qui prenaient l’eau
chinées sur un marché
me donnaient un petit air de tsarine
Crédit photo : Une jupe plissé soleil, à pois jaune et bleu marine, ornée de volants, capture d'écran de la photographie libre de droits du site Depositphotos, image no 2.
Pour citer ce poème gnomique, inédit en hommage à sa mère
Françoise Urban-Menninger, « la jupe plissé soleil », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet, mis en ligne le 8 avril 2025. URL :
Dans le cadre des Rencontres de l’illustration, la Haute école des arts du Rhin présente un ensemble d’œuvres diverses et singulières de Gwendoline Desnoyers, ancienne élève des Arts décoratifs de Strasbourg. L’artiste qui s’est donné la mort le 31 juillet 2020 nous laisse Une vie de regrets, un ouvrage posthume publié par les éditions Arbitraire trois ans après son décès que ses éditeurs Lucas Ferrero et Renaud Thomas, le directeur de la HEAR Frédéric Sauzedde et les commissaires d’exposition de l’atelier illustration, Noah Nereutà, Violette Mesnier et Marius Guandalini, nous donnent à découvrir avec beaucoup de délicatesse et d’émotion.
Cette jeune artiste, disparue à l’âge de 29 ans, nous lègue des œuvres troublantes à la mélancolie douce-amère, sous forme de dessins, de gravures, de tableaux, de bijoux, de mobiles... Telles les artistes Camille Claudel ou Unica Zürn, elle alternait des séjours en milieu hospitalier et son travail artistique.. André Breton disait de « L’art des fous » qu’il est « la clé des champs » et indéniablement Gwendoline Desnoyers ouvre des portes à l’intérieur d’elle-même, elle retourne le miroir pour explorer les labyrinthes enténébrés qui l’habitent et la hantent, elle nous invite par le biais de ses créations à transcender la réalité à l’instar de la psychose qui la tient sous son emprise. On songe à la fameuse phrase de Pascal « Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n’être pas fou. » Et c’est bien avec notre part de folie ordinaire que nous appréhendons son œuvre comme nous pouvons le faire avec celle de Séraphine de Senlis.
Son tableau « une main pour une tête » cache le visage d’une femme pour en effacer l’identité, des séries de masques affichent les figures tristes, coléreuses, voire ricanantes de cette condition humaine en mal de repères qui nous caractérise et l’artiste de préciser de son écriture virevoltante « les têtes pensent le monde, les mains le façonnent ». Dans le sermon à un ami Gwendoline Desnoyers évoque « des ruines de solitude », elle écrit « le miroir se fait réalité / quel est votre secret ? / chacun porte la vérité »... Et quand la vérité a partie liée avec l’inspiration visionnaire, les dessins de l’artiste traduisent l’angoisse qui la tient prisonnière de ses hallucinations, tel ce serpent à tête humaine qui s’enroule autour du corps d’un homme.
Nul ne peut rester indifférent à cette exposition car c’est Gwendoline Desnoyers qui nous interpelle en nous posant cette question en forme de réponse « Comment dissocier l’artiste de son art, alors que celui-ci est son essence ? » Les créatures oniriques, les personnages ailés mi-hommes mi-anges, les paysages nocturnes empreints parfois de références mystiques sont l’incarnation même de cette artiste qui a publié de son vivant dans de nombreux fanzines et édité de petits ouvrages monographiques. Des rétrospectives comme celle du Festival Gribouillis à Bordeaux ou celle qui se tient actuellement à La Chaufferie à Strasbourg nous convient à traverser le miroir des apparences pour aller à la rencontre de cette femme artiste et poète à laquelle Strasbourg Capitale mondiale du livre UNESCO 2024 et la HEAR rendent aujourd’hui un vibrant hommage.
Françoise Urban-Menninger, « Le miroir retourné, une exposition des œuvres de Gwendoline Desnoyers à Strasbourg » avec des photographies de l'exposition par Claude Menninger, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet, mis en ligne le 8 avril 2025. URL :
Louise Devise réalise depuis plus de trente ans des documentaires d’auteur et dans ce premier livre, elle use de son savoir-faire en « montant » son récit comme elle le ferait avec l’un de ses films.
La rose de Jéricho qui possède le pouvoir de se refermer sur elle-même, de se mettre en dormance, puis de se rouvrir et de s’épanouir sous la goutte d’eau qui la fera reverdir est la métaphore qui permet d’appréhender ce qu’a vécu Louise qui, à l’instar de cette plante, s’est mise en retrait d’elle-même durant plus de 35 ans pour « accepter l’inacceptable ».
Alors que « le couple a volé en éclat », la narratrice use du tutoiement pour tenter de comprendre... Elle s’interroge « Mais jusqu’à quel point tu avais choisi toi d’être maltraitée ? » Pour ce faire, elle mène une enquête qui s’apparente à une quête introspective, les questions rythment le récit, le relancent et Louise de reprendre à plusieurs reprises la phrase de Rilke « Aime tes questions ». Ce questionnement va l’amener à s’interroger sur sa relation dysfonctionnelle avec sa propre mère, à évoquer la figure tutélaire de Mère, sa grand-mère exceptionnelle qu’elle appelle « la femme de sa vie » et qui, comme elle, avait « une rétroversion de l’utérus ».
Ce sont les incantations d’une mère négative, puis d’une enseignante et enfin celles de Michaël qui « surgit » dans sa vie pour douter de sa capacité à réussir ce qu’elle entreprend qui ont déstabilisé Louise et généré en elle « un sentiment d’infériorité » qui la prive de toute velléité et d’esprit critique. Car beau et intelligent, Michaël, son compagnon, connaît « les failles » de Louise, il en joue et pire, il en jouit !
Malgré son « intime conviction », Louise avoue avoir « perdu sa boussole intérieure » car elle est indéniablement sous « l’emprise » de celui qui est loin d’être son alter ego.
Quand elle décide de quitter Michaël, ce dernier pratique « le chantage au suicide », puis se clochardise, se disant incapable de vivre sans Louise qui, là encore, tente de l’aider, du moins financièrement. Derrière l’image de cet homme qui lui répète à l’envi qu’elle est la femme de sa vie, elle décèle enfin sa fragilité hors norme « Puissant colosse aux pieds d’argile », écrit-elle et de se demander à son propos « serait-ce une espèce de peur qui se transforme en déni et en autodestruction ? »
Mais Louise rompt définitivement les amarres ! La mort de sa mère « la libère » selon les propres mots de cette dernière confiés à la psychologue de l’Ehpad. Une autre figure féminine nous interpelle dans le roman, celle de Véronique en fin de vie, lucide, lumineuse, charismatique, elle n’est autre que « la sœur de cœur » de Louise.
Cette sororité traverse tout le roman et l’éclaire car la narratrice fait appel à d’autres femmes qui « se racontent » et dont les échos résonnent en elle mais aussi, et très certainement, chez les lectrices car, dit Louise, chacune « d’une histoire à une autre (…) elles participent de la grande Histoire des femmes, de partout et de toujours . »
Nul doute que La rose de Jéricho aidera plus d’une femme à comprendre pourquoi elle a pu « supporter l’insupportable », à savoir, non seulement cette violence des femmes battues mais aussi cette « violence psychologique » qui atteint l’âme et la consume.
Peut-être que l’effet-miroir de cette lecture trouvera son point d’orgue dans « une résurrection » à l’instar d’une rose de Jéricho. Quant à celle de la narratrice elle s’apparente à une renaissance, celle d’être dans un monde qui s’ouvre dans « le plaisir d’écrire ».
* C’est un magnifique roman que signe Louise Devise, documentariste. Elle y analyse avec finesse les pièges de l'emprise, la sororité y tient la part belle, chaque phrase trouve une résonance dans notre inconscient féminin collectif.
Voir aussi l’entretien audiovisuel avec Louise Devise à propos de son premier roman : « La rose de Jéricho », URL : https://www.youtube.com/watch?v=mimf4kUJXmI
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Pour citer ce texte engagé, féministe, illustré & inédit
Françoise Urban-Menninger, « La rose de Jéricho, roman de Louise Devise, paru aux éditions Maurice Nadeau », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet, mis en ligne le 17 mars 2025. URL :
Bienvenue à la directrice de publication du site Simone Durand (elle collabore et remplace en ligne la directrice-fondatrice de la presse de la SIEFEGP à partir de septembre 2026).
LPPDM, SEPTEMBRE 2026
La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).
L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.
SIÉFÉGP, JUIN 2026
APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.
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