29 juillet 2025 2 29 /07 /juillet /2025 15:50

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & réception  | Revue culturelle des continents

 

 

 

 

 

 

 

 

Les journées trinationales de

 

littérature à Allschwil en Suisse

 

 

 

 

 

 

Chronique de

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Photographies par

 

Claude Menninger

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, « Françoise Urban-Menninger récitant ses poèmes »  dans le festival « Les journées trinationales de littérature » au Museum d’Allschwil en Suisse, juin 2025.

 

 

C’est un véritable festival de littérature des trois pays (France, Suisse, Allemagne), où les langues du Dreyeckland ont été mises à l’honneur et fêtées durant deux journées les 28 et 29 juin, qui s’est déroulé au Museum d’Allschwill, une maison à colombages jouxtant un magnifique espace vert baignant dans l’ombre d’un immense noyer, un lieu idyllique dédié à la culture et au patrimoine et dont l’âme a imprégné les lectures des écrivain(e)s invité(es).

 

Soutenues par l’association Fachwerk d’Allschwil et sa logistique ainsi que par divers organismes comme les Fonds-Basel-Stadt, ces rencontres littéraires étaient organisées pour la deuxième année consécutive, après l’Allemagne à Weil am Rhein en 2024, c’est la Suisse qui les a accueillies sur deux jours et, bien évidemment, la France prendra le relais l’an prochain, très certainement dans la ville de Saint-Louis.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, « Une intervention de Victor Saudan » dans le festival « Les journées trinationales de littérature » au Museum d’Allschwil en Suisse, juin 2025.

 

 

Victor Saudan, enseignant et écrivain suisse vivant en Alsace, initiateur de la topopoésie, en est le fondateur et le co-organisateur, il a présenté l’esprit dans lequel ces rencontres étaient conçues, celui de rapprocher autour de l’amour des langues et de l’écriture, les auteur(e)s d’une même région. Cet esprit, c’est celui que l’on retrouve, sans nul doute, dans la Revue Alsacienne de Littérature, cofondée par Auguste Wackenheim, Jean-Claude Walter, Adrien Finck, le concepteur de la triphonie où le français, l’allemand, l’alsacien se côtoient et instaurent des ponts entre les langues et les pays à l’instar du pictogramme dessiné par Camille Claus et repris sur les couvertures qui changent de couleur à chaque publication comme l’a rappelé l’une des autrices de cette revue, membre du comité de rédaction, Maria-Eva Berg qui en a évoqué les grandes lignes et rappelé les projets en cours. Pour la première soirée, Pierre Kretz et Françoise Urban-Menninger représentaient la France, Emilia Lang et Kathrin Ruesch étaient les voix de l’Allemagne tandis que celles de Daniela Dill et de Friederike Kretzen étaient celles de la Suisse. Un auditoire attentif a apprécié ce bouquet linguistique haut en couleur avant d’échanger autour d’un verre dans le jardin où se sont prolongées près de la fontaine ces rencontres enrichissantes.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, « Une lecture de Gerold Ehrsam dans le jardin » au festival « Les journées trinationales de littérature » au Museum d’Allschwil en Suisse, juin 2025.

 

 

Le lendemain matin, après une séance d’atelier d’écriture proposée en allemand et en français par Sandra Engelbrecht, c’est dans le jardin que les lectures de Laurence Muller Brand et Gerold Ehrsam ont rassemblé un public toujours autant charmé et qui a été totalement surpris et ravi dans la salle du musée par les écrits de Monika Schumacher sur le thème du tango, illustrés par les prestations époustouflantes de deux tangueros ! Après la lecture d’Irène Steiner et la pause méridienne, deux performances étaient programmées. L’une avec Martin O.Koch, Johanna Gerber, Clara A’Campo, l’autre avec Daniela Engist, Till Berger et Tabea König.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, « Monika Schumacher avec le couple de tangueros sur la scène » du festival « Les journées trinationales de littérature » au Museum d’Allschwil en Suisse, juin 2025

 

Quant au final, ce fut une envolée de textes lus et accompagnés par la talentueuse Barbara Gasser au violoncelle. On a pu écouter ainsi Victor Saudan, Maria-Eva Berg, Marie-Yvonne Munch, Peter Woodtli, Wernfried Hübschmann, Liesa Trefzer, Daniel Zahno, Malte Fues, Maria Marggraf....

 

© Crédit photo : Claude Menninger, « Kathrin Ruesch & Pierre Kretz au jardin » dans le festival « Les journées trinationales de littérature » au Museum d’Allschwil en Suisse, juin 2025.

 

 

N’oublions pas que dans le cadre de ce festival, toute la journée du dimanche un « English Stage » était également annoncé dans le jardin de Susi Lyon à Allschwill avec la participation de Tak Erzinger, Jeanne Darling, Rylla Resler, Sabine Adler, Semi Citcle 2025 et le duo Welsh Kates.

 

 

Ce festival littéraire exceptionnel destiné à tisser des liens forts entre les auteur(e)s du Dreyeckland entre Jura, Vosges et Forêt Noire est incontestablement l’événement trinational (TRINA) le plus important de la région européenne du Rhin supérieur dont on attend déjà avec impatience la prochaine édition et la nouvelle programmation de 2026 ! Gardons pour l’heure et en mémoire cette merveilleuse assertion de Victor Saudan « La poésie crée un lien fort entre les humains et leur permet de dépasser leur isolement existentiel ».

 

© Françoise Urban-Menninger

 

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Pour citer ce texte inédit & illustré

 

Françoise Urban-Menninger, « Les journées trinationales de littérature à Allschwil en Suisse » avec des photographies par Claude Menninger, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 29 juillet 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/fum-journeestrinationalessuisse

 

 

 

 

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21 juillet 2025 1 21 /07 /juillet /2025 16:18

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & réception  | Biopoépolitique

 

 

 

 

 

 

 

Anthèse ou anesthésie, poèmes de Spyros Tsovilis. Recueil paru aux Éditions de Bonne Heure (E.D.B.H)

 

 

 

 

 

 

Chronique & photographie de

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée de « Anthèse ou anesthésie » poèmes de Spyros Tsovilis. Recueil paru aux Éditions de Bonne Heure (E.D.B.H).

 

Sur la 4e de couverture de ce livre, on lit cette injonction « Offrons à la mort notre plus noble résistance », et c’est bien, ce que tente d’appréhender le poète Spyros Tsovilis, juriste et fonctionnaire international au Conseil de l’Europe. Le titre de l’ouvrage porte en lui, l’une des réflexions de l’auteur qui dénonce « l’anesthésie » d’un monde où la fuite en avant généralisée lui fait écrire « Nous nous perdons dans l’insouciance ».

 

Le poète nous confie « Nous sommes des révolutions permanentes... » et plus encore « Nos vies sont parsemées d’éveils, de soleils retirés de nos cartables, de nuits où les étoiles pleuvent comme s’il n’allait plus en rester. » et de résumer son passage sur terre par ce vers décisif et incisif « Je vais où le vent me porte » et peut-être bien où son psychisme créateur l’emporte sur cette mer d’errance où l’âme à la vague et le cœur en proue tourné vers un espoir fou l’amènent à renaître encore et toujours.

Car l’anthèse n’est-elle pas l’antidote de l’anesthésie généralisée ? L’anthèse n’est-elle pas cette floraison qui fait danser les plantes dans la ronde des saisons et qui a partie liée avec l’éternel retour, voire l’éternel amour ? La mer et le soleil omniprésents dans ces vers lumineux, brûlés et brûlants jusqu’à l’incandescence nous rappellent que Spyros Tsovilis est Grec, « Ma joie s’écrit d’encre et de sel », « le Soleil ronge ses racines », écrit-il.

Ces vers sublimes, nimbés de clarté, qui font écho à ceux de Paul Valéry dans Le cimetière marin, font aussi écho à nos réminiscences, enfouies dans notre inconscient et qui se consument au soleil des mots tel « un complexe archaïque fécond » nous enseignait Carl Gustav Jung.

Si la douleur irrigue les vers de ce recueil où parfois, l’on pressent les stigmates de plaies mal refermées, l’on entrevoit des instants d’éternité où le poète s’écrie « Je suis béni par l’amour mon ange » et quand il s’emploie « à restaurer le monde à partir du dernier sourire, qui est aussi le premier », il nous offre une autre façon de nous réaffirmer que notre origine et notre mort confinent.

 

© Crédit photo : Reha Yünlüel, « Portrait phtographique du poète Spyros Tsovilis ».

 

Alors même « si les fenêtres sont ouvertes sur la mort », il nous reste à  cueillir et recueillir ces vers d’une magnificence intemporelle dans le poème intitulé Anthèse où resplendit le bonheur tangible et enivrant d’être au monde « J’ai ton sourire sur mes mains/ sur mon front et mes jambes/ et mon sang s’ensoleille/  car c’est l’anthèse/ que nous avions imaginé  ensemble » et de célébrer l’acmé du désir et ses vibrations « dans la saison des amours naissantes » dans une musique des sens et des quatre éléments qui fait battre le cœur et tourner la terre au diapason de celui de la vie car Gaston Bachelard nous l’avait déclaré dans La psychanalyse du feu « Le feu est l’ultra-vivant » !

 

 

© Françoise Urban-Menninger

 

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Pour citer ce texte inédit & illustré par deux images

 

Françoise Urban-Menninger, « Anthèse ou anesthésie, poèmes de Spyros Tsovilis. Recueil paru aux Éditions de Bonne Heure (E.D.B.H) » avec un portrait photographique du poète par Reha Yünlüel, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 21 juillet 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/fum-st-antheseouanesthesie

 

 

 

 

 

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16 juillet 2025 3 16 /07 /juillet /2025 17:31

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & réception  | Dossier | Articles & témoignages 

 

 

 

 

 

 

 

Féerie, ma perte, recueil de poèmes de

Paloma Hermina Hidalgo,

paru aux Éditions de Corlevour

 

 

 

 

 

 

Chronique & photographie de

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée par Quentin Caffier de « Féerie, ma perte », recueil de poèmes de Paloma Hermina Hidalgo, paru aux Éditions de Corlevour.

 

 

Dans ce recueil de poésie écrit à fleur d’âme et de peau, Paloma Hermina Hidalgo ouvre le bal  qui fait danser la chair des mots dans le corps irradiant du texte qui n’est autre que celui de la narratrice. La photo, somptueuse, digne d’un opéra baroque, signée par Quentin Caffier, donne le ton à cet ouvrage dont la plume semble avoir été trempée dans le vitriol.

 

On ne sort pas indemne des jupes d’une mère incestueuse et démiurge qui fait voler tous les tabous en sacrifiant l’innocence de son enfant sur l’autel de la perversité. « La dureté de ton cœur, Maman, infecte ma chair. », écrit l’autrice qui vénère toujours et encore sa mère qu’elle interpelle avec un M majuscule et qu’elle invoque ainsi «  Dès le berceau, Maman, notre amour hors de mesure n’a-t-il pas présidé à ma folie ? »

Paloma Hermina Hidalgo parle du plus loin et du plus haut de sa mémoire, sur le trône de feu orgiaque et orgasmique qu’elle transcende par une écriture où elle triture les mots à l’instar de sa chair tourmentée par sa génitrice. « Je te chéris, Maman. Et ta vulve de conte . De sorte qu’attachée à ta vanille et au culte de ta gousse, je garde malgré tout mon honneur. » La poésie est cette langue bifide qui dit tout à la fois l’inouïe et cette beauté vénéneuse  qui infuse dans le texte tel un poison  qui renvoie au mal absolu.

Poésie de la déchirure et de la démesure, on retrouve comme dans Matériau Maman,

le pire dans cette féerie où la perte, comme dans tous les contes de fées, atteint des paroxysmes qui ébranlent l’entendement.

 

Crédit photo : Portrait de l’autrice Paloma Hermina Hidalgo, capture d’écran de l'image libre de droits du site Wikipédia.

 

Sculptrice de poupées entre ses doigts maléfiques, la mère est cet ange déchu à la fois craint et adoré qui commet ce que la psychanalyste Alice Miller  qualifie d’« abus narcissique ». Et pourtant, ce sont des ténèbres que naît la lumière dans cet ouvrage horrifique, c’est la magnificence d’un envoûtement sans philtre qui emporte le lecteur dans les abords de cet ailleurs qui n’est autre que celui de la perte…

Nul doute que Paloma Hermina Hidalgo aura transmutée sa chair violentée dans un poème où, dans le même fourreau, la douleur exquise côtoie l’indicible déréliction d’une identité profanée où l’on appréhende ce que Joyce Mc Dougall nomme « Un sexe pour deux ». « L’Une avec l’Une/ Et l’Une de l’Une / Et l’Une dans l’Une », résume la narratrice.

Seule l’écriture permet d’exorciser et de dénouer cette dyade mère-fille dont la trame bâtie sur la « navrance du désir » a partie liée avec la perte de soi dans l’autre, voire la perte dans cette petite mort qui précède la disparition dans le non-être. Mais telle une Orphée au féminin, Paloma Hermina Hidalgo nous est revenue des enfers pour renaître au monde avec cette faculté d’émerveillement que l’on entrevoit entre les lignes de son livre car c’est un diamant noir qu’elle nous octroie dans un écrin de lumière.

 

© Françoise Urban-Menninger, juillet 2025.

 

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Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger (texte & photographie), « Féerie, ma perte, recueil de poèmes de Paloma Hermina Hidalgo, paru aux Éditions de Corlevour », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 16 juillet 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/fum-phh-feerie

 

 

 

 

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3 juillet 2025 4 03 /07 /juillet /2025 17:02

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & réception | Poésie & musique

 

 

 

 

 

 

Poésie & musique sur le Dichterwag

 

(sentier des poètes) de Soultzmatt en Alsace

 

 

 

 

 

 

Chronique de

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies par

 

Claude Menninger

 

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, « Françoise Urban-Menninger » récitant ses poèmes lors de la nouvelle promenade poétique sur les pentes du Zinnkoepflé (Soultzmatt en Alsace) du « Sentier des poètes », 2025.

 

 

 

À l’initiative du poète Claude Diringer, cofondateur du sentier des poètes et de son ami André Schlegel, une nouvelle promenade poétique s’est déroulée dernièrement sur les pentes du Zinnkoepflé.


 

Sous l’intitulé « A friejohr fer unsri Sproch », des poètes ont lu leurs écrits en alsacien mais aussi en allemand et en français. L’écrivain Jean-Paul Sorg a rendu un vibrant hommage à Albert Schweitzer en lisant quelques pages de ses lettres empreintes d’une délicate poésie adressées à Hélène Bresslau, sa future épouse.

Les auteurs de la vallée de Munster, réunis dans l’ouvrage de témoignages « Mon Schweitzer », publié à l’initiative de Francis Guthleben, étaient également de la partie pour évoquer le grand humaniste dont on célèbre cette année le 150 e anniversaire de naissance.

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger « Réunion poétique & musicale du sentier des poètes » lors de la nouvelle promenade poétique sur les pentes du Zinnkoepflé (Soultzmatt en Alsace)», 2025.

 

 

Ba Banga Nyeck, inventeur du balafon chromatique et Jean-Paul Kirtz, clarinettiste présent depuis l’inauguration du sentier, ont accompagné au son de leurs instruments Aminta Marie Dupuis, Martine Blanché, Claude Diringer, Françoise Urban-Menninger, Béatrice Koch, Angèle Rohmer, Guy Michel, Jean-François Schwaiger jusqu’au caveau Feltz où le viticulteur Seppi Landmann leur a conté l’histoire du vin de glace. Et c’est autour d’un verre que les diseurs de vers ont clos cette rencontre où planaient les figures emblématiques d’Albert Schweitzer et de Louis Schittly, le chantre du Sundgau qui vient de nous quitter.

 

© Françoise Urban-Menninger, juillet 2025.

***

Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « Poésie et musique sur le Dichterwag (sentier des poètes) de Soultzmatt en Alsace », avec deux photographies par Claude Menninger, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 3 juillet 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/fum-poesieetmusique

 

 

 

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26 juin 2025 4 26 /06 /juin /2025 15:07

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & réception | Biopoépolitique | Handicaps & diversité inclusive

 

 

 

 

 

 

Journal, récit d’Éric Dubois paru dans la 

collection La Bleu-Turquin dirigée par Jacques Cauda aux Éditions Douro

 

 

 

 

 

 

Critique par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

© Crédit photo : Première & quatrième de couverture illustrée du « Journal » par Éric Dubois, œuvre parue aux Éditions Douro.


 

Pierre Kobel, le préfacier du Journal d’Éric Dubois reprend une citation de Philippe Lejeune qui affirme que « le journal n’est pas seulement un texte... » et de relever encore cette déclaration éclairante de Michelet qui disait de son journal qu’il était son « âme de papier ».

Nul doute que derrière les mots, voire les maux, Éric Dubois ne cesse de chercher à se connaître dans une quête qui transcende sa « Maladie » qui a partie liée avec la folie et dont il nous précise « N’attendez pas de moi que j’en donne une définition » car « elle ne nous est pas donnée comme intelligible ».

 

Éric Dubois nous confie que sa première hospitalisation « marque un tournant dans sa vie » et d’ajouter que « Par la Maladie, par ma Maladie, je devins créateur de ma vie, ayant volé le feu dans le lieu de l’inexprimable, Prométhée mal dégrossi, pour apporter la lumière aux cloisons sombres du Monde. » Dès lors, dessins, poèmes raturés ou surlignés de rouge, irruptions de personnages issus des tréfonds de son être, signes non identifiés, caractères en Hébreu viennent recouvrir les pages de son cahier de brouillon. Une semaine d’indécision « pourtant arbitrée par le Très-Haut » semble le guider, il évoque Dubuffet, Char, Picasso... Le jour de sa sortie, il écrit en avouant pratiquer ce qu’il appelle le « Mentir-vrai » si cher à Aragon.

Éric Dubois renaît dans la peau d’un écrivain alors qu’il pensait être « un inadapté social » ! Sous sa plume, on lit « Je suis du bois dont on fait du papier et des livres, mon âme est une page blanche à réécrire sans cesse, mes pensées de feuillets au vent et ma vie une librairie à ciel ouvert. »

 

© Crédit photo : Portrait photographique en noir & blanc du poète-diariste Éric Dubois.

 

C’est dans l’écriture qu’il se trouve une identité, son blog Le Capital des Mots fait de lui « un passeur » où des centaines d’auteurs lui doivent d’avoir été publiés.

Au pays de la Schizophrénie, qui l’accompagne depuis un quart de siècle, il finit pas associer l’écriture et sa Maladie jusqu’à déclarer « l’écriture est schizophrénie » !

Retenons ces magnifiques assertions dans lesquelles Éric Dubois se livre, l’âme nue, « Écrire me résume, résume ma personnalité et ma vie. Écrire me fait exister... »

Émaillé  de croquis et de citations, son Journal nous ramène vers la lumière car son écriture est lumière. Dans une phrase luminescente, il explore ce paradoxe : « L’ombre est une part de la lumière. L’ombre nous accompagne quoi que  l’on fasse de bien ou de mal. L’essentiel est de retrouver la lumière. »

 

Éric Dubois qui voulait « montrer la part de poésie qu’il y a dans toute maladie psychique » nous invite dans le même temps à appréhender « cet obscur qui travaille en nous » évoqué par Henri Meschonnic. En lisant son Journal, nous empruntons ce chemin de la connaissance de soi qui passe par celui de l’autre où poésie et folie font danser l’âme sur le fil ténu où celui qui s’adonne à l’écriture n’est autre qu’un funambule en quête de sa lumière intérieure.

 

© Françoise Urban-Menninger, juin 2025.

***

Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « Journal, récit d’Éric Dubois paru dans la collection La Bleu-Turquin dirigée par Jacques Cauda aux Éditions Douro », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 26 juin 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/fum-journalericdubois

 

 

 

 

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Bienvenue à la directrice de publication du site Simone Durand (elle collabore et remplace en ligne la directrice-fondatrice de la presse de la SIEFEGP à partir de septembre 2026).

LPPDM, SEPTEMBRE 2026

La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).

L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

 

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