Françoise Urban-Menninger,« poésie en berne »,Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 8 juin 2023. URL :
La galerie Bertrand Gillig ainsi qu'un nouveau lieu, une ancienne imprimerie joliment rebaptisée « Trézorerie », rendent un magnifique hommage à Anne Muller-Lassez qui nous a quittés en 2009.
Franck Muller a réuni les « Boîtes à Lettres », titre de cet événement, confectionnées par son épouse, elles nous font signe et diffusent, derrière leurs petites fenêtres vitrées, des messages poétiques qui s'adressent à notre imaginaire.
Après avoir vécu à Paris, l'artiste s'installe à Strasbourg en 1965 où, tout à la fois psychologue et enseignante, elle se lance en autodidacte dans ses premiers collages. En 1994, elle s'investit dans la création de boîtes-collages conçues comme des petits théâtres en miniature. Ce sont autant de boîtes à souvenirs qui renvoient aux strates de sa mémoire mais aussi de la nôtre et de cet inconscient collectif, voire de « cet obscur qui travaille en nous » comme l'affirmait Henri Meschonnic.
Cette mémoire a partie liée avec les mythes fondateurs, les légendes, les contes de fées, la littérature, l'histoire de l'art et bien évidemment avec le vécu personnel de la plasticienne.
On y croise les escarpins de Cendrillon, la citrouille qui attend toujours de se métamorphoser en carrosse…
Les réminiscences de l'enfance côtoient celles de la littérature, on embarque pour le voyage de non-retour sur la Nef des Fous de Sébastien Brant, on retrouve avec émotion le poète Fernando Pessoa en proie à ses nombreux hétéronymes. Dans les scénettes que nous propose Anne Muller-Lassez, un présent perpétuel se joue derrière ces petites fenêtres qui symbolisent l'évasion en nous renvoyant à notre univers intérieur qui n'est autre que le lieu des rêves et des métaphores mais aussi celui du labyrinthe de l'indicible. Ce n'est pas par hasard qu'apparaît Ariane déroulant son fil dans cette nuit où commence l'infini…
Anne Muller-Lassez sauve de l'oubli, les petits riens dénués aux yeux de certains de valeur marchande, leur intérêt est purement affectif, ce sont des objets trouvés ou retrouvés qu'elle réanime, au sens propre du terme, car elle leur confère une âme en les invitant à renaître au monde.
L'espace semble plongé dans un temps suspendu qui s'éloigne de la mort tout en l'appréhendant au plus près. À l'instar des cabinets de curiosités du XVIIe siècle, l'artiste compose avec le monde des fragments éminemment poétiques qui nous parlent d'elle mais aussi de nous.
Dans le même esprit, l'artiste Raymond Waydelich avait lui aussi réalisé des tableaux-boîtes consacrés à Lydia Jacob, une jeune couturière, dont il avait acquis un cahier de croquis dans une brocante. Il avait développé un travail de « mémoire archéologique » allant jusqu'à lui offrir un arbre généalogique imaginaire. Cinq de ses œuvres dialoguent tout naturellement avec celles d'Anne Muller-Lassez à la Trézorerie où le samedi 17 juin à 15H, trois auteurs, Martine Blanché, Marc Chaudeur et Françoise Urban-Menninger, prolongeront, lors d'une lecture poétique, cet entre-deux où « entre l'instant et l'instant » l'éphémère retrouve son identité.
Exposition jusqu'au 2 juillet à la Trézorerie 35 rue du Fossé des Treize à Strasbourg et à la Galerie Bertrand Gillig 11 rue Oberlin à Strasbourg
* Cet article rend hommage à l'artiste Anne Muller-Lassez qui nous a quittés en 2009, les visuels proviennent de la Galerie de Bertrand Gillig.
***
Pour citer ces texte & images inédits
Françoise Urban-Menninger,« Rétrospective des œuvres d'Anne Muller-Lassez à Strasbourg »,les visuels proviennent de la Galerie de Bertrand Gillig,Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 6 juin 2023. URL :
* Le mot "étant" renvoie à l'étant dont parlait Heidegger.
***
Pour citer ces poème philosophique & photographie inédits
Françoise Urban-Menninger (poème illustré), « le murmure de l’étant », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 22 avril 2023. URL :
Habitant depuis 2019, une petite maison située à Bischeim en Alsace dans la « Rue des Fleurs » qui a donné son nom au magnifique recueil en vers qui vient de remporter le Prix Goncourt de la poésie 2022, Jean-Michel Maulpoix prolonge par le pinceau ce que sa plume dicte sur la feuille blanche.
Chantal Bamberger a le bonheur, en cette saison printanière, d'accueillir dans l'écrin lumineux de sa galerie quelques œuvres du poète qui ont partie liée avec ses écrits et cet « obscur » dont Henri Meschonnic disait qu'il travaille en nous.
Car Jean-Michel Maulpoix de nous rappeler que « ce sont toujours les mêmes labyrinthes intérieurs qui cherchent leur tracé ».
Ce « tracé » nous entraîne dans « le fond de la nuit » où se perd notre pensée... Elle est relayée par une musique indicible dans laquelle l'auteur précise entrer « dans un curieux silence ».
On retrouve les couleurs chères au poète qui se sont incarnées sur les toiles. Le bleu, qui permet d'appréhender l'infini, déploie sa draperie céruléenne, déroule ses vagues où évolue un nageur entre ciel et mer... Dans la toile intitulée « Femmes de neige », des silhouettes enneigées évanescentes jaillissent du fond bleu pour retourner se fondre dans un songe qui les emporte de l'autre côté du tableau et peut-être de l'autre côté des mots, l'on pense à son tout dernier recueil « Le jardin sous la neige ».
Quant à « l'élégie blanche », elle invite le poète à se perdre pour mieux appréhender son entité. Quand les couleurs égaient ses toiles, Jean-Michel Maulpoix prend plaisir à « couvrir la blancheur des mots ». L'arbre de Noël, paré de lumignons, signe les réminiscences de l'enfance, des touches de couleurs, déposées ici et là sur les tableaux telles ces deux roses, l'une jaune, l'autre rouge, le convient à sortir de la mélancolie pour générer une mélodie prégnante au charme singulier. Des tulipes se fanent dans un vase bleu, à peine esquissées, elles nous renvoient à l'inachevé et à cette délicate beauté mourante qui nous rappelle la finitude de cette vie éphémère qui nous fait et nous défait.
Gaston Bachelard prétendait que « La poésie est une rêverie qui s'écrit », il ajoutait que « La rêverie travaille en étoile ».
Nul doute que pour Jean-Michel Maulpoix « ce travail en étoile » passe, selon ses propres dires, par « la continuité d'un toucher » qui magnifie l'instant et le suspend dans un entre-deux de lumière. Le poème y devient tout entier ce « jardin sous la neige » dont le poète recueille les fleurs éclairantes du silence qui tels des perce-neige éclosent sur sa page blanche.
Pour citer ces article & reportage photographique inédits
Françoise Urban-Menninger, « Un désir d'encre et de couleurs avec Jean-Michel Maulpoix à la galerie Chantal Bamberger à Strasbourg », photographies par Claude Menninger, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 18 avril 2023. URL :
Cette fleur qui annonce le retour des beaux jours avait déjà obtenu la faveur des Celtes qui accordaient de nombreuses vertus au muguet appelé également « lys des vallées ». Au Moyen Âge, lors des « accordailles », il n'était pas rare d'accrocher sur les portes des fiancés, des bouquets de muguets, gages de future félicité.
Cette plante odorante originaire du Japon avait à tel point fasciné Charles IX qu'il fut le premier en 1561 à en offrir aux dames de la Cour, une tradition qui se répandit dans tout le royaume... C'est aussi à cette époque que l'on instaura les fameux « bals du muguet » où des jeunes filles en robe d'une blancheur immaculée dansaient avec des cavaliers arborant un brin de muguet à la boutonnière !
Mais ce n'est qu'en 1976 que le muguet fut véritablement associé au 1er mai, date à laquelle on fête également le Travail depuis 1889 suite à la grande grève lancée à Chicago en 1886 pour revendiquer la journée des 8 heures. Dans un premier temps, le congrès de l'Internationale socialiste, prôna le port d'un triangle rouge, puis celui de la fleur d'églantine en 1891. En France, c'est le régime de Vichy qui accorda officiellement ce jour férié et remit au goût du jour le brin de muguet.
Les couturiers ont également été inspirés par cette fleur délicate et Dior en a même fait l'emblème de sa maison !
En Alsace, la ville de Neuf-Brisach organise depuis plus de cinquante ans sa traditionnelle fête du muguet en intronisant sa reine et ses deux dauphines qui paradent sur un char fleuri lors du cortège qui traverse les rues pavoisées de la ville chaque 1er mai.
Hélas, cette année encore, cette célébration n'aura pas lieu mais chacun pourra humer le doux parfum du muguet en lisant les poètes !
le jour du muguet
nous allions en forêt
dans le plus grand secret
les blanches clochettes
enfouissaient leur tête
dans leur verte cachette
et chaque brin de senteur
faisait tinter dans notre coeur
sa petite note de bonheur
***
Pour citer ces texte & poème printaniers & colorés sur l'histoire du muguet
Françoise Urban-Menninger, « Le muguet, porte-bonheur du 1er mai » témoignage & poème inédits illustrés par une photographie inédite par Claude Menninger, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées », mis en ligne le 1er mai 2021. Url :
Bienvenue à la directrice de publication du site Simone Durand (elle collabore et remplace en ligne la directrice-fondatrice de la presse de la SIEFEGP à partir de septembre 2026).
LPPDM, SEPTEMBRE 2026
La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).
L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.
SIÉFÉGP, JUIN 2026
APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.
Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.
N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Critique & réception | Dossier mineur Articles & témoignages | Revue Matrimoine Emma Lazarus, La Liberté éclairant le Monde (Poésie au fil de la vie). Sélection & traduction des...
N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Bémols artistiques | Critique & réception / Chroniques de Camillæ Sur la route des Princes voyageurs, de 1446 à 1560. Exposition au château d’Amboise, été 2026 Critique & photographies...
Biographie & publication disponibles numériquement Jesús Rafael MARCANO GUZMÁN Écrivain, poète & orientaliste vénézuélien, pratiquant le Xiulian
Lien biographique complémentaire en espagnol du poète.
Lin Xianhe 林仙鹤, également connu sous le nom de « Samouraï...
Biographie & publication disponibles numériquement Fadila ZEDIRA-DERBAL Autrice, poétesse engagée pour l’émancipation des femmes
Autrice, Fadila ZEDIRA-DERBAL a la plume à la fois charnelle et éthérée, elle explore à travers ses écrits les fêlures cachées...