9 février 2024 5 09 /02 /février /2024 13:18

N° I | HIVER 2024 | Seules, seulettes : des poésies de nos solitudes / 1er Volet | Bémols artistiques / Poésie & peinture | Revue culturelle d'Europe 

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ST-Art 2023, la foire

 

 

aux coups de cœur !

 

 

 

 

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Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Photographies par

 

Claude Menninger

 

 

 

 

 

Pour sa  27ème édition, ST-ART accueillait 57 galeries dont 30% venues de l’étranger. Le hall d’accueil nous offrait toute la magnificence d’une lune opaline qui nous invitait à rêver aux nouvelles aventures de l’Industrie magnifique tandis que l’immense toile de Jean-Pierre Raynaud nous ramenait sur terre dans une confrontation avec celle de Picasso, Guernica, nous interpellant  quant à la guerre en Ukraine.

 

La sélection des galeries par le tandem Rémy Bucciali et Georges-Michel Kahn mettait en avant un choix rigoureux ainsi que l’émergence de jeunes talents.

Pour sa première participation à Strasbourg, la galerie 40N2 venue des Pays-Bas, a donné à voir au public des œuvres travaillées sur bois signées par Olivier Julia ou encore de très fines et délicates impressions sur porcelaine de Kate Bretton ainsi que des créations en verre colorées de Freddie-Michael Soethout jouant avec la lumière à l’instar de kaléidoscopes.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, Rétrospective de la  27ème édition de la foire d'art contemporain « ST-ART », 2023,  Strasbourg. Image no 1. 

 

 

L’ATM galerie de Berlin de Marc Scherer présentait des portraits d’Erness sérigraphiés sur des billets de banque, des toiles rayonnantes de clarté et de sensualité d’Anja Nürnberg. Toujours de Berlin, la galerie Z22 retenait le regard avec de superbes photographies grand format et en couleur, où une femme, sur l’une d’elles, semblait suspendre le temps en dégustant langoureusement un petit café... La galerie à l’intitulé fleuri « Quand les fleurs vous sauvent » invitait tout un chacun à l’émerveillement  avec la transposition onirique des rêves de Maia Flore, les images mystérieuses de Brooke Didonato ou encore les peintures de Kanaria où pointaient les notes drolatiques d’un érotisme champêtre. On retiendra également, le tableau aux sept grenouilles cachées dans la luxuriance de la toile de Tarik Chebli !

Très poétiques, les photographies de Stéphane Aït-Ouarab, à la galerie Murmure de Colmar, exploraient des reflets dans des flaques d’eau alors que le peintre Frédéric Klein était en quête du nombre d’or. N’oublions pas les roses minuscules de Rose-Marie Crespin qui se nichaient dans de petits cadres aussi précieux que lumineux.

La galerie belge Guy Pieters revenait à Strasbourg avec des photographies d’emballages emblématiques de Christo, des sculptures de Niki de Saint Phalle et d’Arman ainsi que des dessins de Bernar Venet dont on connaît la sculpture Place de Bordeaux à Strasbourg.

À la galerie Ritsch-Fisch, on ne pouvait qu’être subjugué par l’installation « Ras Bord » de Laure André qui sera bientôt présentée lors de la nouvelle Biennale à Venise. Sur un lit, l’artiste a imaginé les strates qui renvoient au cycle de l’eau, des coussins de glace, entourés de flammes rougeoyantes en céramique, symbolisent la fonte des glaciers, l’eau s’écoule goutte à goutte nous renvoyant à l’urgence climatique qui ne cesse de nous impacter. Dans le même esprit, Apollonia présentait l’oeuvre de l’artiste italien Marco Baratti dont l’installation sur mousse « Moss » respirait et témoignait, grâce à 390 capteurs répartis sur la planète, de la pollution galopante qui nous asphyxie un peu plus chaque jour.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, Rétrospective de la  27ème édition de la foire d'art contemporain « ST-ART », 2023,  Strasbourg. Image no 2. 

 

 

La galerie Kraemer de Strasbourg se distinguait par la présentation de trois artistes africains dont Saint-Étienne Yeanzi qui a participé à la Biennale  de Venise, chez Chantal Bamberger, on retrouvait quelques gravures et dessins du plasticien et poète Titus-Carmel tandis que chez Sandra Blum, on pénétrait dans l’univers d’un bestiaire de sculptures étonnantes où les pieuvres tentaculaires de Solène Dums voisinaient avec les oiseaux fantastiques d’Antoine Halbwachs qui, pour leur part,  faisaient écho aux photographies de Tina Merandon tandis que les peintures sur papier bambou de Thomas Henriot, réalisées à même le sol, apportaient leur touche d’exotisme.

À la galerie Aeden, les photographies de Francesca Gariti prises sur les pierres tombales d’un cimetière juif nous parlaient de l’empreinte du temps et des signes infimes, tels la pousse de lichens, qui témoignent de la reprise de la vie.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, Rétrospective de la  27ème édition de la foire d'art contemporain « ST-ART », 2023,  Strasbourg. Image no 3. 

 

 

Pour clore cette pérégrination au gré des allées du hall d’exposition, un dernier coup de cœur donnait à apprécier la parfaite symbiose entre les paysages imaginaires de Sophie Bassot et les céramiques évoquant les vases Médicis de Philippe Sutter à la galerie strasbourgeoise M 5. Dans un élégant décor, savamment élaboré, les nuances de bleu se répondaient telles les notes de musique d’une partition à la fois poétique et silencieuse.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, Rétrospective de la  27ème édition de la foire d'art contemporain « ST-ART », 2023,  Strasbourg. Image no 4. 

 

 

Les artistes émergents avaient été mis à l’honneur par la SAAMS, la société des amis des arts et des musées qui, comme chaque année, décernait le prix Théophile Schuler, remis cette année à Sarah Ménard pour ses silhouettes noires en papier découpé qui semblaient traverser le temps. Par ailleurs, une vingtaine de récipiendaires de ce prix avaient revisité pour le bonheur des visiteurs la toile iconique de Nicolas Largillierre, La Belle strasbourgeoise, chère au cœur des Alsaciens.

 

 

 

© Françoise Urban-Menninger, février 2024.

 

 

*Ce texte est une rétrospective d'une grande foire d'art contemporain qui a eu lieu fin 2023 à Strasbourg, l'article est agrémenté de quatre photos prises par Claude Menninger.

 

 

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Pour citer ce texte illustré & inédit

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Françoise Urban-Menninger, « ST-Art 2023, la foire aux coups de cœur ! », illustré par le photographe Claude Menninger, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° I | HIVER 2024 | « Seules, seulettes : des poésies de nos solitudes », 1er Volet, mis en ligne le 9 février 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noi/fum-st-2023

 

 

 

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N° I | HIVER 2024▼

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31 janvier 2024 3 31 /01 /janvier /2024 13:41

N° I | HIVER 2024 | Seules, seulettes : des poésies de nos solitudes / 1er Volet | Bémols artistiques | Poésie, musique & art audiovisuel

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Catherine Arnaud, artiste & directrice

 

 

de la galerie strasbourgeoise Artcreenvol

 

 

 

 

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Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Reportage photographique par

 

Claude Menninger

 

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, l'artiste Catherine Arnaud nous présente un catalogue qui a dédié un article à ses œuvres artistiques, image réalisée dans la galerie Artcreenvol à Strasbourg.

 

 

 


 

Catherine Arnaud, docteure en sciences de l’art de l’université Paris Sorbonne, a placé ses activités artistiques dans la recherche concernant les analogies et les interférences plastico-musicales.

À l’instar de Kandinsky, elle poursuit inlassablement sa quête sur les dialogues entre la musique et la peinture et les a magnifiquement incarnés dans un travail picturo-musical où elle peint des rouleaux de papiers à musique perforés qui se transmutent en notes musicales générées par une soufflerie lorsqu’ils sont introduits dans un piano mécanique.

C’est ainsi que son œuvre peinte et déclinée en motifs géométriques aux abstractions lyriques d’une grande beauté se mue en une musique colorée qui redonne vie à un instrument qui semble disparaître en France alors qu’il est encore très présent aux USA, en Allemagne, au Japon ou en Suisse. Des compositeurs de toutes nationalités tels Jean-Yves Bosseur, Joe Krencker ou Thomas Bloch, font revivre, grâce à Catherine Arnaud, le piano mécanique qui génère une musique intemporelle empreinte d’une poésie aux tonalités universelles. Ses œuvres sont désormais référencées dans le luxueux catalogue Loft & Décoration destiné aux collectionneurs d’art contemporain.

 

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Peinture d'une figure mythique de la Sirène par l'artiste plasticienne Vanessa Simon. Image réalisée dans la galerie Artcreenvol à Strasbourg.

 

 

Catherine Arnaud n’est pas seulement une artiste qui a présenté ses créations et installations en France à et l’étranger, notamment à Buenos Aires, elle est conférencière, anime des ateliers pour les enfants, a été honorée par un prix prestigieux de l’Académie des Beaux-Arts à Paris, elle est également la fondatrice et la directrice d’une galerie d’art à Strasbourg qu’elle a ouverte en 2015. Elle y organise des expositions individuelles ou collectives sur différentes thématiques très souvent en lien avec la nature, les animaux, les insectes, les jardins, la végétation, les océans sans oublier les grandes problématiques sociétales tel ce regard porté tous les ans le 8 mars sur les femmes et leurs combats pour leurs droits de par le monde.

Sa petite galerie à la baie largement ouverte sur la rue avec ses tableaux lumineux, qui sont autant de fenêtres qui s’ouvrent sur l’ailleurs d’un voyage immobile, attire le chaland et apporte un supplément d’âme au quartier populaire où elle est implantée.

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, « Peinture d'une figure mythique de la des fées, tableau de l'artiste placitienne Marie-Thérèse Docherty. Image réalisée dans la galerie Artcreenvol à Strasbourg.

 

 

Catherine Arnaud n’a d’autre objectif que de promouvoir l’art contemporain en Alsace et la dernière exposition en date sur le thème du surréalisme donne, comme son nom l’indique, un véritable envol à la création qui libère sur la toile l’inconscient du créateur mais aussi le nôtre qui a partie liée avec les grands mythes, peurs, joies, mystères et questionnements de cette humanité qui nous fait et nous défait. On y admire, entre autres, la délicieuse sirène délicatement peinte, au rendu minutieux semblable à celui d’un vitrail, de Vanessa Simon et le tableau de l’artiste écossaise Marie-Thérèse Docherty, empreint d’onirisme où l’on perçoit le buste d’un personnage qui flotte parmi des figures féminines angéliques, la tête immergée dans un rêve intérieur mais Calderon l’avait écrit La vie est un songe….

 

© Françoise Urban-Menninger

 

 

Galerie Artcreenvol

2 rue du Mont Blanc à Strasbourg

 

 

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Pour citer cet article & ce reportage inédits

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Françoise Urban-Menninger, « Catherine Arnaud, artiste et directrice de la galerie strasbourgeoise Artcreenvol », reportage illustré par le photographe Claude Menninger, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° I | HIVER 2024 | « Seules, seulettes : des poésies de nos solitudes », 1er Volet, mis en ligne le 30 Janvier 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noi/fum-catherinearnaud

 

 

 

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Dernière modification : le 31 janvier 2024 (édition complète du reportage)

 

 

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N° I | HIVER 2024▼

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23 janvier 2024 2 23 /01 /janvier /2024 16:42

N° I | HIVER 2024 | Seules, seulettes : des poésies de nos solitudes / 1er Volet | Dossier mineur | Florilège | Astres & animaux | En avant-première de l'anthologie de la grâce du printemps des poètes féministes

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Les roses d’hiver

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Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Photographie par

 

Claude Menninger

 

 

 

 

​© Crédit photo :  Claude Menninger, « Rose d'hiver », image prise en 2017 au jardin de la poète.

 

 

 

                                        

j’attends derrière ma fenêtre

que tombe enfin la neige

car un hiver sans flocon

ravive ma nostalgie de l’enfance

 

 

mes souvenirs brillent pareils

à ces étoiles de givre que le gel

dessinait sur les vitres

de notre petite maison de cité

 

 

à Mulhouse dans les années 60

notre jardin enneigé se parait

de roses d’hiver dont les fragiles pétales

se brisaient comme du verre

 

 

ou fondaient au soleil

laissant perler dans la lumière

de fines larmes cristallines

que j’enfilais dans mes premiers vers

 

 

la neige est la messagère

d’une grâce éphémère qui floconne

dans ce jardin de l’âme où j’enracine

mon enfance à ma rime

 


 

 

© Françoise Urban-Menninger

 

 

 

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Pour citer ce poème lyrique, élogieux & inédit sur la grâce

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Françoise Urban-Menninger, « Les roses d’hiver », poème illustré par le photographe Claude Menninger, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° I | HIVER 2024 | « Seules, seulettes : des poésies de nos solitudes », 1er Volet, mis en ligne le 23 Janvier 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noi/fum-les rosesdhiver

 

 

 

 

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N° I | HIVER 2024▼

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13 décembre 2023 3 13 /12 /décembre /2023 12:26

N°15 | Poétiques automnales | Dossier majeur | Florilège | Astres & animaux

 

 

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cet automne


 

 

 

 

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Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

Crédit photo : John Everett Millais (1829-1896), « Herbstblätter » (« Feuilles d’automne », 1856), cette peinture de feuilles mortes ramassées par des femmes d'âges différents est tombée dans le domaine public, capture d'écran réalisée par la poète d'une image du site Commons.

 

 

                                     


 

cet  automne a perdu son charme

noyé dans un lac de larmes

où flottent parmi les feuilles mortes

des âmes qui sanglotent


 

 

cet automne nous endeuille

jusque dans la poésie

qui jour après jour s’effeuille

dans une lente agonie

 


 

seule nous reste la grâce

dans ce temps qui nous efface

et pourtant nous éclaire

dans son linceul de lumière


 

 

© Françoise Urban-Menninger, automne 2023.

 

 

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Pour citer ce poème automnal inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « cet automne », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 15 | AUTOMNE 2023 « Poétiques automnales » & N° 15 | AUTOMNE 2023 « Poétiques automnales », volume 1, mis en ligne le 13 décembre 2023. URL.

http://www.pandesmuses.fr/no15/fum-cetautomne

 

 

 

 

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2 décembre 2023 6 02 /12 /décembre /2023 19:11

N°15 | Poétiques automnales | Bémols artistiques | Dossier majeur | Articles & témoignages 

 

 

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La photographe Bénédicte Bach

 

 

se prend comme sujet

 

 

 

 

 

 

Texte par​​

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Œuvres artistiques & photographies par

 

Bénédicte Bach

 

Site officiel : 

www.benedictebach.eu

 

 

 

© Crédit photo : Bénédicte Bach, cette image no 1 issue de la série « Le grand bain » de l'exposition « Jetlag » à la Galerie La pierre Large à Strasbourg, 2023.

 

 

 

Dans sa nouvelle exposition, qu’elle intitule « jetlag », décalage horaire, Bénédicte Bach affronte la cinquantaine en se mettant en scène, n’hésitant pas à déconstruire certains tabous sur le mode de l’autodérision mais toujours dans des images oniriques empreintes de poésie qui subliment le corps au féminin dans ses métamorphoses.

 

C’est dans la baignoire de sa salle de bains qu’elle se donne à voir ou plutôt dévoile des fragments de son corps enveloppé dans une deuxième peau en cuir coloré bleu, rouge, vert en provenance des tanneries Haas. Bénédicte Bach assume sa mue, elle change de peau au propre comme au figuré, des autoportraits, dans un flou qui brouille son identité, la «  re-présente » dans le sens d’une renaissance qui ne cesse de la remettre au monde. Le moi s’y dissocie en quête de l’autre, « je est un autre », dit-elle en citant le poète Arthur Rimbaud.

Le désir s’invite dans les 24 photographies de l’Et(r)einte où l’artiste évolue dans cet entre-deux où Éros et Thanatos mènent la danse en s’entrelaçant dans une poésie iconographique.

Dans sa salle de bains qui lui sert de studio, Bénédicte Bach réalise des vidéos  qui ont partie liée avec  la fuite du temps, « Schrödinger le dernier quantique » nous délivre la quintessence du mouvement perpétuel qui s’écoule à travers un sablier inversé en donnant de « l’épaisseur au temps », selon ses dires.

Dans un bain de livres où elle s’enlise, l’artiste se plaît à « Jouer sur les mots » comme l’indique le titre du livre qu’elle tient entre ses mains. Nul doute que la photographe se livre et peut-être se dé-livre sous les couvertures de ses livres….

 

 

© Crédit photo : Bénédicte Bach, image no 2, issue de la série « Le grand bain » de l'exposition « Jetlag » à la Galerie La pierre Large à Strasbourg, 2023.

 

 

 

Sur le petit autel où elle a rassemblé quelques objets fétiches qui lui parlent d’elle et la rassurent, on trouve des grappes de raisin desséchées mais aussi une coupe où des tampons imprégnés de vin rouge évoquent avec humour le sang menstruel qui rythme les cycles de la vie d’une femme. Une vidéo intitulée « Jusqu’à la lie » lève le tabou des règles et même « Si la fête est finie », la ménopause ouvre aux femmes une nouvelle ère de liberté enfin retrouvée !

Les titres des livres que la photographe expose comme celui de Milan Kundera « La fête de l’insignifiance » nous convient à entrer dans le monde enchanté et décalé de Bénédicte Bach telle Alice dans celui du Pays des Merveilles car la quête de soi passe par la découverte de l’autre en soi qui palpite sous la peau des mots.

 

 

© Crédit photo : Bénédicte Bach, une vue de l'installation « La fête est finie » dans laquelle on aperçoit la vidéo Jusqu'à la lie. À voir dans de l'exposition « Jetlag » à la Galerie La pierre Large à Strasbourg, 2023.

 

 

 

Quand on plonge au fond de soi et que l’on explore son entité, voire sa féminité, c’est l’autre, désinhibé, qui se met à parler et à déchirer le voile réducteur imposé par la société Nul doute que Bénédicte Bach met son âme à nu, elle la théâtralise dans un voyage intérieur qui s’apparente à un lumineux et éclairant parcours initiatique.

 

 

© Françoise Urban-Menninger

 

Exposition actuelle « Jetlag » à la Galerie La pierre Large, 25 rue des Veaux à Strasbourg.

Voir aussi, URL. www.benedictebach.eu

 

 

© Crédit photo : Bénédicte Bach, Logo officiel du site de l'artiste. 

 

 

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Pour citer cet article artistique, poétique & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « La photographe Bénédicte Bach se prend comme sujet » avec des photographies de l'artiste Bénédicte Bach, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  N° 15 | AUTOMNE 2023 « Poétiques automnales », volume 1, mis en ligne le 2 décembte 2023. URL. 

http://www.pandesmuses.fr/no15/fum-expo-benedictebach

 

 

 

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LPPDM, SEPTEMBRE 2026

La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après une suspension de l'actualisation du site (suite au décès d'un proche).

L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

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