2 décembre 2023 6 02 /12 /décembre /2023 19:11

N°15 | Poétiques automnales | Bémols artistiques | Dossier majeur | Articles & témoignages 

 

 

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La photographe Bénédicte Bach

 

 

se prend comme sujet

 

 

 

 

 

 

Texte par​​

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Œuvres artistiques & photographies par

 

Bénédicte Bach

 

Site officiel

www.benedictebach.eu

 

 

 

© Crédit photo : Bénédicte Bach, cette image no 1 issue de la série « Le grand bain » de l'exposition « Jetlag » à la Galerie La pierre Large à Strasbourg, 2023.

 

 

 

Dans sa nouvelle exposition, qu’elle intitule « jetlag », décalage horaire, Bénédicte Bach affronte la cinquantaine en se mettant en scène, n’hésitant pas à déconstruire certains tabous sur le mode de l’autodérision mais toujours dans des images oniriques empreintes de poésie qui subliment le corps au féminin dans ses métamorphoses.

 

C’est dans la baignoire de sa salle de bains qu’elle se donne à voir ou plutôt dévoile des fragments de son corps enveloppé dans une deuxième peau en cuir coloré bleu, rouge, vert en provenance des tanneries Haas. Bénédicte Bach assume sa mue, elle change de peau au propre comme au figuré, des autoportraits, dans un flou qui brouille son identité, la «  re-présente » dans le sens d’une renaissance qui ne cesse de la remettre au monde. Le moi s’y dissocie en quête de l’autre, « je est un autre », dit-elle en citant le poète Arthur Rimbaud.

Le désir s’invite dans les 24 photographies de l’Et(r)einte où l’artiste évolue dans cet entre-deux où Éros et Thanatos mènent la danse en s’entrelaçant dans une poésie iconographique.

Dans sa salle de bains qui lui sert de studio, Bénédicte Bach réalise des vidéos  qui ont partie liée avec  la fuite du temps, « Schrödinger le dernier quantique » nous délivre la quintessence du mouvement perpétuel qui s’écoule à travers un sablier inversé en donnant de « l’épaisseur au temps », selon ses dires.

Dans un bain de livres où elle s’enlise, l’artiste se plaît à « Jouer sur les mots » comme l’indique le titre du livre qu’elle tient entre ses mains. Nul doute que la photographe se livre et peut-être se dé-livre sous les couvertures de ses livres….

 

 

© Crédit photo : Bénédicte Bach, image no 2, issue de la série « Le grand bain » de l'exposition « Jetlag » à la Galerie La pierre Large à Strasbourg, 2023.

 

 

 

Sur le petit autel où elle a rassemblé quelques objets fétiches qui lui parlent d’elle et la rassurent, on trouve des grappes de raisin desséchées mais aussi une coupe où des tampons imprégnés de vin rouge évoquent avec humour le sang menstruel qui rythme les cycles de la vie d’une femme. Une vidéo intitulée « Jusqu’à la lie » lève le tabou des règles et même « Si la fête est finie », la ménopause ouvre aux femmes une nouvelle ère de liberté enfin retrouvée !

Les titres des livres que la photographe expose comme celui de Milan Kundera « La fête de l’insignifiance » nous convient à entrer dans le monde enchanté et décalé de Bénédicte Bach telle Alice dans celui du Pays des Merveilles car la quête de soi passe par la découverte de l’autre en soi qui palpite sous la peau des mots.

 

 

© Crédit photo : Bénédicte Bach, une vue de l'installation « La fête est finie » dans laquelle on aperçoit la vidéo Jusqu'à la lie. À voir dans de l'exposition « Jetlag » à la Galerie La pierre Large à Strasbourg, 2023.

 

 

 

Quand on plonge au fond de soi et que l’on explore son entité, voire sa féminité, c’est l’autre, désinhibé, qui se met à parler et à déchirer le voile réducteur imposé par la société Nul doute que Bénédicte Bach met son âme à nu, elle la théâtralise dans un voyage intérieur qui s’apparente à un lumineux et éclairant parcours initiatique.

 

 

© Françoise Urban-Menninger

 

Exposition actuelle « Jetlag » à la Galerie La pierre Large, 25 rue des Veaux à Strasbourg.

Voir aussi, URL. www.benedictebach.eu

 

 

© Crédit photo : Bénédicte Bach, Logo officiel du site de l'artiste. 

 

 

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Pour citer cet article artistique, poétique & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « La photographe Bénédicte Bach se prend comme sujet » avec des photographies de l'artiste Bénédicte BachLe Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  N° 15 | AUTOMNE 2023 « Poétiques automnales », volume 1, mis en ligne le 2 décembte 2023. URL. 

http://www.pandesmuses.fr/no15/fum-expo-benedictebach

 

 

 

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30 novembre 2023 4 30 /11 /novembre /2023 14:36

N°15 | Poétiques automnales | Réflexions féministes sur l'actualité | S'indigner soutenir, lettres ouvertes & hommages

 

 

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Draguer les filles !

 

 

 

 

 

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Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

Crédit photo : Evariste-Vital Luminais, « Closing in », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran de l'image libre de droits du Web.

 


 

En dehors de toute polémique concernant les événements tragiques survenus à Crépol, l’enquête suivant son cours, je retiens une phrase du journaliste Patrick Cohen qui semblait trouver normal, voire dans l’ordre des choses que des jeunes « viennent draguer les filles » dans une fête de village. 

Sans aborder le fait que ces derniers étaient munis d’armes blanches, je m’interroge sur la teneur de tels propos ?

 

Pour Patrick Cohen « draguer les filles » en meute semble être un loisir comparable à celui de « la chasse à courre » d’antan.  Quelle activité passionnante en perspective ! Une telle assertion fait montre de mépris, non seulement envers les provinciaux réduits à « draguer » le samedi soir, mais aussi envers « les filles », gibiers potentiels à traquer pour lutter contre l’ennui… Ce ton désinvolte, d’une légèreté irresponsable, n’est pas sans rappeler celui de Jean-François Kahn qui, à propos de l’affaire D.S.K et du viol présumé commis par ce dernier, évoquait sur un ton guilleret « un troussage domestique »… On croit rêver car nous voilà renvoyé(e)s à un archaïsme qui met en lumière l’inconscient patriarcal de certains journalistes au XXIe siècle.

 

Je cite ici une phrase de Vincent Montgaillard tirée du Décodeur de l’argot des cités (First Éditions, 2013) « Quand il drague une fille, ce lourdingue qui s’affranchit des codes de la séduction tombe rapidement dans la vulgarité ».

Nul doute que « le lourdingue » de cette histoire n’est autre que Patrick Cohen lui-même qui a très certainement puisé dans ses souvenirs de jeunesse, l’image sexiste de celui qui fut « le dragueur » d’un autre temps…

 

 

 

© Françoise Urban-Menninger, novembre 2023, c'est un billet d'humeur quant aux propos sexistes tenus par le journaliste Patrick Cohen.

 

 

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Pour citer ce billet féministe  & inédit 

 

Françoise Urban-Menninger, « Draguer les filles ! », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  N° 15 | AUTOMNE 2023 « Poétiques automnales », volume 1, mis en ligne le 30 novembre 2023. URL. 

http://www.pandesmuses.fr/no15/fum-draguerlesfilles

 

 

 

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21 novembre 2023 2 21 /11 /novembre /2023 18:52

N°15 | Poétiques automnales | Dossier mineur | Florilège | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages  

 

 

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les mains de ma mère

 

 

 

 

 

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Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

Crédit photo : Gustave Brion « Femme au rosier », tableau peint en 1875, peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran de l'image du site sur Wikipédia.

 

 

 

ma mère avait plusieurs mains

l’une cuisinait quand l’autre cousait

l’autre jardinait quand l’une repassait

les multiples mains de ma mère

tout le jour s’activaient


 

quand l’évier de la cuisine était bouché

elle utilisait l’une de ses paumes

comme une ventouse

quand le soleil l’éblouissait

l’une de ses mains lui servait de pare-soleil


 

du fond de son jardin elle saluait

de la main les passants ou les voisins

elle taillait ses roses et les offrait

d’une main bienveillante

à qui les voulait


 

elle dansait le flamenco

en s’accompagnant de ses castagnettes

tout en surveillant d’un œil

sa paëlla qui mijotait

sur un coin de la cuisinière


 

avec ses mains ma mère faisait tourner

le monde comme une toupie

en revenant du marché

elle déballait ses provisions

enrobées de mille et une anecdotes


 

avec ses mains ma mère priait

égrenait les perles de son rosaire

avec ses mains ma mère peignait

ses  rêves sur de vieux cartons

qu’elle encadrait et décorait


 

avec sa main droite ma mère se signait

quand la mort frappait ses proches

elle faisait apparaître le loup

en jouant avec les ombres

sur le mur quand j’étais enfant


 

ma mère ne cesse de parler

dans le poème avec ses mains

elle y défait la trame du silence

pour ouvrir ses paumes

et m’offrir son cœur de lumière

 

 

© Françoise Urban-Menninger, novembre 2023.

 

 

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Pour citer ce poème élégiaque, féministe & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « les mains de ma mère », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 15 | AUTOMNE 2023 « Poétiques automnales », volume 1, mis en ligne le 21 novembre 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no15/fum-lesmainsdemamere

 

 

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15 novembre 2023 3 15 /11 /novembre /2023 11:38

N°15 | Poétiques automnales | Dossier mineur | Articles & Témoignages | Astres & animaux & Revue Orientales | O | N°3 | Critiques poétiques & artistiques

 

 

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Hala Mohammad à Strasbourg.

 

« Rebelle comme l’amour », Les hirondelles

 

se sont envolées avant nous

 

(éd.Bruno Doucey)


 

 

 

 

 

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Texte de

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies par

 

Claude Menninger

 

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, « Hala Mohammad s’entretient avec Salah Oudahar », image prise à la Bibliothèque Universitaire de Strasbourg le 9 novembre 2023 dans le cadre du festival « Au fil des ailes ».

 

 

Il y a quelques jours, la Bibliothèque Universitaire de Strasbourg accueillait l’immense poète et cinéaste syrienne Hala Mohammad qui s’est entretenue, à propos de ses derniers recueils, avec Salah Oudahar dans le cadre du festival Au fil des ailes.

 

L’autrice a publié six recueils en Syrie et trois autres en France où elle vit depuis 2012. Elle a rendu hommage à son ami et traducteur Antoine Jockey avant de lire quelques poèmes en arabe de sa voix chaude et profonde alors que Salah Oudahar les reprenait en français.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, « Réception de la poète syrienne exilée Hala Mohammad par l'équipe du festival », image prise à la Bibliothèque Universitaire de Strasbourg le 9 novembre 2023 dans le cadre du festival « Au fil des ailes ».

 

Lors de l’interview, Hala Mohammad a affirmé que l’égalité homme/femme s’installe, « tant mieux pour les hommes », a-t-elle commenté avec humour, tout en précisant qu’elle ne pouvait pas se permettre le luxe d’être féministe. La lutte pour la citoyenneté implique que les hommes et les femmes aient besoin les uns des autres pour se libérer des dictatures. Ses priorités sont la quête de la liberté, de l’amour, de la paix et de la grâce pour les pays qui souffrent. Et de citer Pablo Neruda « La poésie est née de la paix comme le pain de la farine ».

Exilée, Hala Mohammad a perdu sa maison, c’est la perte de la première identité avant celle de la langue...Voilà pourquoi, elle intitulé l’un de ses livres Prête-moi une fenêtre (Ed. Bruno Doucey), car elle nous donne à voir «  la lumière de la Syrie » et de poursuivre avec mélancolie « les souvenirs ne sont pas une patrie ».

Quand elle parle à la première personne du singulier, le je renvoie à chaque moi et les peuples exilés deviennent « les hirondelles » qui ont donné le titre d’un autre de ses recueils. Car pour l’autrice, il n’ y a pas de chemin de retour, le seul espoir, « c’est la poésie qui permet de construire des chemins de retour » et de citer Mahmoud Darwich « je suis rentré sans rentrer ».

Et de témoigner encore et toujours en déclarant « la poésie est la voix des absents »…

 

© Crédit photo : Claude Menninger, « Dédicace à Françoise Urban-Menninger », Autographe par Hala Mohammad, image prise à la Bibliothèque Universitaire de Strasbourg le 9 novembre 2023 dans le cadre du festival « Au fil des ailes ».

 

 

La poésie de Hala Mohammad possède sans nul doute la beauté envoûtante d’une mélopée intemporelle, elle nous emporte au coeur de notre entité qui a nom humanité, elle nous touche jusque dans les replis les plus profonds de l’âme :

 

« Les rêves, aussi nombreux que les oiseaux

Aussi simples qu’une tasse de café

Je les chasse des fenêtres

Je les repasse à même les robes

Je les couds avec les poches des chemisiers

Je les fais briller comme des bracelets d’argent

Je les grave sur le mur comme les lettres du prisonnier 


 

Le matin, je les vois boire mon café

Au loin derrière une lointaine fenêtre. »

 

(Extrait de Les hirondelles se sont envolées avant nous, éd. Bruno  Doucey)



 

© Françoise Urban-Menninger, novembre 2023.

 

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Pour citer cet article illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « Hala Mohammad à Strasbourg. « Rebelle comme l’amour », Les hirondelles se sont envolées avant nous (éd.Bruno Doucey) », avec des photographies de Claude MenningerLe Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 15 | AUTOMNE 2023 « Poétiques automnales », volume 1 & Revue Orientales, « Conteuses orientales & orientalistes », n°3, volume 1, mis en ligne le 15 novembre 2023. URL. http://www.pandesmuses.fr/no15/fum-halamohammad

 

 

 

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9 novembre 2023 4 09 /11 /novembre /2023 18:48

N°15 | Poétiques automnales | Dossier mineur | Florilège | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages 

 

 

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sous tes paupières

 

 

 

 

 

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Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

Crédit photo : Sarah Purser, « The sad girl », 1923, peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran par LPpdm de l'image du site Commons.

 

 

 

poème dédié au poète Albert Strickler qui nous a quittés le 7 novembre 2023


 

 

sous tes paupières

à jamais closes

le cœur de tes poèmes

ne cesse de battre la chamade


 

nous en percevons

chaque pulsation

dans tes vers taillés

dans la lumière


 

tu vis désormais incarné

dans les riens somptueux *

que tu as tant célébrés

au soleil des mots

 

 

© Françoise Urban-Menninger

 

 

* les riens somptueux reviennent très souvent dans les écrits du poète.

 

 

 

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Pour citer ce poème élégiaque & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « sous tes paupières », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 15 | AUTOMNE 2023 « Poétiques automnales », mis en ligne le 9 novembre 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no15/fum-soustespaupieres

 

 

 

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