18 avril 2024 4 18 /04 /avril /2024 17:06

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2024 « Amies » & « Elles » | Critique & réception 

 

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Barbara AUZOU, Tout amour est épistolaire

 

(tome II), préface de Jean-Louis THIAR, 94 pages,

 

2024, Z4 Éditions, ISBN 978-2-38113-068-2

 

 



 

 

 

 

Claude Luezior

 

Site officiel : www.claudeluezior.weebly.com/

 

 

 

© Crédit photo : Première et quatrième de couverture de l’œuvre Barbara Auzou, Tout amour est épistolaire (tome II), 2024, image fournie par l’auteur Claude Luezior.

 

 

 

… pourtant cette semaine j’ai eu peur de mes mots (…) je ne veux pas que dans le chaos d’une phrase totale s’ouvre le nid d’un autre visage que le tien.

A priori, les mots d’introspection devraient être thérapeutiques, mais ils peuvent effectivement révéler un autre moi qui chavire, à travers un poème ou une relation épistolaire.

En d’autres termes, le pouvoir de l’écriture, peut-il, à l’instar d’une psychothérapie, déstabiliser une personne ? La question mérite d’être posée… Ce d’autant que l’on ne sait ici rien du récipiendaire, que le thème est l’amour et que la voie épistolaire est silence :

en attendant je cultive une fleur de joie primitive qui est aussi fleur de silence

je l’ai nommée l’imperceptible

elle te ressemble un peu 

 

Barbara Auzou me fait parfois penser à la grande BARBARA (la chanteuse, bien sûr !) chez laquelle toute milliseconde, toute intonation était un empire lourd de sens. Il faut bien dire que les textes d’Auzou sont puissamment poétiques, dans le sens d’un déchirement ou d’une brûlure. 

 

un ciel malin s’amusait avec le sel de mes plaies

 

Cette écrivaine tient dans sa plume de la poudre noire prête à exploser en tout temps, telle une grenade guerrière. Oui, sa prose est souvent (mais pas toujours, comme on le verra ci-après !) acide, elle ronge l’œil jusqu’à la rétine et l’esprit jusqu’à l’âme. Ses mots sont gouttes en fusion et donnent feu au rêve.  

l’été passera avec ses tragédies sans que cela nous étonne puis avec les raisins et les grains de beauté dissimulés sous sa robe de violence rieuse

Bon, n’exagérons pas : au fil des pages, l’auteure nous apprivoise, en symbiose avec la nature et sa propre poésie : il y a tu sais dans la gourmandise du silence la promesse de toutes les cerises. L’écriture est toute consolation : une vie sans poésie est une vie sans vie

Auzou s’abandonne :  

tandis que la terre suture ses soifs je m’en vais vers les choses nourricières.

 

On assiste peu à peu à un ensoleillement de la parole. De pyromane, elle devient câline et fait équipage avec davantage de confiance et de sérénité. La peinture au couteau se fait aquarelle : la poésie plus que jamais est la seule issue de secours

Au final : 

… ce merci en chaque chose à toi qui déroule partout le sourire de nos chemins réciproques

Juste avant une superbe citation de Paul Eluard :

 

… Et quand tu n’es pas là

Je rêve que je dors

Je rêve que je rêve

 

Barbara Auzou est-elle définitivement amoureuse de la poésie, de son correspondant, du silence, du genre épistolaire, de la nature ? Nous le découvrirons sans doute, pour notre plus grand plaisir, dans d’autres tomes ou livres à venir…

 

© Claude Luezior, Mars 2024.

 

 

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Pour citer ce texte illustré & inédit

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Claude Luezior, « Barbara AUZOU, Tout amour est épistolaire (tome II), préface de Jean-Louis THIAR, 94 pages, 2024, Z4 Éditions, ISBN 978-2-38113-068-2 », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2024 « Amies », « Elles » & Revue Orientales, « Conteuses orientales & orientalistes », n°3, volume 1, mis en ligne le 18 avril 2024. URL : http://www.pandesmuses.fr/megalesia24/luezior-barbaraauzou

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia 2024 HORS-SÉRIE 2024 Muses symboliques
18 avril 2024 4 18 /04 /avril /2024 15:32

N° I | HIVER-PRINTEMPS 2024 | Seules, seulettes : des poésies de nos solitudes / 1er Volet | Dossier mineur | Florilège | Astres & animaux 

 

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Perdue dans la brume

 

 

 

 

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Louise Hudon

 

 

 

​​​​​Crédit photo : Nuages, capture d'écran de la photographie libre de droits du site Commons.

 

 

 

 

Voilà que la maladie m’a surprise

Et que de mon corps, je perds la maîtrise.

Certains médicaments pour m’en sortir…

Conséquences : organisme à affaiblir.

 

 

Mes projets en cours me causent problèmes.

Avec ma fièvre, je suis assez blême.

Absence de ceux qui pourraient m’aider.

Dois-je annuler ou alors procéder?

 

 

Trop perdue dans une brume sans fin.

Épuisement, je n’ai vraiment pas faim.

Angoisses et panique pour le futur.

Je cherche refuge dans la nature.

 

 

Stress psychologique d’où l’anxiété.

Dernièrement, trop de contrariétés,

Battante comme je suis, pour surmonter,

Tout accomplir avec ma volonté.

 

 

Si mon cerveau se transforme en nuages,

Mon extérieur perd beaucoup son plumage.

En effet, la maladie me vieillie.

Un repos après m’être recueillie.

 

 

© Louise Hudon, 10 avril 2024.


 

 

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Pour citer ce poème inédit

 

Louise Hudon, « Perdue dans la brume », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  HIVER-PRINTEMPS 2024 | NO I « Seules, seulettes : des poésies de nos solitudes », 1er Volet, mis en ligne le 18 avril 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia24/hudon-perduedanslabrume

 

 

 

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16 avril 2024 2 16 /04 /avril /2024 17:08

N° I | HIVER-PRINTEMPS 2024 | Seules, seulettes : des poésies de nos solitudes / 1er Volet | Dossier mineur | Florilège / Poésie des aïeules | Biopoépolitique | Poésie & philosophie & REVUE ORIENTALES (O​​) | N° 3 | Créations poétiques​​​​​

 

 

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La traite des noirs

 

 

 

 

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Marie-Laure [Gronardty-]Grouard (1822-1843)

Poème choisi, transcrit, accompagné d’une brève présentation & d'une photographie de la poète par

Dina Sahyouni 

 

 

​​​​​© Crédit photo : Image de la lithographie signée Auguste Bry du portrait pictural de la poète Marie-Laure. Cette photographie a été prise par DS. en mars 2023 du recueil intitulé Essais en prose et poésies [par Marie-Laure] ; recueillis, publiés et précédés d'une notice biographique par M. Théodore de BANVILLE, Suivis de lettres...Version de l'image no 1.

 

 

Dite Marie-Laure, est une femme de lettres du XIXsiècle. Méconnue et peu étudiée, elle a laissé toutefois des écrits qui méritent notre attention au moins pour ce style affirmé et original qui les caractérise. Née Marie-Laure Gronardty-Grouard à Paris en 1822 (le 15 janvier), elle compose ses poèmes et proses sous son prénom composé Marie-Laure et décède bien jeune à Familly en 1843, emportée le 8 juillet par la tuberculose. On a d'elle : Les Églantines, W. Coquebert, 1843 et GROUARD, Marie-Laure (dite Marie-Laure), Essais en prose et poésies [Marie-Laure] ; recueillis, publiés et précédés d'une notice biographique par M. Théodore de BANVILLE, Suivis de lettres par MM. Chateaubriand, Jules Janin, Sainte-Beuve et mesdames Desbordes-Valmore, Amable-Tastu, Paris, Jules LABITTE, MDCCCXLIV/1844.

© DS., juin 2023.

 

 

La traite des noirs

 

 

Oh ! pourquoi vendaient-ils leurs frères ?

Pourquoi sur eux tant de mépris ?

Pourquoi tant de plaintes amères ?

Comme l'habit du Christ pourquoi les mettre à prix ?


 

La mort les épargnera-t-elle,

Ceux-là qui mettent l'homme au rang des animaux ?

Sera-t-elle donc moins cruelle ?

Et pourront-ils penser, sentir dans leurs tombeaux ?

Mais seront-ils donc plus qu'un reste de poussière

Par quelques siècles épargné ?

Pourront-ils retarder la mort, l'heure dernière ?

Oh ! non : quand Dieu le veut, bientôt ils ont régné ;

Bientôt ils ont suivi le destin qu'il faut suivre ;

Les enchaîneurs de liberté

Peuvent faire mourir, mais non se faire vivre

Par-delà le temps limité.


 

Rampez-vous toujours courbés au joug infâme ?

Hommes... ramperez-vous dans la fange traînés ?

Près d'eux resterez-vous plus lâches que la femme,

Ou pareils aux chevaux à leur char enchaînés ?

Pour entasser de l'or dans leurs mains déjà pleines,

Dites, ramperez-vous devant des étrangers ?

Non ; pour votre pays sillonnez seuls les plaines,

Votre brûlant pays aux forêts d'orangers,

Et ne vous courbez pas sous leur vil esclavage ;

Hommes, comme eux levez vos fronts,

Et que sur votre ardent rivage,

De ces tyrans maudits, rejetant les affronts,

Ensemble vous disiez : Vengeance aux vendeurs d'hommes !

Qu'ils soient attachés au malheur !

Qu'ils soient vendus aussi, qu'ils soient ce que nous sommes !

Qu'à leur tour ils disent : Horreur !

Mieux vaudrait errer sans patrie

Que d'être sous leur joug avec l'âme flétrie !


 

Pour étancher ta soif, pour apaiser ta faim,

Viens dans notre pays, viens, nos coups sont pleines,

Viens, esclave, avec nous partager notre pain ;

Pour le trouver ici tes mains seront sans chaînes...

De l'homme libre, ami, prends la noble beauté ;

Que ton âme bientôt heureuse,

De l'outrageant passé devenant oublieuse,

Sente en elle une voix qui dise : Liberté !


 

Mais pourquoi vendaient-ils leurs frères ?

Pourquoi sur eux tant de mépris ?

Pourquoi tant de plaintes amères ?

Comme l'habit du Christ pourquoi les mettre à prix ?*

 

 

* Orbec, Décembre 1839, III, pp. 387-390.

 

© Crédit photo : Image de la lithographie signée Auguste Bry du portrait pictural de la poète Marie-Laure. Cette photographie a été prise par DS. en mars 2023 du recueil intitulé Essais en prose et poésies [par Marie-Laure] ; recueillis, publiés et précédés d'une notice biographique par M. Théodore de BANVILLE, Suivis de lettres...Version de l'image no 2.

 

 

Le texte versifié ci-dessus est un poème humaniste et engagé politiquement pour l'abolition de l'esclavage. Il provient de l'ouvrage tombé dans le domaine public de GROUARD, Marie-Laure (dite Marie-Laure), Essais en prose et poésies [Marie-Laure] ; recueillis, publiés et précédés d'une notice biographique par M. Théodore de BANVILLE, Suivis de lettres par MM. Chateaubriand, Jules Janin, Sainte-Beuve et mesdames Desbordes-Valmore, Amable-Tastu (Paris, Jules LABITTE, MDCCCXLIV/1844, « III », pp. 387-390). La jeune et talentueuse poète Marie-Laure était atteinte de tuberculeuse, sa disparition prématurée a mis fin à sa capacité poétique de marquer son siècle par sa poésie très dense et partiellement gnomique. Ce poème intitulé « La traite des noirs » donne à voir une réflexion humaniste, philosophique, éthique, biopolitique et gnomique en forme de versification sur des problématiques comme l'esclavage, l'inégalité entre les humains, l'exploitation capitaliste des humains par les humains et le racisme. La poésie permet à la jeune poète de s'indigner, de se révolter et d'affirmer son refus total de l'exploitation servile d'un l'humain par son semblable en se basant sur la différence physique ou ethnique des personnes pour justifier l'existence des races humaines inégales, l'esclavage et le racisme. Elle défait dans ce beau poème les motifs superficiels qui racisent des humains au profit des dogmes de la pseudo-science racisalisante et raciste de son époque comme celle des siècles passés... Elle s'oppose au crime abject de la marchandisation des êtres humains et à leurs servitudes et asservissements. Son universalisme égalitaire transparaît sans concession. Cette poète abolitionniste et attachée à la pensée des Lumières fait plaisir à lire. Lisons, oui lisons ce poème et ses autres poèmes et écrits qui témoignent d'une grande âme au service de l'universalité des êtres humains et de leur égalité partout dans le monde.

 

© DS., juin 2023.

 

 

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Pour citer ce poème abolitionniste, gnomique & bipoépolitique de l'aïeule

 

Marie-Laure Grouard (1822-1843), « La traite des noirs », poème choisi, transcrit, accompagné d’une brève présentation & d'une photographie de l’autrice par Dina Sahyouni de GROUARD, [dite] Marie-Laure, Essais en prose et poésies [Marie-Laure] ; recueillis, publiés et précédés d'une notice biographique par M. Théodore de BANVILLE, Suivis de lettres... (1844), Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  HIVER-PRINTEMPS 2024 | NO I« Seules, seulettes : des poésies de nos solitudes », 1er Volet & Revue Orientales, « Conteuses orientales & orientalistes », n°3, volume 1 mis en ligne le 16 avril 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno3/megalesia24/ds-ml-traite

 

 

 

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16 avril 2024 2 16 /04 /avril /2024 13:47

 

Biographie & publication disponibles numériquement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Angélique LEROY

 

 


Poète, alias « La Marianne Joconde »

 

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poète Angélique LEROY.

 

 

 

 

Elle s’appelle Angélique LEROY. C’est un personnage atypique, attachant et avenant qu’on peut aimer pour son ouverture d’esprit et son humanisme. Poète, elle nous ouvre son cœur de femme aimante et nous laisse découvrir sa complicité avec Ali Belkahla, poète algérien et également sa chère moitié. Et c’est dans un élan de sororité que la Française s’engage aux côtés des femmes de la diversité pour donner du corps, de l’embonpoint à son combat pour le respect des droits des femmes et la valorisation de ces dernières.

 

Sa présentation par 

© Maggy de Coster

 

 

Sa publication disponible numériquement sur ce site : 

 

Voir aussi 

 

Angélique LEROY

 

Ou

 

Angélique LEROY

 

 

 

 

Page individuelle créée le 16 avril 2024 et en cours de construction.

Dernière actualisation : le 16 avril 2024.

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Biographies
15 avril 2024 1 15 /04 /avril /2024 15:40

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2024 « Amies » & « Elles » | Bémols artistiques  | (Revue culturelle d'Europe d'Afrique & d'Orient ou) Revue culturelle des continents & ORIENTALES (O) | N° 3 | Varia & Actualité
 

 

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Mari en Syrie, la renaissance d’une cité au

 

3e millénaire. Une exposition remarquable

 

à la Bibliothèque Universitaire de Strasbourg



 

 


 

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Texte de

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Reportage photographique par

 

Claude Menninger

 

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, « Reportage photographique de l'exposition dédiée à la période la plus brillante de l’histoire appelée « Sakkanakkus » entre 2250 et 1810 av J.-C. du royaume de Mari (en Syrie) à la Bibliothèque Universitaire de Strasbourg », image no 1.

 

 

 

 

Strasbourg va vivre pendant quelques semaines encore à l’heure d’un événement exceptionnel réalisé en partenariat avec le Domaine&Musée Royal de Mariemont en Belgique et le musée du Louvre qui a prêté plus de 140 objets exposés habituellement dans ses propres salles.

L’occasion unique est offerte au public de découvrir l’un des royaumes les plus puissants du Proche-Orient ancien, celui de Mari et cela dans sa période la plus brillante de son histoire appelée « Sakkanakkus » entre 2250 et 1810 av J.-C.

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, « Reportage photographique de l'exposition dédiée à la période la plus brillante de l’histoire appelée « Sakkanakkus » entre 2250 et 1810 av J.-C. du royaume de Mari (en Syrie) à la Bibliothèque Universitaire de Strasbourg », image no 2.

 

 

Bâtie sur les bords de l’Euphrate vers 2900 av J.-C, la cité de Mari a connu des temps de faste et d’opulence durant ses douze siècles d’existence car elle possédait l’art de maîtriser les échanges économiques entre l’Anatolie (la Turquie d’aujourd’hui), le nord de la Syrie  d’une part et la Mésopotamie (sud de l’Irak) et le Golfe Persique, d’autre part.  Ville située au carrefour des routes par voies de fleuve ou voies de terre avec les caravanes, Mari ne va cesser de s’ embellir et de s’épanouir et va connaître un véritable Âge d’Or que cette exposition nous invite à admirer.

Car ce site fabuleux ne fut redécouvert qu’en 1933 et compte à ce jour de nombreuses missions archéologiques qui ont permis de rassembler d’importantes archives qui nous permettent d’appréhender les merveilles qui appartiennent au patrimoine de l’Humanité et qui sont menacées depuis une dizaine d’années.

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, « Reportage photographique de l'exposition dédiée à la période la plus brillante de l’histoire appelée « Sakkanakkus » entre 2250 et 1810 av J.-C. du royaume de Mari (en Syrie) à la Bibliothèque Universitaire de Strasbourg », image no 3.

 

 

Lors de sa conférence à la BNU, Pascal Butterlin, professeur à la Sorbonne, évoqua les trois phases de recherches effectuées lors des 49 campagnes de fouilles à Mari. Une statue découverte sur le site par le lieutenant Cabanne marqua le début de cette vaste aventure. En 1937, les deux lions en cuivre, que mit au jour André Parrot, suspendirent le temps...L’un des lions, choisi pour illustrer l’affiche de cette exposition, observe de ses yeux étonnamment vivants le visiteur du haut de ce 3e millénaire depuis le temple du Seigneur-du-Pays lorsque Mari était à son apogée. Il semble interpeller le chaland de par-delà les siècles…

Les tablettes  proto-cunéiformes n’ont pas fini de nous interroger depuis l’invention du pictogramme à celui de l’écriture abstraite, notamment l’écriture iranienne proto-élamite (3300 à 3000 av J.-C) découverte à Suse en 1899,  c’est l’un des plus anciens systèmes d’écriture au monde  qui n’a pas encore pu être déchiffré.

Le public reste très impressionné également par « les foies divinatoires » qui offraient une lecture de l’avenir dans les entrailles humaines, lecture consignée sur des supports en terre cuite ou des tablettes en argile retrouvées et exposées dans des vitrines.

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, « Reportage photographique de l'exposition dédiée à la période la plus brillante de l’histoire appelée « Sakkanakkus » entre 2250 et 1810 av J.-C. du royaume de Mari (en Syrie) à la Bibliothèque Universitaire de Strasbourg », image no 4.

 

 

Chacun de nous ne peut que s’extasier à la vue de statuettes de pierre, de cuivre ou d’argile, de peintures murales  en provenance du Grand Palais Royal, d’éléments d’architecture, de colliers de perles de verre ou de terre cuite, d’objets du quotidien, tous porteurs d’âme, qui ont traversé le temps pour nous parler de notre passé. 15000 tablettes  d’argile couvertes d’écriture cunéiforme ont permis de connaître et de reconstituer la vie du palais mais aussi de comprendre l’idéologie royale mésopotamienne.

 

Malheureusement, et Pascal Butterlin, s’est longuement exprimé sur ce sujet que l’on appelle « les antiquités de sang » renvoyant aux pillages qui ont débuté en 2011 avec la guerre civile en Syrie, puis se sont poursuivis avec l’armée libre de Syrie et ont continué avec encore davantage d’intensité en 2014 avec Daech qui délivre des permis de fouilles à  l’usage de commanditaires afin de récupérer de l’argent pour financer le terrorisme.

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, « Reportage photographique de l'exposition dédiée à la période la plus brillante de l’histoire appelée « Sakkanakkus » entre 2250 et 1810 av J.-C. du royaume de Mari (en Syrie) à la Bibliothèque Universitaire de Strasbourg », image no 5.

 

 

Outre les pillages, l’enclos sacré a été frappé par deux missiles, des photos satellites prises par les Américains permettent aux archéologues de repérer les trous de pillages, environ 3700 ont été dénombrés à ce jour ! Bien évidemment, les chercheurs ne peuvent plus se rendre sur le terrain et des citoyens désarmés, tentent de sauver, au péril de leur vie, ce qui peut encore l’être, on les a baptisés « les hommes-remparts ». Voilà une raison supplémentaire pour visiter cette exposition qui nous  donne rendez-vous avec l’Histoire car les derniers vestiges de Mari sont en train de disparaître dans cette nuit des temps d’où on les a extirpés.  Or, ne l’oublions pas, la disparition de cette culture est aussi celle de la nôtre car Mari n’est autre que le berceau de l’Humanité et de notre civilisation !

 

Dans « La prière aux Dieux de la nuit », magnifique texte traduit par l’épigraphiste et assyriologue George Dossin en 1935, on peut lire ces deux vers prémonitoires « ...les dieux et déesses/ sont entrés dans l’enclos des cieux »…

 

De très nombreuses conférences, visites commentées, ateliers thématiques, animations sont proposés par la BNU, la liste est à retrouver sur le site bnu.fr

 

 

© Françoise Urban-Menninger, Avril 2024.

 

 

Exposition à voir jusqu’au 26 mai 2024 à la BNU (6 Place de la République à Strasbourg).

 

 

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Pour citer ce texte illustré & inédit

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Françoise Urban-Menninger, « Mari en Syrie, la renaissance d’une cité au 3e millénaire. Une exposition remarquable à la Bibliothèque Universitaire de Strasbourg », illustré par un reportage photographique du photographe Claude MenningerLe Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2024 « Amies », « Elles » & Revue Orientales, « Conteuses orientales & orientalistes », n°3, volume 1, mis en ligne le 15 avril 2024. URL : http://www.pandesmuses.fr/megalesia24/fum-expo-mariensyrie

 

 

 

 

 

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L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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