19 octobre 2025 7 19 /10 /octobre /2025 17:29

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Philosophies & sagesses en poésie | Spiritualités, croyances, religions & mysticismes en poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Sabines

 

 

 

 

 

 

Nouvelle inédite par

 

Denis Emorine

 

 

 

Crédit photo : Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), illustration d'une nature morte de fleurs avec un papillon, peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.

​​​​​


 

Elle était sortie de ma vie depuis cinq ans. Cinq ans déjà… Tout me rappelait ce bonheur défunt. La nuque d’une femme marchant devant moi  dans la rue, un parfum volatil, un sourire qui ne m’était pas destiné. Une ombre parfois… Je vivais dans le souvenir, dans son souvenir. Parfois, c’était insupportable. J’avais envie de hurler ma détresse au monde entier. J’étais devenu laconique, muré dans un silence destructeur. Ma vie avait basculé en quelque sorte. J’étais un autre homme à la personnalité fuyante, qui refusait toute compagnie.

Et puis, il y avait eu cette jeune femme, nouvelle venue dans l’immeuble, qui avait emménagé dans l’appartement voisin du mien. La première fois que je l’avais vue, je n’avais rien remarqué de particulier en elle et, c’est vrai, les femmes avaient cessé de m’intéresser, du moins essayais-je de m’en persuader. J’étais rentré tard, je n’avais plus d’horaires depuis la disparition de Sabine ; plus rien n’avait d’importance.

Elle était là, dans le couloir, à l’entrée, considérant les boîtes aux lettres avec attention à ce qu’il paraissait. L’air éperdu, elle m’a regardé brièvement puis elle a souri. J’ai détourné les yeux, voulant continuer mon chemin. Il me tardait de m’enfermer entre mes quatre murs avec une bouteille de Mercurey, l’un des vins préférés de Sabine qui était bourguignonne d’origine. Ce soir-là, j’ai dû vider la bouteille plus vite que d’habitude avant de sombrer dans le sommeil lourd de l’ivrogne qui n’a plus rien à perdre.

Je n’avais rien changé dans l’appartement depuis la disparition de ma compagne. J’avais songé à prendre une femme de ménage qui s’occuperait de mon intérieur mais l’idée qu’une autre aurait pu toucher, déplacer ses objets personnels m’était insupportable. Ses parfums et autres produits de toilette reposaient  dans la petite armoire de la salle de bains. Ses précieux bibelots ornaient toujours notre appartement. Je les époussetais soigneusement à intervalles réguliers.  Je n’avais pas eu le courage de l’exclure de ma vie davantage. Ses vêtements étaient toujours alignés dans le vieux placard de notre chambre, notamment cette robe mauve boutonnée sur le côté que j’aimais tant…Son sac à main dormait toujours dans le salon à la même place. Rien n’avait bougé. C’était le palais de la Belle au bois dormant sauf que les rôles étaient inversés puisque la Belle avait quitté le château à jamais.  J’avais l’illusion que je me réveillerais un matin avec Sabine à mes côtés, en train de me caresser les cheveux. Un peu comme dans un conte de fées.

 

Un soir, en rentrant du travail, j’avais entamé la bouteille de Mercurey comme à l’accoutumée puis j’ai entendu frapper à la porte. D’abord, je n’ai pas réagi. Depuis combien de temps n’avais-je pas entendu ce bruit ? Quelques instants plus tard, une voix féminine a retenti : « Monsieur…Monsieur ? Vous êtes là ? » Une voix jeune et mélodieuse qui me rappelait celle de quelqu’un. Je n’avais pas envie de bouger, pas le courage surtout. Etait-ce l’effet du vin ? Il me semblait que Sabine était assise à mes côtés sur le vieux canapé défoncé 

Qui  avait dû être vert.  A nouveau, j’entendis frapper à la porte et la même voix s’éleva : « Monsieur ?... »

J’ai réussi à  m’arracher au confort relatif du canapé hors d’âge. Elle était là… l’inconnue de l’immeuble qui m’avait souri un soir. Elle prononça ces quelques mots déconcertants : « C’est moi… »

 

J’étais troublé. D’abord, je ne sus quoi répondre puis je finis par articuler : « Qui…moi ? 

Sabine,  l’entendis-je répondre. Sabine, votre voisine. »

 

J’avais l’impression d’être dans un rêve. Il y avait ce prénom adoré prononcé par une femme inconnue. Inconnue… et pourtant…ce parfum, l’odeur de ce parfum de Dior m’était familière. La tête me tournait… Sabine, son parfum…Le parfum de Sabine…Tout vacillait et surtout mes certitudes.  Je crois que j’ai fini par m’évanouir.

Lorsque je me suis réveillé, elle était assise là, sur notre canapé, à sa place. J’avais la tête sur ses genoux et elle me souriait. La tête me tournait. Où étais-je ? Qui était cette femme ? «  Sabine », ai-je murmuré. Elle a souri encore une fois en me tendant un verre : « Buvez. Ḉa vous fera du bien. »

Je n’ai rien répondu. J’ai bu le breuvage sans savoir de quoi il s’agissait puis j’ai perdu connaissance. 

Le lendemain, un samedi, je me suis réveillé très tard, avec une violente migraine. J’avais dû imaginer les événements de la veille, le vin, peut-être. J’ai eu honte. Il y avait longtemps, si longtemps que je ne m’étais pas rendu sur la tombe de Sabine. Ces derniers temps, je l’avais négligée. Je me culpabilisais.

Il pleuvait. Une pluie fine et pénétrante. Le cimetière était à proximité de mon domicile. Marcher me ferait du bien, pensais-je. La tombe de la personne aimée n’était plus très loin lorsque je l’ai vue. C’était l’inconnue de la veille, celle qui avait perturbé mon existence de solitaire. Je n’avais donc pas rêvé ?... Elle m’a croisé avec toujours le même sourire aux lèvres : « Bonjour, murmura-t-elle, à une autre fois. » Je me retournai : elle avait disparu. La même odeur de parfum flottait dans l’air, imprégnant tout. Ce parfum…Le sien, celui de Sabine…Comment était-ce possible ? Il y avait un bouquet d’œillets blancs sur la tombe de mon amour. Ses fleurs préférées…Qui donc avait eu cette attention ?

Je ne comprenais plus rien. Quelque chose me dépassait. J’avais très envie d’emporter un des œillets blancs pour le déposer dans l’appartement afin de le garder jusqu’à ce qu’il se réduise en poussière, comme notre amour. Je ne l’ai pas fait. Je n’aimais pas ou plutôt je n’aimais plus les symboles même si notre vie en avait été parsemée comme autant de petits rites quotidiens censés unir les êtres. Je n’avais rien à opposer à la disparition de ma Sabine. J’aurais dû m’interroger sur l’apparition de l’inconnue dans ma vie, sur ce prénom qui était celui de ma compagne, sur  le parfum qui nous servait de trait d’union sans oublier la présence de ma voisine dans le cimetière, ce bouquet mystérieux… mais je n’en avais pas la force. Je survivais depuis cinq ans, rien de plus. Je n’avais jamais eu de goût pour les mystères je crois et encore moins pour les énigmes tellement notre vie à deux était placée sous le signe de la connivence, d’une forme de relation fusionnelle où tout était limpide.  Ma vie avait perdu son unité et toute signification. Tout autre que moi aurait cherché à en savoir plus sur l’inconnue, sur cet enchaînement de faits qui ne devait rien au hasard, l’aurait interrogée peut-être... Sabine, la vraie, avait disparu de ma vie ou plutôt elle était morte. Quoi d’autre. Plus rien n’avait d’importance désormais.

 

Ce soir-là, la jeune femme ne frappa pas à ma porte. Elle se contenta d’entrer, la bouteille de Mercurey à la main et me sourit. Sabine –puisque c’était son nom- s’assit à mes côtés sur ce vieux canapé que je n’aurais changé pour rien au monde. Nous n’échangeâmes aucune parole.  Je suppose qu’elle finit par s’en aller. Je me suis réveillé, hébété, sur ledit canapé. La bouteille était vide. Là encore, j’aurais pu avoir rêvé. L’odeur persistante du parfum de Sabine flottait dans l’air confiné de l’appartement. Tout était dans l’ordre. Dans l’ordre, oui mais lequel ?

Je m’aperçois que je n’ai donné aucune description des deux Sabine. A quoi bon ? La mienne était aussi blonde − une vraie blonde, je tiens à le préciser −  que l’inconnue était brune. Quelle importance ? Je subissais les événements. Je crois avoir parlé de mon peu d’intérêt pour la métaphysique. 

Un soir, ma voisine est entrée, la bouteille à la main. Je lui ai tendu le cadeau que je lui destinais, ce parfum de Dior qui nous tient presque lieu de langage. Elle m’a regardé, a souri sans prononcer un mot. Elle a commencé à se déshabiller sans cesser de me fixer des yeux. Ses yeux… c’est curieux, je n’arrive pas à leur donner une couleur précise. J’ai l’impression qu’elle change au gré des jours. Et ceux de Sabine ? Etaient-ils bleus, marron… ? J’ai oublié…

 

Sabine fait partie de ma vie depuis cinq ans à présent. Cinq ans déjà… Si quelqu’un me parlait d’une autre femme, endormie pour l’éternité dans le petit cimetière proche de mon domicile, j’en serais le premier étonné. Ma compagne aime particulièrement le Mercurey : elle est d’origine bourguignonne, elle utilise toujours le même parfum de Dior. Ah oui, j’oubliais… elle a une prédilection pour les œillets blancs.

 

© Denis Emorine

***

Pour citer cette nouvelle engagée, illustrée & inédite

 

Denis Emorine, « Les Sabines », peinture par Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menningermis en ligne le 19 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/emorine-lessabines

 

 

 

 

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19 octobre 2025 7 19 /10 /octobre /2025 17:27

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Astres & animaux / Nature en poésie... & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux poèmes par Kang Byeong-Cheol

 

 

 

 

 

Deux poèmes, biographie traduits & image (fournie) par

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

Deux poèmes par

 

KANG Byeong-Cheol*

 

 

 

Crédit photo : Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), illustration d'une nature morte de pappus & d’aigrettes de pissenlit avec un papillon, peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.

 

Instant parfait  

 

 

Les pétales de la fleur, alourdis par la pluie,
sont fragiles mais beaux — ils restent en vie.

 

Ils brillaient autrefois sous la lumière éclatante —
maintenant, ils tombent en silence,
offrant leur chute avec humilité,
préparant le sol à l’abondance des fruits.

 

Tout suit les lois du changement,
tout s’écoule, sans exception.

Dans la lente chute des pétales,
on peut entrevoir les graines du fruit à venir.


 

Un instant parfait glisse avec une légère tristesse,
tandis que tout contient déjà la promesse de demain.

Dans la quête d’une vie en abondance,
les pétales tombent, sans laisser de trace.


 

 

La liberté des graines de pissenlit

 

 

Il n’y a pas d’amour sans liberté.
Tous les êtres,
suivant leurs propres sentiers,
respirent librement dans la lumière.

 

Le besoin d’attacher l’autre,
ce n’est que servitude,
une ombre de possession
indigne du nom d’amour.

 

Le pissenlit berce ses graines,
puis les laisse enfin partir,
dans le vent qui les disperse,
entre les doigts du ciel.

 

C’est cela, l’amour,
un lâcher-prise,
une confiance sans fin.

 

La liberté seule
est la source de la vie,
la première résonance de l’amour
et son dernier souffle.


 

Biographie

 

Le poète Dr. Kang Byeong-Cheol est un auteur coréen, né en 1964 à Jeju, en Corée du Sud. Il a publié un recueil de nouvelles en 2005 et a depuis remporté huit prix littéraires et publié plus de douze ouvrages. De 2009 à 2014, il a été membre du Comité des écrivains en prison (WiPC) du PEN International. Titulaire d’un doctorat en science politique, il occupe actuellement le poste de vice-président de l’Institut coréen pour la paix et la coopération ainsi que celui de vice-président du PEN de Jeju. Il est le président fondateur de l’Association coréenne de littérature mondiale.

 

 

© Biographie & poèmes traduits de l’anglais par Irina Moga, avec la permission de l’auteur.

* Kang Byeong-Cheol (Kang est le patronyme, Byeong-Cheol le prénom, à la manière coréenne).

—————

Pour citer ces poèmes & biographie traduits en français & illustrés

 

Irina Moga (poèmes & biographie traduits), « Deux poèmes par Kang Byeong-Cheol », peinture par Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 19 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/irinamoga-kangbyeongcheol

 

 

 

 

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7 octobre 2025 2 07 /10 /octobre /2025 18:48

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Philosophies & sagesses en poésie | Spiritualiés, croyances, religions & mysticismes en poésie...

 

 

 

 

 

 

 

 

À celle qui viendra /

 

 

She is coming for me

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelle inédite par

 

Denis Emorine

 

Traduction inédite en anglais par

 

Michael T Steffen

 

 

 

 

Crédit photo : Jacob Van Loo (1614-1670), « La mélancolie », peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.

​​​​​

 

À celle qui viendra

 

 

 

À Jayant Dhupkar

 

 

La salle était pleine de monde. Un léger brouhaha s’éleva. L'écrivain regardait fixement devant lui, l’air absent. Il en avait assez qu'on le consulte comme un oracle alors qu’il n'avait rien à dire. Oppressé, il regretta d’être venu. Il se sentait comme un poisson rouge dans un bocal. La première question le fit sursauter :

« Que pensez-vous de cette épidémie qui s’abat sur le monde ?

Il haussa un peu les épaules et ne répondit pas. On répéta la question. L’écrivain garda le silence. Il y eut quelques murmures de désapprobation dans l’assistance. À ce moment-là, son attention fut attirée par une femme qui le regardait avec attention. Elle avait les yeux d’un bleu qui lui rappela ceux de sa mère. Était-ce elle qui l’avait sollicité ? Non, probablement pas,mais elle le dévorait littéralement du regard.

D’autres questions lui parvinrent. Notamment celles-ci : « De quoi parle votre dernier livre ? Pourquoi ce titre : "À celle qui viendra"? »

 

Combien de temps avait passé ? Il lui sembla que la salle se vidait peu à peu. Ce qui le laissa indifférent.

À ce moment-là, la femme aux yeux bleus se leva en se dirigeant vers lui. Elle le fixait avec insistance. Ils étaient seuls à présent. Tout le monde était parti. L’écrivain se mit debout machinalement. Elle lui prit la main. Il ressentit une espèce de décharge électrique. La ressemblance de l'inconnue avec sa mère le frappa. il avait l'impression de redevenir un petit garçon. « Tu m'attendais depuis si longtemps….», lui murmura-elle en effleurant sa joue. L'inconnue le guidait doucement vers la sortie. Plus rien n'avait d'importance. Une fois dehors, il eut très envie qu’elle le prenne dans ses bras ; ce qu'elle fit, d'ailleurs.

Il se demanda où elle l’emmenait. Sa mère était morte depuis une bonne dizaine d’années… À plus de soixante ans, l’écrivain y pensait parfois en se demandant pourquoi, un jour, il faut devenir orphelin.

La femme aux yeux bleus le regarda à nouveau.

Il ne sentit pas la mort arriver.

 

 

She is coming for me

 

 

 

 

For Jayant Dupkar

 

 

The room was full of people. A light stirring arose. The writer gazed absently before himself. He was tired of being consulted like some oracle, when he had nothing to say. Stifled, he  regretted having come. He felt like a goldfish in a bowl. The first question startled him :

‘What are your thoughts about this epidemic that’s ravaging the world ?’

He shrugged his shoulders a little and didn’t respond. The question was repeated. The writer kept silent. There were murmurs of disapproval among the gathering. Just now his attention was drawn to a woman who looked at him attentively. Her eyes were of a blue that reminded him of his mother’s eyes. Could it have been she who had brought her to him ? No, probably not, but she was literally devouring him with her look.

More questions were asked of him. In particular these questions : ‘What is your latest book about ?’ ‘Why have you called it, She is coming for me ?’

 

How much time had gone by ? It seemed to him the room was emptying little by little. He couldn’t really care less. Now the woman with blue eyes got up and headed toward him.  Her stare at him was insisting. They were alone now. Everybody had left. The writer arose mechanically. She took his hand. He felt a kind of electrical pulse. He was struck by this stranger’s resemblance to his mother. He was under the impression he was turning back into a little boy. ‘You’ve been waiting for me for so long,’ she whispered to him with a tender smile. The stranger guided him gently toward the exit. Nothing else mattered. Once they were outside, he so wanted her to take him in her arms. And this she did. 

He wondered where she was taking him. His mother had been dead for some ten years. In his sixties now, the writer thought about her at times and wondered why the day ever came that left him an orphan.

The woman with blue eyes looked at him again.

He couldn’t even feel himself dying.




 

© By Denis Emorine, Translated from the French by Michael T Steffen

***

Pour citer cette nouvelle bilingue français-anglais, illustrée & inédite

 

Denis Emorine, « À celle qui viendra / She is coming for me », traduction inédite en anglais par Michael T Steffen, peinture par Jacob Van Loo (1614-1670), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menningermis en ligne le 7 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/emorine-acellequiviendra

 

 

 

Mise en page par David

 

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2 octobre 2025 4 02 /10 /octobre /2025 16:44

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Spiritualiés, croyances, religions & mysticismes en poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

Les âmes mortes

 

 

 

 

 

 

Poème engagé par

 

 

Christiane Bozza

 

 

Crédit photo : Artemisia Gentileschi (1593–1653), « Suicide of Lucretia », 1627. Peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.

 

 

 

Le soleil du passé

obscurcit leur avenir

d'un désir étranglé

qui ne peut advenir

 

 

Le soleil de leur désir

ainsi peu à peu s'éteint

quand la mort ne cesse de leur dire

qu'à part elle il n'y a plus rien

 

 

Et quand la vie vient se réduire

à un corps qu'il faut soigner

au nom même de ce désir

son soleil est enterré

 

 

© Christiane Bozza

***

Pour citer ce poème illustré & inédit

 

Christiane Bozza« Les âmes mortes », peinture par Artemisia Gentileschi (1593–1653), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menningermis en ligne le 2 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/cbozza-lesamesmortes

 

 

 

 

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2 octobre 2025 4 02 /10 /octobre /2025 16:10

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Spiritualiés, croyances, religions & mysticismes en poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu'est-ce donc que la vie

 

 

 

 

 

 

Poème engagé par

 

 

Christiane Bozza

 

 

 

Crédit photo : Angelica Kauffmann (1741-1807), « Composition Royal Academy of Arts », peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.

 

 

 

 

Toi qui penses savoir

d'où vient la mort

toi qui crois pouvoir

m'en protéger à tout prix

dis-moi 

dis-moi alors

qu'est-ce donc que la vie ?

 

 

Est-ce ce temps passé

recluse dans le mouroir

qu'est devenue 

cette chambre glacée

de n'être pas partagée

où tu m'as enfermée 

du matin jusqu'au soir ?

 

 

Est-ce ces longues heures 

perdues

dans les laboratoires

où tu observes mon corps

est-ce ces molécules

ces microparticules

ici analysées ?

 

 

Est-ce l'absence du cri

vibrant dans mes os perclus

de douleur

le silence de ce mal disparu 

endormi

par la morphine ?

 

 

Est-ce le souffle continu

de ce respirateur

auquel je suis branchée

dans une cabine

aseptisée ?

 

 

Est-ce l'obéissance

à tes savantes ordonnances

à manger pour manger

à boire pour boire

à marcher pour marcher ?

 

 

À courir pour courir

et ne pas voir le pire

parce que c'est bon pour mes organes

pour mon crâne

du moins en théorie ?

 

 

Et celui-là que j'aime

est-ce l'aimer

est-ce consoler sa peine

de le nourrir par cette lucarne

percée dans un mur

sans jamais le toucher

comme un vampire

impur ?

 

 

Le penses-tu vraiment

qu'on peut vivre sans tendresse

par les pores échangée

le crois-tu sûrement

qu'au lieu de son adresse

il suffit d'un médicament ?

 

 

Qu'à la chaleur humaine

qui demeure pourtant

quand je respire à peine

et même en mourant

je préfère les machines 

qui me préservent des angines 

seule dans ce havre

désinfecté

et gardent mon cadavre

vivant ?

 

 

Oui crois-tu que la vie

cela soit ça vraiment ?

 

Et penses-tu qu'ainsi

j'y tienne tellement ? 

 

© Christiane Bozza

***

Pour citer ce poème illustré & inédit

 

Christiane Bozza« Qu'est-ce donc que la vie », peinture par Angelica Kauffmann (1741-1807), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menningermis en ligne le 2 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/cbozza-lavie

 

 

 

 

 

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Bienvenue à la directrice de publication du site Simone Durand (elle collabore et remplace en ligne la directrice-fondatrice de la presse de la SIEFEGP à partir de septembre 2026).

LPPDM, SEPTEMBRE 2026

La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).

L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

 

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