13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 15:07

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Sourires & rires féministes | Travestissements poétiques​​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vin et la fillette

 

 

(Air : Vrai sans chagrin)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mme Veuve Landrieu

 

Poème choisi, transcrit & commenté brièvement

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photo : "Bacchante", peinture trouvée sur Wikimedia.

 

 

 

Vivre le vin et la jeune fillette,

Tous les deux font le charme de mes jours.

Joyeux buveur, quand je suis en goguette

J'aime fêter Bacchus et les amours.

 

J'aime le vin, sa liqueur est exquise,

Sans lui jamais il n'est d'heureux moments ;

Par sa bonté je suis épris d'Élise,

Elle a le don d'enflammer tous mes sens.

 

    Vivre le vin, etc., etc.

 

De chambertin, de beaune et de madère

Apportez-moi de chacun un flacon,

Ils couleront à gros flots dans mon verre ;

Je dirai même, en sablant le mâcon :

 

    Vive le vin et la jeune fillette, etc., etc.

 

Que servirait de songer à ses peines !

Vous le savez, amis, il faut mourir.

Oublions-les, nos plaintes seraient vaines ;

Employons mieux notre temps à jouir.

 

    Vive le vin et la jeune fillette,

 

Tous les deux font le charme de mes jours.

Joyeux buveur, quand je suis en goguette

J'aime fêter Bacchus et les amours.

 

 

Le poème ci-dessus composé par LANDRIEU, Mme Veuve (née probablement le 8 mai 1789 en Bas Somme d'après le Bulletin des lois la République Française de 1857 sous le patronyme de POMART, Marie-Adélaïde et est morte probablement aussi le 14 avril 1869 d'après le Journal des Savants de 1869) provient de son ouvrage LANDRIEU, Mme, Recueil de poésies et couplets, par Mme Veuve Landrieu, 2ème édition, Paris, Imprimerie de Cusset et Cie, 26 rue Racine, 1869, pp. 116-117. L'ouvrage appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica. Ce "poétexte" use du travestissement poétique pour démontrer les méfaits des excès du vin et des plaisirs charnels recherchés chez des adolescentes par des hommes. D'emblée, ce que j'appelle poétravestissement, où la poète se glisse dans la peau d'un poète alcoolique habitué des goguettes pour dénoncer ces manières de jouir du vin et de la jeunesse d'une "fillette" en étant ivrogne... Faire les bacchanales, donne à la poète Landrieu l'envie de fredonner les travers et excès des hommes poètes de son temps... Ce poétravestissement temps produit des effets féministe et burlesque qui attirent notre attention et nous poussent à en parler en vous présentant cette aïeule dont on ne sait presque rien* et à la verve étonnante. Ce poétravestissement donne à voir une critique déguisée en chant élogieux. Il met en évidence le pouvoir critique du travestissement par le fait de se transformer en habitué de "goguette". Le "Je" est ainsi un autre qui s'insurge homme débauché et débauchant... Le burlesque vient de ce renversement de la situation traditionnelle. Ici, la nymphette c'est-à-dire la "fillette (prénommée "Élise") habituellement traitée par les poètes sous les traits négatifs de Bacchante (femme légère, débauchée) en victime de Bacchus et de son "buveur joyeux"...

On sait très peu de choses sur cette poète. Elle a vécu surtout au XIXème siècle, nous a laissé au moins un recueil de poèmes et une pièce. Se présentant comme la veuve Landrieu, elle est décédée fort bien le "14 avril 1869". D'après plusieurs références livresques tombées dans le domaine public et disponibles en libre accès. Elle était poète et mécène. On continue de rechercher des informations sur elle ici et là.

 

 

* Voir la notice de la Bibliothèque nationale de France : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb10277460m.

 

 

***

 

Pour citer ce poème féministe 

 

Mme Veuve Landrieu, « Le vin et la fillette (Air : Vrai sans chagrin) », poème de LANDRIEU, Mme, Recueil de poésies et couplets, par Mme, 2ème éd. (1869), a été choisi, transcrit & commenté brièvement par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 13 juin 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/l-levin

 

 

 

 

 

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11 juin 2021 5 11 /06 /juin /2021 16:41

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poétextes thématiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits de

 

 

Un toro en la garganta del jilguero /

 

 

Un taureau dans la gorge

 

du chardonneret

 

 

 

 

 

 

 

 

Ciela Asad

 

Poèmes choisis & traduits en français par

 

Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée de l'œuvre.

 

 

 

La bienaventuranza está dentro de todos nosotros

Se encuentra sobre el largo andamio

Paty Smith


 

Digo que la niebla

es el aliento de la gente que trabaja

 

en los días desmbembrados

que la boca de la madrugada tiene dientes

y cala con un punzón

que se nos clava en la garganta

en el pecho

en el vientre

pero no logra tallar los pies

que caminan entre ramas entreveradas

de palabra necias

hasta la olla

que entibia el estómago

la piel lastimada de estos días.


 

**

Le bonheur est à l’intérieur de nous tous

Il se trouve sur le long échafaudage

Paty Smith

 


 

Je dis que le brouillard

c'est le souffle des gens qui travaillent

 

dans les jours démembrés

que la bouche du petit matin a des dents

et perce avec un poinçon

qui nous plante dans la gorge

dans la poitrine

dans le ventre

mais il ne parvient pas tailler les pieds

qui marchent entre les branches enchevêtrées

des mots insensés

jusqu’à la marmite

qui réchauffe l'estomac

la peau endommagée de ces jours-ci.

 

 

LA MUJER DE CABELLO PLATEADO

 

(cumbia surrealista) (composición musical Claudio Turica)

 

La mujer de cabello plateado me riega

con una regadora nueva

yo me acurruco y la luna me valsea

Y el hombre del cuarto piso carajea

Con su cara de alga, de medusa sucia, de raya al medio y sin barba

no soporta que riega.

 

Y en el balcón del segundo se suicida una manguera

porque está cansada, porque ya no sirve para nada, para nada.

Y la canción que canta la regadera

habla de una tal Estela que toma vino en bota y un poco de vodka,

 y recita Platero, y yo ya no quiero

escucharla más.

 

La mujer de cabello plateado mira la luna y copula

y yo ya no aguanto su obscenidad.

 

La mujer del primero se acuesta con el sodero

y a mi no me importa, yo quiero bailar.

La mujer de cabello plateado me besa los ojos

y me da permiso para danzar. Yo bailo.

Y es este brillo en mis pupilas, y este aire en mis dedos

y este salto hacia atrás.

Atrás está el puente, este teclear indecente,

este teclear indecente y más.

 

**

LA FEMME À LA CHEVELURE ARGENTÉE

 

(cumbia surréaliste) (composition musicale Claudio Turica)

 

La femme à la chevelure argentée m'arrose

avec un nouvel arrosoir

Je reste tapie et la lune me fait valser

Et l'homme du quatrième étage lance des jurons

Avec son visage d'algue, de sale méduse, avec la raie au milieu et imberbe

ne supporte pas que j’arrose. 

Et au balcon du second un tuyau d’arrosage se suicide

parce qu'il est fatigué, parce qu'il ne sert plus à rien, à rien.

Et la chanson que chante l'arrosoir

parle d'une certaine Estelle qui boit du vin comme un trou et un peu de vodka,

et récite Platero, et moi je ne veux plus l'écouter .

 

La femme à la chevelure argentée regarde la lune et s'accouple

Et moi je ne supporte plus son obscénité

 

La femme du premier couche avec el sodero

et je m'en fiche, je veux danser.

La femme à la chevelure argentée m'embrasse les yeux

et me donne la permission de danser. Je danse.

Et c'est cet éclat dans mes pupilles, et cet air dans mes doigts

Et ce volte-face.

Derrière c'est le pont, ce pianotage indécent,

ce pianotage indécent et plus.

 

 

TE VEO ASÍ

 

(composición musical Claudio Turica)

 

Te veo así

como un aroma

que brota en mí

y me desborda

 

Como la luz

que se avergüenza

de ser tan luz

y se despoja

 

Cierro los ojos

y puedo ver

tu lunar en mi dedo

y soplar para jugar

con tu ausencia al infinito

 

Es tan real

lo que yo siento

que oculta mi sombra

 

Como la luz

que se avergüenza

de ser tan luz

y se despoja

 

Cierro los ojos

y puedo ver

tu lunar en mi dedo

y soplar para jugar

con tu ausencia al infinito. 

 

**

 

AINSI JE TE VOIS

 

(composition musicale Claudio Turica)

 

Ainsi je te vois 

comme un parfum

qui jaillit en moi

et ça me déborde

 

Comme la lumière

qui a tant honte

d’être lumière

et se dépouille

 

Je ferme les yeux

et je peux voir

ton grain de beauté sur mon doigt

et souffler pour jouer

avec ton absence à l'infini, 

 

C'est tellement vrai

ce que je ressens

qui cache mon ombre

 

Comme la lumière

qui a tant honte

d’être lumière


 

Je ferme les yeux

et je peux voir

ton grain de beauté sur mon doigt

et souffler pour jouer

à l'infini avec ton absence.

 

**

CANTO PEQUEÑO

 

(composición musical de Claudio Turica)

 

Tiemblo porque escucha respirar

el campo, la greda y el mar

es fuerte la oscuridad

sube de la tierra

Será que somos ecos

de atávicos silencios.

 

Aire de la luna en la piel

Aire de la luna en la piel

quiero partir una noche así

batiendo las alas

sobre los espinos

tan lejos de la tierra

sonríen las estrellas.

 

Como una flor se arrojó

mi corazón una mañana

fue un presagio

como un grito

un ardor

 

Recitado:

¿Cómo podemos cantar a nuestros caídos?

que alguien al menos aúlle en silencio

el sol retoza entre los árboles

Y la hierba mala

también alza su flor

 

Hay palabras que arden en la voz

cuando el miedo ordena reprimir

repite la historia

en su propio oído

ciega y anudada

rebota en la nada.

 

En la calma de esta soledad

la niñéz despierta volverá

aunque no hay caminos

suave entre las sombras

en un canto pequeño

que ganará al olvido.

 

Mundos

Ciegos

Ritmos

Juegos

Calma

Canta

 (Estribillo)

 

**

 

PETITE CHANSON

 

(composition musicale de Claudio Turica)

 

Je tremble parce que vous entendez respirer

La campagne, la glaise et la mer

Une forte obscurité 

Émerge de la terre

Nous serons les échos

d’ataviques silences 

 

L'air de la lune dans la peau

L'air de la lune dans la peau

Je veux partir par une telle nuit 

battant des ailes

sur les épines

les étoiles si loin 

de la terre sourient.

 

Comme une fleur qu’on jeta

mon coeur un matin

fut un présage

comme un cri

une brûlure

 

Récitatif:

Comment pouvons-nous chanter nos disparus ?

laissons au moins quelqu'un hurler en silence

le soleil se tortiller entre les arbres

Et la mauvaise herbe

hausser aussi sa fleur

Il y a des mots qui brûlent dans la voix

quand la peur ordonne de réprimer

répète l'histoire

dans l’oreille

aveugle et noue

rebondit dans le vide.

 

Dans le calme de cette solitude

l'enfance éveillée reviendra

douce dans l'ombre

malgré l’absence de voies

dans une petite chanson

qui gagnera l'oubli.

 

Mondes

Aveugle

Rythmes

Jeux

Calme

Chante

(Refrain)*

 

 

*Extraits de « Un toro en la garganta del jilguero »/ Un taureau dans la gorge du chardonneret » traduits de l’espagnol par Maggy De Coster.


 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes traduits

 

Ciela Asad, « Extraits de "Un toro en la garganta del jilguero / Un taureau dans la gorge du chardonneret" », poèmes bilingues inédits choisis & traduits en français par Maggy De Coster, textes originaux reproduits et traduits avec l'aimable autorisation des auteures et la maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16 « À nos ivresses & aux Bacchantes  », mis en ligne le 11 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/ca-untoro

 

 

 

 

 

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 09:38

 

REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations poétiques 

 ​​

​​

 

 

 

 ​​​​

 

 

L'esclave

 

 

 

(Imité de l'Oriental)

 

 

 

 

 

 

 

 

Amable Tastu

 

Poème choisi & transcrit

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Crédit photo : Daniel Israel, "An-Odalisque in a Harem", domaine public.

 

 

 

 

 

Maître, si tu voulais à l'ombre des platanes,

Sous le dôme assombri de leur feuillage épais,

Si tu voulais rêver loin des yeux des sultanes,

Avec ma lyre d'Or, maître, je te suivrais !

 

 

Sur la mousse et les fleurs couché près des cascades,

Tu pourrais m'écouter sous les vertes arcades

Les brises t'enverraient leurs baisers les plus doux !

 

 

Laissant errer mes doigts sur les cordes plaintives,

Et sous mes blonds cheveux dérobant mon bras nu,

J'enverrais ma pensée, aux ailes fugitives,

Au septième soleil te chercher l'inconnu !

 

 

Ou bien, encouragée et subissant la flamme

De ton profond regard, plus ardent que le jour,

Je pourrais oublier le secret de mon âme

Et te le livrer, maître, en exaltant l'amour !

 

 

Je pourrais prononcer le nom qui seul m'inspire

Et trace sur mon front l'éclat du feu sacré ;

Je pourrais, sous l'ardeur d'un immense délire,

Effrayer la Diane en son bois consacré !

 

Hélas ! Peut-être, hélas ! Tu me punirais, maître,

D'avoir osé sur toi lever mes tristes yeux !...

Mais, si tu sourirais,... si tu faisais paraître

Sur ta bouche adorée un éclair radieux !...

 

 

Alors, maître, pour toi rayonnerait l'étoile

D'un amour infini créé pour ton bonheur !

J'oublirais l'univers et,détachant mon voile,

Je briserais ma lyre et mourrais sur ton cœur !


 

Si tu voulais, ô maître ! à l'ombre des platanes

        Rêver en paix,

Bravant pour ton amour le courroux des sultanes,

        Je te suivrais !

 

Le poème ci-dessus composé par Maria DELCAMBRE provient de son ouvrage DELCAMBRE, Maria (1826?-1887), Les Craintives, poésies diverses suivies du Roman d'une fleur, par Mme Maria Delcambre, Paris, au bureau de l'imprimerie 15, rue Bréda et chez tous les libraires, 1854, pp. 41-43. Le livre appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica.

 

 

Pour citer ce poème

 

Maria Delcambre, « L'esclave (Imité de l'Oriental) », poème de DELCAMBRE, Maria (1826 ?-1887), Les Craintives, poésies diverses suivies du Roman d'une fleur, par Mme (1854), a été choisi, & transcrit par Dina Sahyouni, Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 4 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/md-esclave

 

 

 

 

 

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3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 09:24

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Croyances, religions & mysticismes en poésie 

 ​​

​​

 

 

 

 

 ​​​​

 

Le chant de l'épouse.

 

 

Paraphrase du Cantique des Cantiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Élise Moreau de Rus

 

Texte choisi & transcrit

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

 

Crédit photo : Redon, "Profil de femme avec couronne de Lauriers", domaine public, Wikimedia. 

 

 

 

 

Quelle voix ralentit à travers la campagne ?

C'est celle de mon jeune époux !

Comme il franchit les bois, le torrent, la montagne,

Pour être exact au rendez-vous !

 

 

C'est lui ! je l'aperçois ! il descend la colline

Ainsi qu'un coursier haletant !

Son œil ne me voit pas, mais son cœur me devine,

Il sait quel doux accueil l'attend !

 

 

Qu'il est beau ! le chevreuil a des pieds moins agiles,

Ses cheveux sur son cou tombent en bruns anneaux,

En mots harmonieux ses lèvres sont fertiles,

À la course, au combat il n'a point de rivaux !

 

 

Il est le plus parfait des enfants de la terre,

Nul ne l'égale en force, en courage, en bonté,

Son port est élégant et plein de majesté,

Son œil est vif et noir, sa parure est sévère...

 

 

Le voilà ! je l'entends ! il s'approche ! il me dit :

« Levez-vous et venez, ma colombe chérie,

L'écharpe du printemps flotte sur la prairie,

Aux branches des pommiers l'oiseau suspend son nid ;

 

 

Les figuiers sont parés de leur verte dentelle,

La mandragore embaume et la vigne est en fleur :

Hâtez-vous de venir avec moi, ma gazelle,

Au bord de la fontaine où pleure l'asphodèle,

Nous nous enivrerons aux coupes du bonheur.

 

 

Vos lèvres de corail, ô ma timide épouse,

Ont pour moi la saveur d'un miel délicieux,

L'éclat de votre teint rend la rose jalouse,

De plaisir sous vos pas tressaille la pelouse,

Et vos yeux sont pareils à l'étoile des cieux !

 

 

Comme le peuplier votre taille est flexible,

Vos dents ont la blancheur de la perle d'Ophir,

Votre front est orné d'une grâce indicible

Que la sainte pudeur vient encore embellir.

 

 

Mais ce n'est point assez d'être la plus charmante,

D'avoir tant de trésors qu'on ne peut les compter,

Votre âme est un lac pur, ô ma céleste amante,

Où toutes les vertus viennent se refléter...

 

 

Voilà pourquoi mon cœur vous aime et vous préfère

Aux vierges de Sion, à celles d'Israël,

Et ne trouve qu'en vous l'eau qui le désaltère,

Et la manne d'amour qui lui tombe du ciel !

 

 

Ah ! fuyons, mon aimée, et dans la solitude,

À l'ombre des palmiers par le vent agités,

Allons chercher l'oubli de toute inquiétude,

Et goûter de l'hymen les chastes voluptés.

 

 

Loin des bruits importuns l'amour se divinise,

Il lui faut du désert le silence et la paix,

Le seul bonheur durable et qu'aucun choc ne brise,

Est celui qui fleurit sous des voiles épais ! »

 

 

Et l'époux et l'épouse ont déserté la ville,

À l'ombre des palmiers ils sont venus s'asseoir,

Et leur vie a coulé comme une onde tranquille

Dont jamais l'aquilon ne ride le miroir...

 

 

Élise Gagne

 

Ce poème édité ci-dessus, a été composé par la poète GAGANE, Élise / Élise MOREAU de RUS et se trouve dans le périodique GAGNE, Paulin (1808-1876), Le Théâtre du monde : journal et cours littéraires et artistiques renfermant un choix de pièces en prose et en vers destinées à être lues ou déclamées dans le monde, et une revue critique des oeuvres principales et nouvelles du mois / par M. Gagne, avocat,... ; avec la collaboration de Mme Élise Gagne/Élise MOREAU de RUS, femme de lettres,.... 1857-05. Cet ouvrage appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica de la Bibliothèque nationale de France.

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème spirituel 

 

Élise Moreau de Rus, « Le chant de l'épouse. Paraphrase du Cantique des Cantiques », poème spirituel sur l'amour dans GAGNE, Paulin (1808-1876), Le Théâtre du monde : journal et cours littéraires et artistiques renfermant un choix de pièces en prose et en vers destinées à être lues ou déclamées dans le monde, et une revue critique des œuvres principales et nouvelles du mois (1857-05), a été choisi & transcrit par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 3 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/emr-lechant

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Amour en poésie Muses et féminins en poésie
2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 12:35

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Réception  & critique d'autrefois | Presses, médias, femmes, genre & poésie

 ​​

​​

 

 

 

 

 ​​​​

 

 

Une folie d'amour racontant

 

 

 

l'histoire d'une colombe

 

 

 

 

 

 

 

 

Maria Delcambre

 

Texte choisi, transcrit & présenté différemment

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

© Crédit photo : "Capture du périodique cité ci-dessous par DS. 

 

 

 

Le poème présent ci-dessous, a été rédigé par DELCAMBRE, Maria et se trouve dans la revue L'Abeille artistique et littéraire, Littérature, Poésie, Beaux arts, Industrie, Théâtres, 1854 pour le premier numéro, Avril 1854,  p. 6/ p. Livre en format PDF 30.

Cet ouvrage appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica de la Bibliothèque nationale de France.

 

 

Commentaire de la revue

   

 

    Nous devons à l'obligeance de madame Maria Delcambre, dont nos lecteurs ont déjà pu apprécier le talent si gracieux, la communication de la pièce suivante. Elle est extraite d'un recueil de poésies inédites, qui doit paraître sous peu.

 



Le poème 

 

 

 

Une folie d'amour racontant

l'histoire d'une colombe

 

 

 

Les bois, comme mon âme, ont revêtu leur deuil ;

La feuille vient tomber toute triste à mon seuil ;

La pluie à mes vitraux met ses perles liquides ;

Le vent conte sa plainte aux couloirs du château ;

Et l'arbre sans feuillage aux mille gouttes d'eau

ouvre ses bras arides.

 

Voici déjà l'hiver : c'est la saison des pleurs.

Pauvres petits oiseaux, pauvres bois, pauvres fleurs,

Son haleine glacée a dissipé vos joies ;

Mais elles reviendront pour le printemps prochain !

Dormez en attendant, dormez, fleurs, dans le grain ; 

Insectes, dans vos soies.

 

L'espérance est à vous ! C'est un autre bonheur !

Si j'espérais aussi, je n'aurais pas un pleur...

Sans espoir !... Ah ! ces mots résument ma souffrance !...

Est-il vrai que l'amour emporta ma raison ?...

On dit que je suis folle ! …

On dit que je suis folle !... Écoutez ma chanson,

C'est une souvenance :

 

…..................................................................................

 

Il fut jadis, colombe au blanc plumage,

Aux pieds rosés,

Charmante et sage ;

C'est bien assez.

 

De tourtereaux elle avait un grand nombre ;

Ah ! mieux vaudrait

Un seul dans l'ombre

Et qui pleurait !

 

Mais la cruelle était surtout coquette ;

Elle riait,

Faisait toilette

Et point n'aimait.

 

Tout le bocage, étant dans la souffrance

D'un tel dédain,

Sans qu'elle y pense,

S'enfuit soudain.

 

Bientôt après le cœur de notre prude

Prit le galop ;

La solitude

Fait aimer trop.

 

Un jour qu'elle rêvait dans son nid de feuillage,

Laissant avec langueur ses ailes au repos,

Un aigle radieux, au ténébreux plumage,

Dans le bosquet touffu s'abattit à propos ;

 

L'œil du maître des airs à notre délaissée

Jette un amoureux dard,

Et voilà qu'aussitôt la colombe abusée

S'abîme en son regard.

 

Naïve, elle descend sur les branches fleuries,

Mirant son aile au jour,

Et puis, dans son bec rose, offre graines chéries

Pour un baiser d'amour.

 

Mais l'ingrat, dédaignant la facile conquête

D'un regard amoureux qui ne voit pas l'éclair,

Reprend son vol hardi, sans détourner la tête

Vers les beaux yeux en pleurs qui le suivent dans l'air.

D'amour et de douleur la pauvrette succombe,

Disant dans son cœur plein d'effroi :

« Ô mon bel aigle, emporte-moi,

Ou bien dans la serre, ô mon roi,

Déchire ta blanche colombe !... »

 

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème d'amour déçu

 

Maria Delcambre, « Une folie d'amour racontant l'histoire d'une colombe », texte sur un amour déçu dans L'Abeille artistique et littéraire, Littérature, Poésie, Beaux arts, Industrie, Théâtres (1854), a été choisi, transcrit & présenté différemment par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 2 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/md-unefoliedamour

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Amour en poésie Muses et féminins en poésie

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L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

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  • HIVER 2026 | NO I
    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm) REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE ET MULTILINGUE DE POÉSIE ENTRE THÉORIES ET PRATIQUES HIVER 2026 | NO IV SORCIÈRES D’ANTAN & D’AUJOURD’HUI PREMIER VOLET SUR LA REVUE LITTÉRAIRE SORCIÈRES Crédit photo : John William Waterhouse...
  • La Journée Mondiale de la Culture africaine et afrodescendante
    N°I | HIVER 2026 | 1ER VOLET « SORCIÈRES D’ANTAN & D’AUJOURD’HUI » | Dossier mineur / Muses au masculin | Revue Culturelle des Continents / Invitations / Annonces diverses & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier | Varia & Actualité La Journée Mondiale...
  • Face au miroir
    N°I | HIVER 2026 | 1ER VOLET « SORCIÈRES D’ANTAN & D’AUJOURD’HUI » | Handicaps & diversité inclusive | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages | Travestissements poétiques Face au miroir Illustration & poème engagés par Berthilia Swann Poétesse...
  • Ode dédiée à Aida Rostami femme médecin assassinée par la république islamique iranienne
    N°I | HIVER 2026 | 1ER VOLET « SORCIÈRES D’ANTAN & D’AUJOURD’HUI » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques Ode dédiée à Aida Rostami femme médecin...
  • Familles meurtries et endeuillées
    N°I | HIVER 2026 | 1ER VOLET « SORCIÈRES D’ANTAN & D’AUJOURD’HUI » | Dossier mineur | Florilège | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages | Faits divers, faits de sociétés & catastrophes Familles meurtries & endeuillées Poème élégiaque par Berthilia...
  • « La Saurienne » ou l’œil aveuglé
    N°I | HIVER 2026 | 1ER VOLET « SORCIÈRES D’ANTAN & D’AUJOURD’HUI » | Dossiers majeur & mineur | Articles & témoignages « La Saurienne » ou l’œil aveuglé Article par Patrizia Lo Verde Spécialiste de Renée VIVIEN & docteure en méthodologies d’analyse du...
  • Biographie de Cristina RAP
    Biographie & publications disponibles numériquement Cristina RAP Illustratrice, artiste-peintre, scénographe diplômée de l'Académie des Beaux-Arts Est scénographe, diplômée de l'Académie des Beaux-Arts, et peintre. Elle a réalisé des courts-métrages et...
  • Passer l’hiver dans le flamboiement des couleurs du peintre André Evard à la Galerie Messmer à Riegel dans le Kaiserstuhl en Allemagne
    N°I | HIVER 2026 | 1ER VOLET « SORCIÈRES D’ANTAN & D’AUJOURD’HUI » | Critique & réception | Revue culturelle des continents Passer l’hiver dans le flamboiement des couleurs du peintre André Evard à la Galerie Messmer à Riegel dans le Kaiserstuhl en Allemagne...
  • Joyeuse année 2026 à vous !
    N°I | HIVER 2026 | 1ER VOLET « SORCIÈRES D’ANTAN & D’AUJOURD’HUI » | Agenda poétique & artistique | Cartes de vœux Joyeuse année 2026 à vous ! Carte de vœux Les équipes des périodiques Le Pan Poétique des Muses, Semainier des Muses, Iris & Mêtis, Orientales,...
  • Notre ancien monde
    N°I | HIVER 2026 | 1ER VOLET « SORCIÈRES D’ANTAN & D’AUJOURD’HUI » | Dossier mineur | Florilège | Essais & manifestes Notre ancien monde Poème en prose par Berthilia Swann Poétesse & autrice engagée Crédit photo : Delphin Enjolras (1865-1945), « Le bouquet...