18 mai 2021 2 18 /05 /mai /2021 09:06

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 |  Revue culturelle d'Orient & d'Afrique | Revue poépolitique

 

 

 

 

 

Sixième épisode du reportage-feuilleton d'Occupation du Théâtre de l'Odéon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chronique d'occupation de l’Odéon.

 

 

Palestine

 

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Mustapha Saha

Sociologue, poète, artiste peintre

 

Reportage photographique par

Élisabeth et Mustapha Saha

 

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo :  Reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de l'Odéon à Paris, mai 2021, album 19, no 1. 

 

 

Samedi, 15 mai 2021.  Les curieux et les fidèles sont toujours présents à l’agora de l’Odéon. Depuis l’annonce de réouverture, les relations entre les occupants et la direction du théâtre sont tendues. Les pressions gouvernementales pour obtenir, par tous les moyens, des évacuations, des expulsions, ne laissent aucune alternative. Les occupants expriment leur volonté de rester sur place au prix d’aménagements permettant la reprise des spectacles en même temps. Deux-cent-soixante spectateurs à peine sont admis, le maximum autorisé par les mesures sanitaires,  dans la salle de huit-cent-quarante places, pour suivre « La Ménagerie de verre » de Tennessee Williams, mise en scène par Ivo Van Hove, avec Isabelle Huppert comme vedette.

L’indigne désolidarisation des stars du show-business se confirme.  « La Ménagerie de verre » est l’histoire de trois solitudes à huis clos, trois manières de rêver une autre existence. Le personnage d’Amanda s’imagine encore en grande dame. Le théâtre accueille les vieux  fantômes. Les revenants se glissent entre les colonnes égayées d’ardentes banderoles.

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo :  Reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de l'Odéon à Paris, mai 2021, album 19, no 2. 

 

 

La vie commune des quarante deux occupants se déroule dans le foyer. Bar reconverti en cuisine, micro-ondes, réfrigérateurs, machines à cafés, assemblées générales, improvisations musicales. Le bras de fer s’éternise. Retrait de la réforme de l’assurance-chômage et prolongation de douze mois de l’année blanche ne sont pas négociables pour les intermittents. Le directeur de l’Odéon accorde un entretien à l’hebdomadaire Télérama, daté du 12 mai 2021, où il déclare que la situation avec les occupants est bloquée. Ses paroles transpirent les éléments de langage, les formules prégnantes, les mots-clés  fournis par le ministère de la Culture. La voix de son maître. Comédie des pauvres directeurs pris entre l’enclume et le marteau. « Le public est avide de revenir », « En tant que théâtre public nous devons ouvrir. Nous recevons des subventions pour que les spectacles soient joués », « À partir du moment où la couverture vaccinale aura produit ses pleins effets, et sous réserve d’un surgissement de variants récalcitrants, nous reviendrons dans un système normal », « L’État est notre tutelle. Il a fait des propositions qui vont dans le bon sens. Le problème des occupations qu’elles portent des revendications qui vont au-delà du secteur du spectacle vivant. Il serait injuste que des exigences, sur lesquelles, nous n’avons pas prise, bloquent les spectacles. La lutte sociale doit désormais trouver d’autres formes ». Le mot « séquence » revient comme une rengaine dans la bouche des fonctionnaires de la culture. Partis sur une tactique du pourrissement, ils s’étonnent que le cadavre bouge encore.

 

Les directrices et directeurs  de l’Odéon, de l’Opéra de Lyon, de la Criée de Marseille et du Théâtre de Nice publient une tribune indécente où ils accusent rondement les intermittents du spectacle de sacrifier la culture.

 

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo :  Reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de l'Odéon à Paris, mai 2021, album 19, no 3. 

 

 

 

« Aujourd’hui, la réouverture au 19 mai est acquise… Nous voulons et nous devons remplir la mission de service public qui nous a été confiée et pour laquelle nos établissements reçoivent des subventions », autrement dit, ils obéissent au ministère de la Culture. « Aujourd’hui les annonces du gouvernement montrent que le dialogue existe et que des solutions sont recherchées ». « Cependant les occupants de nos lieux annoncent vouloir poursuivre leur lutte ». « La culture risque désormais d’être sacrifiée par ceux-là mêmes qui défendaient son caractère essentiel. La lutte sociale, quelle que soit sa légitimité, ne saurait à notre sens empêcher la reprise de la vie culturelle ». L’argumentaire gouvernemental est repris sans distances, sans divergences, sans nuances. Les droits sociaux sont jugés inessentiels. La lutte des intermittents de tous les secteurs, des jeunes sans débouchés, des étudiants sans avenir, des précaires sans droits, se déprise, se dénigre, se tympanise. Les directeurs carriéristes, cyniques jusqu’à la compromission, ne s’intéressent qu’à leur trésorerie. Ils règnent sur leurs théâtres comme des petits seigneurs. Ils oublient que ces lieux publics sont, avant tout, des maisons du peuple, que les occupations, les agoras leur rendent leur vocation première, que la culture ne se privatise pas, qu’elle ne se consomme pas comme un loisir.

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédits photos :  Reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de l'Odéon à Paris, mai 2021, album 19, no 4 & no 5.

 

 

Les théâtres, selon cette caste prédatrice, dès lors qu’ils sont subventionnés, doivent se refermer sur eux-mêmes, se cantonner dans un rôle de distraction. « Un peuple qui n'aide pas, qui ne favorise pas son théâtre est moribond, s'il n'est déjà mort, de même le théâtre qui ne recueille pas la pulsation sociale, la pulsation historique, le drame de son peuple, et la couleur authentique de son paysage et de son esprit. Ce théâtre n'a pas le droit de s'appeler théâtre, mais salle de divertissement local, tout juste bon pour cette horrible chose qui s'appelle tuer le temps » (Federico Garcia Lorca, Causeries sur le théâtre). Les directeurs actuels sont loin du théâtre civique de Jean Vilar. Qu’on se souvienne de la réplique de Jean-Louis Barrault, le 22 mai 1968, à Charles de Gaulle qui lui demande de couper l’électricité dans l’Odéon occupé : « Serviteur, oui ! Valet, non ! ». « Seuls les hommes libres ont réciproquement, les uns pour les autres, la plus haute reconnaissance » (Baruch Spinoza, Éthique, 1675, traduction française, éditions Garnier Flammarion, 1965). C’est l’administration qui doit rendre des comptes aux artistes, et non les artistes, qui n’ont d’autre responsabilité que leur création. L’autorité politique n’a aucune légitimité pour légiférer en matière esthétique artistique. Il n’y a pas de service public sans liberté de création, d’expression, d’action. Les fonctionnaires de la culture ne comprennent pas que les agoras permanentes impulsées par les occupations sont du théâtre total, un théâtre qui brise les séparations entre acteurs et spectateurs, un théâtre qui transcende les rigidités psychologiques induites par les conventions bourgeoises.

 

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo :  Reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de l'Odéon à Paris, mai 2021, album 19, no 6. 

 

 

Nulle présence policière visible sur la place de l’Odéon en ce samedi. Quelques soldats de Vigipirate font la parade. La caméra des renseignements généraux, plantée dans un appartement vide, parfaitement visible de l’extérieur, filme jour et nuit les militants et les badauds. Une, deux, trois jeunes femmes sans masques, apparaissent, les épaules recouvertes des couleurs palestiniennes. Les forces de répression sont toutes mobilisées pour mater la manifestation dénonçant le massacre des gazaouis. Le recours contre l’arrêté préfectoral d’interdiction est rejeté par le tribunal administratif. Les occupants de l’Odéon appellent à la manifestation : « Une nouvelle fois, le peuple palestinien subit une agression meurtrière  depuis la procédure d’annexion du quartier Sheikh Jarrah de Jérusalem. Encore une fois, le peuple palestinien résiste et se soulève contre l’oppression colonialiste et raciste. Nous, occupants en lutte de l’Odéon, soutenons sans réserve cette révolte légitime contre un apartheid qui n’a que trop duré, et joignons notre colère à celle des Palestiniens ». À Barbès, les manifestants scandent « Liberté Palestine », « Nous sommes tous des palestiniens », « Enfant de Gaza, enfant de Palestine, c’est l’humanité qu’on assassine ». Banderole de tête : « Palestine urgence, contre le mur et l’occupation, pour le respect du droit international, engagement immédiat de l’Europe ». La police applique les consignes : « dispersion systématique et immédiate ». Des organisateurs de la protestation sont nassés et interpellés rue Custine. Les charges continuelles empêchent tout cortège régulier. La manifestation, qui devait rejoindre la Bastille à l’origine, remonte vers la Porte de Clignancourt. Tirs de flashballs. Dans le métro, tous les passagers sont invités à descendre avant la gare de l’Est. Boulevard Rochechouart, déboulent, sous nos yeux,  à tombeau ouvert,  plusieurs centaines de fourgonnettes,  de voltigeurs sur grosses cylindrées. Le Boulevard Ornano est étouffé sous gaz lacrymogènes. Les camions anti-émeute nettoient toute trace humaine. Plusieurs milliers d’uniformes  contre quelques centaines de manifestants. Des jeunes, des femmes, des hommes désarmés, exfiltrés par les gardes mobiles,  immobilisés, matraqués, enlevés, embarqués. Des banderoles arrachées, déchirées, piétinées. Trois cent soixante-sept  verbalisations. Quarante-cinq personnes en garde à vue pour soupçons de « participation à un groupement formé en vue de violences  », « participation à un attroupement après sommation », « violences sur les forces de l’ordre ». Trois jours avant, Bertrand Heilbronn, président de l’Association France Palestine Solidarité est arrêté sous prétexte d’avoir appelé à manifester avant d’être libéré quelques heures plus tard. Il est appréhendé par trois policiers à sa sortie du ministère des Affaires étrangères où il était en réunion avec un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay, une sénatrice, deux députées, un représentant de l’Union Juive Française pour la Paix. Au commissariat de septième arrondissement, il est menotté sur un banc comme un vulgaire criminel. L’ennemi, le drapeau palestinien. 

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​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo :  Reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de l'Odéon à Paris, mai 2021, album 19, no 7. 

 

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Pour citer ce texte poépolitique

 

Mustapha Saha, « Chronique d'occupation de L’Odéon. Palestine » article inédit, reportage photographique inédit par Élisabeth et Mustapha Saha, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 18 mai 2021. Url :  

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/ms-odeonpalestine

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Muses et féminins en poésie
17 mai 2021 1 17 /05 /mai /2021 14:07

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​​​​​​REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations poétiques

 

 

 

 

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À  Andrée Chedid

 

 

 

 

 

Michel Orban

 

 

 

 

Crédit photo : Andrée Chedid, domaine public, Wikimedia.

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Ta poésie libère les survivants

D’une maison sans racines

De l’emprise d’un sommeil infertile.

Elle offre aux désespérés

Le souffle d’un vaste rêve.

 

 

 

Pour citer ce poème

 

Michel Orban, « À Andrée Chedid », poème inédit, Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 17 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/mo-chedid

 

 

 

 

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 18:10

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​​​​​​REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations poétiques

 

 

 

 

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Les mains tisseuses de rêves

 

 

 

 

 

 

 

 

Mariem Garali Hadoussa

 

Artiste plasticienne & poétesse

Présidente de lassociation "Voix de femme nabeul"

 

 

 

 

 

© Crédit photo :  Mariem Garali Hadoussa,"Les mains tisseuses de rêves", tableau. 

 

 

 


 

Mes mains tremblent

Mais pas de peur


 

Mes mains vibrent et

Mes doigts crient

Leur besoin de créativité


 

Fibres en vrille

Fils et aiguilles

Les doigts s'activent

comme des vers à soie


 

Les yeux brillent de joie

De beaux rêves tissés


 

Cesse le bruit

L'âme se calme

Mes mains se reposent

Belle métamorphose !


 

© MGH, 2021

 

 

Pour citer ce poème

 

Mariem Garali Hadoussa, « Les mains tisseuses de rêves », poème  et peinture féministes inédits, Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 13 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/mgh-tisseuses

 

 

 

 

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 14:44

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Muses au masculin | Revue poépolitique

 

 

 

 

 

Cinquième épisode du reportage-feuilleton d'Occupation du Théâtre de l'Odéon

 

 

 

 

 

 

 

 

Le chanteur du métro

 

Chronique d'occupation de L’Odéon

 

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Mustapha Saha

Sociologue, poète, artiste peintre

 

Reportage photographique par

Élisabeth et Mustapha Saha

 

 

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo : Avec Thibaut Rosa Baeskens, rappeur. Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, mai 2021, album 17, no 1. 

 

 

 

S’engouffre sans cesse dans l’obscur purgatoire
Multitude damnée du siècle d’abondance
Sapent rêvasseries grincements giratoires
Minent résistances fausses correspondances

 

 

​​​© Crédit photo : Avec Thibaut Rosa Baeskens, rappeur. Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, mai 2021, album 17, no 2. 

 

 

Portent solitudes leur angoisse destinale
Détraquent somnambules boussole d’existence
Paradent cerbères frustrés de bacchanales
Traînent prolétaires funeste pénitence

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo : Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, mai 2021, album 17, no 3. 

 

 

Faune souterraine libère ses démons
Bousculent malappris grabataires carcasses
S’arrachent rouspéteurs thyroïde et poumons
Dégorgent couleuvres chamailleuses bécasses

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo : Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, mai 2021, album 17, no 4. 

 

 

Démasquent les bas-fonds suffocante indigence
Tendent main tremblante migrantes sursitaires
Divaguent moribonds refoulés des urgences
S’illustrent corridors de tags protestataires

 

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo : Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, mai 2021, album 17, no 5.

 

 

Surgit saltimbanque dans la foule orpheline
Archange libertaire fleuri de primevères
Messager d’Euterpe joueur de mandoline
S’esquissent sourires sur visages sévères

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo : Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, mai 2021, album 17, no 6. 

 

 

 

Le troubadour déroule enchanteur répertoire
Jacquot sur épaule clochette en bandoulière
La musique estompe stressante trajectoire
Le métro se transforme en immense volière

 


 

 

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Pour citer ce texte poépolitique

 

Mustapha Saha, « Le chanteur du métro. Chronique d'occupation de L’Odéon » poème politique inédit, reportage photographique inédit par Élisabeth et Mustapha Saha, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 12 mai 2021. Url :  

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/ms-lechanteurdumetro

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Muses et féminins en poésie
12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 09:43


 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques

 

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La même nuit

 

 

 

 

 

 

Poème & peinture de

 

Pierre Zehnacker

 

 

© Crédit photo :  Pierre Zehnacker, tableau sur la nuit.

 

 

 

  

    Comme une rumeur d'aube dans les allées du rêve... L'effeuillement, goutte à goutte, d'un désir qui se tait. Et quelque chose qui vous trouble au sortir de l'école à l'ombre d'une enfance perdue... Achemine ton âme vers l'oubli des premiers jours et souviens-toi de la chanson douce amère de la pluie. Comme une échappée vers l'eau d'une autre lumière au détour des gisants et du nombre. Ferveur, aveuglement de celui qui est toujours plus pâle d'avoir souffert, au seuil de l'antique fontaine mise à jour... Et se signe comme dans un cri au-delà de la neige. 

     

    Source de vie à l'apogée des fleurs, sous le signe de l'espoir et du songe, et retour vers d'autres arbres, d'autres pierres lavées de soleil et de lune. Balbutiement d'enfant dans les reflets du miroir, et la main qui fait jaillir la forme de la ronde acidité du fruit, perçant jusqu'en son cœur la nuit de l'obstacle et du rêve… 

    Conjugue un nom, assois ta puissance, accorde ta voix au crépuscule pour engendrer de nouveaux mondes, rêve d'une sainteté sans obligation de réveil, et presse ton front sur la pierre obscure des années.  

    Est-ce encore la même nuit, la même impatience, et cette autre énigme dont nous devions l'image à la montée des eaux dans le surgissement de nos vies obscures ?... La fatalité des bruits du soir au moment où l'esprit retient son souffle ?... 

    Ou la joie illuminant un visage d'enfant, et n'éveillant plus que des mots d'ombre pour en apprivoiser les ultimes lueurs dans la déclinaison oblique de la pluie, ô rêve oublié !... 

        

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème printanier & coloré

 

Pierre Zehnacker (texte & peinture inédits), « La même nuit » poème en prose sur la déesse Nyx, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées », mis en ligne le 12 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/pz-lamemenuit

 

 

 

 

 

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