11 juin 2021 5 11 /06 /juin /2021 16:41

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poétextes thématiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits de

 

 

Un toro en la garganta del jilguero /

 

 

Un taureau dans la gorge

 

du chardonneret

 

 

 

 

 

 

 

 

Ciela Asad

 

Poèmes choisis & traduits en français par

 

Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée de l'œuvre.

 

 

 

La bienaventuranza está dentro de todos nosotros

Se encuentra sobre el largo andamio

Paty Smith


 

Digo que la niebla

es el aliento de la gente que trabaja

 

en los días desmbembrados

que la boca de la madrugada tiene dientes

y cala con un punzón

que se nos clava en la garganta

en el pecho

en el vientre

pero no logra tallar los pies

que caminan entre ramas entreveradas

de palabra necias

hasta la olla

que entibia el estómago

la piel lastimada de estos días.


 

**

Le bonheur est à l’intérieur de nous tous

Il se trouve sur le long échafaudage

Paty Smith

 


 

Je dis que le brouillard

c'est le souffle des gens qui travaillent

 

dans les jours démembrés

que la bouche du petit matin a des dents

et perce avec un poinçon

qui nous plante dans la gorge

dans la poitrine

dans le ventre

mais il ne parvient pas tailler les pieds

qui marchent entre les branches enchevêtrées

des mots insensés

jusqu’à la marmite

qui réchauffe l'estomac

la peau endommagée de ces jours-ci.

 

 

LA MUJER DE CABELLO PLATEADO

 

(cumbia surrealista) (composición musical Claudio Turica)

 

La mujer de cabello plateado me riega

con una regadora nueva

yo me acurruco y la luna me valsea

Y el hombre del cuarto piso carajea

Con su cara de alga, de medusa sucia, de raya al medio y sin barba

no soporta que riega.

 

Y en el balcón del segundo se suicida una manguera

porque está cansada, porque ya no sirve para nada, para nada.

Y la canción que canta la regadera

habla de una tal Estela que toma vino en bota y un poco de vodka,

 y recita Platero, y yo ya no quiero

escucharla más.

 

La mujer de cabello plateado mira la luna y copula

y yo ya no aguanto su obscenidad.

 

La mujer del primero se acuesta con el sodero

y a mi no me importa, yo quiero bailar.

La mujer de cabello plateado me besa los ojos

y me da permiso para danzar. Yo bailo.

Y es este brillo en mis pupilas, y este aire en mis dedos

y este salto hacia atrás.

Atrás está el puente, este teclear indecente,

este teclear indecente y más.

 

**

LA FEMME À LA CHEVELURE ARGENTÉE

 

(cumbia surréaliste) (composition musicale Claudio Turica)

 

La femme à la chevelure argentée m'arrose

avec un nouvel arrosoir

Je reste tapie et la lune me fait valser

Et l'homme du quatrième étage lance des jurons

Avec son visage d'algue, de sale méduse, avec la raie au milieu et imberbe

ne supporte pas que j’arrose. 

Et au balcon du second un tuyau d’arrosage se suicide

parce qu'il est fatigué, parce qu'il ne sert plus à rien, à rien.

Et la chanson que chante l'arrosoir

parle d'une certaine Estelle qui boit du vin comme un trou et un peu de vodka,

et récite Platero, et moi je ne veux plus l'écouter .

 

La femme à la chevelure argentée regarde la lune et s'accouple

Et moi je ne supporte plus son obscénité

 

La femme du premier couche avec el sodero

et je m'en fiche, je veux danser.

La femme à la chevelure argentée m'embrasse les yeux

et me donne la permission de danser. Je danse.

Et c'est cet éclat dans mes pupilles, et cet air dans mes doigts

Et ce volte-face.

Derrière c'est le pont, ce pianotage indécent,

ce pianotage indécent et plus.

 

 

TE VEO ASÍ

 

(composición musical Claudio Turica)

 

Te veo así

como un aroma

que brota en mí

y me desborda

 

Como la luz

que se avergüenza

de ser tan luz

y se despoja

 

Cierro los ojos

y puedo ver

tu lunar en mi dedo

y soplar para jugar

con tu ausencia al infinito

 

Es tan real

lo que yo siento

que oculta mi sombra

 

Como la luz

que se avergüenza

de ser tan luz

y se despoja

 

Cierro los ojos

y puedo ver

tu lunar en mi dedo

y soplar para jugar

con tu ausencia al infinito. 

 

**

 

AINSI JE TE VOIS

 

(composition musicale Claudio Turica)

 

Ainsi je te vois 

comme un parfum

qui jaillit en moi

et ça me déborde

 

Comme la lumière

qui a tant honte

d’être lumière

et se dépouille

 

Je ferme les yeux

et je peux voir

ton grain de beauté sur mon doigt

et souffler pour jouer

avec ton absence à l'infini, 

 

C'est tellement vrai

ce que je ressens

qui cache mon ombre

 

Comme la lumière

qui a tant honte

d’être lumière


 

Je ferme les yeux

et je peux voir

ton grain de beauté sur mon doigt

et souffler pour jouer

à l'infini avec ton absence.

 

**

CANTO PEQUEÑO

 

(composición musical de Claudio Turica)

 

Tiemblo porque escucha respirar

el campo, la greda y el mar

es fuerte la oscuridad

sube de la tierra

Será que somos ecos

de atávicos silencios.

 

Aire de la luna en la piel

Aire de la luna en la piel

quiero partir una noche así

batiendo las alas

sobre los espinos

tan lejos de la tierra

sonríen las estrellas.

 

Como una flor se arrojó

mi corazón una mañana

fue un presagio

como un grito

un ardor

 

Recitado:

¿Cómo podemos cantar a nuestros caídos?

que alguien al menos aúlle en silencio

el sol retoza entre los árboles

Y la hierba mala

también alza su flor

 

Hay palabras que arden en la voz

cuando el miedo ordena reprimir

repite la historia

en su propio oído

ciega y anudada

rebota en la nada.

 

En la calma de esta soledad

la niñéz despierta volverá

aunque no hay caminos

suave entre las sombras

en un canto pequeño

que ganará al olvido.

 

Mundos

Ciegos

Ritmos

Juegos

Calma

Canta

 (Estribillo)

 

**

 

PETITE CHANSON

 

(composition musicale de Claudio Turica)

 

Je tremble parce que vous entendez respirer

La campagne, la glaise et la mer

Une forte obscurité 

Émerge de la terre

Nous serons les échos

d’ataviques silences 

 

L'air de la lune dans la peau

L'air de la lune dans la peau

Je veux partir par une telle nuit 

battant des ailes

sur les épines

les étoiles si loin 

de la terre sourient.

 

Comme une fleur qu’on jeta

mon coeur un matin

fut un présage

comme un cri

une brûlure

 

Récitatif:

Comment pouvons-nous chanter nos disparus ?

laissons au moins quelqu'un hurler en silence

le soleil se tortiller entre les arbres

Et la mauvaise herbe

hausser aussi sa fleur

Il y a des mots qui brûlent dans la voix

quand la peur ordonne de réprimer

répète l'histoire

dans l’oreille

aveugle et noue

rebondit dans le vide.

 

Dans le calme de cette solitude

l'enfance éveillée reviendra

douce dans l'ombre

malgré l’absence de voies

dans une petite chanson

qui gagnera l'oubli.

 

Mondes

Aveugle

Rythmes

Jeux

Calme

Chante

(Refrain)*

 

 

*Extraits de « Un toro en la garganta del jilguero »/ Un taureau dans la gorge du chardonneret » traduits de l’espagnol par Maggy De Coster.


 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes traduits

 

Ciela Asad, « Extraits de "Un toro en la garganta del jilguero / Un taureau dans la gorge du chardonneret" », poèmes bilingues inédits choisis & traduits en français par Maggy De Coster, textes originaux reproduits et traduits avec l'aimable autorisation des auteures et la maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16 « À nos ivresses & aux Bacchantes  », mis en ligne le 11 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/ca-untoro

 

 

 

 

 

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 09:38

 

REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations poétiques 

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L'esclave

 

 

 

(Imité de l'Oriental)

 

 

 

 

 

 

 

 

Amable Tastu

 

Poème choisi & transcrit

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Crédit photo : Daniel Israel, "An-Odalisque in a Harem", domaine public.

 

 

 

 

 

Maître, si tu voulais à l'ombre des platanes,

Sous le dôme assombri de leur feuillage épais,

Si tu voulais rêver loin des yeux des sultanes,

Avec ma lyre d'Or, maître, je te suivrais !

 

 

Sur la mousse et les fleurs couché près des cascades,

Tu pourrais m'écouter sous les vertes arcades

Les brises t'enverraient leurs baisers les plus doux !

 

 

Laissant errer mes doigts sur les cordes plaintives,

Et sous mes blonds cheveux dérobant mon bras nu,

J'enverrais ma pensée, aux ailes fugitives,

Au septième soleil te chercher l'inconnu !

 

 

Ou bien, encouragée et subissant la flamme

De ton profond regard, plus ardent que le jour,

Je pourrais oublier le secret de mon âme

Et te le livrer, maître, en exaltant l'amour !

 

 

Je pourrais prononcer le nom qui seul m'inspire

Et trace sur mon front l'éclat du feu sacré ;

Je pourrais, sous l'ardeur d'un immense délire,

Effrayer la Diane en son bois consacré !

 

Hélas ! Peut-être, hélas ! Tu me punirais, maître,

D'avoir osé sur toi lever mes tristes yeux !...

Mais, si tu sourirais,... si tu faisais paraître

Sur ta bouche adorée un éclair radieux !...

 

 

Alors, maître, pour toi rayonnerait l'étoile

D'un amour infini créé pour ton bonheur !

J'oublirais l'univers et,détachant mon voile,

Je briserais ma lyre et mourrais sur ton cœur !


 

Si tu voulais, ô maître ! à l'ombre des platanes

        Rêver en paix,

Bravant pour ton amour le courroux des sultanes,

        Je te suivrais !

 

Le poème ci-dessus composé par Maria DELCAMBRE provient de son ouvrage DELCAMBRE, Maria (1826?-1887), Les Craintives, poésies diverses suivies du Roman d'une fleur, par Mme Maria Delcambre, Paris, au bureau de l'imprimerie 15, rue Bréda et chez tous les libraires, 1854, pp. 41-43. Le livre appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica.

 

 

Pour citer ce poème

 

Maria Delcambre, « L'esclave (Imité de l'Oriental) », poème de DELCAMBRE, Maria (1826 ?-1887), Les Craintives, poésies diverses suivies du Roman d'une fleur, par Mme (1854), a été choisi, & transcrit par Dina Sahyouni, Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 4 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/md-esclave

 

 

 

 

 

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3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 09:24

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Croyances, religions & mysticismes en poésie 

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Le chant de l'épouse.

 

 

Paraphrase du Cantique des Cantiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Élise Moreau de Rus

 

Texte choisi & transcrit

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

 

Crédit photo : Redon, "Profil de femme avec couronne de Lauriers", domaine public, Wikimedia. 

 

 

 

 

Quelle voix ralentit à travers la campagne ?

C'est celle de mon jeune époux !

Comme il franchit les bois, le torrent, la montagne,

Pour être exact au rendez-vous !

 

 

C'est lui ! je l'aperçois ! il descend la colline

Ainsi qu'un coursier haletant !

Son œil ne me voit pas, mais son cœur me devine,

Il sait quel doux accueil l'attend !

 

 

Qu'il est beau ! le chevreuil a des pieds moins agiles,

Ses cheveux sur son cou tombent en bruns anneaux,

En mots harmonieux ses lèvres sont fertiles,

À la course, au combat il n'a point de rivaux !

 

 

Il est le plus parfait des enfants de la terre,

Nul ne l'égale en force, en courage, en bonté,

Son port est élégant et plein de majesté,

Son œil est vif et noir, sa parure est sévère...

 

 

Le voilà ! je l'entends ! il s'approche ! il me dit :

« Levez-vous et venez, ma colombe chérie,

L'écharpe du printemps flotte sur la prairie,

Aux branches des pommiers l'oiseau suspend son nid ;

 

 

Les figuiers sont parés de leur verte dentelle,

La mandragore embaume et la vigne est en fleur :

Hâtez-vous de venir avec moi, ma gazelle,

Au bord de la fontaine où pleure l'asphodèle,

Nous nous enivrerons aux coupes du bonheur.

 

 

Vos lèvres de corail, ô ma timide épouse,

Ont pour moi la saveur d'un miel délicieux,

L'éclat de votre teint rend la rose jalouse,

De plaisir sous vos pas tressaille la pelouse,

Et vos yeux sont pareils à l'étoile des cieux !

 

 

Comme le peuplier votre taille est flexible,

Vos dents ont la blancheur de la perle d'Ophir,

Votre front est orné d'une grâce indicible

Que la sainte pudeur vient encore embellir.

 

 

Mais ce n'est point assez d'être la plus charmante,

D'avoir tant de trésors qu'on ne peut les compter,

Votre âme est un lac pur, ô ma céleste amante,

Où toutes les vertus viennent se refléter...

 

 

Voilà pourquoi mon cœur vous aime et vous préfère

Aux vierges de Sion, à celles d'Israël,

Et ne trouve qu'en vous l'eau qui le désaltère,

Et la manne d'amour qui lui tombe du ciel !

 

 

Ah ! fuyons, mon aimée, et dans la solitude,

À l'ombre des palmiers par le vent agités,

Allons chercher l'oubli de toute inquiétude,

Et goûter de l'hymen les chastes voluptés.

 

 

Loin des bruits importuns l'amour se divinise,

Il lui faut du désert le silence et la paix,

Le seul bonheur durable et qu'aucun choc ne brise,

Est celui qui fleurit sous des voiles épais ! »

 

 

Et l'époux et l'épouse ont déserté la ville,

À l'ombre des palmiers ils sont venus s'asseoir,

Et leur vie a coulé comme une onde tranquille

Dont jamais l'aquilon ne ride le miroir...

 

 

Élise Gagne

 

Ce poème édité ci-dessus, a été composé par la poète GAGANE, Élise / Élise MOREAU de RUS et se trouve dans le périodique GAGNE, Paulin (1808-1876), Le Théâtre du monde : journal et cours littéraires et artistiques renfermant un choix de pièces en prose et en vers destinées à être lues ou déclamées dans le monde, et une revue critique des oeuvres principales et nouvelles du mois / par M. Gagne, avocat,... ; avec la collaboration de Mme Élise Gagne/Élise MOREAU de RUS, femme de lettres,.... 1857-05. Cet ouvrage appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica de la Bibliothèque nationale de France.

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème spirituel 

 

Élise Moreau de Rus, « Le chant de l'épouse. Paraphrase du Cantique des Cantiques », poème spirituel sur l'amour dans GAGNE, Paulin (1808-1876), Le Théâtre du monde : journal et cours littéraires et artistiques renfermant un choix de pièces en prose et en vers destinées à être lues ou déclamées dans le monde, et une revue critique des œuvres principales et nouvelles du mois (1857-05), a été choisi & transcrit par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 3 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/emr-lechant

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Amour en poésie Muses et féminins en poésie
2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 12:35

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Réception  & critique d'autrefois | Presses, médias, femmes, genre & poésie

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Une folie d'amour racontant

 

 

 

l'histoire d'une colombe

 

 

 

 

 

 

 

 

Maria Delcambre

 

Texte choisi, transcrit & présenté différemment

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

© Crédit photo : "Capture du périodique cité ci-dessous par DS. 

 

 

 

Le poème présent ci-dessous, a été rédigé par DELCAMBRE, Maria et se trouve dans la revue L'Abeille artistique et littéraire, Littérature, Poésie, Beaux arts, Industrie, Théâtres, 1854 pour le premier numéro, Avril 1854,  p. 6/ p. Livre en format PDF 30.

Cet ouvrage appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica de la Bibliothèque nationale de France.

 

 

Commentaire de la revue

   

 

    Nous devons à l'obligeance de madame Maria Delcambre, dont nos lecteurs ont déjà pu apprécier le talent si gracieux, la communication de la pièce suivante. Elle est extraite d'un recueil de poésies inédites, qui doit paraître sous peu.

 



Le poème 

 

 

 

Une folie d'amour racontant

l'histoire d'une colombe

 

 

 

Les bois, comme mon âme, ont revêtu leur deuil ;

La feuille vient tomber toute triste à mon seuil ;

La pluie à mes vitraux met ses perles liquides ;

Le vent conte sa plainte aux couloirs du château ;

Et l'arbre sans feuillage aux mille gouttes d'eau

ouvre ses bras arides.

 

Voici déjà l'hiver : c'est la saison des pleurs.

Pauvres petits oiseaux, pauvres bois, pauvres fleurs,

Son haleine glacée a dissipé vos joies ;

Mais elles reviendront pour le printemps prochain !

Dormez en attendant, dormez, fleurs, dans le grain ; 

Insectes, dans vos soies.

 

L'espérance est à vous ! C'est un autre bonheur !

Si j'espérais aussi, je n'aurais pas un pleur...

Sans espoir !... Ah ! ces mots résument ma souffrance !...

Est-il vrai que l'amour emporta ma raison ?...

On dit que je suis folle ! …

On dit que je suis folle !... Écoutez ma chanson,

C'est une souvenance :

 

…..................................................................................

 

Il fut jadis, colombe au blanc plumage,

Aux pieds rosés,

Charmante et sage ;

C'est bien assez.

 

De tourtereaux elle avait un grand nombre ;

Ah ! mieux vaudrait

Un seul dans l'ombre

Et qui pleurait !

 

Mais la cruelle était surtout coquette ;

Elle riait,

Faisait toilette

Et point n'aimait.

 

Tout le bocage, étant dans la souffrance

D'un tel dédain,

Sans qu'elle y pense,

S'enfuit soudain.

 

Bientôt après le cœur de notre prude

Prit le galop ;

La solitude

Fait aimer trop.

 

Un jour qu'elle rêvait dans son nid de feuillage,

Laissant avec langueur ses ailes au repos,

Un aigle radieux, au ténébreux plumage,

Dans le bosquet touffu s'abattit à propos ;

 

L'œil du maître des airs à notre délaissée

Jette un amoureux dard,

Et voilà qu'aussitôt la colombe abusée

S'abîme en son regard.

 

Naïve, elle descend sur les branches fleuries,

Mirant son aile au jour,

Et puis, dans son bec rose, offre graines chéries

Pour un baiser d'amour.

 

Mais l'ingrat, dédaignant la facile conquête

D'un regard amoureux qui ne voit pas l'éclair,

Reprend son vol hardi, sans détourner la tête

Vers les beaux yeux en pleurs qui le suivent dans l'air.

D'amour et de douleur la pauvrette succombe,

Disant dans son cœur plein d'effroi :

« Ô mon bel aigle, emporte-moi,

Ou bien dans la serre, ô mon roi,

Déchire ta blanche colombe !... »

 

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème d'amour déçu

 

Maria Delcambre, « Une folie d'amour racontant l'histoire d'une colombe », texte sur un amour déçu dans L'Abeille artistique et littéraire, Littérature, Poésie, Beaux arts, Industrie, Théâtres (1854), a été choisi, transcrit & présenté différemment par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 2 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/md-unefoliedamour

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Amour en poésie Muses et féminins en poésie
1 juin 2021 2 01 /06 /juin /2021 14:20

 

Événements poétiques | Megalesia 2021  | Chroniques de Camillæ

 

 

 

 

 

 

 

 

Où est la femme ? 

 

 

 

 

 

 

 

Camille Aubaude

 

Site & blog officiels :

www.lamaisondespages.com/

 

https://camilleaubaude.wordpress.com/

 

 

 

 

 

 

© Crédit photo : Photo no 1, fournie par Camillae. 

 

 


La raide église Saint Eustache, la plate et terne Canopée et la boite de verre ouvragée Notre Dame des Tuyaux, dite aussi Pompidoléum.


 

 

© Crédit photo : Photo no 2, fournie par Camillae. 

 

 


« Ouverture » est le titre voulu par le célébrissime collectionneur breton François Pinault.

Ouverture, comme un opéra, bien sûr. 

Le 22 mai 2021 est le jour d’inauguration de l'ancienne Bourse du Commerce, la Halle au Blé, initialement Maison de Catherine de Médicis — ce n’est pas rien les Médicis, Lorenzaccio, la Saint Barthélémy…  

L’accès est autorisé. Je rêvais depuis un demi siècle d’y entrer dans de bonnes conditions, pour des ventes de vêtements.

Je sonne au contrôle, il faut ouvrir mon sac, les agents de sécurité cherchent une bourse avec du métal. On ne peut entrer avec un porte-monnaie. Une vieille dame connectée trouve cela « normal ».

Le collectionneur préoccupé par la crise sanitaire affiche « une profonde vision humaniste ». C’est sans doute pour quoi la première image montre des gens en troupeau sur une plage :

 

 

On s’attendait à voir la laideur, et c’est la plage ; des couleurs, des lignes droites et des esquisses de danses hélant le public soulagé. Il se voit, ça le rassure sur l’art contemporain. Il peut photographier ses semblables avant de découvrir la Halle au Blé. L’émotion est claire, charnue, sur des tissus judicieusement choisis — tissage et trame de fils solides.




 

 

 

L’épi de Blé d’Isis-Déméter-Astarté-Cérès est la base de la nourriture, l’emblème de la richesse et de l’abondance.

En organisant des pénuries de blé, les politiciens véreux affamaient le peuple désarmé, et se faisaient choyer par des « berceuses » telle la Camille-Michèle du poète lyrique André Chénier, mort guillotiné dans un pays créant simultanément les « droits de l’homme ».

 

 

 

1889 — pour commémorer le centenaire du massacre de la Révolution, la Halle au Blé est décorée d’une grande fresque dédiée à la femme, ces déesses-trônes, comme Isis, ayant le charme désuet d’un poème chanté de Reynaldo Hahn.


 

 

 

Les courbes révèlent autant qu'elles épousent poliment les mœurs des peuples de la terre. 

Quel écrin au mondialisme et au métissage ! certains vont trouver ces déesses d’un mauvais goût insupportable.





 

© Crédit photo : Photo no 3, fournie par Camillae. 


 

   

© Crédits photos : images no 4 et no 5, fournies par Camillae. 

 

 

 

Déesses, techniques, rotondités. Isis est là !

 

  

© Crédit photo : image no 6, fournie par Camillae. 

 

Beaucoup de sensibilité dans les choix de cette collection... Le public s’agglutine pour photographier la petite souris blanche en couverture du catalogue. Elle dévore les cloisons en placoplâtre aussi sûrement que le ciron qui mine le temple de Salomon, symbole du temps qui passe… pardon, du « passage du temps ». Une peluche comme œuvre d’art montre l’engagement humaniste du collectionneur. Mais elle ne sourit pas.


 

© Crédit photo : Image  no 7, fournie par Camillae. 

 

 

 

Après l’adolescent terrifié devant la déesse, des traces visibles de la décomposition fixée dans du métal aux reflets lunaires, pour ne pas dire « argentés ». Ça agace, mais ce n’est pas scabreux, je vous rassure.

 

 

© Crédit photo : Images no 8 & no 9, fournies par Camillae.

 

 

 

Au sous-sol, le son. Ce qui pourrait évoquer un état de grâce est ce couple masqué assis dans l’auditorium. Si non, tout est fait pour tromper, briser, improviser : le passage d’un être humain va générer d’infinies versions de fumée qui, à mon sens, résume l’usage des techniques virtuelles.

 

 


 

           



 

 

Au second étage, une collection de photographies, suivies de tableaux qu’on trouvera excessifs ou absolument magnifiques...

 

La visite de cette collection se clôt sur une série de photographies d’un gobelet en plastic, pour qu’à la fin, un visiteur puisse dire : « Je n’ai rien compris aux gobelets ».

La personne soumise aux techniques cognitives va dire : « Je vais vous le dire (non, non, je n’ergote pas) ». On peut jouer sur le public qui gobe, et le laid, et je vous laisse poursuivre ce petit jeu. Le public a rempli le salon du troisième étage où il n’y a plus de gobelets, et comme autrefois le peuple était affamée par les pénuries organisées du blé, le visiteur assoiffé contemple le container d’eau potable sans pouvoir boire, jusqu’à ce qu’arrive un agent qui déroule un serpent de gobe-laids — le serpent de la déesse, si vous cherchez bien...

Et les gens déambulent masqués, telles ces mère et fille, rompues aux expositions.


 

            

   Et des gens qui lisent…

 

 

… jusque dans la salle des machines à réfrigérer le blé, retrouvées durant les travaux de rénovation — techniques déjà obsolètes.

 

 

Le public achète des livres à la librairie « Les Éditions – Bookshop ».



 

 

 

Au milieu de la Rotonde, des fauteuils en cire et la statue de l’Enlèvement des Sabines en cire en train de fondre « dans un saisissant processus de destruction créatrice ». 

Sus au maniérisme ! c’est le reproche adressé à ce chef d’œuvre de la fin du XVIè siècle, ceint de balustrades versaillaises et de hautes parois en béton, l’un des chefs d’œuvre de l’architecte Tadao Ando, conseillé par Pierre Antoine Gatier, architecte des Monuments historiques… 

 

Rien n’est prétentieux... juste installé un climat d’effroi, l’Homme face à la Nature.


 

Aujourd’hui, on ne meurt plus de famine mais de phobie, car il manque le sacré, d’où naissent le goût et l’excellence. L’humanité de plus en plus dévastatrice détruit la nature, et cela à ses propres dépends. On entend le sens de cette collection qui ose, grandiose, en symbiose, chanter la félicité d’un lieu dédié au blé, à Cérès, à la fécondité. 

 

 

 

Quand va-t-elle s’éteindre, après avoir tenté de rendre exotiques les métaphores de l’abondance ?

 

 

 

À propos de Camille Aubaude

 

Bibliographie

MYTHE D’ISIS (la BnF l’a jugé suffisamment important pour le mettre en ligne), et Plainte sur l’embrasement de Notre Dame (chapitre du Mythe d’Isis sur Notre Dame de Paris). 

CINÉVITA (chroniques de films)

LA MAISON DES PAGES (récit gothique ; une édition bilingue français-italien) 

POÈMES SATIRIQUES (et une édition bilingue espagnol)

L’AMBROISIE (proses poétiques, avec photographies)

IMPRESSION INIMAGINABLE (recueil de poésies avec photographies)

LA MALCONTENTE (recueil de poésies avec photographies)

ISIS AMBACIENNE (recueil de poésies avec photographies)

SEVRAGE (livre multimédias) 

Sites

http://plus.wikimonde.com/wiki/Camille_Aubaude 

http://camilleaubaude.wordpress.com/ 

http://www.pandesmuses.fr/2017/8/distinctions-malcontente.html 

https://r.academia.edu/CamilleAubaude 

http://www.litterature-lieux.com/ficheFEDERA-site-428.htm

 

FILMS sur la poésie

 

Poèmes d’Amboise au Cercle Anna de Noailles, par Jérémy Véron

http://www.youtube.com/watch?v=NCoEvLmM63g&feature=youtu.be

Un soir à La Vénus noire, par Galya Milovskaya

http://www.youtube.com/watch?v=steLgqcF8RA

Voyage en Orient, Galerie Templon, 30 rue Beaubourg, Paris 3è

Voyage en Orient, lecture à la Maison de la poésie-théâtre Molière, Paris 3è.

Dialogue de poésie à la Maison de la poésie-théâtre Molière, avec Alberto Sorbelli.

Fanpop.

Rêve nu, film interactif réalisé par Camille Aubaude.

 

 

***

 

 

Pour citer cette chronique d'arts

 

Camille Aubaude, « Où est la femme ? », texte inédit et images inédites, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021mis en ligne le 1er  juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/ca-ouestlafemme 

 

 

 

 

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APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 10 MARS 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 10 mars 2026 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 NOVEMBRE 2025

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES  POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES ET DANS UNE OU PLUS DES LANGUES SUIVANTES : FRANÇAIS, ANGLAIS, ARABE ET ESPAGNOL. L'ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE CHAQUE CRÉATRICE.

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