16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 12:40

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poétextes thématiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les temps fauves

 

 

 

(extraits)

 

 

 

 

 

 

 

 

Martine L. Jacquot

 

 

 

Crédit photo : "Ménade" ou Bacchante, image trouvée sur Wikimedia.

 

 

Une certaine déchirure ouvre la terre

et le cœur

Des océans obscurs d’une tyrannie 

chimérique

barrent le passage

Je chemine dans l’absence d’écho

sur un ciel en vomissure d’usines

Le mot ailleurs sonne souvent

comme une invitation

alléchante

 

***

 

L’œil du vent mange le paysage

dans un alphabet d’amalgames

Brasser un jeu de cartes à chaque

aube

pour y lire 

je ne sais quel message

comme une apostrophe de légende

Nous oublions comment coudre 

des arcs-en-ciel 

sur les siècles 

qui meurent

en murmurant des mots d’excuse

doux-amers

 

***

 

Au seuil du terminus en forme de 

portes tournantes

tant de femmes à genoux ne savent plus 

prier

Les vagues sont des sirènes échevelées au

visage-prothèse

L’agonie comme un dénouement 

heureux 

 

***

 

Ignorant le ghetto du vide

je me faufile dans une forêt de flocons

lieu de culte et de culture

Nos cavernes intimes sont

hantées d’histoires

 

***


 

J’avance à ciel ouvert au cœur 

de la nuit domptée 

dans le désensablage d’un reste de 

sapience 

Au loin résonne le martelage

des coïts mécaniques

ostentations sans amadou

sur un planisphère de pacotille

 

***

 

Mettre au rancart 

les habits de faux deuil

en fredonnant la valse 

aux adieux

Qu’importe le support de la salve verbale

dans les poussières galactiques

Ne pas être veuve du langage

 

***

 

Je crayonne dans le fond de mon plumier

naguère fleuri 

d’ombelles séculaires

Désensorcellement du syllabaire de ma

pierre de Rosette 

Monde rétif

échiqueté de couleurs bigarrées

Dans une scansion infinie au-delà du mur 

du son

j’attends une résurrection 

des sens

 

 

 

***

 

Pour citer ces poèmes 

 

Martine L. Jacquot, « Les temps fauves (extraits) », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 16 juin 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/mlj-lestempsfauves

 

 

 

 

 

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16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 10:03

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poétextes thématiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prophétesse enchanteresse

 

 

 

 

 

 

 

Sarah Mostrel

 

Site : https://sarahmostrel.wordpress.com 

Facebook www.facebook.com/sarah.mostrel

 

Poème reproduit avec l'aimable autorisation

 

de la poétesse et de sa maison d'édition citée ci-dessous

 

 

 

 

Crédit photo : "Ménade" ou Bacchante, peinture trouvée antique, sur Wikimedia.

 

 


 

Il y a comme un soleil qui illumine mon cœur

Dans le ciel de la nuit

Comme une fraîcheur qui sort de la profondeur

Et c’est le retour à la vie

 

 

En lui, il y a comme un bonheur

Qui s’est collé pile côté cœur 

Un chant tableau fable couleurs

Une harmonie muse-créateur

 

 

Telle une déesse sur le chemin 

Elle a tissé pour lui des liens 

Des lianes, une alliance, un refrain

 

 

Telle une faveur sur son destin 

Elle lui donne à boire de son fleuve

Elle arrose sa vie et sourit*


 

 

 

* © Sarah MOSTREL, extrait de « Chemin de soi(e) », éd. Auteurs du Monde.

 

 

***

 

Pour citer ce poème élogieux 

 

Sarah Mostrel, « Prophétesse enchanteresse », éloge de célébration de la bacchante reproduit de Sarah MOSTREL, extrait de Chemin de soi(e), éd. Auteurs du Monde, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 16 juin 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/sm-prophetesseenchanteresse

 

 

 

 

 

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15 juin 2021 2 15 /06 /juin /2021 13:26

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poésie des ancêtres 

 

 

 

 

 

 

 

 

Petit blanc

 

 

(chanson créole)

 

 

 

 

 

 

La Bacchante...

 

Poème choisi, transcrit, légèrement modifié

& commenté brièvement

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

 

Crédit photo : "La Belle Créole" label, peinture trouvée sur Wikimedia.

 

 

 

Un petit blanc que j'aime

En ces lieux est venu,

Oui, oui, c'était lui même,

C'était lui, je l'ai vu.

À la pauvre négresse

Il porte le bonheur,

Elle voudrait sans cesse

Le presser sur son cœur.

Petit blanc, mon bon frère,

Ah ! ah ! petit blanc si doux,

Il n'est rien sur la terre,

D'aussi joli que vous.

 

 

Sitôt que l'ombre cesse,

Que le ciel est en feu,

Vous me dite : négresse

Reposez-vous un peu.

Vous, bon, toujours le même,

Jamais ne me battez,

Et quand je vous dis j'aime,

Vous, blanc vous m'écoutez.

Petit blanc, etc.

 

 

Si belle est vôtre bouche,

Vos cheveux sont si doux,

Lorsque ma main les touche

Mon cœur en est jaloux :

Votre regard m'enchante

Comme le plus beau jour,

Et votre voix touchante

Me fait mourir d'amour.

Petit blanc, etc.


 

 

Le poème ci-dessus a été publié dans l'opus La Bacchante : almanach chantant pour la présente année, Paris, chez STAHL, Imprimeur-Libraire, Quai Saint-Michel, n° 15, 1834, pp. 45-46. L'ouvrage appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica.

Ce "poétexte" journalistique emploie le chant élogieux d'amour pour résister aux abus de l'esclavage et pour contourner les méfaits des excès de l'égoïsme de se croire vainqueur lorsqu'on est vaincu par l'amour.

Ainsi, ce chant témoigne aussitôt non seulement de la division sociale et ethnique (voire raciale) mais aussi éthique entre des êtres qui ne se voient qu'à travers leurs différences morphologiques insignifiantes devenues essentielles...

La chanson peut aussi être une propagande faite par les blancs à leur gloire et censée renforcer leur pouvoir sur les personnes colonisées et réduites à l'esclavage. Une enquête sur l'origine de la genèse de cette chanson et sa circulation parmi la population nous renseignera certainement sur sa portée exacte. Néanmoins, ce chant dont on ignore tout, dit une chose importante : il permet surtout de penser d'ambiguïté et les ambivalences entre le "petit" maître "blanc" ethiquement et la grandeur de la "négresse" dévouée. L'amour philanthropique ou charnel renverse la situation et accorde la grandeur à une femme dominée par un homme qui de ce fait devient vaincu et renvoyé à sa petitesse comme l'explique fort bien le titre "Petit blanc" qui dépasse par sa signification la simplicité d'une expression affective d'affinité et de proximité amoureuse.

 

 

***

 

Pour citer ce chant d'amour 

 

La Bacchante..., « Petit blanc (chanson créole) », poème de La Bacchante : almanach chantant pour la présente année (1834), a été choisi, transcrit & commenté brièvement par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 15 juin 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/b-petitblanc

 

 

 

 

 

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14 juin 2021 1 14 /06 /juin /2021 11:55

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Faits divers & catastrophes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après la pandémie

 

 

 

 

 

 

 

 

Dêva Koumarane

 

 

 

Crédit photo : Peinture de "Polyhymnia", image Commons, domaine public. 

 

 

 

Nous attendons patiemment cet instant​​​​​​

Pour terrasser et brûler le coronavirus

Le soleil se réveillera sur des jours vivifiés

La lune s’endormira sur des nuits étoilées

 

 

 

Nous attendons courageusement cet instant

Pour tenter de comprendre cette énigme :

Plus facile de découvrir des exoplanètes

Difficile de chasser tous les fléaux terriens

 

 

 

Nous attendons sereinement cet instant

Pour comprendre les deux intelligences :

Celle du cœur s’ouvrant sur l’Espérance

Celle du cerveau préférant le numérique 

 

 

 

Nous attendons sincèrement cet instant

Pour rêver de bâtir après la pandémie

Un monde nouveau décidé de tourner

Autour de l’entraide et de l’humilité

 

 

© D. KOUMARANE

 

***

 

 

Pour citer ce poème philanthropique 

 

Dêva Koumarane, « Après la pandémie », poème philanthropique inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 14 juin 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/dk-apreslapandemie

 

 

 

 

 

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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 15:07

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Sourires & rires féministes | Travestissements poétiques​​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vin et la fillette

 

 

(Air : Vrai sans chagrin)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mme Veuve Landrieu

 

Poème choisi, transcrit & commenté brièvement

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photo : "Bacchante", peinture trouvée sur Wikimedia.

 

 

 

Vivre le vin et la jeune fillette,

Tous les deux font le charme de mes jours.

Joyeux buveur, quand je suis en goguette

J'aime fêter Bacchus et les amours.

 

J'aime le vin, sa liqueur est exquise,

Sans lui jamais il n'est d'heureux moments ;

Par sa bonté je suis épris d'Élise,

Elle a le don d'enflammer tous mes sens.

 

    Vivre le vin, etc., etc.

 

De chambertin, de beaune et de madère

Apportez-moi de chacun un flacon,

Ils couleront à gros flots dans mon verre ;

Je dirai même, en sablant le mâcon :

 

    Vive le vin et la jeune fillette, etc., etc.

 

Que servirait de songer à ses peines !

Vous le savez, amis, il faut mourir.

Oublions-les, nos plaintes seraient vaines ;

Employons mieux notre temps à jouir.

 

    Vive le vin et la jeune fillette,

 

Tous les deux font le charme de mes jours.

Joyeux buveur, quand je suis en goguette

J'aime fêter Bacchus et les amours.

 

 

Le poème ci-dessus composé par LANDRIEU, Mme Veuve (née probablement le 8 mai 1789 en Bas Somme d'après le Bulletin des lois la République Française de 1857 sous le patronyme de POMART, Marie-Adélaïde et est morte probablement aussi le 14 avril 1869 d'après le Journal des Savants de 1869) provient de son ouvrage LANDRIEU, Mme, Recueil de poésies et couplets, par Mme Veuve Landrieu, 2ème édition, Paris, Imprimerie de Cusset et Cie, 26 rue Racine, 1869, pp. 116-117. L'ouvrage appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica. Ce "poétexte" use du travestissement poétique pour démontrer les méfaits des excès du vin et des plaisirs charnels recherchés chez des adolescentes par des hommes. D'emblée, ce que j'appelle poétravestissement, où la poète se glisse dans la peau d'un poète alcoolique habitué des goguettes pour dénoncer ces manières de jouir du vin et de la jeunesse d'une "fillette" en étant ivrogne... Faire les bacchanales, donne à la poète Landrieu l'envie de fredonner les travers et excès des hommes poètes de son temps... Ce poétravestissement temps produit des effets féministe et burlesque qui attirent notre attention et nous poussent à en parler en vous présentant cette aïeule dont on ne sait presque rien* et à la verve étonnante. Ce poétravestissement donne à voir une critique déguisée en chant élogieux. Il met en évidence le pouvoir critique du travestissement par le fait de se transformer en habitué de "goguette". Le "Je" est ainsi un autre qui s'insurge homme débauché et débauchant... Le burlesque vient de ce renversement de la situation traditionnelle. Ici, la nymphette c'est-à-dire la "fillette (prénommée "Élise") habituellement traitée par les poètes sous les traits négatifs de Bacchante (femme légère, débauchée) en victime de Bacchus et de son "buveur joyeux"...

On sait très peu de choses sur cette poète. Elle a vécu surtout au XIXème siècle, nous a laissé au moins un recueil de poèmes et une pièce. Se présentant comme la veuve Landrieu, elle est décédée fort bien le "14 avril 1869". D'après plusieurs références livresques tombées dans le domaine public et disponibles en libre accès. Elle était poète et mécène. On continue de rechercher des informations sur elle ici et là.

 

 

* Voir la notice de la Bibliothèque nationale de France : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb10277460m.

 

 

***

 

Pour citer ce poème féministe 

 

Mme Veuve Landrieu, « Le vin et la fillette (Air : Vrai sans chagrin) », poème de LANDRIEU, Mme, Recueil de poésies et couplets, par Mme, 2ème éd. (1869), a été choisi, transcrit & commenté brièvement par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 13 juin 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/l-levin

 

 

 

 

 

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