1 octobre 2025 3 01 /10 /octobre /2025 17:22

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Articles & Témoignages


 

 

 

 

 

 

 

Poésie & suicide

 

 

 

 

 

 

Texte & image (fournie) par

 

 

Armelle Dupiat-Aellen

 

Auteure, responsable de collection, membre de la SOFIA

& de la SGDL, Chartre des auteurs & illustrateurs jeunesse
 

 

 

© Crédit photo : Henry Wallis (1830-1916), « The Death of Chatterton », peinture représentant le jeune poète Thomas Chatterton après sa mort (arsenic). Un tableau qui fait du suicide d’un poète un symbole romantique du génie brisé. Peinture tombée dans le domaine public, image fournie par l’autrice.

 

 

 

 

On se souvient peu de Jacques Rigaut (1898-1929). Poète dadaïste, qui n’a pas la notoriété d’un Apollinaire ou d’un Breton, et pourtant il a incarné dans sa chair ce vertige de la disparition. Dès ses premiers textes, il affirmait que « le suicide est mon métier ». Phrase provocatrice peut-être, mais surtout prophétique. Rigaut a tenu parole : en 1929, à trente ans, il s’est tiré une balle dans le cœur, méthodiquement, presque comme on rédige une dernière strophe.

 

Ce suicide, oublié ou tu par pudeur, interroge. Faut-il voir dans cette fidélité à une idée fixe une forme d’achèvement esthétique ? Ou bien la conséquence d’une incapacité à vivre en dehors du scandale ? 

 

Là où d’autres, comme Virginia Woolf ou Sylvia Plath, ont laissé des lettres ou des poèmes qui éclairent leur geste, Rigaut a choisi le silence définitif. La littérature, ici, se réduit à l’acte lui-même.

 

La poésie et le suicide s’entrecroisent souvent dans l’ombre. Gérard de Nerval (1808-1855), errant dans les ruelles de Paris, laissait flotter ces mots comme un viatique : « Je suis le ténébreux, le veuf,  l’inconsolé… » avant de se pendre, au petit matin, rue de la Vieille-Lanterne. 

 

Alejandra Pizarnik (1936-1972), la voix brisée de Buenos Aires, écrivait : « Je ne veux pas aller rien de plus loin que le fond », avant d’avaler des barbituriques à trente-six ans. 

 

Jean-Pierre Duprey (1930-1952), poète surréaliste et sculpteur, murmurait : « Je donne à la nuit des yeux pour voir », avant de se pendre à trente ans, fidèle lui aussi à l’appel du gouffre.

 

Durkheim sociologue (1858-1917), au XIXᵉ siècle, tentait de classer le suicide : égoïste, altruiste ou anomique. Mais peut-on réduire ces gestes extrêmes à des catégories sociales ? Ce serait oublier que pour Rigaut comme pour Nerval, Pizarnik ou Duprey, la poésie elle-même était déjà une mise en danger, un pas de trop au bord du vide.

La fascination du public pour ces disparitions volontaires ne s’est jamais éteinte. Les médias, les romans, le cinéma transforment parfois le geste en mythe. Mais le cas de Rigaut, comme celui d’autres poètes effacés, nous laisse face à une question nue : et si le suicide, au lieu d’être l’échec de la création, en était la pointe extrême ?

Nerval s’est pendu à une grille parisienne, Rigaut a retourné son arme contre lui, Pizarnik s’est endormie dans les barbituriques, Duprey a rejoint la nuit par sa propre main. Quatre éclats, quatre gestes, quatre manières de dire l’impossible. Tous ont brûlé leurs ailes au soleil de la vérité, et leur chute compose aujourd’hui une constellation tragique. Peut-être faut-il voir en eux non des vaincus, mais des astres noirs : des poètes qui, pour avoir trop regardé le gouffre, se sont confondus avec lui.*


 

©Armelle Aellen Dupiat

* « Poésie et suicide » fait écho au thème du « Mal de vivre dans la mort volontaire » avec l'œuvre intitulée : « The Death of Chatterton de Henry Wallis » en suport visuel.

 

***

Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Armelle Aellen Dupiat, « Poésie et suicide », peinture par Henry Wallis (1830-1916), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menningermis en ligne le 1er octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/aadupiat-poesieetsuicide

 

 

 

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27 septembre 2025 6 27 /09 /septembre /2025 18:48

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Poésie, musique & art audiovisuel | Astres & animaux / Nature en poésie

 


 

 

 

 

 

 

 

Douces eaux du Léthé

 

 

 

 

 

 

Chanson par

 

Joan Ott

 

 

 

Crédit photo : Jean Delville (1867-1953), « Dante buvant les eaux de Léthé », 1919, peinture tombée dans le domaine public, Capture d’écran d’une image libre de droits via les réseaux sociaux.

 

 


 

Au rivage du lac

À l’heure où point l’aurore

Sous les nuées opaques

Teintées de rouge et d’or

Couchée dans l’herbe humide

Et froide de rosée

Elle est sourde au timide

Chant du vanneau huppé


 

Ses yeux clos ne voient pas

Le jaune bouton d’or

Elle n’entend ni ne voit

Allongée elle dort

Inconsciente et sans rêve

Dans son sommeil profond

Elle ne sait ni la sève

Ni le soleil tout blond


 

Sa main comme une serre

Qui serre et serre encore

Miettes de somnifères

Et flacon d’alcool fort

Est bleue comme ses lèvres

Plus livides que la mort

Quelques fleurettes mièvres

Complètent le décor


 

Elle ne sait rien du jour

Elle aspire à la nuit

A la nuit pour toujours

Elle n’aime plus la vie

Mais le jeune soleil

Darde ses doux rayons

Sur celle qui sommeille

Voilée de cheveux blonds


 

Alors elle ouvre un œil 

Reconnaît le flacon

Le vert tendre des feuilles

La grappe de houblon

La frêle coccinelle

Les fleurs qui sentent bon

Parfum de citronnelle

Le lac froid et sans fond

 

 

Elle s’étire et soupire

Maudit sa maladresse

Malgré elle un sourire

Pour l’aube qui la presse

Lui dit de revenir

De chasser sa détresse

Sa funeste tristesse

Et jusqu’au souvenir


 

Combien d’amants volages

Et combien de maîtresses

Victimes des outrages

De leurs amours traîtresses

Ont traversé les âges

Ariane abandonnées

Oubliées aux rivages

Par mille et un Thésée


 

Elle se relève sage

Dans ses mains rassemblées

Recueille son courage

En perles de rosée

Ô le divin breuvage

Douces eaux du Léthé

Le vent tourne la page

Thésée est oublié

 

© Joan Ott

***

Pour citer ce poème illustré & inédit

 

Joan Ott, « Douces eaux du Léthé », peinture par Jean Delville (1867-1953), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menningermis en ligne le 27 septembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/joanott-douceseauxdulethe

 

 

 

 

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24 septembre 2025 3 24 /09 /septembre /2025 17:40

N° III| ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Agenda poétique & artistique | Appels à contributions

 


 

 

 

 

 

 

 

Le mal de vivre dans

 

 

la mort volontaire

 

 

 

 

 

 

Argumentaire & image (fournie) par

 

Françoise Urban-Menninger

 

 

Crédit photo : Antoine-Jean Gros (1771-1835), « Sappho à Leucate » ou « Sappho se précipitant du rocher de Leucade », 1801, peinture tombée dans le domaine public, image libre de droits fournie par Françoise Urban-Menninger.

 

 

 

 

Comme tous les étés, je me suis lancée dans la lecture d’un journal, après celui d’Anaïs Nin et de Virginia Woolf, j’ai repris celui de Sylvia Plath. J’ai été fascinée par la scène où, Ted Hughes, le mari de Sylvia achève un oiseau agonisant et lui mettant la tête dans le four et en ouvrant le gaz et j’ai repensé au suicide de l’autrice qui s’est donné la mort de la même façon, je me suis remémorée aussi le suicide de Virginia, entrant dans l’eau, ses poches pleines de cailloux…

 

J’ai déroulé le fil du temps et suis remontée jusqu’à la disparition de Sapho qui avait sauté du haut du cap de l’île Leucade, dominé, encore aujourd’hui par le temple d’Apollon, je me suis souvenue du tableau, inspiré par sa mort et peint en 1801 par Antoine-Jean Gros qui s’est lui aussi suicidé en se jetant dans la Seine en 1935…

Je me suis demandé comment appréhender ces morts volontaires où Thanatos et Éros sont si proches l’un de l’autre ? Sapho a-t-elle sauté pour tuer ce que l’on appelait « le mal d’amour » ?

 

Au Moyen-Âge, le suicide n’était pas perçu en tant que tel, mais jugé comme un homicide dont l’auteur était la victime, l’église y voyait « la main du diable ». Plus tard, Durckheim définit une forme de « suicide mélancolique », voire d’« aliénation » en apportant un traitement spécifique au suicide féminin considéré comme « une déviance pathologique ». N’oublions pas que Sylvia Plath avait subi des séries d’électrochocs après sa première tentative !

 

C’est au 19e siècle que le public s’intéresse au suicide grâce aux informations fournies par les médias qui développent une espèce de fascination entretenue par les premiers feuilletons.  Le roman de Flaubert Madame Bovary joue sur cette lisière incertaine entre rêve et réalité où tout peut basculer. Flaubert met en équation l’encre et le poison. Et peut-être est-ce là l’une des clés qui nous invite à appréhender l’impensable mais comment aborder alors le film de Sofia Coppola Virgin Suicides qui reprend le destin tragique véridique de cinq jeunes sœurs qui se donnent la mort ?

 

Autrement dit quelles explications peut-on donner aux suicides ? Les autrices et les auteurs sont-ils plus enclin à vivre dangereusement que le commun des mortels comme l’écrit Adeline Trombert-Grivel qui suggère la raison d’une « création entravée ». La figure de Camille Claudel sombrant dans la folie serait-elle une autre forme de suicide, celle d’une mort sociale ?

 

La liste de nos disparus volontaires est si longue que l’on interrogera la science, la philosophie où nous reviennent les noms de Socrate, Empédocle, la littérature avec les autrices déjà citées, la musique, le domaine des arts en général pour tenter de comprendre les liens entre la création et la mort. Posons-nous la question de savoir s’il existe encore aujourd’hui une analyse spécifique du suicide féminin, si ce dernier peut être porteur de revendications à l’instar de celui que l’on prête parfois aux hommes. S’approcher trop près du soleil, à savoir la vérité comme Icare, n’est-ce pas signer sa propre condamnation à mort ?

 

Dans cet esprit, articles, poèmes, commentaires œuvres d’art en lien avec des vies d’artistes parfois méconnus, telle la photographe Francesca Woodman décédée à 22 ans, sont dès à présent attendus pour aborder ce thème sensible qui  ne peut que nous interpeller sur le sens de notre vie et celui de notre finitude.

 

© Françoise Urban-Menninger

 

Cet appel à contributions concerne généralement le dossier principal et par extension, si la rédaction reçoit des documents appropriés, les rubriques fixes de la revue LE PAN POÉTIQUE DES MUSES et son dossier mineur. Les contributions traduites et/ou plurilingues sont appréciées. Pour participer à ce numéro, veuillez adresser vos propositions dédiées au thème du numéro sur la période historique et la région géographique de votre choix à la directrice du Numéro IV Françoise Urban-Menninger ou à la rédaction qui lui transmet vos courriels*.

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES

 

* Nous n’acceptons pas les fichiers en format PDF.

***

Pour citer cet argumentaire illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger (texte & photographie fournie), « Le mal de vivre dans la mort volontaire », peinture par Antoine-Jean Gros (1771-1835), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 24 septembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/fum-lemaldevivre

 

 

 

 

 

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27 août 2025 3 27 /08 /août /2025 15:32

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Muses & Poètes... / Articles & Témoignages | Spiritualités en poésie

 

 

 

 

 

 

 

La couleur de l’âme en poésie

 

 

 

 

 

Texte & photo fournie par

 

Françoise Urban-Menninger

 

 

Crédit photo : Louis Janmot, (de son vrai nom Anne-François-Louis Janmot, 1814-1892, artiste peintre & poète lyonnais), Série d’œuvres : « Poème de l'âme 16 : Le Vol de l’âme », peinture tombée dans le domaine public. Capture d'écran de la photographie libre de droits du Web.

 

En voulant rendre « le verbe poétique accessible un jour ou l’autre, à tous les sens », Arthur Rimbaud attribue une couleur à chaque voyelle. Vassily Kandinsky peint la couleur indépendamment de la forme, elle est pour lui l’expression de l’âme humaine, il associe les couleurs aux sonorités de notre intériorité en harmonie avec la musique du monde, il écrit « La couleur est une énergie qui influence directement l’âme ».

 

Mais quelle est donc pour l’artiste, poète, peintre, danseur ou musicien la couleur de l’âme ? Comment l’appréhende-t-on ? C’est dans le poème en train de s’écrire et dans ce qu’il a toujours d’inachevé que l’on tentera de saisir cette couleur de l’âme par définition insaisissable car elle se révèle dans « un vacillement », nous dit le philosophe Gaston Bachelard « où je ne suis pas encore ce qui s’anéantit ».

 

Pour certains auteurs comme Guy de Maupassant « L’âme a la couleur du regard. L’âme bleue seule porte en elle du rêve, elle a pris son azur aux flots et à l’espace ». Il rejoint Georges Rodenbach pour qui « Les yeux sont les fenêtres de l’âme ». Cette couleur de l’âme s’il en est une se transmute dans l’écriture poétique, c’est le poème sans nul doute qui donne sa couleur à l’âme !

 

                                         

le bleu de l’âme*

 

revenir dans le bleu de l’âme

où tremblent parfois des ombres pâles

je plonge ma main dans l’étang

où tremblent des bouts de ciel

 

je ne peux les saisir

que dans la lumière du poème

où j’arrime à mes vers

l’autre rive de moi-même

 

 

© Françoise Urban-Menninger, ce court texte est une réflexion partagée avec différents artistes...

 

* Poème extrait du recueil de poésies intitulé Renaître dans le poème paru aux éditions Astérion.

 

***

Pour citer ce témoignage inédit & illustré

Françoise Urban-Menninger, « La couleur de l’âme en poésie » avec une peinture du poète & artiste lyonnais Louis Janmot (1814-1892)Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 27 août 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/fum-lacouleurdelameenpoesie

 

 

 

 

 

 

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2 avril 2025 3 02 /04 /avril /2025 12:57

N° I | HIVER-PRINTEMPS 2025 | INSPIRATRICES RÉELLES & FICTIVES | 1er Volet | Critique & réception | Dossier mineur | Articles & témoignages | Astres & animaux / Nature en poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Éliane Biedermann, «  Scènes de Chats »,

 

Haïkus, illustrations de Iza Bouvier,

 

Éditions Unicité, 2025, 62 p. 13€

 

 

 

 


​​​​​​​​

Critique de

Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil « Scènes de Chats » par Éliane Biedermann (poésie, haïkus), Illustrations de Iza Bouvier, Éditions Unicité, 2025.

 

 

 

 « J’ai beaucoup étudié les philosophes et les chats. La sagesse des chats est infiniment supérieure. » Hippolyte Taine


 

Le chat a toujours occupé une place dans la littérature même s’il a été persécuté du Moyen Âge à la Renaissance. Chez les Égyptiens, il était un symbole divin. L’amour de la Reine Victoria pour l’Égypte l’avait porté à adopter deux Persans bleus et depuis, le chat du statut de suppôt de Satan au Moyen Âge à celui d’animal de compagnie en Europe.

À part La Fontaine, beaucoup de poètes et écrivains comme de Baudelaire, Guillaume Apollinaire, Paul Éluard et bien d’autres ont rendu hommage au chat. À cela s’ajoute Éliane Biedermann avec son nouveau recueil «  Scènes de Chats » où les félins sont campés comme de vrais personnages. Ce sont des chats de caractère qui ont leur langage propre à eux que l’auteure en bonne observatrice a su si bien décrypter. Y a-t-il sur terre quelqu’un de plus propre qu’un chat ? La réponse est contenue ou insinuée dans les vers suivants :

 

« Après ses escapades

toilette minutieuse

du chat sur mon lit »

 

Nul endroit n’est sans doute inconnu à un chat, donc le lit de sa maîtresse ne subit guère l’exception. Aucune place ne saurait lui être interdite par amour. 

 

La poète sait également décoder la signification de tous les ronronnements de ses différents compagnons à quatre pattes. 

 

« Coups de patte insistants

ronronnement

le chat a faim »

 

N’est-ce pas que les chats éprouvent des sentiments comme les humains ?

Il est indéniable que la jalousie n’est pas propre qu’aux humains. C’est ce que dénotent les vers suivants : 

 

«  À la vue du chat jaune

mon chat se hâte de rentrer

Jalousie »

 

Offrir son premier trophée à sa maîtresse n’est pas chose futile. Il va sans dire que le félin éprouve de la fierté en cette circonstance. Et Éliane Biedermann de convenir : 

 

« Première souris

Apportée sur le perron

Fierté du chat »

 

Mais il y a un moment malheureux qui est consigné dans ce recueil de haïkus : c’est quand la Camarde est venue lui ravir sa compagne tant aimée :

 

« La mort t’a emportée

petite chatte

dans l’infini du cosmos »

 

Éliane Biedermann a su décrire les chats dans tous leurs états : chat mélancolique, chat en méditation, chat interrogateur, chat aux aguets, chat dormant, chat circassien. Mais chat alors ! 

Le chat épargne de la solitude, apaise les maux, sa présence aide à vivre avec mais ne les guérit pas. C’est ce que l’on peut comprendre à la lecture de recueil de Haïkus intitulé : « Scènes de Chats ».

 

© Maggy DE COSTER

 

À consulter la page de cette œuvre aux Éditions Unicité, URL :

***

Pour citer ce texte inédit

 

Maggy De Coster, « Éliane Biedermann, «  Scènes de Chats », Haïkus, Illustrations de Iza Bouvier, Éditions Unicité, 2025, 62 p. 13€ », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet, mis en ligne le 2 avril 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/noi2025/mdc-scenesdechats

 

 

 

 

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Bienvenue !

 

L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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