24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 14:53

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Réflexions féministes sur l'actualité

 

 

 

 

 

 

Bikini réglementaire pour

 

 

les championnats d'Europe

 

 

de Beach-Handball !!!

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

© ​​​​​Crédit photo : Capture d'écran réalisée par la critique F. Urban-Menninger des joueuses norvégiennes de handball. 

 

 

 

 

 

Le monde marche sur la tête ! Alors qu'il faut couvrir sa poitrine pour entrer dans un musée comme ce fut le cas au Louvre ou s'abstenir d'allaiter en public pour ne pas offusquer certains esprits atteints de pruderie, la Fédération européenne de handball (EHF) déclare que « les joueuses doivent porter des bas de bikini (…) ajustés et échancrés » en ajoutant  que « les côtés doivent être longs d'un maximum de 10 cm » !

 

 

À qui profite ce règlement ? On peut légitimement se demander si l'objectif n'est pas pour ces messieurs de se rincer l'œil à moindre frais !

Les joueuses de l'équipe norvégienne, « ayant boudé » ce règlement ridicule, ont dû s'acquitter chacune d'une amende de 150 €, soit 1500 € pour toute l'équipe…

 

 

Bien évidemment, le short que les jeunes femmes ont arboré lors d'un match s'est révélé bien plus pratique qu'un bikini, hélas les machos ont encore frappé en s'appuyant sur un règlement qui fait davantage la part belle aux voyeurs qu'aux authentiques  amateurs de sport !

À nous de dénoncer comme la Norvège cet abus de pouvoir en montant derechef au filet !

 

© F. Urban-Menninger

 

 

Quelques références à consulter sur ce sujet :

 

***

 

Pour citer ce billet féministe

 

Françoise Urban-Menninger, « Bikini réglementaire pour les championnats d'Europe de Beach-Handball !!! », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 24 juillet 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/fum-bikinireglementaire

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude Simon

 

 

 

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Retour à la Lettre n°16  

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Féminismes
26 mai 2021 3 26 /05 /mai /2021 14:03

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 & N° 10| Célébrations | Critique & réception | Biopoépolitique | Voies/voix de la sororité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Violence(s) 

 

 

de Paule Andrau, un livre choc qui 

 

 

paraîtra le 10 septembre aux

 

 

Éditions Maurice Nadeau

 

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

 

© Crédit photo : Première de ouverture du livre, fournie par les éditions Maurice Nadeau. 

 

 

 

Agrégée de lettres classiques et professeure de chaire supérieure, Paule Andrau a longtemps enseigné la littérature avant d'écrire «  le temps venu » et de prêter sa voix à toutes les femmes qui sont entrées dans sa vie « – femmes du réel, des livres, de l'Histoire, des faits-divers, des films, des rêves – et qui n'en sont jamais ressorties ».

 

 

© Crédit photo : Image de Paule Andrau, fournie par la critique F. Urban-Menninger. 

 

 

 

 

Ces femmes ont toutes en commun leurs désillusions dans un monde fait par et pour les hommes. Dès la naissance, les femmes appartiennent « au peuple de la fente », ce qui leur vaut d'être de l'autre côté des mots, à savoir celui de l'indicible et de l'inaudible.

C'est justement cet « indicible » que Paule Andrau nous donne à entendre à travers des bribes de destins qui brisent le miroir des apparences et de la trop confortable bien-pensance.

Sans fausse pudeur, l'auteure aborde le tabou des « menstrues » et revient sur les années 50 ou 60 où les serviettes jetables n'existaient pas. Ces dernières en tissu, retenues par une ceinture, marquaient avec les saignements le passage obligé pour devenir une vraie femme avec tout ce que cela incombait et incombe encore aujourd'hui. Le mariage, les enfants, les relations sexuelles qui finissent par devenir « un devoir conjugal » quand la routine a remplacé le plaisir… Quant à celle qui a réussi, souvent elle cumule son emploi et les charges familiales et domestiques ! Arrivée à la cinquantaine, la femme usée se retrouve « pauvre, vieille et laide » alors que l'homme peut tout recommencer !

Ces femmes dont les destins se fondent dans celui d'une « matrice universelle » partagent une douleur ancestrale, intemporelle. Car que reste-t-il aux femmes qui ont tout donné ? À celles qui ont abandonné leur emploi pour se consacrer aux tâches ménagères, à leurs enfants, leur mari ? L'envie de partir et de tourner la page leur semble impossible.

Alors l'une d'entre elles sombre dans l'alcoolisme pour noyer sa désespérance, une autre tente de mettre fin à ses jours en traversant une verrière…

Une autre encore nous parle d'outre-tombe après avoir été violée et massacrée avec deux de ses amies par « deux brutes épaisses ». « Oui je suis morte mais je hurle » et plus loin « je hurle pour moi et pour elles, pour nous qu'on a retrouvées au bout de huit jours, mal enterrées dans un bunker de la côte abandonné aux sans-abris ».

Ce hurlement de l'au-delà, Paule Andrau nous le restitue à travers le sang des mots qui coule entre les lignes. Ce sang, c'est celui aussi de cette enfant de quinze ans violée quotidiennement par son employeur et qui finit par le tuer en provoquant un accident.

Ce sang, c'est celui encore de cette jeune Malienne qui découvre un jour qu'elle a été excisée « Mutilée, je suis mutilée, je suis une autre », crie-t-elle.

C'est aussi l'évocation du procès d'un père violeur au cours duquel la question lapidaire posée par l'avocate ne peut laisser le lecteur indemne, le livre refermé : « Que faire contre le sceptre turgescent du père ? »

 

Nul doute que Violence(s) de Paule Andrau est un livre-cri qui fulgure dans le silence encore et toujours assourdissant qui accompagne les violences faites aux femmes. Car même si l'on parle aujourd'hui de ce sujet trop longtemps tu, cela reste « un sujet » qui fluctue au fil de l'actualité, un fait-divers chassant l'autre, égrenant à l'infini la kyrielle des violences ordinaires infligées aux femmes car elles sont femmes !

 

Seule une femme pouvait écrire ce livre lumineux car c'est dans son propre corps que l'auteure a su écouter les voix de toutes ces femmes qu'elle porte en elle. Elle en a accouché sur la feuille blanche et s'est jointe à leur chœur en affirmant fièrement « Et c'est ça notre force, notre irréductible pouvoir de vivre : la conscience de porter en nous les origines de tout. La conscience d'être la vie ».

 

 

Notice supplémentaire 

 

À l'heure où je viens de clore cet article, j'apprends que deux jeunes femmes viennent d'être assassinées par leurs compagnons, l'une a été poignardée, l'autre a succombé sous des coups de marteau….

Les commentaires sont inutiles si ce n'est le conseil réitéré de lire « Violence(s) » de Paule Andrau, un ouvrage majeur dans la compréhension de ce « continent sinistré » où les femmes n'ont plus de nom.

 



©F. Urban-Menninger

 

 

À lire aussi  :

 

***

 

 

Pour citer cette critique 

 

Françoise Urban-Menninger, « Violence(s) de Paule Andrau, un livre choc qui paraîtra le 10 septembre aux Éditions Maurice Nadeau » texte inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021 & N° 10 | Automne 2021 « Célébrations », mis en ligne le 26 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/fum-livre-violences

 

 

 

Mise en page par Aude Simon

 

Dernière modification : 30 août 2021 (ajouts du no 10 & du lien de l'interview avec la romancière) 

 

 

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Retour au sommaire du N°10 À venir

14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 16:26

Megalesia 2020 | Critique & réception | Revue Matrimoine | Revue culturelle d'Europe

 

 

 

Dix portraits de femmes en lutte

 

contre l'esclavage

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies* de

 

Claude Menninger

 

© Crédit photo : Claude Menninger, image de l'affiche de l'exposition "Dix femmes puissantes. Portraits de femmes en lutte contre l'ésclavage colonial", 2020. 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, "Musée Victor Schoelcher", 2020. 

 

                              

Alors que deux statues de l'abolitionniste Victor Schoelcher viennent d'être déboulonnées en Martinique dans le contexte polémique de la mort de George Floyd, il apparaît essentiel de renouer avec l'Histoire. L'espace muséologique Victor Schoelcher situé à Fessenheim en Alsace s'emploie à mettre en lumière « Dix femmes puissantes » en accueillant dans ses murs une exposition conçue pour le Mémorial de la Ville de Nantes dans le cadre de la journée nationale des mémoires des traites négrières, de leur esclavage et de leur abolition.

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, "Buste de Victor Schoelcher", 2020. 

 

 

Les femmes ont été discriminées non seulement parce qu'elles étaient des femmes mais davantage encore parce qu'elles étaient noires et esclaves. Parmi les 12 à 13 millions d'Africains déportés, on compta un tiers de femmes. Bien que minoritaires, elles ont constitué une force sociale et culturelle fondamentale.

C'est dans la plus vieille maison du village magnifiquement restaurée que se tient le musée Victor Schoelcher. Fils du manufacturier du même nom, le jeune homme parcourut inlassablement le monde, fut membre de sociétés abolitionnistes du XIXème siècle à l'instar de son ami Victor Hugo avant d'être nommé Secrétaire d’État dans le gouvernement provisoire d'Arago. Victor Schoelcher fut l'initiateur du décret du 27 avril 1848 qui abolit définitivement l'esclavage alors que Napoléon Bonaparte l'avait rétabli en 1802 après la restitution de la Martinique à la France. Soutenu par l'ONU, ce musée situé en Alsace fait partie des cinq sites de « La Route de l'Esclave » du Grand Est.

 

© Crédits photos :  Claude Menninger, "Menottes", "Billet de banque représentant Harriet Tubman", 2020.

 

 

Parmi les dix femmes présentées au musée, on retrouve Sanité Belair originaire d'Haïti qui combattit en uniforme en tant qu'officier lors de la Révolution haïtienne aux côtés de Toussaint Louverture. Condamnée à mort, elle ne pouvait être passée par les armes en tant que femme, mais le bourreau n'ayant pas réussi à la décapiter, elle fut fusillée tout comme son compagnon. Une statue érigée sur l'île de La Réunion célèbre le courage de l'esclave maronne Héva, véritable icône de la cause noire, elle sert d'allégorie pour représenter la femme réunionnaise originelle, elle a inspiré de nombreuses œuvres littéraires. Claire en Guyane française fut une esclave rebelle qui fut suppliciée puis pendue en présence de ses propres enfants, Dandara devint une figure légendaire au Brésil après s'être jetée dans le vide pour ne pas revenir à sa condition d'esclave ...Cudjoe Queen Nanny est vénérée en Jamaïque pour avoir aidé les esclaves à se libérer en employant la technique des guérilleros, son portrait figure sur un billet de banque ! En Guadeloupe, les habitants se souviennent de la Mulâtresse Solitude qui représente toutes les femmes et mères car elle fut suppliciée et mise à mort le lendemain de son accouchement.. L'abolitionniste américaine Sojourner Truth gagna le premier procès  intenté par une femme noire pour récupérer son fils ! Cette femme hors du commun montait dans les tramways interdits aux Noirs bien avant Rosa Parks et prononça un discours en 1851 intitulé « Ne suis-je pas une femme ? » à la National Women's Right's Convention.

Anne Zinga, reine du Ndongo et du Matamba de 1582 à 1664, l'actuel Angola,  disposait d'un pouvoir absolu. Fine stratège, elle tint tête aux Portugais en refusant de leur livrer les 13000 esclaves qu'ils exigeaient, elle évita ainsi la colonisation de son pays.

Parmi les femmes abolitionnistes, n'oublions pas l'avant-gardiste Olympe de Gouges, membre de la société des Amis des Noirs, auteure de la Déclaration des Droits des Femmes qui dénonça l'esclavage dans sa pièce intitulée « Zamore et Mirza », ce qui lui valut des menaces de mort de la part de propriétaires d'esclaves.

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, "Anne Zinga (à gauche), Sojourner Truth (à droite)", 2020. 

 

 

Quant à l'Anglaise Anne Knight, féministe convaincue, elle n'hésita pas à faire du porte à porte pour défendre la cause des Jamaïcains et à révéler ce qui se cachait derrière les récoltes de canne à sucre. Les habitants lui rendirent hommage en accolant son nom à une ville de Jamaïque qu'ils baptisèrent « Knightsville ».

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, 

"Nanny (2e à droite), Héva (à droite)", 2020.

 

 

Mais rappelons que si la traite occidentale ou atlantique a concerné 11 à 13 millions de personnes depuis le XVIIe siècle, la traite orientale  à destination du monde arabo-musulman compté plus de 17 millions d'esclaves ! Quant à la traite intra-africaine, les historiens dénombrent 14 millions de personnes dont une partie était revendue à des Européens ou des Arabes. ARTE vient de diffuser un excellent documentaire à ce sujet, nul doute que le travail de mémoire est encore long et ardu !

 

Par ailleurs le président Barack Obama qui proposait d'honorer Harriet Tubman en créant un billet de banque à son effigie n'a pas pu voir son souhait se concrétiser.  Donald Trump en a décidé autrement en offrant un « clin d'oeil aux blancs » sous le prétexte que cette décision est « politiquement non correcte » ! Harriet Tubmann née en 1822 dans le Maryland fut vendue à 6 ans comme femme de ménage et passa de maître en maître. Elle s'enfuit lors de la guerre de Sécession, se retrouva en Pennsylvanie et soutenue par l'Underground Railroad, un réseau de sympathisants de la cause Noire en 1840, elle devint celle qu'on appelle encore aujourd'hui « La Moïse Noire ». Elle aida plus de 70 esclaves à s'enfuir et ce billet inédit dans l'Histoire américaine qui devait voir le jour en 2020 est annoncé de façon aléatoire par le secrétaire au Trésor pour 2028….

 

Autant dire que cette exposition enrichissante tombe fort à propos ! Bien documentée, elle apporte un éclairage essentiel sur l'esclavage colonial en mettant à l'honneur des femmes d'exception qui ont payé un lourd tribut pour défendre leur liberté et leurs idées. 

Il nous incombe aujourd'hui d'entretenir leur mémoire et d'accorder une réelle reconnaissance à ces héroïnes souvent oubliées, voire totalement méconnues.

 

 

 

 

 

*Les photos ont été prises au musée Victor Schoelcher par Claude Menninger sauf le billet de banque représentant Harriet Tubman et l'affiche de l'expo avec le beau portrait en couleur de la reine Zinga.

 

Commentaires de Philippe PICHOT sur cet article suivis de trois liens vers les références citées par le commentateur** :

 

 

Merci pour votre message et la mise en ligne de votre article faisant référence à l'exposition sur les femmes en lutte contre l'esclavage et présentée à Fessenheim cet été.

Votre revue étant plus spécifiquement axée sur le rôle des femmes je vous précise que le Réseau Mémoire des abolitions de l'Esclavage - Pôle mémoriel national de l'Est de la France et Suisse inclut deux sites spécialement dédiés à l'action remarquable de deux femmes dont l'action mérite d'être connue: Anne-Marie Javouhey émancipatrice des noirs captifs de traite en Guyane et Germaine de Staël qui mobilisa le groupe de Coppet contre la traite au Congrès de Vienne en 1815, lesquelles ont produit chacune dans leur style et actions, des textes remarquables contre cette tragédie.

Vous retrouverez leurs histoires sur notre site.

 

 

Philippe PICHOT

Projet « Mémoire des abolitions de l’esclavage - Pôle mémoriel national de l’Est de la France ».

Site : www.abolitions.org

Membre du Comité National Pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage en France de 2009 à 2019.

Expert auprès de l'Unesco sur les lieux de mémoire lié à l’esclavage.

22, rue Pierre Dechanet – 25300 PONTARLIER - FRANCE.

 

** Les commentaires et liens susmentionnés ont été ajoutés à l'article le 23 juillet 2020 par la rédaction de la revue.

 

***

 

Pour citer ce texte

​​​​Françoise Urban-Menninger, « Dix portraits de femmes en lutte contre l'esclavage colonial », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 14 juillet 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/fum-femmesenlutte

 

Mise en page par David Simon

 

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9 juillet 2020 4 09 /07 /juillet /2020 09:37

Megalesia 2020 | Le néopaganisme & la sexualité dans la culture populaire du XXIe siècle | Florilège de textes poétiques

 

 

 

 

 

Violence conjugale

 

&

 

Ne, je ne crois pas !  

 

 

 

Pascale Mathieu

 

 

​​​​​Crédit photo : "Mutilated Woman" "Femme mutilée", peinture de 1915-1916 par Amadeo de Souza-Cardoso (1887-1918), domaine public, Wikimedia. 

 

Violence conjugale

 

 

 

Elle vivait une belle histoire d’amour

Semblable aux contes de fées

Qu’elle lisait petite fille.

Elle était tombée éperdument amoureuse

Et nageait en plein bonheur.

L’avenir s’annonçait radieux.

Sauf que, sauf que...son prince n’était pas charmant.

Il l’accablait de reproches :

Sur le repas qu’il jugeait infect, 

Sur sa tenue qu’il jugeait vulgaire, 

Sur n’importe quel sujet.

Elle se taisait, elle encaissait.

Convaincue de le mériter,

Convaincue d’être une ratée 

Ou autre nom d’oiseau.

Dans un élan de témérité et d’effronterie,

Elle se permit de répliquer.

Elle reçut une gifle magistrale

Qui la jeta à terre.

Elle en resta médusée,

Incapable de la moindre réaction,

Incapable de la moindre réflexion,

Dépourvue de cette clairvoyance

Qui lui aurait conseillé de fuir

Sans tarder, loin, le plus loin possible.

Larmoyant, l’élu de son coeur implora son pardon 

Qu’elle s’empressa d’accorder.

Il lui offrit même un magnifique bouquet de roses

Qu’elle accepta avec émotion.

Elle crut à une seconde lune de miel.

Une nouvelle lune de miel

Qui s’acheva quelques mois plus tard dans un cimetière…




 

Ne, je ne crois pas ! 

 

 

 

Crédit photo : "Apollon et Daphné", peinture par Giovanni Battista Tiepolo (1696-1770), domaine public, Wikimedia. 

 

 

 

Je marche nonchalamment dans cette rue commerçante. Je flâne en regardant les vitrines. Comme la plupart des femmes, j’aime les belles tenues. Je rêve devant les mannequins qui portent les derniers vêtements à la mode et des articles tendance. Je me promène seule et je ne prête aucune attention aux gens qui m’entourent.

Je me suis arrêtée pour admirer un sac à main. Une vraie merveille qui est, hélas !, hors de prix ou plutôt qui n’entre pas dans mon budget. Non, je ne peux raisonnablement pas l’acheter. J’hésite vraiment…

Toute à mes tergiversations, je ne remarque pas les deux individus qui s’approchent. Je les entends juste déclarer :

- Elle est baisable.

- Ouais, t’as raison, elle est baisable…

Leurs propos crus me clouent sur place. Je reçois toute la violence qu’ils comportent. Comme une gifle. Oui, ils m’ont frappé. Pas avec leurs poings. Ils m’ont frappée avec leurs mots.

Je suis incapable de répondre. Je suis abasourdie.

Pourquoi se permettent-ils de me juger ? Quelqu’un leur a -t-il demandé leur avis ? Non, je ne crois pas !

Ces hommes sont-ils eux-mêmes l’incarnation de la beauté ? Se prénommeraient-ils Apollon ? Non, je ne crois pas !

Apprécieraient-ils qu’on parle ainsi de leur mère ? Non, je ne crois pas !

Alors, Messieurs, quand vous croisez une femme, vos commentaires, gardez-les pour vous !

 

***

 

Pour citer ces textes engagés (ou féministes)

Pascale Mathieu, « Violence conjugale » et « Ne, je ne crois pas ! », textes inédits, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020|I- Le néopaganisme & la sexualité dans la culture populaire du XXIe​​​​​​ siècle, mis en ligne le 9 juillet 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/2pm-violence

 

 

Mise en page par Aude Simon

 

 

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14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 12:23

 

Lettre n°13 | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages |

Actions en faveur des femmes

 

 

Nous ne laissons pas la parole

 

 

aux ennemi.e.s de la lutte

 

 

contre les violences sexuelles !

 

 

 

CLASCHES

Site officiel : http://clasches.fr

 

© Crédit photo : logo de l'organisme CLASCHES.

 

 

Communiqué de presse du 10 février 2018

 

 

NOUS NE LAISSONS PAS LA PAROLE AUX ENNEMI.E.S DE LA LUTTE CONTRE LES VIOLENCES SEXUELLES !

 

Nous avions dénoncé le principe et le programme de la journée d’études intitulée « Du harcèlement sexuel au travail à #Balancetonporc », qui s’est tenue ces 9 et 10 février 2018 à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) : il s’agissait en effet d’une tribune offerte à des personnes connues pour leurs attaques contre la lutte féministe contre les violences sexuelles.

 

En nous rendant ce matin à l’EHESS, nous n’avons pas été démenti.e.s : au début de la deuxième session, après des discussions mondaines hors-sol, sans le début d’un fondement scientifique et insultantes pour les victimes de violences sexuelles, la parole a été donnée à Hervé Le Bras, invité à parler du « nouveau pouvoir social des femmes »… Dans ce contexte, laisser intervenir cet homme, dont la seule compétence sur le sujet est d’avoir été accusé de harcèlement sexuel par l’une de ses doctorantes, constituait une insulte insupportable envers les victimes de violences sexuelles.

 

Nous avons donc décidé de le faire savoir et de prendre la parole à sa place : dans la joie combative, dans la bonne humeur féministe et dans la non-violence, nous avons applaudi, fait du bruit, joué de l’harmonica, soufflé dans nos sifflets et chanté « Le harcèlement, c’est dégueulasse ! » ou « Nous sommes fortes, nous sommes fières, nous sommes féministes, et radicales, et en colère ! ».

 

Malgré les interpellations par quelques membres de la tribune et du public, voire les tentatives de pressions physiques, nous avons pacifiquement occupé l’espace sonore pendant une vingtaine de minutes. Nous avons distribué des tracts expliquant notre opposition à cette journée d’étude et à l’intervention d’Hervé Le Bras aux personnes qui assistaient à l’événement.

 

Nous avons envoyé un message fort et clair : nous ne laisserons pas les ennemi.e.s de la lutte contre les violences sexuelles s’exprimer impunément dans nos institutions académiques !

 

CLASCHES, Solidaires étudiant-e-s EHESS, Sud éducation EHESS, La brèche (EHESS) et "Assemblée #MeToo #MoiAussi Paris".

 

© Crédit photo : logos de l'organisme CLASCHES et de ses partenaires.

 

 

CLASCHES - Collectif de Lutte Anti-Sexiste Contre le Harcèlement sexuel dans l'Enseignement Supérieur

http://clasches.fr

CLASCHES est aussi sur Facebook !

Contacts : clasches@gmail.com ; syndicat.sud@ehess.fr

 

Source de l'information : via le réseau de l'association EFIGIES

Voir aussi :

***

 

Pour citer ce communiqué de presse


CLASCHES, « Nous ne laissons pas la parole aux ennemi.e.s de la lutte contre les violences sexuelles ! », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°13, mis en ligne le 14 février 2018. Url : http://www.pandesmuses.fr/2018/2/clasches

 

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Bienvenue !

 

L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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