22 décembre 2023 5 22 /12 /décembre /2023 17:55

N° 15 | Poétiques automnales | Faits divers & Catastrophes | Poésie & littérature pour la jeunesse 

 

 

 

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À pertes d'enfants enlevés

 

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Berthilia Swann

 

 


 

Crédit photo : George Lawrence Bulleid, « À Portrait of a young Girl », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran par LPpdm de la photographie libre de droits du site Commons.

 

 

 

L’inconnu a posé ses repères

Sur un cœur d’ange innocent, au regard pur et bienveillant 

Dans l’attente d’une vile intention

D’en plaire à son alter ego

De glorifier en son nom, une toute puissance

En décadence d’en enfreindre des droits

Au delà d’une loi

D’une seconde manquée

Aux regards d’un lien de parenté

Saisissant, l’audace 

D’une cruauté exacerbée

Au détournement, d’une enfance tournée en violence

Du chemin, de sa destinée. 

 

 

 

L’inconnu, indigne et cruel

Laisse pour trace

La présence d’une absence 

D’une enfance déchirée

D’un cordon familial arraché

De parents en peine

À l’effroi d’une perte non acceptée

Gravant à tout jamais

Au sourire sournois et manipulé, un visage meurtrier

De l’enfant enlevé

À sa famille bien aimée

L’agrippant à son être frêle en vulnérabilité  

L’extirpant à une vie ancrée

Tuant, brutalement et violemment en un instant tout l’amour crée entre eux durant des années

Au sein de leur foyer.

 

 

 

L’inconnu, perfide et insensible

À l’œil assassine

À versé du poison en abondance

Dans la vie d’autrui, à coups de haches et de cravaches

Menant à leurs rencontres

De déferlantes inclinations, d’humeurs sarcastiques en dépressions

De peurs, en émois

Tenant à son joug 

Mille pertes et fracas

Un enfant volé et non retrouvé. 

 

 

© Berthilia Swann

                   

 

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Pour citer ce poème engagé & inédit

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Berthilia Swann, « À pertes d'enfants enlevés », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 15 | AUTOMNE 2023 « Poétiques automnales », volume 1, mis en ligne le 22 décembre 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no15/swann-apertesdenfantsenleves

 

 

 

 

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22 décembre 2023 5 22 /12 /décembre /2023 16:13

N°15 | Poétiques automnales | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages

 

 

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Des fondements totalitaires

 

 

de la préférence nationale

 

 

 

 

 

Tribune

 

Mustapha Saha

 

Sociologue, poète & artiste

 

 

 

 

Crédit photo : Frans Floris,  « Peace and Justice », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran par LPpdm de la photographie libre de droits du site Commons.

 

 


 

Paris. Mardi, 19 décembre 2023. Journée marquée d’une pierre noire. Le parlement vote une loi tyrannique sur l’immigration grâce aux voix lepénistes. La France bascule dans la préférence nationale, principe xénophobe, pilier de l’idéologie fasciste. La gouvernance technocratique franchit la ligne rouge du totalitarisme. Tout au long des débats, la référence nationale s’envoie comme argument et contre-argument. Les précautions rhétoriques sont superflues. La préférence nationale est synonyme de fascisme. C’est le droit du sang. Le droit du sol et l’égalité sociale inscrits dans la Constitution, socles républicains imprescriptibles, inaliénables, sont remis en cause. Restriction des prestations sociales, annulation de la nationalité de plein droit, exclusion des étrangers de l’hébergement d’urgence, remise en question de l’aide médicale. Se valident la double peine, l’enfermement des mineures à partir de seize ans en centre de rétention, les contrôles au faciès, le fichage systématique. La persécution des immigrés se légalise. C’est tout l’édifice constitutionnel qui se démolit au buldozer. 

 

La Défenseure des droits tire en vain la sonnette d’alarme. « Mon institution, autorité indépendante inscrite dans la Constitution, chargée de veiller au respect des droits et libertés, est le témoin quotidien de l’extrême dégradation des droits des étrangers vivant en France. Les ruptures de droits subies sont dramatiques. Ils provoquent une précarité insoutenable. Les parcours de vie sont gravement et irrémédiablement entravés. La nouvelle loi sur l’immigration bafoue la dignité et l’égalité. Elle accroît les possibilités de refus et de retrait du droit au séjour. L’éloignement des étrangers se trouverait ainsi remis à l’appréciation de l’administration, au risque de multiplier les décisions arbitraires. Le texte  accrédite l’idée, pourtant démentie par de nombreuses études, selon laquelle des conditions d’accueil trop favorables  encourageraient l’immigration irrégulière et l’installation durable d’étrangers sur le territoire. Le législateur envisage, de ce fait, des restrictions de nombreux droits, notamment pour les personnes particulièrement vulnérables » (Claire Hédon, défenseure des droits, « Tribune », Le Monde, 9 décembre 2023).

 

La société civile a beau s’indigner des menaces pesant sur les droits fondamentaux, prouver que leur suppression est désastreuse  socialement, absurde économiquement, abject éthiquement, la gouvernance technocratique fait la sourde oreille.  « Nous ne pouvons rester silencieux devant la stigmatisation des étrangers, devant les fantasmes d’invasion démentis par les statistiques et les études sociologiques, devant les dispositions délétères et inconstitutionnelles figurant dans la loi sur l’immigration. La fraternité ne doit pas être un mot figé sur les frontons des  mairies. La fraternité est le ciment de la vie en commun. La solidarité s’appuie sur l’inconditionnalité des droits fondamentaux des personnes. Dans quelle France allons-nous nous réveiller demain ? » (« Tribune d’associations humanitaires », Le Monde, 8 décembre 2023).

 

L’expression Préférence nationale apparaît dans le livre d’un énarque frontiste en 1985. La cible migratoire est ouvertement désignée. L’auteur, activiste d’extrême-droite, cofondateur du Club de l’horloge, honnit Mai 68. Le postulat de base, différencier la situation des nationaux et le statut des étrangers. Se préconise, dans tous les domaines, la priorité nationale. L’école est sommée de diffuser un contenu culturel exclusivement français. Le patriotisme social  justifie la ségrégation, l’exclusion de l’autre parce qu’il est autre. La haine de l’autre parce qu’il est différent.

 

Le chauvinisme qu’on pensait obsolète renaît de ses cendres. Les préjugés racistes se légitiment.  Aux commencements, le chauvinisme  est une légende farfelue du Premier Empire. Le soldat Nicolas Chauvin, malgré ses blessures continue de défendre sa patrie. La comédie La Cocarde tricolore des frères Charles-Théodore et Jean-Hyppolyte Cogniard, 1837, perpétue le mythe. Le chauvinisme est un mélange de patriotisme, de phallocratisme, de racisme fermentés dans le populisme. La xénophobie française se fait d’autant plus virulente que la contre-révolution coloniale en Afrique de l’Ouest échoue lamentablement. La dernière tentative de réanimation de la françafrique se solde par une humiliation géopolitique. La bourgeoise, faute d’alternative, laisse coudées franches au fascisme. Depuis la dernière révolte des banlieues, l’ennemi intérieur se substantialise. L’islamophobie se généralise. La population maghrébine se considère en bloc comme islamiste par essence, terroriste en puissance.


 

L’écrivain raciste, antidreyfusard, Maurice Barrès (1862-1923) se commémore officiellement sur proposition de France Mémoire, sous tutelle de l’Institut de France. Il faut rappeler sa phrase terrible : « Qu’Alfred Dreyfus soit capable de trahir, je le conclus de sa race ». En 1961, les dadaïstes, avec André Breton, Philippe Soupault, Louis Aragon, Tristan Tzara, Benjamin Péret, organisent le procès fictif de Maurice Barrès, accusé de crime contre la sûreté de l’esprit. L’ancienne délégation aux Commémorations nationales a disparu en 2018 suite aux polémiques suscitées par le projet de célébration de Charles Maurras (1868-1952), propagandiste du mouvement royaliste L’Action française, soutien du pétainisme. Le comte Arthur de Gobineau (1816-1882), promoteur du délire de la race aryenne, inspirateur du nazisme, s’actualise. Son Essai sur l’inégalité des races humaines, 1853, republié récemment, circule au-delà des mouvances ouvertement  fascistes.  La lecture de Mein Kampf se décomplexe. La société française plonge dans une ténébreuse dérive.


 

© Mustapha Saha


 

 

 

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Pour citer cette tribune inédite

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Mustapha Saha« Des fondements totalitaires de la préférence nationale », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 15 | AUTOMNE 2023 « Poétiques automnales », volume 1, mis en ligne le 22 décembre 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no15/ms-fondementstotalitaires

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 15 S'indigner - soutenir - etc.
21 décembre 2023 4 21 /12 /décembre /2023 16:57

N° 15 | Poétiques automnales | Dossier majeur | Florilège 

 

 

 

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Le temps du feu

 

 

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Poème & illustration

Billie R. Völva

 

 

 

 

© Crédit photo : Une mise en scène colorée & artistiquement poétique de l'œuvre intitulée « Nu.e » par Billie R. Völva. Image fournie par l'autrice.

 

 

 

 

C’est le temps du feu,

les souffles et les armes s’apprêtent à se rendre

avec la même résignation,

presqu’un soulagement.

 

 

Un magma brûlant gorge les chemins creux du soir

qui sort bientôt de son lit pour inonder toute chose

à mesure que s’essouffle le jour indigent.

Dans le silence ocre et rose,

le tressage secret des bois

offre de discrets passages où l’épaisse lave s’engouffre.

 

 

À travers cette maille serrée

filtrent les flèches d’une lumière aveuglante

qui en traversant les derniers feuillages

suspend aux rameaux graciles des mobiles chatoyants.

À l’orée des routes alors, semblent se dresser

des cités d’or ceinturées de brume aux luxuriants vitraux.

 

Dans le foisonnement de lueurs surannées,

la majesté de tout ce qui meurt.


 

Au loin,

des éclats de couchant jettent leurs braises

au fond des veines grises des villes sans fard,

rallument à des étages déserts 

des fenêtres ne donnant plus sur rien,

aux regards éteints 

redonnent une fièvre éphémère.


 

Dans la poussière du plus morne terrain vague

où errent ceux qui attendent le sursis du noir, 

des rubis apparaissent,

sur le dos des larmes dévalant ta joue,

aux pieds même de celui qui a faim.

Et dans le taudis où la misère fait rage,

le moindre cafard prend des allures de bijou.

 

Le temps du feu et ses mirages.

 

 

© Billie R. Völva

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Pour citer ces illustration &  poème inédits

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Billie R. Völva (poème & illustration), « Le temps du feu », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 15 | AUTOMNE 2023 « Poétiques automnales », volume 1, mis en ligne le 21 décembre 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no15/brvolva-letempsdufeu

 

 

 

 

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21 décembre 2023 4 21 /12 /décembre /2023 16:55

 

Biographie & publication disponibles numériquement

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Billie R. VÖLVA

 

 


Éducatrice, artiste & autrice 

 

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique en noir et blanc de la conteuse Berthilia Swann « Meerwinde », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran par LPpdm de la photographie libre de droits du site Commons.

 

 

 

Est le pseudonyme de l'autrice Amandine BASLY.

 

Publication de textes depuis quatre ans dans le fanzine féministe manceau « Gang Reines » réalisé par le collectif du même nom. 

Projection et lecture de poèmes lors de l’exposition « Féminins (n. m., pluriel), un genre à soi » en mars 2021 à la Galerie l’Éphémère au Mans. 

Autoédition du recueil intitulé « Nu.e » en octobre 2022.

Vente et lectures individuelles du recueil « Nu.e » lors de divers festivals (Ladyfest à Alençon en octobre 2022 et 2023, Papelard à la Roche-sur-Yon en décembre 2022, Les Inspirantes au théâtre des Quinconces du Mans en janvier 2023, Les universités d’été du fanzinat à la Fanzinothèque de Poitiers en août 2023, Le Boucan des Arts à Lavarée en septembre 2023, Grand Print aux Beaux-Arts du Mans en novenbre 2023).

 

© Crédit photo : Une mise en scène artistiquement poétique en noir et blanc de l'œuvre intitulée « Nu.e » par Billie R. Völva. Image fournie par l'autrice.

 

 

Collaboration avec la photographe Bee Lumen pour son livre d’art autoédité « No Cis Men » (texte en prose et poèmes) sorti en juin 2023.

 

Participation à l’élaboration d’un jardin sonore avec l’association alençonnaise Transtopie (poèmes féministes en écoute libre).

Recueils illustrés en préparation, en collaboration avec des plasticiennes.

 

Sa publication disponible numériquement sur ce site :

Voir aussi

 

Billie R. VÖLVA

 

 

 

 

 

Page individuelle créée le 21 décembre 2023 et en cours de construction.

Dernière actualisation : le 21 décembre 2023.

 

 

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Retour à l'index biographique de la lettre V

20 décembre 2023 3 20 /12 /décembre /2023 17:15

N° 15 | Poétiques automnales | Dossier mineur | Florilège | Réflexions féministes sur l'actualité

 

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Combat de femmes

 

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Berthilia Swann

 

 

 

 

Crédit photo : Thomas Buchanan Read (1822-1872), « The Harp of Erin », peinture à l'huile tombée dans le domaine public, capture d'écran par LPpdm de la photographie libre de droits du site Commons.

 

 


 

Elles disent non avec leur tête

Mais, elles disent oui…avec le cœur

Qu’importe les mots, les regards

Que l'on portent sur elles

Elle cheminent, elles avancent

En guérisseuses et enchanteresses

Porteuses de vies, porteuses d’espoirs

Lionnes, louves et guerrières 

En guérison, d’un amour pur à raison 

D’un combat de vie, sans merci

Face aux détracteurs de l’ennui

D’un rêve, à leurs songes construit

De pas chaloupés, aux méritent accordés

Bravant des heures sans compter

Surpassant une fatigue sans relâche énoncée

De traits marqués sur un visage lassé

D’heures de partages, à lourdes de tâches et d’enfantillages. 


 

 

Elles disent non avec leur tête

Mais, elles disent oui…avec le cœur

De sentiments sages en héritage

De créer un monde arc-en-ciel

En fusion à leurs descendances d’un lien éternel

D’une main tendue à l'inconnu

D’honneur porté d’une paix unifiée

D’en entrevoir un nouveau jour se lever

D’armes baissées et de fusils posés sur le bas côté. 


 

Elles disent non avec leur tête

Mais, elles disent oui…avec le cœur 

D’un drapeau blanc haut porté

De leurs frêles épaules fragilisées

D’en émerger du ventre de notre terre mère

Une nouvelle ère purifiée

D’une entre-aide universelle apportée sans condition

Donnée à raison,  d’instants de partages

D’une chaîne créée d’une infinie bonté

De donner vie à un monde nouveau entouré d'humanité.

 

© Berthilia Swann

                                                        

 

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Pour citer ce poème féministe, pacifique & inédit

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Berthilia Swann, « Combat de femmes », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 15 | AUTOMNE 2023 « Poétiques automnales », volume 1, mis en ligne le 20 décembre 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no15/swann-combatdefemmes

 

 

 

 

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SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

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