24 juin 2023 6 24 /06 /juin /2023 13:50

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 | Revue culturelle d'Europe | Instant poétique avec.... (Frontières du vivant) | Astres & animaux 

 

 

 

 

 

 

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Jacques Millet : parcours & œuvres

 

 

 

 

 

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Texte de

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies par

 

Claude Menninger

 

 

 

 

© ​Crédit photo : Claude Menninger, image n° 1 de l'installation artistique des sculptures du sculpteur Jacques Millet, juin 2023.

 

 

 

 

Quand Jacques Millet m'a proposé de parler de son travail artistique, j'en ai été d'autant plus honorée que j'apprécie depuis de nombreuses années ses sculptures et lui ai consacré plusieurs articles.

 

 

© ​Crédit photo : Claude Menninger, image n° 2 de l'installation artistique des sculptures du sculpteur Jacques Millet, juin 2023.

 

 

Quelques dates clés qui jalonnent son parcours

 

Né en Mayenne en 1955, Jacques Millet effectue des voyages de 1976 à 1979 en Amérique du Nord et en Amérique centrale qui ont certainement nourri son inspiration et enrichi son imaginaire. Une rencontre décisive avec un artiste suisse va nouer son destin à celui de la sculpture qu'il va étudier à l'école des arts de Freiburg. Séduit par le Kaiserstuhl, il s'y installe à demeure, il ouvre un premier atelier en 1987 avant de s'établir en 1997 à Bickensohl où il inaugure son nouvel atelier/galerie « La Grange », il intervient également depuis cette date à l'école d'art de Freiburg et anime des stages de sculpture dans la région.

 

 

​​© ​Crédit photo : Claude Menninger, image n° 3 de l'installation artistique des sculptures du sculpteur Jacques Millet, juin 2023.

 

 

Le travail de Jacques Millet

 

Avant d'aborder le travail de Jacques Millet, revenons à la définition de la sculpture qui renvoie au fait de tailler une matière dure telle que la pierre ou le bois afin de dégager un objet, une figure, un ornement dans un but utilitaire ou esthétique.

Nul doute que lorsque Jacques Millet taille le bois, c'est la quête du beau, de l'esthétique qui l'anime au sens premier du terme, à savoir que son âme entre en symbiose avec l'âme végétale qu'il explore.

L'approche n'est jamais la même car l'artiste communie avec le bois ou la pierre, les différentes espèces de bois, tilleul, cèdre, frêne, cerisier, chêne... Chaque pièce sera unique et réalisée dans une partition silencieuse entre l'homme et la matière qui renvoie à cette cosmicité qui nous met au monde. Dans cet esprit, on peut évoquer le « cœur-soleil » ou « l'ange du hasard » ou encore « le gardien » qui tissent des liens entre le végétal et l'humain.

 

Quant aux fragments de bois trouvés en forêt, ils ont souvent partie liée avec la beauté que la nature leur confère mais Jacques Millet va encore les sublimer en les mettant en scène sur des socles, en les brûlant dans son poêle d'où il les ressort couverts de suie, il les vernit, les peints pour les élever au statut d'œuvre d'art à part entière. Mais la nature demeure pour l'artiste un musée à ciel ouvert et le rapport qu'il entretient avec le chêne relève de l'alchimie et de la puissance d'un démiurge car c'est à la tronçonneuse qu'il explore la pièce, tourne autour d'elle dans un ballet silencieux pour en révéler l'âme, la quintessence.



 

​​© ​Crédit photo : Claude Menninger, image n° 4 de l'installation artistique des sculptures du sculpteur Jacques Millet, juin 2023.

 


 

Nul doute que Jacques Millet possède l'art de dialoguer avec le bois, la pierre ou le bronze. Je parle ici de dialogue et d'intelligence car nous le savons depuis quelques années, les arbres se parlent par leurs racines et depuis 2019, des textes juridiques défendent leurs droits. Les sculptures de Jacques Millet nous parlent dès lors d'apesanteur, de verticalité, de légèreté, de sérénité. Ce sont des arabesques qui dansent dans la lumière et la découpent tel le drapé d'une étoffe. L'artiste redonne vie et grâce à un morceau de bois que l'on dit « mort » et le transfigure. Des touches de peinture magnifient ses sculptures qui, du rouge au bleu, en passant par le jaune, les font vibrer, irradier telle cette « barque-lumière » qui vogue sur la carte d'invitation et qui côtoie aujourd'hui la barque à fond plat dans ce beau lieu intemporel.

Mais Jacques Millet, n'est pas seulement un sculpteur qui crée dans le huis clos de son atelier, il est, à l'instar de Marc Mimram qui a élaboré la passerelle des deux rives entre Strasbourg et Kehl, ou Helmut Lutz et son Sternenweg, un artiste transfrontalier qui lance des ponts entre la France et l'Allemagne.

Sa sculpture « Vision » qui s'élève sur les hauteurs de Bisckensohl en tutoyant le ciel, témoigne d'une création hors du temps qui puise son inspiration dans des valeurs universelles. Son titre « Vision » résume d'un mot la quête de l'artiste dont « le but est le chemin lui-même » pour reprendre la citation de Lao-Tseu.

 

​​​​​© ​Crédit photo : Claude Menninger, image n° 5 de l'installation artistique des sculptures du sculpteur Jacques Millet, juin 2023.

 

 

La sculpture intitulée « barque-passage » nous convie au dépassement, à la transcendance, elle sculpte le silence, le fait danser avec la pièce baptisée « flamenco » ! Quant au « bois chantant », il nous fait entrer dans « la féerie », « Vénus » ou le « phénix » nous y accueillent et tels les « personnages imaginaires » créés par Jacques Millet nous renouons dans le secret de notre entité avec notre mémoire végétale.



 

© Françoise Urban-menninger

 

© ​Crédits photos : Claude Menninger, images nos 1 & 2 de la présentation des œuvres artistiques du sculpteur Millet par Françoise Urban-Menninger, juin 2023.

 

 

 

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Pour citer ces texte & photos inédit​​​​​​s 

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Françoise Urban-Menninger, « Jacques Millet : parcours & œuvres », photographies par le photographe Claude Menninger, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 24 juin 2023. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia23/fum-jacquesmillet

 

 

 

 

 

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Retour à la Table du festival Megalesia 2023

23 juin 2023 5 23 /06 /juin /2023 11:59

 

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Critique & réception | Handicaps & diversité inclusive
 

 

 

 

 

 

 

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Soisik Libert

 « Trombes en carré d’or vierge »,

 

L’Harmattan 2022, 81 pages, 12€

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture du recueil de Soisik Libert, Trombes en carré d’or vierge.

 

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La poète se retrouve face à un monde abîmé enfoncé dans les ténèbres et son souhait n’est autre que de voir ce monde traversé par un rayon de lumière. Avec des mots justes elle décrit les atrocités qui prennent forme « Dans la topographie gluante de la cité » où la recherche d’un éden terrestre engendre des situations ingérables fruits d’une civilisation naufragée et chargée de tant de paradoxes que l’Humanité soit « en état de choc ».

 

On dit que la nuit porte conseil mais elle peut être aussi synonyme d’effroi. Aussi  La poète se penche-t-elle sur les victimes de la nuit. La nuit perverse et démoniaque de ceux qui s’y aventurent, ceux en mal d’existence : 

 

«  Nuit chaotique

criblée de prospectus

de seringues

et d’infarctus

du myocarde »

 

Elle souligne également le manque de tolérance face à la différence de l’autre :

 

« Accusé l’autre

dans ses choix de vie

critiquer par principe

dans un amène sourire »

 

C’est un monde qui va à vau-l’eau est dans le paraître. C’est aussi un : 

 

« Monde incohérent

qui se cherche

au milieu des livres

et se cache

derrière des slogans »

 

Dans ce monde il y a aussi :

 

« des guérites qui clignent de l’œil

dans leur devanture

pimpante et menteuse »

 

C’est un monde qui s’accroche aux futilités par manque de bon sens et de discernement. 

Tout est à refaire car le monde semble se tromper de sens par manque de bon sens.

 

 

 

© Crédit photo : Quatrième de couverture du recueil de Soisik Libert, Trombes en carré d’or vierge.

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Le poète est avant tout un être lucide et doté d’une grande sensibilité. Il sait lire entre les lignes et révèle des vérités. Et pour cause, notre poète fait montre d’une grande perspicacité en nous livrant sa perception des choses :  

 

« Je vois

au fond de la nuit

la détresse

d’un monde évanoui

Qui gronde

et couve encore

ses carats de lumière »

 

Et encore :

 

« Je vois

gravés sur ce mur

des serments tressés

qui me grisent

derrière

la chaîne épineuse des tags. »

 

Selon elle, ce monde doit cesser de cultiver le paraître pour apprendre à être. 

Elle est aussi celle qui cherche la lumière. La lumière qui réchauffe le cœur et l’esprit : 

 

« Dans la tresse du soleil

tu laisses éclater ta joie »

 

Malgré sa plume subtilement incisive, elle chante aussi l’amour :

 

« Couvre mon corps

de ton haleine

 

Viens dans ma place

Réchauffe ma nuit

 

Je marche dans la ville

Enfant perdu

uni à tes côtés

 

je marche dans la ville

ivre de ta voix

qui s’est tue »


 

 

© Maggy DE COSTER

 

URL. https://www.editions-harmattan.fr/livre-trombes_en_carre_d_or_vierge_soisik_libert-9782343239217-74125.html

 

 

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Pour citer ce texte inédit​​​​​​​​​​​​

 

Maggy De Coster (texte &  images), « Soisik Libert, « Trombes en carré d’or vierge », L’Harmattan 2022, 81 pages, 12€ »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 23 juin 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no13/mdc-trombesencarredor

 

 

 

 

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Citation brève de ce texte inédit ​​​​​

 

Maggy De Coster (texte &  images), « Soisik Libert, « Trombes en carré d’or vierge », L’Harmattan 2022, 81 pages, 12€ »http://www.pandesmuses.fr/no13/mdc-trombesencarredor

16 juin 2023 5 16 /06 /juin /2023 17:07

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 | Critique & réception 

 

 

 

 

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Sarah Anthony, « La saison sauvage »,

 

Éditions Unicité, 2022, 242 pages, 16€

 

 

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

C’est l’histoire de deux villages provençaux de la fin du XIXe siècle, l’un situé sur l’épaule d’un volcan et l’autre au pied de ce dernier.  Deux villages aux appellations surprenantes et significatives : Passanhaut et Passanbas. Le contraste entre ces deux villages nés de la même époque est saisissant. Au fil des jours l’écart se creuse entre les deux entités.

Habités par le complexe de supériorité en raison de leur standing de vie, les villageois d’en-haut, dénommés Passenhautains regardent ceux d’en bas, les Passanbasois, avec condescendance. 

 

Salomé, non gitane,  une jeune peintre évoluant hors des sentiers battus à Passenbas, vivant avec sa chatte Leodaora, loin d’envier les Passenhautains, les trouve plutôt pitoyables et indignes de toute considération. Elle aime la nature dans toutes ses composantes et voue une grande admiration pour Lupe, une vieille gitane sorcière de Passanhaut, qui ne trouve grâce ni aux yeux des Passanhautains, ni aux yeux des Passanbasois, colporteurs de ragots. Pour échapper à leurs jugements de valeur, Salomé a dû épouser son mari, moitié gitan, moitié italien dont il ne récolte finalement que l’indifférence et l’égoïsme. Aussi la délaisse-t-il tous les étés pour rejoindre ses parents du côté italien.

Une complicité va renaître entre la jeune femme et Sauveur, un autre demi-gitan, de retour au village après une éclipse de trois ans. Avec elle, Sauveur et Lupe, un vrai trio solidaire va se former. 

 

 En effet, Lupe est pour Salomé un rayon de soleil qui réchauffe son cœur, et ses conseils lui sont très précieux en dépit de quelques moments de perplexité face aux considérations de la vieille femme sur la vie et le monde. Cependant, elle respecte sa sagesse et reconnaît que toutes les vérités ne sont pas forcément démontrables.

  Lupe n’a de cesse de nourrir une obsession : retrouver sa jeunesse d’antan via un sortilège, ce qui ne manque pas d’effarer Salomé. Selon la vieille gitane, il existe le secret de l’âme souterraine, véritable réservoir de nos souvenirs.

Un incendie va toucher les deux villages. Sauveur, comme son nom l’indique, va sauver Salomé des flammes. Quant à la gitane, elle  sera saine et sauve. Les Passanhautains se remettront très vite des séquelles de l’incendie, leurs demeures ont vite retrouvé leurs couleurs flamboyantes mais les conditions de vie des Passanbasois laisseront davantage à désirer, faute de moyens pour faire disparaître les traces de l’incendie. 

Lupe réussira-t-elle sa transmutation magique ? Comment évoluera la relation de Sauveur avec Salomé ? Il suffira de lire le roman pour en savoir davantage.

 

Chaque scène est décrite avec une précision étonnante et un luxe de détails minutieux à telle enseigne qu’on se croirait in situ. C’est vivant, entraînant et dynamique. Une narration bouillonnante. À part quelques phrases très longues (parfois de cinq lignes !) mais maîtrisées grammaticalement. Un premier roman, à mon avis, bien réussi. On dénote une érudition certaine et captivante chez l’auteure.

« Salomé tomba à genoux, la gorge en feu, et rampant sur le sol brûlant, tentant de s’éloigner du feu véloce, elle continua son appel, tandis qu’un troisième éclair illuminait tous les environs d’une lumière différente de celle de l’incendie, une lumière apaisante et froide. » 

Et encore :

« Elle trouva en elle la force de se relever, criant le nom de Sauveur, mais autour d’elle n’était que fumée blanche, à travers laquelle rougeoyaient les lueurs de l’incendie, et les paillettes dorées du feu, auxquelles l’imminence du danger avait ôté toute beauté. »

 

Notons que l’auteure est particulièrement influencée par le réalisme magique de Gabriel Garcia Marquez dans Cent ans de solitude

 

© Maggy DE COSTER

https://www.editions-unicite.fr/auteurs/ANTHONY-Sarah/la-saison-sauvage/index.php

https://www.lemagducine.fr/author/sarahanthony/page/2/

 

 

***

 

 

Pour citer ce texte inédit​​​​​

 

Maggy De Coster, « Sarah Anthony, « La saison sauvage », Éditions Unicité, 2022, 242 pages, 16€ », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 16 juin 2023. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia23/mdc-anthony-saisonsauvage

 

 

 

 

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Retour à la Table du festival Megalesia 2023

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia 2023 Gazette Muses symboliques
15 juin 2023 4 15 /06 /juin /2023 18:06

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 | Muses au Masculin | Critique & réception 

 

 

 

 

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Claude Luezior, Au démêloir des heures,

 

Éditions Librairie-Galerie Racine–Paris,

 

94 p., 2023, ISBN : 978-2-2430-4859-9

 

 

 

 

 

Texte de

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François Folscheid

 

Écrivain et fin lettré (Saumur)

 

 

Couverture illustrée par

 

Diana Rachmuth

 

Architecte & artiste-peintre d'origine roumaine

 

 

 

 

© ​Crédit photo : Première de couverture illustrée par Diana Rachmuth,  "installation" (à savoir la mise en scène d'un kimono) du recueil de poèmes Au démêloir des heures de Claude Luezior, Éditions Librairie-Galerie Racine–Paris.

 

 

 

S’il est vrai que l’être humain est fait d’eau de mer et de poussière d’étoiles, pourquoi le poète, aux antennes plus sensibles que le commun, n’entendrait-il pas la voix d’un « inconscient originel » ? C’est ce que semble nous dire Claude Luezior dans son nouveau recueil Au démêloir des heures, paru en avril 2023 aux éditions Librairie-Galerie Racine–Paris.

 

Mais pour s’aboucher au verbe primordial – qui est aussi béance et silence –, il faut passer par l’inconscient individuel, en franchir les espaces ténébreux, ce « carnaval de l’insensé » où « halète une part animale ». Et si Luezior s’abandonne à ce « trou noir / aux encoignures / d’enfer » et se laisse parfois emporter par les « meutes carnassières / des cauchemars inassouvis », il ne fait pas naufrage pour autant. Après tout, Orphée n’a-t-il pas réussi à traverser les épreuves de l’Enfer et à en ressortir indemne, quitte à se retrouver veuf à jamais de la bien-aimée ?

 

Car le pouvoir de la poésie est là, toujours, lueur phosphorescente dans la nuit de l’être : quand « là-bas se déhanche un poème », « démones aux rouges grimoires », « becs et hiboux carnivores » glissent sur le bouclier d’azur et le heaume de candeur du poète. Pouvoir de la poésie et pouvoir aussi de l’amour, car Luezior ne s’est pas retourné sur Eurydice : Elle est là, en filigrane, présence discrète, tantôt prenant le visage de l’aube, qui « anime ses fibres tièdes », tantôt revêtant « la pudeur d’une violette ». Si l’animus en lui ne saurait s’amputer de son anima, c’est sans doute pour mieux assurer sa mission d’explorateur de l’Inconscient et de questeur métaphysique : « sur les brisants / de nulle part / lier l’invisible / aux racines de l’être ».

 

La poésie de Claude Luezior est une poésie de combat – combat avec nos démons, nos habitudes mentales, nos phobies – et de quête d’une sérénité qui n’adviendrait qu’au bout d’un arrachement à nos malédictions et à nos « affres d’arrière-nuit ». Bâti sur le procédé de mise en page dont l’auteur est coutumier, le recueil nous offre cette alternance – visuellement agréable – de poèmes en vers libres et de mini-proses, produisant un effet de synergie poétique.

 

Épurée et maîtrisée, sans emphase excessive, avec juste ce qu’il faut d’abstraction pour ne pas glisser dans le larmier du lyrisme, cette poésie évite sans effort ces écueils de la poésie contemporaine que sont la perte du sens par noyade dans les mots, et l’amuïssement du chant par abus du cryptique.

 

Ainsi dans ce démêloir des heures, Luezior nous convie-t-il enfin, démons vaincus, à « un jour de sucre / de pulpe rare et de blés / manne pour fiançailles / où jubilent / des persiennes ouvertes ».

 

 

© François Folscheid, Saumur, juin 2023

 

***

 

 

Pour citer ce texte inédit​​​​​​​​​​​​​​​​​

 

François Folscheid, « Claude Luezior, Au démêloir des heures, Éditions Librairie-Galerie Racine–Paris, 94 p., 2023, ISBN : 978-2-2430-4859-9 », illustration de la couverture par Diana Rachmuth, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 15 juin 2023. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia23/folscheid-luezior-audemeloirdesheures

 

 

 

 

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8 juin 2023 4 08 /06 /juin /2023 17:36

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 | S'indigner, soutenir, Lettres ouvertes |  & hommages | Faits divers & Catastrophes | Varia de textes poétiques 

 

 

 

 

 

 

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​​​​poésie en berne

 

 

 

 

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Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photo : Erato, gravure.

 


 

le soleil à peine levé

s'est ce matin recouché

avec ces tout petits

dans un parc poignardés


 

aujourd'hui ma poésie

est en berne et ma rime

saigne entre les lignes

car les mots ne consolent plus


 

seul le silence

sur la page blanche

où leurs cris d'ange se sont tus

me rapprochent des nues


 

© Françoise Urban-Menninger

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème inédit​​​​​​ 

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Françoise Urban-Menninger, « poésie en berne », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 8 juin 2023. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia23/fum-poesieenberne

 

 

 

 

 

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Bienvenue !

 

 

APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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