13 juillet 2024 6 13 /07 /juillet /2024 18:54

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Critique & réception

 

 

 

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Patricio Sánchez-Rojas, « L’exil est une

 

histoire aux nombreuses pages »,

 

Éditions de l’Aigrette, 2024, 126 p., 15

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Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil de Patricio Sánchez-Rojas, « L’exil est une histoire aux nombreuses pages », Éditions de l’Aigrette, 2024.​​​​​​

 

En 126 pages et 11 chapitres Patricio Sánchez-Rojas raconte l’exil avec des mots qui nous dépaysent en nous faisant voyager. Vivant loin de son Chili natal depuis 1977, il a la vague à l’âme en laissant « la maison vide ». Dans ce recueil de poèmes, on assiste à l’éternelle présence de la nature dans toutes ses composantes : le soleil, la mer, les animaux marins, les rochers, les volcans dont le Llaima et le Chaitén, les oiseaux, les arbres comme les araucarias de son pays d’origine ou « l’arbre invisible » ou encore « l’arbre déraciné » qui est la symbolique de l’exilé qui perd ses attaches, ses racines :

 

« Ta promesse

est peut-être semblable

à l’arbre déraciné. »

 

La déification du soleil rappelle forcément ses racines amérindiennes : 

 

 « Le soleil

est notre Dieu » 

 

L’amour occupe une place importante dans sa vie d’exilé :

 

« mon amour est

un collier de perles 

que le vent fera disparaître

au printemps. »

 

Les perles sont des joyaux à la fois très précieux exposés à la force du vent printanier, c’est-à-dire exposés aux aléas de la nature. Cet amour perlé est comme la salamandre qui est considérée comme une dompteuse du feu et symbolise aussi la régénération : 

 

« Sa force habite 

dans les yeux

de la salamandre. »

 

L’image du feu est également très présente dans ce recueil de poèmes. Qu’on note: des « arbres en feu »,  des « hanches de braise », «  des entrailles en feu », «  la peau de lave », et «  la ville brûle ». 

 

Il y a aussi un poème dédié au poète mexicain Octavio Paz, Prix Nobel de Littérature, où l’élément feu est présent sans oublier la référence à l’arbre et la racine :

 

 « Deux corps :

l’un de lave,

l’autre de feu.

 

Ils sont face à face

comme l’arbre et la racine. »

 

On retrouve également du feu dans un poème dédié à Paul Éluard : 

 

«  Travail de forge. Braise

éteinte. Regard de quartz

qui nous arrache le monde. »

 

Image ambivalente du feu signifiant à la fois destruction et transformation. Ce « travail de forge » nous fait penser à la forge d’Héphaïstos et à la capacité de l’humain de se dépasser. À méditer.

 

Il avoue ses préférences pour Apollinaire et Kafka, des exilés comme lui :

 

«  Guillaume Apollinaire

est sûrement l’une de mes idoles préférées,

avec Kafka. »

 

Pour Patricio Sánchez-Rojas, l’exil c’est aussi la perte annoncée de ses amis :

«  En perdant mon pays,

j’ai perdu aussi beaucoup

d’amis. »

 

Mais « D’autres sont venus après, »

Il s’est refait un autre monde. Il est sous une autre latitude où il n’y a plus de colibris, plus d’oiseaux de lave de Patagonie et bien loin de la Terre de Feu mais à l’abri du tyran.

Les déshérités comptent aussi dans sa pérégrination de poète exilé. Les villes sont des lieux d’apprentissage de la vie dans ses multiples facettes. 

Exilé, il ne saurait ne pas avoir de compassion pour les migrants : 

 

«  On expulse les migrants.

On les jette dans des prisons.

On les humilie. »

 

« Je est un autre », dit Rimbaud. Aussi, se met-il à la place des autres pour se faire leur porte-parole, leur porte-voix en tant que poète, car le poète est l’écho de son temps, le témoin oculaire et auriculaire,bref, un passeur d’idées.

 

© Maggy DE COSTER

 

À consulter également la page du recueil du site Lecteurs.com :

https://lecteurs.com/livre/lexil-est-une-histoire-aux-nombreuses-pages/6259094

 

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Pour citer ce texte inédit 

 

Maggy De Coster, « Patricio Sánchez-Rojas, « L’exil est une histoire aux nombreuses pages », Éditions de l’Aigrette, 2024, 126 p., 15€ », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 13 juillet 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noiii/mdc-rojas-exil

 

 

 

 

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12 juillet 2024 5 12 /07 /juillet /2024 17:19

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Critique & réception | Dossier mineur | Articles & témoignages 

 

 

 

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Emma Filao, « Un crachat de givre »,

 

 

Éditions du Cygne, 2024, 70 p., 15€

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Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil « Un crachat de givre » par Emma Filao aux Éditions du Cygne, 2024.

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La mémoire est une faculté qui oublie, dit-on. Cependant l’oubli n’est jamais total : il y a toujours des faits qui refont surface, après avoir été enfouis dans le subconscient. Il y a aussi la mémoire du corps car le corps garde l’empreinte des traumas, c’est ce qu’Emma Filao, victime d’inceste dans son enfance, révèle dans ce recueil de poèmes. :

 

« mon corps se tord

dans la douleur de l’autre en moi

qui frappe à ma mémoire »

 

« Ce corps à tout prendre que tant ont pris 

dans la violence d’un souffle irrespirable »

 

Et c’est à la lueur de l’insaisissable qu’elle tente de défaire le nœud de ce silence qui nouait sa gorge pour raconter son calvaire d’enfant violée, cherchant refuge dans la mort.

Se défaire de ce passé qui lui colle à la peau et qu’elle continue de vivre au présent comme un cauchemar :

 

« qu’est ce qui m’emporte

un viol

un viol primordial

ce crime qui me poursuit »

 

Elle est devenue cette femme révoltée qui ne veut plus rester bouche cousue mais retrouver le souffle pour conjurer son enfance douloureusement volée et « transformer  ce qui blesse »  « et ce qui reste » ; conjurer ses nuits d’insomnie.

Grâce à la poésie, elle a fini par exorciser ses visions d’images « au goût de sang » et laver son corps souillé par l’inceste. 

Comme le phénix elle renaît de ses cendres et un sang nouveau coule à présent dans ses veines. Elle a repris goût à la vie :

 

« et me voilà

avec cette de

parole délivrée et

cette absurde

envie de vivre

enfin »

Pari gagné : Vive la femme régénérée, évoluant dans l’affirmation de soi. 

 

 


© Maggy DE COSTER

 

À consulter aussi

*la page d’autrice aux Éditions du Cygne, URL.

http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-emma-filao.html

**la page du recueil aux Éditions du Cygne, URL.

**http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-crachat-de-givre.html

 

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Pour citer ce texte inédit, engagé & féministe pour l'élimination des #VSS

 

Maggy De Coster, « Emma Filao, « Un crachat de givre », Éditions du Cygne, 2024, 70 p. 15€ », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 12 juillet 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noiii/mdc-ef-uncrachatdegivre

 

 

 

 

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12 juillet 2024 5 12 /07 /juillet /2024 15:35

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Critique & réception | Dossier mineur | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Critiques poétiques & artistiques 

 

 

 

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Coralie Akiyama, « Éternelle Yuki »,

 

 

Éditions du Cygne, 2024, 55 p., 12€

 

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Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée ​​​​​​du recueil de Coralie Akiyama, « Éternelle Yuki » aux Éditions du Cygne, 2024..

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« Quand la main écrit, c’est le cœur qui parle et qui soupire. » Alfred de Musset.

C’est le cri d’un cœur saignant de douleur.  C’est le dit d’un être mal aimé par son pays d’adoption, le pays du soleil levant, aux us et coutumes implacables.

Son cœur bat la chamade quand elle pense à appelle «  ma grande murée adorée », « ma silencieuse » : 

« Mon enfant prisonnière, d’un royaume épais […] Je t’aime plus que tout tant j’écris pour toi sur un balcon étranger aux oiseaux de cuivre et feuilles rondes plus il y a de douleur et plus il y a d’oiseaux. »

S’adapter ou retourner au bercail pour réapprendre à être soi-même car il est impossible d’accepter d’être autre que soi-même. Se fondre dans le décor, s’effacer et devenir la grande muette tel était le sort de Coralie Akiyama, Française d’origine, laissant malgré elle sa fille au Japonais : 

« Je suis le je (u) qui s’efface, tu as gagné ». S’effacer au profit du collectif car l’individu n’existe pas.

En dépit de sa grande souffrance, elle sait faire la part des choses : 

« Cruauté, tu n’enlèves rien à la beauté des couloirs de portes vermillon dans les montagnes. »

Elle ne peut s’empêcher de s’extasier devant la beauté de ce pays. Aussi évoque-t-elle : 

Le « Mirifique vol blanc de papillon dans l’eau »

Le paroxysme de la froideur et le silence gagnent même le sentiment amoureux et les relations conjugales : 

«  Trois ou treize ans sur une pierre j’ai craqué mes dernières allumettes de paroles et tu ne me tends pas de briquet mon mari est d’or l’amour silence un métal froid. »

« Le silence est grand ; tout le reste est faiblesse ». Alfred de Vigny in  « La mort du loup ».

C’est peut-être dans le silence que ce peuple puise sa force. Il y a peut-être aussi une alchimie à découvrir, donc il convient de percer les arcanes de la culture japonaise. 

« On parlait saison, on parlait cuisine » dit-elle.

Les saisons rythment la vie et la cuisine utilise les fruits de la terre pour nourrir les êtres humains et les maintenir en vie, donc il y a une harmonie entre les saisons et la cuisine. Manger les fruits de saison est un mot d’ordre salutaire. Cela dit, les êtres humains intègrent les saisons tout comme l’art culinaire dans le maintien de leur vie.

Elle n’oublie pas que dans ce pays, les relations c’est comme « les neiges éternelles » car « elles ne s’éteignent jamais ».

Ses considérations sur la gent masculine portent sur leur discrétion :

Ils sont  « de(s) trésors peu photogéniques en éblouissements/ juste comme il faut/ tu passeras à côté si tu passes »

Le Japon, «  ce pays qui ne se laissera pas prendre dans les bras » semble vouloir être un parangon de stoïcisme et de perfection ; pas de juste milieu, « le reste du monde […] un lit défait. 

C’est pour ne pas « finir sublime anesthésiée d’harmonie molle comme la mort des belles endormies » qu’elle se sauve de ce pays paradoxal qui lui offre à la fois beauté et cruauté mais le cœur serré d’avoir laissé sa fille qui n’est là que pour écouter et rester docile.

 

© Maggy DE COSTER

À consulter également

*la page d’autrice aux Éditions du Cygne, URL.

http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-coralie-akiyama.html

**la page du recueil aux Éditions du Cygne, URL.

http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-eternelle-yuki.html

 

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Pour citer ce texte inédit 

 

Maggy De Coster, « Coralie Akiyama, « Éternelle Yuki », Éditions du Cygne, 2024, 55 p., 12€ », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, & Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 12 juillet 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno4/noiii/mdc-caeternelleyuki

 

 

 

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8 mai 2024 3 08 /05 /mai /2024 17:02

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2024 « Amies » & « Elles » | II. « Elles » | Florilège / S’indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages 

 

 

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​​​​​​Elle.. nullement morte !

 

 

 

 

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Dina Sahyouni 

 

 

 

Crédit photo : Sarah Bender de Wolfe « A basket of roses », 1896, peinture tombée dans le domaine public. Capture d'écran de la photographie libre de droits du site Commons.

 

 

 

Poème pour éliminer les violences conjugales et les féminicides.

En mémoire de celles qui furent.

 

 

 

 

Perdue dans les nuages

effacés de leurs visages

ton sourire, ton visage

ô femme sans bagages

battue, rendue un mirage

virevoltant dans les orages

d'âge en âge

continue leur naufrage

 

 

©DS, Samedi 4 mai 2024.

 

 

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Pour citer ce poème féministe luttant contre les violences sexistes, sexuelles & féminicides

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Dina Sahyouni, « Elle.. nullement morte ! »Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2024 « Amies », « Elles », mis en ligne le 8 mai 2024. URL :  http://www.pandesmuses.fr/megalesia24/ds-nullementmorte

 

 

 

 

 

 

 

Mise en page par David 

 

 

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2 mars 2024 6 02 /03 /mars /2024 18:27

N° I | HIVER 2024 | Seules, seulettes : des poésies de nos solitudes / 1er Volet | Dossier mineur | Florilège 

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Femme en éclats​​​​​

 

 

 

 

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Berthilia Swann

 

 

 

 

Crédit photo : « Village women working in field painting » by vignesh kumar, peinture, image libre de droits, capture d'écran de la photographie libre de droits du site Commons.

 

 

 

Poème en hommage à la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars

 

 

 

 

femme lève-toi !

Ô femme lève-toi !

Fais entendre l'éclat de ta voix 

Marche et annonce toi !

Combattante de tes luttes

Combattante et proie

Prends ton courage

Aux cris de ta foi

Femme d’aujourd’hui et d’hier

Libère-toi !

Relève toi et crois !

Porte la vie à bout de bras

Femme en tout genre

Mère, épouse et en célibat

Aime-toi !

Honore ton nom

Honore ta foi !

D’amour éternel

Béni de tes croyances

Crois en toi !

Porte ton drapeau, transmets-le en héritage

Aux enfants de tes enfants

Choisis toi !

Bats toi !

Danse sur ta vie

Au plus haut, au-delà

En force, d’une main de velours

D'avancée pas à pas 

D’un chemin d’apprentissage

D’une destinée à merveille

D'être née femme.

                      

                                     

© Berthilia Swann

 

 

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Pour citer ce poème féministe pour célébrer le 8 mars

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Berthilia Swann, « Femme en éclats », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° I | HIVER 2024 | « Seules, seulettes : des poésies de nos solitudes », 1er Volet, mis en ligne le 2 mars 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noi/bswann-femmeeneclats

 

 

 

 

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