15 octobre 2024 2 15 /10 /octobre /2024 11:26

N° IV | AUTOMNE 2024 | NUMÉRO SPÉCIAL 2024 | Les femmes poètes européennes par Lya Berger (1877-1941) 1er Volet | Poésie & littérature pour la jeunesse Revue culturelle des continents & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Dossier | Critiques poétiques & artistiques

 

 

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Créatures fantastiques du Japon 

 

entre mythologie japonaise & culture pop

 

 

 

 

 

 

 

Article & images (prises) par

 

 

Humanit'elles

 

Fondatrice & rédactrice du Portail des ressources documentaires

sur les femmes & l'identité de genre intitulé « Humanit'elles »

 

Texte & photographies reproduits avec l'aimable autorisation de l'autrice

 

Site officiel : https://humanitelles.fr/

 

 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Première de couverture illustrée par Nina Hayer de l'ouvrage illustré « Créatures fantastiques du Japon » de Chris Lavaquerie-Klein & Laurence Paix-Rusterholtz. Ouvrage illustré par Nina Hayer & paru en 2024 chez Nathan. Image no 1 prise par Humanit’elles

 

 

 

 

Créatures fantastiques du Japon, l'ouvrage de Chris Lavaquerie-Klein et Laurence Paix-Rusterholtz illustré par Nina Hayer et publié chez Nathan, est destiné à un jeune public curieux de découvrir l'origine des héros et des héroïnes qui peuplent ses mangas, ses animes et jeux vidéos préférés. Dès 9 ans... et jusqu'à un âge très avancé. Un livre érudit, passionnant et superbe ! 

Chris Lavaquerie-Klein et Laurence Paix-Rusterholtz ont choisi dans leur dernier ouvrage de nous emmener au Japon. Et quel meilleur moyen pour découvrir une civilisation que de remonter à ses origines ? Le texte des deux autrices et les illustrations de Nina Hayer nous plongent dans un pays partagé entre traditions et appropriation, ou entre Orient et Occident. Les dessins – magnifiques – puisent leur inspiration dans les estampes japonaises du XIXème siècle, et même antérieures puisque le premier auteur de mangas n'est autre qu'Hokusai. Toutes ces œuvres ont largement influencé les mangakas des siècles suivants. Un premier saut dans le temps – graphique – est franchi. Le deuxième est textuel, puisque le récit fait le pont entre des Pokémon, des personnages de mangas, de films d'animation et de jeux vidéos ayant pour source celles et ceux présent.e.s dans la mythologie et les contes et légendes nippons.
La conception du livre « Créatures fantastiques du Japon » est proche de celle de « Un dieu sur deux est une déesse » de ces deux mêmes autrices, paru également chez Nathan en juin 2023. En effet, dans les deux ouvrages elles narrent d'abord l'histoire et mentionnent ensuite les spécificités des personnages : les moyens de les reconnaître, leur survivance dans la société actuelle, etc.
Avec « Un dieu sur deux est une déesse », les jeunes lecteurs découvraient les mythologies grecque, américaine, africaine, entre autres, et... asiatique. Ils y croisaient déjà Amatesaru, la déesse de la lumière.
Composé de quatre parties, "Créatures fantastiques du Japon" nous conte les exploits d'êtres aux pouvoirs extraordinaires :
 

— les kamis, dieux vénérés par les adeptes de la religion shintoïste qui se divisent en trois groupes : les kami Parents du monde, les kami du Ciel et les kami de la Terre.

Les yōkai, des êtres fantastiques qui peuplent le monde surnaturel japonais.

Les dragons, qui sont les descendants des dragons chinois et aussi des nāga, les dragons indiens introduits au Japon avec le bouddhisme.

— Les héros et l'héroïne, considéré.e.s ainsi à la suite de leurs victoires militaires.


Ayant opté pour une lecture féministe de l’ouvrage, nous parlerons surtout des créatures fantastiques de sexe féminin, sans oublier cependant leurs homologues masculins ou d'un autre genre. Les déesses, les yōkai, les dragonnes et l'héroïne se révèlent puissantes, solaires, gaies, intelligentes, terrifiantes, rusées, amoureuses, aidantes, bienveillantes et conquérantes. Des "femmes" fortes !

 

 

Les Kami

 

© Crédit photo : Nina Hayer, illustration des déesses & dieux kamis dans les « Créatures fantastiques du Japon ». Image no 2 prise par Humanit’elles.

 

 

Izanami, la sœur d'Izanaki, tous deux Kami Parents du monde, sont chargé.e.s par les Kami du Ciel de rendre la Terre habitable. Après avoir créé l'île Onogoro et construit un palais, ils se marient. Izanami donne naissance aux huit îles formant le Japon, ainsi qu'aux Kami du vent, des montagnes, des eaux, des arbres, des fleurs, de tous les éléments de la nature et... du feu qui va lui brûler les entrailles et provoquer sa mort. Izanaki l'implore de revenir dans le monde des vivants. Elle exauce son souhait à condition qu'il attende son retour sans essayer de la voir. Il désobéit. Ils ne se reverront jamais. Elle devient la déesse de la mort.
Izanami est la kami co-créatrice du Japon et des éléments. Trahie par Izanaki, son frère et mari qui transgresse l'interdit, Izanami en proie à une terrible colère et animée par la vengeance devient la déesse de la mort, elle qui avait donné naissance au monde. Un air d'Orphée et Eurydice !

Amaterasu, kami de la lumière lasse du comportement violent de son frère Susanowo, kami de la mer et des tempêtes, décide de se retirer dans une grotte céleste. Les ténèbres règnent sur la Terre. Les kami se réunissent pour trouver une solution. Elle va passer par le forgeron du Ciel et son miroir, et par Uzume, kami de la gaité et de la joie, qui en provoquant des rires va éveiller la curiosité d'Amatesaru et la faire sortir de la grotte. La lumière se reflétant dans le miroir révèle sa présence. Un kami va l'extraire de sa cachette. Le soleil réapparaît.
Le soleil, astre puissant, se décline au féminin. Le disque rouge surmontant les cheveux d'Amaterasu est devenu le symbole du Japon, le pays du Soleil Levant. Cette déesse représente une figure fondatrice de la culture japonaise. Elle a apporté aux hommes les champs de riz, la technique de l'élevage des vers à soie et l'art du tissage.

Uzume, kami de la gaité et de la joie.
Amaterasu envoie son petit-fils sur la Terre au Japon pour apporter le riz aux humains. Elle charge Uzume de l'accompagner. La kami de la gaité et de la joie, le jeune prince et son cortège doivent franchir le Pont Flottant du Ciel gardé par le terrible Saruto-Hiko, chef des Kami terrestres. Ce dernier, face au nombre, craint de perdre son pouvoir et barre l'accès au pont. Les kamis sont certains qu'Uzume saura convaincre cet adversaire. Une mission qu'elle accomplit grâce à son humour.
Uzume est une déesse en qui l'on peut avoir confiance pour mener à bien une mission importante et difficile grâce à son rire et son humour. Et ce n'est pas son seul exploit. Rappelons qu'elle avait réussi à extraire la kami de la lumière de son refuge en exécutant une danse endiablée suscitant l'hilarité des spectateurs. Elle a survécu sous les traits d'un personnage de kyōgen, le théâtre comique et satirique japonaise.

Et du côté des dieux :

Ohokuninushi, kami de la médecine et de la guérison, dont la double résurrection fait aussi de lui un kami de la magie et du renouveau. Dieu très important du shintoïsme, il est vénéré pour ses qualités humaines : bonté, courage et compassion.
Le tengu, kami des montagnes et des forêts défend son territoire. Gare à ceux qui veulent y porter atteinte. Il a inspiré le Pokémon Tengalia.

 

Les Yōkai

 

© Crédit photo : Nina Hayer, illustration des êtres surnaturels Yōkai dans les « Créatures fantastiques du Japon ». Image no 3 prise par Humanit’elles.

 

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Nure-Onna, la femme serpent.
Les villageois coupent les branches de saule. Soudain, ils entendent une femme tenant un bébé emmailloté das ses bras appeler au secours. Elle est en train de se noyer. Un pêcheur et un villageois se portent à son secours. mais cette femme n'est autre que Nure-Onna, affamée. Elle enroule son immense corps de serpent autour du pêcheur puis du paysan et les entraîne au fond de l'eau pour les dévorer.
Cette figure de l'ogresse a sa place dans le bestiaire fantastique. L'ogresse est associée à la mort. Rusée, fourbe, terrible, terrifiante, son nom signifie "femme humide". Elle est parfois considérée comme un dragon.

Kuzu no Ha, la kitsune blanche.
Alors que Abe no Yasunason traverse la forêt, surgit une magnifique renarde blanche qui le supplie de la sauver d'un chasseur. Elle n'est autre que l'animal sacré de la déesse Inari, kami de la prospérité. Son intervention permet à la renarde de disparaître. Mais le chasseur, furieux, s'en prend au garçon qu'il laisse seul dans la forêt, dans l'incapacité de se relever. Une belle jeune fille va lui apporter son aide. Ils vont se marier et avoir un fils. Kuzu no Ha est la renarde blanche à qui Abe no Yasunason a porté assistance. Elle doit garder son secret sinon le charme sera rompu. Un jour, pensant être seule, elle laisse apparaître sa queue sous son kimono. Son petit garçon la voit. Elle doit fuir. Elle arrange une dernière rencontre avec son mari et son fils, qui, grâce aux dons qu'il reçoit de sa mère, deviendra un grand magicien.
La métamorphose de l'animal en humain et le thème du charme rompu sont des éléments traditionnels du conte. Kuzu no Ha est un personnage émouvant. Elle paie cher sa transgression de l'interdit. Son retour à la condition animale ne lui enlève pas son humanité. Elle garde tout son amour pour Abe no Yasunason, qui l'a sauvée et qu'elle a secouru, et pour son petit garçon, à qui elle prend le temps de transmettre des pouvoirs et qu'elle ne reverra jamais. De l'inconvénient pour un simple mortel d'épouser une créature fantastique.

Abordons les yokaï d'un autre genre.

Bake neko, un chat pas si mignon dont le Pokémon Mentali va s'inspirer, est aussi présent dans le film de Hayao Miyazaki "Mon voisin Totoro". Ces personnages n'en n'ont pas l'horrible caractère. Notons cependant que Bake neko devient géant et terrifiant pour venger la mort du fils de sa maîtresse.
Les tsukumogami se vengent. Furieux de la façon dont ils sont traités, les vieux objets se rebiffent. Nous les retrouvons dans le manga de Hiroshi Shiibashi, "Nura, le seigneur des yōkai" et dans la série de films "Yo-Kai Watch".
Le kappa, un yokaï facétieux.
Kappa signifie "enfant des rivières". Les kappas auraient été inventés par des parents pour faire peur à leurs enfants. Le kappa a inspiré les Pokémon Nénupiot. Par ailleurs, il est l'un des personnages du film de Keiichi Hara "Un été avec Coo".
Le tanuki, roi de la transformation, porte un chapeau de paille et une gourde remplie de saké. C'est le yokai-esprit des montagnes et des forêts. Il a une réputation de farceur mais il est aussi très gentil. Dans les jeux vidéos, sous le personnage de Mario Tanuki, il figure aussi dans Pompoko, film d'animation d'Isao Takahata.


Hyakume, le gardien de nuit chargé de garder un très vieux temple, est un être recouvert d'un centaine d'yeux jaunes clignotants. Une grande aide la nuit mais un calvaire le jour car la lumière le brûle. Il a inspiré Shigeru Mizuki, auteur du manga "Kita le repoussant", ainsi que l'artiste japonais Takashi Murakami.

 

Les dragons

 

© Crédit photo : Nina Hayer, illustration des dragons dans les « Créatures fantastiques du Japon ». Image no 4 prise par Humanit’elles.

 

 

Toyotame hime, l'éblouissante princesse, est la fille de Ryūjin, le roi-dragon des mers. Ce dernier va aider Howori, l'un des petits-fils d'Amatesaru, à se tirer d'un bien mauvais pas. Il le mène à son palais où vit sa fille. Howori en tombe amoureux et l'épouse. Au moment d'accoucher, Toyotame hime prie son mari de ne pas la regarder pendant qu'elle met au monde leur enfant. Howori ne respecte pas cette requête et voit sa belle épouse transformée en monstre marin. Elle doit retourner vivre au palais sous la mer. Ils ne se reverront plus mais ne cesseront jamais de s'écrire des lettres d'amour.
Encore une fois, de l'inconvénient pour un simple mortel d'épouser une créature hors-norme, telle que la fille du roi-dragon des mers, et de lui désobéir. Rappelons-nous Izanaki qui n'avait pas respecté la demande d'Izanami, déclenchant la colère de cette dernière. Et si une fois de plus l'interdit est transgressé, la fin est cependant plus heureuse. Une source d'inspiration pour la Petite sirène ?

 

Zennyo Ryūō, la bienfaitrice va répondre à l'appel du moine bouddhiste Kükai que l'empereur a sollicité, parmi d'autres, pour faire cesser la sécheresse sévissant au Japon. Il déclenche ainsi la jalousie du moine Shubin qui avait les faveurs du souverain. Au cours d'une longue méditation, Kükai découvre que Shubin a enfermé le kami des pluies pour l'empêcher de rentrer en contact avec les divinités. C'était sans compter sur Zennyo Ryūō qui, sous la forme d'un dragon aux écailles d'or, va surgir du fond d'un étang et déclencher un orage terrible.
Bienveillante, aidante, Zennyo Ryūō est un divinité bouddhique surnommée "la dame de bonté". C'est l'une des rares figures féminines à atteindre l’Éveil, la sagesse du Bouddha.

 

Gozuryū, le dragon d'Enoshima [et la déesse du bonheur Benzaiten].
Les villageois de Kamakura ont peur du dragon Gozuryū. En effet, ce monstre à cinq têtes dévore les enfants. Les villageois s'adressent à la déesse du bonheur Benzaiten qui, touchée par leur détresse, vient à leur secours. Grâce à elle le dragon devient doux comme un agneau et... heureux.
Benzaiten, l'une des sept divinités du bonheur, est aussi la déesse de l'eau, du savoir, de la littérature, de la musique et de la beauté.

 

Les héros & l'héroïne

 

© Crédit photo : Nina Hayer, illustration des héros & l'héroïne dans les « Créatures fantastiques du Japon ». Image no 5 prise par Humanit’elles.

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Jingū, la conquérante.
Chūai, l'empereur du Japon meurt car il a refusé de croire en l'existence de la Corée. Son épouse Jingū consulte Amatesaru, kami de la lumière. La déesse prédit à l'impératrice qu'elle va conquérir la Corée et ses trois royaumes. Pour mettre les chances de son côté, Jingū sollicite Ryūjin, le roi-dragon des mers qui, impressionné par sa détermination, lui apporte son soutien. L'impératrice prend ainsi possession des royaumes convoités.
Son histoire a inspiré les Onna-bugeisha, femmes qui se battent au côté des samouraïs. Elle est également la première femme à être représentée sur la monnaie impériale.

 

 

Umezu Chūbei, le vaillant samouraï [et la femme mystérieuse]. Le samouraï Umezu Chūbei défend par tous les temps les portes du château de son seigneur. Un jour une femme arrive, portant un bébé qu'elle confie au samouraï. Il accepte par crainte d'un mauvais sort. Cette femme pourrait être un yōkai. Pendant de nombreuses heures, il tient le bébé dans ses bras alors que celui-ci, étrangement, pèse de plus en plus lourd. La mystérieuse visiteuse revient et lui apprend que grâce à sa ténacité, il a sauvé le bébé et la maman. Le kami lui fait don d'une force exceptionnelle.
Ce récit prend sa source das le conte écrit par le journaliste irlandais Lafcadio Heam.

 

Et parmi les héros :

 

Momotarō, contre les oni.

Grâce à sa force surhumaine, Momotarō, accompagné de ses amis (un chien, un singe et un faisan), arrive à affronter les oni, des monstres qui pillent la région. Momotarō est devenu un symbole de protection du pays contre la pollution par exemple, une nouvelle menace.
 

Kintarō, le plus fort des héros.

Élevé par une sorcière des montagne, Kintarō est le fils du kami du tonnerre qui l'a doté d'une puissance sans pareille. Un jour, alors qu'il joue avec ses amis, un ours noir s'approche. Kintarō initié aux techniques du sumo, l'affronte et sort vainqueur du combat. Il gagne le respect de l'ours et suscite le vif intérêt du chef de la garde impériale qui a assisté au combat. Lors de la Fête des Enfants le 5 mai, des poupées Kintarō sont confectionnées et installées à l'intérieur des maisons.
 

Abe no Seimei, le magicien malin est un personnage que nous avons déjà croisé puisqu'il est le fils de la renarde blanche, kitsune à qui il doit ses dons exceptionnels de magicien. Ceux-ci font des envieux parmi les devins, en particulier Ashiya Doman qui lui lance trois défis et n'hésite pas à tricher pour gagner, en vain. Abe no Seimei a vraiment existé. Il fut un grand maître du yin et du yang.

 

© Humanitelles

 

 

À consulter également :


__ LA PREHISTOIRE expliquée aux enfants par Laurence Paix-Rusterholtz et Chris Lavaquerie-Klein

__ Où l’on s’aperçoit que les femmes ne sont jamais très loin Des objets dans l’Histoire

__ Chris Lavaquerie-Klein, Laurence Paix-Rusterholtz, un duo d’autrices en ébullition

 

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Pour citer ce texte illustré

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Humanit'elles (article & photographies), « « Créatures fantastiques » du Japon entre mythologie japonaise et culture pop », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2024 NUMÉRO SPÉCIAL | NO IV | « Les femmes poètes européennes par Lya Berger (1877-1941) », 1er Volet & Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 15 octobre 2024. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno4/2024/noiv/humanitelles-article

 

 

 

 

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11 octobre 2024 5 11 /10 /octobre /2024 17:55

Événements poétiques | Charmille de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles & N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Poésie & littérature pour la jeunesse | Astres & animaux / Nature en poésie

 

 

 

 

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Le cerisier

 

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Écopoème bucolique par

 

Hélène Calinette

 

 

 

 

Crédit photo : Juliette Wytsman, « Cerisiers en fleurs », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran de l'image libre de droits du site Commons.

 

 

​À la mémoire du cerisier

 

 

 

Des mains un peu trop rêches

Des habits raccommodés

 

Nous n’en avions que faire

On riait sous le cerisier

 

Des paroles parfois en l’air

Comme un Monde qu’on s’inventait

 

Et si notre repas était maigre

On montait dans le cerisier

 

Les passants nous regardaient

Avec sourire, crainte ou pitié

 

Comme un air de tout temps on connait

Pas fréquentable si pas de monnaie

 

Mais nous on s’en moquait

Quand chantait le merle dans le cerisier

 

Et puis le temps a passé

Chacun sa route, son petit métier

 

On s’en est sorti à ce qu’on dirait

Notre petite routine du bon côté

 

Mais dans la nuit tout étoilée

Nos rires d’enfants entremêlés

 

Lèvres rouges cerise comme un baiser

Cristal d’un monde à réinventer

 



 

© Hélène Calinette

 

 

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Pour citer cet écopoème fleuri, élégiaque, engagé & inédit

 

Hélène Calinette, « Le cerisier », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poéféministe 2024 | « Charmille de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles 2024 »  & ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 11 octobre 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/11octobre24/noiii/hc-lecerisier

 

 

 

 

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8 octobre 2024 2 08 /10 /octobre /2024 12:30

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Astres & animaux / Nature en poésie | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages 

 

 

 

 

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la colère de la terre se réveille

 

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Écopoème bucolique & 2 images fournies par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Photographie du canal par

 

Claude Menninger

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, image du canal renaturé en Alsace et aujourd'hui menacé.

 

 

Ce poème défend un canal renaturé en Alsace et est menacé aujourd'hui. Dans le Ried en Alsace, nous sommes plusieurs à ne pas souhaiter qu'un canal laissé à l'abandon depuis 60 ans soit rouvert au tourisme fluvial, ce qui détruirait la flore et la faune. Une manifestation aura lieu le 5 octobre pour tenter de sauver ce qui peut encore l'être car les travaux ont déjà commencé...

 

 


 

creuser bétonner dénaturer

voilà élaboré le programme dévastateur

pour un dernier havre de bonheur

où de rares espaces aquatiques renaissaient

 

 

abattre des arbres le long des berges

de ce canal où parfois émergent

parmi une flore méconnue

des bouvières que l’on croyaient disparues

 

 

Crédit photo :  « Rhodeus sericeus » ou bouvière. Ce petit poisson qui est revenu revivre dans les eaux du canal renaturé, capture d'écran de l'image libre de droits du site Commons.

 

 

 

c’est détruire les ultimes merveilles

d’une terre dont la colère se réveille

armons-nous de cette poésie

pour répercuter l’infini de son cri

 

 

dans les plus hautes cimes

où résonnera cet hymne

accordons le chant limpide de cette onde

à la musique universelle du monde

 

 

car que vaudront sous le bleu du ciel

les rives sans âme d’un canal redevenu artificiel

aurons-nous assez de larmes pour pleurer

quand ce paysage sauvage appartiendra à notre passé


 

 

© Françoise Urban-Menninger, septembre 2024.

 

© Crédit photo : Bannière officielle de la manifestation écologique du 5 octobre pour préserver le canal et son écosystème. ou bouvière. Image fournie par l'écopoète Françoise Urban-Menninger.

 

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Pour citer cet écopoème lyrique, féministe, engagé, illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « la colère de la terre se réveille », photographie du canal par Claude Menninger, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 3 octobre 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noiii/fum-lacoleredelaterre

 

 

 

 

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Dernière modification de la page le 8 octobre 2024 (ajout d'images)

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30 septembre 2024 1 30 /09 /septembre /2024 18:16

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Travestissements poétiques | Astres & animaux / Nature en poésie 

 

 

 

 

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le cri de la terre

 

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Écopoème lyrique par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

Crédit photo : Evard Munch, « The Scream », 1893, dimensions 91 cmx 73 cm, peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran de l'image libre de droits de Wikipédia.

 

 

Face aux nouvelles menaces nucléaires, les guerres qui s'étendent, voici le cri de la terre qui se mêle à celui du tableau d'Evard Munch.

 

 

 

le pouls du monde s’accélère

menaces nucléaires

absurdité des guerres

pertes de repères


 

le pouls du monde s’accélère

face à un avenir délétère

alors monte la colère

depuis le ventre des mères


 

c’est le cri de la terre

dont le pouls s’accélère

c’est un cri qui déborde les frontières

mais qui encore et toujours espère


 

 

 

© Françoise Urban-Menninger, septembre 2024

 

 

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Pour citer cet écopoème lyrique, élégiaque & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « le cri de la terre », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 30 septembre 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noiii/fum-lecridelaterre

 

 

 

 

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21 septembre 2024 6 21 /09 /septembre /2024 17:59

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Dossier majeur | Articles & témoignages | Astres & animaux | Cuisiner en poétisant 

 

 

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Barbara Henkes, l’artiste qui nous

 

 

restitue le charme discret des légumes

 

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Écotexte par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème 

 

 

 

© Crédit photo : Barbara Henkes, peinture de nature morte végétale, image no 1 reprise sur son site.

 


 

L’artiste néerlandaise vient d’exposer ses créations à la librairie-café-galerie L’Oiseau rare à Strasbourg. Si elle fait provision de légumes, c’est non seulement pour les dévorer du regard mais aussi pour les déguster du bout de l’âme !

 

Elle nous en offre la quintessence dans des œuvres où elle use d’huiles, d’encres, de fusains  et de pastels, un médium qui se rapproche de la luminosité de la nature.

 

 

© Crédit photo : Barbara Henkes, peinture de nature morte végétale : des petits pois écossés dans une assiette en terre cuite brune &  ronde, image no 2 reprise sur son site.

 

 

Des petits pois écossés nous octroient leur tendresse qui s’égrène tout en rondeur et en douceur. Comment ne pas penser à La Princesse au petit pois devant cette œuvre délicate empreinte d’une subtile poésie ? Quant à ses carottes, nous les redécouvrons réincarnées, modestement mises en scène dans une assiette à la blancheur éclairante.

 

 

Se définissant elle-même comme « un peintre d’observation », Barbara Henkes aime également « abstraire le monde actuel » dans ses œuvres qui voyagent en Europe de Londres à Amsterdam en passant par Strasbourg où elle vit aujourd’hui.

 

 

© Crédit photo : Barbara Henkes, peinture de nature morte végétale : des carottes dans une assiette en terre cuite blanche & ronde, image no 3 reprise sur son site.

 

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Si l’artiste vient de présenter son regard singulier sur les légumes, elle est également portraitiste et nous livre la part belle des personnes qu’elle peint d’après des modèles vivants.

 

Son art nous invite à appréhender une nature, non pas morte, mais bien vivante qui nous rappelle le sens de cette vie qui, malgré son impermanence, nous met au monde et nous traverse de son intemporelle et universelle beauté.

 

 

© Françoise Urban-Menninger, septembre 2024.

 

 

 

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Pour citer cet écotexte végétal & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, «  Barbara Henkes, l’artiste qui nous restitue le charme discret des légumes », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 21 septembre 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noiii/fum-barbarahenkes-charme

 

 

 

 

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La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).

L’association SIÉFÉGP publiera en septembre 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.

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