* Ce poème illustre bien cette lignée de femmes que nous portons toutes en nous !
Retrouvez demain Françoise Urban-Menninger avec trois poétesses et un poète édités aux éditions Astérion au FEC à Strasbourg pour une soirée poétique en présence de l'éditeur (le 10 mai à 18h30) :
Françoise Urban-Menninger, « dans un même regard », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 9 mai 2023. URL :
Ce poème magnifique témoigne des difficultés sociales que rencontrent les femmes en général et les dites « étrangères » en particulier. Il contient deux licences poétiques de versification, la première se trouve dans le vers « Il n'a rien dit... mais je le voi ! » où le verbe voir est conjugué sans « s » à la première personne au présent de l'indicatif, quant à la deuxième, elle apparaît un peu plus loin dans la dernière strophe au vers « Quelle main essuira les larmes », le verbe essuyer est conjugué sans « e » après la lettre « i » à la troisième personne du singulier au futur de l'indicatif.
Ah ! que le monde est difficile !
Hélas ! il n'est pas fait pour moi.
Ma sœur, en ton obscur asile,
J'étais plus heureuse avec toi !
On m'appelle ici l'étrangère ;
C'est le nom de qui n'a point d'or.
Si je ris, je suis trop légère ;
Si je rêve... on en parle encor !
Si je mêle à ma chevelure
La fleur que j'aimais dans nos bois,
Je suis, dit-on, dans ma parure,
Timide et coquette à la fois ;
Puis-je ne pas la trouver belle !
Le printemps en a fait mon bien ;
Pour me parer je n'avais qu'elle ;
On l'effeuille... et je n'ai plus rien !
Je sors de cet âge paisible
Où l'on joue avec le malheur.
Je m'éveille, je suis sensible,
Et je l'apprends par la douleur !
Un seul être à moi s'intéresse ;
Il n'a rien dit... mais je le voi !*
Et je vois même, à sa tristesse,
Qu'il est étranger comme moi.
Ah ! si son regard plein de charmes
Recèle un doux rayon d'espoir.
Quelle main essuira* les larmes
Qui m'empêchent de l'entrevoir ?
Soumise au monde, qui m'observe,
Je dois mourir, jamais pleurer !
Et je n'use qu'avec réserve
Du triste droit de soupirer !
L'extrait ci-dessus provient du recueil de poèmes, tombé dans le domaine public de DESBORDES-VALMORE, Marceline (1786-1859), Poésies [de Mme Desbordes-Valmore], Troisième édition, Paris, François Louis (libraire, rue Hautefeuille, n°10), 1820, « Romances » pp.167-168.
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Pour citer ce poème de l'aïeule
Marceline Desbordes-Valmore,« L'étrangère », poème choisi, transcrit avec un commentaire & une photographie (prise) par Dina Sahyouni de DESBORDES-VALMORE, Marceline (1786-1859), Poésies... 3ème édition, (1820), Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières » & Marceline Desbordes-Valmore | Revue annuelle, internationale, multilingue & poéféministe (poefeminist), « Les couleurs dans les œuvres des autrices Desbordes-Valmore », n°3, mis en ligne le 5 mai 2023. URL :
lancolie irise le regard, alors qu’une déprime est
sordide.
Il rentrait le cœur blanc
Et la poche lestée
D’un vrai rasoir à lame
Qu’il avait acheté.
Mais dans ce monde qui ne renvoie aucun
écho, se dit-il, vivre est un acharnement.
Son bain chaud l’étreignait ;
De longs filets de pourpre
Germaient de ses poignets
Comme des fleurs diaphanes…
II
à Virginia Woolf
Le soleil de midi
Accablait de chaleur ;
Elle approchait du fleuve
Aux rives solitaires.
Je suis le chêne, je suis la biche ; je suis le
ver, je suis la foule. Je suis l’ardoise et le pavé, je
suis le prince et le bossu, la rose et la tempête.
Elle arpentait la grève,
Et saisie de vertiges,
Amassait des galets
Dans ses poches profondes.
Je suis l’instant qui meurt, je suis l’instant
qui vient, et jamais ne me repose.
Sa robe dans l’eau claire
Ondulait comme une algue,
Son regard se noya
Dans le reflet du monde…
Éléments biographiques
Tristan COLOVRAY, est un jeune poète et fondateur de la Maison alsacienne de la poésie. Il organise notamment des ateliers d'écriture en hommage à l'Ukraine et il a une page Facebook.
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Pour citer cet ensemble inédit & engagé
Tristan Colovray, « Le Silence des martyres », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 3 mai 2023. URL :
Il essayait de déchiffrer un vieux manuscrit, et se sentait envahi par une sorte de crainte sourde. Les choses, ce matin-là, avaient comme une tristesse. On entendait piailler des moineaux, le grincement d'une grue lointaine, puis menaçant, tel un mauvais rêve, le grondement éphémère d'un avion de chasse.
S'il fermait les yeux, il revoyait sur son lit à la maison de retraite, comme dans le tremblement mélancolique de l'éternité, le visage de sa mère morte, autour duquel on avait noué une bande de tissu blanc pour lui fermer la bouche. Elle paraissait parfaitement paisible, sans une ombre de regret ou de douleur. Dieu sait pourquoi elle lui avait fait songer au tableau d'un maître flamand qui représentait une pâle vierge au visage délicat et innocent, bien qu'elle fût fort âgée. Cela le consolait parfois qu'elle ait su résister au Temps, à ses traîtrises et à ses douleurs. Une longue vie faite d'amour, de dignité, et de modestie, de généreuse tendresse aussi, n'est-elle pas à sa façon un chemin de lumière ?... Tout en feuilletant le manuscrit, dont les phrases sibyllines dessinaient l'illusion d'un drame gothique, il se rappelait que sa mère confectionnait d'excellentes tartes au fromage ou aux pommes, absolument uniques, et que leur incomparable saveur avait la douceur et la puissance d'œuvres intemporelles, nées d'amour et de son sûr talent. Ô patience de ces choses qui n'ont que leur profondeur pour durer, éternel remaillage de la mémoire et de la destinée ! Comme le souvenir de ses pâtisseries blondes nous empêche de désespérer !
Pierre Zehnacker,« Pâtisseries blondes », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 3 mai 2023. URL :
Avec le mot « ferveur », vous pouvez voyager sans problème ni remords en première classe. Avec le mot « dérision », nul doute que vous obtiendrez tout un lot de billets à tarif réduit, associés à d'excellentes pré-dispositions à l'humour ferroviaire, histoire de profiter de fructueuses et agréables escales en des villes balnéaires suspendues comme hors du temps, ainsi que des haltes contemplatives assaisonnées de l'air du lointain et de la satisfaction ambiguë que l'on voit fréquemment sur la figure des cavaliers de bronze perchés sur des statues équestres.
Des termes comme « brume » ou « saccage » risquent d'altérer le climat de ces papiers peints qui fleurissent comme d'équivoques invitations dans les chambres d'hôtel de seconde zone, celles-là mêmes où opèrent souvent, fortes de la nostalgie du petit matin, comme ressuscitant de l'atmosphère trouble des rêves de la nuit, des servantes au corps souple et au cœur généreux.
Notre art, c'est de comprendre que nous n'avons pas grand-chose à espérer, et que la lumière qui éclaire un joli visage n'est peut-être qu'un faux-semblant avec lequel il faudra composer. Il peut arriver que le parfum que laisse parfois dans son sillage une belle femme inconnue en vienne à se confondre avec les épisodes plus ou moins sanglants d'une rêverie obscure.
Le mot « faiblesse » se dresse sur ses ergots et proteste contre l'indignité qui lui est faite. Quant au mot « persévérance », il est tout à fait capable de creuser comme un sillon de lumière dans l'acheminement des cendres d'un grand homme vers son urne funéraire, et nous réconcilier avec notre âme candide et rêveuse.
Pierre Zehnacker,« Avec les mots », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 3 mai 2023. URL :
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SIÉFÉGP, JUIN 2026
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SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025
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N° III ÉTÉ 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Critique & réception Irène Shraer, « Vertige du réel », nouvelles aux éditions Unicité, 2026, 141 p. 14€ Article par Maggy de Coster Site personnel Le Manoir Des Poètes
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