27 septembre 2023 3 27 /09 /septembre /2023 16:25

Événements poétiques | Bouquet de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles 2023 | N°14 | Les conteuses en poésie | Poésie & littérature pour la jeunesse | Dossier mineur | Florilège

 

 

 

 

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Femme

 

 

 

 

 

 

Nabila Haouche

 

Licenciée en langue francaise, enseignante au secondaire en Algérie & poète

 

 

Mariem Garaali Hadoussa

 

 

Artiste plasticienne & poète

Présidente de l’association "Voix de femme nabeul"

 

 

 

© ​​Crédit photo :  Mariem Garaali Hadoussa, peinture métaphorique intitulée « Émergences».

 

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Elle est lasse

D'habiter dans les ruines des regrets,

Qui la brisent

Et la menacent de s'effondrer


 

 

Avec ses joies

Elle efface 

La trace de ses nuits accablées

Elle est grâce,

Quand elle se met sur ses pieds.

 

 

Elle est éternelle

Quand elle s'oppose aux injustices

Paternelles et fraternelles

 

 

Elle crie sa liberté

Elle dénonce l'impunité

Elle revendique

Son nom

Son droit

Sa vie

 

Elle, c'est une femme du monde entier

 

 

©Nabila Haouche

 

 

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Pour citer ces poème & peinture féministes & inédits

 

Nabila Haouche, « Femme », illustration par Mariem Garaali Hadoussa, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poéféministe 2023 | « Bouquet de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles 2023 » & N° 14 | ÉTÉ  2023 « Les conteuses en poésie », volume 1, mis en ligne le 27 septembre 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/11octobre23/nhaouche-femme


 

 

 

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27 septembre 2023 3 27 /09 /septembre /2023 14:41

Événements poétiques | Bouquet de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles 2023 | N°14 | Les conteuses en poésie | Poésie & littérature pour la jeunesse

 

 

 

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Parfum de liberté

 

 

 

 

 

 

Nicole Barrière

 

Poète, essayiste, traductrice

& directrice de la collection « Accent tonique »

aux éditions l’Harmattan

http://nicoletta.over-blog.com/

 

 

 

 

 

​​​​Crédit photo : Ferenczy, Round Dance, peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran via Commons.

 

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Transmission : parfum de liberté

Ma fille, ton parfum est liberté

Bats-toi pour tes droits.


 

Quand je me penche sur le berceau de ma petite-fille

Son parfum est liberté


 

Ce n’est le parfum de la lessive, ou de la cuisine

C’est le parfum de la vie

Le parfum de la joie, du désir et de la lumière

Dans le ciel de la ville,  un atome géant

Pour aller de l’avant !


 

Ma fille, ton enfant sera astronaute et artiste

Elle unira la vie de l’atome et du cerf-volant

Après nous, 

Elle écrira la légende des femmes libres

Elle s’envolera au-dessus de la terre 


 

Déjà

Elle accueille de sa voix enfantine 

Le parfum de liberté

 

***

 

Pour citer ce poème féministe & inédit

 

​​​​Nicole Barrière, « Parfum de liberté », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poéféministe 2023 | « Bouquet de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles 2023 » & N° 14 | ÉTÉ  2023 « Les conteuses en poésie », volume 1, mis en ligne le 27 septembre 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/11octobre23/nbarriere-parfumdeliberte


 

 

 

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22 septembre 2023 5 22 /09 /septembre /2023 14:23

N°14 | Les conteuses en poésie | Bémols artistiques Revue culturelle d'Europe |  Revue culturelle d'Orient & d'Afrique | Revue culturelle des Amériques & REVUE ORIENTALES (O​​) | N° 3 | Critiques poétiques & artistiques

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Compte rendu de l'exposition

 

« Trésors médiévaux du Victoria and Albert

 

Museum : quand les Anglais parlaient

 

français » à l'Hôtel de la Marine à Paris

 

 

 

 

 

 

 

Texte & reportage photographique

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

 

© Crédit photo : « Masque en hommage à la Reine du Bénin » de l'exposition « Trésors médiévaux du Victoria and Albert Museum : quand les Anglais parlaient français » à l'Hôtel de la Marine à Paris, figure no 1 photographiée par la rédactrice Maggy de Coster.

 

 

 

« Trésors médiévaux du Victoria and Albert Museum : quand les Anglais parlaient français », c’est le titre d’une exposition qui se déroule du 30 juin au 22 octobre 2023 à l’Hôtel de la Marine, à Paris, un des joyaux du XVIIIe siècle, qui fut le Garde-meuble de la Couronne de France.

 

© Crédit photo : « Pendentif-Masque mexicain » de l'exposition « Trésors médiévaux du Victoria and Albert Museum : quand les Anglais parlaient français » à l'Hôtel de la Marine à Paris, figure no 2 photographiée par la rédactrice.

 

Plus de 70 pièces d’art médiéval d’une exceptionnelle beauté s’offrent aux yeux des visiteurs. Ces objets sont le témoignage du réseau de contact entre l’Angleterre, l’Europe et le Moyen-Orient.

 

© Crédit photo : « Tête d'une figure royale égyptienne » de l'exposition « Trésors médiévaux du Victoria and Albert Museum : quand les Anglais parlaient français » à l'Hôtel de la Marine à Paris, figure no 3 photographiée par la rédactrice.

 

Il s’agit d’objets religieux, de la vie quotidienne, de bijoux somptueux, de figurines, de la sculpture, de flacons à cosmétiques, de coupes, de figurines, de la vaisselle ornementée, utilisée pour des banquets, de jolies pièces d’orfèvrerie pour ne citer que cela. Ces objets viennent de la Collection Al Thani.

 

 

 

© Crédits photos : Objets divers dorés de l'exposition « Trésors médiévaux du Victoria and Albert Museum : quand les Anglais parlaient français » à l'Hôtel de la Marine à Paris, figures no 4 photographiées par la rédactrice.

 

 

Vers 1300, Paris était un centre névralgique en matière de création des objets de luxe grâce aux réseaux commerciaux entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Cela dit, les objets d’orfèvrerie trouvés en Angleterre portaient des inscriptions en français qui était la langue de la cour et de l’élite aristocratique anglaises. 

 

 

 

 

© Crédits photos : Objets sculptés argentés & dorés de l'exposition « Trésors médiévaux du Victoria and Albert Museum : quand les Anglais parlaient français » à l'Hôtel de la Marine à Paris, figures no 5 photographiées par la rédactrice.

 

Pour asseoir son influence en Europe, l’Angleterre concluait des alliances dynastiques particulièrement avec la France, mais aussi avec les Flandres, la Sicile et l’Espagne.

 

© Crédit photo : « Les douze apôtres », de l'exposition « Trésors médiévaux du Victoria and Albert Museum : quand les Anglais parlaient français » à l'Hôtel de la Marine à Paris, figure no 6 photographiée par la rédactrice.

 

 

© Crédit photo : « Tête de Saint Jean-Baptiste » (1470-1490), Albatre sculpté, peint et doré, Angleterre, l'exposition « Trésors médiévaux du Victoria and Albert Museum : quand les Anglais parlaient français » à l'Hôtel de la Marine à Paris, figure no 7 photographiée par la rédactrice.

 

 

© Crédit photo : « Sculpture du Messie » de l'exposition « Trésors médiévaux du Victoria and Albert Museum : quand les Anglais parlaient français » à l'Hôtel de la Marine à Paris, figure no 8 photographiée par la rédactrice.

 

Tout cela favorisait des échanges sur le plan commercial, artistique et culturel. Qu’on se rappelle Aliénor d’aquitaine qui fut reine de France puis d’Angleterre et aussi très influente tant sur le plan politique que sur le plan littéraire en devenant mécène des troubadours.

 

 

© Crédits photos : Objets décorés ou sculptés de l'exposition « Trésors médiévaux du Victoria and Albert Museum : quand les Anglais parlaient français » à l'Hôtel de la Marine à Paris, figures no 9 photographiées par la rédactrice.

 

 

Une exposition d’une beauté à couper le souffle dans ce lieu magnifique qu’est l’Hôtel de la Marine, Place de la Concorde, à Paris. 

 

 

 

© Crédits photos : Objets décorés ou sculptés de l'exposition « Trésors médiévaux du Victoria and Albert Museum : quand les Anglais parlaient français » à l'Hôtel de la Marine à Paris, figures no 10 photographiées par la rédactrice.

 

 

© Maggy DE COSTER

 

 

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Pour citer ce compte rendu artistique & inédit de l'exposition

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Maggy De Coster (texte & reportage photographique), « Compte rendu de l'exposition « Trésors médiévaux du Victoria and Albert Museum : quand les Anglais parlaient français » à l'Hôtel de la Marine à Paris », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 14 | ÉTÉ  2023 « Les conteuses en poésie », volume 1 & Revue Orientales, « Conteuses orientales & orientalistes », n°3, volume 1mis en ligne le 22 septembre 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno3/no14/mdc-exposition

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES ET ORIENTALES - dans Numéro 14 O-no3 Agenda artistique Maggy De Coster
19 septembre 2023 2 19 /09 /septembre /2023 13:25

N°14 | Les conteuses en poésie | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages

 

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La France invente l’ostracisation culturelle

 

 

 

 

 

 

 

 

Mustapha Saha

 

Sociologue, poète & artiste

 

 

 

 

Crédit photo : Eugène Delacroix, "Portrait de femme au turban bleu”, peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran d'une image libre de droits.

 

 

 

Paris. Lundi, 18 septembre 2023. 

 

 

Août  2023. Les étudiants maliens, burkinabais et nigériens ont reçu, le 30 août 2023, une notification du ministère français des Affaires étrangères annulant leur séjour en France. Messages individuels par courriel : « J’ai le regret de vous informer que nous annulons notre soutien pour votre séjour en France, toutes les prestations de Campus France sont annulées, billets d’avion, allocations et assurance santé. La France a suspendu son aide au développement à destination du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Cette décision concerne également les bourses de mobilité du gouvernement français, dont vous êtes bénéficiaire ». Se pratique ouvertement  l’ostracisation culturelle. Les intellectuels, les artistes, les étudiants, situation inédite, sont les victimes collatérales des conflits diplomatiques.

Une directive du ministère français de la Culture, relayée par les directions régionales de la culture, le mardi 12 septembre 2023, ordonne de « suspendre sans délai, et sans aucune exception, tous les projets de coopération menés  avec des institutions ou des ressortissants du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Tous les soutiens financiers doivent également être suspendus, y compris via des structures françaises, comme des associations par exemple. De la même manière, aucune invitation de tout ressortissant de ces pays ne doit être lancée. À compter de ce jour, la France ne délivre plus de visas pour les ressortissants de ces trois pays sans aucune exception ». Retour en force du refoulé colonial. 

 

 

Paris. Mercredi, 13 septembre 2023. Le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles publie un communiqué de presse où il relève le ton menaçant du message gouvernemental. Le gouvernement français procède par injonction,  sommation, intimidation. « Nous recevons une instruction du ministère de l’Europe et des affaires étrangères. Un message au ton comminatoire. Ce message est totalement inédit par sa forme et sa tonalité, révélateur de ce que nous dénoncions déjà dans le travail collectif en faveur d’un plan sur la danse. Nous écrivions notamment devoir « veiller à ce que la construction d’une politique culturelle française à l’internationale, qu’il s’agisse de danse ou de tout autre art, soit revisitée à l’aune des artistes et de leurs démarches. Les logiques de rayonnement culturel au service d’enjeux diplomatiques aux antipodes des questions artistiques doivent être remises en cause ». Cette interdiction totale concernant trois pays traversés par des crises en effet très graves n’a évidemment aucun sens d’un point de vue artistique et constitue une erreur majeure d’un point de vue politique. C’est tout le contraire qu’il convient de faire. Cette politique de l’interdiction de la circulation des artistes et de leurs œuvres n’a jamais prévalu dans aucune autre crise internationale, des plus récentes aux plus anciennes ».

La France foule aux pieds les conventions internationales qu’elle a signées, notamment la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles signée à Paris le 20 octobre 2005 par la Conférence générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture qui proclame la diversité culturelle comme un patrimoine commun de l’humanité qui doit être célébré préservé dans la pleine réalisation des droits humains et des libertés fondamentales. La Convention reconnaît l’importance des savoirs traditionnels,  en particulier des systèmes de connaissance des peuples autochtones, comme sources de richesse immatérielle et matérielle, et leur contribution positive au développement durable. La diversité culturelle se nourrit d’échanges constants et se renforce par la libre circulation des idées. Les expressions culturelles ne s’épanouissent que dans la liberté de pensée, d’expression, d’information. Il est également utile de rappeler la Déclaration universelle sur la diversité culturelle du 2 novembre 2001 qui donne à ces principes un caractère inaliénable.

Insoutenable condition des francophones refoulés de la culture française. Le discours officiel use et abuse de la notion douteuse de décivilisation. La présence française dans ses anciennes colonies est considérée  comme un rempart indispensable contre les tentations de régression, d’arriération. Qu’on se souvienne du discours impudemment prononcé le 26 juillet 2007 en terre africaine par un président  français nostalgique des temps bénis de la colonisation.

​​​​​« L’Afrique a sa part de responsabilité. La colonisation n’est pas responsable des guerres intestines, des génocides, des dictatures, des fanatismes, des corruptions, des prévarications.  Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Jamais il ne s’élance vers l’avenir. Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme africain reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout est écrit d’avance. Il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès ». Même discours du président actuel sur les banlieues : « J’ai parlé de décivilisation. Il faut donc s’atteler à reciviliser ». L’occidentalisme appelle barbarie tout ce qui échappe à son paradigme. Le technocratisme appelle désormais décivilisation tout ce qui s’oppose à ses modélisations. Dans tous les cas, le capitalisme ne peut exister que par sa fonction colonisatrice. Le néolibéralisme se replie sur la vieille rhétorique dévalorisatrice de l’insoumise altérité. La décivilisation se décline comme un constat de déclin, de décadence, exigeant un rétablissement de l’ordre, une policiarisation de la société.

La notion de décivilisation, forgée par l’anthropologue Robert Jaulin (1928-1996) dans son ouvrage La Décivilisation, politique et pratique de l’ethnocide, édition Complexe, 1974, revêt une signification antinomique de sa récupération politique. La décivilisation est définie à l’origine comme un génocide, une destruction méthodique d’une culture préexistante par la colonisation.

L’ethnocide fait écho au génocide et homicide. Le terme ethnocide est suggéré, en Mai 68, à Robert Jaulin par l’ethno-historien et géographe Jean Malaurie, explorateur de l’Arctique. Robert Jaulin fait d’abord usage de l’expression génocide culturel pour désigner la liquidation des cultures amérindiennes.

L’Occident colonisateur pense, depuis la Restauration, la civilisation au singulier, comme un modèle exclusif dont il détient le monopole, un moule unique dans lequel l’humanité dans son entier doit se couler. La décivilisation présuppose une idéologie de conquête. L’Occident est coupable, depuis l’envahissement des Amériques et d’autres contrées en Asie, en Océanie, en Afrique, de dévastations massives. D’où un paradoxe flagrant. Comment peut-on se prétendre une civilisation quand on détruit méthodiquement d’autres cultures, d’autres civilisations ?

La décivilisation, conçue par Robert Jaulin, permet de penser les effets délétères, pernicieux, de la domination occidentale. La décivilisation idéologisée par l’extrême droite, désorganisatrice de la quotidienneté des autres,  justifie les discriminations, les persécutions à l’encontre des cultures diversitaires. « Entendons  par là, aussi bien la destruction du type d'organisation des relations de résidence, que la destruction du type d'organisation des relations de consommation et de production. Lorsque nous ne sommes plus libres de dormir dans une grande maison collective, toute confortable, faite de feuilles, et que, au nom du progrès, il nous faut vivre dans une petite maison solitaire, faite de ciment, il y a destruction de toute la structure sociale associée à cette maison collective. On détruit une culture en s'attaquant à sa vie quotidienne, ce lieu de toute culture, autrement dit  à la communauté  génératrice de vie quotidienne » (Robert Jaulin). La décivilisation est, par conséquent, l’occidentalisation du monde, la standardisation des comportements, l’uniformisation des modes de vie. La décivilisation est un crime occidental contre les sociétés non-occidentales.

L’anthropologue Pierre Clastres (1934-1977), auteur du livre La Société contre l‘Etat, éditions de Minuit, 1974, se pose la question : Pourquoi l’ethnocentrisme occidental est-il devenu ethnocidaire ? Les cultures ethnocidaires sont des sociétés étatiques. La machine étatique est intrinsèquement expansionniste et ethnocidaire, y compris endogènement. Les différences disparaissent devant la puissance étatique. Les cultures traditionnelles sont traquées. Le français s’impose dans toutes les provinces comme langue maternelle. Les vies villageoises sont ravalées au rang de folklores à usage touristique. S’anéantissent les terroirs, les localités aux multiples visages. (Voir Eugen Weber (1925-2017), La Fin des terroirs, la modernisation de la France rurale 1870-1914, traduction française éditions Fayard, 1983). L’espace capitaliste occidental, son régime de production économique, est un espace illimité, sans lieux, un espace infini de la fuite en avant permanente. Le capitalisme est la puissance décivilisatrice par excellence. La décivilisation est un long processus de dissolution des sociétés traditionnelles. Pour le sociologue Norbert Elias (1897-1990), la civilisation occidentale, c’est la transformation du guerrier intrépide en  courtisan raffiné (Norbert Elias, La Civilisation des moeurs et La dynamique de l’Occident, traductions françaises éditions Flammarion, 1973 et 1875).

Aberrante actualité. Le président français comprend-il la portée historique, anthropologique, sociologique, philosophique du mot décivilisation qu’il emploie à l’emporte pièce ? Probablement pas. Il l’utilise, de toute évidence, dans l’acception  primaire, rudimentaire, prosaïque de perte de civilisation pour cibler les sauvages, les barbares,  les incivilisés. L’ancien ministre socialiste de l’Intérieur avait exhumé le vieux vocable sauvageon. La gouvernance française à la dérive se projette dans l’histoire à rebours. « Entre colonisateur et colonisé, il n’y a de place que pour l’intimidation, la répression, le mépris, la morgue, la suffisance, la muflerie. J’entends la tempête. On me parle de progrès, de niveaux de vie élevés. Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, de cultures piétinées, de terres confisquées, de magnificences artistiques anéanties » (Aimé Césaire, « Discours sur le colonialisme », éditions Réclame, 1950, réédition Présence Africaine, 1955). Foin des dénominations dulcifiantes comme néocolonialisme. Le colonialisme, affublé des habits neufs du mondialisme, n’a jamais cessé. Les africains sont toujours disqualifiés  comme populations attardées. Les immigrés, parqués dans des cités d’exclusion, se traitent comme des colonisés de l’intérieur. Le langage colonial se déculpabilise, s’actualise, se banalise. La décivilisation devient synonyme d’ensauvagement. Des pans entiers de la population subissent quotidiennement les violences symboliques, les intimidations discursives, les dramatisations médiatiques. Les villes s’assourdissent, jour et nuit,  de sirènes hurlantes. Les peurs s’entretiennent comme des soupapes préventives. La société française sombre dans la psychose collective.

 

© Mustapha Saha

 

Bio express. Mustapha Saha,  sociologue, écrivain, artiste peintre,  cofondateur du Mouvement du 22 Mars et figure nanterroise de Mai 68.  Sociologue-conseiller au Palais de l’Elysée pendant la présidence de François Hollande. Livres récents : Haïm Zafrani Penseur de la diversité (éditions Hémisphères/éditions Maisonneuve & Larose, Paris), « Le Calligraphe des sables » (éditions Orion, Casablanca).

 

 

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Pour citer ce texte inédit

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Mustapha Saha, « La France invente L’ostracisation culturelle », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 14 | ÉTÉ  2023 « Les conteuses en poésie », volume 1, mis en ligne le 19 septembre 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no14/ms-ostracisationculturelle

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 14 S'indigner - soutenir - etc. O-no3
18 septembre 2023 1 18 /09 /septembre /2023 17:13

N°14 | Les conteuses en poésie | Critique & réception | Dossier mineur | Articles & témoignages 

 

 

 

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​Du sable à la mer, poèmes de Nelly Froissart

Recueil paru aux éditions Sans Escale

 

 

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil de Nelly Froissart Du sable à la mer, poèmes de Nelly Froissart aux éditions Sans Escale.

 

 

 

Ce premier recueil de Nelly Froissart, une autrice qui partage son temps entre l'écriture et le théâtre, nous fait entrer d'emblée dans la chair vive du poème.

 

Car si, comme on l'apprend en 4e de couverture, l'autrice « sonde la mémoire d'un jeune appelé à se battre », on songe également à la vie qui n'est autre qu'un combat à mener au jour le jour dans un monde où l'aliénation galopante dévore jusqu'à nos derniers espaces de liberté.

La couverture signée par Baptiste Carluy nous donne à voir une coque de bateau imbriquée dans une jarre dont l'apparence prend celle d'un sablier. Nous sommes à la fois prisonniers du temps et de ce combat perpétuel contre nous-mêmes et de ce qui ne dépend pas de nous.

Ce recueil est traversé par la peur existentielle de notre humaine condition « j'aurai / la peur / j'aurai la rage/ des cèdres / qu'on abat ». L'horreur, la terreur creusent leurs sillons dans l'âpre beauté des mots qui rutilent, la lucidité éclabousse de sa lumière aveuglante le lecteur « on a versé / sur la terre / une parole émise dans le sang / une creusée rauque / et lente / de cris poussés vers la mer / la fin de nos gorges l'échappée sans fin de nos morts / vers / des parois / éprises / de lumière »

Comment ne pas songer aux corps flottant des migrants sur l'océan ou se remémorer les combats lors du débarquement ou encore penser à toutes les guerres qui mènent inéluctablement à ce que Nelly Froissart appelle « un ossuaire / de sable » ?

Dans cette poésie, nul doute que nous avons le vent en poupe mais pour tout horizon notre mort annoncée où « nos corps / découpent des morceaux de paix »  Dans ce premier recueil aux images irradiantes de beauté « nuit barbelée de cigales », le poème est salvateur « de l'aube / à toi / d'elle / à moi / nous étend le soleil »

Nelly Froissart clôture ce livre par un point unique après le dernier mot du vers final, libérant le soleil de sa gangue, terrassant ainsi nos angoisses et chassant les ombres enfouies dans nos nuits d'errance. Une forme de stoïcisme s'invite alors et nous renvoie à Épictète qui, loin d'être résigné, déclarait « Veuille que les choses arrivent comme elles arrivent et tu seras heureux ».

 

 

© Françoise Urban-Menninger

 

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Pour citer ce texte inédit

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Françoise Urban-Menninger, « Du sable à la mer, poèmes de Nelly Froissart. Recueil paru aux éditions Sans Escale », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 14 | ÉTÉ  2023 « Les conteuses en poésie », volume 1, mis en ligne le 18 septembre 2023. URL :  

http://www.pandesmuses.fr/no14/fum-dusablealamerdenellyfroissart

 

 

 

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La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).

L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

​SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

 

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