5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 15:58

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Astres & animaux | No 9 | Varia de textes poétiques

 

 

 

 

 

 

 

Setenta balcones y ninguna flor /

 

Soixante-dix balcons et pas une fleur

 

de Baldomero Fernández Moreno 

 

 

 

 

 

 

 

Poème de

Baldomero Fernández Moreno

 

Traduit de l’espagnol (Argentine) par

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

© Crédit photo : Baldomero Fernández MORENO (1886-1950), image fournie par Maggy De Coster. 

 

 

 

 

Baldomero Fernández MORENO (1886-1950 ) poète de l’esthétique des quartiers de Buenos Aires.

 

Il existe à Buenos Aires un immeuble de style académique français, dessiné par les architectes français Gaston Louis Mallet et Jacques Dunant et construit en 1908. Cet immeuble aurait inspiré au poète et médecin Baldomero Fernández le poème suivant :

 

 

 

 

Setenta balcones y ninguna flor


 

Setenta balcones hay en esta casa, 

setenta balcones y ninguna flor.

¿A sus habitantes, Señor, qué les pasa?

¿Odian el perfume, odian el color? 



 

La piedra desnuda de tristeza agobia,

¡Dan una tristeza los negros balcones!

¿No hay en esta casa una niña novia?

¿No hay algún poeta bobo de ilusiones? 


 

¿Ninguno desea ver tras los cristales 

una diminuta copia de jardín?

¿En la piedra blanca trepar los rosales, 

en los hierros negros abrirse un jazmín? 



 

Si no aman las plantas no amarán el ave, 

no sabrán de música, de rimas, de amor. 

Nunca se oirá un beso, jamás se oirá una clave... 

¡Setenta balcones y ninguna flor!

 

 

 

Soixante-dix balcons et pas une fleur

 

 

Soixante-dix balcons dans cette maison

soixante-dix balcons et pas une fleur

Qu’arrive-t-il arrivé à ses occupants, 

Monsieur, que leur arrive-t-il ?

Détestent-ils le parfum, détestent-ils la couleur ?


 

La tristesse fait s’incliner la pierre nue,

Les balcons noirs attristent ! 

N’y a-t-il pas dans cette maison une jeune fiancée ?

N’y a-t-il pas un piètre poète féru d’illusions ?


 

Personne ne souhaite voir derrière les carreaux 

l’apparence d’une parterre en miniature ?

Grimper les roses sur la pierre blanche,

s’ouvrir un jasmin sur les fers forgés noirs ?



 

S’ils n’aiment pas les plantes ils n’aimeront pas l’oiseau,

ils ne sauront rien de la musique, ni des rimes ni de l’amour.

On entendra jamais l’écho d’un baiser, jamais le bruit d’une clé…

 

Soixante-dix balcons et aucune fleur !

 

 

 

***

 

Pour citer ce poème bilingue espagnol-français   

 

Maggy De Coster, « Setenta balcones y ninguna flor / Soixante-dix balcons et pas une fleur de Baldomero Fernández Moreno », poème traduit de l’espagnol (Argentine) par Maggy DE COSTER, texte édité avec l'aimable autorisation de la traductrice, des ayants droits et leur maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » N°9|Hiver 2021 « Artistes en Poésie », sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 5 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no9/mdc-setentabalconesyningunaflor

 

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéro 9
4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 14:06

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Articles sur la poésie | Revue Matrimoine | No 9 | Dossier mineur permanent

 

 

 

 

 

 

 

Versos azules / Vers bleus

 

de Susana Sánchez Nardón

 

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

 

© Crédit photo :  Jacinta Ceballos, poète maxicaine contemporaine. 

 

À la lecture de « Versos azules » (Vers bleus) de Susana Sánchez Nardón, il me vient à l’esprit ces vers du poète mexicain moderniste Amado Nervo : 

« Para curar la pertinaz / pena, en las almas escondida, / un nuevo amor es eficaz; »

(« Pour soigner la peine / tenace,/ cachée dans les âmes, / un nouvel amour est efficace; »)

 

Comme lui, Susana est marquée par le sceau du chagrin d’amour. Oiseau blessé, elle rêve de trouver une main panseuse pour l’accueillir, la soigner pour qu’elle puisse reprendre son envol à la clarté de l’amour sous un ciel clément :

 

« Un pájaro azul / herido quedo en el olvido » (« Un oiseau bleu / blessé gisant dans l'oubli »)

Cependant, elle nourrit la crainte de ne pouvoir rattraper le temps dans sa fuite inexorable.  « Ô temps suspends ton vol » (Lamartine).

Elle est envahie par la nostalgie d’un amour nourricier parti en fumée, un rêve qui s’est évanoui comme le fugace parfum d’une rose trémière dans l’air.

« Los sueños se difuman en el aire diluidos » (« Les rêves dilués s’estompent dans l'air »)

 

Comme nous le rappelle Pierre Corneille dans le Cid « L’amour est un tyran qui n’épargne personne ». Et l’on comprend bien ce leitmotiv amoureux de la poète qui frise même le masochisme :

 

« necesito amarte, amarte / amarte hasta morir y sofocar… / Necesito desear / Y sentir el dolor / Del deseo carnal… » 

(« J'ai besoin de t'aimer, de t'aimer / t'aimer à en mourir et en suffoquer … (« J'ai besoin d’aimer / Et de sentir la douleur / Du désir charnel… »

 

Impuissante, elle se tourne vers la poésie pour trouver la voie de la libération, je dirais même du catharsis pour déverser sa souffrance. Ainsi nous comprenons bien Alfred de Musset quand en 1832, dans « Namouna », un conte oriental, il nous révèle : « Sachez-le, – c’est le cœur qui parle et qui soupire / Lorsque la main écrit, – c’est le cœur qui se fond ; »

 

Alors la poète percluse de douleur, laisse s’épancher son « cœur fragile » :

 

« Apareces en mis sentimientos / como una ráfaga de viento / en todo momento, / que dejas latiendo / a mi corazón » (« Tu apparais dans mes sentiments  / comme une rafale de vent / à chaque instant/que tu fais battre mon cœur »)

Prisonnière d’un amour déchu qui hante son esprit et peuple ses nuits de cauchemars, elle nourrit l’espoir de voir revenir l’être aimé pour lui offrir « un coffre lleno de amor » (« un coffre rempli d’amour »)

Si pour Calderón « la vie est un songe » pour Susana « La vida es sueño / El sueño es la vida » (« La vie est rêve / Le rêve est la vie »)

 

Puisque l’espoir naît du désespoir, l’on comprend bien que Susana Sánchez Nardón nourrit l’espoir de voir l’idylle défunt renaître de ses cendres comme le Phénix. Pour ce faire, elle serait sans doute prête à donner sa vie :

 

« No tengo más que regalarte / sino mi propia vida » (« Je n'ai plus que ma vie / à t’offrir »)

 

Nous relevons de très belles images qui reflètent l’esprit romantique de la poète sans oublier ce bel oxymore : « Esperaba la dulce tortura de tus besos »  («  J’attendais la douce torture de tes baisers »)  

Pour finir, apprécions ces vers qui de par leur éloquence, traduisent bien l’état d’âme de Susana Sánchez Nardón.

« Mis ojos se llenan de lágrimas de cristal, / que surcan como torrentes infernales»

(« Mes yeux se remplissent de larmes cristallines, / Qui perlent comme des torrents infernaux ») et : 

« Soy carne no deseada / En un herrumbre desgastada / Por lágrimas heladas »

(« Je suis chair non désirée / Délaissé sur métal rouillé / Par des larmes glacées »)*

 

 

 

 

* NDLR, Suasana Sánchez Nardón est enseignante et poète argentine. 

 

 

***

 

Pour citer cet article 

 

Maggy De Coster, « "Versos azules / Vers bleus" de Susana Sánchez Nardón », œuvre traduite de l’espagnol du Mexique par Maggy DE COSTER, texte reproduit avec l'aimable autorisation des auteures et leur maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » N°9|Hiver 2021 « Artistes en Poésie », sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 4 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no9/mdc-versosazules

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéro 9 Amour en poésie
3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 16:29

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Articles sur la poésie | Revue Matrimoine |  Poésie érotique | No 9 | Dossier mineur permanent

 

 

 

 

 

 

 

Amores y amantes / Noche de sombra

 

Amoureux et amants / Nuit d’ombre

 

de Jacinta Ceballos

 

 

 

 

 

Œuvre traduite de l’espagnol du Mexique et préfacée par

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

 

 

© Crédit photo :  Jacinta Ceballos, poète maxicaine contemporaine. 

 

 


 

C’est une poésie intimiste teintée de sensualité, de volupté et d’érotisme que nous offre notre amie mexicaine Jacinta Ceballos dans ce recueil de poèmes. Elle est celle qui n’a pas froid aux yeux car elle ose exprimer ses désirs ardents sans tabou, sans vulgarité ni grossièreté. Elle est de ces femmes libérées qui considèrent que l’évocation ou la description de l’acte d’amour ne doit pas être le monopole du sexe masculin. Quoi de plus naturel que d’exprimer en toute liberté ses désirs amoureux, ses fantasmes ! 

D’entrée de jeu, elle met en évidence les différentes parties de son corps qu’elle soumet aux caresses de son partenaire. Les préliminaires sont annoncés par ces vers :

 

 

« tes mains glissent sur ma peau blanche

touchant mes seins dressés

ma poitrine ardente

baisant mon ventre

frôlant mes hanches

par des mouvements lents

doucement tu laisses descendre

tes doigts

jusqu’à mon intimité »

 

 

À l’instar d’autres pays de l’Amérique latine, le Mexique n’est entré dans l’ère du féminisme que dans les années 70 alors que la religieuse Sor Juana Inès de la Cruz avait déjà tracé le chemin d’émancipation de la femme dès le XVIIe siècle via la culture du lyrisme amoureux dans ses poèmes. 

 

 

« Je ne peux ni te garder ni te quitter,

pourquoi je ne sais, en te quittant ou en te gardant,

il y a toujours un je ne sais quoi pour t’aimer

et bien des si pour t’oublier. »

 

 

Il faut sans cesse réinventer sa vie de couple et pour cause elle déploie des trésors d’imagination car comme dit Corneille dans le Cid : «  L’amour est un feu qui s’éteint faute de nourriture ». Aussi est-elle «  dans la séduction provocatrice » 

C’est grâce à la connaissance de son corps qu’on arrive à maîtriser sa sexualité. Anaïs Nin nous l’a fait remarquer par cette assertion : « L'érotisme est l’une des bases de la connaissance de soi, aussi indispensable que la poésie. » Diderot de son côté a su lever le voile sur la nature de la femme dans les « Les Bijoux indiscrets » en mettant en scène Louis XV et Mme de Pompadour sous les traits du sultan Mangogul et de sa favorite Mirzoza » 

 

Jacinta Ceballos s’exprime sans fausse pudeur en utilisant un langage érotique non un langage convenu comme les femmes poètes latino-américaines de la deuxième moitié du siècle dernier :

 

« inlassablement tu me pénètres 

et parvenant à l’extase

nous nous émerveillons d’un long soupir. »

 

 

Elle témoigne de sa reconnaissance envers son partenaire qui la comble en faisant d’elle une femme épanouie. Elle nous fait comprendre également que l’amour est une force donc, ça rend heureux, comme on dit, ça fait du bien. De ce fait, elle se sent en confiance, elle respire l’amour, la passion la fait vibrer :

 

« tu couvres mon corps de baisers

et véhicules ta passion »

 

C’est l’amour qui donne un sens à son quotidien. Même le jour se met au diapason de leur amour :

 

« se perdre dans le mystère silencieux

le jour se lève

avec un chant d’amour. »

 

*

 

« avec ma langue ardente

je vérifie tes chemins

pleins d'humidité

lentement s’ouvrent

les pétales

pour dévorer

le sexe. »

 

Jacinta Ceballos célèbre l’amour en beauté en rejoignant la liste de poètes latino-américaines qui ont écrit des poèmes sur les plaisirs charnels comme l’Uruguayenne Delmira Agustini, la chilienne Gabriela Mistral, Prix Nobel de Littérature en 1957 et plus près de nous la Nicaraguayenne Gioconda Belli, internationalement connue et la Mexicaine Lina Zerón traduite en français par Claude Couffon .

Ainsi comme dit Georges Perros « L’érotisme, c’est de donner au corps les prestiges de l’esprit ».

 

 

Quelques poèmes de Jacinta Ceballos :

 

Prólogo

 

Este libro está consagrado a los amores y amantes que en las noches atormentan y enloquecen a la sombra y estimulan los sentidos. Escribir es esa necesidad de querer tener la esencia tan íntima y efímera; es filtrarse en un sueño profundo donde sale la locura de los deseos.

Resulta increíble cómo cada quien puede dar una interpretación diferente a una misma imagen: mis locos sueños están reflejados en estos poemas que son solo instantes fugaces que ya ni recuerdo. Aquí, hablo de los cuerpos de los amantes que pierden su deleite para llegar al éxtasis del placer, de cómo las miradas se convierten en cómplices, cómo una mujer enamorada soporta el silencio del amante.

Y darle vida al dios y que su cuerpo arda de pasión. Entre amores, quejidos y silencios, dime ¿Qué callas? Es el tiempo el que se encarga de borrar las sombras que guardamos con recelo. El cuerpo es el único que saborea esas caricias perdidas y se deleita con los besos escondidos. En las noches extenuantes se abre el abismo y entre fatigas hay que darse el permiso de sentir.¿Quién no ha tenido un amor o un amante en la oscuridad de la soledad?

Jacinta Ceballos

 

**

Pologue

 

Ce livre est dédié aux amoureux de l’ombre que les nuits tourmentent, affolent et dont elles stimulent les sens. Écrire est ce besoin essentiel si intime et si éphémère; c’est sombrer dans un sommeil profond où émerge la folie des désirs.

C’est incroyable que chacun puisse interpréter si différemment une même image : mes rêves fous se reflètent dans ces poèmes qui ne sont que des instants fugaces complètement effacés de ma mémoire. Ici, je parle des corps des amants qui perdent leur propension à parvenir à l’extase, de la complicité de leurs regards, de la façon dont une femme amoureuse supporte le silence de l’amant. Donner sa vie à dieu et laisser son corps brûler de passion.

Entre amours, gémissements et silences, dis-moi, que tais-tu ? C’est le temps qui se charge d’effacer les ombres que nous gardons avec appréhension. Seul le corps savoure ces caresses perdues et se délecte de baisers clandestins. Dans les nuits exténuantes l’abîme s’ouvre sur des ennuis, il faut s’autoriser des regards complices et savoir comment une femme amoureuse endure le silence de l’amant. Qui n’a pas vécu une relation amoureuse dans l’ombre de la solitude ?

Jacinta Ceballos,( traduction française Maggy De Coster)

 

 

Si Dios fuera hombre

 

Si Dios fuera hombre

amaría con todo su ser

lloraría en las noches quietas

viendo una estrella

pediría un deseo

cantaría con el arcoiris

el milagro de la esperanza

abriría los ojos de su alma excitado

ante la belleza de una mujer

su cuerpo de hombre

saborearía la carne fresca

sus manos presurosas

acariciarían los pechos ardientes

se le quemarían las venas

y las llagas de la piel arderían

se emborracharía con buen vino

por el placer prohibido

de una noche.

“Amantes y amorosos

Si Dieu était un homme

 

Si Dieu était un homme

il aimerait de tout son être

il pleurerait durant les nuits tranquilles

en voyant une étoile

il ferait un vœu 

il chanterait avec l’arc-en-ciel

le miracle de l’espérance

il ouvrirait les yeux de son âme excitée

devant la beauté d’une femme

son corps d’homme

savourerait la chair fraîche

ses mains seraient prêtes

à caresser les poitrines ardentes

ses veines le brûleraient

et les plaies de la peau le lanceraient

il s’enivrerait de bon vin

pour le plaisir défendu

d’une nuit.

El canto del amor

Cuando el amor canta en la mañana

respira por la noche

en los poros se aniquila el tiempo

se sueña un poco de magia

llena de mieles

donde lloran las sílabas

convirtiéndose

en aullido del dolor

y las venas transportan

los recuerdos de fantasmas

que vuelan en el aire

tiñendo las nubes

para morder

el secreto de la noche

que deja nuestro olor

perdido en el misterioso silencio

el día se levanta

con un canto de amor.

Le chant d’amour

Quand l’amour chante au matin

respire la nuit

le temps s’annihile dans les pores

on rêve d’un peu de magie

pleine de miel

où pleurent les syllabes

en se convertissant

dans un hurlement de douleur

et les veines transportent

les souvenirs des fantasmes

qui volent dans l’air

en teignant les nuages

pour mordre

le secret de la nuit

qui laisse notre odeur

se perdre dans un mystérieux silence

le jour se lève

avec un chant d’amour.

 

 

Tatuado

 

El beso vaga

por el cuerpo sediento

que sacia la sed

entre los brazos

navega impaciente

y se consume

en los ojos

donde se hunde

el universo tan pequeño

arde el pecho

donde gimen los labios

llenos de sed humedad

en la noche delirante

queda tatuado el mito

de los cuerpos que callan

el secreto del otoño.

Tatoué

 

Le baiser erre

sur le corps assoiffé

il étanche la soif

impatient il navigue

entre les bras

et se consomme

dans les yeux

où s’enfonce

l’univers si minuscule

la poitrine où gémissent les lèvres

assoiffées d’humidité

dans la nuit délirante

est en effervescence

le mythe des corps qui taisent

le secret de l’automne

 reste tatoué.

Dedos delirantes

 

Llenaré tu cuerpo

con las caricias

de los dedos delirantes

ligeramente rozaré

tus pezones resaltados

olvidando el tiempo

que se abre

con las manos hechizadas

abriendo paso con mi beso

para despertar tus sentidos

y engarzar tu llama

en los cuerpos

hechos nudo.

Doigts délirants

 

De caresses

des doigts délirants

je comblerai ton corps

je frôlerai légèrement

tes mamelons rebondis

en oubliant le temps

qui s’ouvre

avec des mains ensorcelées

en ouvrant la voie avec mon baiser

pour éveiller tes sens

et enchâsser ta flamme 

dans les corps 

dénudés

NLR : Jacinta Ceballos, est architecte, photographe et poète mexicaine

 

 

***

 

Pour citer cet article 

 

Maggy De Coster, « Amores y amantes/Noche de sombra / Amoureux et amants/Nuit d’ombre de Jacinta Ceballos », œuvre traduite de l’espagnol du Mexique et préfacée par Maggy DE COSTER, texte reproduit avec l'aimable autorisation des auteures et leur maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » N°9|Hiver 2021 « Artistes en Poésie », sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 3 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no9/mdc-jacintaceballos

 

 

 

 

 

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 14:13

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Textes thématiques  | No 9 |  S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages, etc. 

 

 

 

 

 

 

 

Alfonsina y El Mar /

 

 

Alfonsina et la mer

 

 

 

 

Texte du poète

Félix Luna

 

Traduit de l’espagnol par

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

Crédit photo : Alfonsina Storni, image Commons, Wikipédia, domaine public.

 

 

 

Version originale en espagnol

 

 

ALFONSINA Y EL MAR

 

 

Por la blanda arena que lame el mar 

Su pequeña huella no vuelve más 

Un sendero solo de pena y silencio llegó 

Hasta el agua profunda 

Un sendero solo de penas mudas llegó 

Hasta la espuma 

 

Sabe Dios que angustia te acompañó 

Que dolores viejos calló tu voz 

Para recostarte arrullada en el canto de las 

Caracolas marinas 

La canción que canta en el fondo oscuro del mar 

La caracola 

 


 

Te vas Alfonsina con tu soledad

¿Qué poemas nuevos fuiste a buscar? 

Una voz antigua de viento y de sal 

Te requiebra el alma y la está llevando 

Y te vas hacia allá, como en sueños 

Dormida, Alfonsina, vestida de mar 

 

 

Cinco sirenitas te llevarán 

Por caminos de algas y de coral 

Y fosforescentes caballos marinos harán 

Una ronda a tu lado 

Y los habitantes del agua van a jugar 

Pronto a tu lado 

 

 

Bájame la lámpara un poco más 

Déjame que duerma nodriza, en paz 

Y si llama él no le digas que estoy 

Dile que Alfonsina no vuelve 

Y si llama él no le digas nunca que estoy 

Di que me he ido 

 

 

 

Te vas Alfonsina con tu soledad

¿Qué poemas nuevos fuiste a buscar? 

Una voz antigua de viento y de sal 

Te requiebra el alma y la está llevando 

Y te vas hacia allá como en sueños 

Dormida, Alfonsina, vestida de mar 

 

Félix Luna y Ariel Ramírez*

 

 

 

 

Version traduite en français 

 

 

Alfonsina et la mer

 

À travers le sable doux qui lèche la mer

Se perd à jamais sa fine trace 

Rien qu’un sentier de peine et de silence se dessina

Jusque dans les profondeurs de l’eau

Rien qu’un sentier de peines muettes se dessina 

Jusqu’à l’écume

 

 

Dieu sait quelle angoisse t’accompagna

Quelles douleurs anciennes tut ta voix

Pour te reposer, bercée par le chant 

Des conques marines

La chanson que chante la conque

Dans le fond obscur de la mer

 

 

Tu t’en vas Alfonsina avec ta solitude 

Quels nouveaux poèmes es-tu allée chercher ?

Une ancienne voix de vent et de sel

Récupère ton âme et l’emporte

Et tu te diriges vers elle comme dans les rêves

Alfonsina, endormie dans ton habit marin

 

Cinq petites sirènes t’emmèneront

Par des chemins d’algues et de corail

Et de phosphorescents chevaux marins 

Tourneront autour de toi

Et les habitants de l’eau

Ne tarderont pas à se mettre à jouer à tes côtés.

 

Baisse-moi l’éclairage un peu plus

Pour que la nourrice dorme en paix

S’il appelle ne dis-lui pas que je suis là

Dis-lui qu’Alfonsina ne revient pas 

Et s’il appelle ne lui dis jamais que je suis là

Dis que je m’en suis allée

 

Tu t’en vas Alfonsina avec ta solitude 

Quels nouveaux poèmes es-tu allée chercher ?

Une vieille voix de vent et de sel

Récupère ton âme et l’emporte

Et tu te diriges là-bas comme dans les rêves

Alfonsina, endormie dans ton habit marin


 

 

* NDLR : « Alfonsina y el mar »: texte du poète Félix Luna mis en musique par le pianiste compositeur Ariel Ramírez en hommage à la poète féministe argentine Alfonsina TORNI qui, atteinte d’un cancer, s’est suicidée le 25 octobre 1938 à l’âge de 46 ans. Cette chanson fut également interprétée par la chanteuse argentine de renom Mercedes Sosa


 

 

 

***

 

Pour citer ce poème bilingue espagnol-français

 

Félix Luna (poème de), Maggy De Coster​ (traduction de), « Alfonsina y El Mar / Alfonsina et la mer  », poème bilingue espagnol-français reproduit avec l'aimble autorisation des auteurs et leur maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » N°9|Hiver 2021 « Artistes en Poésie », sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 2 février 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no9/mdc-alfonsinayelmar

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéro 9

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