16 août 2021 1 16 /08 /août /2021 14:50

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N° 10 | Célébrations | Faits-divers & Catastrophes en poésie | Revue poépolitique & ​​​​​REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations

 

​​​​​

 

 

 

 

 

Incommensurable douleur

 

 

​​

 

 

 

 

 

Dina Sahyouni

 

Poéticienne, éditrice, lyreuse & fondatrice de la SIÉFÉGP

 

 

​​​​​

 

 

En mémoire de

Nadia Anjuman & Meena Keshwar Kamal

 

 

 

 

Crédit photo : Meena Keshwar Kamal, founder of RAWA, speaking in 1982, Commons.

 

 

 

 

 

 

Vivre dans ce monde est un défi,

un défi fait de pleurs et rires, 

Fait de l'absurdité des humains

 

 et de leur prétendu destin —

qui courent, courent à leur perte 

qui coulent, coulent et font couler les autres dans leur naufrage. 

Résistez, résistez, résistez.

Restez proches du ciel, fières et lionnes.



 

 



 

Le cœur pleure, 

les yeux hagards, 

les mains cherchent désespérément un radeau de secours

Ils vous tuent dans le velours

des mots de la paix. 




 

Ils attendent quoi et qui pour agir

les cris des malheureux ne crèvent-ils pas leurs cœurs !?

​enfants, femmes, hommes délaissés en plein désert 

aux dards des scorpions amers. 




 

Crie, crie, crie encore 

déchire le voile du silence 

crie, crie, crie aux quatre vents

et de la tombe à ciel ouvert

où l'on entasse des milliers de souffrants, 

 

Compte, oui, compte nos mortes que tout le monde déplore.. encore

les assassins peuplent la terre, 

Crie, crie, oui crie,

quelle guerre ?! quelle querre ?!

les assassins et les lâches peuplent la terre


 

 

Devenue une femme âgée, austère

Gaïa se retire, gigote, crie, prie, 

se met souvent en colère,

elle est en furie, en furie, elle erre...

les femmes souffrent déjà 

les filles souffrent encore

sous le joug des talibans

et les hommes courent désespérément 

accablés de douleurs, de désespoirs 

au pays des bazars, ils tuent les bizarres 



 

l'incommensurable douleur m'envahit belles sœurettes, rebelles délaissées sans secours, 

Résistez, résistez au velours

de leur destin rouge de vos sangs.

Afghanes, Libanaises, Syriennes, Yézidies, Maliennes...et toutes les autres de ce monde rendu immonde

par la candeur infâme des lâches,

et les vacarmes absurdes

des sans pitié, ni amitié

piqués de curiosité malsaine, 

voire obscène de vous faire taire.

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème féministe, engagé & militant

 

Dina Sahyouni, « Incommensurable douleur », poème féministe militant & inédit sur le retour des talibans en Afghanistan, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 10| Automne 2021 « Célébrations » & Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1,  mis en ligne le 16 août 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/ds-douleur

 

 

 

 

 

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À venir

 

11 août 2021 3 11 /08 /août /2021 18:11

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Éditorial

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À vos poésies ! 

 

 

 

 

 

 

Dina Sahyouni

 

Poéticienne, éditrice, lyreuse & fondatrice de la SIÉFÉGP

 

 

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Crédit photo : "In an Alcove" 1901, Helen Margaret, Madge Spanton, domaine public, Commons. 

 

 

 

Cette gazette poétique remercie chaleureusement toutes les personnes qui ont eu le courage de partager avec nous leurs ivresses et addictions. La Lettre n°16 s'achève aujourd'hui et la priorité revient désormais à la publication des numéros de l'été et l'automne 2021.

 

Parlons un peu de la Lettre n°16 intitulée « À vos ivresses & aux Bacchantes ! » et qui ose traiter un sujet qui scandalise beaucoup de gens. Ainsi, parler des addictions bonnes ou mauvaises, de la toxicomanie, de l'ivresse alcoolique et d'autres problèmes de ce genre chez les femmes en général et chez les auteures et artistes en poésie suscite le rejet immédiat chez beaucoup d'individus.

En parler, est en effet très pénible et reste difficile parce qu'il s'agit d'un tabou mettant à mal l'image que l'on peut avoir d'une femme, d'une mère, d'une artiste, d'une écrivaine. Ce tabou exige de nous les féministes de lui consacrer régulièrement un espace médiatique afin de libérer les femmes de la culpabilité qu'elles peuvent avoir à cause de leurs addictions considérées souvent comme des travers et des défauts rédhibitoires dans des sociétés où l'on exige toujours d'une femme de donner le meilleur d'elle-même.

 

Cet essai fait de vos bleus et des nôtres est un hommage à vous, à votre courage, à votre capacité de vous libérer de vos soucis et du regard normatif sur les femmes et sur les poètes et artistes en général.

Peu abordé, peu étudié et commenté, le thème de cette lettre soulève le voile sur la difficulté de trouver des témoignages et poèmes de poétisantes et artistes sur ce point. S'agit-il d'une autocensure chez les femmes pour éviter d'être blâmées ? La question demeure pour le moment sans aucune réponse satisfaisante.

 

À vous, à votre santé mentale, psychique, physique, ... !

À vous chères lectrices, pour les Bacchantes et pour toutes les femmes et les personnes LGBT+ !

À vos poésies !

Excellent été à vous, demeurez avec nous en poésie,

© DS.

 

 

***

 

 

Pour citer cet éditorial 

 

Dina Sahyouni, « À vos poésies ! »,  texte inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 11 août 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/ds-avospoesies

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude Simon

 

 

 

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11 août 2021 3 11 /08 /août /2021 14:39

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N° 10 | Célébrations | Astres & Animaux | Faits-divers & Catastrophes en poésie | Travestissements poétiques

 

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Sans pitié

 

 

​​

 

 

 

 

Vanessa Labruyère

 

 

 

​​​​​Crédit photo : Forêt en feu, image de Commons. 

 

 

 

 

Je sens que je bous, que j'ai de la fièvre.

Ne le ressens-tu pas ? C'est dans l'atmosphère.

Ma peau s'assèche sur le sol terrestre.

Si tu ne me crois pas, regarde le thermomètre.

 

Je présente tous les symptômes,

De toutes les fractures que tu me donnes.

Je crée de plus en plus de cyclones.

Je surchauffe et je frissonne.

 

Toi à la surface, je te fais subir le réchauffement.

Je ne supporte plus ton gaz asphyxiant. 

Je te fais payer ton inhumanité.

Moi, la Terre, je n'ai plus aucune pitié.

 

© V. Labruyère

 

 

Biographie

 

Vanessa LABRUYÈRE est une jeune femme de 35 ans native du Lot-et-Garonne et vivant à Cahors. Son univers littéraire est à la fois historique et fantastique. 

Passionnée d'écriture depuis son enfance, elle écrit principalement des poèmes et se lance également dans les romans. 

 

 

***

 

 

Pour citer cet écopoème engagé & ce travestissement poétique en Gaïa

 

Vanessa Labruyère, « Sans pitié », écopoème inédit sur le réchauffement climatique, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 10| Automne 2021 « Célébrations », mis en ligne le 11 août 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no10/vl-sanspitie

 

 

 

 

 

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1 août 2021 7 01 /08 /août /2021 15:54

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​​​​​​Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Revue poépolitique

 

 

 

 

 

Adresse au beau sexe ;

 

relativement à la Révolution

 

 

 

 

 

M. L. C. D. V.

 

Texte féministe choisi, transcrit,

mis en français moderne (corrigé) & commenté brièvement par

Dina Sahyouni

 

 

 

Crédit photo :  William Adolphe Bouguereau (1825-1905), "Bacchante", image Commons.

 

 

La brochure poétique présente ci-dessous a été écrite par une plume anonyme sous les initiales M. L. C. D. V. Elle s'intitule Adresse au beau sexe relativement à la Révolution présente ([Reprod.])/ [par M. L. C. D. V.] et date de 1790.

Le texte au vocabulaire typique du XVIIIème siècle se révèle, universaliste, radical et révolutionnaire en ce qui concerne les droits des femmes et leur place dans la société. Malgré quelques critiques sur certains peuples qui peuvent heurter des personnes par le ton et les termes utilisés, le fond reste foncièrement féministe et à portée universelle comme le poème qu'il contient. Ce fervent plaidoyer pour l'égalité des sexes dans la société est aussi un précieux témoignage sur les origines du féminisme universel.

Cet ouvrage appartient au domaine public.

 

Adresse au beau sexe ;

relativement à la révolution présente.

 

 

 

Sexe charmant, fait pour ajouter aux plaisirs de la vie des hommes et pour en adoucir les amertumes, qui plus que vous doit sentir le prix d'une heureuse révolution qui va vous rendre votre dignité, vous rétablir dans vos droits, et vous faire sortir de l'état d'opprobre et d'avilissement où l'affreux despotisme vous faisait gémir depuis des siècles ? Esclaves plus que personne des préjugés dont on berçait notre enfance et dont on amusait votre vieillesse, les despotes de tous les états semblaient s'être réunis pour vous avilir. Tantôt la force, usant de ses droits, arrachait à la beauté innocente des plaisirs que le cœur seul peut promettre, et l'amour faire espérer à un amant tendrement aimé ; tantôt, usant de l'empire que donne l'opulence et l'autorité, les despotes arrachaient des bras de leurs parents d'innocentes victimes qui ne leur étaient rendues que lorsqu'ils étaient las de les posséder ! Sans force, sans moyens, la beauté jeune et sans expérience était en proie à tous les caprices, et à toutes les fureurs des despotes de tous les corps et de tous les ordres qui se faisaient un jeu d'en trafiquer et de les livrer à l'opprobre et à l'ignominie ! Ouvrez les yeux, sexe adorable, sexe charmant, sexe trop longtemps avili ; ouvrez les yeux, vos fers sont brisés, vos impudents oppresseurs ont disparu, le regagne de l'auguste liberté brille de tout son éclat... vous étiez sous tous les rapports des esclaves, vous voilà des citoyennes ; sachez apprécier la dignité de votre nouvel état dans le nouvel ordre des choses ; sachez en sentir tout le prix et en tirer pour votre bonheur, pour l'honneur et la gloire de votre sexe tout l'avantage que vous avez droit d'en attendre. Vous êtes citoyennes, que ce titre, le seul honorable aux yeux d'une nation libre, vous rappelle et vos devoirs et les vertus qui ajoutent tant à l'empire de la beauté. Tous les vains préjugés de l'orgueil et de la vanité humaine détruits et foulés aux pieds : le mérite personnel, les grands talents, les vertus éminentes sont les seuls et véritables titres auxquels on doive un juste et légitime hommage. C'est à vous, sexe charmant, par un sage et raisonnable discernement, à n'accorder votre suffrage, votre estime qu'aux citoyens honnêtes et utiles qui servent la patrie. Votre empire s'étend partout et influe sur tout :livrez au ridicule et au mépris ces hommes vains et superbes, dont la suffisance insupportable annonce et l'inutilité et l'orgueil : accueillez le simple citoyen aimable, utile et honnête ; accablez de votre indignation ces nais orgueilleux qui s'élèvent sur le bout de leurs pieds pour annoncer à la masse générale qu'ils se croient pétris d'un autre limon que leurs semblables. C'est à vous, sexe charmant, à rappeler tous les hommes à cette noble et heureuse simplicité, qui forme le bien le plus doux de la vie et fait le véritable charme de la société.

C'est ainsi que vous formez de bonne heure les jeunes gens à devenir des époux sensibles, honnêtes et affables à tout le monde, et que vous corrigez les sots, les fats et les imprudents. Dans l'état de liberté, le premier besoin d'une âme honnête, sensible et vertueuse, est de pouvoir disposer de son cœur en faveur d'un objet qui puisse se concilier avec ses goûts, ses penchants et son humeur ; ce n'est que dans l'usage de la société que nous pouvons connaître cet objet de nos rapports et de nos goûts ; quel est l'homme sage, quelle est la fille raisonnable qui engagera sa liberté avec un inconnu dont l'humeur et le caractère peuvent toujours être, en contradiction avec le sien ? mais quel est l'homme sensible et vertueux, sous l'empire de la liberté, qui, ayant de la fortune, dédaignera de la partager avec une jeune amante pauvre, mais vertueuse, et dont il est tendrement aimé ?

Quelle est la jeune fille opulente qui dédaignera de donner sa main à un tendre amant plein de talents et de capacité, dont elle est adorée... Cruelle barbarie des parents, [vous] qui ne calculez que l'or, disparaissez avec les vains préjugés de la naissance... ! c'est parce que le mérite et la vertu n'ont été comptés jusqu'à ce moment-ci pour rien... et que l'or et la vanité ont assorti tous les mirages..., que la dissolution et la dépravation des mœurs sont à leur comble... Quel mal pourrait-il donc résulter pour la société, pour la patrie, qu'un citoyen riche fasse la fortune d'une fille charmante et vertueuse qui possède peu. Quel mal pourrait-il donc résulter, qu'une fille opulente partage sa fortune avec un époux d'un grand mérite, qui n'est pas riche. – Nos préjugés, comme notre avarice, doivent céder à l'empire de la raison, du bon sens, des convenances, du cœur, et de l'ordre ; avec ces principes, qui sont dans la nature et la religion, la beauté pauvre et vertueuse jouira du juste empire qu'elle doit exercer sur les cœurs, et elle recouvrera ses droits et sa dignité.

 

    Les femmes ayant appris à apprécier le titre honorable de citoyennes, les devoirs qu'il leur impose, dégagées de tous les vains préjugés qui les faisaient humilier et s'avilir devant des personnages sans vertus, sans mérite et sans talents, n'appréciant indistinctement chez tous les citoyens que les qualités éminentes qui les distinguent, elles doivent joindre aux grâces naturelles de leur sexe, aux agréments qui rendent leur société si intéressante, un peu de solidité, de raisonnement, (solidité sans prétentions au bel esprit ; (hors le Télémaque) ce n'est pas dans l'inutile et fade lecture des romans qui ne font que bouleverser l'esprit des jeunes personnes sans expérience qu'elles trouveront cette solidité ; ce n'est pas non plus en se laissant conduire par des moines ou des prêtres qui d'une façon ou d'autre leur tournent la tête et le cœur ; c'est dans la lecture de livres sages et raisonnés, comme il en existe beaucoup ; c'est dans la société de citoyens honnêtes, dégagés de tous les vieux préjugés avec lesquels on abrutissait l'espèce humaine (et les femmes plus particulièrement), qu'elles trouveront les moyens d'acquérir de la solidarité de raisonnement nécessaire pour se bien conduire. La morale sainte de l'évangile est la première morale du monde entier prise dans son simple sens... : mais il en a été de ce livre divin comme il en est des procès ; à force de les embrouiller, après des écritures éternelles on ne sait plus où l'on en est, il faut remonter à la source pour connaître l'objet du procès. À force d'embrouiller le sens de l'évangile ; après des écrits sans nombre sur ce livre divin, il faut en revenir au modèle. – C'est que les passions de toute espèce, ont agité les orateurs sacrés, et il a fallu intervenir le ciel pour justifier toutes les passions. Les moines et les prêtres voulaient accumuler de grands biens et avoir une domination absolue sur tous les hommes ; au lieu de leur rappeler les préceptes simples de l'évangile, pour les ramener aux principes de sagesse et de vertu qu'il prescrit, il fallait des tours de force pour les étourdir et les abrutir pour les dépouiller à son aise et leur donner des fers. C'est par cette raison, ô mon Dieu ! Qu'à la honte de l'humanité, en Espagne et en Portugal, les femmes sont encore honteusement courbées sous le joug impérieux des moines et des prêtres, et la plus belle portion de l'espèce humaine est presque partout réduite à cet état d'opprobre et d'avilissement. Une femme ne peut-elle donc rendre un hommage pur et agréable à son créateur sans se mettre sous la dépendance d'un moine ? Les vertus les plus agréables à Dieu dans une femme et qui lui attirent le plus les hommages et les respects des hommes ne sont-elles pas la pudeur, les soins qu'elle se donne pour allaiter,

nourrir et élever ses enfants, veiller à son ménage et contribuer au bonheur de son époux ! quand elle a rempli ces saints devoirs, qu'a-t-elle besoin d'aller s'avilir et ramper sous le despotisme d'un homme, tel qu'il soit !

    Ah ! connaissez, sexe charmant, le sage empire que vous devez exercer dans cette heureuse révolution ; cessez de vous laisser conduire par tous les préjugés dont on vous berçait ; cessez d'être les esclaves et de la vanité des grands et de la fine ambition des prêtres. N'accordez votre suffrage qu'aux vertus et aux talents ; que de leur côté tous les citoyens, sans tenir aux vains titres que donne la naissance, unissent leur sort à la beauté pauvre et indigente, mais vertueuse. Pour lors l'empire de la nature, de la raison et du bon sens reprendra ses droits ; les mœurs leur lustre et leur pureté, et la nation ne sera plus qu'une famille d'honnêtes et vertueux citoyens, dont Louis XVI sera le roi et le père. Peuples de tous pays, ouvrez les yeux à la lumière, cessez d'être les esclaves des moines, des prêtres et des grands ; relevez-vous de l'avilissement où vous êtes tombés ; – le ciel vous a fait des hommes libres ; des imposteurs et des despotes vous ont donné des fers, vos droits sont éternels et imprescriptibles ; relevez-vous et brisez vos chaînes. – Respectez la morale de l'évangile, mais foudroyez les fourbes, les sacrilèges qui, au nom d'un Dieu de paix qui veut également le bonheur de tous ses enfants, ont osé vous réduire à l'esclavage. Que tous les vains préjugés se taisent devant les lois éternelles de la raison, de la justice et du bon sens qui émanent de Dieu. – Juifs, mettez-vous à manger du jambon avec les autres hommes vos frères. Espagnols, chassez vos moines et jetez-les par la fenêtre, lorsqu'ils ont l'impudence et l'effronterie de venir déposer leurs sandales à votre porte. Démolissez la sainte inquisition et renvoyez vos saints inquisiteurs, s'ils veulent s'y opposer. – Et vous, Turcs, esclaves des rêveries de votre prophète, mettez-vous à boire du vin, rendez la liberté à vos femmes au lieu de les enfermer, elles sont faites pour concourir aux charmes de la société. – Puissent toutes les nations prendre pour modèle les sages décrets de l'assemblée nationale de France, qui tendent à détruire tous les préjugés que l'ignorance, l'orgueil et le fanatisme avaient accrédités, pour, donner à quelques despotes un empire aveugle et absolu sur le reste de l'espèce humaine, qu'ils ont abruti et dépouillé presque dans tous les pays pour la réduire au plus honteux esclavage.

 

 

 

Chanson

Sur l'air : Du Confiteor.

 

Repentir d'un gros bénéficier, et leçons que lui a données Lison, chez laquelle il a soupé.


 

Hélas ! quelle est l'énormité

De mes fautes, de mes offenses ?

Du saint nom de l'humanité

Dans mes folles extravagances,                           bis.

J'ai toujours méconnu les droits,

Et d'un Dieu bon les justes lois.

 

De bénéfices et de grands biens

Je fus pourvu en abondance ;

Pour ma table et pour mes catins

J'avais à peine suffisance, bis

Tandis que tant de citoyens

Jeûnaient comme de pauvres chiens.


 

Ah ! je croyais de bonne foi

Que tout pour moi dans cette vie

Devait concourir à la fois

À mes goûts, à ma fantaisie,                             bis.

Pour la luxure et les plaisirs

Renaissaient tous mes fous désirs.


 

J'étais fier, j'étais orgueilleux

De mes titres, de mes ancêtres ;

J'étais dur, j'étais vaniteux,

Comme le sont beaucoup de prêtres,                                   bis.

Qui méconnaissent, ainsi que moi,

D'un Dieu pauvre la sainte loi.


 

Un soir soupant avec Lison,

Dont l'âme était sensible et tendre,

Elle me fit cette leçon :

Je vais de bonne foi la rendre,                           bis.

Tant j'aime sa sincérité

Et son ton de naïveté.


 

Gros joufflu, dit-elle en riant,

Tu crèves et regorges d'aisance,

Tu es gai, ton cœur est content ;

Mais pourquoi, dis-moi donc en France,                            bis.

Enrichir tant de fainéants

Du sang de tous les pauvres gens.


 

Qu'as-tu donc fait pour ton pays,

Pour posséder tant de richesses ?

Crois-tu gagner le paradis

Avec ton faste et tes maîtresses.  bis.

Avoue que tu n'es qu'un vaurien,

Qui ne fus jamais bon à rien.


 

Quand le bon sens et la raison

Chasseront le grossier mensonge,

De bonne foi le croira-t-on,

Qu'il ait existé dans le monde                          bis.

Des fourbes qui, avec des mots

Aient dépouillé tant de sots ?


 

Le croira-t-on dans l'avenir,

Que l'espèce humaine abrutie

Ne pût parler, ne pût sentir,

Et que le flambeau du génie                              bis.

Fût éteint par tant de fripons

Qui enchaînaient les nations.


 

Les moines mangeaient nos moutons,

Ils nous enlevaient nos bergères,

Ils croquaient nos poules et chapons

Et marmottaient quelques prières.                                   bis.

Gardons nos bergères et moutons,

Et tous ensemble Dieu prions.


 

Fin.




 

 

***

 

Pour citer ce texte féministe

 

M. L. C. D. V., « Adresse au beau sexe ; relativement à la Révolution présente », texte féministe de 1790, choisi, transcrit, corrigé & commenté brièvement par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 1er août 2021. Url  :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/mlcdv-adresseaubeausexe 

 

 

 

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 10:58

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​​​​​REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations

 

 

 

 

 ​​

 

Une femme aux yeux noirs

 

 

 

(Victime de féminicide)

 

 

 

 

 

Mona Gamal El Dine

 

Docteur en sciences de l'art (La Sorbonne Paris), Membre de la Société des Gens de Lettres, Membre du P.E.N Club International, Sociétaire des Poètes Français, Présidente de l'association ISIS Arts & Cultures, Fondatrice des Rencontres des Poètes pour la Paix, Membre de Cercle Universel des Ambassadeurs de la paix (Genève/Paris), Historienne de cinéma & Réalisatrice

 

 

 

 

Crédit photo :  Une "Andalouse", tableau, Commons. 

 

 


 

Tu as des yeux noirs comme la nuit

Tes yeux noirs comme les pleurs de la nuit et du jour

Tes yeux noirs comme la tristesse 

Tes yeux noirs sont une force de combat

Tes yeux noirs sont à l’épreuve infinie

Tes yeux sont dépourvus de vie 

Tes yeux figent le vide de l’absence

Ce sont tous mes souvenirs qui me reviennent avec les larmes devant ta photo

Je déteste cette séparation

Mon sentiment est invisible

Quand je suis seul, tu es arrivée

Quand je suis triste, je t’aime

Une paire d’yeux ne suffit pas pour te regarder

Quand je croise ton regard, je tombe amoureux de toi

Pour toi maman car tu es un rayon de soleil  


 

© M. Gamal El Dine

 

 

 

Pour citer ce poème engagé & féministe

 

Mona Gamal El Dine, « Une femme aux yeux noirs (Victime de féminicide», poème féministe, Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 27 juillet 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/mged-yeuxnoirs

 

 

 

 

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