4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 16:58

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques 

 

 

 

 

 

 

 

 

​​​Canso de sirène

 

 

Texte & photographie

 

Chantal Robillard

 

Art. Wikipédia​​​​​​

 

 

 

 

© Crédit photo :  Chantal Robillard, "La lagune vénitienne au couchant", photographie prise en mai 2018.

 

 

 

 

Tu te revois, là, dans la lagune, émerger.

Tu songes aux îles de Torcello, Mazzorbo.

Tu frissonnes : l’eau est ici fade et glacée.

Tu croquais, portés par la marée, crabes frais.

Tu léchais de tes lèvres salées bovolo.

Tu craches amère fleur de gentiane fanée.



 

Tu jouais à t’échouer sur bancs sablonneux.

Tu y prenais, à l’aube, longs bains de soleil.

Tu saluais canots, vaporetti, ferries.

Tu en suivais de loin, entre les bricole.

Tu traçais sillage léger dans les flots verts.

Tu contemplais la ville aux mille merveilles.



 

Tu plongeais au creux d’un chenal à paquebots.

Tu crawlais vers la Sérénissime en beauté.

Tu la sentais rosir, au crépuscule ocrée.

Tu t’en rapprochais sans bruit, langoureusement.

Tu prenais par le Grand canal ; Académie :

Tu bifurquais par l’étroit rio San Vio.



 

Tu arrivais aux Zattere étincelants.

Tu glissais, canal Giudecca, sous un ponton.

Tu profitais sur le soir des soleils ponants.

Tu revenais vers la Salute posément.

Tu reprenais, par la lagune, ton sillon.

Tu découvrais quinquets ci ou là s’allumant.



 

Tu aimais voir cligner beau phare à Murano.

Tu n’aperçus, tapis, te guetter vils pêcheurs.

Tu eus mal, perdis tes esprits, fus en trou noir.

Tu tournicotes en ce lac de volcan éteint.

Tu te blottis à l’heure où les touristes affluent.

Tu hais ceux qui t’envoient cacahuètes grillées !



 

Tu sens qu’au fond du lac d’un gouffre surgit l’eau.

Tu dois siphon traverser à contre-courant.

Tu fais de plus en plus d’apnée pour t’ensauver.

Tu t’entraînes, tu échoues, t’efforces cent fois…

Tu t’obstines : disparaître, tu peux, vas-y !

Tu te revois, là, dans la lagune, émerger…*

 


 

© C. ROBILLARD

 

 

* Ce poème contient des couleurs du soir et de Venise et une recherche de liberté du personnage (sirène).

 

***

 

 

Pour citer ce poème féministe

 

Chantal Robillard (texte & photographie inédits), « Canso de sirène »​​, poème féministeLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées », mis en ligne le 4 mars 2021. Url :  http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/cr-cansodesirene

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Poésie engagée Poésies féministes
21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 18:18



Événements poétiques | Le Printemps des Poètes | « Les femmes & le désir en poésie »

 

 

 

 

 

 

 

À mon seul désir

 

 

 

Chantal Robillard

 

 

 

© Crédit photo : Mon seul désir, un détail de la tapisserie de la dame à la licorne, image fournie par Chantal Robillard. ​​​​​​​

 


 

Au milieu du ciel rouge vif et des prés bleus,


 

 

Mille fleurs éparpillées autour d'animaux.

Oriflammes brandies par licorne et vieux lion,

Nobles dames richement coiffées et vêtues.

 


 

Serties de bijoux sont les robes de brocart

Et velours, atours de reines, miroirs dorés.

Un chien, des singes, oiseaux, genette, renard...

Libre sous les arbres fruitiers, petit chevreau


 

 

Défie un lapin. Agneau, héron, léopard...

Et soudain l'insolite tente se déploie

Sur le pré où la dame range ses joyaux.

Inscription dorée mystérieuse suggérant :

Réfléchissez aux cinq sens, mais aussi au cœur.

 

 

© C. Robillard

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème féministe inédit sur le désir 

 

Chantal Robillard, « À mon seul désir »​​, poème féministe inéditLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 21 février 2021. Url :  http://www.pandesmuses.fr/desir/cr-monseuldesir

 

 

 

 

 

 

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6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 18:05

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Textes thématiques | Astres & animaux 

 

 

 

 

 

 

 

J'écris ton nom 

 

  

Dina Sahyouni

 

 

 

Crédit photo : "Greifswalder, Oie", aerial, photograph 01/09/1992", wikimedia, domaine public.

 

 


 

Écrire sur les vagues bleues ton nom

Dormir aux plis des pages vides, 

avide de tout savoir sans rien avoir

le ventre du monde pleure

et la douleur surgit de la douceur 

écrire avec l'encre des invisibles

avec des plumes d'oies blanches 

la blessure des oies est mienne

​​​​​​

 

 

 

Crédit photo : "Oies, coastline", wikimedia, domaine public.

 


 

J'écris avec le vent, avec le sable mouvant 

avec les doigts, les oreilles, les orteils

j'écris avec le cœur en sueur 

j'écris comme avant, comme auparavant 

j'écris sur les nuages en sel de mers

des histoires de mères, des contes de fées inachevés

j'écris soudain et l'eau coule… 

tout s'écroule mais ton nom reste

Mer, au hasard des larmes, tout s'alarme

l'écrit s'arme de larmes de joie amères. 

 

©DS, février 2021.

 

***

 

Pour citer ce poème écoféministe et engagé 

 

Dina Sahyouni, « J'écris ton nom », poème engagé et écoféministe inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères », mis en ligne le 6 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/ds-tonnom 

 

 

 

 

 

 

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 14:13

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Textes thématiques  | No 9 |  S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages, etc. 

 

 

 

 

 

 

 

Alfonsina y El Mar /

 

 

Alfonsina et la mer

 

 

 

 

Texte du poète

Félix Luna

 

Traduit de l’espagnol par

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

Crédit photo : Alfonsina Storni, image Commons, Wikipédia, domaine public.

 

 

 

Version originale en espagnol

 

 

ALFONSINA Y EL MAR

 

 

Por la blanda arena que lame el mar 

Su pequeña huella no vuelve más 

Un sendero solo de pena y silencio llegó 

Hasta el agua profunda 

Un sendero solo de penas mudas llegó 

Hasta la espuma 

 

Sabe Dios que angustia te acompañó 

Que dolores viejos calló tu voz 

Para recostarte arrullada en el canto de las 

Caracolas marinas 

La canción que canta en el fondo oscuro del mar 

La caracola 

 


 

Te vas Alfonsina con tu soledad

¿Qué poemas nuevos fuiste a buscar? 

Una voz antigua de viento y de sal 

Te requiebra el alma y la está llevando 

Y te vas hacia allá, como en sueños 

Dormida, Alfonsina, vestida de mar 

 

 

Cinco sirenitas te llevarán 

Por caminos de algas y de coral 

Y fosforescentes caballos marinos harán 

Una ronda a tu lado 

Y los habitantes del agua van a jugar 

Pronto a tu lado 

 

 

Bájame la lámpara un poco más 

Déjame que duerma nodriza, en paz 

Y si llama él no le digas que estoy 

Dile que Alfonsina no vuelve 

Y si llama él no le digas nunca que estoy 

Di que me he ido 

 

 

 

Te vas Alfonsina con tu soledad

¿Qué poemas nuevos fuiste a buscar? 

Una voz antigua de viento y de sal 

Te requiebra el alma y la está llevando 

Y te vas hacia allá como en sueños 

Dormida, Alfonsina, vestida de mar 

 

Félix Luna y Ariel Ramírez*

 

 

 

 

Version traduite en français 

 

 

Alfonsina et la mer

 

À travers le sable doux qui lèche la mer

Se perd à jamais sa fine trace 

Rien qu’un sentier de peine et de silence se dessina

Jusque dans les profondeurs de l’eau

Rien qu’un sentier de peines muettes se dessina 

Jusqu’à l’écume

 

 

Dieu sait quelle angoisse t’accompagna

Quelles douleurs anciennes tut ta voix

Pour te reposer, bercée par le chant 

Des conques marines

La chanson que chante la conque

Dans le fond obscur de la mer

 

 

Tu t’en vas Alfonsina avec ta solitude 

Quels nouveaux poèmes es-tu allée chercher ?

Une ancienne voix de vent et de sel

Récupère ton âme et l’emporte

Et tu te diriges vers elle comme dans les rêves

Alfonsina, endormie dans ton habit marin

 

Cinq petites sirènes t’emmèneront

Par des chemins d’algues et de corail

Et de phosphorescents chevaux marins 

Tourneront autour de toi

Et les habitants de l’eau

Ne tarderont pas à se mettre à jouer à tes côtés.

 

Baisse-moi l’éclairage un peu plus

Pour que la nourrice dorme en paix

S’il appelle ne dis-lui pas que je suis là

Dis-lui qu’Alfonsina ne revient pas 

Et s’il appelle ne lui dis jamais que je suis là

Dis que je m’en suis allée

 

Tu t’en vas Alfonsina avec ta solitude 

Quels nouveaux poèmes es-tu allée chercher ?

Une vieille voix de vent et de sel

Récupère ton âme et l’emporte

Et tu te diriges là-bas comme dans les rêves

Alfonsina, endormie dans ton habit marin


 

 

* NDLR : « Alfonsina y el mar »: texte du poète Félix Luna mis en musique par le pianiste compositeur Ariel Ramírez en hommage à la poète féministe argentine Alfonsina TORNI qui, atteinte d’un cancer, s’est suicidée le 25 octobre 1938 à l’âge de 46 ans. Cette chanson fut également interprétée par la chanteuse argentine de renom Mercedes Sosa


 

 

 

***

 

Pour citer ce poème bilingue espagnol-français

 

Félix Luna (poème de), Maggy De Coster​ (traduction de), « Alfonsina y El Mar / Alfonsina et la mer  », poème bilingue espagnol-français reproduit avec l'aimble autorisation des auteurs et leur maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » N°9|Fin d'Été 2021 « Femmes, Poésie & Peinture », sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 2 février 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no9/mdc-alfonsinayelmar

 

 

 

 

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25 janvier 2021 1 25 /01 /janvier /2021 15:28

 

Lettre n°15  | Eaux oniriques... | Textes poétiques thématiques |  S'ndigner, soutenir, Lettres ouvertes, Hommages, etc. | Poésie féministe pour lutter contre les violences faites aux femmes

​​​​

 

 

 

 

perdre la mer

 

​​

 

 

Houle

 

 

 

 

Crédit photo : Édouard Debat-Ponsan (1847- 1913), La Vérité sortant du puits, domaine public, image trouvée sur Wikipédia.

 

 


 

je me souviens de l'angoisse dans mon ventre. quelques jours, quelques semaines après les viols. si je portais un enfant ? si je portais l'enfant de l'homme ayant volé mon corps de petite fille ? mon ventre était déjà plein d'une peine trop lourde pour mon corps. Chaque soir et chaque matin, je me déshabillais devant le miroir de plain-pied. je contemplais mon ventre de profil, de face, de trois quarts, pour constater un changement, ou son absence. je comptais sur mes doigts les jours me séparant de mes règles. puis les jours de trop. ceux que je n'aurais jamais dû compter. pourtant mon ventre ne grossissait pas. mon ventre était une mer tranquille, qu'aucune vague ne venait troubler. je pensais que, peut-être, l'enfant était aussi fragile que moi. aussi faible que je l'avais été. peut-être même que l'enfant avait la taille de mon amour, et qu'il ne grandissait pas. j'avais tellement honte. honte de porter un enfant. honte qu’à peine sortie de l'enfance, il faille donner naissance à mon tour. je ne voulais qu'une chose, c'était que l'enfant sorte de moi, qu'il me tue. je voulais mourir, et je voulais que ma mort l'emporte, comme les rouleaux des vagues m'attirent. je voulais noyer tout mon corps. laver chaque enfant de son angoisse, et de sa haine. mais je ne pouvais pas. je ne savais pas comment faire. comment donner la vie, alors que je mourrais. donner naissance alors que j'étais incapable de survivre.


 

 

 

 

 

 

cela ne te suffit pas de prendre mon corps
et de repartir, me laissant pour morte,
quelque part sur ton lit,
les volets clos contre mes larmes.
cela ne te suffit pas de prendre mon corps.
il faut que tu l'habites,
que tu l'occupes alors même
que tu n'es plus là.
quand je rentre seule le soir,
je me fonds dans un recoin de la chambre,
mes jambes contre mon torse,
je serre mon ventre si fort
pour qu'il ne grossisse pas.
je murmure dans une prière,
il n'y a pas la place pour deux enfants
dans mon corps*

 

 

* Ces deux poèmes contiennent une  licence grammaticale portant sur le refus de la majuscule, nous les publions tels quels avec leur titre pour respecter la volonté de la poète, LPpdm. 

 

 

***

 

Pour citer ces poèmes féministes pour lutter contre le viol

 

 

Houle« perdre la mer », poèmes féministes inédits sur le viol, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères », mis en ligne le 25 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/houle-perdrelamer

 

 

 

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L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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