24 juin 2021 4 24 /06 /juin /2021 12:07

​​

​​​​​REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations

 

 

 

 

 ​​

 

 

Je m'aime

 

 

 

 

 

 

 

 

Mariem Garaali Hadoussa

 

Artiste plasticienne & poète

Présidente de lassociation "Voix de femme nabeul"

 

 

 

 

© Crédit photo :  Mariem Garaali Hadoussa, "Amazigh II" de "Série berbères amazighs", acrylique et huile sur toile 35/27 cm. 

 

 

 

Je m'aime quand je souris à la vie

Au soleil et aux belles choses

Je m'aime parce que

je me respecte

je m'accepte comme je suis

 

 

J'aime mes imperfections

Elles me rendent unique

Originale !

j'ai cessé d'être perfectionniste

En quoi ça dérange ? 

Je me sens légère et libérée

Parfaite ou imparfaite à ma manière !

 

©M. G. Hadoussa, 18/2/21.

 

 

 

 

Pour citer ce poème

 

Mariem Garaali Hadoussa, « Je m'aime », poème  et peinture féministes inédits, Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 24 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/mgh-jemaime

 

 

 

 

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10 juin 2021 4 10 /06 /juin /2021 16:16

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poétextes thématiques

 

 

 

 

 

 

 

 

Les cases

 

 

&

 

 

Les folles aux chats

 

 

 

 

 

 

Charlène Lyonnet

 

 

 

 

Crédit photo : Rouge folie 2013, image de Commons, domaine public.

 

 

 

Les cases

 

 

Étouffant

Dans le carcan

De principes d’un autre temps.

Camisole

Qui te confine et t’isole.

Bien élevée,

Élevée comme un bien,

Élève-toi sans « eux » !

Lève-toi !


 

La case dans laquelle tu ne rentres pas.

Fille.

La case dont tu ne sortirais pas.

Folle.


 

Vil ricochet noir ou blanc

Du cocher débile.

Encre indélébile.


 

Avec ou sans ton araignée au plafond,

Et ton baluchon,

Multicolore.

Soie toi-même !

Tisse ta voile !

File arc en ciel !

Décoche les cases comme des flèches !

 

 

 

Crédit photo : Cat playing with a lizard, image de Commons, domaine public.

 

 

 

Les folles aux chats 

 


 

À la lisière de vos bois,

Dans les obscurs petits villages

À certains très sombres étages

Peut-être même sous les toits…


 

Des femmes comme toi et moi,

Jeunes ou parées d’un grand âge,

Délurées, épanouies, sages,

Vivent seules et c’est leur choix.


 

Accompagnant les insolentes,

Familiers fauves les enchantent.

Au diable vil patriarcat !


 

Femmes fortes et solidaires,

Mal surnommées « folles aux chats ».

Vive les heureuses sorcières !

 

 



 

 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes féministes

 

Charlène Lyonnet« Les cases » & « Les folles aux chats », poèmes inédits féministes et engagés, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 10 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/cl-lesfollesauxchats

 

 

 

 

 

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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 14:44

 

Lettre n°16 | Varia de poétextes 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pesanteur

 

 

 

 

 

 

 

  

Djurdja Raskovic

 

Site officiel :

 

www.djurask.wordpress.com

 

 

 

Crédit photo : Menstrual cramps, 3, image de Commons, domaine public.

 

 

 


une goutte écarlate
sur la cuisse de lait
 


ventre gonflé de peau bleue
vertical
au son d’un souffle inégal
 


des éclairs blancs pressent mes seins
sillons de peau tendre
 


j’ai mal et je tiens mon ventre
d’où déborde
une mer de sang

cuisses pesantes et grasses
elles portent mes douleurs

j’ai peur des profondeurs de moi-même

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème féministe

 

Djurdja Raskovic, « Pesanteur », un poème inédit féministe et engagé sur la menstruation, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 5 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/dr-pesanteur

 

 

 

 

 

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27 mai 2021 4 27 /05 /mai /2021 10:11

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésie des aïeules | Pionnières en poésies féministes | Florilège de textes poétiques

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vampire

 

 

 

 

 

 

Poème de

 

Delmira Agustini

 

Texte traduit par

Monique-Marie Ihry

 

 

 

 

 

​​​​​Crédit photo : Delmira Agustini, domaine public, Wikimedia. 

​​​​

 

 

 

 

Dans le refuge triste du soir  

J’invoquai ta douleur… La sentir était

Sentir ton cœur ! Tu pâlis,

Même ta voix, tes paupières de cire

 

Baissèrent… et tu te tus… et tu semblas

Entendre passer la Mort… Moi qui avais ouvert

Ta blessure, je la mordis ‒ M'as-tu sentie ? ‒

J’ai mordu comme dans l’or d’un nid d’abeilles ! 

 

 

Et je pressai davantage, traîtresse, doucement

Ton cœur blessé mortellement 

Par l’étrange dague cruelle et exquise

D’un mal sans nom, jusqu’à l’ensanglanter de pleurs !

Et je tendis vers cette fontaine ouverte dans ta souffrance 

Les mille bouches de ma soif maudite.


 

 

Pourquoi ai-je été ton vampire d’amertume ?...

Suis-je fleur ou fontaine d’une espèce obscure

Qui s’alimente de plaies et s’enivre de pleurs ? *

 

 


 

*Delmira AGUSTINI (1870-1920), Extrait du recueil Cantos de la maňana / Les chants du matin (1910), traduit et présenté par Monique-Marie Ihry, Collection Bilingue n°8, Cap de l’Étang Éditions, 2020, p. 41. 

 

 

© MM. Ihry

 

 

 

***

 

Pour citer ce poème féministe traduit en français

 

Delmira Agustini (écrit par), Monique-Marie Ihry (traduit par), « Le vampire », poème traduit & reproduit avec l'aimable autorisation de la traductrice & de sa maison d'éditionLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/II « Pionnières en poésies féministes », mis en ligne le 27 mai 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/da-mmi-levampire

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Poésie engagée Poésies féministes
22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 09:41

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Pionnières en poésies féministes | Chroniques de Camillæ Critique & réception) | Revue culturelle des Amériques

 

 

 

 

 

 

Kathy Acker,

 

 

 

New York City in 1979

 

 

 

 

 

 

 

 

Camille Aubaude

 

Site & blog officiels :

www.lamaisondespages.com/

 

https://camilleaubaude.wordpress.com/

 

 

 

 

Crédit photo :  Kathy Acker, Capture de l'mage de Wikipedia (domaine public) par LPPDM. 

 

 

Kathy Acker, New York City in 1979. Penguin modern : 27, 1979.

global.penguinrandomhouse.com

 

 

L’activiste féministe et universitaire new yorkaise Kathy Acker constate en 1979 que « l’intense désir sexuel est la plus grande chose au monde. »

Or, de tous temps, on l’a réprimé. Les gens préfèrent une vie sans histoire. Et puis il y a l’art.

 

 

Le premier tableau de Kathy Acker est un dialogue de putes en prison la nuit. On sent le silence. Les putes parlent de leur homme. Elles attendent qu’il vienne les sortir du trou. Il y en a une qui saigne depuis deux jours, son toubib lui a parlé d’avortement. Elles savent qu’elles appartiennent à la rue et qu’elles sont de braves filles qui rapportent de l’argent. Des petites filles en train d’avorter, qui rêvent d’hôtel alors qu’elles sont en prison, puis qui veulent dormir, parce qu’elles vont retourner au travail. Dans la rue. Si elles ont de la chance. Si l’homme vient les sortir de là. L’homme qui les a mises dans la rue.

 

Est-ce la peine de lire tous ces textes regroupés sous le titre « New York City in 1979 » ? On devine que les rapports entre hommes et femmes vont soulever ces vastes questions sans réponse, saboter tous nos plans cognitifs, ces pièges faits pour nous rassurer, nous qui voulons du sens, de l’intention, des finalités.

 

 

 

© Crédit photo : Camille Aubaude, "Bords de Loire devant la Maison des Pages d’Amboise", avril 2021. image fournie par la chroniqueuse. 

 

 

Le texte suivant est sur les lesbiennes définies comme des femmes qui préfèrent leurs propres manières à celles des mâles.

Subtil…

L’abyssale obscurité engendre une jolie métaphore : les lesbiennes préfèrent les grandes aires circonvolvantes de la sensualité au but direct, suivi de poursuites afin d’obtenir encore plus, et toujours plus, l’orgasme utérin étant la plus grande jouissance au monde. Réprimée sans appel, ne pouvant se répéter, ni s’enraciner.

 

Les espaces de volutes soulèvent quoi ? Pas les fesses (écrire face), les culs, les Whats ‘up, l’Ascension, la Pentecôte, où l’on parle « en langues », mais l’enchanteresse confiance du rêve. Très exactement, cette sensualité lesbienne « mène à dépendre des illusions. Les mensonges et le silence sont plus réels que la vérité » — ce qui ne veut pas dire grand-chose. En revanche, être passionnément épris de quelqu’un et « dépendre d’illusions », c’est tisser sa langue, soi-même, se mettre à ressembler aux décors anamorphosés apparentés aux drogues.

Après, les questions deviennent sordides. Ces femmes qui trouvent la force de prendre un avion pour rejoindre un homme, et s’en émeuvent, quelle tristesse ! Alors tout est faux, « fake », personne n’écoute, les leurres sont éteints. Les indignations sont construites pour être dans l’air du temps. Ne reste que « l’horrible désastre » que la narratrice veut voir désespérément, telle une « nouvelle chose qui va arriver cette année ».

 

Pas de soucis, disent-ils. 

Alors suivent des exemples, dont on ne sait si l’extrême gravité va ressortir à des jeux de rôles malsains ou à la défense de la dignité de l’être humain.

"JANEY est une femme qui a blessé sexuellement  et a été tellement blessée sexuellement (plus américain, tu meurs…) qu’elle est maintenant frigide (idem). Elle ne veut plus voir son mari. Il n’y a plus rien entre eux…"

 

On saute.

On survole l’épisode du Mudd Club (boue), pour couples riches en limousine :

— Regarde la voiture.

— Jésus. C’est ces voitures de riches hippies.

— Allons la prendre.

— Il y a le chauffeur pas très loin.

— On va le kidnapper.

Etc. etc.

 

Une page blanche, et un vers qui prône les Majuscules :

 

Je Veux Tout Au-Dessus Pour Être Le Soleil.

 

Le texte au titre enivrant est au verso dudit vers : Intense Sexual Desire is the Greatest Thing in the World.

 

Ce n’est plus une question ouverte, mais une affirmation ouverte, qui n’annonce pas la fin.

Je languis, je cherche la flamme parmi les nuées ascensionnelles, et chute dans la première phrase : 

 

« Janey rêve de queues. Janey voit des queues à la place des objets.

Janey veut baiser.

C’est la façon dont le Sexe rend Janey folle… C’est pire que cela : Si Janey est rejetée sexuellement son corps devient malade. »

 

Tout cela ressemble à quelque chose qui ne craint pas de se définir comme « la nature de la réalité »…

 

Le vide délie le noir et le blanc des lettres. Ce féminisme intellectuel brille de larmes. Il s’isole et s’effondre en rivalisant. Qui s’est mis en premier à ergoter ? Quelques Françaises, puis ça part aux États-Unis, et ça revient, supposé né dans les marges, telle ma grande amie Françoise d’Eaubonne présentée en 2020 comme une « Amazone verte ». Il faut de la nouveauté pour nourrir le mouvement d’inversion de la croyance : la foi en la superficialité, et en la matérialité.

Vous aurez deviné la fin de ce conte NYC’s underground… : 

« Tout ce qui détruit les limites ». 

 

Johnny jouit dans Janey, referme la porte et ne la revoit plus jamais — Janey. Ça fabrique une « icône du culte littéraire »…! Une littérature avide qui devient insupportable. 

 

Artiste de valeur, Kathy Acker n’aura pas échappé à l’étreinte de ce monde désenchanté. Le monde qu’elle sert, sans pouvoir être suffisamment rebelle et impertinente, provoque des douleurs censées être à l’origine d’une mort précoce — cancer du sein. Elle a créé une œuvre guidée par la souffrance, ce qui ne peut rendre indifférent. La maladie n’est-elle pas l'aspect le plus insupportable d’un monde désacralisé ? Il coupe plus que jamais les ailes à celui qui critique son pouvoir. Il n’œuvre pas, ne serait-ce qu'au moyen de la Littérature, pour considérer le Grand Mystère de la Nature. 

 

 


 

© Crédit photo : Camille Aubaude, "Camillæ". Image fournie par la chroniqueuse. 

 

 

***

 

 

Pour citer cette chronique féministe 

 

Camille Aubaude, « Kathy Acker, New York City in 1979 », texte féministe et images inédites, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/II « Pionnières en poésies féministes », mis en ligne le 22 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/ca-kathyackernewyork

 

 

 

 

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SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

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