22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 16:00

 

 

 

En avant-première d'Introspection

 

 

Entretien avec Marie-Josée Desvignes

 

 

 

à l'occasion de la parution de son livre Requiem*

 

 



 

  http://www.cardere.fr/photo/L53.jpg

© Crédit photo : Requiem - Couverture de l'éditeur

 

 
   

 

Dina Sahyouni — Vous écrivez pour la jeunesse, que représente pour vous l'enfance ?  


 

Marie-Josée Desvignes J'ai écrit effectivement un roman pour la jeunesse qui va paraître en janvier 2014 aux éditions Les Lucioles. Mon enfance est une terre inconnue que j'aurais voulue belle. L'enfance représente donc pour moi un lieu rempli d'êtres fragiles dont je me sens toujours proche. La plupart des auteurs pour la jeunesse ont la nostalgie de cette époque où on leur racontait des histoires. Pour moi qui n'ai pas eu cette chance, c'est  après avoir lu et aimé C.S. Lewis  (l'auteur du monde de Narnia mais aussi de Surpris par la joie), Lewis Carrol ou les frères Grimm, c'est à dire très tardivement, que j'ai eu envie d'écrire pour la jeunesse. Mais c'est aussi sûrement parce que j'avais à cœur de transmettre mon amour de la lecture (déjà en enseignant) que j'en ai fait le sujet de ce premier roman jeunesse (fantasy) sur fond de quête initiatique. 

 


 
DS  D'après vous, comment peut-on transmettre aux enfants la poésie des aïeules ?  


 

M-JD Le désir de transmettre la littérature et la poésie en particulier fait partie de mon cheminement. Je crois qu'à part Andrée Chédid (fort représentée dans les « récitations » en primaire), les enseignants qui ne sont pas tous poètes, ni tous curieux de la poésie qui plus est celle des femmes, n'ont pas tous spontanément cet élan à transmettre la poésie. 

D'ailleurs, il faudrait que celle-ci ne soit pas partagée qu'à l'école. Mais combien de parents lisent la poésie ? Combien lisent celles des femmes ? Il faut avoir un goût particulier pour cet art qui est justement  un art de l'enfance.

Les enfants savent très tôt jouer avec les images, les sonorités du langage, l'invention des mots. Lorsque je fais écrire les enfants dans mes ateliers-poésie, je repars enchantée de la savoir si vivante à leur contact. L'enfance garde longtemps ce goût qui perdure encore un peu, une fois entré dans l'adolescence où les questions liées à l'autre et à la rencontre poussent ces encore-jeunes à s'épancher dans des petits mots qu'ils échangent, pour disparaître complètement une fois préoccupés d'entrer dans la vie active.

La seule réponse que je peux apporter à celle-ci qui en englobe tant d'autres à commencer par la définition même de la poésie, serait que les éditeurs eux-mêmes accordent davantage de place à ce genre, et que chaque auteur se fasse un peu poète. Ce serait un défi.   On glisserait alors dans chaque livre un poème de l'auteur. Mais la poésie elle-même reste un mystère, il y a beaucoup de gens qui disent aimer la poésie et tout autant à dire qu'ils ne la lisent pas.

Il y a donc déjà toute une éducation des adultes à redevenir enfant... À moins que nos filles, à force de défendre la poésie s'y emploie elles-mêmes dans l'éducation qu'elles donneront à leur progéniture.

D'une manière plus générale, vous posez la question de la place des femmes dans la littérature,  et je crois bien que c'est à nous de la prendre cette place, par exemple en écrivant des manuels d'Histoire de la littérature des femmes (tout genre confondu) en privilégiant la poésie (anthologies), la défendre avant qu'on la considère encore comme au XXe siècle encore comme un art de l'épanchement féminin  (cf. Les Muses françaises, anthologie de femmes poètes, Alphonse Séché, 1908). D'ailleurs je pense que les sites se développent autour des femmes-poètes par des femmes-poètes. Voilà un moyen sans doute pour la transmission, car les jeunes, garçons et filles, sont nombreux à s'y aventurer.



DS Requiem est un récit poétique explorant le vécu douloureux d'une femme qui donne naissance à un bébé mort-né. Pourriez-vous nous en parler?


 

M-JD Chaque poète a une définition de la poésie. Et c'est peut-être pour cela qu'il y a toujours autant de querelles au sein même du milieu.

Pour moi la poésie ne réfléchit pas à ce qu'elle peut dire ou ne pas dire. Elle est le lieu d'un dire absolu, et parfois indicible autrement. Elle peut donner à voir une violence tout autant qu'une émotion fragile et paisible pour transcender un vécu,  un moment délicieux ou un dire tragique. Elle peut être tout autre chose aussi.

J'écris de la poésie depuis longtemps et tous mes textes étaient emprunts de cette violence à dire un indicible. J'avais un quelque chose à dire, qui toucherait les femmes plus sûrement par le vécu intime. J'avais d'abord voulu le faire sous la forme d'un roman mais c'était mon vécu et je ne pouvais (ne voulais !) le mettre à distance. Le dire de Requiem n'est pas seulement celui d'une naissance tragique, c'est avant tout celui d'un deuil impossible, comme l'est celui de parents qui ont perdu un proche en mer.

Certains veulent enfermer la poésie dans une objectivation dénuée d'émotions, d'autres s'y complaisent, il me fallait trouver ce juste milieu, ce lieu d'un dire violent, émouvant débarrassé d'apitoiements.

Je peux dire aussi ce que Requiem n'est pas. Ce n'est ni un témoignage, ni un recueil de poèmes qui se liraient aléatoirement. C'est un récit car il propose une immersion dans la mer et le mystère de la naissance, c'est un long poème dont la tragédie n'a trouvé que ce chemin pour se dire.


 

DS Pourquoi avez-vous écrit ce livre, s'agit-il d'un hommage, d'un cri, d'une nécessité existentielle, etc. ?


M-JD C'est sans doute un hommage, il est dédié à mon fils Julien. C'est un cri, dans lequel pourront se reconnaître toutes celles (et elles sont nombreuses) qui ont perdu un proche sans possibilité de le pleurer. C'est une nécessité existentielle peut-être, pour moi d'essayer de passer à autre chose, mais pas une thérapie comme on dit trop souvent de l'écriture ou de l'écriture de la souffrance. Heureusement, il y a bien d'autres moyens moins douloureux que la publication pour guérir mais il y a aussi des maladies dont on ne guérit pas de « ce temps qui ne passe pas » (l'expression est de Pontalis)


 

DS   Qui est Marie-Josée Desvignes dans Requiem, comment se raconte-t-elle par le biais de la poésie ?


M-J D Elle est toutes les femmes qui se sont vu retirer le droit d'exister au travers d'un acte qui, à cette époque, il y a trente ans, serait aujourd'hui puni par la loi. Elle pose la question du sacré de la vie. Aujourd'hui, une loi permet les interruptions médicales de grossesse à sept mois légalement, mais surtout, elle permet de donner une sépulture à l'enfant. J'ai vécu cette naissance comme un meurtre dont j'aurais été complice (car il s'agissait bien d'une IMG mais le cadre pour reprendre l'enfant était flou encore). Et avant moi, il y en a eu tant et tant. Nos mères et grand-mères peuvent nous en parler encore.

 



DS Une dernière question s’il vous plaît : avez-vous des publications prévues pour l’année 2013-2014 ?


M-JD Oui comme je l'ai dit plus haut, un roman fantasy en direction des adolescents est à paraître en janvier prochain aux Éditions Les Lucioles. C'est un plaidoyer pour la défense de la littérature et du patrimoine culturel. Mon petit héros, dyslexique et pourtant au QI supérieur à la moyenne, va se voir confié dans un autre monde, la mission de récupérer les livres qui ont été dérobés au petit peuple des muets afin de les soumettre... (le titre est justement : Le petit peuple des muets, 1.Chroniques du pays sans retour). J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écriture, il m'a diverti durant l'écriture de Requiem, et le passage que je préfère est celui où je fais naitre un personnage du nom de Clemens Brentano, un auteur totalement oublié aujourd'hui, contemporain des frères Grimm, poète et conteur  lui aussi et qui aurait rêvé sa vie durant de devenir un personnage de roman, un rêveur et un éternel enfant. Un hommage pour moi.

Je suis actuellement sur l'écriture d'un roman et je finalise également un recueil de poèmes dont le titre est De l'ombre à la lumière.

 

 

  *Entretien électronique


Pour citer ce texte


Dina Sahyouni & Marie-Josée Desvignes« Entretien avec Marie-Josée Desvignes à l'occasion de la parution de son livre Requiem », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°3  [En ligne], mis en ligne le 22 septembre 2013.

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-entretien-avec-marie-josee-desvignes-requiem-120221563.html/Url.http://0z.fr/K9WJc

 

1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:00

 

Poèmes 

In the spring Japan,

 

 

Japanese mountaineer,

 

Japanese Spirit and Trees of Japan


Tatjana Debeljački

 

   http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d8/Path_of_philosophy.jpg

Crédit photo : photo de Kyoto (Japan en avril 2004), trouvée sur Commons.


 

 

In the spring Japan 


 

A heavy mist rises

out of the valley

like gun smoke, rifling

the air, setting off a time piece

of timelessness.

This unmetered rural wetness

that meets me most mornings

ever since I’ve transported

to this mystic realm.

I can only hand this truth over to you

That the stars are still indifferent to us

As they wait for no one behind the lights

But their indifference is perfect

Like the last pieces of a dying artist

Who you swore you were going to meet.

But like these stars

Some night when a rare black out falls over the city

And the glare recedes from view

I will look for you

to find my way of timelessness.

 

 

 

Japanese mountaineer


 

Filled up with lust

to quench my thirst,

shocked through the rays

of the tired sun.

Revived by the breath.

Ignited, you wake me up,

you kindle during my sleep

the last signs

of recognition.

Every ground letter

You bring back written

In all languages

In the dark lair.

Smudge again

The colors across the dead

whiteness of the night, smash the dawn

before the sun.

From the night, the flowers bloom

And the morning is glittering in the horizon,

Under the veil of the morning.

The eyes of the mountaineer,

The light of the sun

Japanese mountaineer

naked in the moonlight.

 

 

Japanese Spirit

 

 

Forest Spirit is the master of woods and beasts, the shepherd whose stock consists of deer, roes and rabbits, which are looked after by wolves or lynxes. His cheeks are blue, his eyes are green, and his beard is long and green. Sometimes he covers himself with furs, and some of the legends depict him as wearing a mask and having horns. His left shoe is always on his right foot, he buckles his sheepskin on the wrong side. He does not have a shadow, his blood is blue. He is looking at something else. I don’t know what. Maybe soul? His look is blunt and his pupils are small. I kissed him in the neck, exactly the place where the Adam’s Apple is.


* * *

 

If you were living just across and if I were a tree

In that yard,

I’d delight you with fruit,

I’ll be watered with your glimpse,

just look at me in ardor,

I’d bear the sweetest fruit for you.

 

 

 

Trees of Japan


 

In some mysterious and wonderful way we are part of everything. And in that same mysterious and wonderful way, everything is a part. In order to experience this, we must be aware of how limited our senses are eyes, ears touch, smell, taste. These senses help us to function in the Seen World. What we see is interpreted by our minds and put inside our belief system, and this can become our reality. But there also exists an Unseen World. In this world we experience connectedness; we experience the mystery; and we experience another whole point of view. If we pay attention to both the Unseen World and the Seen World, our belief systems will print in our mind a new and wonderful reality. We will see and know we are a part of everything trees of japan

 


Pour citer ces poèmes


Tatjana Debeljački, « In the spring Japan », « Japanese mountaineer », « Japanese Spirit » & « Trees of Japan », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Jardins d'écritures au féminin », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°3|Été 2013 [En ligne], (dir.) Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er juin 2013.  
Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-3-in-the-spring-japan-japanese-mountaineer-japanese-spirit-and-trees-of-japan-117752653.html/Url. 

 

Auteur(e)


Tatjana Debeljački, was born on 1967 in Užice. Writes poetry, short stories, stories and haiku. Member of Association of Writers of Serbia -UKS since 2004 and Haiku Society of Serbia - HDS Serbia, HUSCG – Montenegro and HDPR, Croatia. A member of Writers’ Association Poeta, Belgrade since 2008, HKD Croatia since 2009 and a member of Poetry Society  "Antun Ivanošić" Osijek since 2011. Deputy of the main editor (cooperation with magazines & interviews).

http://diogen.weebly.com/redakcijaeditorial-board.html

Editor of the magazine "Poeta", published by Writers’ Association "Poeta" http://www.poetabg.com/ 

Union of Yugoslav Writers in Homeland and Immigration – Belgrade, Literary Club Yesenin – Belgrade.

Up to now, she has published four collections of poetry: “A HOUSE MADE OF GLASS “, published by ART – Užice in 1996; collection of poems “YOURS“, published by Narodna knjiga Belgrade in 2003; collection of haiku poetry “VOLCANO”, published by Lotos from Valjevo in 2004. A CD book “A HOUSE MADE OF GLASS” published by ART in 2005, bilingual SR-EN with music, AH-EH-IH-OH-UH, published by Poeta, Belgrade in 2008.

Her poetry and haiku have been translated into several languages.

Poetic Interests poetry

Other interests Editor 

Web search www.poetabg.com/

Other   http://twitter.com/debeljacki

 

Traduction partielle

 

Tatjana Debeljački, est né en avril 1967 à Uzice. Elle est auteure et écrit des poèmes, des histoires courtes, des histoires et des haïkus. Elle est membre de :

  • l'Association des écrivains de Serbie-UKS depuis 2004

  • Haïku Society de Serbie — Serbie HDS, HUSCG — le Monténégro, la HDPR, la Croatie,

  • l'Association des poètes de Belgrade depuis 2008,

  • la Croatie depuis 2009 HKD

  • la société de poésie "Antun Ivanošić" Osijek depuis 2011. 


Elle est aussi rédactrice en chef du magazine Poeta. Elle a déjà publié quatre recueils de poésie : Un maison de verre, publié par l'ART-Užice en 1996 ; YOURS, publié par Narodna knjiga Belgrade en 2003 ; collection de poésie haïku « VOLCANO », publié par Lotos de Valjevo en 2004. Un CD Une maison de verre, publié par l'ART en 2005. Ses poésie et haïku ont été traduits en plusieurs langues. 

1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:00

 

Poèmes


 

Jardin d'enfance

 

&  

 

Jardin des Plantes

 

 

  Sophie Brassart

 

   

  Jardin d'enfance

©Crédit photo : Jardin d'enfance par Sophie Brassart

 

   Jardin d'enfance

 



Le corps enfoui dans l’herbe rase dit :

L’odeur fétiche !

J’ai folle envie d’épouser la terre libre, sous les siècles de fer,

la terre sourde, à des milliers de kilomètres en mon sein.

J’ai folle envie d’être un son,

sa lourdeur, pour le creuset du guerrier

un sabre net.

Je suis le son. J’épouse, je suis Gaïa, je suis.

Je suis les vibrations là,

quand le miroitement des feuilles de peupliers fait onduler le vent,

sur mon dos repu.

Soudain l’enfant, prononçant des lettres,

qui ne se prononcent pas.



 

 

 

 

Jardin des Plantes



 

 

 

 

Deux grues cendrées

Sous la pluie

Nos regards tombent

 

 


Pour citer ces poèmes


Sophie Brassart, « Jardin d'enfance » & « Jardin des Plantes » poèmes illustrés par S. Brassart, Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Jardins d'écritures au féminin », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°3|Été 2013 [En ligne], (dir.) Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er juin 2013. 

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-3-jardin-d-enfance-117752806.html/Url.

 

Auteur(e)


Sophie Brassart, documentaliste aux heures pleines, elle a déjà publié dans les revues Mille et un Poètes (n°3, été 2012) et  La Porte des Poètes (printemps 2012). En 2011, elle a également publié un poème dans le cadre du Printemps des Poètes, a lu certains de ses textes lors de la présentation des derniers numéros de la revue La Porte des Poètes (en mai 2012) et elle a été citée dans la Revue Artension (n°112, mars-avril 2012).

Elle tient aussi un blog intitulé Toile poétique à cette adresse : http://graindeble.blogspot.fr/. Déméter en témoin, Sophie Brassart noue un dialogue de lettres vives (poèmes et peintures), singulières ou bien mêlées. Les figures sont tissées de mêmes toiles, celles du temps numérique, pour des messages inscrits dans une vie courte; celles de la profondeur du mythe, sans quoi rien ne saurait advenir ; celles du mystère féminin, qui invite à la transformation, la résistance, l'intensité. Autant de libres propos, libres propositions, réalisées avec de l'encre, de l'acrylique, et des suites de 0 et de 1. Elle a exposé ses tableaux dans l'Ateliers de Ménilmontant  en 2011 et dans "Empreintes" (exposition d'octobre 2012)

10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 13:00

 

Invité                                          
Présentation

     Mon parcours

 

&

 

la découverte de la poésie

 

Éric Guillot  

Le Pan poétique des muses a réalisé l'entretien éléctronique ci-dessous avec le poète Éric Guillot (journaliste et artiste)*.

 

 

  •LPpdm — Qui est Éric Guillot ?


 

•ÉG — À l’âge de 17 ans, au cours de mes études pour devenir compositeur-typographe, j’ai véritablement découvert Les fleurs du mal de Baudelaire. Ce fut un véritable choc, avec L’albatros, Le vin de l’assassin, Les passantes…  À la fin du mois de juillet 1980, je touchais mon premier salaire et je me suis précipité dans une librairie ruthénoise pour acheter et relire Les fleurs du mal, en livre de poche (avec en couverture, une reproduction du tableau de Courbet : Le sommeil), car je n’avais pas les moyens d’acquérir une édition de luxe (depuis, je me suis rattrapé !). J’ai relu Baudelaire avec délice ! Ensuite ce fut Rimbaud, Villon, Verlaine, Victor Hugo, dont Les orientales m’ont particulièrement séduit. Enfin, je continuais ma découverte  avec Apollinaire, Aragon (sublimes !), Eluard, Soupault, Desnos (curieux !) Breton et les surréalistes… La poésie était entrée en moi. Je vivais et pensais poésie. J’achetais des livres de poésies, surtout les poètes du XXe siècle. Evidemment lire du Verlaine et enchaîner ensuite avec Breton ou Apollinaire, n’est pas toujours chose aisée. D’autres découvertes viendront avec les chanteurs, comme Brel, Ferrat, Ferré. Là je dois préciser quelques chose de capital : ce fut pour moi un pur bonheur d’entendre les poèmes de Rimbaud mis en musique et chantés par Léo Ferré, ce sera plus tard la découverte du 33 tours Ferré chante Baudelaire, puis Aragon et Apollinaire avec La chanson du mal aimée, notamment…  La poésie était le battement de mon cœur et elle le reste! Aujourd’hui, je demeure fasciné par la poésie des poètes dits modernes : Rimbaud, Apollinaire, Cendras,  Paul Morand, Breton, et les surréalistes en général, notamment Péret, Joyce Mansour… Parmi les poètes de langues étrangères, je citerai : Lorca, Nazim Hikmet, Yannis Ritsos, Adonis, Tranströmer…


 

Quelles sont les origines de la rubrique dédiée à la poésie dans le journal CENTRE PRESSE ?


 

•ÉG — Depuis un peu plus de douze ans, sans interruption paraît chaque semaine dans CENTRE  PRESSE, une page poésie consacrée à un auteur. En effet, c’est en mars 2001 que naquit l’idée de consacrer un espace poétique dans nos colonnes. Ce projet faisait suite à la mise en place par la direction du journal d’une édition supplémentaire de fin de semaine (inexistante jusqu’alors) dotée d’un cahier magazine du dimanche. Un détail fut également de mise qui coïncida avec ce lancement et décida la création de cette rubrique : la publication avec mon épouse d’une plaquette d’un jeu surréaliste intitulée Questions de principe, dont un compte rendu fut publié dès la parution de ce recueil dans le journal. Dès le lendemain, je fus appelé par la direction : « Je voudrais que vous assuriez chaque semaine une page poésie » m’avait déclaré Alain Rollat*, directeur du journal de 2001 à 2003. Je contactais alors, par l’intermédiaire de Denys-Paul Bouloc (un poète ruthénois), le groupe poésie au sein de la MJC de Rodez, afin de convenir d’une entrevue avec la direction de CENTRE PRESSE et dans la foulée je proposais à Alain Rollat une rubrique littéraire hebdomadaire assurée par un historien local, en la personne de René Couderc. C’est donc à partir de cette date que fut créée la rubrique poésie alternant tous les quinze jours avec une page littéraire consacrée à un auteur. Mais afin de palier les interruptions de ces rubriques durant la saison estivale, un communiqué a été publié dans nos colonnes s’adressant aux poètes désirant publier leurs textes dans le journal. De nombreux auteurs aveyronnais nous ont adressé leurs poèmes et voyaient ainsi leurs poèmes publiés pour la première fois. Au fil du temps, nos colonnes s’ouvrirent également à des auteurs hors du département. C’est ainsi que j’ai eu l’immense privilège de consacrer plusieurs parutions à Jeanine Baude, Margo Ohayon,  Gilles Lades, Claude Confortès ou Joël Bastard, que j’ai sollicité lors des rencontres aux Journées poésies à Rodez ; ou encore suite aux deux Concours poésie CENTRE PRESSE, lancés en 2008 et 2009, où Françoise Urban-Menninger fut lauréate. Enfin, c’est à partir de 2008 que les membres du groupe poésie Encres de la MJC de Rodez ont cessé de faire paraître leurs créations, suite à la dissolution du groupe. Depuis, je consacre exclusivement chaque parution à un auteur, y compris les poètes ayant appartenu au groupe Encres. Url. http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Rollat

 

* Entretien réalisé grâce à  l'aide de Françoise Urban-Menninger.


Pour citer ce texte


Éric GuillotLPpdm « Mon parcours & la découverte de la poésie », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Le printemps féminin de la poésie », Hors-Série n°1 [En ligne], sous la direction de C. Aubaude, L. Delaunay, M. Gossart, D. Sahyouni & F. Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2013 .

Url. http://www.pandesmuses.fr/article-mon-parcours-la-decouverte-de-la-poesie--117476227.html/Url.http://0z.fr/9i0fN

 

Auteur/Autrice


Éric Guillot

 

10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 13:00

 

 

Poèmes

        


 

Le Jasmin, Les arbres du palais royal,

 

 

Les jeunes filles, Il fait lourd Paris pue

 

&

 

Ma petite maman

 

 

Isabelle Voisin

 

 

Le Jasmin

 

Le jasmin parfumé
exhale son odeur
tel ton parfum musqué


 

Les arbres du palais royal

 

Les arbres du palais royal déploient leurs ailes papillons

crevant le ciel azur

d'éclats de roses et de violettes

  

 

 

 

Les jeunes filles

 

 
Les jeunes filles

à l'approche de l'été

fleurissent sur le pavé parisien

Corolles multicolores

frémissant au gré de la brise

éclats de peau

en guise de pistils


  
Il fait lourd Paris pue


 

je suis dans ce troquet pérave

du 19e arrondissement

juste le temps qu' un ivrogne m'aborde

avant la fermeture

il est 17h30 lundi de Pentecôte

et je n'ai rien à dire...

Si ce n'est sur ta tombe

cette conversation à trois

mon père toi et moi

toi    

surtout

qui restes silencieuse

bercée par le chant des oiseaux

noyée

sous le parfum des fleurs

 

 

Ma petite maman

 

 

Ma petite maman

Mamita

Toute seule sous la pierre

Peut-être ne fais-tu que dormir là-dessous ?

Tu vas te réveiller et nous sortirons ensemble

De ce cimetière ensoleillé aux fleurs multicolores

Si vaste et si calme

Ravies toutes deux

Par cette estivale journée de printemps

   

 

Ces cinq textes sont extraits de la section intitulée «     Printemps » du recueil en quête d'éditeur/éditrice, intitulé Les Saisons et Les Deuils.

 

Pour citer ces poèmes

Isabelle Voisin, « Le Jasmin », « Les arbres du palais royal », « Les jeunes filles » , « Il fait lourd Paris pue » & « Ma petite maman » (extraits de la section intitulée  « Printemps » du manuscrit Les Saisons et Les Deuils), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Le printemps féminin de la poésie », Hors-Série n°1 [En ligne], sous la direction de C. Aubaude, L. Delaunay, M. Gossart, D. Sahyouni & F. Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-le-jasmin-les-arbres-du-palais-royal-les-jeunes-filles-116293577.html/Url.http://0z.fr/UrXav

 

Auteur/Autrice


Isabelle Voisin, née en 1963. Vit et travaille à Paris où elle exerce le métier de professeur de lettres modernes. Elle participe en 1998 au Catalogue du mois off de la photographie à Paris. Publie entre 1998 et 2002 dans les revues de poésie Décharge et Comme ça et Autrement. Isabelle Voisin réalise une série de poèmes pour Les Ambassadeurs, recueil de photographies de Martial Verdier, actuellement en ligne sur le site de la revue TK-21, sous la rubrique “Livres en écriture” : http://www.tk-21.com/. Elle publie en mai 2012 une série de poèmes consacrés à la danse dans le numéro 1 de la revue Le Pan poétique des muses (http://www.pandesmuses.fr/). Deux poèmes à paraître dans la revue Décharge courant 2013. 

 

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