23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 08:00

 

 

Critique & réception

 

Poésie des souvenirs

 

 

Dina Sahyouni

    

 

 

 

 

 

Couverture Le jour du muguet Françoise Urban-Menninger

© Crédit photo : Couverture illustrée par Nils Gleyen

 

 

 

« Les jardins de notre enfance nous accompagnent jusqu'à la mort dans les allées intérieures de notre mémoire » (cf.« Dernier voyage », p. 31)

 

 

 


 

Lire Le jour du muguet et autres récits de Françoise Urban-Menninger, illustré par l'artiste talentueux Nils Gleyen n'est ni un acte anodin, ni une lecture facile. Cet ouvrage assez bref (64 pages) ne se laisse pas s'apprivoiser comme les autres écrits dits classiques (polluant parfois l'atmosphère littéraire et surtout poétique par leur tiédeur narrative et poétique). Dans ce livre, tout est différent, un rythme narratif soutenu, une éloquence et une poéticité qui lui sont propres. On a affaire à une poésie qui nous renvoie systématiquement à celle de Proust dans sa fameuse heptalogie (œuvre majeure) À la recherche du temps perdu mais elle s'en diffère pour épouser la poésie de femmes ouvrières infatigables de Mnémosyne. Et j'ose même dire que leurs productions littéraires n'occupent toujours pas la place qui leur revient dans l'histoire des idées.

 

    C'est un recueil de nouvelles inspirées de l'enfance de la nouvelliste Françoise Urban-Menninger tissant treize textes poétiques qui mettent l'accent sur des lieux chargés de souvenirs familiaux. Je relis ce livre et finis par me plonger dans les années bonheur de la nouvelliste où chaque détail de sa vie quotidienne, chaque pensée deviennent des déclencheurs narratifs d'histoires. On remarque que ces "déclencheurs narratifs" se personnifient en Muses ou représentent des substituts modernes de leurs pouvoirs chez la nouvelliste, ils sont le lieu d'une expérience esthétique qu'elle partage généreusement avec son lectorat. Critiquer alors ce livre revient à parler d'une certaine poésie : celle que l'on qualifie autrement d'authentique et de pure, celle des souvenirs. Et la poésie des souvenirs est celle de la mémoire, de la fidélité, de l'amour...

 

 

Les souvenirs sont le fil rouge et jouent un double rôle, ils sont la matière narrative première du livre et l'élément qui constitue sa tension narrative. Les personnages familiers tirent leurs forces de ce regard miroir de la nouvelliste qui balaye le temps. Dans « Une voix de velours », les temporalités prolifèrent comme les références culturelles d'une génération toute entière. La mère n'est plus une simple figure féminine de l'entourage intime de la nouvelliste, mais une femme ancrée dans l'histoire culturelle de la France et de celle du XXe siècle, cette mère était aussi une femme chargée de souvenirs, une voi(e)x poétique : « Oui, ma mère en interprétant les paroles de tous les chanteurs de variétés des années trente à soixante, exprimait son mal-être, ses sentiments profonds mais aussi ses joies et ses peines. » (cf. « Une voix de velours », pp.37-38)

 

La poésie de Françoise Urban-Menninger imprègne la lectrice (que je suis) de joies non seulement de ses expériences esthétiques relatées sous la forme de récits scènes de mémoires, de confidences empruntées au langage vivant des conteurs/conteuses où le merveilleux émerge de la souvenance, de la capacité de chacun-e d'entre nous à s'extasier face à la beauté d'un vécu riche de poésie des moments délicieux. Ce livre est aussi un hommage criant et bouleversant adressé à toutes les mères par l’intermédiaire de la figure maternelle de sa propre mère que Françoise Urban-Menninger nous raconte dans ces récits. Et l'on peut déchiffrer quelques notes de l'hymne à l'amour maternel qu'elle note au fil des pages : « Ces airs, mille fois entendus, me reviennent aujourd'hui, il suffit d'un mot ou d'une image pour que la voix de ma mère me traverse. » (cf. « Une voix de velours », p.37). Cette figure maternelle est multiple et émancipatrice malgré son profil nostalgique pour la nouvelliste qui la décrit avec une tendresse inouïe. C'est aussi le même miroir du temps mis à nu dans cette écriture-éloge de la souvenance qui restitue le passé au présent : le regard tendre de la nouvelliste sur les objets et les personnes de son entourage (y compris sur l'enfant qu'elle était) est celui de l'amour.

 

Le jour du muguet et autres récits contient également dans ses plis des personnages et des objets magiques traditionnels de l'univers de l'enfance. Ces références communes presque à nous tous/toutes comme Alice, hobbies, Ali Baba ancrent une fois encore l'ouvrage dans le monde féerique des contes de fées. La nouvelliste se rappelle comment ces histoires lui servaient de modèles pour affronter la vie, apprendre à composer avec les joies et les peines du quotidien comme dans « Pieds de nez » ou tout simplement à rêvasser et à s'émerveiller de tout ce qui l'entoure : « Il est des noms de lieu qui, lorsqu'on les entend pour la première fois, génèrent un charme au pouvoir évocateur. Ils invitent à la rêverie intérieure ou, mieux encore, au rêve éveillé. […] Cette Porte du Miroir avait sur moi l'effet d'un Sésame qui ouvrait grand mon imaginaire ! Je devenais alors, avant même de l'avoir rencontrée dans mes lectures, l'Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll, je courais après le petit lapin blanc d'un rêve tout éveillé. (cf. « La Porte du Miroir », pp. 43-44).

 

Chaque récit renferme simultanément une période charnière de l'enfance heureuse de la nouvelliste et de celle de l'histoire de l'Alsace : des visages, des lieux, des modes de consommations, des parcelles de la vie famille alsacienne des années 50-60. Habitée par la même force poétique, la narratrice de ces histoires brèves témoigne de certaines traditions familiales françaises (comme par exemple « Le jour du muguet »,  « La cueillette des champignons » et surtout alsaciennes (cf. «Vacherin glacé »). La famille, les plaisirs simples, les moments d'une convivialité et d'une complicité familiale sont saisis et figés dans le regard de la nouvelliste puis rendus des tableaux colorés de la vie de chacun-e d'entre nous. La singularité de ses souvenirs ne les prive point de leur message universel. À l'instar d'un Rousseau, d'un Proust, d'une Sylvia Plath, Françoise Urban-Menninger déjoue les temps et les espaces, établit d'autres temporalités fictives tissées avec chaque mot, chaque ponctuation, chaque souffle...

 

Le livre se termine avec une nouvelle intitulée « L'émerveillement ». Et oui, cet émerveillement s’immisce à chaque nouvelle et se compose de "Je ne sais quoi" qui est certainement le trait secret qui distingue la poésie de la nouvelliste des autres. Françoise Urban-Menninger nous livre dans Le jour du muguet et autres récits une sorte de symphonie poétique dédiée au « bonheur simple et enfantin d'être au monde » (cf. « Le jour du muguet », p. 42) qui résume merveilleusement sa philosophie de la vie et sa propre œuvre littéraire. Comme le persan Usbek, disons oui aux joies simples de la vie quotidienne « tout m'intéresse, tout m'étonne »***

 

 

 

 

*** Voir Montesquieu, Lettres persanes, texte établi et présenté par Jean Starobinski, éd. Gallimard, 1973, "Lettre XLVIII", p. 130.

 

 

Voir aussi : Françoise Urban-Menninger, Le jour du muguet et autres récits aux éditions Éditinter, 2013

 

 

 

Pour citer ce texte 

Dina Sahyouni, « Poésie des souvenirs », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°4 [En ligne], mis en ligne le 23 octobre 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-poesie-souvenirs-120689810.html/Url.http://0z.fr/irm_9

 

 

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 08:00

 

   

Poème français/arabe

 

La nuit

 

ou

 

الليل

 

 

Dina Sahyouni

    

 

 

Poème contre la violence conjugale sur les femmes
 
La nuit,
libre de dire son angoisse
l'homme s'en va
le loup apparaît
 
 
La nuit,
libre comme la mort
il lui vole son sourire
lui arrache le cœur
émiette son être
 
la nuit,
le loup sourd
 

 

 

قصيدة ضد العنف المنزلي على النساء
 
 
الليل
 
 
 
الليل
 
حُرٌّ بِقَولِ قَلاقَهُ

يذهَبُ الرَّجُلُ

يظْهَرُ الذئب
 
 

الليل

حُرٌّ مِثل الموت

يسرقُ بسمتها

ينتزعُ قلبها

يفتِتُ كيانها
 
 
 
الليل
 
يظهر الذئِبُ

 

 

Pour citer ce poème féministe 

Dina Sahyouni (texte bilingue français-arabe), « La nuit » ou « الليل », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°4 [En ligne], mis en ligne le 23 octobre 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-poesie-souvenirs-120689810.html/Url.http://0z.fr/kgs0j

 

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 16:00


 

Entretien

Entretien avec

 

 


 Camille Aubaude : Mythes et obsessions

 

 

 

       

Paola Gonzales & Rosario Valdivia

   

 

 

 

 

 

 

 

Présentation 

 

 

Elle habite au centre de Paris, entre le Louvre et les Archives, face à l’hôtel de Saint Aignan, elle reçoit avec une exquise humilité ses lecteurs et ses amis poètes dans la Maison des Pages d’Amboise, et se retire pour écrire dans la chapelle des Ursulines de Quintin, une cité d’art et de caractère dans la discrète Bretagne où elle est une légende vivante. 


Peu de poètes ont une œuvre aussi complète : invention du mythe littéraire d’Isis, qui exprime le désir de connaissance divine, invitation à retrouver les formes médiévales avec ses Poèmes d’Amboise et sa transposition en français moderne des Poèmes d’amour de Christine de Pizan, lyrisme avec ses « Odes saphiques », imagination romanesque avec ses récits La Maison des Pages et Voyage en Orient, poème journalistiques d’une grande loyauté, et ferveur religieuse. Rien ne manque à son épanouissement.  

Depuis la parution du Messie en liesse, Camille Aubaude, la poétesse française la plus traduite à l’étranger, livre ses réflexions sur les grandes aspirations humaines, plus vivantes que jamais dans un monde qui change. 

 

 

 

***


 
 
 

Vous avez voyagé en Grèce à dix-sept ans, avant de vivre dans l’oasis de Ghardaïa, en Algérie, puis vous avez habité un an au Caire, à Garden city. Comment vous appropriez-vous les mythologies égyptienne et grecque dans votre œuvre littéraire ? 

 

Les mythes égyptiens et grecs ouvrent grande la porte de l’imagination. Ce sont eux qui m’inspirent, qui me bouleversent. Je serais tentée de dire que c’est la nourriture sacrée. Pourquoi n’ai-je pas pris comme points d’appui des chefs d’œuvre de la littérature universelle, tels L’Énéide, la Divine Comédie, le Satyricon ou les Laisde Marie de France ? Les récits de l’Égypte et de la Grèce antiques exercent une fascination sans limites. C’est un mélange de clarté et de mystère. C’est là que tout se joue.  

Le recours aux modèles est essentiel pour qu’un écrivain s’enhardisse à produire une œuvre originale. Ma passion pour l’Égypte s’est révélée dès l’école primaire. Les longues années d’études qui se sont achevées avec mon doctorat sur Isis donnent la matière de mes textes littéraires. Le contraste entre les mythes égyptiens et les mythes grecs est frappant, aux plans esthétique et émotionnel. La Grèce mêle la poésie et la réflexion. Elle se tourne vers la consolante pensée qui arrime aux dimensions spatio-temporelles.  

Ma réécriture des mythes grecs se fonde sur des figures féminines, Io, Ariane, Pasiphaé. Loin d’être artificielles, elles animent la culture artistique européenne de leur force singulière. C’est dans « la Maison des Chants » de l’Égypte que je les convie pour l’écriture des poèmes. Ainsi, il n’y a pas une trop grande distance entre poésie et réflexion critique.   

 

De quelle manière Gérard de Nerval a-t-il influencé votre écriture ? 

 

Poète qui aspire à la beauté, il est la source pure de la poésie ! Nerval retrouvait les chants du Valois et la poésie médiévale quand régnaient les Parnassiens. Gautier, Hugo, Baudelaire ont une autre manière de poésie, plus mondaine. La figure d’Isis de Gérard de Nerval est vraie. Dans notre société malade de ses nouvelles technologies, la quête nervalienne d’un sens mystique, de l’Inconnu qu’exprime l’Éternel féminin, dessine et colorie l’univers de la poésie. 

 

Pourquoi la musicalité ? 

 

Elle est essentielle. La poésie vit de musicalité. La vraie poésie existe par les sonorités. C’est sous ces formes multiples qu’on l’adore. C’est l’entendement du sens originel des mots. En France, vous êtes étiqueté « lyrique » si vous vous concentrez en la splendeur absolue des mots et de leurs sonorités, ce que j’ai fait pour les Poèmes d’Amboise. Je déteste être cataloguée, quoi de plus ennuyeux ? Depuis les échanges avec Rosario Valdivia, pour les ateliers de traduction, et sa publication des Poemas de la Morada de las Paginas, par votre grande université, j’use d’une expression plus relâchée, car l’on est malheureux lorsqu’on s’enferre dans les mêmes choses.  

Mes « poèmes journalistiques », les « Furies » ou « La Cellule », requièrent une attention critique. Ils expriment les ténèbres qui nous enveloppent. Je ne peux les dire accompagnés au luth baroque, comme les odes et les rondeaux. Pour moi, ce sont aussi des merveilles qui m’ont extirpée d’épreuves rudes et désespérantes, comme les voyages m’ont délivrée des rivalités et des lourdeurs de l’université. Les « Furies », « La Cellule » pourraient être de la prose, s’il n’y avait la musique qui emplit mon âme, et le chant qui rend la parole lumineuse, l’extrait du vulgaire et fait ressentir la volupté mystique.  

Les amours de la Poésie et de l’Esprit humain ne supportent pas la fixité. Impossible de ne pas bouger, de ne pas parcourir l’arc en ciel des passions ! Diversité, clameurs, fracas… la notion de « fragments » était antérieure à ma thèse, quand je « chroniquais » l’« oubli ordinaire » d’Isis (Isis, chronique d’un oubli ordinaire est le titre de mon D.E.A., jugé « poétique » par un égyptologue alors réputé). Les fragments suscitent le rêve d’Unité, le Temple qui figure le Mystère, le Rêve plus vaste que l’univers.



Sous quelles formes sont présents — d’un point de vue personnel et d’un point de vue littéraire — les pays d'Amérique du Sud où vous avez lu en public vos poèmes : Pérou, Argentine, Cuba, Saint Domingue et Mexique ?

 

J’ai la chance que l’on m’invite. Ce sont des événements culturels extrêmement importants. Je fais mon possible pour témoigner ma gratitude, sans toujours être à la hauteur. La publication d’Anankêen 2000, suivi d’Ivresses d’Égypte, et le succès du récit de La Maison des Pagesme valent ces expériences fabuleuses, plus gratifiantes pour la création que les manifestations parisiennes. Les premières rencontres internationales de poésie, ce fut à Maghar, près de Tibériade, en Israël, un pays qui organise des événements poétiques et artistiques de grande qualité.

C’est une poétesse égyptienne, Safaa Fathi, qui m’a invitée en 2005 au Mexique. À partir de là, des relations sororelles se sont nouées, avec une infinie liberté. Je les évoque dans mon Voyage en Orient, où il y a peu de choses inventées. À la vérité, je pourrais parler d’« alliées » en poésie, et d’« élues », telle Rosario Valdivia qui a été la première à traduire mes poèmes en espagnol (voir sur le web un de mes récitals à la Casa de la Literaturade Lima), telle mon amie de Saint Domingue, Shéhérazade Chiqui Vicioso, que j’ai traduite en français. C’est avec elle que je suis allée à Missiones, pour participer à l’un des plus grands festivals de poésie de l’Amérique du Sud.

Au Mexique, j’ai découvert la voix — et la lyre — de Lina Zéron et Satoko Tamura. J’ai eu le privilège de faire des lectures lors de la Fête des Morts, tout en vivant dans la Casa fuerte, chez l’écrivaine Adéla Fernandez. C’est dans ce château de lave que j’ai écrit « Minuit à la Maison des Pages ». Au Mexique, Rosario Valdivia a commencé à traduire mes poèmes d’Anankê, dans le décor somptueux de la cité d’Oaxaca, près de Monte Alban. De ma période d’isolement à Saint Domingue sont nés les ballades et les rondeaux, une plénitude poétique que je n’aurais jamais pensé connaître. L’Amour absolu ! Ces généreuses invitations exaltent l’écriture. Elles fixent l’errance, empêchent les rêves de rendre fou. Elles exercent sur moi une vive influence.



Vous avez écrit et publiéPoèmes satiriquesen vingt et un jours, à Lima. Quel est le mouvement de ce recueil ?

 

Je distingue des « séries ». Voyez « L’Âge » et « Les Feuilles mortes », des « variations » sur ces grands poèmes que sont « Mignonne allons voir si la rose… » de Ronsard, et « Les Feuilles mortes » de Prévert ! Je les ai écris à Lima, en écoutant sur mon ordinateur des chansons françaises. Ils me semblent réussis, fixant dans une forme parfaite le « rapt » extatique, qu’on ne peut connaître que de façon imparfaite. Les poèmes qui célèbrent la terre péruvienne, « Lima » et « Le Mal de l’Inca » cèdent au désir de connaissance divine, qui est au fond ma façon de voir la poésie. Une autre facette de ce livre est la critique sociale, très poussée dans « La Madriguera », un poème qui fait entrevoir la vérité sur « le monde unique » que le consumérisme matérialiste nous façonne, un monde sans joie ni dieux.

« Les Pays de Merveilles » (vers libres) et « Oracle » (rimé), dédiés à Pedro Diaz Ortiz, montrent qu’un traitement différent de thèmes similaires aboutit à deux poèmes très différents. Publier ensemble les deux versions renvoie aux débats de tous temps sur la forme. D’abord l’éblouissement, ensuite la formulation. Tout est dans la manière de traiter les phrases, les rythmes, les sons et les images. En Argentine, je me suis arrêtée, et déployée, en des « Odes saphiques ». Le rythme 11 et 5 incarne ma parole. La poésie lyrique écrite par Sapho est une sagesse humaine d’une subtilité inégalée.

 

Est-il un pays qui vous a spécialement marquée ?

 

Votre exaltant Pérou ! Les poètes qui m’exaltent habitent Lima, Renato Sandoval, Enrique Verastegui, ou bien ils viennent au Festival International de Poésie, Maria Lucia dal Farra, Ledô Ivo, entre autres... Au point que je résiste à l’envie de m’installer à Lima, à sauver une maison en ruine... Là, je ne serais pas harcelée, comme en France.

Votre pays recèle les secrets divins. Émigrer en 2013 n’a pas le même sens qu’en 1980. La ville où je suis née subit de tragiques métamorphoses. La mort y rôde. Sa beauté vole en éclats. J’en fais les frais, et cela me mortifie. Je ne suis pas seule à détester vivre en France en 2013, à cause de gouvernants cyniques et corrompus.

Hélas ! « partir », c’est voler en morceaux.

 

 

 

 

Poème

 


 

 

Partir nulle part


 

La France ignore la grande force populaire

des femmes.

Hélas ! tant de vauriens

se comportent comme si elles aimaient être battues.

 

Bon moyen de briser les talents,

la grande entreprise souterraine,

les tabous, les cruelles ivresses

avec leurs hauts de cœur !

 

Ma sœur dit : Avec toi, tout prend des proportions…

Ma mère : C’est ton caractère ! tu as souffert,

tu as toujours tenu tête, tu fais la justicière…

Alors, pourquoi un rien me brise ?

 

L’Alchimie du Bienfait jamais perdu,

tu la connais, toi,

quand le violeur et le voleur paradent,

quand le pauvre cherche sa nourriture dans les poubelles,

quand l’innocent meurt en prison ?

 

Audace, inexprimable désordre, parrhésia,

le prix à payer est fixé par des brutes sanguinaires,

sarcasmes des incultes, absence de vivres,

suppliciantes ardeurs et censure de mes œuvres.

 

Je me souviens de l’autodafé de la Paria,

Flora Tristan, dans la Ville des Poètes et des Rois,

Lima ! Son union amoureuse fut l’enfer habituel…

La Paria est aussi la délicieuse Madame de Staël.

 

Chaque fois, c’est pire…

Je bois tous les jours à ce calice,

j’observe, écris et murmure dans l’enfer

où la Démence applaudit la Souffrance,

dans la fade jouissance du crime.

 

Si un sous-fifre m’approche, désarmée,

visage souriant quand j’écris dans un train,

dans un avion, et sachez-le, dans la Maison de mes Chants,

il me supplicie pour ne plus me voir libre

et en douce Lumière.



Dois-je le ménager par une féminine sollicitude ?

Sa haine n’en est pas moins forte.

Sans exagérer, je n’ai pas l’hypocrisie

d’étouffer mes sentiments par des flatteries.

 

Et cela prend des « proportions »… et c’est mon « caractère »…

Vous êtes entière, inconcevable, portée par l’Amour du Bien,

Ô Miséricordieuse !

Effarée par la gangue des vulgarités,

cette ancre qui s’enfonce

avec les cœurs noyés dans une capiteuse vase.

 

Tirer un enseignement de cet Amour… du Bien !

« Une telle volonté chez une si petite fille »

avait dit ma mère spirituelle un jour où je voulais partir,

sachant que mon amie était avec une autre.

 

L’affection exclusive des enfants,

l’exil de la maison,

l’envol dans la délectation des rêves

la religion naïve de l’Univers,

Égypte, Pérou : le goût de la Lumière !

 

Le calme… happer le souffle des Heures

l’entente raffinée des Poètes

pour ne pas être déçue

par l’absence de Volupté.

 

Hélas ! les vauriens gardent le Seuil

et la destruction des talents, en France,

mène à ce morne but : l’ordre viril.

 

Il n’y a de paradis nulle part.

Et le Mal reprend,

mais c’est « mon caractère »…

 

Alors, partir, 

mais ça reprend toujours !

 

 

 



Propos recueillis et présentés par Paola Gonzales et Rosario Valdivia lors d’une rencontre à l’Université Ricardo Palma, à Lima, Pérou, le 18 février 2013   

 

 

 

Pour citer cet entretien

 

Paola Gonzales et Rosario Valdivia, « Entretien avec Camille Aubaude : Mythes et obsessions », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°3 [En ligne], mis en ligne le 22 septembre 2013.

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-entretien-avec-camille-aubaude-mythes-et-obsessions-120205093.html/Url.http://0z.fr/ZD3jI

 

22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 16:00

 

 

 

En avant-première d'Introspection

 

 

Entretien avec Marie-Josée Desvignes

 

 

 

à l'occasion de la parution de son livre Requiem*

 

 



 

  http://www.cardere.fr/photo/L53.jpg

© Crédit photo : Requiem - Couverture de l'éditeur

 

 
   

 

Dina Sahyouni — Vous écrivez pour la jeunesse, que représente pour vous l'enfance ?  


 

Marie-Josée Desvignes J'ai écrit effectivement un roman pour la jeunesse qui va paraître en janvier 2014 aux éditions Les Lucioles. Mon enfance est une terre inconnue que j'aurais voulue belle. L'enfance représente donc pour moi un lieu rempli d'êtres fragiles dont je me sens toujours proche. La plupart des auteurs pour la jeunesse ont la nostalgie de cette époque où on leur racontait des histoires. Pour moi qui n'ai pas eu cette chance, c'est  après avoir lu et aimé C.S. Lewis  (l'auteur du monde de Narnia mais aussi de Surpris par la joie), Lewis Carrol ou les frères Grimm, c'est à dire très tardivement, que j'ai eu envie d'écrire pour la jeunesse. Mais c'est aussi sûrement parce que j'avais à cœur de transmettre mon amour de la lecture (déjà en enseignant) que j'en ai fait le sujet de ce premier roman jeunesse (fantasy) sur fond de quête initiatique. 

 


 
DS  D'après vous, comment peut-on transmettre aux enfants la poésie des aïeules ?  


 

M-JD Le désir de transmettre la littérature et la poésie en particulier fait partie de mon cheminement. Je crois qu'à part Andrée Chédid (fort représentée dans les « récitations » en primaire), les enseignants qui ne sont pas tous poètes, ni tous curieux de la poésie qui plus est celle des femmes, n'ont pas tous spontanément cet élan à transmettre la poésie. 

D'ailleurs, il faudrait que celle-ci ne soit pas partagée qu'à l'école. Mais combien de parents lisent la poésie ? Combien lisent celles des femmes ? Il faut avoir un goût particulier pour cet art qui est justement  un art de l'enfance.

Les enfants savent très tôt jouer avec les images, les sonorités du langage, l'invention des mots. Lorsque je fais écrire les enfants dans mes ateliers-poésie, je repars enchantée de la savoir si vivante à leur contact. L'enfance garde longtemps ce goût qui perdure encore un peu, une fois entré dans l'adolescence où les questions liées à l'autre et à la rencontre poussent ces encore-jeunes à s'épancher dans des petits mots qu'ils échangent, pour disparaître complètement une fois préoccupés d'entrer dans la vie active.

La seule réponse que je peux apporter à celle-ci qui en englobe tant d'autres à commencer par la définition même de la poésie, serait que les éditeurs eux-mêmes accordent davantage de place à ce genre, et que chaque auteur se fasse un peu poète. Ce serait un défi.   On glisserait alors dans chaque livre un poème de l'auteur. Mais la poésie elle-même reste un mystère, il y a beaucoup de gens qui disent aimer la poésie et tout autant à dire qu'ils ne la lisent pas.

Il y a donc déjà toute une éducation des adultes à redevenir enfant... À moins que nos filles, à force de défendre la poésie s'y emploie elles-mêmes dans l'éducation qu'elles donneront à leur progéniture.

D'une manière plus générale, vous posez la question de la place des femmes dans la littérature,  et je crois bien que c'est à nous de la prendre cette place, par exemple en écrivant des manuels d'Histoire de la littérature des femmes (tout genre confondu) en privilégiant la poésie (anthologies), la défendre avant qu'on la considère encore comme au XXe siècle encore comme un art de l'épanchement féminin  (cf. Les Muses françaises, anthologie de femmes poètes, Alphonse Séché, 1908). D'ailleurs je pense que les sites se développent autour des femmes-poètes par des femmes-poètes. Voilà un moyen sans doute pour la transmission, car les jeunes, garçons et filles, sont nombreux à s'y aventurer.



DS Requiem est un récit poétique explorant le vécu douloureux d'une femme qui donne naissance à un bébé mort-né. Pourriez-vous nous en parler?


 

M-JD Chaque poète a une définition de la poésie. Et c'est peut-être pour cela qu'il y a toujours autant de querelles au sein même du milieu.

Pour moi la poésie ne réfléchit pas à ce qu'elle peut dire ou ne pas dire. Elle est le lieu d'un dire absolu, et parfois indicible autrement. Elle peut donner à voir une violence tout autant qu'une émotion fragile et paisible pour transcender un vécu,  un moment délicieux ou un dire tragique. Elle peut être tout autre chose aussi.

J'écris de la poésie depuis longtemps et tous mes textes étaient emprunts de cette violence à dire un indicible. J'avais un quelque chose à dire, qui toucherait les femmes plus sûrement par le vécu intime. J'avais d'abord voulu le faire sous la forme d'un roman mais c'était mon vécu et je ne pouvais (ne voulais !) le mettre à distance. Le dire de Requiem n'est pas seulement celui d'une naissance tragique, c'est avant tout celui d'un deuil impossible, comme l'est celui de parents qui ont perdu un proche en mer.

Certains veulent enfermer la poésie dans une objectivation dénuée d'émotions, d'autres s'y complaisent, il me fallait trouver ce juste milieu, ce lieu d'un dire violent, émouvant débarrassé d'apitoiements.

Je peux dire aussi ce que Requiem n'est pas. Ce n'est ni un témoignage, ni un recueil de poèmes qui se liraient aléatoirement. C'est un récit car il propose une immersion dans la mer et le mystère de la naissance, c'est un long poème dont la tragédie n'a trouvé que ce chemin pour se dire.


 

DS Pourquoi avez-vous écrit ce livre, s'agit-il d'un hommage, d'un cri, d'une nécessité existentielle, etc. ?


M-JD C'est sans doute un hommage, il est dédié à mon fils Julien. C'est un cri, dans lequel pourront se reconnaître toutes celles (et elles sont nombreuses) qui ont perdu un proche sans possibilité de le pleurer. C'est une nécessité existentielle peut-être, pour moi d'essayer de passer à autre chose, mais pas une thérapie comme on dit trop souvent de l'écriture ou de l'écriture de la souffrance. Heureusement, il y a bien d'autres moyens moins douloureux que la publication pour guérir mais il y a aussi des maladies dont on ne guérit pas de « ce temps qui ne passe pas » (l'expression est de Pontalis)


 

DS   Qui est Marie-Josée Desvignes dans Requiem, comment se raconte-t-elle par le biais de la poésie ?


M-J D Elle est toutes les femmes qui se sont vu retirer le droit d'exister au travers d'un acte qui, à cette époque, il y a trente ans, serait aujourd'hui puni par la loi. Elle pose la question du sacré de la vie. Aujourd'hui, une loi permet les interruptions médicales de grossesse à sept mois légalement, mais surtout, elle permet de donner une sépulture à l'enfant. J'ai vécu cette naissance comme un meurtre dont j'aurais été complice (car il s'agissait bien d'une IMG mais le cadre pour reprendre l'enfant était flou encore). Et avant moi, il y en a eu tant et tant. Nos mères et grand-mères peuvent nous en parler encore.

 



DS Une dernière question s’il vous plaît : avez-vous des publications prévues pour l’année 2013-2014 ?


M-JD Oui comme je l'ai dit plus haut, un roman fantasy en direction des adolescents est à paraître en janvier prochain aux Éditions Les Lucioles. C'est un plaidoyer pour la défense de la littérature et du patrimoine culturel. Mon petit héros, dyslexique et pourtant au QI supérieur à la moyenne, va se voir confié dans un autre monde, la mission de récupérer les livres qui ont été dérobés au petit peuple des muets afin de les soumettre... (le titre est justement : Le petit peuple des muets, 1.Chroniques du pays sans retour). J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écriture, il m'a diverti durant l'écriture de Requiem, et le passage que je préfère est celui où je fais naitre un personnage du nom de Clemens Brentano, un auteur totalement oublié aujourd'hui, contemporain des frères Grimm, poète et conteur  lui aussi et qui aurait rêvé sa vie durant de devenir un personnage de roman, un rêveur et un éternel enfant. Un hommage pour moi.

Je suis actuellement sur l'écriture d'un roman et je finalise également un recueil de poèmes dont le titre est De l'ombre à la lumière.

 

 

  *Entretien électronique


Pour citer ce texte


Dina Sahyouni & Marie-Josée Desvignes« Entretien avec Marie-Josée Desvignes à l'occasion de la parution de son livre Requiem », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°3  [En ligne], mis en ligne le 22 septembre 2013.

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-entretien-avec-marie-josee-desvignes-requiem-120221563.html/Url.http://0z.fr/K9WJc

 

1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:00

 

Poèmes 

In the spring Japan,

 

 

Japanese mountaineer,

 

Japanese Spirit and Trees of Japan


Tatjana Debeljački

 

   http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d8/Path_of_philosophy.jpg

Crédit photo : photo de Kyoto (Japan en avril 2004), trouvée sur Commons.


 

 

In the spring Japan 


 

A heavy mist rises

out of the valley

like gun smoke, rifling

the air, setting off a time piece

of timelessness.

This unmetered rural wetness

that meets me most mornings

ever since I’ve transported

to this mystic realm.

I can only hand this truth over to you

That the stars are still indifferent to us

As they wait for no one behind the lights

But their indifference is perfect

Like the last pieces of a dying artist

Who you swore you were going to meet.

But like these stars

Some night when a rare black out falls over the city

And the glare recedes from view

I will look for you

to find my way of timelessness.

 

 

 

Japanese mountaineer


 

Filled up with lust

to quench my thirst,

shocked through the rays

of the tired sun.

Revived by the breath.

Ignited, you wake me up,

you kindle during my sleep

the last signs

of recognition.

Every ground letter

You bring back written

In all languages

In the dark lair.

Smudge again

The colors across the dead

whiteness of the night, smash the dawn

before the sun.

From the night, the flowers bloom

And the morning is glittering in the horizon,

Under the veil of the morning.

The eyes of the mountaineer,

The light of the sun

Japanese mountaineer

naked in the moonlight.

 

 

Japanese Spirit

 

 

Forest Spirit is the master of woods and beasts, the shepherd whose stock consists of deer, roes and rabbits, which are looked after by wolves or lynxes. His cheeks are blue, his eyes are green, and his beard is long and green. Sometimes he covers himself with furs, and some of the legends depict him as wearing a mask and having horns. His left shoe is always on his right foot, he buckles his sheepskin on the wrong side. He does not have a shadow, his blood is blue. He is looking at something else. I don’t know what. Maybe soul? His look is blunt and his pupils are small. I kissed him in the neck, exactly the place where the Adam’s Apple is.


* * *

 

If you were living just across and if I were a tree

In that yard,

I’d delight you with fruit,

I’ll be watered with your glimpse,

just look at me in ardor,

I’d bear the sweetest fruit for you.

 

 

 

Trees of Japan


 

In some mysterious and wonderful way we are part of everything. And in that same mysterious and wonderful way, everything is a part. In order to experience this, we must be aware of how limited our senses are eyes, ears touch, smell, taste. These senses help us to function in the Seen World. What we see is interpreted by our minds and put inside our belief system, and this can become our reality. But there also exists an Unseen World. In this world we experience connectedness; we experience the mystery; and we experience another whole point of view. If we pay attention to both the Unseen World and the Seen World, our belief systems will print in our mind a new and wonderful reality. We will see and know we are a part of everything trees of japan

 


Pour citer ces poèmes


Tatjana Debeljački, « In the spring Japan », « Japanese mountaineer », « Japanese Spirit » & « Trees of Japan », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Jardins d'écritures au féminin », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°3|Été 2013 [En ligne], (dir.) Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er juin 2013.  
Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-3-in-the-spring-japan-japanese-mountaineer-japanese-spirit-and-trees-of-japan-117752653.html/Url. 

 

Auteur(e)


Tatjana Debeljački, was born on 1967 in Užice. Writes poetry, short stories, stories and haiku. Member of Association of Writers of Serbia -UKS since 2004 and Haiku Society of Serbia - HDS Serbia, HUSCG – Montenegro and HDPR, Croatia. A member of Writers’ Association Poeta, Belgrade since 2008, HKD Croatia since 2009 and a member of Poetry Society  "Antun Ivanošić" Osijek since 2011. Deputy of the main editor (cooperation with magazines & interviews).

http://diogen.weebly.com/redakcijaeditorial-board.html

Editor of the magazine "Poeta", published by Writers’ Association "Poeta" http://www.poetabg.com/ 

Union of Yugoslav Writers in Homeland and Immigration – Belgrade, Literary Club Yesenin – Belgrade.

Up to now, she has published four collections of poetry: “A HOUSE MADE OF GLASS “, published by ART – Užice in 1996; collection of poems “YOURS“, published by Narodna knjiga Belgrade in 2003; collection of haiku poetry “VOLCANO”, published by Lotos from Valjevo in 2004. A CD book “A HOUSE MADE OF GLASS” published by ART in 2005, bilingual SR-EN with music, AH-EH-IH-OH-UH, published by Poeta, Belgrade in 2008.

Her poetry and haiku have been translated into several languages.

Poetic Interests poetry

Other interests Editor 

Web search www.poetabg.com/

Other   http://twitter.com/debeljacki

 

Traduction partielle

 

Tatjana Debeljački, est né en avril 1967 à Uzice. Elle est auteure et écrit des poèmes, des histoires courtes, des histoires et des haïkus. Elle est membre de :

  • l'Association des écrivains de Serbie-UKS depuis 2004

  • Haïku Society de Serbie — Serbie HDS, HUSCG — le Monténégro, la HDPR, la Croatie,

  • l'Association des poètes de Belgrade depuis 2008,

  • la Croatie depuis 2009 HKD

  • la société de poésie "Antun Ivanošić" Osijek depuis 2011. 


Elle est aussi rédactrice en chef du magazine Poeta. Elle a déjà publié quatre recueils de poésie : Un maison de verre, publié par l'ART-Užice en 1996 ; YOURS, publié par Narodna knjiga Belgrade en 2003 ; collection de poésie haïku « VOLCANO », publié par Lotos de Valjevo en 2004. Un CD Une maison de verre, publié par l'ART en 2005. Ses poésie et haïku ont été traduits en plusieurs langues. 

Bienvenue !

 

L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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