J’ai folle envie d’épouser la terre libre, sous les siècles de fer,
la terre sourde, à des milliers de kilomètres en mon sein.
J’ai folle envie d’être un son,
sa lourdeur, pour le creuset du guerrier
un sabre net.
Je suis le son. J’épouse, je suis Gaïa, je suis.
Je suis les vibrations là,
quand le miroitement des feuilles de peupliers fait onduler le vent,
sur mon dos repu.
Soudain l’enfant, prononçant des lettres,
qui ne se prononcent pas.
Jardin des Plantes
Deux grues cendrées
Sous la pluie
Nos regards tombent
Pour citer ces poèmes
Sophie Brassart,«Jardin d'enfance» & «Jardin des Plantes» poèmes illustrés par S. Brassart,Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques:Dossiers « Jardins d'écritures au féminin »,«Muses&Poètes.Poésie, Femmes et Genre »,n°3|Été 2013 [En ligne],(dir.) Françoise Urban-Menninger,mis en ligne le 1er juin2013.
Sophie Brassart,documentaliste aux heures pleines, elle a déjà publié dans les revuesMille et un Poètes (n°3, été 2012) etLa Porte des Poètes (printemps 2012). En 2011, elle a également publié un poèmedans le cadre du Printemps des Poètes, a lu certains de ses textes lors de la présentation des derniers numéros de la revue La Porte des Poètes (en mai 2012) et elle a étécitée dans la Revue Artension (n°112, mars-avril 2012).
Elletient aussi un blog intituléToile poétique à cette adresse : http://graindeble.blogspot.fr/.Déméter en témoin, Sophie Brassart noue un dialogue de lettres vives (poèmes et peintures), singulières ou bien mêlées. Les figures sont tissées de mêmes toiles, celles du temps numérique, pour des messages inscrits dans une vie courte; celles de la profondeur du mythe, sans quoi rien ne saurait advenir ; celles du mystère féminin, qui invite à la transformation, la résistance, l'intensité. Autant de libres propos, libres propositions, réalisées avec de l'encre, de l'acrylique, et des suites de 0 et de 1. Elle aexposé ses tableaux dans l'Ateliers de Ménilmontant en 2011 et dans "Empreintes" (exposition d'octobre 2012)
Le Pan poétique des muses a réalisé l'entretien éléctronique ci-dessous avec le poète Éric Guillot (journaliste et artiste)*.
•LPpdm — Qui est Éric Guillot ?
•ÉG —À l’âge de 17 ans, au cours de mes études pour devenir compositeur-typographe, j’ai véritablement découvertLes fleurs du malde Baudelaire. Ce fut un véritable choc, avecL’albatros, Le vin de l’assassin, Les passantes…Àla fin du mois de juillet 1980, je touchais mon premier salaire et je me suis précipité dans une librairie ruthénoise pour acheter et relireLes fleurs du mal, en livre de poche (avec en couverture, une reproduction du tableau de Courbet :Le sommeil), car je n’avais pas les moyens d’acquérir une édition de luxe (depuis, je me suis rattrapé !). J’ai relu Baudelaire avec délice ! Ensuite ce fut Rimbaud, Villon, Verlaine, Victor Hugo, dontLes orientalesm’ont particulièrement séduit. Enfin, je continuais ma découverte avec Apollinaire, Aragon (sublimes !), Eluard, Soupault, Desnos (curieux !) Breton et les surréalistes… La poésie était entrée en moi. Je vivais et pensais poésie. J’achetais des livres de poésies, surtout les poètes du XXe siècle. Evidemment lire du Verlaine et enchaîner ensuite avec Breton ou Apollinaire, n’est pas toujours chose aisée. D’autres découvertes viendront avec les chanteurs, comme Brel, Ferrat, Ferré. Là je dois préciser quelques chose de capital : ce fut pour moi un pur bonheur d’entendre les poèmes de Rimbaud mis en musique et chantés par Léo Ferré, ce sera plus tard la découverte du 33 tours Ferré chante Baudelaire, puis Aragon et Apollinaire avecLa chanson du mal aimée,notamment… La poésie était le battement de mon cœur et elle le reste! Aujourd’hui, je demeure fasciné par la poésie des poètes dits modernes : Rimbaud, Apollinaire, Cendras, Paul Morand, Breton, et les surréalistes en général, notamment Péret, Joyce Mansour… Parmi les poètes de langues étrangères, je citerai : Lorca, Nazim Hikmet, Yannis Ritsos, Adonis, Tranströmer…
•—Quelles sont les origines de la rubrique dédiée à la poésie dans le journal CENTRE PRESSE ?
•ÉG —Depuis un peu plus de douze ans, sans interruption paraît chaque semaine dans CENTRE PRESSE, une page poésie consacrée à un auteur. En effet, c’est en mars 2001 que naquit l’idée de consacrer un espace poétique dans nos colonnes. Ce projet faisait suite à la mise en place par la direction du journal d’une édition supplémentaire de fin de semaine (inexistante jusqu’alors) dotée d’un cahier magazine du dimanche. Un détail fut également de mise qui coïncida avec ce lancement et décida la création de cette rubrique : la publication avec mon épouse d’une plaquette d’un jeu surréaliste intituléeQuestions de principe, dont un compte rendu fut publié dès la parution de ce recueil dans le journal. Dès le lendemain, je fus appelé par la direction :« Je voudrais que vous assuriez chaque semaine une page poésie »m’avait déclaré Alain Rollat*, directeur du journal de 2001 à 2003. Je contactais alors, par l’intermédiaire de Denys-Paul Bouloc (un poète ruthénois), le groupe poésie au sein de la MJC de Rodez, afin de convenir d’une entrevue avec la direction de CENTRE PRESSE et dans la foulée je proposais à Alain Rollat une rubrique littéraire hebdomadaire assurée par un historien local, en la personne de René Couderc. C’est donc à partir de cette date que fut créée la rubrique poésie alternant tous les quinze jours avec une page littéraire consacrée à un auteur. Mais afin de palier les interruptions de ces rubriques durant la saison estivale, un communiqué a été publié dans nos colonnes s’adressant aux poètes désirant publier leurs textes dans le journal. De nombreux auteurs aveyronnais nous ont adressé leurs poèmes et voyaient ainsi leurs poèmes publiés pour la première fois. Au fil du temps, nos colonnes s’ouvrirent également à des auteurs hors du département. C’est ainsi que j’ai eu l’immense privilège de consacrer plusieurs parutions à Jeanine Baude, Margo Ohayon, Gilles Lades, Claude Confortès ou Joël Bastard, que j’ai sollicité lors des rencontres aux Journées poésies à Rodez ; ou encore suite aux deux Concours poésie CENTRE PRESSE, lancés en 2008 et 2009, où Françoise Urban-Menninger fut lauréate. Enfin, c’est à partir de 2008 que les membres du groupe poésie Encres de la MJC de Rodez ont cessé de faire paraître leurs créations, suite à la dissolution du groupe. Depuis, je consacre exclusivement chaque parution à un auteur, y compris les poètes ayant appartenu au groupe Encres.Url. http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Rollat
* Entretien réalisé grâce à l'aide de Françoise Urban-Menninger.
Pour citer ce texte
Éric Guillot, LPpdm, «Mon parcours & la découverte de la poésie »,in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques:«Le printemps féminin de la poésie»,Hors-Série n°1[En ligne],sous la direction de C. Aubaude, L. Delaunay, M. Gossart, D. Sahyouni & F. Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2013.
Crédit photo : photographie trouvée sur wikimedia.org (commons)
Le parfum d'enfance s'exhale ce jasmin de la mère patrie sa terre est bien meurtrie...
elle pleure, parfume ses peines des larmes blanches qui peinent à rendre son cri d'amour
Pour citer ce poème
Dina Sahyouni,«Parfum blanc»,in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques:«Le printemps féminin de la poésie»,Hors-Série n°1[En ligne],sous la direction de C. Aubaude, L. Delaunay, M. Gossart, D. Sahyouni & F. Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2013.
Le jasmin parfumé exhale son odeur tel ton parfum musqué
Les arbres du palais royal
Les arbres du palais royal déploient leurs ailes papillons
crevant le ciel azur
d'éclats de roses et de violettes
Les jeunes filles
Les jeunes filles
à l'approche de l'été
fleurissent sur le pavé parisien
Corolles multicolores
frémissant au gré de la brise
éclats de peau
en guise de pistils
Il fait lourd Paris pue
je suis dans ce troquet pérave
du 19e arrondissement
juste le temps qu' un ivrogne m'aborde
avant la fermeture
il est 17h30 lundi de Pentecôte
et je n'ai rien à dire...
Si ce n'est sur ta tombe
cette conversation à trois
mon père toi et moi
toi
surtout
qui restes silencieuse
bercée par le chant des oiseaux
noyée
sous le parfum des fleurs
Ma petite maman
Ma petite maman
Mamita
Toute seule sous la pierre
Peut-être ne fais-tu que dormir là-dessous ?
Tu vas te réveiller et nous sortirons ensemble
De ce cimetière ensoleillé aux fleurs multicolores
Si vaste et si calme
Ravies toutes deux
Par cette estivale journée de printemps
Ces cinq textes sont extraits de la section intitulée « Printemps »du recueil en quête d'éditeur/éditrice, intitulé Les Saisons et Les Deuils.
Pour citer ces poèmes
Isabelle Voisin,«Le Jasmin»,«Les arbres du palais royal»,«Les jeunes filles»,«Il fait lourd Paris pue»&«Ma petite maman» (extraits de la section intitulée «Printemps»du manuscrit Les Saisons et Les Deuils),in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques:«Le printemps féminin de la poésie»,Hors-Série n°1[En ligne],sous la direction de C. Aubaude, L. Delaunay, M. Gossart, D. Sahyouni & F. Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2013.Url.http://www.pandesmuses.fr/article-le-jasmin-les-arbres-du-palais-royal-les-jeunes-filles-116293577.html/Url.http://0z.fr/UrXav
Auteur/Autrice
Isabelle Voisin,née en 1963. Vit et travaille à Paris où elle exerce le métier de professeur de lettres modernes. Elle participe en 1998 auCatalogue du mois off de la photographie à Paris.Publie entre 1998 et 2002 dans les revues de poésieDéchargeetComme ça et Autrement.Isabelle Voisin réalise une série de poèmes pourLes Ambassadeurs, recueil de photographies de Martial Verdier, actuellement en ligne sur le site de la revueTK-21, sous la rubrique “Livres en écriture” :http://www.tk-21.com/.Elle publie en mai 2012 une série de poèmes consacrés à la danse dans le numéro 1 de la revueLe Pan poétique des muses (http://www.pandesmuses.fr/). Deux poèmes à paraître dans la revueDéchargecourant 2013.
Désespérées et prêtes à mourir sur les côtes de Lampedusa
Pour un soleil
Qui ne se lèvera jamais au-dessus de leurs yeux fermés
Les Porteuses sont là
Tenaces
Tenaces et fermes
Fermes et déterminées
Déterminées
Comme une armée rangée en bataille
Les Porteuses restent Debout
Les Porteuses restent braves
Parce que telle est leur destinée
Rester Debout
Debout toujours
Même couchées
Les Porteuses sont à jamais
Debout
Debout
Pour garder le flambeau allumé
Allumé
Pour les générations de Porteuses
À venir
Gardiennes du feu sacré
Elles ne renoncent pas
Ne renoncent jamais
Grande est l’adversité
Forte est leur résistance
Debout
Est leur devise
Debout toujours
Debout à jamais!
Comme Yennenga
Comme Abla-Pokou
Comme Ndette Yalla
Comme Nzingha
Comme Wêemba
Debout
Salut,
Mères!
Les Porteuses regardent
Altières et fières
L’horizon plein d’incertitudes
Les Porteuses écrivent Demain
Avec Aujourd’hui
Car Hier N’existe plus
Demain est bleu
Bleu indigo
Comme l’horizon
L’horizon que dessine ma grand-mère sur ses batiks
Il est de portes qui s’ouvrent
Il est des portes qui se ferment
Se ferment et se referment
Mais l’Espérance des Porteuses
Demeure
Intacte !
Intacte
Comme leur Foi
En Demain
Demain
Qui ne saurait ressembler à Hier
Hier est passé avec sa boue
Sa boue de hontes
Sa boue d’humiliations
Sa boue de railleries
Hier est passé
Avec sa horde d’errances
J’ai planté ma tente
Dans un pays nommé
Exil
Être et ne pas être
Dans une île
Exister
Dans l’ailleurs
Être ici
Être ailleurs
Être nulle part
Nulle part ailleurs
Nulle part au monde
Car les Sans Pays
Ont pour citoyenneté
Nulle Part
Ni d’ici
Ni d’ailleurs
Jamais de Nulle Part
Les Étoiles sont nos compatriotes
Car nous avons toujours les yeux fixés au Firmament
Là où se dessinent nos rêves
Là où s’écrivent nos poèmes
Je suis née là
Depuis des lunes
Je viens de là depuis des pluies
Je vis ici depuis
Des printemps
Automnes
Étés et
Hivers
Mais toujours de Nulle Part
Nulle Part ailleurs
Est mon Pays
Mon Pays
Mon Pays
N’est plus de là
Ne sera jamais d’ici
L’exil est empreint
Dans mes paumes
Comme un stigmate
Un stigmate précieux
En moi
Précieux en mon cœur
Précieux en mon âme
Je lis et écris l’exil
Dans ma paume
L’exil
Dans mon cœur en miettes
L’exil
Dans mon âme désorientée
L’exil de mes rêves
Rêves de Liberté
Rêves d’Égalité
Rêves de Fraternité
J’ai chanté être
À tous les temps
Je suis de là et d’ailleurs
Je suis d’ici et de là
Je serai toujours
L’Exil
Les Porteuses exilées
Chantent des Cantates
Pour des Soleils Libres
Exilées pour rêver
Rêver la Liberté
La Liberté enfouie dans nos déserts sans noms
Nos déserts sans limites
Nos déserts sans frontières
Les Porteuses exilées
Vous saluent !
Les Porteuses exilées
Vous disent
Mères,
Merci !
Pour citer ce poème
Angèle Bassolé-Ouédraogo,« Les Porteuses exilées »,in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques:« Poésie, Danse & Genre »[En ligne], n°1|Printemps 2012, mis en ligne en Mai2012.
Née en 1967 à Abidjan en Côte d'Ivoire, Angèle Bassolé est chercheuse associée à l'Institut d'études des femmes de l'Université d'Ottawa. Elle est aussi écrivaine et éditrice.
Journaliste de formation et de profession, critique littéraire, elle est détentrice d’un Doctorat en Lettres françaises. Spécialiste de poésie (sociocritique) et des études de femmes (EFH : Égalité femmes/hommes), sa thèse a porté sur la poésie des femmes d’Afrique francophone.
En 2004, elle remportait le Prix Trilliumde poésie pour son recueilAvec tes mots. Son 5erecueil,Yennengaestsorti en librairie au mois de février 2012. Elle anime une chronique socio-politiqueet culturelle dans le bi-hebdomadaireL’Événementipublié au Burkina Faso.
Note
iL’Événement, bi-hebdomadaire d’informations publié au Burkina Faso est spécialisé dans le journalisme d’enquête (url.www.evenement-bf.net)
Bienvenue à la directrice de publication du site Simone Durand (elle collabore et remplace en ligne la directrice-fondatrice de la presse de la SIEFEGP à partir de septembre 2026).
LPPDM, SEPTEMBRE 2026
La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).
L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.
SIÉFÉGP, JUIN 2026
APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.
Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.
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