11 octobre 2024 5 11 /10 /octobre /2024 17:55

Événements poétiques | Charmille de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles & N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Poésie & littérature pour la jeunesse | Astres & animaux / Nature en poésie

 

 

 

 

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Le cerisier

 

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Écopoème bucolique par

 

Hélène Calinette

 

 

 

 

Crédit photo : Juliette Wytsman, « Cerisiers en fleurs », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran de l'image libre de droits du site Commons.

 

 

​À la mémoire du cerisier

 

 

 

Des mains un peu trop rêches

Des habits raccommodés

 

Nous n’en avions que faire

On riait sous le cerisier

 

Des paroles parfois en l’air

Comme un Monde qu’on s’inventait

 

Et si notre repas était maigre

On montait dans le cerisier

 

Les passants nous regardaient

Avec sourire, crainte ou pitié

 

Comme un air de tout temps on connait

Pas fréquentable si pas de monnaie

 

Mais nous on s’en moquait

Quand chantait le merle dans le cerisier

 

Et puis le temps a passé

Chacun sa route, son petit métier

 

On s’en est sorti à ce qu’on dirait

Notre petite routine du bon côté

 

Mais dans la nuit tout étoilée

Nos rires d’enfants entremêlés

 

Lèvres rouges cerise comme un baiser

Cristal d’un monde à réinventer

 



 

© Hélène Calinette

 

 

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Pour citer cet écopoème fleuri, élégiaque, engagé & inédit

 

Hélène Calinette, « Le cerisier », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poéféministe 2024 | « Charmille de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles 2024 »  & ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 11 octobre 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/11octobre24/noiii/hc-lecerisier

 

 

 

 

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8 octobre 2024 2 08 /10 /octobre /2024 12:30

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Astres & animaux / Nature en poésie | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages 

 

 

 

 

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la colère de la terre se réveille

 

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Écopoème bucolique & 2 images fournies par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Photographie du canal par

 

Claude Menninger

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, image du canal renaturé en Alsace et aujourd'hui menacé.

 

 

Ce poème défend un canal renaturé en Alsace et est menacé aujourd'hui. Dans le Ried en Alsace, nous sommes plusieurs à ne pas souhaiter qu'un canal laissé à l'abandon depuis 60 ans soit rouvert au tourisme fluvial, ce qui détruirait la flore et la faune. Une manifestation aura lieu le 5 octobre pour tenter de sauver ce qui peut encore l'être car les travaux ont déjà commencé...

 

 


 

creuser bétonner dénaturer

voilà élaboré le programme dévastateur

pour un dernier havre de bonheur

où de rares espaces aquatiques renaissaient

 

 

abattre des arbres le long des berges

de ce canal où parfois émergent

parmi une flore méconnue

des bouvières que l’on croyaient disparues

 

 

Crédit photo :  « Rhodeus sericeus » ou bouvière. Ce petit poisson qui est revenu revivre dans les eaux du canal renaturé, capture d'écran de l'image libre de droits du site Commons.

 

 

 

c’est détruire les ultimes merveilles

d’une terre dont la colère se réveille

armons-nous de cette poésie

pour répercuter l’infini de son cri

 

 

dans les plus hautes cimes

où résonnera cet hymne

accordons le chant limpide de cette onde

à la musique universelle du monde

 

 

car que vaudront sous le bleu du ciel

les rives sans âme d’un canal redevenu artificiel

aurons-nous assez de larmes pour pleurer

quand ce paysage sauvage appartiendra à notre passé


 

 

© Françoise Urban-Menninger, septembre 2024.

 

© Crédit photo : Bannière officielle de la manifestation écologique du 5 octobre pour préserver le canal et son écosystème. ou bouvière. Image fournie par l'écopoète Françoise Urban-Menninger.

 

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Pour citer cet écopoème lyrique, féministe, engagé, illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « la colère de la terre se réveille », photographie du canal par Claude Menninger, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 3 octobre 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noiii/fum-lacoleredelaterre

 

 

 

 

Mise en page par David

Dernière modification de la page le 8 octobre 2024 (ajout d'images)

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27 septembre 2024 5 27 /09 /septembre /2024 17:11

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Dossier mineur | Florilège ​​​​​​

 

 

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Confidences sur le tas

 

 

 

 

 

Poème de

 

Louise Hudon

 

 

 

Crédit photo : Barbara Regina Dietzsch, «  A Hyacinthe with a dragonfly », peinture tombée dans le domaine public, capture d'écran de l'image du site Commons.

 

 

Je te lance un « JE T’AIME » dans le vent,

Heureuse d’être aussi un survivant.

La douleur s’estompe pour la santé

Et la nature m’invite à chanter.

 

 

Je parle à mon arbre de confidences

En appréciant ma grande résistance.

C’est vrai que mes textes m’aident beaucoup. 

Si je dénonce, je me tiens debout.

 

 

Le dossier des aînés me tient à cœur.

J’en oublie la prudence des auteurs.

L’amitié et l’amour avant la gloire.

Mon écoute, il faut toujours y croire.

 

 

On me déclare un talent remarqué

Dans ma façon de vous communiquer.

Santé fragile pour un monde étrange

Souvent non compris qui en plus dérange.

 

 

Stabilité retrouvée et normale,

Ta main m’éloigne du paranormal.

Pourquoi la méchanceté et la haine?

On ne comprend pas certains phénomènes…

 

 

Je resterai disponible pour toi,

Avec mes grands rêves, discours courtois.

Rêver, une nécessité vitale

Et lorsqu’on aime, on ne fait rien de mal.

 

 

Une parole d’amour peut sauver,

Équilibrer et aussi motiver.

Même si une peine peut s’ensuivre,

Nait un bien-être amical pour mieux vivre.

 

 

© Louise Hudon, 5 septembre 2024

 

 

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Pour citer ce poème vécu, réaliste, psychique & inédit

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Louise Hudon, « Confidences sur le tas », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 27 septembre 2024. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/noiii/hudon-confidences

 

 

 

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25 septembre 2024 3 25 /09 /septembre /2024 16:21

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Dossiers majeur & mineur | Articles & témoignages | Critique & réception 

 

 

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Insomnies perpétuelles,

 

poèmes de Mona Azzam. Recueil paru

 

aux Éditions Ex Aequo

 

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Critique par

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème 

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil de poèmes « Insomnies perpétuelles » de Mona Azzam.

 

 

 

Née en 1962 en Côte d’Ivoire, cette enseignante en lettres modernes possède la passion des mots qui la possèdent à leur tour ! À l’instar d’Emile Cioran ou d’Albert Camus qui affirmaient que leur vraie patrie était leur langue, l’autrice fait sienne cette assertion. En témoignent ses écrits autour de Dante, Camus mais aussi ses nombreux recueils où la poésie n’est autre qu’un « éblouissement perpétuel ».


 

Citant un vers de René Char « La poésie vit d’insomnie perpétuelle », elle le reprend au pluriel dans l’intitulé de son nouveau recueil dont l’illustration de la couverture, s’apparentant à un tourbillon, voire à un vortex, exerce déjà un pouvoir de fascination hypnotique sur le lecteur.

 

Puis la poète de nous plonger dans un songe éveillé où elle nous avoue qu’elle aurait voulu « déployer les ailes du temps » et « retrouver la pierre de l’enfance ».

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de la poète Mona Azzam dans une librairie.

 

Nul doute que le voyage à l’intérieur de soi est véritablement cet « ailleurs » dont nous entretenait Arthur Rimbaud. Mona Azzam détient l’art de sonder les mots, d’en jouer et d’en appréhender les limites qu’elle explore car les mots sont « Un défi au temps. Aux morts. Aux vivants ».

 

Elle aborde ainsi les frontières de l’indicible et de l’invisible « tel un inconnu parvenu au bout de l’errance » pour nous octroyer la splendeur de vers éblouissants dont la magnificence suspend l’instant :

 

            « Câline comme une cascade

           Crucifiée, se farde l’églantine

           D’un soupçon de muscade. »

 

Plus loin : 

 

« Un lambris de verbe

          S’étourdit pour éclore »

 

Et dans l’un des derniers poèmes de ce recueil, Mona Azzam, dans une parfaite symbiose avec la nature, de la laisser entrer et pénétrer ses vers dans d’éclairantes et lumineuses images :

              

« L’amandier s’éveillant de son sommeil

          A mis sur mes rimes un brin de soleil. »

 

La poésie de Mona Azzam, à la fois mélancolique et radieuse, se condense tout entière dans un oxymore qui n’est autre qu’une ode perpétuelle à la vie, un charme envoûtant opère, se propage et se prolonge au-delà du recueil refermé car cette écriture singulière ne cesse de nous ensoleiller !

 

© Françoise Urban-Menninger, septembre 2024.

 

 

 

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Pour citer ce texte ensoleillé & inédit 

 

Françoise Urban-Menninger, « Insomnies perpétuelles, poèmes de Mona Azzam. Recueil paru aux Éditions Ex Aequo », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 25 septembre 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noiii/fum-azzam-insomnies

 

 

 

 

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23 septembre 2024 1 23 /09 /septembre /2024 17:27

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet | Dossier majeur | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages | Revue poépolitique

 

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Mais où est donc passée notre humanité ?

 

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Lettre ouverte par

Mona Azzam

 

 

 

Crédit photo : W. B. Richmond, « The Crown of Peace », peinture tombée dans le domaine public, 

 

 

(Mona Azzam)


 

Il est des moments où prendre la plume devient un acte nécessaire, un acte dicté par une responsabilité dont l'on se sait investi au nom de son humanité. 

L'on ne peut s'affirmer camusienne sans se révolter. 

Prendre la plume, un acte de révolte.

Se révolter parce que “nous sommes”.

Nous sommes responsables de “nommer les choses”. De dénoncer ce qui se doit d’être dénoncé. 

 

Je prends la plume ce jour, après avoir opté longtemps pour le silence face à la banalisation de la violence et les massacres de populations innocentes, entraînés par toutes ces guerres qui se suivent et se ressemblent, tel un feuilleton pitoyable et lassant que des médiocres scénaristes s’entêtent à nous faire subir. 

 

Je romps aujourd’hui avec mon “habituel” silence qui est souvent ma réponse à l’injustice et à la violence et qui, jusque-là, était la seule expression de ma révolte. 

Un silence inefficace. Parce qu’il ne nomme pas les choses. Alors que plus que quiconque, je ne suis sans ignorer que « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » 1.

 

Ce monde miné par son lot quotidien de massacres me tourmente au plus haut point, me plonge dans un tel état que j’ai la sensation, par moments, d’être une extra-terrestre. Ou une brebis galeuse se refusant à suivre le troupeau. 

Suis-je une extra-terrestre ? 

Suis-je une marginale ? 

À quel moment l’humanité a-t-elle disparu de nos horizons, emportant avec elle la décence, l’empathie et la solidarité ?

À quel moment la paix a-t-elle cessé d’être notre seule et unique préoccupation ? 

 

Quelle tragédie, que notre Histoire “moderne” qui s’écrit à coup de publications instantanées  sur X ou Y et sur des réseaux sociaux par des “spécialistes” de la guerre qui, de la guerre, ignorent tout et surtout l’essentiel ! 

Que savent-ils de cette ignominie qu’est la guerre, alors qu’ils sont à l’abri derrière les écrans de leurs téléphones ? 

Quelle tragédie que notre Histoire “moderne” dont les pages sont, de seconde en seconde, de minute en minute, d’heure en heure, emplies de mots et de réactions instantanées qui font la part belle à la violence et à la mort d’innocents ! 

Tant d’innocents…

Trop d’innocents. Dont les voix se sont tues et ce, ensevelies dans un linceul de silence.

 

Face à cette histoire “moderne”, je ne peux que me révolter. M’insurger. Au nom de mon humanité et des valeurs qui me sont chères. 

Je m’insurge et prends la plume. Et, puisqu’il me faut « nommer les choses »…





 

Je dis que la guerre est un fléau qui dévaste tout sur sa trajectoire, tuant sans distinction de nationalité ou de religion des innocents. 

Les innocents, les seuls perdants de toute guerre. 

Quant à la victoire, je doute qu’une guerre puisse être victorieuse dès lors qu’UNE seule victime innocente a perdu la vie. 

Je dis que nul ne peut se réjouir de la mort d’autrui, ni applaudir une quelconque guerre. 

Je dis qu’aucune guerre n’est juste. 

Je dis qu’aucune guerre ne se justifie.

Je dis que les victimes innocentes ne sont pas de simples dommages collatéraux. Ce sont des êtres humains. Qui avaient des rêves…et une vie.

Je dis que la guerre n’est pas une virtualité que l’on peut s’autoriser à commenter de manière légère. Et inconsciente. 

Ce n’est pas une succession d’images qui défilent sur un écran pour que l’on les aime ou pas.

Je dis que la guerre est une réalité. La plus abjecte qui soit. De celles qui nous laissent sans voix, nous privent de sommeil ; nous coupent l’appétit. 

Jusqu’à nous pousser à nous révolter. Surtout quand la guerre est une réalité. Connue. Vécue. 

Ceux qui l’ont vécue savent de quoi je parle. 

Car qui a vu, ne serait-ce qu’une seule fois, le corps d’un enfant innocent déchiqueté par des obus ou par une mine, sait que la guerre est une réalité insurmontable. Et que l’on garde en mémoire à jamais cette réalité que l’on voudrait ne jamais avoir vécue. 

 

Je dis. 

Suis-je pour autant une extraterrestre ? 

Serais-je encore plus extra-terrestre si, de par le monde, sur toutes les toiles, dans tous les espaces réels et virtuels, naissait une chaine gigantesque ralliant tous les peuples – sans distinction de nationalité ni de religion – à une seule cause, celle de la paix, « le seul combat qui vaille d’être mené » ? 2.

 

Extraterrestre, marginale ou idéaliste ? 

Qu’importe le mot. Pourvu qu'on ait la PAIX, en lieu des guerres et que l'on emplisse les pages de l’Histoire, d'humanité. De notre humanité. 

La PAIX. Le seul legs digne d'être laissé en héritage, aux générations futures.

 

 

 

Notes

1. Albert camus, Sur une philosophie de l’expression.

2. Albert Camus.




 

 

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Pour citer ce billet engagé, gnomique & inédit 

 

Mona Azzam, « Mais où est donc passée notre humanité ? », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 23 septembre 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noiii/monaazzam-notrehumanite

 

 

 

 

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