24 juin 2024 1 24 /06 /juin /2024 15:16

N° III | ÉTÉ 2024 | Florapoétique / 1er Volet |  Réflexions féministes sur l'actualité | Actions pour l'égalité des sexes 

 

 

 

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Québec, juin 2024

 

 

 

 

 

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

 

 

© Crédit photo : Irina Moga, le visuel officiel de l'événement organisé par le Conseil du statut de la femme (CSF), image no 1 du lancement du bilan intitulé « L’égalité entre les femmes et les hommes : Regard sur 50 ans d’évolution au Québec », 12 juin 2024.

 

 

Le 12 juin 2024 : la ville de Québec est resplendissante sous la lumière de l’été.

 

© Crédit photo : Irina Moga, le Musée de la civilisation, image no 2 du lancement du bilan intitulé « L’égalité entre les femmes et les hommes : Regard sur 50 ans d’évolution au Québec », le 12 juin 2024.

 

J’ai eu l’honneur de représenter la Société Internationale d'Études des Femmes et d'Études de Genre en Poésie (SIEFEGP) et la revue féministe de poésie « Le Pan Poétique des Muses » au lancement du bilan intitulé « L’égalité entre les femmes et les hommes : Regard sur 50 ans d’évolution au Québec ». 

 

L’événement a été organisé par le Conseil du statut de la femme (CSF), un organisme gouvernemental d’étude et de consultation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, dont la mission est de « conseiller le gouvernement du Québec sur tout sujet lié à l’égalité, dans un objectif de justice sociale ».

 

© Crédit photo : Irina Moga, à l'intérieur du Musée de la civilisation, image no 3 d du lancement du bilan de « L’égalité entre les femmes et les hommes : Regard sur 50 ans d’évolution au Québec », le 12 juin 2024.

 

Je suis arrivée au Musée de la civilisation, 85 rue Dalhousie, quarante minutes avant le commencement de la session. Déjà, il y avait des groupes qui se formaient : une atmosphère de retrouvailles, de joie et d’amitié dans laquelle il était facile de s’intégrer. 

 

Dans le foyer du musée, j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec quelques participantes, en parlant de nos expériences et de nos espoirs vis-à-vis de l’égalité entre les femmes et les hommes. 

 

Ensuite, nous avons assisté à la présentation du livre, qui est le bilan de 50 ans de « l’évolution sociale au regard des droits des femmes » mais qui cherche aussi de « mettre en lumière les enjeux qui persistent ». 

 

© Crédit photo : Irina Moga, image no 4 du lancement du bilan intitulé « L’égalité entre les femmes et les hommes : Regard sur 50 ans d’évolution au Québec » au Musée de la Civilisation le 12 juin 2024.

 

Le bilan thématique prend pour point de départ l’avis « Pour les Québécoises : égalité et indépendance », œuvre séminale parue en 1978, cinq années après la création du CSF et rend visible le progrès enregistré jusqu’à nos jours, ainsi que des moments charnière. Un de ces moments fut le 50e anniversaire de création du Conseil du statut de la femme et son inscription au Registre du patrimoine du Québec le 23 mai 2023.  

 

Les allocutions ont célébré le travail des membres du CSF et ancré le résultat de ce travail dans une perspective historique.  

On avait aussi souligné l’importance des politiques publiques qui font de l’égalité une « valeur d’appartenance » et le rôle du CSF comme « voix institutionnelle de la condition de la femme, et qui nourrit la conscience collective avec rigueur ».

Le travail du CSF s’appuie sur une très solide base de recherche qui vise à refléter la pluralité de la réalité des femmes au Québec, et avancer la cause de l’égalité.

 

Donc, c'est fut une soirée des idées passionnantes, avec la vision de l’égalité entre les femmes et les hommes, « une quête à poursuivre ».

© Irina Moga

 

© Crédit photo : Irina Moga, le Musée de la civilisation, image no 5 du lancement du bilan intitulé « L’égalité entre les femmes et les hommes : Regard sur 50 ans d’évolution au Québec », le 12 juin 2024.

 

 

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Pour citer ce billet illustré & inédit pour l'égalité 

 

Irina Moga (texte & photographies, « Québec, juin 2024 », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 24 juin 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noiii/irinamoga-quebecjuin2024

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans ÉTÉ 2024 NO III Féminismes Égalité et parité
29 février 2024 4 29 /02 /février /2024 18:52

N° I | HIVER 2024 | Seules, seulettes : des poésies de nos solitudes / 1er Volet | Annonces diverses | Actions en faveur des femmes & LGBT+ 

 

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Résidence d’écriture en 2025

 

 

à la Villa Marguerite Yourcenar

 

 

 

 

 

 

 

Villa Marguerite Yourcenar

 

Site officiel : https://villamargueriteyourcenar.fr

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© Crédit photo : Capture d'écran du dossier pour candidater à la Résidence d’écriture de 2025, offre proposée par la Villa Marguerite Yourcenar.

 

 

[...]

Nous avons le plaisir de vous adresser le dossier de candidature pour une résidence d’écriture en 2025 à la Villa Marguerite Yourcenar, résidence d’écrivains du Département du Nord. À noter que la date limite de réception des dossiers est fixée au 2 mai 2024.

N’hésitez pas à le partager à vos auteurs/trices !

[....]

Clémence VERYEPE

CHARGÉE D'APPUI
DIRECTION DES SPORTS ET DE LA CULTURE

 

Présentation de la Villa Marguerite Yourcenar

 

« La Villa Marguerite Yourcenar est une résidence d’écritures située sur la terre d’enfance de Marguerite Yourcenar, le Mont Noir, au cœur de la Flandre, entre Lille et Dunkerque.  

Créée en 1997 par le Département du Nord dont elle est l’un des équipements culturels, elle accueille des auteurs français ou étrangers, émergents ou confirmés.  

L’esprit du lieu est évidemment habité par la figure de Marguerite Yourcenar, autrice illustre, tant pour son œuvre que ses engagements. Mais la Villa, ouverte à toutes les inspirations et expressions littéraires, est avant tout un lieu de liberté créatrice et de partage.  »

 

Adresse postale

2266, route du Parc
59270 Saint-Jans-Cappel France

Courriels

villayourcenar@lenord.fr clemence.veryepe@lenord.fr

Durée de la résidence 

Un mois entier ou fractionné selon la situation de l’auteur·trice.

Genres littéraires acceptés : 

Tout genre d’écriture

Nationalité exigée

Résidence ouverte à toutes les nationalités.

Sessions annuelles 

Date limite de réception des dossiers est fixée au 2 mai 2024.

Nombre annuel de bénéficiaires

Vingt-sept auteurs-autrices français.es ou étranger.e.s, émergent.e.s ou confirmé.e.s (trois auteurs-autrices peuvent être accueilli.e.s simultanément).

Coût de la candidature

Dépôt gratuit de la candidature.

Conditions d'accès 

Peuvent candidater les auteur·trices français·es, de langue française ou étranger·e·s et/ou traducteur·trice, ayant à leur actif au moins un livre publié à titre individuel et à compte d’éditeur (l’autoédition et l’édition à compte d’auteur ne sont pas éligibles) et ayant un projet d’écriture littéraire à développer en résidence dans les domaines du roman, de la nouvelle, du récit littéraire, de la poésie, du théâtre, de la traduction...
Le dossier de candidature comprendra le formulaire complété, daté et signé, un curriculum vitae, une bibliographie complète, une présentation du parcours personnel, littéraire et/ou artistique, une lettre de motivation précisant vos attentes, les raisons de votre demande et l’intérêt de le développer à la Villa Marguerite Yourcenar, une note exposant le projet de résidence, trois exemplaires du dernier livre publié et trois exemplaires d’un autre ouvrage représentatif de votre démarche artistique et une revue de presse, éventuellement. Pour les ouvrages n’ayant pas encore fait l’objet d’une édition en français, l’auteur.trice devra fournir un extrait significatif traduit en français en mentionnant le traducteur (40 pages minimum) et un exemplaire de l’ouvrage. Les pièces du dossier (excepté les livres) sont à envoyer au format PDF à l’adresse mail : villayourcenar@lenord.fr avec pour objet « Candidature résidence 2025 » comprenant notamment le formulaire à compléter.

Allocation Pour la durée de sa résidence, l’auteur·trice reçoit une bourse d’écriture de 70 euros par jour, versée par virement bancaire à l’issue de son séjour. Cette bourse sera augmentée d’un forfait de déplacement de 300 euros pour effectuer un trajet aller-retour entre le domicile de l’auteur·trice et la Villa.

Participation financière Les déplacements personnels de l’auteur·trice sont à sa charge. Le petit déjeuner et un repas par jour préparé sur place sont pris en charge par la Villa, hors week-end et jours fériés. Les autres repas de la semaine et du week-end sont à la charge des résident·e·s.

Rencontres / Production La Villa offre à ses résident·e·s la possibilité de consacrer 70% de leur temps à leur travail de création littéraire. Les résident·e·s seront éventuellement sollicité·e·s pour des rencontres professionnelles et/ou publiques en librairie, bibliothèque, festival, établissements scolaires ou universitaires, ou encore avec un public en situation de précarité dans une limite de 30% de leur temps de présence. Chaque mois, une rencontre est organisée avec le public à la Villa.

 

Télécharger ici le dossier de candidature pour 2025

 

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Pour citer cet avis d'ouverture de candidatures..

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Villa Marguerite Yourcenar, « Résidence d’écriture en 2025 à la Villa Marguerite Yourcenar », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° I | HIVER 2024 | « Seules, seulettes : des poésies de nos solitudes », 1er Volet, n°3, volume 1, mis en ligne le 29 février 2024. URL :

http://www.pandesmuses.fr/noi/villamargueriteyourcenar-residence2025

 

 

 

 

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N° I | 2024

Lien à venir

21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 17:59

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésie des aïeux | Revue poépolitique 

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Le Droit des Femmes

 

 

 

 

 

 

 

Clovis Hugues

 

Texte choisi & transcrit

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Crédit photo : Peinture rococo de la déesse de la justice Dicé, Commons, domaine public. 

 

 

 

Le texte poéféministe présent ci-dessous a été composé par Clovis HUGUES, il provient de l'ouvrage de VIVIANI René, ROBERT Henri, MEURGÉ Albert, LHERMITTE G., TIXERANT, MMES VÉRONE Maria, PILLIET Edwards, MORIA Blanche, DU GAST Camille, NATHAN Henry, FALLOT-MATIEP, POMMAY Yvonne, Cinquante ans de féminisme 1870-1920, Édition de la Ligue Française pour le Droit des Femmes, 11, Rue Milton, Paris IX, 1921, pp. 85-88. Le livre appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica.

 

 

 

Ce poème a été composé par Clovis Hugues à l'occasion du Congrès du Droit des Femmes en 1889, et lu par l'auteur au banquet de clôture1.

 

 

 

Qui donc a dit au Peuple en marche,

Broyant les siècles sous son char,

Que le manteau du patriarche

Est le seul refuge d'Agar,

Qu'Adam triomphe encore d'Ève,

Qu'elle aura beau lutter sans trêve,

Liée à nos dogmes étroits,

Et que la nuit, roulant ses voiles,

Éteindrait là-haut les étoiles,

Si les femmes avaient des droits ?

 

 

Est-ce l'ombre ? Est-ce la Nature,

Avec le Soleil, son époux,

Avec ses grands bois où murmure

Le vent mystérieux et doux ?

Est-ce la Terre avec son âme

Qui vous a crié que la femme

N'est point votre égale ici-bas,

Et qu'aux heures du sacrifice,

Quand vous créez de la justice,

Son ombre n'est point dans vos pas ?

 

 

Ô tourbe éphémère des hommes !

Avons-nous pesé seulement

Le peu de cendres que nous sommes

Devant l'éternel firmament ?

Avons-nous songé que la fosse

S'emplit de notre gloire fausse

Dans la descente des linceuls ?

Avons-nous sondé nos abîmes,

Avant de chanter sur les cimes

Que nous avons des droits tout seuls ?

 

 

Avons-nous évoqué l'image

Des jours innocents et dorés,

Que nous dormions, au premier âge,

En deux bras doucement serrés ?

Avons-nous revu tout ensemble,

L'alcôve et le berceau qui tremble ;

L'asile auguste et triomphant,

Avant d'affirmer, ô chimère !

Que celle qui fut notre mère,

N'est pas égale à son enfant ?

 

 

Le Tambour bat, le canon gronde.

Plus de famille ! Adieu l'hymen !

Le sang va couler comme une onde,

Le sol sera rouge demain,

C'est la fête de la Patrie :

On conduit à la boucherie

Les soldats parqués en troupeau,

Les murs fauchés, les toits en flammes !

– Avez-vous conseillé les femmes,

Avant de lever le drapeau ?

 

 

Quoi ! tout s'évanouit tout passe !

Un monde naît et disparaît

Comme une clarté dans l'espace,

Comme un souffle dans la forêt !

Quoi ! tout s'écroule pêle-mêle !

Et la femme qui porte en elle

Le fruit des générations,

La femme, esclave de la Peine,

Traîne encore sa vieille chaîne

Au seuil des Révolutions ?

 

 

Toujours la même servitude,

Sous le même joug abhorré !

Le prêtre, avec un geste rude,

Lui ferme le parvis sacré ;

Et pour purifier le temple,

Pour donner aux foules l'exemple,

Pour dompter les démons jaloux,

Le lévite, mystique et pâle,

Brûle de l'encens sur la dalle

Où se sont ployés ses genoux.

 

 

Dérision ! Affront suprême !

Si l'homme n'a point consenti,

Son témoignage est un blasphème,

Son testament en a menti !

Le Code la proclame impure :

Quand elle offre sa signature,

On fait signer par les passants ;

Quand elle écrit, le juge efface,

Et le scribe infâme la chasse

Du chevet des agonisants.

 

 

Si quelque artiste de l'outrage,

Vil reptile au profit humain,

Accourt et lui jette au visage

Toutes les fanges du chemin,

Il ne faudra point qu'elle espère

Lapider l'horrible vipère

Avec les pierres de la Loi,

Tant que l'époux, l'âme brisée,

N'aura point dit à l'épousée :

« Je t'autorise, venge-toi ! »

 

 

Si la prostitution vile,

Fantôme affreux, spectre vivant,

La pousse aux pavés de la ville

Comme une honte qui se vend,

N'attendez pitié ni justice :

Elle appartient à la police

Aux mains de bronze, aux poings de fer !

Point de tribunal en simarre !

Un mot suffit et Saint-Lazare

La recevra dans son enfer !

 

 

Qu'elle sourie ou quelle pleure,

Vierge, mère, aïeule au front blanc,

Elle est l'éternelle mineure,

Elle ne règne qu'en tremblant :

Femme ! ô doux être sans défense !

Elle a moins de droit que l'enfance,

Un peu plus que le criminel ;

Et l'homme, hanté d'un mystère,

La dénonce encore à la Terre,

Quand les dieux l'ont chassé du Ciel !

 

 

Car ce qui pèse sur la femme,

Ce qui tient son doux front penché,

C'est l'antique légende infâme

D'Ève, d'Adam et du péché !

C'est Manou criant à Moïse

Que toute l'âme humaine est prise

Dans la femme et dans la douleur !

Et voilà que la grande Bible

La brise sous son texte horrible,

Comme le vent brise une fleur !

 

 

Mais l'astre du matin se lève !

Plus de chaînes ! voici le jour,

C'est l'action après le rêve !

Le devoir est né de l'amour.

La Justice, longtemps trompée,

Calme et s'appuyant sur l'Épée

Que rien n'a pu vaincre ou ployer,

Présente en un reflet de gloire

Toutes les Jeannes de l'histoire

À toutes celles du foyer.

 

 

Hypocrisie ! hypocrisie !

Ô muse, assez de lâcheté !

Tu ne sera plus, Poésie,

La menteuse de la beauté !

Quand tu lui diras qu'elle est douce

Comme une fleur des champs qui pousse

Dans le baiser d'or du soleil,

Tu n'auras plus cette folie

De la bercer pour qu'elle oublie

La sainte extase du réveil !

 

 

Lamartine, épris, d'un poème,

Pourra chanter comme autrefois;

Elvire sera belle, même

Quand elle aura conquis ses droits,

Et qu'importe qu'on lui rappelle

L'outrage qui planait sur elle,

L'essor inconstant de ses vœux,

Pourvu qu'elle soit Marianne,

Debout dans l'aube diaphane,

Avec des fleurs dans les cheveux !

 


 

Note

 

1. Le Droit des Femmes, 1er septembre 1889.

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème féministe & militant

 

Clovis Hugues, « Le Droit des Femmes », texte poéféministe et militant de HUGUES Clovis dans VIVIANI René, ROBERT Henri, MEURGÉ Albert, LHERMITTE G., TIXERANT, MMES VÉRONE Maria, PILLIET Edwards, MORIA Blanche, DU GAST Camille, NATHAN Henry, FALLOT-MATIEP, POMMAY Yvonne, Cinquante ans de féminisme : 1870-1920, (1921), a été choisi, & transcrit par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 21 mai 2021, Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/ch-droitdesfemmes

 

 

 

 

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 16:26

Megalesia 2020 | Critique & réception | Revue Matrimoine | Revue culturelle d'Europe

 

 

 

Dix portraits de femmes en lutte

 

contre l'esclavage

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies* de

 

Claude Menninger

 

© Crédit photo : Claude Menninger, image de l'affiche de l'exposition "Dix femmes puissantes. Portraits de femmes en lutte contre l'ésclavage colonial", 2020. 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, "Musée Victor Schoelcher", 2020. 

 

                              

Alors que deux statues de l'abolitionniste Victor Schoelcher viennent d'être déboulonnées en Martinique dans le contexte polémique de la mort de George Floyd, il apparaît essentiel de renouer avec l'Histoire. L'espace muséologique Victor Schoelcher situé à Fessenheim en Alsace s'emploie à mettre en lumière « Dix femmes puissantes » en accueillant dans ses murs une exposition conçue pour le Mémorial de la Ville de Nantes dans le cadre de la journée nationale des mémoires des traites négrières, de leur esclavage et de leur abolition.

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, "Buste de Victor Schoelcher", 2020. 

 

 

Les femmes ont été discriminées non seulement parce qu'elles étaient des femmes mais davantage encore parce qu'elles étaient noires et esclaves. Parmi les 12 à 13 millions d'Africains déportés, on compta un tiers de femmes. Bien que minoritaires, elles ont constitué une force sociale et culturelle fondamentale.

C'est dans la plus vieille maison du village magnifiquement restaurée que se tient le musée Victor Schoelcher. Fils du manufacturier du même nom, le jeune homme parcourut inlassablement le monde, fut membre de sociétés abolitionnistes du XIXème siècle à l'instar de son ami Victor Hugo avant d'être nommé Secrétaire d’État dans le gouvernement provisoire d'Arago. Victor Schoelcher fut l'initiateur du décret du 27 avril 1848 qui abolit définitivement l'esclavage alors que Napoléon Bonaparte l'avait rétabli en 1802 après la restitution de la Martinique à la France. Soutenu par l'ONU, ce musée situé en Alsace fait partie des cinq sites de « La Route de l'Esclave » du Grand Est.

 

© Crédits photos :  Claude Menninger, "Menottes", "Billet de banque représentant Harriet Tubman", 2020.

 

 

Parmi les dix femmes présentées au musée, on retrouve Sanité Belair originaire d'Haïti qui combattit en uniforme en tant qu'officier lors de la Révolution haïtienne aux côtés de Toussaint Louverture. Condamnée à mort, elle ne pouvait être passée par les armes en tant que femme, mais le bourreau n'ayant pas réussi à la décapiter, elle fut fusillée tout comme son compagnon. Une statue érigée sur l'île de La Réunion célèbre le courage de l'esclave maronne Héva, véritable icône de la cause noire, elle sert d'allégorie pour représenter la femme réunionnaise originelle, elle a inspiré de nombreuses œuvres littéraires. Claire en Guyane française fut une esclave rebelle qui fut suppliciée puis pendue en présence de ses propres enfants, Dandara devint une figure légendaire au Brésil après s'être jetée dans le vide pour ne pas revenir à sa condition d'esclave ...Cudjoe Queen Nanny est vénérée en Jamaïque pour avoir aidé les esclaves à se libérer en employant la technique des guérilleros, son portrait figure sur un billet de banque ! En Guadeloupe, les habitants se souviennent de la Mulâtresse Solitude qui représente toutes les femmes et mères car elle fut suppliciée et mise à mort le lendemain de son accouchement.. L'abolitionniste américaine Sojourner Truth gagna le premier procès  intenté par une femme noire pour récupérer son fils ! Cette femme hors du commun montait dans les tramways interdits aux Noirs bien avant Rosa Parks et prononça un discours en 1851 intitulé « Ne suis-je pas une femme ? » à la National Women's Right's Convention.

Anne Zinga, reine du Ndongo et du Matamba de 1582 à 1664, l'actuel Angola,  disposait d'un pouvoir absolu. Fine stratège, elle tint tête aux Portugais en refusant de leur livrer les 13000 esclaves qu'ils exigeaient, elle évita ainsi la colonisation de son pays.

Parmi les femmes abolitionnistes, n'oublions pas l'avant-gardiste Olympe de Gouges, membre de la société des Amis des Noirs, auteure de la Déclaration des Droits des Femmes qui dénonça l'esclavage dans sa pièce intitulée « Zamore et Mirza », ce qui lui valut des menaces de mort de la part de propriétaires d'esclaves.

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, "Anne Zinga (à gauche), Sojourner Truth (à droite)", 2020. 

 

 

Quant à l'Anglaise Anne Knight, féministe convaincue, elle n'hésita pas à faire du porte à porte pour défendre la cause des Jamaïcains et à révéler ce qui se cachait derrière les récoltes de canne à sucre. Les habitants lui rendirent hommage en accolant son nom à une ville de Jamaïque qu'ils baptisèrent « Knightsville ».

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, 

"Nanny (2e à droite), Héva (à droite)", 2020.

 

 

Mais rappelons que si la traite occidentale ou atlantique a concerné 11 à 13 millions de personnes depuis le XVIIe siècle, la traite orientale  à destination du monde arabo-musulman compté plus de 17 millions d'esclaves ! Quant à la traite intra-africaine, les historiens dénombrent 14 millions de personnes dont une partie était revendue à des Européens ou des Arabes. ARTE vient de diffuser un excellent documentaire à ce sujet, nul doute que le travail de mémoire est encore long et ardu !

 

Par ailleurs le président Barack Obama qui proposait d'honorer Harriet Tubman en créant un billet de banque à son effigie n'a pas pu voir son souhait se concrétiser.  Donald Trump en a décidé autrement en offrant un « clin d'oeil aux blancs » sous le prétexte que cette décision est « politiquement non correcte » ! Harriet Tubmann née en 1822 dans le Maryland fut vendue à 6 ans comme femme de ménage et passa de maître en maître. Elle s'enfuit lors de la guerre de Sécession, se retrouva en Pennsylvanie et soutenue par l'Underground Railroad, un réseau de sympathisants de la cause Noire en 1840, elle devint celle qu'on appelle encore aujourd'hui « La Moïse Noire ». Elle aida plus de 70 esclaves à s'enfuir et ce billet inédit dans l'Histoire américaine qui devait voir le jour en 2020 est annoncé de façon aléatoire par le secrétaire au Trésor pour 2028….

 

Autant dire que cette exposition enrichissante tombe fort à propos ! Bien documentée, elle apporte un éclairage essentiel sur l'esclavage colonial en mettant à l'honneur des femmes d'exception qui ont payé un lourd tribut pour défendre leur liberté et leurs idées. 

Il nous incombe aujourd'hui d'entretenir leur mémoire et d'accorder une réelle reconnaissance à ces héroïnes souvent oubliées, voire totalement méconnues.

 

 

 

 

 

*Les photos ont été prises au musée Victor Schoelcher par Claude Menninger sauf le billet de banque représentant Harriet Tubman et l'affiche de l'expo avec le beau portrait en couleur de la reine Zinga.

 

Commentaires de Philippe PICHOT sur cet article suivis de trois liens vers les références citées par le commentateur** :

 

 

Merci pour votre message et la mise en ligne de votre article faisant référence à l'exposition sur les femmes en lutte contre l'esclavage et présentée à Fessenheim cet été.

Votre revue étant plus spécifiquement axée sur le rôle des femmes je vous précise que le Réseau Mémoire des abolitions de l'Esclavage - Pôle mémoriel national de l'Est de la France et Suisse inclut deux sites spécialement dédiés à l'action remarquable de deux femmes dont l'action mérite d'être connue: Anne-Marie Javouhey émancipatrice des noirs captifs de traite en Guyane et Germaine de Staël qui mobilisa le groupe de Coppet contre la traite au Congrès de Vienne en 1815, lesquelles ont produit chacune dans leur style et actions, des textes remarquables contre cette tragédie.

Vous retrouverez leurs histoires sur notre site.

 

 

Philippe PICHOT

Projet « Mémoire des abolitions de l’esclavage - Pôle mémoriel national de l’Est de la France ».

Site : www.abolitions.org

Membre du Comité National Pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage en France de 2009 à 2019.

Expert auprès de l'Unesco sur les lieux de mémoire lié à l’esclavage.

22, rue Pierre Dechanet – 25300 PONTARLIER - FRANCE.

 

** Les commentaires et liens susmentionnés ont été ajoutés à l'article le 23 juillet 2020 par la rédaction de la revue.

 

***

 

Pour citer ce texte

​​​​Françoise Urban-Menninger, « Dix portraits de femmes en lutte contre l'esclavage colonial », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 14 juillet 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/fum-femmesenlutte

 

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APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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  • HIVER 2026 | NO I
    LA RÉDACTION VOUS PRIE DE BIEN VOULOIR PATIENTER POUR RECEVOIR UNE RÉPONSE À VOTRE DEMANDE ET DE RENOUVELER VOTRE COURRIEL APRÈS UN MOIS SANS RÉPONSE. NOUS RECEVONS BEAUCOUP DE COURRIELS PAR JOUR ET AVONS BESOIN DU TEMPS POUR TRAITER CONVENABLEMENT VOS...
  • Francine Caron, Amours animales, récit-roman, Passage obligé, Voix Tissés, 2025
    N°I | HIVER 2026 | 1ER VOLET « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Critique & réception | Dossier mineur | Articles & témoignages | Astres & Animaux / Nature en poésie Francine Caron, Amours animales, récit-roman, Passage obligé, Voix Tissés, 2025 Écocritique...
  • Invisible mais debout
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  • Biographie de Léla LASHKHI
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  • Salut. Je suis ton ego., Langue de survie et seuil
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges / Le Printemps des Poètes 2026 | & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques Salut. Je suis ton ego., Langue de survie & seuil Poèmes engagés & féministes...
  • La lettre
    N°I | HIVER 2026 | CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Muses au masculin | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages La lettre Poème engagé par Berthilia Swann Poétesse & autrice engagée Crédit photo : Henri Martin (1860-1943), « Le Printemps », peinture...
  • À PARAÎTRE PROCHAINEMENT : Une odyssée poétique sans frontières
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossier mineur | Articles & témoignages | Métiers du livre | Revue Culturelle des Continents / Invitations à lire | Annonces diverses / Avis de parution & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier | Varia...
  • Humanité
    N°I | HIVER 2026 | « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Poésie & Littérature pour la jeunesse | Handicaps & diversité inclusive | Faits divers | faits de sociétés & catastrophes | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages Humanité Image fournie & poème...
  • La liberté diverge sous les cieux
    N°I | HIVER 2026 | 1ER VOLET « CRÉATRICES DE BOUQUETS » | Dossier mineur | Florilège / Le Printemps des Poètes 2026 | Philosophies & sagesses en poésie & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques La liberté diverge sous les cieux Portrait poétique...