4 décembre 2022 7 04 /12 /décembre /2022 10:39

Événements poétiques | Calendrier du matrimoine poétique 2022 & N°12 | Poémusique des femmes & genre | Dossier mineur | Articles & témoignages

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​​​​​Il a fallu gérer la peur avec

 

 

« Andrà tutto bene… » de Hanen

 

 

 

 

 

 

Témoignage & photographies de

 

Arwa Ben Dhia

 

 

 

© ​Crédit photo : Première de couverture du recueil « Tout ira bien… » aux éditions Le Lys Bleu.

 

 

 

« Le lecteur ne peut pas rester indifférent à la douceur des métaphores, à l’élégance des anaphores dont raffole la poétesse, ainsi qu’à la « spontanéité » des rimes libres et diverses, qui ne sont jamais forcées, et qui semblent toujours arriver naturellement. »

 

 


 

Le recueil poétique « Tout ira bien… », de Hanen Marouani, publié aux éditions Le Lys Bleu en 2021 est un petit bijou que je possède dans ma bibliothèque. Sur la forme, l’ouvrage est fort joli, a une belle finition et une très bonne qualité de papier. Sur le fond, c’est un hymne à l’espoir dans un monde où l’on est souvent tenté par le désespoir. On peut le deviner du titre qui est inspiré du slogan affiché sur tous les balcons des Italiens lors du premier confinement : « Andrà tutto bene… ».


 

L’optimisme et la spontanéité sur le bout des doigts

 

Sa lecture est une halte rafraîchissante dans une course effrénée contre le temps. Ce livre est d’un lyrisme poignant, où la légèreté des mots rivalise avec la beauté des images. Le lecteur* ne peut pas rester indifférent à la douceur des métaphores, à l’élégance des anaphores dont raffole la poétesse, ainsi qu’à la « spontanéité » des rimes libres et diverses, qui ne sont jamais forcées, et qui semblent toujours arriver naturellement. On y apprécie aussi plusieurs jeux de mots habilement employés. On est saisi par la finesse du style de l’écrivaine et surtout touché par son optimisme. C’est un livre à savourer lentement (ou pas d’ailleurs, chacun à sa guise), à lire et à relire sans modération. Personnellement, je l’ai à mon chevet et en lis parfois quelques poèmes avant de dormir, mais on peut le lire à n’importe quel moment de la journée pour s’apaiser, pour s’évader…

 

 

 

Pour vous donner encore envie : Voici une triade de mes préférés ! 

 

 

 

Si je devais choisir une triade de poèmes préférés, je dirais que ceux qui m’ont charmée le plus sont : 

« Nostalgia », (p.57), qui vous plonge dans une tendre atmosphère tunisienne dans laquelle j’ai grandi et dont le souvenir n’est pas sans m’émouvoir. En voici un extrait :

 

« Quand le sens d’une absence nous arrive sans prévision et son chuchotement nous berce doucement… Il s’éloigne puis un temps nous revient. Quand l’enfance oubliée et abandonnée nous oblige à nous retourner sur les traces passées pour nous faire vibrer par son va-et-vient… En continuum, sans raison ou sans lien mais elle annonce sa répartition en deux chemins : tourmenté et serein » 

 

« De ton encre noire », (p.35), dont je partage avec vous les derniers vers :

 

« Une méditation interminable dans tes tableaux et dans tes invisibles autoportraits

Tes échecs, tes fêlures, tes déraisons, tes débuts, tes fins et tout ce qui te semble réitéré

Ton inimitabilité surréelle remue mes songes identitaires et lacérés

Me revoilà tout près de toi sous les volets de tes nuits soyeuses et agitées

De ton encre noire sans sépultures, je renais de mes seins déshabillés»

 

« N’oublie pas de vivre », (p.97), dont je partage avec vous aussi les derniers vers :

 

« Exalte ta joie loin de la structure et de la langue de bois

Exalteta folie jusqu’à toute extrémité et jusqu’au bout des doigts

Exalte ta curiosité en toute liberté sans loi mais avec beaucoup de foi. »

 

Une poésie fleurant autant de sensibilité ne peut que refléter la noblesse et la grandeur d’âme de Hanen Marouani. 

 


Pour l’avoir dans vos bibliothèques, « Tout ira bien… » est disponible dans les librairies françaises, sur le site officiel de la maison d’édition française Le Lys Bleu et sur les sites : Amazon et La Fnac.

 

© ​Crédit photo : Des livres de la bibliothèque privée de la poétesse Arwa Ben Dhia.

 

 

© Retour d’une lectrice poétesse & amie

 

 

 

* L'emploi du neutre français par l'autrice provient de sa volonté de s'adresser au lectorat sans distinction du genre et de ne pas alourdir la phrase.

 

© ​Crédit photo : La poétesse Arwa Ben Dhia lisant le recueil « Tout ira bien… » aux éditions Le Lys Bleu.

 

Biographie : 

 

Arwa BEN DHIA est poétesse en différentes langues et auteure de plusieurs ouvrages. De formation ingénieure télécoms et docteure en électronique, elle exerce aujourd'hui le métier d'ingénieure brevets au sein d'un cabinet de Conseils en PI parisien.

 

 

​***

 

Pour citer ce témoignage illustré & inédit

 

Arwa Ben Dhia, « Il a fallu gérer la peur avec « Andrà tutto bene… » de Hanen Marouani », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°12 | HIVER 2022-23 « Poémusique des Femmes & Genre » & Événements poéféministes 2022 | « Calendrier du matrimoine poétique 2022 » & mis en ligne le 4  décembre 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no12/matrimoinepoetique22/arwabendhia-andratuttobene

 

 

 

 

Mise en page par David

Dernière modification : 5 décembre 2022

(pour compléter la notice biographique de l'auteure)

 

 

 

 

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Retour au Calendrier poéféministe 2022

2 décembre 2022 5 02 /12 /décembre /2022 17:52

N°12 | Poémusique des femmes & genre | Critique & Réception | Dossier mineur | Articles & témoignages / Muses au masculin 

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​​​​​Claude Luezior,

 

Sur les franges de l’essentiel

suivi de Écritures,

 

éditions Traversées, Belgique, 128 p.,

 

2022, ISBN : 9782931077047

 

 

 

 

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Sonia Elvireanu

 

Anc. Autrice bilingue & Professeure de Lettres à l'Université d'Alba Iulia en Roumanie 

https://www.babelio.com/auteur/Sonia-Elvireanu/563197

 

 

 

© ​Crédit photo :  Couverture illustrée de l'œuvre "Sur les franges de l’essentiel suivi de Écritures" aux éditions Traversées.

 

 

 

Infatigable poète et penseur, Claude Luezior réfléchit sans cesse à l’Histoire décevante de l’humanité, à ses défaillances et injustices qui persistent au fil des siècles, mais aussi à la poésie et aux poètes qui s’érigent contre le mal de toute sorte dans leur appel au bonheur de la vie.

Son nouveau recueil  Sur les franges de l’essentiel suivi de Écritures est conçu d’une manière particulière, le poète y met ses réflexions en poèmes, effluves de pensées et de sentiments, et en prose poétique. Ainsi la voix du poète renforce-t-elle celle du penseur, la poésie et la métapoésie se donnent la main pour nous faire réfléchir à l’évolution de l’Histoire  toujours tragique et au langage de la poésie au fil du temps.

Son livre s’ouvre avec le « Liminaire », un discours sur le besoin de l’homme de graver son empreinte sur la Terre, de la préhistoire à nos jours, avec les moyens de chaque époque : peintures sur les parois des cavernes, parole inscrite sur les tablettes d’argile ou de cire, sur le papyrus ou imprimée sur papier depuis la découverte de Gutenberg, absorbée par le nouveau langage des médias, globalisé, « sans foi et loi ».

Le poète dessine le visage d’une Histoire qui s’avère « une chanson de sourds » où les poètes, « égéries des fous », se heurtent aux politiciens véreux, « aveugles », indifférents au langage secret de l’art, une histoire à laquelle il refuse de se plier, dénonçant ses défaillances, ses combats de la mort. La poésie devient alors une sorte d’aube qui sème de la lumière dans les ténèbres du temps historique malheureux. Et le poète s’ouvre tel un coquillage où « luisent tous les désirs ».

Claude Luezior aimerait nous rendre conscients de l’essentiel de la vie, ce don merveilleux que les gens ne cessent de dégrader par leurs envies destructives, par leur orgueil maléfique du pouvoir qui conduit vers l’absurdité des guerres fratricides et abominables.

Sa plume dénonce et interroge une Histoire tragique, de « batailles, traîtrises et massacres », « les affres et les tragédies », « la schizophrénie ambiante » de coloniser, l’avenir en danger, asservi à l’intelligence artificielle qui prend le dessus sur « l’intelligence du cœur ». 

Engagé, le poète se fait le porte-parole de la souffrance humaine : il veut avertir sur le danger d’un avenir asservi aux technologies, sur une « agonie que secrètent des siècles d’indolence ». Il ne cesse de questionner l’homme et sa « folie inventive » qui va contre l’homme. Il parle au nom de l’art, de la parole poétique, lave d’un volcan et empreinte de l’existence sur la Terre. 

Face à la mort qui guette de partout, car la finitude biologique de l’homme est une vérité incontestable, face aux horreurs et à la folie humaine, le poète se demande pourquoi il n’aurait pas le droit de régner dans l’Empire de la poésie, de faire de la vie un acte de courage, de dignité, de joie, de se livrer à l’espoir de « délivrer la vie de son tombeau le plus obscur » :

 

« goûter ce brin de vie

et sa goutte éphémère

 juste à l’instant sacré

me nourrir d’enluminures

prendre la pause d’un émerveillement

quand la fraîcheur

d’un bocage

féconde nos mains

de frémissements. »

 

 

Le poète s’engage à dire la vérité si douloureuse qu’elle puisse être, mais aussi l’espoir à la vie, sa foi en l’art authentique qu’il oppose au virtuel qui mêle tout, déforme le réel y compris le langage, règne en maître absolu sur un présent asservi. Il le fait à sa manière, avec ardeur, révolte, ironie et sarcasme, incessant combattant sur les barricades du Verbe.

Si dans la première partie du recueil, Franges de l’essentiel, Claude Luezior réunit délibérément poèmes et prose, dans la deuxième partie, Écritures, il nous parle en petites proses poétiques, s’ouvrant parfois à la confession de l’écriture, au tourbillon des mots qui assaillent le cerveau du poète jusqu’à leur mise sur la page sous l’éclairage des phrases qui construisent un sens, car l’artiste « tourmente ses phalanges ». Il réfléchit à l’écriture, « une meute de mots, une émeute à l’intérieur de soi », « un acte dangereux », « une mise à nu avant l’immolation »,  un « acte irréversible où l’écrivant avoue sa condition humaine au bord de sa mise en cendres ».

Dans l’écriture « se tordent les âmes dans l’espoir d’un salut », car le poète joue avec « ses rêves d’éternité », sa plume fiévreuse fait danser les ombres de tout ce qu’il a vécu, ainsi se fait–il acteur et témoin de l’Histoire.. C’est pareil dans la peinture à laquelle Claude Luezior fait souvent référence dans son recueil, mais aussi dans ses essais et dans ses livres d’artiste. Le choix du poète nous semble très inspiré pour la couverture de son livre :  la peinture de Jean-Pierre Moulin illustre à merveille la tourmente intérieure d’où jaillit la création.  

 

                                                       © Sonia Elvireanu

Anc. Professeur d'Université,

Alba Iulia, Roumanie

 

 

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Pour citer cet article inédit


 

Sonia Elvireanu, « Claude Luezior, Sur les franges de l’essentiel suivi de Écritures, éditions Traversées, Belgique, 128 p., 2022, ISBN: 9782931077047 »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°12 | HIVER 2022-23 « Poémusique des Femmes & Genre », mis en ligne le 2 décembre  2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no12/elvireanu-ecritures

 

 

 

 

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30 novembre 2022 3 30 /11 /novembre /2022 17:41

N°12 | Poémusique des femmes & genre | Bémols artistiques  | Revue culturelle des Amériques

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​​​​Frida Kahlo au-delà des apparences

 

 

Exposition au Palais Galliera à Paris

 

 

 

 

 

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Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Photographies par

 

Claude Menninger

 

 

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 1. 

 

Loin des clichés, cette exposition exceptionnelle transcende le paraître pour s'attacher à la personnalité intime et authentique de Frida Kahlo, l'une des icônes féminines et féministes les plus populaires du XXe siècle. Les trois commissaires  de cette manifestation, Circe Henestrosa, conceptrice de l'exposition, Miren Arzalluz, directrice du Palais Galliera et Gannit Ankori, conseillère curatoriale et directrice du Rose Art Museum aux USA, en partenariat avec CHANEL, nous invitent à rencontrer cette artiste à nulle autre pareille.

Le magnifique Palais Galliera offre un écrin de choix pour réenchanter le destin de Frida Kahlo qui naquit en 1907 à la Casa Azul près de Mexico.

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 2. 

 

 

Dès son plus jeune âge, l'image, son image, prennent de l'importance avec son père, le photographe Guillermo Kahlo, pour lequel elle se plaît à poser.

À six ans, Frida Kahlo contracte la poliomyélite, sa jambe et son pied droits en garderont à vie les séquelles handicapantes. Douze ans plus tard, elle est victime d'un accident de bus qui l'oblige à s'aliter de longs mois et à abandonner ses études de médecine. Sa mère a alors l'idée astucieuse de lui proposer de peindre à l'aide d'un système de miroirs. C'est ainsi que naît son double en peinture, un motif récurrent que l'on retrouvera notamment dans le tableau intitulé « Les deux Frida » peint en 1939. En 1925, elle épouse le peintre communiste de renommée internationale, Diego Rivera, ce sera le début d'une vie tumultueuse. Ils divorcent en 1939 pour se remarier un an après à San Francisco !

 

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 3. 

 

 

 

De nombreuses photographies et peintures retracent cette suite d'événements qui ont bouleversé la vie de l'artiste qui a passé la majeure partie de sa vie à la Casa Azul, la Maison Bleue, construite par ses parents en 1904, elle y vivra avec Diego Rivera et y décédera en 1954 après avoir peint son dernier tableau « Viva la vida » (Vive la vie).

Cette maison décorée dans la plus pure tradition de l'art mexicain devient très vite un lieu culturel où l'on croise André Breton et Léon Trotski arrivés au Mexique vers 1930.

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 4. 

 

 

Souvent alitée en raison de son état de santé qui l'oblige à subir plusieurs opérations, Frida Kahlo  réunit autour d'elle des statues mexicaines, des ex-voto, des tissus traditionnels aux couleurs chatoyantes  pour se réfugier dans le microcosme d'un Mexique idéalisé. C'est dans la Casa Azul qu'elle déclare « Je me peins moi-même car je suis si souvent seule ». Elle réalise de nombreux autoportraits qui nous donnent à voir son visage d'une beauté troublante où l'on peut lire le défi, la fierté et l'esprit de rébellion. André Breton dira de Frida Kahlo, qui fut l'amante de sa compagne Jacqueline Lamba, qu'elle était « un ruban autour d'une bombe ». 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 5.

 

 

 

Nul doute que les personnes qu'elle rencontrait n'étaient pas près de l'oublier. Elle dénigra les surréalistes lors d'un séjour à Paris, elle ridiculisa Peggy Guggenheim auprès de Diego Rivera car celle-ci revêtait une tenue exotique dont Frida Kahlo estimait qu'elle n'en avait pas la légitimité.

Car l'artiste affirme sa «  mexicanité »  et façonne son style « Tehuana » issu de la culture matriarcale de Tehuantepec où elle porte des blouses et des robes chamarrées et brodées, des colliers de jade précolombiens, des châles tissés et arbore des coiffures élaborées. Elle devient actrice de son apparence et fait de son corps une œuvre à part entière dans laquelle elle exalte l'âme mexicaine qu'elle nous restitue dans chacune de ses peintures.

 

 

​​​​​​© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 6. La photo originelle en noir et blanc est de Lola Alvarez Bravo.

 

 

Mais derrière la muse iconique, la douleur incommensurable de la femme à la colonne brisée nous atteint de plein fouet, en particulier dans le tableau où elle se met en scène dans le corps d'un cerf transpercé de flèches à l'instar du martyre de Saint Sébastien.

Voilà pourquoi Frida Kahlo nous parle encore aujourd'hui du plus haut de ce piédestal où son talent l'a hissée mais nous touche aussi aussi dans notre condition humaine et dans notre chair. Elle ne cesse d'inspirer les grands couturiers tels Jean-Paul Gaultier, Maria Grazia Chiuri pour Dior, Karl Lagerfeld pour CHANEL, Riccardo Tisci pour Givenchy...

 

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 7. 

 

 

 

Leurs créations sont exposées aux côtés des 200 objets provenant de la Casa Azul. Nous y découvrons avec émotion les accessoires orthopédiques portés par l'artiste, ses corsets, sa bottine adaptée à son handicap, la prothèse de la  jambe droite suite à son amputation en 1953  qu'elle a « customisés » et sublimés en leur conférant le statut d'œuvres d'art.

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 8. 

 

 

Ses bijoux, ses robes, ses autoportraits nous la rendent vivante, universelle et intemporelle et en quittant le Palais Galliera, on ressent  la présence invisible et prégnante de Frida Kahlo qui nous accompagne par la pensée.

 

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 9. 

 

 

 

Exposition Frida Kahlo jusqu'au 5 mars 2023 au Palais Galliera 10 Avenue Pierre de Serbie 75116 Paris.

 

 

© Françoise Urban-Menninger, photos prises par Claude Menninger avec l'aimable accord du musée.

 

 

 

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Pour citer ce bémol artistique inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris » avec des photographies inédites par Claude Menninger, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques N°12 | HIVER 2022-23 « Poémusique des Femmes & Genre », mis en ligne le 30 novembre 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no12/fum-exposition-fridakahlo

 

 

 

 

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30 novembre 2022 3 30 /11 /novembre /2022 11:20

N°12 | Poémusique des femmes & genre | Entretiens poétiques, artistiques & féministes | Muses au masculin


 

 

 

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Rencontre avec Arnaud Martin :

 

 

peintre, dessinateur & poète

 

 

 

 

 

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Propos recueillis en novembre 2022 par

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

Entrevue avec & peintures de

 

Arnaud Martin

 

Site officiel : http://www.arnaudmartinpeintre.com/

 

 

 

 

 

 

© Crédit photo : Arnaud Martin, "Bleu nuit 14".

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Note biographique

 

 

 

Arnaud MARTIN est peintre, dessinateur et poète, il nous parle à cœur ouvert de son itinéraire, de ses techniques, ses maîtres à penser, sa vision d’artiste, bref, tout ce qui nourrit son art pictural et sa poésie.

 

 

© Crédit photo : Portrait de l'artiste Arnaud Martin.

 

 

Liens utiles

 

Sites Internet, Blog, liens vers des réseaux :

 

http://www.arnaudmartinpeintre.com/

https://www.facebook.com/anartistepeintre

Instagram.com/artno.mart/

https://emikoksg.bandcamp.com/album/renaissance-des-lumi-res?fbclid=IwAR3dBuTWk7I_CY00GXTpiyDhmIoS5aWT0b_LbowpUPEI8SzWTjQTEznY3Ok

 

 

© Crédit photo : L'artiste peintre "Arnaud Martin dans son atelier".

 

 

Entretien

 

 

MDC – Parlez-moi de votre rencontre avec l’art ? Faites-vous place au réel dans votre art ?

 

AM – Comme beaucoup de personnes, ma rencontre avec l’art a eu lieu à l’adolescence. Période durant laquelle j’ai très investi certaines disciplines artistiques (le cinéma, la musique et la littérature notamment). 

Certains créateurs dans ces domaines ont déclenché en moi une réelle passion qui ne s’est pas démentie, trente-cinq ans plus tard. La musique de John Coltrane, le cinéma de Jean Eustache et la poésie de Lautréamont ont été des jalons essentiels à ma ferveur artistique. Ma découverte et ma pratique de la peinture quant à elles, ne sont venues que plus tard, vers mes vingt-cinq ans, de façon fortuite, lors d’une activité en famille de création de cartes de Noël…

 

Au début de ma pratique graphique (c’est-à-dire, il y a vingt-cinq ans de cela), je ne faisais que des tableaux abstraits, très colorés où malgré tout, des visages, des corps pouvaient émerger « par magie » de ces compositions.  

Quelques années plus tard et bien qu’autodidacte, sans technique, je me suis lancé dans des peintures expressionnistes (proche de Francis Bacon et de Velickovic), car je sentais en moi, le besoin d’exprimer, la nécessité de dire l’indicible, le souvenir sans mémoire, mais bien présent. 

C’était une peinture organique, en noir et blanc, où des corps-fantômes s’animaient dans des espaces vides, car j’ai toujours aimé aller à l’essentiel, ne pas m’encombrer de décors, de fioritures.

Même encore aujourd’hui, la place du corps est centrale dans mon travail. Bien que malmené, en ombre ou en mutation animale, il est présent dans chacune de mes créations.

Alors, mon propos est l’expression d’un inconscient, d’une poétique du geste archaïque, où des hommes, des animaux, des plantes nous mènent en énigme vers une mythologie païenne, une mythologie du commencement qui attend (dans les plis du temps) d’être décodée. 

 

 

© Crédit photo : Arnaud Martin,"Bleu nuit 16".

 

 


 

MDC – Quels sont les matériaux et les techniques que vous utilisez dans la composition de vos œuvres picturales ?


 

AM J’ai utilisé beaucoup de techniques (huile, acrylique, encre, pigment…), mais actuellement je vais au plus simple et au moins onéreux, un peu dans une démarche d’art « pauvre ». C’est pourquoi mes dernière séries sont exécutées sur des grands formats « Canson » et peintes à l’acrylique de base. Ce qui revient moins cher que des toiles en châssis avec des peintures à l’huile, et c’est plus facile pour le stockage.

Pour mes dessins, j’aime les feutres noirs sur feuille Canson, cela permet également d’avoir un rendu très fin, très ciselé.

À une époque, je faisais des collages et je peignais par-dessus ou j’encollais du papier kraft sur des toiles tendues, bref, comme beaucoup d’artistes, j’ai beaucoup exploré et j’explore encore.

 

 

© Crédit photo : Arnaud Martin,"Bleu nuit 18".

 

 

 

MDC – Peut-on considérer que la peinture est une source d’énergie positive ?

 

AM –  C’est une question difficile tellement les énergies en œuvre lors d’une création sont multiples.

Il y a l’excitation de la toile blanche avec son champ des possibles, parfois la déception du résultat, le plaisir du geste pur… 

Quoi qu’il en soit, à chaque fois c’est un combat pour arriver à exprimer ce que l’on ressent au moment de l’exécution, et les déchets sont nombreux.

C’est pourquoi, je me débarrasse beaucoup de toiles dont je ne suis pas ou plus satisfait ; j’avance en permanence vers un idéal, un absolu.

Ce qui est positif, c’est de pouvoir montrer son travail, faire des expositions et échanger avec des personnes qui comprennent ma démarche, qui ressentent mon art. C’est la rencontre qui m’anime.

 

 

 

© Crédit photo : Arnaud Martin,"Éros XVIII".

 


 

MDC – Quelles sont vos sources d’inspiration ? Auriez-vous un ou des modèles en matière d’art ? 

 

AM – Comme je le disais précédemment, j’ai été très influencé par Francis Bacon et Vladimir Velickovic, mais aussi par beaucoup d’autres artistes comme Fred Deux, Ronan Barrot, Jérôme Bosch, Pieter Bruegel, Claude Monet, Bernard Réquichot, Eugène Leroy…

J’aime également les artistes singuliers, les « outsiders » qui créent pour exprimer une souffrance et/ou pour y remédier et qui ont une pureté dans le geste.

Bref,  tous ceux qui, à la frontière de l’onirisme, du fantastique, arrivent à exprimer une personnalité, un rapport au monde sensible et « en marge ».

 

 

© Crédit photo : Arnaud Martin,"Éros XXI".

 

 

 

MDC – Vous êtes aussi poète, que représente pour vous la poésie ? Comment conciliez-vous le poétique et le pictural. Y a-t-il interrelation entre les deux domaines ?

 

AM – Pour moi la poésie est un acte magique, incarné. Quand je lis René Char, Paul Celan, Joë Bousquet, Yves Bonnefoy, Jacques Dupin ou Thierry Metz, je me dis comment ont-ils fait pour nous emmener si loin avec leurs mots, dans des contrées émotionnelles si étranges, si particulières où le sentiment humain questionne le monde, la nature, le rapport à l’autre.

J’aime cette poésie du sentiment sombre et mélancolique qui nous plonge dans un abysse de sensations déroutantes et parfois indéchiffrables.

Comme un tourbillon, une extase du dire.

Mes deux pratiques artistiques (voire trois avec le dessin) sont bien évidemment complémentaires. D’ailleurs mes toiles sont en résonance avec mes textes et vice versa. J’aime cette idée de créer un corpus de mots et de formes qui se répondent, comme une matière poétique pluridimensionnelle que l’on peut appréhender par différentes entrées : par les mots pour les plus littéraires ou par le graphisme pour les amateurs de peinture, mais pour moi c’est la même chose.

 

 

© Crédit photo : Arnaud Martin,"Chute 2".

 

 

 

MDCAuriez-vous un souhait à vous faire pour l’an 2023 ?

 

AM – Plusieurs beaux projets se profilent déjà pour l’année 2023 : la sortie de mon recueil de peintures et poèmes aux Éditions de l’Ire de l’Ours au mois de mai, des expositions parisiennes en perspective et mon travail de dessins présent sur un beau site de vente en ligne en automne.

 

© Crédit photo : Arnaud Martin, "Ce qui me reste à gravir".

 

Ce que l’on peut me souhaiter c’est de pouvoir poursuivre ma création quels que soient les supports, et de faire de belles rencontres artistiques pour réaliser des projets partagés (exposition collective, œuvre hybride, performances…), car ce que j’aime avant toute chose, c’est la dynamique de l’échange, de la collaboration.

 

 

 

© Maggy DE COSTER & Arnaud MARTIN

 

***

 

 

Pour citer ces entrevue, photographies & tableaux inédit​​​​​​s

 

Maggy De Coster, « Rencontre avec Arnaud Martin : peintre, dessinateur & poète » avec des peintures de l'artiste, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques N°12 | Hiver 2022-23 « Poémusique des Femmes & Genre », mis en ligne le 30 novembre 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no12/mdc-dessinateur-poete 

 

 

 

 

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5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 16:42

N°12 | Poémusique des femmes & genre | Critique & réception | Revue culturelle d'Europe

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Pierre Boening-Scherel

 

 

« De l’attente et Après »

 

 

 (traduit de l’anglais par Maïa Brami),

 

Éditions Unicité, 2021, 239 pages, 16€

 

 

 

 

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Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

 

©​​​​​​ Crédit photo : Première de couverture illustrée de De l’attente et Après, traduit de l’anglais par Maïa Brami, Éditions Unicité, 2021.

 

 

 

Un recueil de poèmes à tendance cathartique, écrit dans la plénitude de l’âge. Un retour sur une enfance marquée par les horreurs de la Deuxième Guerre mondiale. Mais comment peut-on guérir de son enfance quand on a attendu un père juif déporté et qui n’est jamais revenu ? En « Ouverture », le poète s’épanche sur sa façon de gérer son désespoir. L’espoir naît quelquefois du désespoir :  

 

« Parfois des mots forts confluaient

et ma bouche jurait en une longue prière

Peut-être était-ce suffisant

pour tenir bon,

le lendemain. »

 

Cependant quand le sort s’acharne sur soi on est comme pris dans un déluge et l’on ne peut plus avancer car on ne sait plus où aller : 

 

« Nous ne pouvions anticiper nos pas,

seulement supporter la  rigueur

de matin sans espoir

matins sans retours

sans refuge. »

 

 

©​​​​​​ Crédit photo : Le poėte Pierre Boening-Scherel dans un salon du livre.

 

 

Tenu à couvert par la grâce de sa mère, de surcroît loin d’elle, en attente d’un retour paternel incertain, ce miraculé est resté à jamais abîmé par le remords :

 

«  Reste toujours

ce remords

desséché

de larmes

vivant

mais incapable de me réjouir

des pas qui me portent »

 

 

C’est avec beaucoup de pudeur qu’il exprime sa douleur si ancienne qu’il aimerait tant enterrer pour retrouver le chemin du pardon. Qu’il est loin le chemin qui mène au pardon ! 

 

« Combien de temps encore

avant de pouvoir pardonner

et voir ? »

 

Ses souvenirs d’enfance l’habitent encore car il se revoit en culottes courtes s’accordant de brefs moments d’insouciance en accord avec la nature, avec laquelle il est en osmose, avant de revenir à ses inquiétudes :

 

« Un petit garçon en culottes courtes

cueille la dernière pomme

en remplit sa poche

avant que la nuit

ne ferme le champ. »

 

Mais il se trouve désarmé quand : 

 

«  La pâleur indolente du soleil

s’estompe tôt

diluant l’esprit »

 

Il est évident que c’est dans la poésie que le poète pénitent trouve son salut. Dans son poème intitulé « Pénitence du poète », comme une salve d’espoir, il avance : 

 

« Rebelle-toi !

traque la bête blanche

l’homme à genoux hors d’haleine

rebelle-toi contre les voleurs de lune

vois-nous mendiants de la nuit orange soleil

chassant de nos cannes en fer

le matin désarmé ! »

 

Mais que faire après la Guerre ? Il revient au poète de « Trouver les autres » car, dit-il :

 

«  Une partie qui fut

manque toujours

une partie élémentaire

dont j’ai grand besoin. »

 

 

 

©​​​​​​ Crédit photo : Portrait de la traductrice du livre Maïa Brami.

 

 

 

Poursuivant sa quête, en désespoir de cause, il lance :

 

« Je cherche ce qui était mien

ce que, tout seul, j’ai touché

ce qu’avec les autres,

je ne peux trouver. » 

 

Après « Les raids aériens criblant ciel » et tant de « ponts explosés tels des châteaux forts », il revient au poète de faire le « Le deuil ». Comment faire le deuil des siens ? « Dans un poème pour mon père », il exprime ses regrets, ses souhaits et remémore les derniers moments passés avec lui : 

 

« Un océan me sépare de ton sourire,

Père, »

[…] «  Je voudrais encore marcher avec toi

aux petites heures du matin, pour aller prier »

[…]   « Je me souviens

j’ai pleuré pour monter sur tes épaules

pour apercevoir la Torah brandie rouge à bout de bras

alors que le crime à venir

précipitait sa course »

 

Qu’en est-il de ce « petit ami boiteux » avec lequel il arpentait les rues de Paris ? Il ne se souvient plus de son nom mais son visage lui est resté gravé dans la mémoire.

«  c’était mon ami / mon premier visage », dit-il. Hélas, ce petit garçon est mort à Auschwitz avec sa mère !

 

« Il a laissé son visage sans contours

on marchait ensemble

mangeait ensemble le gâteau de sa mère »


 

La peur, les larmes, l’attente, le rêve, le doute, le remords, le silence sont autant de sentiments qui coexistent dans la vie du poète :

 

« Il y a des silences

qu’aucune main ne peut repousser. »

 

Qu’y a-t-il de plus fort que la peur ? Et le poète de convenir :

 

« il n’y a pas de rat

sous les draps,

mais la peur mord plus fort »

 

« c’était une peur sauvage et mémorable » Pierre Boening-Scherel est quelqu’un qui cherche la lumière pour mieux voir et comprendre. Entendons le terme lumière dans un sens spirituel à savoir qu’il cherche à élucider un mystère. Pour retrouver la sérénité et avancer, il semble trouver la bonne solution : 

 

« Ne rappelle pas à toi les noms

Ou les années, » 

 

« […] calme

bien sur terre

aucun regret,

mais l’absence

emplit l’air,

là-haut dans l’azur

aucun battement d’ailes

seul un geste simple

auquel confier ma marche »


 

« De l’attente et Après », un recueil de poèmes bouleversant qu’on lit avec beaucoup d’empathie. 

 

 

© Maggy DE COSTER

 

 

***

 

Pour citer ce texte inédit 

 

Maggy De Coster, « Pierre Boening-Scherel, « De l’attente et Après », (traduit de l’anglais par Maïa Brami), Éditions Unicité, 2021, 239 pages, 16€ », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques N°12 | HIVER 2022-23 « Poémusique des Femmes & Genre », mis en ligne le 5 novembre 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no12/mdc-pbs-delattente

 

 

 

 

Mise en page par David

 

 

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