21 février 2023 2 21 /02 /février /2023 10:51

Événements poétiques | Festival des poésies féministes 2023 | Recueil | Poésie féministe pour éliminer les violences faites aux femmes & REVUE ORIENTALES (O) | N°2-1 | Créations poétiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les cheveux au vent

 

 

 

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Nicole Barrière

 

Poète, essayiste, traductrice & directrice de la collection « Accent tonique » aux éditions l’Harmattan

 

 

 

 

Crédit photo : "An Afghan woman performs a dance during the Eid ul-Fitr celebration at Bagram Airfield ", Afghanistan, image capturée de Commons. 

 

Au courage des femmes Yézidies victimes de Daesch

 



 

 

Quel mot soulève le voyage et trouve l'humanité éperdue ?

Quel retour espéré reclus dans un camp à perpétuité ?

 

 

J'aurais voulu te voir partir avant le temps des plaintes 

Les bombardements ont blessé tes oreilles

Tu t'es penchée pour un dernier baiser 

Tu as tissé ton chagrin quand les corbeaux sont arrivés 

Tu as fui, tu t'es cachée. 

Tant d'effroi que tu ne diras pas.

 

 

Sous les arbres, dans les vergers, 

tu as rassemblé tes souvenirs

Lune sentimentale 

Les parents, les amis, les secrets

L'étincelle fugitive

Et l'errance sur les routes incertaines

Tant de peur au tain menteur du miroir.

 

 

Quelle trouée d'avenir dans cet amas sombre ?

Quels mots lancés à la vie pour la faire poème ?

 

 

Tandis que dans les bouches fermentent 

les prières 

D'autres lumières éclairent le réel 

des solidarités 

Ces mains tendues à même le fleuve

Ou sur les rochers de la montagne

Survivre aux bords.  

Le pain. La danse. Le chant.


 

© Nicole Barrière


 

 

Biographie

 

 

Nicole BARRIÈRE est poète, essayiste, traductrice et dirige la collection « Accent tonique » aux éditions l’Harmattan. Elle s’est engagée notamment pour la liberté des femmes en Afghanistan, et au Kurdistan d’Irak.

 

Elle défend la francophonie, les langues et les cultures menacées. Elle organise  et  participe de multiples lectures dans les associations ainsi que dans des manifestations internationales  (Italie, Mexique, Sénégal, Algérie, Maroc, Argentine, Kosovo, Albanie, Bulgarie, Islande)

 

***

 

 

Pour citer ce poème féministe, engagé & inédit

 

 

Nicole Barrière, « Courage », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poéféministes | Festival des Poésies Féministes 2023 | «  Chevelures & autres poèmes féministes », recueil collectif papier à paraître en 2023 aux éditions PAN DES MUSES DE LA SIÉFÉGP 2023 & Revue Orientales, « Les voyageuses & leurs voyages réels ou fictifs », n°2, volume 1, mis en ligne le 21 février 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/concoursfeministes/nicolebarriere-courage


 

 

 

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Lien à venir

18 février 2023 6 18 /02 /février /2023 18:42

N°12 | Poémusique des Femmes & Genre | Critique & Réception | 

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Radu Bata (éd.)

 

 

Le Blues Roumain

 

 

Anthologie implausible de poésies

 

Éditions Unicité, 2022, vol. 3, 208 pages, 15€

 

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

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© Crédit photo : Première de couverture illustrée, de l'anthologie Le Blues Roumain, Éditions Unicité, 2022, vol. 3, image fournie par la critique.

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« Les poètes ne sont pas utiles mais indispensables. » Emil Cioran

 

 

Bien évidemment ils sont indispensables dans la mesure où ils sont les témoins de leur temps et ont recours à la poésie qui est le genre le mieux adapté à l’expression des sentiments humains les plus vifs et les plus profonds.

C’est sans doute ce que le poète franco-roumain Radu Bata a compris en réunissant dans une anthologie les poèmes de 77 poètes roumains des deux sexes.

 

« Sachez-le, – c’est le cœur qui parle et qui soupire– Lorsque la main écrit. » Alfred de Musset 


 

 À chaque peuple son blues.

C’est la trame de la vie des Roumains qui, au fil des jours, se lit à travers leurs poèmes. La vie dans sa complexité et ses tragédies : 

 

« Je me demande souvent

quelle fatigue tue les suicidaires

pendant que les animaux luttent

pour chaque particule d’air »

 

Le blues c’est la chanson de celle qui chante, les yeux embués de tristesse par empathie pour celui qui meurt de froid, esseulé et reclus dans sa maison :

 

« Ce matin, on dit qu’un homme âgé

est mort de froid dans sa maison.

Encore un.

Même diagnostic : hypothermie.

Et combien de degrés y a-t-il dans une maison

quand dehors il fait – 20 ? 

Et combien de degrés on ressent

quand on vit seul et sans ressources ? »

 

C’est aussi la convocation d’éros :

 

« J’aimerais habiter au moins une fois

au milieu de l’éros universel »

 

Les phantasmes ne manquent pas comme par exemple : 

 

« S’écraser les seins dans les bras des SDF »

 

 Le blues roumain : 

 

« C’est l’amour entre les plis des jours

Qui ne tournent pas rond »

 

Le blues roumain semble ne pas se départir de l’ontologie en versant dans le questionnement sur la raison d’être de l’humain y compris l’ordre naturel des choses :

 

« La naissance est le produit

d’une erreur mathématique »

 

Comment rester impassible aux blessures invisibles, celles de l’âme ? : 

 

« mais que fait-on des tout petits et des catastrophe personnelles

des guerres de cuisine quand on baisse la voix

pour que l’enfant n’entende pas ?

que fait-on des héros secondaires qui ne montrent jamais

leurs blessures secondaires

héros secondaires tués par des blessures secondaires »

 

C’était l’époque de la dictature où « tous les sages se faisaient passer pour des fous »

Impossible de comprendre ceux qui ont oublié de regarder dans le rétroviseur et s’aventurent à glorifier les bourreaux de l’Histoire :

 

« Ils ont même léché les mains des bourreaux

comme si de rien n’était

les mêmes bourreaux qui ont condamné leur corps

à la nuit

emprisonné leurs jours dans une cage

transpercé leurs enfants »

 

Triste constat que ce qui suit :

 

« nous avons tous du sang sur les mains et les joues

des blessures, cicatrices et douleurs

dont il vaut mieux ne pas en parler »

 

C’est une anthologie avec des poètes pleins de générosité, gage d’une humanité à demeure.

 

© Maggy DE COSTER

 

 

***

 

Pour citer ce texte inédit​​​​​​

 

Maggy De Coster, « Radu Bata (éd.), Le Blues Roumain, Anthologie implausible de poésies, Éditions Unicité, 2022, vol. 3, 208 pages, 15€ »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°12 | HIVER 2022-23 « Poémusique des Femmes & Genre » mis en ligne le 18 février 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no12/mdc-lebluesroumain

 

 

 

 

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17 février 2023 5 17 /02 /février /2023 16:52

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Critique & réception | Dossier mineur | Articles & témoignages | Astres & animaux 

 

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L’herbier retrouvé de Sabine Sicaud

 

 

 

 

 


 

Claire Tastet

Professeure agrégée de Lettres Modernes

 

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil de poèmes L’herbier de Sabine Sicaud, éditions des Véliplanchistes, 2021.

 

 

Grâce aux éditions des Véliplanchistes, on peut enfin lire la poésie de Sabine Sicaud, jeune poète adolescente célébrée de son temps et oubliée (ou effacée) depuis lors. C’est une des ambitions de cette micro-maison d’édition, au modèle éco-responsable, que de valoriser le matrimoine, et on ne peut que se féliciter de voir Sabine Sicaud rejoindre au catalogue Renée Dunan (déjà éditée) et Judith Gautier (en cours d’édition). 

 


Qui est-elle ?


Sabine Sicaud est une adolescente dont le premier recueil Poèmes d’enfant est publié en 1926 alors qu’elle a seulement 13 ans. Elle meurt prématurément à l’âge de 15 ans. Anna de Noailles écrit la préface du recueil et devient en quelque sorte la marraine littéraire de la jeune fille dont elle célèbre à juste titre « les rythmes brisés, rattachés, qui nous dispensent avec un heureux mouvement, le monde varié des images ». Preuve en est cette strophe de « L’allée des bambous » où les enjambements, rejets et contre-rejets dynamisent le dialogue qui se tisse avec la nature, tension entre la description bucolique et l’inquiétude qui sourd du monde extérieur.

 

Elles disent au vent : « Tu vois ;

Nos petites lames tranchantes ?

Ce sont des couteaux verts, des sabres que tes doigts

Ne détacheront pas de leur tige.  Tu vois,

Nous sommes là depuis les vieilles guerres

Et nous serons 

De la prochaine guerre… Vois nos lames claires ! 

(p.73)


Rosemonde Gérard, elle aussi, rendra hommage à Sabine Sicaud dans les Muses Françaises en 1949.  Quant à Roland Barthes, s’il la cite dans les Mythologies, c’est pour la rapprocher de Minou Drouet et pour ne rien en dire ; l’a-t-il lue ? On peut en douter mais son nom semble circuler encore en 1957. 

 


La solitude 


Sabine Sicaud, c’est un peu un anti- Rimbaud s’il fallait la comparer à un autre (et quel autre !) adolescent poète. Au fougueux et fugueur adolescent, « Petit Poucet rêveur » qui écrit sa légende « dans sa course » c’est-à-dire en s’enfuyant de la maison familiale, répond la jeune fille de la bourgeoisie provinciale, enfermée (comme toutes) dans la demeure familiale de Villeneuve-sur-Lot, nommée "la Solitude". C’est cette demeure, son jardin surtout, qui est le lieu de l’écriture, mais ce lieu n’est pas un lieu prison, il n’est pas le carcan bourgeois qu’aurait détesté Arthur, il devient le lieu de toute création. Sabine Sicaud a ceci de touchant qu’elle métamorphose en force ce qui pourrait être vu comme limitatif. C’est d’ailleurs le poème « La solitude », publié à titre posthume en 1958, qui ouvre l’anthologie proposée par les éditions des Véliplanchistes.


Solitude… Pour vous cela veut dire seul.

Pour moi - qui saura me comprendre ?

Cela veut dire : vert, vert dru, vivace tendre,

Vert platane, vert calycanthe, vert tilleul

[…]

Un mot vert… Qui dira la fraîcheur infinie

D’un mot couleur de sève et de source et de l’air

Qui baigne une maison depuis toujours la vôtre,

Un mot désert peut-être et desséché pour d’autres,

Mais pour soi, familier, si proche, tendre, vert

Comme un îlot, un cher îlot dans l’univers ?

(pp. 35-38)


Finalement, Arthur Rimbaud, celui des premières poésies, n’est peut-être pas si loin. Entre 1926 et 1928, qu’est-ce qu’une jeune fille de la bourgeoisie provinciale pouvait faire d’autre que de transformer l’enfermement domestique en acte de création libérateur, en « îlot » ? 

 


L’herbier 


L’anthologie proposée fait le choix de créer un herbier, joliment illustré par Gaëlle Privat et savamment préfacé par Wendy Prin-Conti. La démarche a de quoi surprendre car elle bouleverse la chronologie de l’œuvre de Sabine Sicaud et puise dans les deux recueils (celui publié du vivant de l’autrice et le recueil posthume paru en 1958).  Le choix a été fait de présenter aux lecteurs les poèmes consacrés à la nature, thème majeur de la poésie de Sabine Sicaud. On pourrait regretter que les poèmes plus sombres, ceux écrits dans la maladie et la souffrance, soient laissés de côté. Toutefois, la démarche de l’herbier impose sa lecture en prescrivant une méthode efficace. Comme dans un herbier, le lecteur se plaît à s’attacher à la fois au réalisme des descriptions poétiques minutieuses et au dépassement de celui-ci. Le jardin de Sabine Sicaud est à la fois arpenté au fil des chemins (tel est le titre de plusieurs poèmes) et des saisons et métamorphosé par l’écriture poétique qui invite à l’ailleurs.

 Ainsi, on se plaît à contempler l’éclosion du « camélia rouge » suivie minutieusement par l’œil de la poétesse :

 

Au milieu des plantes fragiles

qu’une vitre épaisse défend

plusieurs boutons pointent, fragiles,

un premier cocon vert se fend.

(p. 59)

 

La couleur rouge est d’ailleurs travaillée à plusieurs reprises par l’autrice, à la manière du peintre, et c’est cette fois à une métamorphose qu’elle nous convie dans « Vigne vierge d’automne » :

 

Et pourtant que vos mains sont tremblantes !

Leurs veines

Se rompent une à une… Tant de sang…

Et cette odeur si fade, étrange.

Ces mains qui tombent d’un air las,

Ô vigne vierge, d’un air las et comme absent,

Ces mains abandonnées…

 

(Lady Macbeth n’eut-elle pas ce geste

Après avoir frotté la tache si longtemps ?)

(p. 88)

 

Si la nature est contemplée, elle est donc aussi largement objet de méditation et de transfiguration poétique. Ainsi, Sabine Sicaud entretient un dialogue permanent avec la nature comme l’écrit Wendy Prin-Conti : « Chaque élément vit sous sa plume, prend de l’ampleur et s’impose au lecteur.  Chaque arbre, plante, fleur sont dignes d’être admirés, observés de près, compris. » (préface, p. 24).  On sent, bien sûr, le modèle hugolien des Contemplations qui souffle ici, notamment dans l’adresse à la nature, dans l’échange avec les éléments dont l’apostrophe est le signe : 

 

Ô bruyère, bruyère

Je croyais te connaître et je ne savais rien

(« La bruyère », p.77)

 

Mais contrairement à Hugo, Sabine Sicaud reste une modeste jeune fille qui connait sa place et s’il y a médiation, il n’y a rien là du poète prophète qui voudrait transmettre une vérité aux hommes. On est bien plus, effectivement, dans la démarche de l’herbier, création à la fois intimiste et de transmission. 


 

Jardin d’écrit

 

D’ailleurs, le jardin de la Solitude est bien souvent un lieu d’évasion, ouvertement vu et vécu comme propice à l’éclosion de l’imaginaire. Le microcosme est métamorphosé par l’acte d’écriture, il devient un ailleurs tour à tour exotique, féérique, anachronique, où entre le monde macrocosmique transfiguré par l’imaginaire de la poétesse comme dans « Le Cytise » :

 

Survient le vent

Et c’est une cascade lumineuse de topazes,

Un long feu d’artifice, un jet d’eau qui s’embrase,

Un quatorze juillet de mai ! Vois dans le vent,

La joie ardente du printemps !

 

Pas de canons, d’ailleurs, ni de Bastilles prises.

C’est la fête rustique du Cytise.

(p. 67)

 

Plus que décrit, la Solitude est donc un jardin d’écrit. Le très beau poème « L’heure du platane » fait d’ailleurs fusionner l’arbre lui-même avec l’objet livre dans une démarche sensorielle est métatextuelle, étonnante sous la plume d’une si jeune autrice. On ne peut en douter, il y a bien là projet d’écriture dont Sabine Sicaud est bien consciente. Pas de texte théorique chez Sabine Sicaud évidemment, mais certaines strophes laissent percer un art poétique qui fait de la transfiguration du réel un principe poétique, pleinement assumé et revendiqué :

 

Dans les pots d’argile, saignait

Leur sève épaisse, goutte à goutte…

Les premiers pins suivaient leur route.

 

Moi seule les accompagnais…

Vers quelle Espagne de miracles ?

Vers quelles sierras, quels châteaux,

Quels tabernacles ?

 

Non ne me dites pas tout haut

L’histoire des pins de la dune,

L’histoire vraie en quatre mots…

 

(« Les Pèlerins de la dune », p.106)

 

 

© Claire Tastet

 

L’herbier de Sabine Sicaud, éditions des Véliplanchistes, 2021. Édition limitée, 18 euros

URL de référence : https://editionsveliplanchistes.fr/produit/herbier-sabine-sicaud/

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Pour citer ce texte inédit​​​​​​

 

Claire Tastet, « L’herbier retrouvé de Sabine Sicaud »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 17 février 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no13/clairetastet-lherbierretrouve

 

 

 

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16 février 2023 4 16 /02 /février /2023 15:35

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Dossier majeur | Florilège | Littérature & poésie pour la jeunesse 

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Portrait de larmes

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Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

Crédit photo : Tableau du peintre Harlamov représentant un portrait d'une petite fille russe triste, capture d'écran via Commons.

 

 

Il est des larmes dorées et des larmes translucides, des larmes bleues et des larmes en feu.

Il est des larmes conteuses, savoureuses et des larmes amères au poids des haltères.

 

Les larmes ont les couleurs, prennent les saveurs, des êtres qui pleurent…

 

J'ai vu.. j'ai vu l'or des souvenirs couler de ses yeux d'orpheline aux Philippines.

 

 

© Dina Sahyouni, février 2023.

 

 

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Pour citer ce portrait poétique inédit​​​​​

 

Dina Sahyouni, « Portrait de larmes »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 16 février 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no13/ds-portraitdelarmes

 

 

 

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15 février 2023 3 15 /02 /février /2023 16:30

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Critique & réception  & REVUE ORIENTALES (O) | N°2-1 | Critiques poétiques & artistiques & [Nouvelle rubrique]

 

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Imèn Moussa

 

Il fallait bien une racine ailleurs,

 

Éditions l’Harmattan, 2020, 144 pages, 15€

 

 

 

 

 

 


 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil de la poète Imèn Moussa, Il fallait bien une racine ailleurs, Éditions l’Harmattan, 2022.

 

 

 


 

Dans un style poétique savoureux, la poète supplie sa mère d’adresser une requête à [son] Dieu afin qu’Il transforme son être qu’elle ne trouve pas trop à son goût. 

D’entrée de jeu, elle déclare : 

 

« Maman,

Demande à ton Dieu de me recustomiser sans trop de grains

 cette fois,

Je veux être comme toutes celles… »

« Pour que je ne me laisse jamais apprivoiser par le diable ni par l’ange trop parfait »

 

N’est-ce pas Pascal qui dans « Les Pensées » énonce que « L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut qui veut faire l’ange fait la bête. »   

 

« En chacun de nous il y a cette bête en sang », avoue la poète qui se refuse à être parfaite mais veut trouver le juste milieu, car elle est celle qui évite de tomber dans l’excès en usant de la mesure. 

Ne pas céder non plus aux menaces mais y échapper :

 

« Sans grain de malice sous mon oreiller,

Pour que je dise non aux menaces qui font trembler mes jours d’après. »

 

Elle a appris aussi à « domestiquer les mots » pour les utiliser comme un outil cathartique. Ainsi, en mettant des mots sur ses maux, elle évacue sa douleur de femme assoiffée de liberté.

 

« Les mots nous recousent

Il faut tenter cent vies pour trouver la bonne

Moi j’ai pris le risque du mot »

Ou encore :

« Nous avons pris le chemin des mots muets.

On regarde parfois en arrière pour voir dans chaque naufrage l’éclosion 

de nos imperfections »

 

« Tout passe et rien ne demeure », nous enseigne Héraclite. Elle sait bien jongler avec les circonstances de la vie en se métamorphosant en séquoia cet arbre à large carrure pour mieux laisser glisser les épreuves et puis en papillon, cet être aérien, symbole de liberté, qui butine de fleur en fleur sans se laisser agripper ou attraper : 

 

« J’étais un séquoia pendant soixante-dix ans

Je me suis transformée en papillon pour ne vivre qu’un jour

dans le vent »

Et pour cause on convient avec elle que « rien n’est plus difficile que la liberté. »

 

Selon Churchill : « Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. »

Et la poète de faire état de la persistance de la mémoire en arguant que :

 

 « Toute chose s’arrête sauf la mémoire. » 

Pour elle, la mémoire est têtue, elle résiste à tous les coups. Elle ne se laisse guère anéantir par l’oubli.


 

Une maison a un statut existentiel. Comme lieu de vie, elle renferme le vécu de ses occupants. Qu’on se rappelle ces vers de Lamartine : « Objets inanimés, avez-vous une âme / Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? »

Et Imèn Moussa d’avancer :

 

« Il n’existe pas une maison dont les murs ne soient rongés

par le regret. »

 

Sans conteste, « Ça  respire une maison. » donc « Ça vit une maison. » 

 

Femme-univers, elle s’ouvre à toutes les cultures, liberté est sa mère :

 

« Jah bat le tambour d’une prophétie

L’Éthiopie ma maison désirée,

Vivre et mourir

Vivre et mourir, sur la terre des appelés,

Jah est rentré. »

 

Quand les postures, les vues et la foi divergent des coups pleuvent sans cesse sur son corps de femme : 

 

« Je ne t’ai pas quitté par manque d’amour mon amour

Mais lorsque tes coups commencèrent à pleuvoir sur moi

J’ai compris que ta foi n’était plus ma foi »

 

Ce recueil de poèmes retrace aussi le pâle quotidien des désenchantés d’ici et d’ailleurs. Ceux qui, n’entrant pas dans la bonne case sociale, sont sans perspective d’avenir. Ils ne font que tourner en rond. Et là-bas, même les diplômés ne sont pas épargnés par l’oisiveté :

 

« De ses études de lettres arabes, il ne lui restera que les vers d’un jeune poète :

Si le peuple veut un jour la vie… »

 

Quant à la femme, elle est une quantité négligeable, absente des statistiques. Selon la poète :

 

« Parce que femme, elle : « Tôt ou tard, la maison de son mari la sauvera. »

 

Elle a l’amour du pays chevillé au corps car elle rêve encore du bleu de ses eaux.  Nostalgique elle, évoque les odeurs, les saveurs qui lui manquent, cependant elle ne saurait déroger au droit de vivre libre, ce droit inhérent à tout être humain. Aussi a-t-elle fait le choix de partir et se départir de ses racines sans les oublier pour autant.

Donc « Il fallait bien une racine ailleurs ». 

 

 

© Maggy DE COSTER

 

 

© Crédit photo : Quatrième de couverture avec un portrait photographique de la poète Imèn Moussa, Il fallait bien une racine ailleurs, Éditions l’Harmattan, 2022.

 

 

 

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Pour citer ce texte inédit​​​​​​

 

Maggy De Coster, « Imèn Moussa, Il fallait bien une racine ailleurs, Éditions l’Harmattan, 2020, 144 pages, 15€ »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », Revue Orientales, « Les voyageuses & leurs voyages réels ou fictifs », n°2, volume 1, mis en ligne le 15 février 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/no13/orientales/no2/mdc-racineailleurs

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES ET ORIENTALES - dans Numéro 13 O-no2 Amour en poésie Poésie engagée Muses et féminins en poésie

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Bienvenue à la directrice de publication du site Simone Durand (elle collabore et remplace en ligne la directrice-fondatrice de la presse de la SIEFEGP à partir de septembre 2026).

LPPDM, SEPTEMBRE 2026

La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).

L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

 

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