9 février 2023 4 09 /02 /février /2023 14:25

N°2 | REVUE ORIENTALES (O) | Lectures & Lectrices [Nouvelle rubrique]

 

 

 

 

 

 

 

 « Phronésis » de Rachida Belkacem,

 

un livre de méditation

 

 

 

 

 

 

Témoignage & photographies par

 

Arwa Ben Dhia

 

Poétesse, auteure, ingénieure, docteure en électronique

 

 

 

© ​Crédit photo : Première de couverture illustrée de l'ouvrage « Phronésis » de Rachida Belkacem, Mindset éditions, 2021.

 

 

« Des réflexions poétiques en prose pour un cheminement vers soi »

 

 

 

 

Le recueil poétique en prose « Phronésis », de Rachida Belkacem, publié chez Mindset éditions en 2021 est un cadeau de Noël que je me suis acheté en décembre 2022 (oui, j’aime me faire plaisir aux fêtes de fin d’année !), et quel meilleur cadeau pour la bibliophile doublée de la poétesse que je suis ? « Phronésis » s’est avéré être un cadeau du Ciel et une bénédiction de la Providence pour une immersion dans les eaux abyssales de mon être. 

Au début, ce qui m’a interpellée le plus était le titre : « Phronésis », un terme grec très rare et peu connu. La phronésis, « réflexion » en français, est l'acte propre de l'âme : la pensée, et l'exercice qui la constitue et la conditionne à atteindre la sagesse, la σωφροσύνη. Dans d'autres dialogues, Platon écrit que Socrate affirmait qu'avoir la phronésis signifiait être vertueux1.

Ce qui a aussi ravivé ma curiosité était la photo de couverture : une sublime illustration abstraite présentée à la manière d’un triptyque plan, réalisée par Ilham Laraki Omari.

 

 

Un bouquet de poèmes illustrés

 

L’ouvrage comprend des poèmes relativement courts mais poétiquement intenses, dont chacun est illustré par un magnifique dessin abstrait d’Ilham laraki Omari.

Le recueil invite au recueillement et au voyage à l’intérieur de soi pour être en pleine conscience du monde extérieur et d’en savourer chaque bribe, chaque instant.

J’ai pris mon temps pour lire lentement chaque poème, et le relire, afin de m’imbiber des mots de Rachida et mieux en saisir le sens.

C’est un recueil de sagesse et de philosophie où la nature et les sentiments sont très présents. On y parle d’« exploration de l’intime », d’« identités », d’« hymne au soleil », de « fragments de soi », de « rêves bruyants », de « beauté des blessures », et de « promesse du chaos », entre autres thèmes qui font rêver et incitent à la phronésis.

Les figures de style employées sont à la fois légères et élégantes. La plupart des vers sont un concentré de sagesse et de clairvoyance, tels des aphorismes, comme les vers suivants extraits du poème « Les solitudes solidaires » :

 

« Tout sourire est l’épicentre d’un paradis,

Être à la merci d’un sourire, c’est l’humanité ».

 

 

Quant aux dessins, ils sont tellement beaux qu’il m’est souvent arrivé de les toucher afin d’associer le plaisir visuel au plaisir tactile de mes doigts caressant le papier, mais aussi pour me prouver que j’existais face à cette beauté et que ce n’était pas un songe que j’étais en train de vivre…  

Les images mentales créées par les métaphores et les images picturales nous emmènent pour une odyssée poétique où les pays n’ont pas de frontières et la culture est universelle.

Ce livre, avec ses poèmes et ses illustrations, est tout simplement un musée, une prière, une lumière, un Mandala à chérir et contempler pour se recentrer sur soi et revenir à l’essentiel. Il est à lui seul une boussole sacrée pouvant nous servir de guide spirituel quand on se perd…

 

© ​Crédit photo : UnPremière de Un extrait illustré de « Phronésis » de Rachida Belkacem.

 

 

 

 

Pour vous donner encore envie de le lire, voici une triade de mes poèmes préférés  !

Il m’est très difficile de n’en choisir que trois, mais si je devais choisir une triade de poèmes favoris, je dirais que ceux qui m’ont touchée le plus sont : 

 

« CONFIDENCES AUX POÈMES », (p.79), un hommage à la poésie :

 

« La poésie qui vit en moi est silencieuse.

Elle me raconte et me parle de ces éclats lumineux du monde surgissant de certains regards.

La poésie qui vit en moi est comme ces prières,

Ces sourires d’âmes immortelles de nos ancêtres,

Elle nous parle de beauté, nous permettant de sentir

l’âme du monde en nous projetant dans le réel,

La poésie est la voix de ce monde,

Les plus belles émotions sont celles que l’on imagine,

La poésie incarnant la beauté de ce monde,

Une manière de dire à la vie : je te vois encore plus belle, car je suis la vie. » 

 

« LE SILENCE », (p. 27) :

 

« Je regarde la place se remplir de monde,

Une multitude de corps, de silhouettes et de destins.

J’accumule les visages espérant mieux les comprendre.

Je me tais pour les entendre,

Il est impératif de prendre soin de nos silences,

Et de nos cris. »

 

« SONORITÉS INTÉRIEURES », (p. 21) :

 

« J’ai caché des fleurs dans tes silences,

Ton absence me murmure intensément : rien ne dure,

Tout continue d’exister,

Il suffit d’apprendre à voir,

Je me laisse envahir par les notes de ta voix,

Un murmure fragile, chargé de vérité,

Hypnotique et onirique,

J’y crois.

Je n’ai pas le choix,

Je te porte en moi,

J’ai caché des fleurs dans tous les silences,

Elles me parlent d’éternité dans l’éphémère.

Je n’ai pas le choix,

J’y crois.»

 

 

Il n’est point étonnant qu’une poésie aussi profonde, sensible et divine émane de la belle âme qu’est Rachida Belkacem, justement décorée des Hauts insignes de Divine Académie à Paris.  

Pour l’avoir dans vos bibliothèques, « Phronésis » peut être commandé dans les librairies françaises, sur le site officiel de la maison d’édition française Mindset Éditions et sur les sites : Amazon et La Fnac

 

Retour d’une lectrice poétesse

 

 

1. Source Wikipedia

 

 

© ​Crédit photo : La poétesse Arwa Ben Dhia lisant le recueil « Phronésis » de Rachida Belkacem, Mindset éditions, 2021.

 

 

Biographie : 

 

Arwa BEN DHIA est poétesse en différentes langues et auteure de plusieurs ouvrages. De formation ingénieure télécoms et docteure en électronique, elle exerce aujourd'hui le métier d'ingénieure brevets au sein d'un cabinet de Conseils en PI parisien.

 

 

_______

 

 

Pour citer ces photographies & texte inédits

 

Arwa Ben Dhia (texte & images), « "Phronésis" de Rachida Belkacem, un livre de méditation », Revue Orientales, « Les voyageuses & leurs voyages réels & fictifs », n°2, volume 1, mis en ligne le 9 février 2023. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no2/arwabendhia-phronesis

 

 

 

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30 janvier 2023 1 30 /01 /janvier /2023 18:49

N°12 | Poémusique des femmes & genre | Dossier majeur | Florilège

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Chaconne

 

 

​​​

 

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

 

 

​​​​Crédit photo : Paul Schad-Rossa,  "Irène Sanden-Greenberg dans Chaconne", peinture, domaine public, capture d'écran de Commons.

​​​​

 

 

I

 

Tempête de neige qui brouille notre entendement, son équilibre 

sans façade,

ses étendues sans musique,

 

silence –

 

limite de la visibilité

démantelée

par les flocons

qui glissent sur une corde

faite de soie et de mémoires.

 

Nous sommes engloutis par la

chaconne des miroirs blancs.

 

II

 

Sous les rafales –

l’ambition d’aimer 

à tout prix

ce qu’on n’ose même pas nommer

dans l’opacité de l’hiver.  

 

III

 

Ton cœur est une fourmi de neige

qui traîne vers le frimas 

le rythme des amours oubliés,

plus lourd que son poids.

 

IV 

 

Nous sommes enfin advenus au passage 

de l’ardeur :

éclat des pas 

 

mi-insinuation – mi-danse,

vertige

 

sans syllabes

intercalées.

 

Le fruit rare de qui nous sommes

incarcéré dans des gousses d'air.

 

Tes gestes de nageur ont la syntaxe du désir

 

et je t’attends à bout de souffle

à la porte jaune du dernier dactyle. 

 

V

 

Envoi :

 

Ô, la folie,

l’ambition d’aimer 

à tout prix. 

 

© Irina Moga

 

 

***


Pour citer ce poème inédit

 

 

Irina Moga, « Chaconne », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°12 | HIVER 2022-23 « Poémusique des Femmes & Genre », mis en ligne le 30 janvier 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no12/irinamoga-chaconne

 

 

 

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30 janvier 2023 1 30 /01 /janvier /2023 17:15

N°12 | Poémusique des femmes & genre | Critique & réception

​​​​​​​​​​​​

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​​​​​

 

 

 

 

 

​​​Anne-Emmanuelle Fournier,

 

« L’Offrande Aux Fantômes »

 

suivi de « Il y a longtemps que je t’aime… »,

 

Éditions Unicité, 2022,

 

68 pages, Format : 15 x 21, 13€

 

 

 

 

​​​​​

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Première de couverture du recueil « L’Offrande Aux Fantômes » suivi de...

 

« L’Offrande Aux Fantômes » suivi de « Il y a longtemps que je t’aime… », Anne-Emmanuelle Fournier, Éditions Unicité, 2022, 68 pages, Format : 15 x 21, 13€.


 

Il y a des souvenirs qui sont tellement ancrés dans nos esprits qu’ils constituent une seconde nature donc ils sont éternels. Ce sont ceux qui ont trait à l’enfance, cette période charnière de notre existence au cours de laquelle les liens intergénérationnels comptent énormément. Ces souvenirs se déploient au fil de ce recueil de poèmes d’Anne-Emmanuelle Fournier intitulé : « L’Offrande aux fantômes ». Mais qui sont ces fantômes ? Ce sont ses aïeuls : grand-père et grand-mère dont les faits et gestes continuent de hanter l’esprit de la poète. Des repas de famille, tant de bons moments partagés en toute liberté dans la quiétude ou l’effervescence. Moments de confluence du bonheur de vivre dans la joie intense.

 

La figure du grand-père, ce lettré qui lui a tant appris est très prégnante. La transmission a été si bien faite que « la trace » de ce dernier est comme « une écorce douce, un courant paisible » qui perdurent en elle. Mais comment oublier les odeurs, les saveurs, les couleurs qui peuplent les jours d’été qui s’étirent tout doucement à la faveur de l’insouciance de l’enfance alors que ceux des aïeuls se rétrécissent ? 

C’est au tour de la grand-mère qui a survécu au patriarche de rendre l’âme, alors qu’elle s’accrochait à la vie malgré la progression de sa maladie. Encore une autre branche tombée de l’arbre généalogique de la petite-fille.

 

Fini le rite de la confiture aux groseilles et cassis, l’étreinte de l’aïeule, les balades nocturnes le long de la rivière, le partage d’un « plat odorant à l’ombre d’un platane ».

Vendue, la maison familiale – cette maison qui renferme la mémoire des ancêtres–, il y a donc des bruits familiers qu’on n’entendra plus : « le craquement du plancher », « le bourdonnement du frigo contre le carrelage », « le sifflement besogneux de la grand-mère », « la voix tonitruante des oncles », « le chant ténu des crapauds », « le vol de chauve-souris ». 

 

« Ainsi dans les contes périclitent les royaumes, lorsque meurent les Reines. », comme le souligne Anne-Emmanuelle Fournier. 

 

Voici un extrait du texte qui termine la première partie du recueil de poèmes :

 

« L’enfant qui fut n’est jamais repassée devant la bâtisse, depuis que celle-ci bat d’un autre sang. Non que cela ait été une décision. Peur inavouée qu’un royaume tant aimé soit devenu méconnaissable ? Ou que rien n’ait changé, peut-être. Une autre maison est venue nous chercher, et nous avons consenti à lui confier nos destinées. Elle avait déjà ses propres fantômes, reposant à quelques dizaines de mètres dans le grand songe de la terre.»

 

Après avoir célébré la mémoire de ses aïeuls, Anne-Emmanuelle se tourne vers les vivants. Voici venu le moment d’honorer sa moitié en le gratifiant d’un poème : 

 

« Et je cherche en vain une image pour te dire

Qui soit assez vraie

Pas un simple sortilège de mots 

Il n’y en a pas, sans doute

D’autre que ce second cœur

Que tu as planté dans l’offrande

De mon ventre. »

 

« Il y a longtemps que je t’aime » : cette deuxième partie du recueil de poèmes est un hymne à l’amour et à la vie. 

Quoi de plus palpitant qu’une vie qui évolue au creux de son être avec la complicité de son aimé ! C’est la célébration de l’amour maternel dans son immensité.  Anne-Emmanuelle semble avoie désiré le fruit de ses entrailles avant qu’il ne soit conçu. On dirait qu’il a été pensé avant même d’existé. Aussi clame-t-elle : 

 

« Je t’ai aimé

Longtemps avant que le monde ne murmure

La possibilité de ta venue

Je t’aimais déjà

Avant de dire je

Oh enfant

Cet amour est plus grand, plus ancien

Que tout ce que je crois être »

 

 

 

© Maggy DE COSTER

URL de référence : http://www.editions-unicite.fr/auteurs/FOURNIER-Anne-Emmanuelle/l-offrande-aux-fantomes/index.php

 

NDLR : Anne-Emmanuelle FOURNIER a étudié l’anthropologie puis la traduction. Elle travaille actuellement comme traductrice et interprète. Elle est également chanteuse et mélodiste dans le groupe Unseelie et s’accompagne à la harpe dans un projet musical personnel.


 

 

***


Pour citer ce texte inédit

 

 

Maggy De Coster, « Anne-Emmanuelle Fournier, « L’Offrande Aux Fantômes » suivi de « Il y a longtemps que je t’aime… », Éditions Unicité, 2022, 68 pages, Format : 15 x 21, 13€ », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°12 | HIVER 2022-23 « Poémusique des Femmes & Genre », mis en ligne le 30 janvier 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no12/mdc-offrande 

 

 

 

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30 janvier 2023 1 30 /01 /janvier /2023 16:42

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Critique & réception

​​​​​​ 

 

​​​​​

 

 

 

 

 

 

Ô châteaux

 

 

poèmes de Denise le Dantec

 

Recueil publié aux éditions Sans Escale

 

 

 

 

 

 

 


 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil de Denise le Dantec aux éditions Sans Escale.

 

 

 

Après « Ô saisons », Denise le Dantec complète le vers de Rimbaud « Ô saisons, Ô châteaux » tiré des Illuminations pour titrer son nouveau recueil « Ô châteaux » . Si l'on perçoit dans le vers de Rimbaud la sensation du temps qui passe  dans ce « Ô saisons », l'on pressent dans « Ô châteaux », celui de la rêverie intérieure car nul doute que pour l'autrice « le poème doit être capable de se recréer et de se compléter sans fin chez son auteur et les autres », comme l'affirmait Juarroz.

 

Pour se recréer, Denise Le Dantec a choisi d'emblée dans « Ô châteaux » de nous faire entrer dans la pleine lumière de la page blanche « Le cahier où j'écris / s'ouvre en fleur / qu'on dirait matière de neige ». Aussitôt, les mots et les images se mettent à floconner telle cette « rivière qui coulait devant la fenêtre ».

L'émerveillement est immédiat,  il nous tient dans un état de grâce  qui confine au pur enchantement « Car chaque mot est un flocon de mimosa ».

Comme chez Rimbaud, il ne semble pas y avoir de lien logique entre les phrases poétiques où les parataxes abondent et pourtant notre intuition et notre inconscient en connaissent le sens.

Quand Denise le Dantec écrit « la lèvre ébréchée d'une tasse brillait », nous nous souvenons avoir vu cette tasse, y avoir bu ici ou ailleurs, maintenant ou hier... Cette tasse à la lèvre ébréchée nous parle du bonheur d'être au monde car si l'autrice reprend dans ses recueils le premier vers d'un poème de Rimbaud dont le sujet n'est autre que le « Bonheur » avec un B majuscule « J'ai fait la magique étude / du Bonheur que nul n'élude », c'est pour nous en offrir dans son recueil la quintessence.

Le Bonheur, indéniablement, a partie liée avec le rêve « Ton rêve sortait de toi en un flux de lumière » et pourtant, l'autrice de nous confier « le soleil est / derrière moi » ou encore « le jour diminue / des choses qui tombent / des conflits arbitraires / des débris / _la pacotille de nos vies / (j'ai peine à dire ) »

Le blanc de la page laisse parfois place à des 'lieux vides » (Leerstelle) comme les appelait Wolfgang Iser. Dans ces lieux, le poème s'ouvre au monde « 1000 réfugiés attendent à l'aéroport », se referme sur « un vent d'olivier », se rouvre « les tours de verre explosent »... « Des éclats partout », reprend Denise le Dantec car la fameuse tour d'ivoire du poète n'est qu'une fable qui ne peut résister à cette réalité tangible dont les fausses notes troublent parfois la  musique du monde. Dans sa « Poétique de la rêverie », Bachelard n'annonçait pas autre chose quand il tentait d'approcher « la complexité humaine «  qui « mêle imaginaire et réalité ».

Dans un même esprit, Laurent Zimmermann, préfacier de ce recueil, nous éclaire à propos du rôle du poème « La seule chose dont il se soucie, et qu'il a pour charge de réactiver sans cesse, est le réel et notre emportement vers lui ».

Denise le Dantec  met sur le même plan « la floraison d'une petite rose/ dans les interstices du givre » que ce qu'écrit M.B : « le mieux est de déclencher/ l'inflation partout » car c'est la vie même, sa respiration qu'elle transcrit dans sa poésie sans fioriture.

La traversée du poème et celle de sa vie se conjuguent pour illuminer la page blanche où son âme ricoche pour appréhender « Une dimension d'éternité ». À nous d'en recueillir les flocons de lumière car toujours le Bonheur renaît dans cet ouvrage qui nous enivre de beauté et dont le dernier vers nous fait signe « Le dernier rayon de soleil est apparu à minuit ».

 

 

© Françoise Urban-Menninger

 

 

***


Pour citer ce texte inédit​​​​​​

 

Françoise Urban-Menninger​, « Ô châteaux, poèmes de Denise le Dantec. Recueil publié aux éditions Sans Escale »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 30 janvier 2023. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no13/fum-chateaux

 

 

 

 

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6 janvier 2023 5 06 /01 /janvier /2023 16:20

N°12 | Poémusique des femmes & genre | Dossiers majeur & mineur | Florilèges​​​​​​

​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

​​​​Pourquoi la poésie

 

 

 

 

 

 

Barbara Polla​​​​​

 

 

 

 

Crédit photo : Salle Nollet, les Muses de la musique par Ernst Pasqual Jordan, 1890, domaine public.

 

 

À Giuseppe Merrone

 

 

 

Parce qu’elle est infinitésimale.
Parce qu’elle résiste au capitalisme. 
Parce qu’elle reste invendable.
Pour l’herbe entre les pavés.
Parce que Charlotte Delbo, qui dit
qu’elle est une arme pour témoigner
qui laisse l’ennemi désarmé
et ramène le lecteur
au secret de lui même.
Parce que son rythme nous emmène
Et dans le rythme les mots

 

vont au delà des mots
ils deviennent sensations
ils battent en brèche
les stéréotypes langagiers

 

Il faut lire la poésie à haute voix
dès l’aube et dans la rue
dans les vols de nuit
et lire la poésie
solitaire partagée
au lit à haute voix
sur les scènes du monde
alors, parfois, il advient que les mots

 

les mots deviennent paroles

 

La poésie est sans message
elle ne dit pas elle ne dit rien
elle est
et nous
elle nous porte en nous
là où se niche l’indicible
elle révèle l’occupation
les bas fonds et la boue
inhumaine des tranchées
puis les larmes
infinitésimales

 

la poésie

 

© Barbara Polla, 2021.



 

 

***


Pour citer ce poème inédit

 

Barbara Polla, « Pourquoi la poésie »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°12 | HIVER 2022-23 « Poémusique des Femmes & Genre », mis en ligne le 5 janvier 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no12/bpolla-pourquoilapoesie

 

 

 

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Bienvenue à la directrice de publication du site Simone Durand (elle collabore et remplace en ligne la directrice-fondatrice de la presse de la SIEFEGP à partir de septembre 2026).

LPPDM, SEPTEMBRE 2026

La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).

L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

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