12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 15:55

Événements poétiques | Un pan de poèmes pour Toutes à l'école 2020

 

 

 

 

À une jeune orpheline

 

 

 

 

 

 

 

 

​​Frédérique Jacques

 

Poème choisi & transcrit pour cette revue par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Il est un doux flambeau, dont l'œil mélancolique,

Ne réfléchit jamais les rayons amoureux...

Astre charmant et pur, étoile symbolique

Qui ne luit que sur les heureux.

 

 

Dans ton ciel, je le sais, a pâli cette étoile ;

Le vent de la tristesse a dispersé tes vœux,

Et le deuil a couvert de son funeste voile

Les roses de tes bruns cheveux.

 

 

Des chants de la douleur tu connais l'harmonie,

Deux fois ton œil d'enfant vit l'ange du trépas

Arracher à ton âme, en des nuits d'agonie,

Deux cœurs, tes trésors ici-bas.

 

 

Tu baisses sous la main divine,

Vierge, ton visage enfantin,

Comme un doux lilas qui s'incline,

Au souffle orageux du matin.

 

 

Tu ne murmures pas... et quand la main puissante,

Eut relevé ton front, comme un humble roseau,

Tu pleuras la fleur d'or, étoile ravissante,

Qui scintillait sur ton berceau.

 

 

Et depuis, bien souvent un nuage de larmes

Voile à ton œil troublé la splendeur du printemps...

Et dans ton sein blessé, ta voix pleine de charmes,

Se brise dans bien des instants.

 

 

Sur ton front gracieux, de ta jeune souffrance,

Vierge, j'ai lu le chaste et douloureux secret...

Et j'ai vu dans tes yeux, doux comme une espérance,

Passer un bien sombre regret.

 

 

Mais le regard profond de mon cœur solitaire,

De ton vague avenir perçant l'obscurité,

Revoit, épanoui dans ton ciel de la terre,

L'astre de la félicité !

 

25 Avril 1839

 

* Ce texte est un extrait de JACQUES, Frédérique (Mlle), Heures de mélancolie, poésies, 1841. Notice de Jules PAUTET, Paris, Dumont Fils, Libraire, Palais-Royal, 88., M DCCC XLI (1841)., pp. 171-173. Ce livre appartient au domaine public.

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Frédérique Jacques, « À une jeune orpheline », poème extrait de JACQUES, Frédérique, Heures de mélancolie (1841), choisi et transcrit par Dina SahyouniLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poétique|« Un pan de poèmes pour Toutes à l'école 2020 », mis en ligne le 12 octobre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/11octobre20/fj-orpheline 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Poèmes pour Toutes à l'école Poésie transcrite
12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 13:18

Événements poétiques | Un pan de poèmes pour Toutes à l'école 2020 |Poésie féministe & engagée

 

 

 

 

Père me dit

 

 

 

 

 

 

​​Ortoolski

 

 

 

Crédit photo : "Deux écolières Chepang au Népal", image de Commons, domaine public.

 



Mon père ne veut plus
que j'aille à l'école
il me dit
que je serai plus utile au champ
depuis la mort de mon frère
l'année passée
il se retrouve seul
pauvre bougre
je le vois qui s'épuise
à vue d'œil
je lui dis
que je suis encore jeune
que je sais à peine lire
que j'ai tant de choses à apprendre
que l'école est mon unique chance
si je veux un jour m'en sortir
mais il s'entête
il dit que lire Camus
ne remplit pas la gamelle
que Karl Marx
est un beau-parleur
que la rêve'olution
n'aura jamais lieu


Ma mère ne sait trop quoi penser
de tout ça
son mal de dos
et la mort de mon frère
lui ont ôté tout espoir
elle se terre dans son mutisme
en pensant que le temps
arrangera les choses

 


Pendant la récréation
nous parlons parfois
de l'avenir
du ciel bleu
et des nuages
qui parsèmeront
nos chemins semés d'embûches
notre professeur
nous a dit
que pour réussir
il nous faudra travailler
deux fois plus
pour gagner quatre fois moins
voilà qui est dit
une femme avertie en vaux deux
 


Je rêve d'aller à l'université
de monter à la capitale
mais je sais aussi
que sans argent
je ne réussirai pas
l'argent appelle l'argent
c'est ainsi
les riches s'enrichissent
en prêtant aux pauvres
ce matin au marché
une femme parlait
de sa fille
qui est devenue docteur
mon père me dit
que ce ne sont
que des sornettes
des pensées mirages
mais moi j'y crois
un jour je partirai
mes parents seront tristes
mais quand je reviendrai
ils seront pleins de joie

​​​​

 

 

***​​​​​​

 

Pour citer ce poème féministe & engagé

 

Ortoolski, « Père me dit », poème inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poétique|« Un pan de poèmes pour Toutes à l'école 2020 », mis en ligne le 12 octobre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/11octobre20/ortoolski-peremedit

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Poèmes pour Toutes à l'école Poésies féministes
12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 10:56

N°8 | Réflexions féministes  sur l'actualité

 

 

 

 

 

Où sont les hommes ? 

 

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

Crédit photo : "Apollon du Belvédère", image de Commons, domaine public.

 

Depuis toujours je suis étonnée que la pilule pour homme, pourtant prometteuse, ait eu si peu de succès ! Avec le vote de l'Assemblée Nationale pour allonger la durée légale de l'avortement, cette question s'est à nouveau imposée à moi ! Pourquoi aborde-t-on si peu le sujet de la contraception masculine en France ? Voilà, j'ouvre le débat !

 


 

Où sont les hommes ?

 

 

 

Une fois de plus la question est d'importance ! L'Assemblée Nationale vient de voter l'allongement du délai légal de l'avortement qui passe de 12 à 14 semaines. Mais voilà que des voix indignées s'élèvent de toutes parts pour stigmatiser les femmes en les renvoyant à la contraception, les désignant comme les seules responsables de leur grossesse non désirée !

Tout repose donc encore aujourd'hui sur les femmes ?

 

Mais alors qu'en est-il de la contraception masculine en France ? L'on pense d'emblée aux méthodes dites traditionnelles telles le retrait ou le préservatif qui existent depuis fort longtemps. Or depuis les années 2000, la vasectomie est devenue monnaie courante dans les pays anglo-saxons et devrait par conséquent avoir de beaux jours devant elle dans notre pays, les hommes rechignant à avaler la pilule spécialement conçue pour eux.

 

En effet les contraceptifs hormonaux ou thermiques existent également mais sont prescrits seulement par deux ou trois médecins hospitaliers en France ! C'est dire le peu d'intérêt que ces messieurs manifestent pour la contraception qui leur est spécifique…

 

Or si l'on veut parler d'égalité entre les sexes, il serait de bon augure pour un couple de pratiquer en alternance la contraception masculine et féminine. Cela permettrait  le partage réel de la responsabilité des risques plutôt que de faire reposer sur les seules femmes cette problématique.

 

Voilà un sujet que l'Assemblée Nationale aurait pu ou dû aborder plutôt que de fustiger une fois de plus les femmes ! Mais sans doute cette question aurait-elle été une pilule trop difficile à faire passer puis à avaler ?

 

***

 

Pour citer ce texte féministe

 

​​​​Françoise Urban-Menninger« Où sont les hommes ? », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°8 | Été 2021 « Penser la maladie & la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menningermis en ligne le 12 octobre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/no8/fum-ousontleshommes

 

 

 

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​​​​

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 8
11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 18:17

N°8 | Critique & réception 

 

 

 

 

Franck Delbarre

 

 

Je t’emmène voir les coquelicots

 

 

poèmes entremêlés d’histoires,

 

Éditions Sajat, 2020, 12€

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

​​​​​​​© ​​​​​​​​​​Crédit photo : "Première de couverture illustrée du recueil aux Éditions Sajat".

 

 

 

Un texte liminaire du recueil questionne sur le sens des mots, un vrai badinage, comme le poète sait bien le faire, avec les mots et expressions, ce qui prouve bien qu’il n’est jamais à court de mots. Il écrit par à-coups au gré de son inspiration, aussi compile-t-il poèmes néo-classiques, poèmes en prose et histoires. 

Un texte poétique fait rappel au titre du recueil « Je t’emmène voir les coquelicots » où il fait l’éloge de la beauté naturelle de la femme : 

 

« Que fais-tu ?   Ne te maquille pas !

Car j’aurai l’impression que tu pourrais être une autre »

 

Pour lui le bonheur ne se trouve que dans les choses simples :

 

«  Il fait beau dehors. L’air a le parfum des jours heureux »

 

Son amour des mots est manifeste dans tout le recueil : 

 

« Sur la ville endormie une lune perplexe

Cherche des mots d’amour qu’un vent a dispersés »

 

Plus loin il s’accorde une licence grammaticale, un vrai défi pour les puristes :

 

« La femme que j’aimera

Elle sera  un peu folle

Très loin du protocole !

La femme que j’aimera »

 

Il joue sur les sonorités et également avec la polysémie des mots comme par exemple dans un texte en prose intitulé « Le monde est petit »,   on peut  lire : « mon petit doigt me dit que vous voulez un petit café » ou encore : « ma femme m’a mijoté un petit plat...  ». 

Dans un autre texte en prose intitulé « La théorie de l’escalier » on relate des  pléonasmes bien calculés par le poète, un brin dérangeant et provocateur : 

 

« […] il montait en haut alors que je descendais en bas

Il faut que je vous dise que j’ai même vu des gens monter en bas 

Et d’autres, descendre en haut, en réalité tous préoccupés par la chute en escalade !

 Car qu’il s’agisse de monter ou de descendre nous sommes tous motivés par une seule chose : C’est l’envie d’avancer ! »

 

C’est à raison qu’il nous fait remarquer l’absurdité ou l’incomplétude de certaines expressions de la langue française :

 

« Il y a des expressions peu expressives

Des expressions sans début ni fin

Qui nous laissent  sur la faim

Sans queue ni tête, à mi-chemin »

 

La dérision, l’humour décalé, des sous-entendus, des double sens, un cocktail détonnant servi dans la bonne humeur, tels sont les marqueurs de ce recueil de poèmes.

 

***

 

Pour citer ce texte 

 

Maggy de Coster, « Franck Delbarre, Je t’emmène voir les coquelicots, poèmes entremêlés d’histoires, Éditions Sajat, 2020, 12€ », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°8 | « Penser la maladie & la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menningermis en ligne le 11 octobre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/no8/franckdelbarre-voirlescoquelicots

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 8
11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 14:27

Événements poétiques | Un pan de poèmes pour Toutes à l'école 2020 | Poésie féministe & engagée

 

 

 

 

Zep a les mots

​​​

 

 

 

 

Frerejac

 

 

 

Dans ma Zep il y a :

Des princesses déracinées,

Y’a des cœurs délavés,

Des misères héritées.


 

Mais il y a les airs enchantés de polissons qui troquent leur bout de crayon.


 

Y’a des cahiers profanés,

Des morpions décontractés,

Des mioches découragés,

Des tristesses enracinées.

 

Mais y’a la risée de rejetons qui suffoquent en conjugaison.

 

Y’a de la marmaille débraillée,

Des moutards ébouriffés,

Des mouflets dépenaillés,

Des cœurs rouillés, des bancs mouillés…

Des hivers qui donnent envie de tout quitter.

 

Mais il y a les âmes étoilées de poupons qui croquent les flocons.


 

Y’a des marmots tourmentés,

Des mômes discrets,

Des mensonges, des secrets,

Des minots abandonnés,

Des printemps ternes et l’obscurité.


 

Mais il y a les prunelles ensoleillées  des lardons qui invoquent sainte récréation.


 

Alors il faut rester…

 

 

***

 

Pour citer ce poème féministe et engagé 

 

Frerejac, « Zep a les mots », poème inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poétique|« Un pan de poèmes pour Toutes à l'école 2020 », mis en ligne le 11 octobre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/11octobre20/frerejac-mots

 

 

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