1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 18:23

Hommage poéféministe | Textes poétiques

 

 

 

 

 

À celles qui pleurent, 

 

 

L'horloge arrêtée

 

 

& Dors

 

​​​​​

 

​​

 

Marceline Desbordes-Valmore

 

Poèmes choisis & transcrits pour cette revue par Dina Sahyouni

 

 

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​​Crédit photo : "Tristesse" domaine public, Commons. 

 

 

Ces textes présents ci-dessous sont des extraits de DESBORDES-VALMORE, Marceline, Bouquets et prières, Paris, Dumont, éditeur, Palais-Royal, 88 au salon littéraire, 1843, pp. 5-6, 45-46, 79-80. Le recueil appartient au domaine public.

 

 

Dieu pleure avec les innocents

 

 

À celles qui pleurent

 

 

 

Vous surtout que je plains si vous n'êtes chéries ;

Vous surtout qui souffrez, je vous prends pour mes sœurs :

C'est à vous qu'elles vont, mes lentes rêveries,

Et de mes pleurs chantés les amères douceurs.

 

 

Prisonnière en ce livre une âme est contenue :

Ouvrez : lisez : comptez les jours que j'ai soufferts :

Pleureuses de ce monde où je passe inconnue,

Rêvez sur cette cendre et trempez-y vos fers.

 

 

 

Chantez : un chant de femme attendrit la souffrance.

Aimez : plus que l'amour la haine fait souffrir.

Donnez : la charité relève l'espérance ;

Tant que l'on peut donner on ne veut pas mourir !

 

 

Si vous n'avez le temps d'écrire aussi vos larmes,

Laissez-les de vos yeux descendre sur ces vers ;

Absoudre, c'est prier. Prier, ce sont nos armes :

Absolvez de mon sort les feuillets entrouverts.

 

 

 

Pour livrer sa pensée au vent de la parole,

S'il faut avoir perdu quelque peu sa raison,

Qui donne son secret est plus tendre que folle :

Méprise-t-on l'oiseau qui répand sa chanson ?

 

 

 

L'horloge arrêtée

 

 

 

Horloge d'où s'élançait l'heure

Vibrante en passant dans l'or pur,

Comme l'oiseau qui chante, ou pleure

Dans un arbre où son nid est sûr :

 

Ton haleine égale et sonore,

Dans le froid cadran ne bat plus ;

Tout s'éteint-il comme l'aurore

Des beaux jours qu'à ton front j'ai lus !

 

 

 

Dors

 

 

Dieu donne l'intelligence aux petits.

 

 

L'orage de tes jours a passé sur ma vie ;

J'ai plié sous ton sort ; j'ai pleuré de tes pleurs ;

Où ton âme a monté, mon âme l'a    suivie ;

Pour aider tes chagrins, j'en ai fait mes douleurs.

 

 

Mais, que peut l'amitié ? l'amour prend tout une âme !

Je n'ai rien obtenu ; rien changé ; rien guéri :

L'onde ne verdit plus ce qu'a séché la flamme,

Et le cœur poignardé reste froid et meurtri.

 

 

Moi, je ne suis pas morte : allons ! moi, j'aime encore ;

J'écarte devant toi les ombres du chemin :

Comme un pâle reflet descendu de l'aurore,

Moi, j'éclaire tes yeux ; moi, j'échauffe ta main.

 

 

Le malade assoupi ne sent pas de la brise

L'haleine ravivante étancher ses sueurs :

Mais, un songe a fléchi la fièvre qui le brise ;

Dors ! ma vie est le songe où Dieu met ses lueurs.

 

 

Comme un ange accablé qui n'étend plus ses ailes,

Enferme ses rayons dans sa blanche beauté,

Cache ton auréole aux vives étincelles :

Moi je suis l'humble lampe émue à ton côté.

 

 

***

 

Pour citer ces poèmes

 

Marceline Desbordes-Valmore, « À celles qui pleurent », « L'horloge arrêtée » et « Dors »,   poèmes extraits de DESBORDES-VALMORE, Marceline, Bouquets et prières, (1843), choisis et transcrits par Dina SahyouniLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesHommage poéféministe au professeur Samuel Paty, mis en ligne le 1er novembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/21octobre/mdv-dors

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans S'indigner - soutenir - etc.
31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 19:34

Hommage poéféministe  | Textes poétiques 

 

 

 

 

 

Un tombeau

 

​​​​​

 

​​

 

Hélène Swarth

 

Poème choisi & transcrit pour cette revue par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

Sur un tombeau chéri mon regret vient s'assoir.

Mon cœur ne change point ; il demeure aussi tendre

Qu'au temps où je pouvais et le voir et l'entendre

Et, lui tenant la main, lui parler bas le soir.

 

 

Abîme ou mon esprit ose à peine descendre !

Ô dernière limite opposée à l'espoir !

Tu donnes le vertige, ô tombe ! gouffre noir,

Qui prends nos bien-aimés pour ne jamais les rendre !

 

 

Je veux m'agenouiller en ce lugubre lieu.

S'il existe, c'est là que se doit trouver Dieu.

La prière peut-être a de mystiques charmes.

 

 

Mais il faut être seul pour verser certains pleurs.

Rien n'est aussi sacré que les grandes douleurs

Et nous devons garder la pudeur de nos larmes !*

 

 

* Ce texte est un extrait de SWARTH, Eugénie-Hélène Lépidoth-Swarth, dite Hélène, Fleurs du Rêve : poésies, Paris, Auguste Ghio, éditeur, Palais-Royal, 1, 3, 5, 7 Galerie d'Orléans, 1879, pp. 42-42. Le recueil appartient au domaine public.

 

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Hélène Swarth, « Un tombeau », poème extrait de SWARTH, Eugénie-Hélène Lépidoth-Swarth (dite Hélène), Fleurs du rêve : poésies, (1879), choisi et transcrit par Dina SahyouniLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesHommage poéféministe au professeur Samuel Paty, mis en ligne le 31 octobre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/21octobre/hs-un-tombeau

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans S'indigner - soutenir - etc.
31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 19:15

Événements poétiques | ReConfinement | Rêveries fleuries | Jour 2 

 

 

 

 

 

Le pays du rêve​​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

 

Hélène Swarth

 

Poème choisi & transcrit pour cette revue par Dina Sahyouni

 

 

 

Crédit photo : Grandville (de), "La reine des fleurs, fleurs animées", domaine public, image Commons.

 

 

 

 

 

Dans la ville, en hiver, lorsque gémit la bise,

Quand la rue est boueuse et le ciel terne et bas,

Que nul rayon ne lui dans l'immensité grise

Et qu'un frisson vous prend et ne vous quitte pas ;

 

 

 

Mon âme alors s'en va, comme les hirondelles,

Au pays du soleil, de l'azur et des fleurs.

Mon rêve impatient a des battements d'ailes

Et ma bouche sourit, si mes yeux sont en pleurs.

 

 

 

Comme un essaim d'oiseaux enivrés de lumière,

Mes songes fendent l'air et planent dans le bleu,

En respirant partout une odeur printanière,

Parfums de lys de neige et de roses de feu.

 

 

Des chants mélodieux me tiennent en extase.

Un séraphin rêveur me parle doucement ;

Et je verse en son cœur, comme un trop plein du vase,

Le mystère qui fait ma joie et mon tourment.

 

 

Dans ses yeux bleus et purs je lis des choses saintes.

Il dit tout bas des mots qu'on disait en Éden...

Et je tressaille encor sous ses chastes étreintes,

Quand la réalité me réveille soudain !*

 

* Ce texte est un extrait de SWARTH, Eugénie-Hélène Lépidoth-Swarth, dite Hélène, Fleurs du Rêve : poésies, Paris, Auguste Ghio, éditeur, Palais-Royal, 1, 3, 5, 7 Galerie d'Orléans, 1879, pp. 55-56. Le recueil appartient au domaine public.

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Hélène Swarth, « Le pays du rêve », poème extrait de SWARTH, Eugénie-Hélène Lépidoth-Swarth (dite Hélène), Fleurs du rêve : poésies, (1879), choisi et transcrit par Dina SahyouniLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Reconfinement « Rêveries fleuries », mis en ligne le 31 octobre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/reveriesfleuries/helene-paysdureve

 

 

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 18:07

Événements poétiques | ReConfinement | Rêveries fleuries | Jour 1 

 

 

 

 

 

Au lecteur 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hélène Swarth

 

Poème choisi & transcrit pour cette revue par Dina Sahyouni

 

 

 

Crédit photo : Grandville (de), "La reine des fleurs, fleurs animées", domaine public, image Commons.

 

 

 

 

Toi qui, d'un air distrait, fumant tes cigarettes,

Feuilletteras ces vers, échos des chants du cœur,

Couché dans ton fauteuil, je te vois qui t'apprêtes

À rejeter mon livre avec un ris moqueur.

 

J'allais te demander, lecteur, ton indulgence,

M'installer, en causant une heure, au coin du feu,

Mais tu me fais trembler avec ton exigence...

Car je suis une femme, et non un bas-bleu.

 

Je suis tout simplement une humble jeune fille

Et nous serions amis, si tu le voulais bien.

Es-tu rêveur ? – Alors je suis de ta famille.

Tu ne me connais pas, mais cela ne fait rien.

 

Respire les parfums de ces fleurs de mon rêve.

J'ai composé pour toi ce bouquet ; le voici.

Si mon livre t'a fait paraître l'heure brève

Tu me diras : « C'est bien ! » et je dirai : « Merci ! »*

 

 

* Ce texte est un extrait de SWARTH, Eugénie-Hélène Lépidoth-Swarth, dite Hélène, Fleurs du Rêve : poésies, Paris, Auguste Ghio, éditeur, Palais-Royal, 1, 3, 5, 7 Galerie d'Orléans, 1879, pp. 1-2. Le recueil appartient au domaine public.

 

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Hélène Swarth, « Au lecteur », poème extrait de SWARTH, Eugénie-Hélène Lépidoth-Swarth (dite Hélène), Fleurs du rêve : poésies, (1879), choisi et transcrit par Dina SahyouniLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Reconfinement « Rêveries fleuries », mis en ligne le 30 octobre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/reveriesfleuries/helene-au-lecteur

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Reconfinement Poésie transcrite
25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 18:23

Hommage poéféministe  |Éditorial 

 

 

 

 

 

Nous poétisons inlassablement ce monde

 

en mal d'amour, voilà notre réponse

 

à l'intolérance

 

​​​​​

 

 

Dina Sahyouni

​​

 

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​​Crédit photo : "Tristesse" domaine public, Commons. 

 

 

La tristesse est là, charnelle, elle nous ébahit, nous serre le kiki, nous plonge dans l'amertume ou dans l'envie de crier, hurler de stupéfaction et d'horreur... 



 

Les ténèbres vaincues reviennent hanter cette planète jamais apaisée où la douleur et la souffrance font plier les peuples comme les êtres les plus solides...

La poésie s'insurge des profondeurs de nous tel un fauve blessé, écorché vif, pour transcrire l'ineffable laideur de la beauté de l'humain. 



 

En guise d'éditorial pour l'hommage que ce périodique a réalisé avec vos soutien et participation, nous le jurons, oui le jurons de poétiser inlassablement ce monde en mal d'amour, en mal de liberté, en mal de beauté..en mal de tendresse.

 

Oui, nous poétisons ce monde livré aux cultes variés de l'indifférence et leurs lots de souffrances. Car la lionne indomptable est en nous, elle est là dans les plis de nos êtres voués à la passion poétique : au feu de l'amour et la beauté, au feu de la liberté créatrice.

 

Oui, c'est cela, oui, c'est cela notre unique et résolue réponse à l'intolérance. Ne vous laissez jamais dompter par les ténèbres de la servitude aliénante, demeurez, oui demeurez en poésie, là où nulle colère, nulle tristesse ne restent longtemps sans qu'elles soient dévorées par le feu de l'amour, de la beauté et de la liberté.

 

Pour toi Samuel Paty,

Pour les victimes de la haine,

Pour toi liberté d'expression,

Pour toi paix,

Pour toi tolérance,

Pour toi amour,

Pour toi liberté,

Pour toi beauté,

Pour toi tendresse,

Pour toi humain laid et beau,

Pour toi animal humilié,

Pour toi astre,

Pour toi spiritualité,

Pour toi monde malade,

Pour toi verbe,

Pour toi langage,

​​​​​​Nous poétisons éternellement tout.

 

 

***

 

Pour citer ce texte

 

​​​Dina Sahyouni, « Nous poétisons inlassablement ce monde en mal d'amour, voilà notre réponse à l'intolérance », texte inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Hommage poéféministe au professeur Samuel Patymis en ligne le 25 octobre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/21octobre/ds-edio-reponse 

 

 

 

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SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

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SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

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