14 août 2020 5 14 /08 /août /2020 16:50

Megalesia 2020 | Poésie philanthropique | Faits divers & catastrophes en poésie | soutenir, s'indigner, lettres ouvertes, hommages, etc. 

 

 

 

 

Nous n’avons à opposer à la mort et à la

 

destruction que cette pulsion de vie, si forte,

 

qui nous maintient

 

 

 

 

Barbara Polla

Site officiel :

https://sarasvati.fr/

Blog officiel : 

https://barbarapolla.wordpress.com/

 

Texte reproduit avec l'aimable autorisation de l'autrice/auteure

 

 

© Dessin de Hala Ezzedine

 

 

Ce sont Joana Hadjithomas et Khalil Joreige qui parlent, en 2012, avec Quentin Mével, à propos de leur film Je veux voir

 

Profondément émue par ce qui arrive au Liban et, entre autres, à Joana Hadjithomas, Khalil Joreige et leurs enfants (qui ont vu comme tant d’autres libanais leur appartement détruit, mais aussi leur atelier et leurs œuvres irrécupérables, qui ont vécu, surtout, l’angoisse d’avoir perdu Joana, par miracle saine et sauve) je me suis replongée dans la lecture du Cinéma de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, de Quentin Mével, et plus spécifiquement dans le chapitre consacré à Je veux voir, espérant y trouver, peut-être, quelques pistes de survie, à l’épouvante, à la mort (je viens d’apprendre le décès, parmi tant d’autres, d’un proche collaborateur de Saleh Barakat, qui était comme un frère pour Abdul Rahman Katanani) et à la destruction.

 

Les mots ci-dessous sont des extraits de ce livre, des paroles de Joana et Khalil, qui résonnent étrangement aux lendemains de la destruction de Beyrouth, suite à ce qui m’apparaît aujourd’hui comme un vaste homicide par négligence. 

 

Joana Hadjithomas et Khalil Joreige se reprojettent en 2006 : « La guerre éclate, une guerre d’une rare violence. Le pays est bombardé de façon incroyable. Des endroits sont rasés, totalement détruits. Nous étions à vif.

On est allés sur les lieux : hallucinés devant le degré de destruction. Fallait-il filmer ou pas ? Que pouvions nous faire ? Comment témoigner ? »

 

Le film cherche cela aussi : regagner du terrain, là où la violence a tout détruit. Quand le poids du réel est trop important, la fiction peut-elle réapparaître à nouveau ? Voilà le type de question qui nous occupait. La question pour nous était : que peut-on montrer ? Nous étions sur une brèche, celle de la catastrophe. Nous avions besoin d’Histoire. »

 

Le besoin de dire, d’échanger des images sur les réseaux sociaux, de se parler, de témoigner, répond à cette nécessité de dire l’horreur du monde, chacun à notre manière, pour la rendre à tout le moins compréhensible, dicible, regardable. Moi qui propose en ce moment même dans ma galerie Analix Forever une exposition sur la guerre en Syrie, dans l’idée, dans l’espoir ultramince de pouvoir donner cette guerre à penser au monde et de contribuer ainsi à sa fin, je suis particulièrement sensibilisée par les artistes de cette exposition à la nécessité du témoignage. Et comme le dit Frédéric Detue dans Fiction vs témoignage (Acta Fabula, 2012, 14, 5) : « Loin de s’opposer au témoignage, la fiction peut le relayer ; la fiction étant le mode du récit qui convient le mieux à l’expression de la hantise. »

 

Pour l’instant, nous sommes tous hantés.



 


 

Le dessin ci-dessus, qui me semble refléter cette hantise, est de Hala Ezzedine, une artiste de Beyrouth, qui devait venir en résidence à Analix Forever. Bientôt, je l’espère, ce sera possible.

 

***

 

Pour citer ce témoignage

 

Barbara Polla« "Nous n’avons à opposer à la mort et à la destruction que cette pulsion de vie, si forte, qui nous maintient" », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020, mis en ligne le 14 août 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/bp-pulsiondevie

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 15:26

Megalesia 2020 | Philosophies & sagesses en poésie | III​​​​​​- Les figures des philosophes chez les écrivaines en Sciences humaines & sociales | Articles et témoignages

 

 

 

 

Pas dans le cul aujourd’hui

 

 

 

 

Barbara Polla

Site officiel :

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Blog officiel : 

https://barbarapolla.wordpress.com/

 

Texte reproduit avec l'aimable autorisation de l'autrice/auteure

 

 

 

© Crédit photo :  Barbara Polla, "L'œuvre de Jana Černá​​​​​​, Pas dans le cul aujourd’hui", image artistique reproduite avec l'aimable autorisation de l'autrice/auteure.

 

 

 

Je suis d’abord tombée amoureuse de ce titre – même si Pas dans le cul aujourd’hui était initialement le titre ou le premier vers d’un bref poème de Jana Černá et non de la longue lettre publiée sous ce titre par la Contre Allée – oui amoureuse du titre de ce petit livre orange que j’avais entre les mains…

 

 

Pas dans le cul aujourd’hui   
j’ai mal   
 

et puis j’aimerais d’abord discuter un peu avec toi   
car j’ai de l’estime pour ton intellect   
 

On peut supposer   
que ce soit suffisant   
pour baiser en direction de la stratosphère

 

 

Et puis je suis tombée amoureuse de Jana Černá elle-même pour sa manière farouche de défendre sa liberté et ses désirs de femme, et de lier,  comme l’écrit Anna Rizzello dans la préface de Pas dans le cul aujourd’hui, poésie et philosophie, vie et littérature, sexe et art : pur délice pour moi qui écrivis il y a longtemps déjà que les deux activités les plus érotiques sont la promenade dans les sous-bois feuillus de fougères – et l’échange de pensées. Jana Černá d’ailleurs écrit également dans sa lettre « J’adore nos promenades plus que tout autre chose… ».
 

Mon amour pour ce texte, et mon admiration, m’a fait le proposer parmi ma « Bibliothèque idéale » à la Fondation Thalie, aux côtés de quatre autres ouvrages, Extrême, esthétiques de la limite dépassée de Paul Ardenne, Petit éloge du désir de Belinda Cannone, Je meurs comme un pays de Dimitris Dimitriadis et J’aime à toi de Luce Irigaray, en mars 2020. Il y manque bien sûr Pavese et Coetzee et Alda Merini et tant d’autres… Mais quoiqu’il en soit, suite à ma présentation de Pas dans le cul aujourd’hui, une jeune poétesse, Nathalie Vanderlinden, nous a proposé, à Haleh Chinikar, une autre poétesse, et à moi même, d’en faire une lecture à trois, virtuellement publique. Ce qui fut fait, non sans une préparation intense à trois. Un très beau partage.   
 

Mais en travaillant mot à mot cette lettre de Jana Černá à Egon Bondy, me voici devenue critique à son égard, notamment d’un point de vue féministe. Dans la première partie, dédiée aux liens entre poésie et philosophie, Jana Černá ne parle que de l’homme, des travaux de l’homme, et lui suggère parfois, lui intime souvent, telle ou telle manière de procéder pour progresser dans ses travaux. Mais nous n’apprenons rien sur la manière personnelle de Jana Černá de travailler, comment elle-même conjugue sa pensée et sa poésie, son travail de journaliste et son travail littéraire. Dans mon monde idéal, une relation intellectuelle et érotique avec un homme ne peut pas se contenter de l’admiration portée au travail de l’homme, non, les travaux de la femme sont tout aussi importants, il faut les deux pour nourrir l’échange… Une recherche sur Google joignant les deux noms, celui de Jana Černá et celui d’Egon Bondy, n’offre d’ailleurs aucune mention qui soit liée primairement à Egon Bondy, Comme si l’homme avait complètement ignoré Jana Černá dans son œuvre. Féministe que je suis, je ne puis que regretter que ce « cœur de poétesse maudite » n’ait pas davantage veillé à sa propre identité : elle est d’abord celle que l’on présente encore en disant d’elle qu’elle était la fille de Milena Jesenská (il faut dire qu’elle a aussi écrit la Vie de Milena) puis celle qui a écrit une merveilleuse lettre d’amour à …   

De plus, la partie puissamment érotique de sa lettre, magnifique, évoquant les lettres de James Joyce à Nora Barnacle, commence par « Pourquoi n’es-tu pas là ? » -- pour que je puisse vivre tous mes désirs érotiques avec toi. Et ce « Pourquoi n’es-tu pas là » rythme le texte, pourquoi je ne peux pas, pourquoi je ne peux pas, pourquoi je ne peux pas… On comprend vaguement qu’Egon Bondy est ailleurs, en famille, que sais-je, cela n’a pas grande importance (à la fin de sa lettre Jana Černá écrit « Espérons pouvoir être bientôt ensemble, parce que le fait que tu végètes sous le toit conjugal ne sert vraiment à rien qu’à chatouiller ton sens des responsabilités – »). Mais si la liberté d’âme et d’esprit de Jana Černá – absolument formidable pour son époque – était comme je l’aurais souhaitée, elle aurait peut-être écrit, ce qui nous eût laissé un sentiment de délices plus fort, un sentiment de complétude sans trace de frustration ou de contrainte – même si ces dernières peuvent stimuler la folie amoureuse et sont indubitablement efficaces en termes littéraire – oui, elle aurait écrit : « comme j’aime baiser avec toi… », avec tous les détails subséquents que je vous laisserai découvrir dans son livre – plutôt que « Pourquoi est-ce que je ne peux pas baiser avec toi ? »

 

Vers la fin du livre cependant, on entrevoit la pensée de Jana Černá, notamment lorsqu’elle parle de la grâce et de l’espoir, en distinguant la grâce de la foi. La grâce existe, dit-elle. Ah comme j’aimerais en savoir davantage, sur la grâce version Jana Černá. Comme j’aurais aimé lire ses mémoires, elle qui écrit encore « Si je ne voulais pas écrire entre autres pour subvenir à mes besoins, je me mettrais à rédiger ces mémoires… ».
 

Ce qui nous ramène une fois encore à l’injonction de Virginia Woolf, dont nous attendons toujours qu’elle se réalise : que le monde offre à toutes les poétesses « Une chambre à soi » – mais pas seulement. Avec la clé de la chambre, une somme d’argent, modeste, qui nous permette de vivre pour l’écriture, sans avoir à vivre de l’écriture.

 

 

***

 

Pour citer cet article féministe et poétique

 

Barbara Polla« Pas dans le cul aujourd’hui », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020| III​​​​​​- Les figures des philosophes chez les écrivaines en Sciences humaines & sociales, mis en ligne le 8 août 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/pasdansleculaujourdhui

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 13:45

Megalesia 2020 | Poésie philanthropique | Faits divers & catastrophes en poésie | soutenir, s'indigner, lettres ouvertes, hommages, etc. 

 

 

 

La belle Beyrouth endolorie

 

 

 

 

Dina Sahyouni

 

Crédit photo :  "Sunset Beyrouth", domaine public, Wikimedia. 

 

 

 

Ce poème philanthropique de circonstance est écrit en soutien au Liban durement éprouvé par l'explosion du 4 août 2020 et dédié aux membres de ma famille là-bas, aux réfugié.e.s syrien.ne.s et la population libanaise avec tout mon amour,

DS.

​​​​​

 

 

 

 

Les cœurs pleurent

Le sang gicle

Le bleu de l'horizon est rouge

Des larmes sourdes coulent…. 


 

Les cèdres prient

Les gens crient

Ô Vierge Marie ! 

……………… 

 

Les femmes, hommes et enfants sanglotent

Les bâtiments se pulvérisent en glaviottes 

Beyrouth, la belle Beyrouth s'enflamme

Mon Dieu, pitié, quel drame ?! 

 

La terre, la mer soufflaient par une explosion immonde

Que faire ?! Et ces montagnes d'ondes

De tristesses, nous inondent… 

 

Les cèdres prient

Les gens crient

Ô Vierge Marie ! 

 

Beyrouth, ma belle Beyrouth

Ne pleure plus belle amie

Endormie, endolorie aujourd'hui. 

De ta terre chérie et meurtrie

Même blessée, tu nous souris

Et nous te rebâtirons encor plus jolie…

 

 

***

 

Pour citer ce poème philanthropique

Dina Sahyouni, « La belle Beyrouth endolorie », poème inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020mis en ligne le 6 août 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/ds-beyrouth 

 

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​​​​​​

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 14:03

 

 

REVUE MDV | N°1 Célébration | AS | Anthologie

 

 

 

 

 

À Marceline

 

 

 

 

Michel Orban

 

 

 

​​​​​Crédit photo : Marceline DESBORDES-VALMORE (1833), lithographie par Baugé, domaine public, Wikimedia. 

 

​​​​​​​​​​​

 

 

Par tes vers enterrés

Au fond d’une page jaunie

Par les siècles,

Nos âmes se relient.

Depuis longtemps, ta main se pose

Sur la ligne de mes jours.

Elle s’ouvre

Sur la sensibilité de ton cœur.

Mes yeux, lavés par l’émotion,

Regardent ton image

Dans la transparence de tes mots.

Et je ne puis m’empêcher de t’écrire.

Car jamais, nous ne fûmes séparés.

 

 

Michel Orban, Poète.

Je suis né en Belgique en 1967.  J’ai découvert mon don pour la poésie vers la fin de l’année 2008, alors que j’entamais un voyage intérieur, en vue de transformer totalement ma vie.  Mes poèmes reflètent donc les différentes étapes de ce cheminement personnel qui m’ont conduit au bonheur.  Je réside en Espagne depuis 2018.

Bibliographie

_ Coauteur du recueil « Le Souffle du Monde » (10ème numéro), paru aux Editions Amalthée en 2012.

_ Mention « excellence » aux Poésiades 2012 à Bayonne (France).

_ Quelques poèmes parus dans la revue « Train de Nuit » (Bayonne) en avril, mai, septembre, octobre 2012 et décembre 2013.

_ 3ème prix au concours international de poésie David Burland 2012 (Royaume-Uni).

_ 2ème prix au concours international de poésie David Burland 2013.

_ Poète indépendant depuis 2018.

Auteur du recueil « Renaissance », paru en auto-édition en 2018 (également publié en espagnol), disponible en versions papier et électronique sur Amazon.

_ Diplôme d’honneur au concours littéraire 2019 organisé par la Méridienne du Monde Rural (France).

_ Divers poèmes publiés dans différentes anthologies.

_ Collaborateur à la revue « Mis Repoelas » (Espagne) depuis 2020.

_ Auteur du recueil « Profondeur », paru en auto-édition en 2020 (publié aussi en espagnol), disponible en versions papier et électronique sur Amazon.

 

 

Pour citer ce poème

 

Michel Orban, « À Marceline »Marceline Desbordes-Valmore|Revue annuelle, internationale, multilingue & poéféministe (poefeminist)« Célébration », n°1, mis en ligne le 5 août 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/periodiques/mdv/no1/a-marceline-orban

 

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REVUE MDV - dans REVUE MDV
4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 13:52

 

REVUE MDV | N°1 Célébration | AS | Anthologie 

 

 

 

 

Illustration pour le poème

"Le Derviche et le Ruisseau" 

de Marceline Desbordes-Valmore

 

 

 

 

Cristina Rap

 

 

 

© Crédit photo : Cristina Rap, Le Derviche et le Ruisseau de Marceline Desbordes-Valmore, encre sur papier avec des interventions numériques, 2020.

​​​​​​

 

Le poème récupéré et transcrit par DS pour La REVUE MARCELINE DESBORDES-VALMORE :

 

DESBORDES-VALMORE, Marceline (1786-1859), À mes jeunes amis, Album du jeune âge, Paris, A. Boulland libraire, Rue L'honoré, n° 199, et à la Librairie Centrale Palais Royal, 1830, domaine public, domaine public, livre disponible sur GALLICA, voir la Bibliothèque nationale de France.

 

[P. 75 réelle du livre / p. 93 en version PDF]

 

 

Le derviche et le ruisseau

 

 

Un ruisseau, frais enfant d'une source cachée,

Promenait sur les fleurs son humide cristal :

L'herbe au pied du miroir n'était jamais penchée ;

Il y versait la vie à flot toujours égal.

Harmonieux passant, son mobile murmure

Enchantait la Nature ;

Un doux frémissement, quand de ses molles eaux

Il mouillait les roseaux,

Avertissait au loin quelque nymphe altérée

Qu'un filet d'eau roulait sous les saules tremblants ;

 

[P. 76 réelle du livre / p. 94 en version PDF]

 

Et la bergère, au soir, dans la glace épurée,

Venait baigner ses pieds brûlants.

 

Un derviche dormeur, au fond de sa cellule,

Oubliant que sa soif y puise du secours,

Las d'entendre le bruit de l'onde qui circule,

Pour prier ou dormir, veut en briser le cours :

Mais du ruisseau la pente est à jamais tracée ;

De la rive, où sa voix s'élève cadencée,

Rien ne peut détourner son tendre attachement.

Le dévot s'en irrite, il gronde, et lourdement

Au milieu du cristal jette une pierre énorme,

Criant : « Silence enfin ! Il est temps que je dorme ! »

 

Innocemment rebelle, arrêtée en courant,

L'onde à son tour s'offense, et vive, peu dormeuse,

Elle se change en cascade écumeuse,

Qui semble menacer de devenir torrent.

 

Le derviche effrayé se recule, s'agite,

 

[P. 77 réelle du livre / p. 95 en version PDF]

 

Étourdi du fracas que lui-même a causé ;

Pour ses rêves pieux il cherche un autre gîte,

Regardant son jardin sans fatigue arrosé.

 

Accablé de chaleur, il s'assied sur la route ;

De son front irrité l'eau tombe goutte à goutte :

« Maudit ruisseau ! dit-il, me résister ! frémir !

Murmurer quand je parle ! ah ! je sais des entraves

Qui rendront avant peu tes libertés esclaves ! »

Et, rafraîchi d'espoir, il se met à dormir.

 

Mais, tandis qu'à plein cœur, le derviche sommeille,

L'oiseau dans le buisson, la vigilance abeille,

Le vent qui fait tourner la feuille du bouleau,

Tout imite une voix soufflant à son oreille :

« Dormez en paix, mon père, et laissez couler l'eau. »

 

 

 

Pour citer ce poème illustré

 

Cristina Rap « Illustration pour le poème "Le Derviche et le Ruisseau" de Marceline Desbordes-Valmore »Marceline Desbordes-Valmore|Revue annuelle, internationale, multilingue & poéféministe (poefeminist)« Célébration », n°1, mis en ligne le 4 août 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/periodiques/mdv/no1/2illustration-cristinarap

 

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L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

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