7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 09:00

Événements poétiques | ReConfinement | Rêveries fleuries | Jour 9

 

 

 

 

Voyage d’espérance

 

 

 

Mariem Garali Hadoussa

 

 

Artiste peintre & poète

Présidente de lassociation "Voix de femme nabeul"

 

 

© Crédit photo : Mariem Garali Hadoussa, acrylique sur toile, technique mixte « l’oasis de paix » peinte en octobre 20 periode covid/semi confinement. 

 

 

 

 

Assise sur le banc de mon jardin favori

Je salue les derniers rayons de soleil

Qui traînent derrière eux leurs jupes cramoisies.

J’attends l’apparition des premières lueurs

De mon beau croissant !

Ah, te voilà si beau, tu m’éclaires !

Je m’accroche à la première étoile

que je vois briller au loin

Je me hisse sur ses arêtes pour t’atteindre

Lève-toi mon beau croissant

J’arrive !

Je t’emmène vers d’autres cieux plus cléments

 Plus indulgents envers la beauté des vers,

Le langage des couleurs, des formes

De nos radieuses histoires.

Laissons-les s’emmêler les mots

Monter sur leurs chevaux

Sans jamais sortir des vaux !



© MGH



 

 

***

 

Pour citer ces poème & tableau

 

Mariem Garali Hadoussa (texte & toile), « Voyage d’espérance », poème et illustration inédits Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Reconfinement « Rêveries fleuries », mis en ligne le 7 novembre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/reveriesfleuries/mgh-voyagedesperance 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Reconfinement O-no2
6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 10:47

Événements poétiques | ReConfinement | Rêveries fleuries | Jour 8

 

 

 

 

 

Un rêve

 

 

 

 

 

 

 

Marie-ÉLéonore Lair

 

Poème choisi & transcrit pour cette revue par Dina Sahyouni

 

 

 

Crédit photo : Edma Trimolet (peinture de), domaine public, Commons. 

 

Le texte reproduit ci-dessous provient de LAIR, Marie-ÉLéonore, Rêves et réalités, essais de poésie, Caen, Imprimerie de F, Le Blanc-Hardel, 1877, pp. 47-49. Ce recueil est tombé dans le domaine public.

 

 

Cette nuit j'ai rêvé que j'étais hirondelle ;

J'en ai bien vite profité

Pour m'élancer gaîment du haut de la tourelle,

Et voler dans l'immensité.

 

 

Voulant jouir un peu de ma métamorphose,

Afin de voir un frère absent,

Je cachai sous mon aile un frais bouton de rose,

Et je partis le cœur content.

 

 

Seule, à travers les airs, sans guide et sans campagnes,

Dans l'espace, je pris mon vol,

Étalant au-dessus des villes, des campagnes,

Mes ailes noires, mon blanc col.

 

 

Comme je ressemblais en tout à l'hirondelle,

Je vivais comme cet oiseau,

Faisant, sans m'arrêter, chasse à la sauterelle,

Me désaltérant d'un peu d'eau.

 

 

J'arrivai haletante au but de mon voyage,

De Paris j'aperçus les toits.

Je suis émue encor, c'est un enfantillage,

Au souvenir de mes exploits.

 

 

Par quel heureux hasard ai-je pu reconnaître

La chambrette que je cherchais ?

Il était là mon frère assis à la fenêtre ;

Pour mieux le voir je me penchais.

 

 

Je passai lestement au dessus de sa tête,

Si vite qu'il ne me vit pas,

Et je laissai tomber, c'était son jour de fête,

La fleur qui venait de là-bas......

 

 

Comme je voltigeais autour de sa chambrette,

Mon frère m'aperçut enfin ;

Mais pour me reconnaître en ma forme discrète,

Il eût fallu qu'il fût devin.

 

 

Il voulut dans son vol arrêter l'hirondelle,

Qui de si loin venait le voir ;

Mais, je n'avais pas là ma mère et ma tourelle ;

Je partis, disant : Au revoir !... ….

 

 

Au revoir ! au revoir ! et puis à tire d'aile

Par les airs je veux revenir ;

Hélas ! j'avais perdu mes plumes d'hirondelle :

Mon rêve venait de finir.......

 

 

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Marie-Éléonore Lair, « Un rêve », poème extrait de LAIR, Marie-ÉLéonore, Rêves et réalités, essais de poésie, (1877), choisi et transcrit par Dina Sahyouni Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Reconfinement « Rêveries fleuries », mis en ligne le 6 novembre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/reveriesfleuries/mel-unreve

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Reconfinement
5 novembre 2020 4 05 /11 /novembre /2020 09:16

 

​​

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES

 

VOUS PRIE DE PRENDRE PART 

 

À SON

 

 

 

HOMMAGE POÉFÉMINISTE 

 

AU PROFESSEUR

 

SAMUEL PATY

 

 

Du 18 octobre au 24octobre 

2 novembre 2020 

 

 

 

Le Pan Poétique Des Muses, 

les périodiques et les membres de l'association

Société Internationale d’Études des Femmes et d’Études

de Genre en Poésie (SIÉFÉGP)

s'associent à l'hommage national rendu à Monsieur Paty

qui aura lieu le 21 octobre 2020. 

 

Nous adressons nos sincères pensées et condoléances aux

familles et proches de Monsieur Paty ainsi qu'à

ses élèves, collègues et au corps enseignant. 

 

Avertissement

Cet hommage posthume inclut désormais les trois victimes du terrorisme de la basilique de Nice.

Nous adressons nos sincères pensées et condoléances à leurs proches... !

 

 

 

Mise en ligne successive des participations choisies

jusqu'au 4 novembre 2020 compris.

Pour participer à cet hommage, veuillez transmettre votre

contribution à ​​​​​​contact.revue@pandesmuses.fr

 

Crédit photo : Ruban noir symbolisant le deuil, domaine public, Commons. 

 

Crédit photo : Eugène Delacroix, "La liberté guidant le peuple", domaine public, image Commons. ​​​

 

 

Sommaire

 

 

 

Éditorial 

 

​​​Dina Sahyouni, « ​Nous poétisons inlassablement ce monde en mal d'amour, voila notre réponse à l'intolérance »

 

 

Textes poétiques contemporains

 

​​​Françoise Urban-Menninger« Aujourd'hui j'ai mal à mon école », « "Dites à mes enfants que je les aime"», «​​​Ivres de ciel » 

 

​​​​Dina Sahyouni« ​​​​Cieux en bleu-blanc-rouge »

 

​​​​Mariem Garali Hadoussa« Qu'ont-ils fait de son souffle ? »

 

​​Didier Colpin« Hordes barbares... »

 

​​​Claude Luezior,​​​ « Djihad »

 

​​​Maggy de Coster« Sidération »

 

Yannick Resch« Lumière noire » 

 

​​​Sarah Mostrel«​​​ Colère »

​​​

Barbara Polla« Il me semble » 

 

 

Textes poétiques des siècles passés

 

Le Troubadour républicain« Complainte sur un horrible assassinat commis par un fanatique, qui a éventré sa femme enceinte, par l'instigation des mauvais prêtres, 1797 » 

 

Marceline Desbordes-Valmore, « À celles qui pleurent », « L'horloge arrêtée » & « Dors »

 

Hélène Swarth, « Un tombeau »

 

Jeanne Loiseau, « La mort des dieux »

Poète anonyme, « Le Fanatisme, Ode, Amsterdam, MDCCLXV (1765) »

​​​​​

 

Articles, pensées, réflexions lettres ouvertes & témoignages contemporains

 

​​Pascale Mathieu« ​​Hommage »

 

​​​Mario Portillo« ​​Aphorisme en hommage à Samuel Paty »

 

​​​Dina Sahyouni, « Que peut la poésie face à l'horreur ? »

 

 

Articles, pensées & réflexions des siècles passés

 

Olympe de Gouges, « Le bonheur primitif de l'homme, ou les rêveries patriotiques (extrait) » 

 

Germaine de Staël, « Du fanatisme politique » & « Du gouvernement appelé le règne de la terreur »

​​​​​​

 

Hommage organisé par 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES

Réalisation technique 

David et Aude SIMON

Direction

Rédaction de la revue LPpdm

Contacter la rédaction :

contact@pandesmuses.fr,

contact.revue@pandesmuses.fr

Comité de rédaction : Khris Anthelme, Camille Aubaude, Cyril Bontron, Maggy de Coster, Éric Guillot, Mario Portillo Pérez, Dina Sahyouni, David Simon, Nelly Taza & Françoise Urban-Menninger. 

Rappel utile : comme vous le savez bien cher lectorat la revue LPpdm (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteure/auteur est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, est l'unique responsable du contenu de son texte, de son image, etc.

 

En poésie avec vous ! 

​​​​​

 

***

 

Pour citer cet hommage poéféministe

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Hommage international poéféministe au professeur Samuel Paty », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : « Hommage 2020 », mis en ligne le 18 octobre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/21octobre/hommage

 

 

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Le Pan Poétique des Muses (LPpdm)

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

 

 diffusée en version électronique (apériodique) & en version imprimée suspendue suite à un cas de force majeure de 2018 à 2020, reprise de l'édition imprimée dès décembre 2020.

 

 

ISSN numérique : 2116-1046

 

(4 numéros par an dont un Hors-série & un Numéro spécial)

La reprise de la parution imprimée se fera dès décembre 2020. 

 

ISSN imprimé : 2492-0487

 

ISSN imprimé Hors-série : 2554-8174

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Dernière mise à jour le 4 novembre 2020.

 

5 novembre 2020 4 05 /11 /novembre /2020 09:00

Événements poétiques | ReConfinement | Rêveries fleuries | Jour 7

 

 

 

 

 

 

Le pays des rêves

 

 

 

 

 

 

 

Marie-ÉLéonore Lair

 

Poème choisi & transcrit pour cette revue par Dina Sahyouni

 

 

 

Le texte reproduit ci-dessous provient de LAIR, Marie-ÉLéonore, Rêves et réalités, essais de poésie, Caen, Imprimerie de F, Le Blanc-Hardel, 1877, pp. 102-103. Ce recueil est tombé dans le domaine public.

 

 

 

Oh ! le joli pays que le pays des rêves !

Dans ses riants sentiers qu'il fait bon s'égarer !

Qu'elle est douce le soir la brise de ses grèves !

Hélas ! pourquoi faut-il en sortir et pleurer ?...

 

 

Dans ce plaisant pays le ciel est sans nuages,

On se croit transporté dans un monde nouveau,

Et l'on trouve en chemin mille et mille présages

Qui vous font entrevoir l'avenir le plus beau.

 

 

Vous voulez une fleur, elle vous est offerte,

Vous entendez chanter, c'est votre air favori ;

Pour entrer dans le ciel la porte semble ouverte,

Et vous vous reposez dans un jardin fleuri.

 

 

Là chacun vit heureux, car on vit d'espérance,

Et l'on peut à son gré préparer l'avenir ;

On peut même oublier la peine et la souffrance,

Et retrouver vivant le plus doux souvenir.

 

 

Moi, je n'y vais chercher ni l'éclat ni la gloire,

Ni les plaisirs bruyants, ni les lambris dorés,

J'y cherche le bonheur, et l'on peut bien me croire,

Je le trouve toujours en des coins ignorés.

 

 

Tantôt je le surprends dans l'humble maisonnette,

Sous le toit où l'on sait se contenter de peu ;

Je le trouve constant au nid de la fauvette,

Qui remet ses petits à la garde de Dieu.

 

 

Je le vois rayonner sur le front de la mère

Qui chante en travaillant près d'un petit berceau,

Ou qui pour son enfant murmure une prière,

Tandis qu'entre ses doigts s'agite le fuseau.

 

 

Je le trouve partout où règne l'innocence,

Il se plaît au foyer de l'humble travailleur ;

Rarement on le voit au sein de l'opulence,

Rarement les trésors nous donnent le bonheur.

pp102103

 

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Marie-Éléonore Lair, « Le pays des rêves », poème extrait de LAIR, Marie-ÉLéonore, Rêves et réalités, essais de poésie, (1877), choisi et transcrit par Dina Sahyouni Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Reconfinement « Rêveries fleuries », mis en ligne le 5 novembre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/reveriesfleuries/mel-paysdesreves

 

 

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- dans Reconfinement
5 novembre 2020 4 05 /11 /novembre /2020 07:49

Hommage poéféministe | Articles, pensées, réflexions lettres ouvertes & témoignages

 

 

 

 

 

Du fanatisme politique

 

 

​​​​​

 

​​

 

Germaine de Staël

 

Poème choisi, transcrit, remanié & mis en français moderne pour cette revue par Dina Sahyouni

 

 

 

​© ​​​​​​​​​​​​​​​​Crédit photo : "Début du chapitre", image capturée par la revue LPpdm.

 

 

 

Le texte reproduit ci-dessous provient des Œuvres complètes de Madame de Staël, tome XIII. Considérations sur les principaux événements de la Révolution Française, tome II, IIIème partie, publiées par son fils ; précédées d'une notice sur le caractère et les écrits de Mme de Staël, par Madame NECKER de SAUSSURE, Bruxelles, Louis Hauman, et Ce, Libraires, M DCCC XXX (1830), « Chapitre XV. Du fanatisme politique », pp. 75-79. Cet ouvrage est tombé dans le domaine public. Les œuvres de Staël contiennent également des paragraphes épars et éparpillés partout sur plusieurs types du fanatisme.

 

 

 

    Les événements que nous avons rappelés jusqu'à présent ne sont que de l'histoire, dont l'exemple peut s'offrir ailleurs. Mais un abîme va s'ouvrir maintenant sous nos pas ; nous ne savons quelle route suivre dans un tel gouffre, et la pensée se précipite avec effroi de malheurs en malheurs, jusqu'à l'anéantissement de tout espoir et de toute consolation. Nous passerons, le plus rapidement qu'il nous sera possible, sur cette crise affreuse, dans laquelle aucun homme ne doit fixer l'attention, aucune circonstance ne saurait exciter l'intérêt : tout est semblable, bien qu'extraordinaire ; tout est monotone, bien qu'horrible ; et l'on serait presque honteux de soi-même, si l'on pouvait regarder ces atrocités grossières d'assez près pour les caractériser en détail. Examinons seulement le grand principe de ces monstrueux phénomènes, le fanatisme politique.

 

 

    Les passions mondaines ont toujours fait partie du fanatisme religieux ; et souvent, au contraire, la foi véritable à quelques idées abstraites alimente le fanatisme politique ; le mélange se trouve partout, mais c'est dans sa proportion que consistent le bien et le mal. L'ordre social est en lui-même un bizarre édifice ; on ne peut cependant le concevoir autrement qu'il n'est ; mais les concessions auxquelles il faut se résoudre, pour qu'il subsiste, tourmentent par la pitié les âmes élevées, satisfont la vanité de quelques-uns, et provoquent l'irritation et les désirs du grand-nombre. C'est à cet état de choses, plus ou moins prononcé, plus ou moins adouci par les mœurs et par les lumières, qu'il faut attribuer le fanatisme politique dont nous avons été témoins en France. Une sorte de fureur s'est emparée des pauvres en présence des riches, et les distinctions nobiliaires ajoutant à la jalousie qu'inspire la propriété, le peuple a été fier de sa multitude ; et tout ce qui fait la puissance et l'éclat de la minorité, ne lui a paru qu'une usurpation. Les germes de ce sentiment ont existé dans tous les temps ; mais on n'a senti trembler la société humaine dans ses fondements qu'à l'époque de la terreur en France : on ne doit point s'étonner si cet abominable fléau a laissé de profondes traces dans les esprits, et la seule réflexion qu'on puisse se permettre, et que le reste de cet ouvrage, j'espère confirmera, c'est que le remède aux passions populaires, n'est pas dans le despotisme, mais dans le règne de la loi.

 

 

    Le fanatisme religieux, présente un avenir indéfini qui exalte toutes les espérances de l'imagination ; mais les jouissances de la vie sont aussi sans bornes aux yeux de ceux qui ne les ont pas goûtées. Le vieux de la Montagne envoyait ses sujets à la mort, à force de leur accorder des délices sur cette terre, et l'on voit souvent les hommes s'exposer à mourir pour mieux vivre. D'autre part, la vanité s'exalte par la défense des supériorités qu'elle possède ; elle paraît moins coupable que les attaquants, parce qu'une idée de propriété s'attache même aux injustices, lorsqu'elles ont existé depuis longtemps. Néanmoins les deux éléments du fanatisme religieux et du fanatisme politique subsistent toujours : la volonté de dominer, dans ceux qui sont au haut de la roue, l'ardeur de la faire, tourner dans ceux qui sont en bas. Tel est le principe de toutes les violences : le prétexte change, la cause reste, et l'acharnement réciproque demeure le même. Les querelles des patriciens et des plébéiens, la guerre des esclaves, celle des paysans, celle qui dure encore entre les nobles et les bourgeois, toutes ont eu également pour origine la difficulté de maintenir la société humaine, sans désordre et sans injustice. Les hommes ne pourraient exister aujourd'hui ni séparés, ni réunis, si le respect de la loi ne s'établissait pas dans les têtes : tous les crimes naîtraient de la société même qui doit les prévenir. Le pouvoir abstrait des gouvernements représentatifs n'irrite en rien l'orgueil des hommes, et c'est par cette institution que doivent s'éteindre les flambeaux des furies. Ils se sont allumés dans un pays où tout était amour propre ; et l'amour propre irrité, chez le peuple, ne ressemble point à nos nuances fugitives ; c'est le besoin de donner la mort.

 

 

    Des massacres, non moins affreux que ceux de la terreur, ont été commis au nom de la religion ; la race humaine s'est épuisée pendant plusieurs siècles en efforts inutiles pour contraindre tous les hommes à la même croyance. Un tel but ne pouvait être atteint, et l'idée la plus simple, la tolérance, telle que Guillaume Penn l'a professée, a banni pour toujours du nord de l'Amérique le fanatisme dont le Midi a été l'affreux théâtre. Il en est de même du fanatisme politique : la liberté seule peut le calmer. Après un certain temps, quelques vérités ne seront plus contestées, et l'on parlera des vieilles institutions comme des anciens systèmes de physique, entièrement effacés par l'évidence des faits.

 

 

    Les différentes classes de la société n'ayant presque point eu de relations entre elles en France, leur antipathie mutuelle en était plus forte. Il n'est aucun homme, même le plus criminel, qu'on puisse détester quand on le connaît, comme on se le représente. L'orgueil mettait partout des barrières, et nulle part des limites. Dans aucun pays, les gentilshommes n'ont été aussi étrangers au reste de la nation ; ils ne touchaient à la seconde classe que pour la froisser. Ailleurs, une certaine bonhomie, des habitudes même plus vulgaires, confondent davantage les hommes, bien qu'ils soient légalement séparés ; mais l'élégance de la noblesse française accroissait l'envie qu'elle inspirait. Il était aussi difficile d'imiter ses manières que d'obtenir ses prérogatives. La même scène se répétait de rang en rang ; l'irritabilité d'une nation très vive portait chacun à la jalousie envers son vision, envers son supérieur, envers son maître ; et tous les individus, non contents de dominer, s'humiliaient les uns les autres. C'est en multipliant les rapports politiques entre les divers rangs, en leur donnant les moyens de se servir mutuellement qu'on peut apaiser dans le cœur la plus horrible des passions, la haine des mortels contre leurs semblables, l'aversion mutuelle des créatures dont les restes doivent tous reposer sous la même terre, et se ranimer en même temps au dernier jour.

 

 

 

***

 

Pour citer ce texte

 

Germaine de Staël, « Du fanatisme politique »,   texte extrait des Œuvres complètes de Madame de Staël, tome XIII. Considérations sur les principaux événements de la Révolution Française, tome II, IIIème partie (1830), choisi, transcrit, remanié et mis en français moderne par Dina Sahyouni Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesHommage poéféministe au professeur Samuel Patymis en ligne le 5 novembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/21octobre/stael-fanatismepolitique 

 

 

 

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APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

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